| Avril 2010 Actualités |
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| Développement
personnnel - Expansion de conscience - Connaisance de soi |
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| Soutien Terre du Ciel |
| par Alain Chevillat -
Terre du Ciel - terre-du-ciel@powermailing.fr
-21 avril 2010 |
La
« perquisition musclée » des locaux de Terre du Ciel a eu lieu il y a plus de 100 jours
et nous navons toujours aucune information officielle sur ce qui nous est reproché.
Par contre des rumeurs nous parviennent sur les activités des gendarmes :
- Plusieurs employés ont été convoqués pour entretien. Les questions semblaient
concerner surtout une recherche de travail au noir.
- Plusieurs intervenants (tous ?) viennent de recevoir un questionnaire sur leurs
relations de travail avec Terre du Ciel. Sont considérés : le lien de subordination, les
qualifications, les déclarations administratives.Nous pensons que là est le point de
litige principal : lURSSAF voudrait requalifier en salariat ce que nous considérons
prestation de service sans lien de subordination. Je crois quil est notoire que
lorsque Terre du Ciel a fait confiance à un intervenant, il le laisse entièrement libre
de sa parole, de son action et de son mode de fonctionnement. Plusieurs intervenants
lexprimaient clairement dans la réunion publique du 27/02 à Louhans. Nous sommes
une plateforme de soutien à des paroles libres et pas une « école de pensée » avec «
ligne du parti ». Il ny aucun enseignement « Terre du Ciel ».
De même nous navons jamais demandé à voir les diplômes des intervenants
et cela risque de nous être reproché. Etant moi-même autodidacte, jai mes
propres critères dévaluation des compétences qui sont très « intuitifs et
globaux ». La « technicité professionnelle » est pour nous secondaire, la « qualité
humaine » est première.
- Mardi matin, coup de tonnerre : le Crédit Lyonnais de Louhans nous refuse
louverture dun compte ! Pourquoi ? « Cest comme cela ! » Nous
navons jamais eu dincident bancaire ni de découvert, et sommes lun des
plus gros comptes de cette petite agence. Alors, pourquoi ? La directrice finit par me
dire quelle avait eu, à notre sujet, un contrôle de linspection financière.
« Ont-ils trouvé des irrégularités ?
- Non
- Ont-ils trouvé quelque chose dillégal ?
- Non
- Alors pourquoi refusez vous ?
- Cela ne vient pas de moi, finit-elle par avouer. »
Cest très grave. Que lon soit sanctionné pour faute, cest juste. Que
lon soit sanctionné sans faute, cela devient « le fait du Prince ». On nest
plus en démocratie.
Il est probable que le contrôle légitime ait été diligenté par le
procureur, mais ce refus douverture dun compte nest le fait ni du fisc,
di de lURSSAF, ni de linspection du travail. On peut y voir clairement
lusage, par les banques, de listes noires quelles nont pas créées
elles-mêmes mais dont on peut deviner facilement le pourvoyeur.
Cest tout à fait la stratégie classique de la Miviludes envers les groupes
alternatifs quelle a choisi de pourchasser. Elle commence par les « stigmatiser »
(ancienne liste des 172 et actuel référentiel de 600 structures) et leur met des bâtons
dans les roues. Le premier cest, bien sûr, le harcèlement administratif
(contrôles tatillons de toutes sortes) et lempêchement de travailler par saisie
légale de matériel (voir nos « vols » dordinateurs qui ont bloqué notre travail
pendant un mois et ne nous ont été rendus que sous la pression dans dautres
cas ils nont jamais été rendus). Puis il y a ces « recettes » que Georges Fenech
a bien expliqué à tous les maires de France : refus de salles municipales, refus de
permis de construire... ces 1000 petites choses qui sont du bon vouloir de
ladministration et des entreprises liées au Pouvoir refus de compte bancaire
!
On se rappellera quil y a quelques années les banques avaient aussi refusé
louverture dun compte au Centre de Amma qui aura sûrement un jour le
prix Nobel de la Paix... !
On ne soulignera jamais assez lincompétence de la Miviludes, qui na
dégale que sa malveillance et sa malhonnêteté. Sur ce dernier point, les
documents réunis par le CICNS sont édifiants en même temps que consternants. On ne peut
que militer avec eux pour la suppression de cette officine, et la création dun «
Observatoire indépendant des minorités spirituelles, thérapeutiques et éducatives ».
Mais pourquoi, malgré tous ses défauts bien visibles, la Miviludes continue-t-elle à
exister ?
Ceux qui veulent savoir savent depuis longtemps que les sectes sont un « non-problème
», comme la exprimé Emmanuelle Mignon, alors directrice du cabinet du Président
de la République. Mais son courage lui a peut être coûté son poste.
Les « sectes » cristallisent une partie du mécontentement social en étant proposées
en boucs émissaires consensuels. Même les médias ne remettent pas cela en question car
tout le monde y trouve son compte. Chaque époque, chaque culture a eu ses boucs
émissaires : les juifs, les communistes, les francs-maçons, ...
Georges Fenech bâtit sa carrière politique en bon serviteur de lEtat, en chevalier
blanc dune cause imaginaire, dun problème inventé (voir les documents du
CICNS), en Don Quichotte cynique pourchasseur de moulins à vent. Ce serait risible si ce
nétait pas si destructeur.
Son dernier rapport renchérit sur le besoin de lutter contre les médecines
naturelles, le nutritionnisme, le chamanisme, le reiki... Mais pour qui se prend-il ? Le
laisserons-nous faire ? Le pays est en train dêtre quadrillé pour séparer les
bons citoyens des mauvais. Pouvons nous accepter cela ? Lui avons-nous demandé de penser
pour nous ? Lavons-nous mandaté pour être notre directeur de conscience ? Tout son
discours sur la protection des faibles contre les manipulations mentales est du bla-bla
justificatif. Pourquoi les psychologues, sociologues et experts des religions sont ils
absents de la Miviludes ? Eux seraient compétents pour en parler. Pourquoi la Miviludes
ne sen prend-elle pas à la publicité qui est experte reconnue en manipulation
mentale ? La Miviludes, dans sa profonde incompétence et létendue de son pouvoir,
est une honte pour la France.
A voir la tournure récente des événements, chacun de nous est aujourdhui menacé
dans sa qualité de libre citoyen, et la société dans son ensemble vire à la dictature.
17 % de « créatifs culturels » en France, cest 10 millions de français menacés.
La situation devient grave.
Lors du Forum de Pentecôte nous devrons prendre acte de cette situation et définir des
lignes de conduite. Il faut faire disparaître cette ignominie du paysage français.
A bientôt, Amicalement |
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| Santé, protection sociale |
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| Retraites : 7 contre-vérités |
| par Jean-Claude Chailley,
Secrétaire général de REsistance SOciale - Source : http://www.resistancesociale.fr/spip.php?article1010
|
| Avec
la répartition, les cotisations retraite de la Sécu (182 mds en 2010) sont
immédiatement distribuées. Elles échappent aux compagnies dassurance, à la
spéculation. La désinformation est donc à la hauteur des enjeux. Contre-vérité
n°1 : « Après les USA, la France est championne du monde des dépenses de santé »
FAUX !!!
Contre-vérité n°2 : « Les retraites (sous-entendu des salariés) sont en déficit
de 10, 12mds »
FAUX !!!
Contre-vérité n°3 : « 3,8 actifs/ retraité en 1970, 1,45 en 2008
encore
moins en 2050. Cest intenable »
Chiffres exacts MAIS
Contre-vérité n°4 : « Répartition contre capitalisation »
DEBAT TRONQUÉ
!!!
Contre-vérité n°5 : « Tenir compte de la pénibilité »
???
Contre-vérité n°6 : « Dans un système à points on peut introduire de la
redistribution »
EXACT MAIS
Contre-vérité n°7 : « On a fait des simulations jusquà 2050 qui
montrent
»
Ah bon?
Lire sur le site de l'UFAL l'article
complet |
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| Faire entendre les
exigences citoyennes sur les retraites |
| Pétition
en ligne |
| Le
gouvernement français sapprête à engager une nouvelle réforme qui risque de
porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus
que cest pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà
catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années,
indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée
de cotisation sous peine de décote...) ont déjà fait baisser le niveau des pensions
denviron 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions
des hommes et des femmes. Le Conseil dorientation des retraites (COR)
prévoit que le taux de remplacement moyen - niveau de la retraite par rapport au salaire,
passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper
les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.
Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant
lâge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67
ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers
mois dactivité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel
allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces
mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les
femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et
de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les
effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.
Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en
retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés
âgés avant quils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les
salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que lâge moyen de cessation
dactivité est de 59 ans, ne vise quà baisser le niveau des pensions. De
plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il ny a
aucun sens à augmenter lâge de la retraite alors que le chômage de masse sévit
pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission
perpétuelle et solidaire de la prise en charge dune génération par la suivante,
le gouvernement et le patronat, afin dattiser la division, la stigmatisent comme un
fardeau pour la seule génération à venir.
Le danger ne sarrête pas là. Le COR dessine les contours dune réforme pour
remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ».
Dans les deux cas, il sagirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement
du salaire défini à lavance et de faire de la variation du niveau des pensions le
moyen déquilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du
niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié-es
pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.
La vraie raison des mesures qui sannoncent nest pas liée à la démographie.
La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits
publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur
ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait
se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette
solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des
dépenses publiques.
Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la
paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à
laugmentation de leur part dans la population par un accroissement des
prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont
essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de
financement nécessaire aux retraites est réalisable puisquil a été chiffré en
2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusquen 2050, à comparer avec la chute
de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec
lexplosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982
à 8,5 % en 2007. Il est donc juste daugmenter la part des salaires et des pensions
dans la richesse produite en sattaquant aux profits. Le financement des retraites
est possible à condition den finir avec lactuel partage éhonté de la
richesse au bénéfice des revenus financiers. Cest ce partage qui constitue le
tabou à faire sauter, et non lâge de départ. Il sagit là dun choix
politique de justice et de solidarité.
La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre.
Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es,
lidéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des
solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne
(réunions publiques, appels locaux
) pour stopper cet engrenage. |
|
| 10 questions, 10 réponses sur nos
retraites |
| http://petition.exigences-citoyennes-retraites.net/index.php?petition=2&pour_voir=oui
|
| Gérard
Filoche et Jean-Jacques Chavigné (tous deux membres du CN du PS, animateurs de la revue
Démocratie & socialisme) co auteurs de Retraites : réponse au
Medef Ramsay 2001 et de Une vraie retraite à 60 ans, cest
possible 200 p, 18,9 euros, Ed. JC Gawsevitch, en librairie le 9 avril 2010 1.
Quel est le bilan des contre-réformes des retraites depuis 1993 pour les retraités et
les futurs retraités ?
La chute du montant des retraites ressemble à un film au ralenti. Ce nest que très
progressivement que ces réformes produiront toutes leurs conséquences. Mais à terme,
ces conséquences seront catastrophiques.
La « réforme » Balladur-Veil de 1993 sest attaquée, en plein mois daoût,
à la retraite du régime général des salariés du secteur privé. Elle a augmenté la
durée de cotisation de 2,5 annuités (de 37,5 à 40). Elle a fait passer le nombre des
meilleures années prises en compte pour le calcul de la retraite de 10 à 25. Enfin,
lévolution des retraites nétaient plus indexée sur les salaires mais sur
les prix.
Les réformes de 1993, 1994, 1996 et 2003 des retraites complémentaires (Arrco pour
lensemble des salariés et Agirc pour les cadres) se sont traduites par une
augmentation du prix dachat de la valeur du point et une baisse de la valeur du
point servant de base au calcul de la retraite et donc par une baisse du montant de ces
retraites.
Aujourdhui, déjà, plus d1 million de retraités vivent sous le seuil de
pauvreté et 50 % des retraités ont une retraite inférieure à 1 000 euros. Les mesures
prises par la droite et le Medef ont aggravé les inégalités pour toutes les personnes
dont la carrière na pas été un long fleuve tranquille. Les femmes en particulier,
dont les retraites sont déjà inférieures de 40 % à celle des hommes et qui sont
maintenant pénalisées par lallongement de la durée de cotisation et par la
sévérité des décotes.
Dans son rapport 2007, le Conseil dOrientation des Retraites (COR) estimait à 19
points la baisse du montant moyen des retraites en 2030 sous leffet des « réformes
» de 1993 à 2003. En 1993, la retraite nette moyenne sélevait à 78 % du salaire
moyen net. En 2030, elle ne sélèvera plus quà 59 % de ce salaire moyen net.
Le Conseil de lEmploi, des revenus et de la Cohésion sociale (CERC) évalue, quant
à lui, la baisse du pouvoir dachat des retraités de la fonction publique à 0,5 %
par an et celles des salariés du secteur privé à 0,9 % (0,3 % pour le régime général
et 0,6 % pour les retraites complémentaires).
Mais cela ne suffit pas à la droite et au Medef qui veulent continuer à faire baisser le
montant des retraites par répartition tout en affirmant le contraire, la main sur le
cur. Si nous les laissons faire, en 2030, cest la grande majorité des
retraités qui se retrouveront sous le seuil de pauvreté.
2. Pourquoi faut-il défendre avec acharnement la retraite à 60 ans ?
Beaucoup de beaux esprits (à droite mais, malheureusement, aussi à gauche) nous
expliquent que lâge de la retraite na plus dintérêt, maintenant que
la durée de cotisation est passée à 40 et bientôt 42 annuités. En considérant que
les régressions imposées par la droite font désormais parties du paysage des retraites,
il est, en effet, difficile de concevoir comment un jeune qui commencerait à travailler
à 25 ans et qui devrait cotiser pendant 42 ans pourrait espérer prendre sa retraite à
60 ans. Une simple addition montre quil ne pourrait pas prétendre à une retraite
à taux plein avant 67 ans.
Mais si cela ne sert à rien de débattre de lâge légal de la retraite, pourquoi
la droite tient-elle tant à faire bouger le curseur ? Parce quils savent très bien
que tant que ce droit existera, tant que ce point de repère sera maintenu, les salariés
pourront exiger que ce droit ne soit pas un simple droit virtuel mais que soient mises en
place les modalités concrètes qui permettraient à la très grande majorité des
salariés de pouvoir prendre leur retraite à taux plein à 60 ans.
Deux autres raisons militent également dans le sens du maintien du droit à la retraite
à 60 ans. Plus dun million de salariés, tout dabord, disposent de la
totalité des annuités nécessaires à une retraite à taux plein mais ne peuvent pas
prendre leur retraite parce quils nont pas encore 60 ans. Il leur faut encore
travailler 2 ou 3 ans. Avec un âge légal à 62 ans, cest 4 ou 5 ans quil
leur faudrait rester au travail.
Ensuite, parce que le recul ou la disparition du droit à la retraite à 60 ans ferait
presque automatiquement sauter le verrou des 65 ans. Or, ce verrou est essentiel. Il
permet à un salarié dont la carrière est incomplète de pouvoir bénéficier dune
retraite à taux plein lorsquil atteint lâge de 65 ans. Ce sont,
aujourdhui, surtout les femmes qui sont concernées puisque 23 % des femmes ne
peuvent bénéficier dune retraite à taux plein avant 65 ans. Si lâge légal
de la retraite disparaissait ou passait à 62 ans, le Medef utiliserait aussitôt ce recul
comme levier pour imposer la disparition du butoir que constitue lâge de 65 ans.
Pour ceux qui douteraient des intentions du Medef, il faudrait quils se souviennent
que le Medef appelle de ses vux la disparition de ces deux âges butoirs 60 et 65
ans. Il faudrait également quils se rappellent quen décembre 2000, le Medef
avait refusé de contribuer au financement des retraites complémentaires entre 60 et 65
ans et que seule la mobilisation de plus de 2 millions de salariés lavaient obligé
à reculer. Il faudrait, enfin, quils noublient pas que le Medef avait
récidivé son chantage en 2009 et quune nouvelle négociation sur les retraites
complémentaires est prévue à la fin de lannée 2010.
3. Une fatalité démographique pèse-t-elle sur nos retraites ?
Il y avait 11 millions de retraités en 2000, ils seront 21 millions en 2040. Cest
un fait, un ordre de grandeur incontournable. Mais ce fait demande à être analysé en
détail et dans son contexte pour en tirer toutes les conséquences.
Tout dabord, cette augmentation du nombre de retraités sera due à deux facteurs
qui pèsent tous les deux le même poids : lallongement de la durée de la vie et
larrivée à lâge de la retraite de la génération du « baby-boom », née
entre 1946 et 1976. Mais les derniers nés de la génération du « baby-boom »
arriveront à lâge de la retraite entre 2036 et 2040. Ce seront ensuite des «
classes creuses » qui arriveront à lâge de la retraite et à partir de 2036-2040,
le nombre de retraités se mettra à diminuer.
Lallongement de la durée de la vie nest pas de 1 trimestre par an comme le
proclament haut et fort Sarkozy, Guéant et Parisot mais de 0,44 trimestre par an comme
lestime le rapport du COR de 2007, sappuyant sur les dernières données de
lINSEE. Quant au taux de fécondité des femmes il ne serait pas de 1,7 comme le
prévoyait les premiers scénarios du COR mais plus près de 2. Au total, la population en
âge de travailler ne subirait pas une diminution de 2,2 millions de personnes entre 2006
et 2050 comme dans les précédents scénarios du COR mais resterait stable. Quant à
laugmentation du nombre de personnes âgées, elle serait moindre car la mortalité
baisserait moins rapidement que prévue. Le nombre de retraités seraient inférieur de
650 000 en 2050 par rapport à la moyenne des deux précédentes hypothèses retenues par
le COR.
Il ne suffit pas, ensuite, que la population en âge de travailler augmente. Encore
faut-il quelle ait effectivement un travail. Ce nest pas le chemin qui est
pris aujourdhui avec laugmentation considérable du nombre de chômeurs du
fait de la crise économique.
Pour faire reculer le chômage de masse, la reprise de la croissance ne sera pas
suffisante. A moyen terme, en effet, laugmentation de la productivité du travail
viendra annihiler les effets de la croissance et ne permettra pas au chômage de reculer.
Il nous faut tirer toutes les leçons des lois sur les 35 heures. Malgré toutes les
concessions faites au patronat qui ont limité fortement ses effets, elles avaient permis
de créer 500 000 emplois supplémentaires et de commencer, pour la première fois depuis
20 ans, à vraiment faire reculer le chômage de masse. Réduire le temps de travail est
une mesure incontournable : elle seule permettra den finir avec le chômage et du
même coup daméliorer léquilibre financier de nos régimes de retraites.
Le doublement du nombre de retraités, enfin, ne se fera pas dans une France dont la
richesse resterait la même quaujourdhui. En 40 ans, avec un taux de
croissance (modeste) de 1,7 % par an, le PIB de notre pays doublera. En 2050, le montant
de la richesse nationale passera donc de 1 900 milliards deuros à plus de 3 800
milliards euros. 3 800 milliards deuros, une fois neutralisée linflation,
cest-à-dire des euros qui auront la même valeur que les euros actuels, de vrais
euros.
Le doublement du nombre des retraités implique, si lon veut revenir sur les «
réformes » qui ont frappé nos retraites depuis 1993, daugmenter de 6 points la
part du PIB affectée au financement de nos retraites. 6 points de PIB en 2050, cela
représente environ 230 milliards deuros. Avec une augmentation de la richesse de
notre pays de 1 900 milliards deuros à cette date, cela laisserait plus de 1 650
milliards deuros pour laugmentation des salaires directs, des cotisations de
lassurance-maladie, des investissements publics et privés, de la réduction du
temps de travail et même des profits. Il y a cependant une condition à cela, cest
que les profits ne captent pas la plus grande partie de ces 230 milliards qui devraient
revenir aux retraités. Cest pourtant exactement lintention du Medef et du
gouvernement Sarkozy. Cest le but de toutes les « réformes » de nos retraites
depuis 1993.
4. Lallongement de la durée de cotisation permet-il de maintenir le montant
des pensions ?
Non. Le Medef et le gouvernement mentent délibérément. Ils nous disent : « Soit
laugmentation de la durée de cotisation, soit la baisse du niveau des pensions ».
En fait, les salariés ont récolté lune et lautre depuis 1993.
En effet, loin du monde des abstractions où semble se complaire Sarkozy, avec une durée
de 40 ans de cotisation, les 2/3 des salariés du secteur privé qui prennent leur
retraite ne sont plus au travail. Ils sont soit au chômage, soit en maladie, soit en
invalidité. Avec un passage à 41 ans, ce sont plus des ¾ des salariés qui se
retrouveraient dans cette situation au moment de leur départ en retraite. Comment quand
on nest au chômage, en maladie, en invalidité pourrait-on bien pouvoir choisir de
rester au travail ? Cest un mystère dont le gouvernement garde jalousement le
secret. Quand au Medef, il nest pas à une contradiction près, il exige
lallongement à 45 ans de la durée de cotisation au moment même où les
entreprises ne permettent plus aux jeunes daccéder à un travail à temps plein que
vers 25-30 ans (dans le meilleur des cas) et où elles licencient à tour de bras les
salariés de plus de 55 ans (voire de 50 ans).
Dans ces conditions, allonger la durée de cotisation revient à augmenter la période de
chômage, de maladie ou dinvalidité et donc à diminuer le montant des retraites.
En effet, les annuités validées au titre des périodes de chômages et de maladie ou
dinvalidité ne seront évidemment pas être prises en compte les 25 meilleures
annuités. Il faudra donc remonter aux années précédant le chômage, la maladie ou
linvalidité pour trouver ces 25 meilleures années. Mais avec la réévaluation des
salaires pris en compte pour le calcul de la retraite en fonction de lévolution des
prix et non plus des salaires, le montant de la retraite en prendra un sacré coup.
La durée moyenne dune carrière dans le secteur privé est inférieure à 37 ans.
Décider, dans ces conditions, quil faut 40 annuités de cotisation pour
bénéficier dune retraite à taux plein, cest diminuer dans
dimportantes proportions (avec le système des décotes) le montant de leur
retraite. Le passage à 41 annuités de cotisation aggraverait encore le problème.
5. Le maintien au travail des salariés de plus de 60 ans est-il une réponse au
problème de nos retraites ?
Le Plan demploi national pour lemploi des seniors 2006-2010 qui sinscrit
dans la droite ligne de la stratégie de Lisbonne adoptée par lUnion européenne,
sest fixé comme objectif prioritaire de parvenir à un taux demploi des 55-64
ans de 50 % en 2010. Cet objectif est inacceptable pour au moins 3 raisons.
Dabord parce quil est insupportable de forcer les salariés de plus de 60 ans
à rester au travail. Il ne faut pas confondre les hauts fonctionnaires, les professions
libérales, les dirigeants dentreprises, les universitaires qui ont la chance
davoir un travail créatifs et limmense majorité des salariés pour qui le
travail est avant tout fastidieux, pénible et, avec le durcissement continuel des
conditions de travail, de plus en plus néfaste à leur la santé.
Le Medef, la droite et parfois malheureusement aussi une partie de la gauche,
sappuient sur lallongement de lespérance de vie pour en conclure
quil est normal que la durée de travail augmente. Ils oublient quà 35 ans,
un cadre peut espérer vivre 46 ans et un ouvrier 39 ans. Ils oublient que
lespérance de vie « en bonne santé », cest-à-dire sans incapacité
majeure nest que 64,2 ans pour les femmes et 63, 1 ans pour les hommes, selon une
note récente de lINSEE.
Ensuite parce que ceux qui avancent cette « solution » ont une attitude de «
spécialistes », une attitude autiste consistant à isoler ce problème comme sil
navait aucune interaction sociale. Or, si on oblige des centaines de milliers de
salariés de plus de 60 ans à travailler, ce sont des centaines de milliers de jeunes qui
ne trouveront pas de travail. La persistance du chômage de masse exclut, à lui seul, la
possibilité de retenir cette solution.
Enfin, parce que lavenir qui est promis aux salariés âgés est tout sauf pavé de
roses. Non seulement les conditions de travail se détériorent, la souffrance au travail
se développe, atteignant plus cruellement les salariés les plus âgés. Mais, en plus,
pour inciter le patronat à embaucher des « seniors », la droite a mis en place des «
emplois vieux », des CDD de 18 mois renouvelables un fois. Cest donc la précarité
qui ouvre grand ses bras aux salariés âgés. Ils sont licenciés dun travail à
plein temps en CDI à 55 ans pour être réembauchés, deux ans et demi plus tard, en CDD
à temps partiel. Pour être bien sûr quils ne puissent y échapper, la ministre de
lEmploi Christine Lagarde se déclare prête à supprimer, progressivement, la
dispense de recherche demploi pour les chômeurs de plus de 57 ans et demi car,
affirme-t-elle, avec toute lhumanité qui la caractérise, à cet âge là « on
nest pas fichu ». Quon se le dise, pour Madame Lagarde, il est temps de
prendre sa retraite quand on est fichu !
Le chiffre (que lon nous ressasse sans cesse) de 38,1 % est un chiffre global
concernant lemploi des salariés de 55-64 ans (dans les statistiques, on a 64 ans la
veille de ses 65 ans
) Il faudrait pourtant distinguer entre lemploi des 55-60
ans qui devrait augmenter dans le cadre dun recul généralisé du chômage et
lemploi des 60-64 ans qui devrait être réduit au maximum. Cest pour les
salariés entre 55 et 60 ans quil faut, avant tout, « aménager les postes de
travail » et permettre daccéder à la formation. La priorité pour les salariés
de 60 ans devrait être bien différente : permettre à tous ceux qui le voudraient de
partir à la retraite avec une retraite à taux plein.
6- Le système des « comptes notionnels » adopté par la Suède est-il une
solution pour nos retraites ?
François Fillon vient de déclarer quil nétait pas question de remettre tout
le système des retraites à plat. Il est cependant tout à fait possible den
douter. Pourquoi, en effet, Sarkozy aurait-il dit exactement linverse il y a 6 mois,
transformant ce qui devait être un simple « point détape » entre partenaires
sociaux et gouvernement en un « rendez-vous capital » ? Pourquoi le gouvernement
aurait-il demandé au COR un rapport spécifique sur la possibilité dun
remplacement de notre régime par annuités par un régime en points ou en compte
notionnels comme en Suède ? Le plus probable est que le gouvernement ne veut pas faire de
vague avant les élections régionales de mars et quil attend que le congrès de la
CFDT soit terminé pour laisser les mains libres à François Chérèque.
Le rapport 2010 du COR paraîtra après les régionales et on peut compter sur le
gouvernement et le Medef pour en faire la lecture la plus noire possible afin, si les
salariés lui laissent les mains libres, de faire voter (comme dhabitude pour les
retraites) une loi en plein mois de juillet.
Pour le COR, lincidence de ladoption du système suédois sur le niveau des
retraites dépendrait des paramètres fixés par les responsables politiques. Pour lui,
aucun système ne permet, en effet, par la simple vertu de la technique, de redresser des
comptes déséquilibrés. Pour retrouver léquilibre, le COR renvoie donc les
décideurs aux « trois leviers » traditionnels : « le niveau des ressources, le niveau
des pensions et lâge moyen effectif de départ en retraite ».
La Suède est passée dun mécanisme de prestations définies à un régime de
cotisations définies. Dans lancien système, les salariés étaient sûrs du
montant de leur retraite, le taux de cotisation sadaptant pour équilibrer le
système. Aujourdhui, les salariés ne sont sûrs que du montant à moyen et
à long terme de leurs cotisations. Le montant de leur retraite dépendra de
lévolution de la masse salariale et de lespérance de vie au moment de leur
départ en retraite. Le gouvernement na plus, en principe, aucune responsabilité
politique à prendre, cest le système mis en place en 1998 qui a, une fois pour
toute, décidé de la part de la richesse nationale qui sera attribuée aux retraites.
Cela ne lempêche pas dintervenir quand le choc est par trop important et
pourrait provoquer une riposte sociale. Ainsi, avec la récession et la diminution de la
masse salariale en 2009, les retraites auraient du diminuer 4,5 % en 2010, lEtat est
intervenu pour que cette baisse soit limitée à 3 % !
Si lespérance de vie (mesurée par les mêmes tables de mortalité que celles des
assurances privées) augmente, le montant de la retraite baissera, sans que, là encore,
le gouvernement ait la moindre responsabilité politique à prendre, sans le moindre
débat public. Chaque salarié, seul dans son coin, choisira « librement » son âge de
départ en retraite mais avec un révolver sur la tempe, celui dune retraite qui ne
lui permettra pas de vivre sil part trop tôt.
Avec ce système, tout repère collectif disparaît et toute revendication collective
également. Il est vrai que la succession des contre-réformes depuis 1993 aboutit,
aujourdhui, à peu près au même résultat : personne ne sait quel sera le montant
de sa retraite dans 10 ou même 5 ans. Ce nest pas, pour autant, une raison pour
adopter un système aussi opaque que le système suédois. Il faut, au contraire, redonner
confiance en notre système de retraite par répartition en permettant à la très grande
majorité des salariés de prendre sa retraite à taux plein à 60 ans.
Dans le système suédois comme dans la retraite par point, si chère au Medef, cest
lintégralité de la carrière qui est prise en compte pour le calcul de la retraite
et non pas comme aujourdhui, les 6 derniers mois dans la fonction publique ou les 25
meilleures années dans le régime de base des salariés du secteur privé. Dans les deux
systèmes également, les périodes de maternité, de chômage, de maladie ou
dinvalidité nont pas vocation à être prise en compte. Au total, le taux de
remplacement du salaire par la retraite ne peut que baisser. La solidarité a laissé la
place au taux de croissance et aux tables de mortalité.
7- La droite et le gouvernement ont-ils abandonné lidée de nous imposer des
fonds de pension ?
Non, le Medef rappelle constamment la nécessité de « compléter » la retraite par
répartition au moyen de retraites par capitalisation, cest-à-dire des fonds de
pension, quils soient ou non « à la française ». Quant à la droite, son rôle
est de mettre de lhuile dans les rouages pour aider les solutions du Medef à
simposer.
En France, les fonds de pension ont pris le nom d « épargne-retraite » en vue de
rassurer les salariés. Mais cette « épargne-retraite présente les mêmes défauts que
les fonds de pensions classiques. Elle est profondément inégalitaire. Seuls les cadres
et une partie des salariés des grandes entreprises ont une réelle capacité
dépargne. Pour la grande majorité des salariés, il est déjà difficile de
joindre les deux bouts à la fin de chaque mois. Et le patronat en abondant les sommes
ainsi versées (2 milliards chaque année) ajoutera encore à linégalité initiale.
Lépargne-retraite est profondément risquée : cest accepter de jouer sa
retraite en bourse car les fonds collectés sont placés en bourse et bien souvent en
actions puisque, selon les » « experts financiers » qui ont tout intérêt à favoriser
ce type de placement, leur rendement serait meilleur que celui des obligations et des
emprunts dEtat. Pourtant, après léclatement de la bulle des nouvelles
technologies en 2000 et après la récente crise financière qui a réduit à néant
lépargne-retraite de centaines de milliers de salariés américains, très peu de
salariés sont, dans notre pays, prêt à prendre ce risque.
Cest lune des deux raisons pour lesquelles le recul de la retraite par
répartition est aussi important pour le Medef. Il veut, bien entendu, en premier lieu, ne
pas augmenter le montant des cotisations sociales patronales pour que le patronat et en
particulier les grands groupes puissent engranger le maximum de profits. Mais il souhaite
aussi le recul de la retraite par répartition pour faire une place aux fonds de pension
« à la française » qui sont un enjeu de taille pour les compagnies dassurance et
le capital financier. Laisser un champ de plusieurs centaines de milliards à un salaire
indirect mutualisé leur est totalement insupportable. Plus la retraite par répartition
reculera, plus les salariés auront peur pour le montant de leur future retraite et plus
les fonds de pension, malgré tous leurs défauts, se présenteront comme un recours
ultime pour les salariés.
8. Le fonds de réserve est-il une solution pour nos retraites ?
Créé en 1999 par Lionel Jospin, le fonds de réserve des retraites devait avoir une vie
de 40 ans avec une première phase daccumulation des fonds, de 2000 à 2020, et une
deuxième phase dutilisation des fonds, de 2020 à 2040.
La première phase devait permettre daccumuler 1 000 milliards de francs (150
milliards deuros) dont lessentiel serait venu des excédents de la Caisse
nationale dAssurance vieillesse, de ceux du Fonds de solidarité vieillesse et des
revenus financiers issus de leur placement. Mais pour que ces fonds aient des excédents,
il aurait fallu augmenter les ressources des retraites par répartition et abroger la
réforme Balladur-Veil de 1993. Cela na été fait ni par la gauche, ni bien sûr
par la droite. Il ne faut donc pas sétonner que le fonds de réserve nait
recueilli que 35 milliards deuros avant la crise financière.
Quant aux 330 milliards de francs (50 milliards deuros) qui devaient être le
fruit du placement en bourse des fonds accumulés, ils se sont transformés, avec la crise
financière, en une perte de 7 milliards deuros. Au total, le Fonds de réserve
na permis daccumuler que 28 milliards deuros.
Sil avait été alimenté comme le souhaitait Lionel Jospin, ce fonds naurait,
de toute façon pas permis de répondre au besoin de financement de nos retraites. En
effet, utilisé sur 20 ans, les 150 milliards deuros accumulés auraient
représenté un flux de 7,5 milliards deuros par an. Un flux très éloigné des
besoins de financement réel de notre système de retraite : 65 milliards deuros par
an en 2050 si lon laisse les réformes déjà mises en place par la droite produire
tous leurs effets et 200 milliards si lon veut que la retraite nette (moyenne)
revienne à 78 % ou 75 % du salaire net (moyen) comme avant la réforme de 1993.
Cest pourquoi ce fonds avait toujours été présenté comme un simple « fonds de
lissage » permettant simplement détaler laugmentation des cotisations
retraites dans le temps en cas de croissance soudaine du nombre de retraités.
Il reste 10 ans pour alimenter ce fonds. Ce ne sont pas les excédents de la CNAV (10,7
milliards de déficit prévus en 2010) ou du Fonds de solidarité vieillesse (3,9
milliards deuros de déficit en 2009) qui lui permettront daccumuler les 122
milliards deuros manquant. Les placements en bourse pourront, sans doute, permettre
daccumuler quelques milliards mais ces gains se transformeront inéluctablement en
lourdes pertes lors de la prochaine crise financière. Que reste-t-il ? Alimenter le fonds
de réserve avec le produit des nationalisations comme certains le proposent ? Ce serait
aller à lencontre de la préservation et lélargissement des services
publics.
Il ny a donc pas de miracle à attendre de ce Fonds de réserve et il faudra trouver
ailleurs les moyens de financement de nos retraites.
9. Comment financer nos retraites ?
Le déficit du régime général (branche vieillesse) devrait, selon les prévisions du
gouvernement, être de 10,7 milliards deuros en 2010 après 8,2 milliards en 2009 et
14,5 milliards en 2013. Laugmentation de ce déficit est liée, en partie, à des
raisons conjoncturelles : la crise économique qui a réduit la masse salariale et donc le
montant des cotisations retraites. Mais ce déficit a une explication structurelle
évidente : la stagnation des cotisations patronales depuis 30 ans, alors quaugmente
le nombre de retraités. En 2050, si ces ressources naugmentent pas et si nous
refusons que la grande majorité des salariés se retrouvent dans la misère, le besoin de
financement de nos retraites par répartition sélèvera à 200 milliards
deuros (constants) par an. 200 milliards deuros par an, dans un pays dont le
PIB aura doublé, cela représente 6 points de PIB. Entre 1960 et 2000, la part du PIB
consacrée au financement des retraites par répartition avait augmenté de 8 points,
pourquoi serait-il impossible de laugmenter de 6 % entre 2010 et 2050 ? Encore
faut-il préciser comment ces 6 % pourraient être mobilisés.
La priorité des priorités est den finir avec le chômage de masse. Mais cela ne
serait pas suffisant pour financer nos retraites en 2050.
Il serait donc, ensuite, nécessaire délargir lassiette des cotisations
retraites en sattaquant aux « niches sociales » cest-à-dire aux revenus
salariaux qui ne subissent aucun prélèvement ou un prélèvement forfaitaire de 4 % au
titre de lensemble des cotisations sociales. Le manque à gagner lié aux
dispositifs dassociation des salariés aux résultats de lentreprise est
évalué entre 6 et 8,3 milliards deuros en 209 et, donc, au double en 2050 si ces
revenus évoluent à la même vitesse que le PIB.
Il faudrait, enfin, augmenter le taux des cotisations retraites. Sarkozy, le 25 janvier
affirmait quil fallait « tout mettre sur la table ». Il promettait dexaminer
toutes les pistes. Curieusement, toutefois, il na évoqué que « la perspective
dun allongement de la durée de cotisation » et jamais dune hausse des
cotisations retraites. Pourtant, dans son dernier rapport, le COR constate que «
leffet positif dune hausse du taux de cotisation sur le solde du régime est
immédiat et durable ». Dans son rapport de 2001, le COR estimait que, même avec un taux
de chômage ramené à 4,5 % de la population active, il faudrait encore augmenter de 15
points le taux de cotisation retraite pour équilibrer nos régimes de retraites en 2040
et revenir à un taux de remplacement de lordre de 75 % du salaire (comme avant
1993).
15 point daugmentation en 40 ans (de 2000 à 2040 ou de 2010 à 2050), cela
représente une augmentation denviron 0,37 point par an. A raison de 0,25 point pour
les cotisations patronales et de 0,12 points pour les cotisations salariales, cette
augmentation est, bien évidemment, préférable à la généralisation de la pauvreté
chez les retraités que nous promet lallongement continuel de la durée de
cotisation. Cette option a, pourtant, demblée été exclue du débat public.
Pour les salariés, laugmentation de leurs cotisations serait compensée en partie
par les sommes qui niraient plus financer lépargne retraite et le retour à
un taux de remplacement de 75 % du salaire net permettrait de réduire le recours à la
solidarité familiale au profit des personnes âgées.
Quant au patronat, sil trouvait trop élevé laugmentation de ses cotisations
retraites, il pourrait toujours commencer par renoncer à financer les « retraites
chapeaux » de ses dirigeants et alléger dautant les sommes quil consacre au
financement des retraites. Veolia Environnement aurait pu, ainsi, économiser les 30,2
milliards deuros provisionné (et il sagit des provisions dune seule
année) pour financer les « retraites chapeaux » de son Comité exécutif, dont 13,1
millions deuros pour la seule « retraite chapeau » de son PDG, Henri Proglio. «
Retraite chapeau » qui devait permettre à ce Monsieur, pourtant assez loin de la
misère, de bénéficier dune retraite supplémentaire de 700 millions deuros
par an.
La compétitivité des entreprises de notre pays serait-elle remise en cause par cette
augmentation progressive du taux des cotisations retraites ? Non si lon remplaçait
la « modération salariale » par la « modération financière » et si le montant des
dividendes versés aux actionnaires diminuaient de façon à compenser laugmentation
des cotisations sociales. Cest tout à fait réalisable. Le montant des dividendes
versés aux actionnaires a augmenté de 5,2 point de PIB depuis 1982, au détriment des
salaires. Ces dividendes sont improductifs et ne servent quà alimenter la
spéculation financière dont on a pu constater les redoutables effets. Une baisse des
dividendes versés aux actionnaires naffecterait pas linvestissement productif
et permettrait de ne pas augmenter le prix des produits ou des services facturés par
lentreprise, malgré laugmentation du taux des cotisations retraites. La
compétitivité des entreprises ne serait donc pas affectée.
10. Quelles mesures concrètes pour sauver nos retraites par répartition ?
Nos retraites par répartition sont aujourdhui gravement menacées. Le recul
continuel du montant de la retraite, les lourdes incertitudes pesant sur lavenir des
retraites sont en train de rompre le pacte entre générations. Comment les jeunes
générations pourraient-elle, en effet, accepter que leurs cotisations aillent financer
les retraites de la génération qui nest plus au travail alors queux-mêmes
estiment quils ne toucheront pas de retraite ou une retraite qui ne leur permettra
pas de vivre ?
Pour que les jeunes générations aient confiance dans notre système de retraite par
répartition, il faut leur assurer quils pourront bénéficier dune retraite
correcte, à un âge (60 ans) où ils auront encore lespérance de vivre en bonne
santé pendant plusieurs années.
Cet objectif nécessite que soit pris un ensemble de mesures indissociables.
Dabord, abroger les réformes de la droite depuis 1993 et obliger, par la loi, le
patronat à financer les retraites complémentaires du secteur privé afin que cet
objectif soit atteint.
Assurer un taux de remplacement minimum de 75 % pour une carrière complète.
Garantir quaucune retraite ne sera inférieure au Smic.
Indexer lévolution des salaires pris en compte pour le calcul de la retraite et
lévolution du montant de la retraite, une fois cette dernière liquidée, sur les
salaires et non plus sur les prix.
Considérer que les périodes non travaillées, liées à la maternité, aux accidents
du travail et aux maladies professionnelles, aussi bien que le temps partiel imposé sont
des périodes travaillées à temps plein que soit pris en compte, pour le calcul de la
retraite, le salaire normalement versé.
Revenir aux 37,5 annuités de cotisation pour pouvoir bénéficier dune retraite
à taux plein tant que la durée moyenne réelle dune carrière ne sera pas
supérieure à ce chiffre.
Valider les périodes détude après 18 ans comme les périodes de recherche
dun premier emploi dès linscription au Pôle-emploi.
Permettre aux salariés ayant effectué des travaux pénibles de prendre leur retraite
à taux plein à 55 ans. Cette mesure, cependant, ne saurait dispenser dagir en
amont, sur les conditions de travail, pour que ces travaux nuisibles à la santé
disparaissent.
Cest uniquement à ce prix que la confiance des jeunes générations en notre
système de retraites par répartition pourra être restaurée. Autrement, ce sera la
porte grande ouverte aux fonds de pension et à la misère pour la grande majorité des
retraités dans les décennies à venir.
L'impossibilité dune croissance infinie
Il y a un paramètre qui est à prendre aussi en compte : limpossibilité
dune croissance infinie. Le chiffre de dun taux de croissance de 1,7 % par an
pendant 40 ans qui amène à un doublement du PIB
.. cest bien gentil, mais ça
veut dire doubler le nombre de biens produits et consommés par rapport à
aujourdhui.
Or, cest tout bonnement impossible sur une planète aux ressources limitées.
De même le commentaire sur les gaz à effet de serre : jusquà aujourdhui on
na JAMAIS réussi à déconnecter les émissions de GES de la Croissance. Si on
nintroduit pas ces paramètres dans les négociations sur les retraites, on «
raisonne dans le vide » et on prépare des lendemains qui déchantent pour tout le monde.
Autrement dit, il ny a aucun autre moyen que de changer radicalement notre modèle
de développement et dabandonner les références à la croissance telle quon
lentend aujourdhui, de tout axer sur la relocalisation, la durabilité, la
sobriété et le création des emplois qui vont avec, notre rapport au temps de travail et
aux loisirs, etc
.
Avancer des chiffres extraits des données tendentielles actuelles et donc partager des
richesses fictives futures ne me semble pas aller dans le sens duned prise en compte
de réalités écologiques incontournables.
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| Sang
de cordon ombilical : vaste offensive pour détourner un don anonyme, gratuit et solidaire
au profit d'intérêts privés marchands |
| Source
- par Christian Gaudray, CO-responsable du secteur Développement Durable de l'UFAL |
| En
plein processus de révision de la loi de bioéthique de 2004, le député UMP Damien
Meslot a déposé une proposition de loi
« relative au prélèvement et à la conservation des cellules souches issues du sang de
cordon ombilical ». Nous allons voir que cette opération est tout sauf anodine,
quelle est aussi choquante que scandaleuse, et quelle bénéficie de soutiens
catholiques et affairistes. Dans le Territoire de Belfort, les députés se suivent
mais ne se ressemblent pas. Meslot est en effet le tombeur en 2002 de Raymond Forni, «
enfant de la République » décédé il y a 2 ans. En octobre dernier, Meslot était
condamné en appel pour outrage à magistrat
Voilà pour le personnage, mais
venons-en à sa proposition de loi, qui a pour objet dautoriser les banques privées
de sang de cordon ombilical pour usage autologue.
Lire
la suite
|
|
| Liberté et au pluralisme
dans ses choix pratiques de vie |
| Source
- http://www.eliant.nl/?action=behaviour&actionid=215&lang=fr |
Chaque voix compte
Par votre signature, vous apportez votre soutien à laction ELIANT pour assurer la
reconnaissance juridique de la médecine, des aliments Demeter, de la pédagogie
Steiner-Waldorf et des autres initiatives issues de lanthroposophie en Europe.
En soutenant lAction ELIANT, vous affirmez le droit de chaque citoyen européen à
la liberté et au pluralisme dans ses choix pratiques de vie : alimentation, médecine,
pédagogie
Agriculture bio-dynamique Demeter, écoles Steiner-Waldorf, médicaments
Weleda, médecine anthroposophique et ses thérapies, cosmétiques Weleda et Wala Dr
Hauschka, banques à fonds éthique
Ces choix sont actuellement menacés par les règlementations européennes. Vous demandez
à lUnion européenne de garantir par ses textes lexistence des initiatives
issues de lanthroposophie et de concrétiser ainsi sa devise :"Unis dans la
diversité". |
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|
| Le Paraguay rend gratuits
les soins de santé publique |
| Source
et date et auteur |
Le
nouveau gouvernement du Paraguay a tenu jusquau bout sa promesse de campagne de
rendre gratuit la santé publique. Le jour de Noël presque tous les services de santé
publique sont devenus gratuits dans lensemble du pays.
Lire
la suite
|
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| Alimentation - Agriculture |
| |
| L'innocuité de la
pomme de terre transgénique mise en cause |
| LE MONDE | 2010 |
Bruxelles, envoyés spéciaux |
| La
reprise des cultures transgéniques en Europe ne devrait pas se dérouler aisément.
L'autorisation d'une pomme de terre transgénique, mardi 2 mars, par la Commisson
européenne, a suscité de vives réactions. L'indépendance de l'AESA est, d'autre
part, sujet à controverse depuis que l'Observatoire européen des multinationales (CEO) a
révélé en janvier que la coordinatrice scientifique du groupe d'experts sur les OGM de
l'AESA, Suzy Renckens, avait été embauchée en 2008 par le groupe Syngenta, qui produit
des OGM : la société espère notamment que son maïs Bt 11 sera prochainement autorisé. La
firme allemande BASF, qui a mis au point cette variété, s'est réjouie de la décision,
tandis que l'organisation des industriels des biotechnologies agricoles, Europabio, s'est
déclarée "encouragée par cette approche fondée sur la réglementation".
Europabio souligne que dix-sept OGM (organismes génétiquement modifiés) sont
actuellement en cours de procédure d'autorisation.
L'Allemagne, la Suède, la République tchèque et les Pays-Bas devraient commencer à
cultiver cet OGM (organisme génétiquement modifié) au printemps. L'Italie et l'Autriche
ont en revanche immédiatement annoncé leur intention d'interdire sa culture.
Le gouvernement français, qui a, comme six autres pays européens, suspendu sine die la
culture du maïs Mon 810 (autorisé par l'Europe en 1998), a indiqué par un communiqué
du ministère de l'Ecologie qu'il "allait saisir le Haut conseil des biotechnologies
(HCB), notamment sur la présence dans cette pomme de terre d'un gène de résistance à
un antibiotique." Le 1er mars, le Fonds stratégique d'investissement français a
annoncé l'injection de 150 millions d'euros dans la coopérative Limagrain, qui
développe des OGM.
Les organisations écologistes (Greenpeace, Friends of the Earth, France nature
environnement) ont de leur côté vivement critiqué la décision de Bruxelles. Quant aux
députés Verts européens, ils stigmatisent "l'incapacité des commissaires à
prendre en compte les points de vue clairement exprimés par un nombre important des Etats
membres ainsi que par une large majorité des citoyens européens."
L'annonce a été faite par le commissaire européen à la santé et à la protection des
consommateurs, John Dalli. C'est la première fois depuis douze ans que l'Union
européenne délivre une telle autorisation. Dénommée Amflora, cette pomme de terre a
été génétiquement modifiée afin d'augmenter son contenu en un composant chimique de
l'amidon, l'amylopectine, dans le but de satisfaire des usages dans l'industrie du papier.
La validité scientifique de la décision suscite de vives interrogations. La pomme de
terre Amflora contient en effet un gène de résistance aux antibiotiques kanamycine et
neomycine. Or, la directive européenne sur les OGM 2001-18 prévoyait (son article4-2)
"l'élimination" de tels marqueurs, pour éviter l'éventuelle émergence de
bactéries résistantes.
Indépendance
L'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), sur les avis de laquelle la
Commission se repose, a cependant jugé que ce marqueur ne posait pas de problème.
Pourtant, deux avis de l'Organisation mondiale de la santé, en février 2005, et de
l'Agence européenne des médicaments (EMEA), en février 2007, ont estimé que les
antibiotiques concernés avaient un caractère thérapeutique notable. La position de
l'AESA n'apparaît donc pas totalement convaincante. Pour Greenpeace, l'acceptation d'un
OGM doté d'un marqueur de résistance aux antibiotiques est "incohérent".
L'indépendance de l'AESA est, d'autre part, sujet à controverse depuis que
l'Observatoire européen des multinationales (CEO) a révélé en janvier que la
coordinatrice scientifique du groupe d'experts sur les OGM de l'AESA, Suzy Renckens, avait
été embauchée en 2008 par le groupe Syngenta, qui produit des OGM : la société
espère notamment que son maïs Bt 11 sera prochainement autorisé.
Les critiques à l'égard de l'agence européenne ont été relayées par les Etats
membres : le 4 décembre 2008, le conseil des ministres européens de l'environnement
avait adopté à l'unanimité des conclusions demandant d'"améliorer" le
système d'expertise communautaire et "une évaluation détaillée des effets à long
terme sur l'environnement" des OGM. Mais depuis cette réunion, peu de changements
ont été apportés. Selon des fonctionnaires européens, "la réforme de l'ASEA
n'est pas à l'ordre du jour".
En fait, plutôt que de renouveler la méthode d'expertise, la Commission préfère
assouplir le processus d'autorisation. D'ores et déjà, a indiqué John Dalli,
"chaque Etat est libre d'autoriser ou non la culture de cet OGM". D'ici à
l'été, des réflexions seront menées au sein de la Commission de façon à donner plus
de souplesse aux Etats membres pour appliquer, ou pas, sur leur territoire, les
autorisations accordées au niveau européen. Il s'agit d'élargir leur marge de
manuvre, soit dans le cadre de la législation existante, soit en refondant les lois
européennes.
--
BASF: 2 autres pommes de terre OGM (AFP/2010)
Le groupe allemand BASF souhaite lancer d'ici 2011 deux autres pommes de terres OGM,
dont une destinée à l'alimentation humaine, après avoir obtenu un feu vert européen à
sa pomme de terre Amflora.
"Nous travaillons à d'autres produits, dont une pomme de terre résistante au
mildiou", une forme de pourriture responsable notamment de la grande famine
irlandaise du XIXè siècle, a indiqué vendredi une porte-parole à l'AFP.
Cette pomme de terre, baptisée Fortuna et destinée à l'alimentation humaine, est basée
sur une variété européenne, et contient des gènes d'une pomme de terre
sud-américaine, qui lui permettent de résister à cette maladie.
BASF, numéro un mondial de la chimie, a également un projet de pomme de terre pour
l'industrie, qui pourrait succéder à l'Amflora, pour laquelle la Commission européenne
a donné mardi son feu vert, et destinée comme elle à la production industrielle
d'amidon. |
|
| Victimes
des pesticides : de nouveaux témoignages et des vidéos chocs |
| Source et www.victimes-pesticides.com |
A
lheure où souvre le Salon International de lAgriculture et après la
publication par lhebdomadaire La Vie dun dossier autour du témoignage de Paul
François, victime des pesticides, le MDRGF et HEAL mettent en ligne de nouveaux
témoignages vidéo exclusifs dagriculteurs et de particuliers victimes des
pesticides.
Lors dun rencontre organisée par le MDRGF et HEAL* en janvier 2010, des dizaines de
personnes atteintes par des leucémies, des myélomes, la maladie de parkinson, des
problèmes cardiaques
suite à lexposition à des pesticides ont témoigné de
leur situation, vous pourrez dès aujourdhui et dans les jours qui viennent
découvrir ces nouveaux témoignages vidéo, dont celui de Paul François, sur le site
www.victimes-pesticides.com.
Mettre fin à lOmerta. Cette campagne Victimes des pesticides, lancée
en juin 2009 par le MDRGF et HEAL* vise à informer le public sur la réalité des dangers
liés à lutilisation des pesticides. Nous espérons que le courage des personnes
qui ont accepté de témoigner de leurs souffrances à visage découvert nous permettra
den finir avec lOmerta qui entoure la question du danger des pesticides et
aidera de nombreuses autres victimes à dire ce quils ont vécus eux aussi, enfin.
Le MDRGF et HEAL souhaitent aussi, au travers cette campagne, aider ces victimes à faire
valoir leurs droits, en leur prodiguant des conseils juridiques et une expertise
scientifique.
« Nous espérons quà lheure où le Salon de lAgriculture ouvre ses
portes, ces témoignages touchants aideront à une véritable prise de conscience de la
nécessité urgente de diminuer la dépendance de notre agriculture aux pesticides,
conformément aux décisions du Grenelle de lenvironnement », déclare François
VEILLERETTE, Président du MDRGF.
« Au-delà des agriculteurs, cest la population en général qui est concernée par
lexposition aux pesticides et les risques associés à cette exposition. Il est
temps de protéger enfin les très nombreux particuliers victimes de ces produits en
interdisant leur utilisation dans les lieux publics et à proximité des habitations. La
publicité pour les amateurs de ces produits doit aussi être interdite afin de ne pas
inciter à leur utilisation » ajoute Genon JENSEN, Directrice de HEAL. Regardez et
faites buzzer la vidéo de présentation de ces victimes :
http://www.dailymotion.com/video/xcdhrq_victimes-des-pesticides_news
*MDRGF = Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures http://www.mdrgf.org HEAL = HEAL = Health and Environment
Alliance http://www.env-health.org/
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| Ecologie - Environnement |
|
| Sommet sur la sécurité nucléaire ou sur
le commerce nucléaire ? |
| par Manlio Dinucci*,
Tommaso di Francesco |
Le
président Obama a convoqué un sommet de chefs dEtat pour les mettre en garde
contre un possible vol de matières nucléaires par des terroristes qui voudraient
fabriquer une bombe atomique. Bien sûr, vu le prix de ces matériaux personne
nentend se les faire voler et na besoin des conseils de lOncle Sam.
Autre chose se joue au sommet de Washington : la régulation et le partage dun
gigantesque marché
 |
| La
veille du sommet sur la sécurité nucléaire, le Premier ministre indien Manmohan Singh
et le président états-unien Barack Obama ont conclu un important contrat de transfert de
matériaux nucléaires. |
Ce qui a commencé hier à Washington, et se termine aujourdhui,
est le plus grand sommet convoqué ces 65 dernières années par un président des
Etats-Unis : y participent, à Washington, les chefs dEtat et de gouvernement de 47
pays.
Thème central, la « sécurité nucléaire ». Le président Obama a de fait tiré la
sonnette dalarme : « Le danger le plus immédiat, et extrême, est aujourdhui
le terrorisme nucléaire ». A cette menace, poursuit-on à Washington, sajoute
celle de la prolifération nucléaire : on accuse ainsi lIran, et dans la foulée la
Corée du Nord, de poursuivre des ambitions nucléaires, en violant le Traité de
non-prolifération (TNP). La proposition de base, faite par Obama au Sommet, est de
renforcer le contrôle de tous les quantitatifs duranium hautement enrichi et de
plutonium.
Mais paradoxalement ce sont justement les Etats-Unis et les autres puissances nucléaires,
protagonistes du sommet de Washington, qui favorisent la prolifération de ces armes. Dans
une situation où un petit groupe dEtat prétend garder la possession des armes
nucléaires, et continue à les moderniser, il est de plus en plus probable que
dautres essaient de se les procurer. En plus des neuf pays qui les possèdent, il y
en a au moins 40 en mesure de les fabriquer.
Il nexiste de fait pas une séparation nette entre usage civil et usage militaire de
lénergie nucléaire et, par les réacteurs, on extrait de luranium hautement
enrichi et du plutonium adaptés à la fabrication darmes nucléaires. On calcule
que la quantité disponible dans le monde permettrait de fabriquer plus de 100 000 armes
nucléaires, et on continue à en produire des quantités croissantes : plus de 130
réacteurs nucléaires « civils » produisent de luranium hautement enrichi,
adapté à la fabrication darmes nucléaires.
Ce que font les Etats-Unis, promoteurs du sommet, pour garantir la « sécurité
nucléaire », est démontré par les faits. Le 29 mars, ils ont conclu avec New Delhi un
accord sur la base duquel ils fourniront à lInde du combustible nucléaire «
éteint » à recycler, en en extrayant de luranium et du plutonium. Se trouve ainsi
opérationnalisé laccord stipulé en 2008 par ladministration Bush, qui
prévoit la fourniture à lInde de matériel fissile et de technologie nucléaire.
En échange, lInde sengage à adhérer « en partie » au TNP, en soumettant
à des inspections 14 sites nucléaires civils mais en conservant 8 militaires non sujets
à des inspections. Les programmes de New Delhi prévoient un développement exponentiel
de lindustrie nucléaire qui ouvre un marché de plus de 150 milliards de dollars,
auxquels les USA veulent accéder avec la vente de réacteurs et de technologies de fait
à double usage, civil et militaire. Ces derniers se trouvent cependant en concurrence
avec la Russie, qui a signé un gros accord pour la fourniture de technologies nucléaires
à lInde.
A cette même table du sommet, avec le Premier ministre indien (quObama a rencontré
la veille, pour officialiser laccord), siège celui du Pakistan, allié des USA qui
na jamais adhéré au TNP. Comme lInde, celui-ci possède un arsenal estimé
à 70-90 armes nucléaires. A présent, confirme le New York Times (12 avril), face à
laccord Washington-New Delhi, le Pakistan est en train de construire trois nouveaux
sites pour réaliser « une seconde génération darmes nucléaires ».
Et à cette même table siège aussi lautre allié des USA, Israël (représenté
par le ministre du Renseignement et de lEnergie atomique, Dan Meridor), qui
nadhère pas au TNP et nadmet pas officiellement posséder des armes
nucléaires, tout en en possédant des centaines. Hors de tout contrôle, Israël a
accumulé une quantité de plutonium pour armes nucléaires estimée à environ un demi
quintal, et continue à en produire des dizaines de kilos par an. LIran par contre
na pas été invité, lequel adhère pourtant au TNP et ne possède pas darmes
nucléaires. Et, à côté dIsraël, siègent la France qui a fourni à Israël son
premier réacteur pour la fabrication darmes nucléaires, et lAllemagne qui,
avec les Etats-Unis, a contribué à la potentialisation des forces nucléaires
israéliennes en lui fournissant trois sous- marins Dolphin en capacité de lancer des
missiles nucléaires.
Mais, pour ne pas faire de tort aux pays arabes, les Etats-Unis ont signé une série
daccords pour la fourniture de technologies nucléaires et de matériel fissile aux
Emirats arabes unis, à lArabie saoudite, à Bahreïn, à lEgypte, au Maroc et
à lAlgérie.
Une grande campagne promotionnelle sest ainsi ouverte à laquelle participent
aussi la France, le Japon, la Russie et la Chine pour vendre des centrales
nucléaires clé en main au Moyen Orient et à lAfrique du nord. On diffuse ainsi
les technologies « civiles » qui mettent dautres pays en mesure de construire des
armes nucléaires. Tout cela à lenseigne de la « sécurité nucléaire ».
Manlio Dinucci
Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Geograficamente. Per la
Scuola media (3 vol.), Zanichelli (2008) ; Escalation. Anatomia della guerra infinita,
DeriveApprodi (2005). |
|
| Lécologie de guerre (Le prétexte climatique
1/3 : 1970-1982) |
| par Thierry Meyssan* |
Le
discours environnemental est entré sur la scène politique internationale au début des
années 80. Positif par essence, il est vite devenu un attribut indispensable du pouvoir
légitime. Les plus importants chefs dEtat ou de gouvernement se le sont approprié
à un moment ou à un autre. Tandis que les multinationales les plus polluantes ont
abondamment financé les organes compétents de lONU. Dans cet article en trois
parties qui ne fera plaisir ni aux écolos, ni à leurs adversaires, Thierry
Meyssan retrace lembarrassante histoire de cette rhétorique. Elle a souvent
consisté à manipuler les bons sentiments ou la peur de lavenir pour faire passer
des décisions militaires ou économiques contestées.
 |
| Le
président Gerald Ford, le secrétaire dEtat Henry Kissinger et le conseiller de
sécurité nationale Brent Scowcroft. Après avoir étudié les conséquences du
réchauffement climatique, tous trois ont décidé, fin 1974, que la réduction de la
population mondiale serait un objectif stratégique des Etats-Unis. |
La conférence de Copenhague sur le climat fut un exemple paroxystique
du fossé séparant un événement de la représentation que les médias en donnent.
Avant la conférence, de nombreuses personnalités assuraient que lapocalypse était
pour demain si lon ne faisait rien et qualifiaient le sommet de « conférence de la
dernière chance pour lhumanité ». Mais une fois le celui-ci terminé, sans être
parvenu à un accord contraignant, les mêmes personnalités assuraient que ce
nétait pas si grave : laccord serait finalisé lors de futures rencontres et
lapocalypse attendrait après-demain. Les principaux médias ne fournirent aucune
explication sur ce revirement et passèrent à autre chose.
Pour comprendre ce qui sest vraiment passé à Copenhague et ce qui est en jeu à
propos de la « menace climatique », nous devons revenir en arrière et nous remémorer
lensemble du processus qui a produit cette nouvelle idéologie et conduit au show de
Copenhague. Il ne sagit pas ici daborder les conséquences des changements
climatiques qui, tout au long des siècles, ont poussé les hommes dune région à
lautre, ni danticiper sur les prochains changements climatiques et les
migrations quils provoqueront. Nous concentrerons notre attention sur un autre
aspect des choses : comment les slogans des uns peuvent-ils devenir des mensonges
partagés par tous ? comment la ruse politique peut-elle se cacher derrière
lapparence de la science ? et, en définitive, comment de faux consensus peuvent
sécrouler soudainement ?
En 40 ans, les questions environnementales ont été instrumentées aux fins politiques
les plus différentes par Richard Nixon, Henry Kissinger, Margaret Thatcher, Jacques
Chirac et Barack Obama. Aucun de ces leaders na cru que les variations climatiques
sont imputables à lhomme et menacent sa survie. Pourtant, la plupart lont dit
et ont trouvé un intérêt différent à le dire. Voici lhistoire de
lécologie politique comme champ daffrontement des grandes puissances.
Le jour de la Terre
 |
| Le
secrétaire général des Nations Unies, U-Thant, proclame le « jour de la Terre » pour
protester contre la guerre du Vietnam (ici devant la cloche japonaise de la paix, lors de
la première célébration). |
Tout commence en 1969. Le militant pacifiste états-unien John McConnell
propose à lUNESCO de créer un « Jour de la Terre ». Il devrait être célébré
à léquinoxe de printemps, sous forme dune journée fériée dans le monde
entier, et permettrait de renforcer le sentiment dunité de lhumanité
habitant la même planète.
Ce rêve rencontre le soutien du secrétaire général des Nations Unies, U-Thant. il y
voit une occasion de plus de manifester son opposition à la guerre du Vietnam. Pour le
diplomate birman, comme pour beaucoup dAsiatiques, le respect de
lenvironnement nest pas dissociable du respect de la vie humaine, il participe
dune recherche de lharmonie qui exclut la guerre. U-Thant institue ce « jour
», mais aucun Etat ne suit sa recommandation. Quoi quil en soit, il imagine une
petite cérémonie au cours de laquelle, il fait sonner la cloche japonaise de la paix
dans le palais de verre et sexclame : « Puisse-t-il ny avoir que des jours à
venir pacifiques et joyeux, pour notre beau Vaisseau Spatial Terre qui continue à filer
et tourner dans lespace froid avec son chargement chaleureux et fragile de vie »
[1].
Washington ne réagit pas directement.
Sans lien apparent avec ce précède, le sénateur du Wisconsin, Gaylord Nelson propose
dappliquer aux questions environnementales US les techniques de mobilisation de la
gauche états-unienne contre la guerre du Vietnam. Il proclame le mercredi 22 avril
1970
« Jour de la Terre » [2]
Comme Nelson est démocrate, personne ne dénonce la manipulation. Au contraire, la presse
dominante reprend son appel et le soutient. Le New York Times jubile : « La
préoccupation grandissante face à la crise environnementale balaye les campus du pays
avec une intensité qui, si elle se poursuit, pourrait occulter le mécontentement
étudiant contre la guerre du Vietnam » [3]. En définitive, plus de 20 millions
dEtats-uniens participent à lévènement qui consiste avant tout à nettoyer
villes et campagnes des déchets qui les jonchent. Pour le président Richard Nixon et son
omniprésent conseiller Henry Kissinger, ce succès est inespéré.
 |
| Sans
lien apparent avec ce précède, le sénateur du Wisconsin, Gaylord Nelson propose
dappliquer aux questions environnementales US les techniques de mobilisation de la
gauche états-unienne contre la guerre du Vietnam. Il proclame le mercredi 22 avril
1970
« Jour de la Terre » [2] |
Il est possible de divertir le mouvement anti-guerre et de diriger
lénergie des manifestants vers dautres combats. Lécologie doit se
substituer au pacifisme et au tiers-mondisme. Ce « jour de la Terre », version US,
remplacera avantageusement celui des Nations Unies. Le sénateur Nelson appelle les
manifestants à déclarer « la guerre pour lenvironnement » (sic) [4]. Sous son
influence, les associations étudiantes demandent de changer les priorités du moment et
de transférer une partie des budgets alloués à la Défense vers la protection de
lenvironnement. Ce faisant, elles renoncent à condamner la guerre du Vietnam en
particulier et limpérialisme en général [5]
Rapidement, les Républicains font voter des lois sur la qualité de lair et de
leau, et dautres pour développer des parcs naturels et protéger le
patrimoine naturel. Le président Richard Nixon créée une Agence fédérale de
protection de lenvironnement (US EPA), tandis que 42 Etats fédérés
institutionnalisent cette manifestation annuelle.
 |
| Le
sénateur Gaylord Nelson appelle à déclarer « la guerre pour lenvironnement »
lors du premier « Jour de la Terre » (Denver, 22 avril 1970). Derrière lui, le drapeau
du mouvement, dessiné par Ron Cobb sur le modèle du drapeau des Etats-Unis. A la place
des étoiles, un E et un O stylisés font référence à une Organisation pour
lEnvironnement. La jeunesse est priée de défendre ce nouveau drapeau plutôt que
de brûler la bannière étoilée. |
Lécologie est désormais une « préoccupation » de Washington
et requiert dautant plus un traitement particulier au plan international quil
faut neutraliser le mouvement anti-guerre dans le reste du monde.
1972 : Stockholm, le premier « sommet de la Terre » et le Club de Rome
LONU organise à Stockholm, en 1972, sa première conférence sur
lenvironnement humain, ultérieurement connue comme le premier « sommet de la Terre
» [6]. Le secrétariat général de la conférence, responsable des travaux
préparatoires est confié au Canadien Maurice Strong. Ce haut-fonctionnaire dirigeait
lAgence canadienne de développement international [7], administration sur de
lUSAID et servant comme elle de paravent à la CIA [8]. Strong étant par ailleurs
administrateur de la Rockfeller Foundation, il commande à celle-ci le document
préparatoire de la conférence Only One Earth. The care and maintenance of a small planet
(Une seule Terre : le soin et la préservation dune petite planète), rédigé par
léconomiste britannique Barbara Ward et le biologiste franco-états-unien René
Dubos. Il est clair que les ressources de la planète sont insuffisantes pour que
lhumanité entière bénéficie du même développement économique. Il faut prendre
des mesures conservatoires.
Bien que le sujet ne soit pas encore à la mode, 113 États participent
au sommet. Seuls deux chefs de gouvernement font le déplacement : Olof Palme (Premier
ministre du pays hôte) et Indira Ghandi (Inde) ; tous deux farouches adversaires de la
politique impériale des Etats-Unis et de la guerre du Vietnam. Loin dabonder dans
le sens prévu, ils tirent du constat de la Rockfeller Foundation des conclusions inverses
de celles des rapporteurs. Ils affirment que si les ressources naturelles ne permettent
pas détendre le niveau de développement occidental à lensemble du monde, ce
nest pas que le développement pour tous soit impossible, mais que le modèle
occidental est inadapté et doit être condamné [9]. Ce ne seraient donc pas les pauvres,
mais les riches qui menaceraient lenvironnement.
Le témoignage des habitants de lîle japonaise de Minamata contaminés par
des déjections industrielles de mercure via les poissons dont ils se nourrissent
[10] est loccasion dune découverte planétaire des dangers dun
capitalisme sans conscience. La conférence affirme que les problèmes environnementaux
dépassent les cadres nationaux et les blocs. Ils nécessitent une coopération
internationale. Cest pourquoi les participants décident de créer le Programme des
Nations unies pour lEnvironnement (PNUE).
 |
| A la
clôture de la conférence de Stockholm, le 16 juin 1972, le secrétaire général Maurice
Strong (à gauche) salue le président de séance Ingemund Bengtsson. |
Les choses étant bien organisées, les Anglo-Saxons récupèrent le
sujet en douceur. Ils proposent que la direction du PNUE revienne au fidèle Maurice
Strong et que le siège de lorganisation soit implanté à Nairobi (Kenya), où
Strong avait débuté sa carrière comme représentant du pétrolier CalTex. Tout rentre
dans lordre. Les participants de ce premier sommet se donnent rendez-vous dans dix
ans pour faire le point.
Le milliardaire David Rockefeller milite pour larrêt de la croissance mondiale. Il
sponsorise un think tank, le Club de Rome [11]. Celui fait réaliser une étude par
léquipe de Dennis Meadows (Massachussetts Institute of Technologie), qui est
publiée sous le titre Halte à la croissance ? et devient un best-seller. Il relance la
question posée par Thomas Malthus (1766-1834) : celle de la croissance beaucoup plus
rapide de la population et de sa consommation que des richesses produites. Alors que
Malthus envisageait le problème à léchelle des îles britanniques, le Club de
Rome lélargit à léchelle de la planète. Quadviendra t-il de
lhumanité si la population continue à croître de manière quasi-exponentielle et
si nous consommons les ressources naturelles non renouvelables de la Terre ? À un moment
donné, nous devrons affronter la pénurie et notre système seffondrera.
 |
| Rapport
du Club de Rome : The Limits to Growth (version française : Halte à la croissance ?). |
La relance du malthusianisme a de quoi surprendre dans les années 70
car, à cette époque, les historiens de la démographie ont déjà largement établi que
la croissance de la population varie selon les groupes humains et que le taux de
fécondité des femmes diminue considérablement lorsquelles ont accès à
léducation. Peu importe, le Club de Rome sempare des débats du PNUE et
cristallise lattention sur la question des ressources non renouvelables dans un
monde fini.
Au delà des critiques méthodologiques qui ont été formulées à lencontre des
modèles mathématiques non différenciés du Club de Rome, et malgré lespoir que
lon peut placer dans le progrès des sciences et des techniques pour résoudre le
problème, lopinion publique occidentale sinterroge sur la faiblesse de son
système de développement économique ; dautant plus quelle doit affronter au
même moment une pénurie temporaire de pétrole lors de la guerre israélo-arabe
doctobre 73.
À Washington, le conseiller de sécurité nationale Henry Kissinger commande un rapport
sur la question [12]. Sans surprise, il confirme ce que pense la Maison-Blanche : ce ne
sont pas les Etats riches qui posent problème, mais les pays pauvres. On peut y lire : «
Nous ne savons pas si les développements techniques permettront de nourrir 8 milliards de
personnes, à plus forte raison 12 milliards au 21e siècle. Nous ne pouvons pas être
entièrement certains que des changements climatiques dans la prochaine décade ne vont
pas créer des difficultés considérables pour nourrir une population croissante,
spécialement dans les pays en voie de développement qui vivent dans des conditions
toujours plus marginales et vulnérables. Il existe en définitive une possibilité que le
développement daujourdhui pointe vers des conditions malthusiennes dans de
nombreuses régions du monde » [13]. Sur la base de quoi, Washington décide de
conditionner laide au développement économique du tiers-monde à des programmes de
contrôle des naissances, dorienter laction du Fonds des Nations unies pour la
Population dans le même sens, et de soutenir certains mouvements féministes dans le
monde.
 |
| Le
banquier David Rockefeller, co-fondateur du Groupe de Bilderberg, fondateur de la
Commission trilatérale, ancien directeur du Council on Foreign Relations et sponsor du
Club de Rome. |
On désigne le courant idéologique de Rockefeller non comme «
malthusien », mais comme « néo-malthusien » parce quil préconise la diffusion
de la pilule contraceptive et le recours à lavortement alors que ces solutions
auraient horrifié le pasteur Malthus, partisan quant à lui de labstinence
obligatoire.
Cependant, on comprend mieux cette doctrine lorsquon la situe dans son contexte
historique. À la fin du XVIIIe siècle la famine sévit en Angleterre. La loi fait
obligation aux paroisses de nourrir les pauvres, ce qui provoque lappauvrissement de
la paroisse du pasteur Malthus. Or, celui-ci observe que les pauvres ont une fertilité
bien supérieure à celle des riches. Aussi sont-ils de plus en plus nombreux et il est
prévisible que la charge quils représentent pour la communauté continuera à
croître exponentiellement, alors que les revenus de paroisse ne croissent
quarithmétiquement. Le moment viendra inexorablement où il ne sera plus possible
de nourrir les assistés et où ils feront la Révolution comme en France.
En pleine Guerre froide, les néo-malthusiens suivent le même raisonnement, mais cette
fois avec la crainte de foules affamées se jetant dans les bras du communisme
soviétique. Ils se livrent à une critique du libéralisme et réclament que le
capitalisme soit protégé à la fois par un contrôle étatique de laccès aux
ressources naturelles mondiales et par une diminution autoritaire de la démographie du
tiers-monde.
Revenons à la crise pétrolière de 1973. Aux États-Unis et en Israël, on
sinquiète du moyen de pression dont disposent les pays arabes producteurs de
pétrole. Henry Kissinger, Edward Luttwak et Lee Hamilton militent pour protéger
militairement laccès des États-Unis au pétrole du Golfe. En 1979, les État-Unis
continuent à souffrir de difficultés économiques. À la Maison-Blanche, le conseiller
pour les Affaires intérieures, Stuart Eizenstat, préconise de faire de lOPEC un
bouc-émissaire. En définitive, le président Jimmy Carter (membre de la Commission
trilatérale, un autre think tank sponsorisé par David Rockfeller et animé par Zbignew
Brzezinski) prononce son célèbre discours sur la crise de confiance [14]. Il y souligne
la nécessité pour les États-Unis daccéder à lindépendance énergétique
pour retrouver foi en leur avenir économique. Six mois plus tard, il annonce que
laccès des États-Unis aux ressources énergétiques nécessaires à son économie
est élevé au rang de priorité stratégique [15]. Cette décision conduira
ultérieurement à la création du Centcom et aux tentatives de remodelage du Grand
Moyen-Orient.
 |
| Pendant
la guerre du Vietnam, des équipes de lUS Air Force basées en Thaïlande ont
conduit une guerre climatique au Laos durant 5 ans. Chaque équipe était composée de 2
C-130 escortés de 2 F-4 (photo prise le 31 juillet 1968 à loccasion de la 500e
sortie aérienne). |
En 1975, la chute de Saigon marque la fin de la guerre au Vietnam et
dans le Sud-Est asiatique. Le bilan qui en est fait permet de mettre en lumière la guerre
environnementale et climatique que les États-Unis ont livré dans cette région. Le
Pentagone avait commandé à Dow Chemical et à Monsanto de fabriquer les « herbicides de
larc en ciel », dont le plus célèbre, « lagent orange », était à base
de dioxine. Ces produits chimiques furent utilisés massivement et sur de longues
périodes dabord pour détruire les rizières et affamer les populations, puis pour
détruire les forêts où se cachaient les résistants (Opération Ranch Hand). Au total
2,5 millions dhectares sont empoisonnés et cinq millions de personnes sont
contaminées à des degrés divers [16]. Le Pentagone avait également commandé
densemencer les nuages du Laos avec de liodure dargent pour provoquer
des pluies torrentielles, allonger la saison de la mousson et rendre impraticable la piste
Ho Chi-Minh permettant dapprovisionner la Résistance au Sud-Vietnam (Opération
Popeye) [17].
Il est convenu entre les États-Unis et lUnion soviétique quavant toute
discussion sur les questions écologiques, il est indispensable den exclure les
guerres environnementales et climatiques. Washington et Moscou rédigent alors sans
concertation internationale la Convention sur linterdiction dutiliser des
techniques de modification de lenvironnement à des fins militaires ou toutes autres
fins hostiles. Elle est adopté de mauvaise grâce par lAssemblée générale des
Nations Unies, fin 1976. Le document est écrit de telle sorte que les deux
super-puissances se réservent divers moyens de contourner linterdiction
quelles viennent dédicter aux autres. Désormais les guerres
environnementales et climatiques nexistent plus en théorie. Il est donc
inutile den parler.
(A suivre : « 1982-1996 :
Lécologie de marché »)
Thierry Meyssan Analyste politique français,
président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie
chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe.
Dernier ouvrage publié : LEffroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).
....
[1] « May there be only peaceful and cheerful Earth Days to come for our
beautiful Spaceship Earth as it continues to spin and circle in frigid space with its warm
and fragile cargo of animate life ».
[2] Voir le mémorial Internet Nelson Earth Day.
[3] « Rising concern about the "environmental crisis" is sweeping the
nations campuses with an intensity that may be on its way to eclipsing student
discontent over the war in Vietnam.. », in « Environmental Crisis May
Eclipse Vietnam as College Issue », par Gladwin Hill, The New York Times, 30 novembre
1969.
[4] Dans le contexte, cette expression évoque à la fois la guerre du Vietnam et la loi
de guerre contre la pauvreté (1964) voulue par le président Lyndon Johnson.
[5] La même stratégie sera utilisée en Allemagne avec le financement des Grünen. Il
sagissait alors pour Washington dassécher lopposition allemande à
lOTAN puis, lors de la réunification, de neutraliser les jeunesses communistes de
lex-RDA.
[6] Documents de la conférence disponibles en anglais sur le site du PNUE.
[7] En anglais : Canadian International Development Agency.
[8] Voir : « LUSAID et les réseaux terroristes de Bush », par Edgar González
Ruiz, Réseau Voltaire, 17 août 2004.
[9] La position dOlof Palme doit être entendue dans le contexte du conflit
grandissant entre la Suède et les Etats-Unis, qui se manifeste six mois plus tard par le
gel de leurs relations diplomatiques.
[10] Dix choses à savoir sur la maladie de Minamata, par le Minamata Disease Municipal
Museum. Document téléchargeable.
[11] Le Club de Rome a été créé à linitiative de lindustriel italien
Aurelio Peccei (alors très actif en Amérique latine) et du directeur scientifique de
lOCDE Alexander King, grâce au soutien financier de la famille Agnelli (pour
laquelle Peccei avait travaillé). Lidée de départ était de créer un Forum
mondial qui lierait les questions économiques et lenvironnement. Cet objectif fut
plus ou moins satisfait avec la création du PNUE. Le Club de Rome, désormais largement
financé par les Rockefeller, abandonna alors son discours méthodologique pour devenir le
porte-parole du malthusianisme. Certains participants à la réunion fondatrice du Club
(avril 1968) sen étaient déjà éloignés lors de la parution du rapport Meadows
(mars 1972).
[12] National Security Study Memorandum 200. Implications of Worldwide Population Growth
For U.S. Security and Overseas Interests, dit « Rapport Kissinger », 10 décembre 1974.
Ce document est resté secret jusquà sa déclassification, en 1989, où il a fait
lobjet de vives polémiques.
[13] « We do not know whether technological developments will make it possible to feed
over 8 much less 12 billion people in the 21st century. We cannot be entirely certain that
climatic changes in the coming decade will not create great difficulties in feeding a
growing population, especially people in the LDCs who live under increasingly marginal and
more vulnerable conditions. There exists at least the possibility that present
developments point toward Malthusian conditions for many regions of the world ».
[14] Allocution télévisée dite « The Crisis of confidence speech », par Jimmy Carter,
15 juillet 1979.
[15] Discours sur létat de lUnion, par Jimmy Carter, 23 janvier 1980.
[16] Lagent orange avait déjà été utilisé par les Etats-Unis en Corée, mais à
une moins grande échelle. Le gouvernement brésilien et la multinationale Alcoa ont
également utilisé lagent orange, à la fin des années 70 et au début des années
80, pour détruire une zone de la forêt et en chasser les autochtones afin de faciliter
lexploitation minière et la construction du barrage de Tucuruí.
[17] Operation PopEye, dite aussi Operation Intermediary ou Operation Compatriot (2 602
sorties de C-130 entre le 20 mars 1967 et le 5 juillet 1972). Voir : « Rainmaking Is Used
As Weapon by U.S. ; Cloud-Seeding in Indochina Is Said to Be Aimed at Hindering Troop
Movements and Suppressing Antiaircraft Fire Rainmaking Used for Military Purposes by the
U.S. in Indochina Since 63 », par Seymour Hersh, The New York Times, 3 juillet
1972. Spacecast 2020 : Into the Future [the U. S. Air Force Vision of Their Future,
Possibilities, Capabilities, Technologies in the Pursuit of National Security objectives,
US Department of Defense, Air University, 1994. En réalité, le Pentagone disposait
dune unité de recherche en guerre environnementale, sous le nom de Defense
Environmental Services (créé en 1966 par Cyrus Vance).
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| Pierre Rabhi : « Le développement durable est une mystification
» |
| Par Jade Lindgaard
Mediapart.fr - URL
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A
partir de son travail dagriculteur, Pierre Rabhi a forgé une vision radicale et
humaniste de lécologie. A ses yeux, la terre est la seule oasis de
lhumanité, un « abri global » à partager et à préserver grâce à
lauto-limitation des besoins. Il vient de publier un nouveau livre : Manifeste pour
la terre et lhumanisme (Actes Sud). Alors que saggrave la crise économique,
il appelle à une « insurrection des consciences » pour faire advenir la société de la
« sobriété heureuse ».
Que pensez-vous de la notion de développement durable, censée joindre les approches
économiques, sociales et environnementales, et sur laquelle se fondent le Grenelle de
lenvironnement et la politique du ministère de Jean-Louis Borloo ?
Le développement durable, cest une mystification. Ce qui compte, cest
lexigence darrêter de piller la planète. Tous les jours, des poissons et des
forêts disparaissent. Quand lIndonésie annonce augmenter son PIB de 10%, ça
meffraie. Cela correspond à une destruction incroyable de richesses naturelles. On
occulte le fait que léconomie repose sur la dissipation de ressources qui devraient
être communes. Le développement durable est une notion nocive, comme toutes les actions
qui tranquillisent lesprit des gens en leur faisant croire quon est en train
de faire ce quil faut pour réparer.
Ce qui est grave dans la mystification, cest quelle calme lopinion. Elle
lui fait perdre sa vigilance sur sa propre survie. Il ny a rien de pire. Il vaut
mieux garder linquiétude et trouver des solutions, que se retrouver avec un
système qui prétend résoudre les problèmes.
Quelle vision de lécologie opposez-vous au développement durable ?
Avec le mouvement pour la terre et lhumanisme, nous voulons un changement de
paradigme. Sinon, on va continuer à mystifier, à gérer au jour le jour de petites
échéances en petites échéances, tranquilliser les gens par une certaine démagogie.
Mais sans donner la solution radicale qui est nécessaire : changer de logique, mettre
lhumain et la nature au cur de nos préoccupations. Revenir à une
civilisation de la modération, de lautolimitation. Plutôt que de la décroissance,
jappelle cela la « sobriété heureuse ». On peut y trouver plus de bonheur que
dans ce « toujours plus » infini. Les pays dits riches sont tristes. La richesse ne
résout pas le problème du bien-être. Aujourdhui, nous vivons dans une
insatisfaction programmée, organisée par la société marchande pour maintenir une
frustration permanente.
Quelle est la différence entre la sobriété heureuse et la décroissance ? La
décroissance sinscrit dans lapproche systémique de certains économistes qui
ont voulu utiliser les codes de léconomie pour parler de ce retour à la
modération. Cest ce qua fait le club de Rome par exemple. Ils ont raison,
mais le problème de ce mot « décroissance », cest quil peut donner
limpression dun retour en arrière, comme un couperet. Cela a agacé les gens.
Ils pensent quavec la décroissance, ils vont moins bien vivre. Jai préféré
y renoncer. Je préfère parler de « sobriété heureuse » : on peut être sobre, dans
la joie !
Liens : [1] http://www.mediapart.fr/club/blog/jade-lindgaard
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| La France va-t-elle se lancer dans le
nucléaire "low cost"? |
| Romandie News - Paris
(©AFP / 2010 ) |
| Après
les récentes déconvenues de son réacteur ultra sophistiqué EPR, la filière française
du nucléaire pourrait être tentée de vendre des réacteurs moins avancés et moins
coûteux, afin de décrocher de nouveaux marchés, mais cette perspective est loin de
faire l'unanimité. Quelque 65 pays, dont une majorité d'émergents, sont
conviés à Paris lundi et mardi dans le cadre d'une conférence sur l'accès au
nucléaire civil. En ligne de mire, un marché très prometteur de plusieurs centaines de
milliards d'euros.
Cette conférence intervient alors que la filière française du nucléaire (EDF,
Areva, GDF Suez...) a subi un revers majeur en décembre en laissant échapper un contrat
de 20 milliards de dollars pour la construction de 4 réacteurs aux Emirats Arabes Unis.
Les Emiratis avaient écarté l'EPR pour lui préférer un réacteur coréen, moins
puissant, moins avancé technologiquement mais surtout moins coûteux.
Ce camouflet a fait ressurgir des critiques récurrentes sur la stratégie française
en matière d'exportation de l'atome civil.
"L'EPR a le défaut du gigantisme", pointe le député (PS) Christian
Bataille, auteur de plusieurs rapports sur l'industrie nucléaire.
Avec une puissance de 1.650 mégawatts (MW), ce réacteur est surdimensionné au regard
des besoins et de la taille des réseaux électriques de certains pays.
"Pour que la France se développe à l'export, il faut développer une gamme de
réacteurs", estime aussi Colette Lewiner, experte chez Capgemini.
Pour répondre à ces critiques, Areva développe des réacteurs de 3e génération
plus petits, comme l'Atmea (de 1.100 MW), qui sera commercialisé au printemps 2010.
Cependant, un autre handicap de l'EPR dans la compétition internationale tient à son
niveau de sûreté.
Développé au lendemain des accidents de Three Miles Island (USA) et de Tchernobyl, ce
réacteur de 3e génération répond à des critères de sûreté élevés, qui sont
aujourd'hui devenus la norme minimale dans les pays occidentaux. Ces normes ont toutefois
du mal à s'imposer à l'échelle mondiale.
"En Europe, on ne pourrait pas construire un réacteur coréen tel qu'il a été
vendu" à Abou Dhabi, remarque Anne Lauvergeon, présidente d'Areva. Mais "rien
n'interdit à la France d'exporter des réacteurs de 2e génération", plus anciens
et moins sûrs, remarque M. Bataille.
L'Hexagone a construit, exporté et exploite encore des dizaines de réacteurs de ce
type. En vendre à nouveau ne serait pas "scandaleux" s'il s'avère impossible
de mettre en place de "normes de sûreté à l'échelle mondiale", estime M.
Bataille.
Exporter un nucléaire au rabais serait cependant un revirement majeur pour la France
qui "milite pour que les plus hauts standards s'appliquent en matière de
sûreté", selon un haut responsable gouvernemental. L'idée est d'ailleurs loin de
faire l'unanimité.
"Dans le nucléaire on ne peut pas brader la sûreté", estime ainsi Claude
Birraux, président (UMP) de l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques
et technologiques.
"Un nucléaire +low cost+ et à bas niveau de sûreté est à bannir de toutes les
conceptions. Le nucléaire doit garantir la sûreté, c'est une condition absolue",
abonde Henri Proglio, PDG d'EDF. Certains remarquent d'ailleurs que l'outil industriel
français, mobilisé par le développement de l'EPR, n'est peut-être plus adapté pour
construire des réacteurs moins sophistiqués. Ce que dément Anne Lauvergeon: "Quand
on sait faire un réacteur de 3e génération, il est très facile de faire un 2e
génération plus simple, moins cher et moins sûr". Rien de moins sûr. |
|
| EPR : Une technologie nucléaire explosive ! |
| mars 2010 |
Alors
que la construction de lEPR à Flamanville prend beaucoup de retard et que se
prépare le Débat public pour un autre EPR à PENLY, le CRILAN a reçu par la poste,
apparemment comme Lobservatoire du nucléaireet le Réseau Sortir
du nucléaire, une étude anonyme provenant de lintérieur dEDF et
sappuyant sur des documents internes à celle-ci. Selon cette
étude(: ici ), la puissance du réacteur EPR serait plus réduite que prévue; son coût
serait ruineux et le coût du Kw/heure produit serait augmenté de plus de 60%. Après le
premier coup de semonce des trois autorités de sûreté, anglaise, finlandaise et
française, voilà qui devrait justifier larrêt de la construction de l'EPR
Mais cest sur la possibilité de laccident grave que létude est la plus
inquiétante. Une note technique dEDF( note technique dEDF) montre que
léjection de grappes sur le réacteur EPR de Flamanville 3, servant à contrôler
la puissance du réacteur et à le piloter, pourrait conduire à un accident majeur
de prompte criticité comme à Tchernobyl. Les grappes servent à contrôler
la puissance du réacteur, à le piloter. Ce sont à la fois laccélérateur et le
frein. Laccident déjection de grappe peut se comparer au blocage de
laccélérateur. A fond.
Dans une étude les ingénieurs dEDF ont identifié « laccident
déjection de grappe » comme « potentiellement problématique pour EPR ». Il est
question de « dépassements très significatifs » du « critère de nombre de crayons
[combustible] en crise débullition ». De « 20 à 30% » du combustible pourrait
alors se rompre en cas daccident.
Selon linformateur, La sûreté de lEPR est problématique. Cest
un problème insoluble...Le réacteur ne sarrête pas en cas daccident...Le
réacteur dAREVA est un réacteur inexploitable sans de notables impasses sur la
sûreté. Il nest pas conforme au rapport de sûreté concernant la chute des
grappes en cas daccident grave. EDF va prendre des risques inconsidérés pour
tenter de rentabiliser à tout prix son investissement.
Après le premier coup de semonce des trois autorités de sûreté, anglaise, finlandaise
et française, voilà qui devrait justifier larrêt de la construction de
Flamanville et du projet de Penly !
Pour le CRILAN, Didier ANGERCrilan : Association
loi 1901, agréée au titre de larticle L.141-1 du code de lEnvironnement.
Siège social : 10 route dEtang Val, 50340-Les Pieux- Tel : 02 33 52 45 59-- Fax :
02 33 52 53 26 . Didier Anger : Président et représentant dans les commissions locales
(CLI) : du centre de retraitement de la Hague, De la centrale nucléaire de Flamanville,
du centre de stockage de déchets nucléaires du CSM, de l arsenal de Cherbourg
1 Observatoire du nucléaire - http://observ.nucleaire.free.fr
|
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| Le syndicat Sud Energie Penly se positionne de façon
critique face à l'EPR |
|
Il
existe 121 installations nucléaires en France, imposées aux Français sans aucune
consultation démocratique. 14 dentre elles sont arrêtées. Se pose
aujourdhui la question de leur démantèlement et du devenir de leurs déchets
radioactifs.
Les autorités tentent docculter cette question en morcelant les dossiers enquête
par enquête. Le 6 juin 2007, le Réseau "Sortir du nucléaire" a obtenu gain de
cause devant le Conseil dEtat, qui a annulé le décret autorisant le
démantèlement de la centrale de Brennilis (Finistère), aucun débat public nayant
eu lieu. A plusieurs reprises, le Réseau "Sortir du nucléaire" a demandé aux
ministres concernés louverture dun débat public sur la question globale du
démantèlement des installations nucléaires et du devenir de leurs déchets,
conformément aux directives européennes en vigueur.
Pourquoi engager précipitamment les opérations de démantèlement, alors que les
travailleurs seront beaucoup plus exposés à la radioactivité et quil
nexiste à ce jour aucune installation pour le stockage des déchets les plus
radioactifs ? Demandons un vrai débat public sur le démantèlement des installations
nucléaires !Pour créer de l'emploi ?
Avant lannonce de la construction des EPR, Notre direction claironnait dans les
milieux financiers que dici 2010, un départ à la retraite sur deux ne serait pas
remplacé. Cest donc la suppression dau moins 5000 emplois qui est annoncée.
Est-ce que les 5000 emplois vont être maintenus avec la construction des EPR ??? est ce
que ces emplois ne seront pas majoritairement précaires à limage de ceux que nous
connaissons actuellement pendant les arrêts de tranche?
A ton vraiment calculé le nombre demplois que lon pourrait créer
dans le secteur des économies dénergie avec une partie des 4 milliards
deuros ?
Pour satisfaire un besoin énergétique ?
début janvier, la vague de froid a poussé la production délectricité aux limites
avec les chauffages électriques. La solution que devrait proposer un vrai service public
de lénergie est elle de construire toujours plus de centrales où daider à
construire des logements sobres en consommation dénergie ?. Pour rappel En sept ans
(de 1993 à 2000), le nombre de foyers qui narrive plus à payer leurs factures
délectricité est passé de 52 000 à 228 000 (source: agir contre le chômage)
[...]
A sud énergie, nous pensons que ce sont ces questions qui doivent être posées avant de
décider de construire des EPR. Limportance dune telle décision nécessite un
réel débat de société et ne doit pas comme cest le cas être prise par une
poignée dindividus, Les mêmes qui par ailleurs ont pris les décisions qui nous
ont emmené dans la crise économique actuelle. Cest lensemble de la société
qui doit en débattre et décider.
Signez et faites signer la pétition !
Exigeons un vrai débat public sur le démantèlement des installations nucléaires. A
nos côtés, demandez louverture dun débat public contradictoire, équitable
envers toutes les parties prenantes, honnête et non truqué, sur le démantèlement des
installations nucléaires et le devenir de leurs déchets radioactifs. Signez
la pétition |
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| Aube : Des déchets nucléaires dans la Forêt dOrient |
| Enviro2B - le 1/03/10 |
Toujours
mobilisé contre les déchets nucléaires dans sa région, Michel Guéritte s'inquiète
aujourd'hui de la situation du Parc Naturel Régional de la Forêt dOrient. Non
seulement, ce parc situé au sud de la Champagne aurait perdu son label officiel depuis le
2 avril 2009, mais il s'apprêterait à accueillir des déchets issus d'installations
nucléaires.
Michel Guéritte, militant infatigable et premier opposant à l'Andra, révèle que le
Préfet de l'Aube aurait publié un arrêté le 28 janvier 2010, autorisant l'exploitation
par Veolia de déchets d'un nouveau type sur la décharge déjà existante de déchets
ménagers et industriels de Montreuil-sur-Barse. Proche d'une Zone Natura 2000, la
décharge pourrait en effet désormais accueillir des déchets de terres hydrocarburées
ainsi que des déchets (DIB) issus d'installations nucléaires de base (INB).
Alors que de nombreux écologistes militaient au contraire pour la fermeture de cette
décharge "verrue" dans le parc aubois, cette décision préfectorale prend
l'exact contre-pied en autorisant l'exploitation de cette décharge pour d'autres
déchets. |
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| Transports nucléaire : 50 bombes nucléaires sur les
routes de France chaque semaine |
| Collectif
Antinucléaire 84 |
| Le
char qui transporte les inoffensifs déchets nucléaires est à l'abri de tout incident,
ainsi que le redoutent les oiseaux de mauvaise augure et les pessimistes de tout poil: Il
roule sur des pneus Bridgechina, et de plus est assuré chez Golman Sachs. Que du bonheur,
vous dit-on ! Chaque semaine, entre La Hague et la Vallée du Rhône transitent
des camions peu ordinaires dans leurs chargements, chacun transporte dans sa cargaison de
300 à 450 kilos de plutonium l'équivalent d'une cinquantaine de bombes nucléaires. En
effet, 8kg de plutonium sont suffisants pour confectionner une bombe nucléaire comme
celle d' Hiroshima.
Un attentat ou un simple accident pourrait entraîner une catastrophe écologique, et
tout cela en plein dans la région "Côte du Rhône", zone touristique agricole
et viticole.
Théoriquement le parcours et les horaires de ces transports doivent être modifiés à
chaque transport, il en est tout autrement. Alors que dans le passé, ces transports en
nombre limité pouvaient respecter ces règles, l'augmentation considérable du volume en
circulation a progressivement amené les exploitants à moins de précautions. Ce sont
maintenant des données industrielles qui régissent le rythme et les trajets de ces
transports.
Sur le site de Marcoule l'usine Mélox ou l'on fabrique le Mox (le Mox est un
combustible nucléaire contenant du plutonium et d'uranium), augmente en 2010 les
quantités de combustible nucléaires utilisés, qui passent de 850 tonnes à 1050 tonnes
par an. La quantité de combustible Mox fabriqués a Melox passerait, elle de 100 à 120
tonnes par an.
Sur les 58 réacteurs nucléaires français, 20 sont habilités à recevoir du Mox. Le
transport du Mox vers ces réacteurs se fait par camions avec une protection minimale («
pour ne pas attirer lattention », daprès les autorités). Un incident grave
à Mélox ou au cours dun des innombrables transports pourrait causer la mort de
centaines ou même de milliers de personnes. |
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| L'Iran présente à l'AIEA des documents prouvant la violation des accords
occidentaux |
| Irna: 21:18 Monday March
01, 2010 |
Dans
une lettre ouverte adressée au Conseil des gouverneurs de l'Agence Internationale de
l'Energie Atomique, la République Islamique dIran a révélé les fausses promesses
des Etats-Unis, de la France et de l'Allemagne concernant les accords sur l'échange de
combustible nucléaire.
Le représentant permanent auprès de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique
(AIEA), Ali Asghar Soltaniyeh a fourni lundi au directeur général de l'AIEA Yukiya Amano
des documents concrets attestant de la non-livraison du combustible nucléaire à l'Iran.L'envoyé
iranien a souligné que certains Etats occidentaux membres de l'AIEA qui avaient
lobligation de fournir à l'Iran le combustible nucléaire nécessaire en temps
voulu, ont refusé de le faire engendrant la défiance de l'Iran. Dans cette lettre dont
une copie a été transmise à l'IRNA, les États-Unis sétaient engagés à fournir
en permanence du combustible nucléaire pour le réacteur de recherche de Téhéran, ce
quils nont pas fait conformément à leur contrat qui les y engageaient.
Conformément à l'accord conclu entre l'Organisation Iranienne de l'Energie Atomique
et la société américaine AMF, cette société américaine s'était engagée à fournir
du combustible enrichi à 93% pour le réacteur de recherche de Téhéran, et d'augmenter
la puissance de ce réacteur de 5 à 10 mégawat du type TRIGA. Ce combustible
était prêt à être livré à l'Iran en 1980, mais le gouvernement américain n'a pas
autorisé cette société d'exporter cette livraison en Iran. Dans le même temps, le
gouvernement américain a empêché le remboursement de 2 millions de dollars que l'Iran
avait payé à cette société avant la Révolution islamique, dans le cadre de contrat.
La lettre a également fait référence à l'Allemagne qui ne sest pas non plus
conformée à ses engagements qui faisaient état de la fourniture de combustible
nucléaire pour la centrale nucléaire de Boushehr, en temps voulu. Conformément à
l'accord conclu avant la victoire de la Révolution islamique entre l'Iran et l'Allemagne,
la partie allemande s'était engagée à fournir le combustible nécessaire de la centrale
atomique de Bouchehr. Alors que 70% de ce combustible avait été produits, l'Allemagne a
arrêté le processus de production en 1980. Plusieurs années plus tard, finalement la
société allemande Siemens (qui avait remplacé la société KWU) a dû, conformément au
décret du tribunal, livrer le 18 juin 1982, 110 tonnes d'uranium faiblement enrichi sous
forme de UF6 à l'Iran, ainsi que 392 tonnes de déchets. Mais le gouvernement allemand
n'a pas autorisé cette société d'exécuter la livraison. Une dizaine d'années plus
tard, l'Iran a été amené à vendre son uranium le 23 juillet 2003 à la société
européenne EURENCO.
La France figure également parmi les pays qui ont violé le contrat signé en 1977
pour la livraison de quelque 50 tonnes d'uranium naturel sous forme de (UF6) à l'Iran,
souligne la lettre. La société Eurodif est une société multinationale, active dans le
domaine de l'enrichissement d'uranium. Cette société a été fondée par la France,
l'Italie, l'Espagne, la Suisse et la Belgique le 20 décembre 1973. Suite à la sortie de
la Suisse du capital de cette société en mars 1974 et aux changements survenus dans ce
partenariat, l'Iran est devenu un actionnaire indirect de l'Eurodif, par l'intermédiaire
d'une société irano-française Sofidif (60% de participation française de la société
COGEMA et 40% de la participation iranienne par l'Organisation nationale de l'énergie
atomique). Dans ce cadre, l'Iran s'était engagé à octroyer un prêt de 1 milliards de
dollars au Commissariat français de l'énergie atomique.
Malgré une participation de 10M de la part de l'Iran dans Eurodif, et le paiement d'un
milliards de dollars de prêt par Téhéran, cette société n'a rendu aucun service à
l'Iran dans le domaine de l'enrichissement de l'uranium pour le réacteur de recherche de
Téhéran et de la centrale atomique de Bouchehr. En outre, la France n'a pas encore
livré les 50 tonnes d'uranium qui devraient être livrés à l'Iran sous forme d
UF6. Il est certain que les pays membres de l'AIEA doivent être vigilants et réagir
décemment à la demande légale et légitime de la République Islamique dIran. Les
violations mentionnées ci-dessus justifient enfin la défiance de l'Iran envers les pays
occidentaux dans l'accomplissement de leurs engagements, a conclu la lettre.
http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-97/1003017252211832.htm
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| Le stockage des déchets radioactifs en Allemagne vire au désastre |
| Source
- Michel VERRIER, à Berlin |
Les
autorités de surveillance du nucléaire recommandent lévacuation rapide des 126000
barils de déchets emmagasinés depuis 1967 dans une mine de sel de Basse-Saxe rongée par
les infiltrations
En inaugurant le stockage des déchets nucléaires dans une mine de sel il y a quarante
ans, lAllemagne était à la pointe de la technique. Quarante plus tard, elle
lest toujours en préparant son évacuation.
Les autorités fédérales de surveillance des rayonnements et déchets nucléaires (BFS)
ont remis en effet le 15 janvier leur expertise recommandant le déstockage des 126 000
barils de déchets nucléaires entreposés entre 1967 et 1979 dans la mine de sel
dAsse II, en Basse-Saxe, dans la région de Brunswick, dont 1 300 fûts de déchets
de moyenne activité, contenant environ 11 kg de plutonium de lusine de traitement
de combustible usé de Karlsruhe.
Depuis des décennies, 12 m3 deau, soit 12 000 litres, ruissellent en moyenne,
chaque jour, sur les parois de la mine de sel. La montagne exerçant une pression
gigantesque sur les galeries de sel, 32 points dinfiltration supplémentaires ont
été recensés depuis 1988. Certaines galeries seffondrent, des barils, encastrés
dans le sel, ont été endommagés sans que lon sache précisément lesquels,
contaminant la saumure. Au-delà de 2020, la mine ne sera plus exploitable.
«Asse est à peu près aussi trouée quun morceau de gruyère suisse »
Lexpertise de la BFS confirme ce que les écologistes assurent depuis belle lurette
dans la région. «Asse est à peu près aussi trouée quun morceau de gruyère
suisse », selon Sigmar Gabriel, président du SPD, ancien ministre de
lenvironnement et natif de Brunswick.
La saumure qui ruisselle vers le fond de la mine peut être radioactive dans des
proportions qui dépassent jusquà dix fois la norme. Recueillie dans une « piscine
» à plus de 500 mètres de profondeur, elle est évacuée vers la surface. Mais les
infiltrations régulières pourraient provoquer une inondation qui serait fatale. Une
vraie « catastrophe nucléaire ». La nappe phréatique contaminée rendrait la région
voisine inhabitable. « Ce nest plus quune question de temps », selon les
écologistes.
Les autorités se renvoient la balle des responsabilités. Le bureau des mines du Land à
Clausthal-Zellerfeld, au courant du danger, naurait pas jugé utile de sonner
lalarme au ministère de lenvironnement, qui aurait peu tenu compte de ses
observations.
Bétonnée, la mine serait une bombe à retardementLe centre Helmholtz
de Munich, chargé de lexploitation dAsse II, prétend avoir informé le
bureau des mines et préparé la fermeture de lexploitation. Les spécialistes de
latome et des déchets seraient « tombés de haut » en découvrant létendue
du désastre, assure un professeur de luniversité technique régionale de
Clausthal. Lopinion publique na rien su ou presque pendant trente ans.
Si lévacuation est décidée et « le temps presse », souligne la BFS
, le chantier durerait une dizaine dannées et coûterait 2,5 milliards
deuros, payés pour lessentiel par le contribuable. Ce sera la méthode la
plus coûteuse et la plus délicate pour sécuriser Asse II. « Techniquement, cest
un sacré défi, il faudra déplacer des fûts dont le contenu et létat sont
inconnus », note Thorben Becker, expert du Bund (Fédération allemande de la protection
de la nature et de lenvironnement). Il faudra en extraire de galeries qui ont été
comblées par le sel. Avec les risques de contamination auxquels seront exposés les
ouvriers.
Dautres solutions, telles que le comblement total de la mine, seraient évidemment
plus rapides et moins coûteuses. Mais ce serait un pis-aller. « Cela ne marcherait que
si Asse II était stable, ce qui est pratiquement exclu », explique lexpert.
Bétonnée, la mine serait une bombe à retardement. Extraits dAsse II, les 126 000
barils devraient être transportés à la mine de fer de Konrad, toute proche. Mais
celle-ci nest pas, pour linstant, prévue pour cet usage. Et la résistance
des écologistes et de la population de la région nen est quà ses débuts.
Augmentation des rejets radioactifs à Cattenom
L'Autorité de sûreté nucléaire française a fixé les prescriptions auxquelles devra
satisfaire EDF, l'exploitant des centrales nucléaires, pour les réacteurs de 1300 MWe
qui remplaceront la gestion du combustible de type Gemmes par un combustible de type
Galice plus riche en uranium radioactif. La centrale de Cattenom est concernée par ce
changement.
L'utilisation du nouveau combustible va entrainer une augmentation des rejets
radioactifs dans l'environnement, comme réponse, les autorités françaises ont tout
simplement augmenté les autorisations de rejets. Permettant à la centrale de rejeter
jusque 30% de radioactivités en plus par rapport à la situation existante!
Dans son autorisation l'Autorité de sûreté nucléaire a fixé certaines conditions
techniques qui devront être remplies avant la mise en oeuvre de la gestion de combustible
Galice. Greenpeace a interpellé le Ministre de la Santé, Monsieur Mars Di Bartolomeo,
pour savoir si le gouvernement luxembourgeois sera tenu informé des mises en conformité
nécessaires par les autorités françaises. |
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| Pacte contre Hulot :
manifestation à bicyclette en juillet |
| Source |
| Que
mille signatures fleurissent pour sauver la planète des écotartufes ! Le 1er
juillet 2010, le journal "La Décroissance" organise une grande manifestation à
bicyclette pour aller remettre 10000 signatures du "Pacte contre Hulot" à la
Fondation Nicolas Hulot. Le trajet se déroulera de la Fondation Nicolas Bertrand, 52 rue
Crillon, Lyon 6e, jusqu'à Paris. Le voyage durera une semaine, loccasion de
recueillir les ultimes signatures. La manifestation se conclura à Boulogne-Billancourt
où siège l'hélicologiste. Nous avons déjà réuni près de 9000 signatures dans un
silence médiatique quasiment complet. Aidez-nous à récolter les 1000 dernières
signatures pour déclencher le départ de cette épopée contre le développement durable,
la croissance verte et pour la décroissance et l'antiproductivisme. Tous les
renseignements, les étapes, les conférences, bientôt sur ce site :
http://www.pacte-contre-hulot.org |
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| Culture - Education - Idées - Débat -
Société |
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| Employée de la vie scolaire |
| Lettre au Président de
la République |
Voici
un joli petit texte, à lire jusqu'au bout. Emouvant et révoltant à la fois, et surtout
d'actualité...
Monsieur Le Président,
Merci de lire ce message, Un p'tit bonheur sur une page, Une douceur... pour l'Education
Nationale.
Je le confie à la toile, La grande toile du progrès, Afin qu'il tisse les voiles... De
la solidarité, Et qu'il rayonne aux ondes... De l'humanité.
Je suis Professeur des Écoles Dans un petit village de l'Eure, Trois cents âmes y
demeurent, Et vingt-six élèves à l'école.. Une classe, dite « unique », Mais cinq
cours, dits multiples...
Dans cette école une chance, Un p'tit morceau de bonheur, Qui s'écrit avec ces trois
lettres : Employée de la Vie Scolaire.. .
Pour l'Education Nationale, Un p'tit bonheur, c'est pas banal, Un léger baume sur le
coeur / De cette Grande Dame / Un peu... bancale !
Notre bonheur, c'est Géraldine, En silence elle participe / A la guérison d'la Grande
Dame... / Elle est... une Valeur Ajoutée / HUMAINE rentabilité, Et c'est du bonheur...
assuré !
Dès le matin, elle s'active, C'est sur le net qu'elle s'incline / Les courriers, les
notes de service, Toutes les infos de l'inspectrice, Et celles de l'Académie.... Mes mots
notés au brouillon, Les compte-rendus de réunion, Tapés, imprimés, photocopiés,
Enveloppés, adressés, timbrés, Prêts à être distribués... Encadrés, les derniers
dessins des CP, Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ? Un CM vient montrer son texte
sur le musée, Elle l'aide à le recopier, à taper sur le clavier... Afin de ne pas
gêner, le travail commencé, Un autre enfant vient finir avec elle l'exercice, Elle
explique et décortique, redonne de l'énergie... Rangée la bibliothèque, Notés les
livres prêtés, Elle prépare la maquette, La une du journal scolaire... Ah! Notre petit
journal / « Magique », ils l'ont appelé / Quel travail de fourmi, J'y passerai......des
nuits ?
Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler, Elle me rejoint, souriante, à la main
nos deux cafés, Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler, Des
solutions à trouver, des mots à reformuler, Une écorchure à soigner, une blessure à
consoler...
Et puis... c'est reparti ! Sur les chemins de la connaissance, Vaincre ainsi sans cesse
l'ignorance, Avec labeur, effort, sérieux, S'ouvrir l'esprit, être curieux. Ne pas
oublier l'insouciance, De tous ces êtres en enfance, La bonne blague !... On la mettra
dans le journal, Les bons gags, et les rires, c'est vital ! Dans les pots / Les peintures
sont bien préparées, Quatre enfants sur un chevalet, Deux à l'ordi pour recopier, Les
autres en dessin sur papier, ...Sans elle, jamais... Ce ne serait si bien géré.Le
soir, coup de fil... C'est Géraldine, A sa voix, je perçois, Une blessure qui abîme...
Ecoute, me dit-elle... c'est à pleurer ! Du « Pôle Emploi » j'ai reçu... un imprimé,
Dans quelques semaines, c'est marqué, Votre contrat est terminé... Ils me demandent ce
que j'ai fait, Pour trouver un futur emploi..
Sa voix se fêle... "J'ai..un emploi! » Ils me demandent ce que j'ai fait, pour me
former, pour m'insérer, Sa voix se gèle.... puis accélère: « Je... suis formée,
depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est varié, pas bien payé, mais...
j'veux rester ! » Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer... Ils me demandent mes
compétences / C'que j'ai acquis, que vais-je répondre ? Il y a l'espace... d'UNE LIGNE /
UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !
J'ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE / Au moins UNE PAGE pour répondre, J'ai
honte, honte... pour notre Grande Dame / Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,Qui a tant encore à leur apprendre..
Et Géraldine ??? On n' lui dira même pas MERCI / Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d'indemnité / Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent / D'étudier ses
droits... pour... le R.M.I. / Elle a raison... c'est à pleurer...
Alors qu'on demande chaque jour, A nos élèves de dire « Bonjour » / De dire « Au
revoir » et.... « Merci » / De s' respecter, d'être poli / Comme vous dites, Monsieur
Sarkozy... / Que vais-je dire, à la p'tite fille, Qui l'aut're jour, près de moi, s'est
assise,
Et, tout fièrement, m'a dit : « Tu sais, Maîtresse, moi, quand j'serai grande, J'irai
au collège, comme mon grand frère, J'irai au lycée, j'passerai mon bac, Et je ferai...
comme Géraldine! »
Je sursaute... Mon coeur se serre...C'est à pleurer.
C.Picavet
Professeur des écoles à l'école des Livres Magiques, Saint-Grégoire du Vièvre
(Eure)
En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence, Elodie, à tous les
Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont valorisé mon travail, et participé
à la guérison d'la Grande Dame... qui est encore bien malade... Je ne crois pas à la
peur, je crois à la force et à la magie des mots, Et pour garder notre bonheur, il
suffirait de quelque Euros... Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de
formation,
Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ? Quel jardinier, quel paysan,
brûlerait sa récolte mûre, après avoir semé, soigné ?
Je n'ai pas fumé la moquette / Je veux seulement que l'on arrête, De prendre les gens
pour des pions, Qu'on arrête de tourner en rond ! Torpillé le « Chagrin d'école »/ En
mille miettes de BONHEUR !
En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs.. INONDONS LE NET / les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs, les directeurs, les inspecteurs, employés et
professeurs,
députés, ministres, r'm'istes ou artistes, chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
et à tous ceux qui sont... parents... d'un enfant... enfin à chaque être humain de ce
pays qui j'espère un jour dans sa vie, a bénéficié d'un peu de bonheur, de cette
Valeur Ajoutée HUMAINE rentabilité, dans le giron de la Grande Dame.
P.S : Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr / Notre petite école rurale Sera
dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée, Des fonds ont été débloqués, Huit
ordinateurs et un tableau interactif/ Une « classe numérique » Nous serons à la pointe
du progrès ! Et pour cela, je serai formée ! Mais, qui m'aidera à installer, et à
gérer, sans Valeur
Humaine Ajoutée ?
Ce n'est pas la 1ère fois que l'Education Nationale, autrement dit l'Etat, se
déshonore !! (A copier et faire suivre le plus possible)
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| Spéculation verte et mue de la
finance mondiale |
| par Jean-Michel
Vernochet* Paris (France) - 2 mars 2010 |
La
capitalisme managérial est à bout de souffle, pourtant le capitalisme ne sest
jamais aussi bien porté : il mue et se refait une jeunesse grâce à léconomie «
verte ». En manipulant les bons sentiments des uns et les peurs millénaristes des
autres, il mobilise les altermondialistes et les écologistes pour instaurer un nouveau
mode dexploitation. Symbole de ce changement qui nen est pas un, le président
Lula va et vient du Forum de Davos à celui de Porto Alegre. Pour Jean-Michel Vernochet,
nous avons déjà succombé à lillusion qui tuera nos rêves.
Léconomie occidentale, États-Unis en tête, est en train de muer
Les
arthropodes (les crustacés ou les araignées par exemple), pour croître doivent
périodiquement abandonner leur enveloppe devenue trop étroite pour une plus spacieuse.
Chez les vertébrés, les serpents pratiquent également la mue, une période de
vulnérabilité nécessaire pour endosser des habits neufs plus spacieux. Le «
capitalisme » de lère manégériale [1] autrement dit qui na plus
rien à voir avec larchéocapitalisme patrimonial dont les paléomarxistes
continuent encore de nous rebattre les oreilles connaît lui aussi ses cycles de
mutation ou de transformation systémique.
En 1945 un modèle économique déferle sur ce que lon nommait à lépoque «
le Monde libre ». Un modèle qui scelle lintégration de lagriculture dans le
secteur industriel annonçant lunification, aujourdhui visible, du marché
global. Lune des dimensions saillantes de cette mutation concerne donc le secteur
primaire (lexploitation des ressources naturelles et matières premières non
transformées) avec la mécanisation agressive et la conquête du marché de la production
agricole par les multinationales de lagrochimie. Bientôt nombre de fermiers
naguère indépendants ne seront plus que des sous-traitants, des ouvriers-métayers en
quelque sorte, des transnationales de lagro-industrie.
Ce passage dune économie, hier encore dominée par la ruralité (en France, 43,8 %
de la population vit encore directement de la terre en 1906, 31 % en 1954) à une
économie déjà post industrielle (bien illustrée par le film Playtime de Jacques Tati
-1967) met un point final à la grande crise de 1929 dont la guerre avait été, entre
autres, lune des conséquences. Il faudra dailleurs plusieurs années aux
Etats-Unis pour bénéficier pleinement, notamment à travers les aides liées du plan
Marshall, des retombées de leur victoire. Les géants US des engins agricoles
autotractés déferlent sur le Vieux Continent par le truchement de laide à la
reconstruction
une industrialisation qui sonne la mort des terroirs et la fin du
monde rural.
LEurope de lOuest commence alors, à marche forcée, de se mettre aux normes
anglo-américaines ; souvre ici une époque que lon nommera très abusivement
les « Trente glorieuses ». Ladoption du « modèle » productiviste induit en
effet dès 1945 un exode massif des campagnards qui affluent à la périphérie des
villes. Exode qui ne sachèvera que dans les années soixante-dix à la suite de la
politique de remembrement des terres agricoles engagée en 1965. Une migration qui aboutit
bientôt à lhypertrophie carcinogénique des « banlieues » où naissent et
croissent les cités dortoirs, dépotoirs humains où viendront sentasser en 1962
les rapatriés dAlgérie avant daccueillir le flux montant de
limmigration.
On voit aujourdhui quels sont les bienfaits véritables de cette première grande
mutation de la fin de lère industrielle : des paysages arasés par les
restructurations territoriales et le recours à des machines de plus en plus monstrueuses,
une nappe phréatique extensivement contaminée par un usage délirant des intrants
chimiques, engrais et pesticides qui polluent également sous forme daérosols
lair que nous respirons jusquau cur même de nos métropoles
Lexode rural qui sest étalé quarante années durant en Europe occidentale,
saccomplit aujourdhui sous nos yeux dans lEurope orientale soumise aux
contraintes normalisatrices liées à la « construction » européenne. Cela sans pour
autant que les leçons dun passé encore récent aient été, en quoi que ce soit,
tirées.
2008 aura, semble-t-il, été marqué dune rupture analogue au moins
dun point de vue civilisationnel que celle qui accompagna la victoire alliée
sur le Reich allemand. Après la destruction accélérée des sociétés traditionnelles
dEurope de lOuest qui ont été littéralement « déracinées » pour se
trouver projetées dans la modernité consumériste (nous passons au cours de cette
période dune économie basée sur lépargne à une autre fondée sur le
crédit puis sur la dette chronique une forme inédite de servage), nous assistons
maintenant à un nouveau changement de paradigme écosociétal.
En 2010, après les douleurs de laccouchement, cest un autre modèle qui tente
de se mettre en place qui réduira vraisemblablement lindustrie occidentale à la
portion congrue au profit des activités de services et de très hautes valeurs ajoutées
(électronique, génie génétique, nanotechnique, bionique, et cætera).
Mais au demeurant, quoiquon en dise, si la Chine monte en puissance en
saffirmant comme latelier du monde, les sources du pouvoir économique
planétaire dans sa dimension financière se trouvent toujours sur les berges de la
Tamise, du fleuve Hudson (et accessoirement de lAmstel), ainsi que sur la rive
gauche du Potomac où siègent les grandes institutions financières : Banque mondiale,
Fonds monétaire international et surtout Réserve fédérale.La rivalité
euro-dollar
Le règne du dollar est certes contesté, mais nest pas encore au bout de ses
capacités de rebond [2]. On la vu lors de sa réappréciation de février 2010 face
à leuro en proie à des attaques inamicales. Des événements trop récents pour
être parfaitement éclaircis mais qui se déroulent comme souvent selon un scénario
convenu : des établissements financiers de Manhattan tels Goldman Sachs auraient
dun coté aidé lEtat grec à négocier sa dette sur les marchés, de
lautre ils manipuleraient certains « fonds spéculatifs » (hedge funds) pour
lancer des attaques contre leuro, en clair contre lUnion européenne à
travers la Grèce
Ce qui en dit long sur laudace de ces raiders et sur les
capacités offensives du système, lart et la science de la manipulation de la dette
à des fins de mise sous tutelle (ou de rappel à lordre) des États. Le FMI, organe
subsidiaire de linformelle gouvernance mondiale, ne sest-il pas proposé à
loccasion de la crise hellénique de venir se mêler daider lEurope
sous-développée désormais incapable de gérer seule sa dette ?
Les sanctuaires du dieu dollar évoqués perdureront donc autant que sy trouvera
pérennisée la source créatrice de la nouvelle économie mondiale financiariste
considérée tout à la fois comme art, science et technique
autrement dit tant que
ces places fortes de lultracapitalisme où sélaborent toutes les gammes des
nouveaux produits virtuels et les outils afférents, constitueront le cur du
réacteur de léconomie mondiale
Cest à ce titre que, quand le 15
septembre 2008 ce cur sest un instant arrêté de battre, cest la
planète entière qui sest tétanisée.
Vers lAmérique-monde
Suivant en cela lexemple états-unien, lEurope passe donc à présent
progressivement (mais avec des décrochages impressionnants : vague de restructurations et
de délocalisation des années quatre-vingt-dix, contraction brutale de 2009
)
dune économie de production à une économie de services en grande
partie dominée par le tourisme (lEurope-musée, un mixte de Disneyland et de
Versailles).
Le géant de lautomobile General Motors ayant été détrôné (successivement par
Toyota puis Fiat, un fait non contradictoire avec la suite de notre propos),
linventive Amérique est déjà « ailleurs ». Si les industries en général ne
sont évidemment pas à mettre au rang de reliques économiques, il nen reste pas
moins que, pour sa part, la prospérité des États-Unis nen dépend plus
directement quen proportion moindre
Notons au passage que certaines activités créent des dépendances quasi absolues pour
les économies périphériques vis-à-vis du « centre » émetteur. Prenons
lexemple du semencier Monsanto qui, grâce à des espèces végétales
génétiquement modifiées (OGM), étend son emprise sur une partie croissante de la
planète en créant détroits liens clientélistes notamment en raison du
brevetage des semences chez les producteurs ; des liens de sujétion dont ils
auront beaucoup de peine à saffranchir
et une cause de ruine pour les
productions locales.
Il ressort clairement de notre propos que lactivité « motrice » de
léconomie nord-américaine tend à présent à devoir être lingénierie
financière avec son cortège de produits dérivés déclinés dans des gammes toujours
plus étendues, originales et innovantes.
Le secteur industriel se trouvant par conséquent « rétrogradé », il devra trouver sa
place exacte au sein de la nouvelle forme du capitalisme en cours délaboration,
autrement dit occuper une nouvelle fonction au sein dun système global dont la
source, avons-nous dit, nest autre, à portée de vue et pour un temps indéfini,
que lAmérique-monde.
Le carbonne, économie dématérialisée
La souplesse adaptative des salariés états-uniens il est coutume de parler
maintenant, sur le mode anglo-saxon, de flexibilité habitués quils sont à
une « économie nomade » (nul nhésite en Amérique à se déplacer du nord au sud
et dest en ouest du continent pour un emploi ; un état desprit hérité des
migrants de lancien monde, du Pioneering Spirit ou tout bêtement, dune
nécessité sétant imposée avec la Grande Crise des années trente) qui nest
pas dans les traditions de la veille Europe
en dépit du fait que celle-ci ait connu
dimportantes vagues démigration principalement vers les États-Unis :
Italiens, Grecs, Suédois et un quart des Irlandais après la grande famine de 1845-1849.
Cest à tort que les Européens suivent donc lexemple de la
désindustrialisation US et que nous fonçons tête baissée dans les leurres de
léconomie dématérialisée et de son dernier avatar léconomie-carbone.
Fragilisée par la mondialisation et la concurrence des pays producteurs à moindre coût
social et environnemental, lindustrie européenne est à lheure actuelle sous
perfusion, ce pourquoi il faut dénoncer sans relâche le piège tendu par la classe
politicienne européiste, de « droite » comme de « gauche », qui voudrait plomber plus
encore la production industrielle sous ces taxes-carbone qui seraient autant de pénalité
supplémentaire dans un secteur déjà mis au pillage par les produits manufacturés
ultra-concurrentiels des économies dites émergentes.
Nous ne parlons pas ici des groupes transnationaux qui eux échappent largement à
limpôt (taux moyen dimposition à 30 % contre 45 % en France pour les
entreprises ordinaires) en ayant recours aux places financières off shore (autrement dit
les paradis fiscaux insulaires). Une situation parfaitement injuste mais cependant rendue
nécessaire par les conditions mêmes de la concurrence mondiale
Quant à Michel
Rocard, ancien Premier ministre socialiste, ci-devant président de la Conférence
dexperts sur la création dune taxe carbone ou Contribution climat énergie
(CCE), il sest fait le bon apôtre de taux prohibitifs pour la taxation carbone à
linstar des « Verts » qui paradoxalement sont parvenus à convaincre
lopinion de leur engagement philanthropique au service de lhumanité
exploitée.
De grandes puissances interdépendantes et néanmoins en guerre les unes contre
les autres
Le lecteur commence certainement à saisir notre propos
Londres et Amsterdam étant
la base-arrière-avancée de Manhattan dont lemprise sétend à lUnion
européenne par le truchement du « NYSE Euronext, Inc » né en 2007 de la fusion entre
le New York Stock Exchange et le groupe Euronext, lui-même issu de la fusion en 2006 du
London International Financial Futures and options Exchange avec les Bourses de Paris,
Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et Porto, lEurope se voit incitée à se fondre de
plus en plus dans la nouvelle économie du « néant ».
Par néant il faut entendre de lactif artificiel, de la valeur matériellement
inexistante, des jeux décritures (dont les quotas démission carbone)
appuyées sur une monnaie de singe, le dollar papier et sa version obligataire sous forme
de TBonds
Gardons en mémoire quen 2009 lÉtat fédéral US faisait
imprimer les billets dont la valeur réelle se rapportait à leur seul coût
dimpression avec lesquels il se rachetait de la main gauche les bons du
Trésor émis de la main droite. Étonnant jeu de bonneteau !
Jeux décritures, tours de passe-passe et économie virtuelle sont tout un.
Léconomie-carbone, les nouvelles filières vertes créées de toute pièce à
partir de calculs et de conclusions se parant des prestiges de la science pour mieux la
trahir, na évidemment pas pour finalité une réorientation substantielle de
léconomie au profit dune gestion rationnelle des ressources ménagères de
lavenir, mais principalement la relance de la croissance et la consolidation du
Marché.
De ce point de vue, la distorsion du réel et le détournement dune légitime
inquiétude des opinions relatives à la destruction accélérée du milieu naturel à des
fins mercantiles, se révèlent à lusage extrêmement juteuses
et si « le
mort saisi le vif », le système failli dont les turpitudes ont été mises à nu (mais
sans conséquence immédiate pour lui), se refait une virginité en transférant, sans
autre forme de procès, la totalité de son patrimoine génétique et de ses capacités de
nuisance au secours prétendu de la planète agonisante.
Pour lheure, contrairement à ce que beaucoup pensent, larrivée sur la scène
internationale de nouvelles grandes puissances Chine, Inde, Brésil ne
change rien sur le fond à la configuration dynamique du Nouvel Ordre mondial, au
contraire dès lors que tous sont solidairement interactifs au sein dun système
unique dont les centre nerveux se trouvent au nord-est des États-Unis et au Royaume-Uni.
Nous nassistons donc quà une recomposition de la division internationale du
travail avec pour corollaire une mondialisation (un marché unifié) dont
lintégration progresse à vue dil
Sommairement, la Chine est
ainsi devenue le premier État-atelier de léconomie-monde, lInde en est le
sidérurgiste et le prestataire de services informatiques, le Brésil produit les
oléoprotéagineux nécessaires à notre surconsommation de produits carnés et des
agrocarburants destinés à alléger certaines dépendances aux produits pétroliers
importés
Certes des règles communes sous légide de lOrganisation mondiale du Commerce
et une interdépendance modératrice des ardeurs concurrentielles induisent certaines
formes de solidarité entre les acteurs au sein du système universel, ceci contribuant à
créer réciproquement de la richesse.
Cependant ce serait une lourde erreur que de prendre les inévitables, voire inexpiables,
rivalités entre grandes puissances pour le contrôle et la mainmise sur les ressources
naturelles, pour une contestation ou une remise en question du système par les uns ou par
les autres.
De féroces concurrents qui saffrontent dans des guerres
indirectes, guerres masquées comme celle par exemple opposant les Etats-Unis et la Chine
sur le continent africain, au Darfour en particulier.
Les antagonismes sont en effet dabord géostratégiques dans le cadre de cette «
impitoyable guerre économique qui ne dit pas son nom » (François Mitterrand)
Mais, contrairement aux désirs des adversaires du mondialisme, nul parmi les « Grands »
ne propose une quelconque révolution conceptuelle
À savoir une sortie du modèle
ultralibéral et la construction dune vision holistique des rapports de lhomme
avec son environnement biologique et physique, et de la place quil doit occuper dans
la Nature et singulièrement dans le fleuve du vivant [3].
Jusquà preuve du contraire la Fédération de Russie, opposant de longue date au
bloc atlantiste, ne propose aucune alternative au système actuel et surtout,
névoque pas même la nécessité den chercher une. Ennemie du bloc
capitaliste depuis 1945 et jusquà la fin du régime soviétique, les deux
superpuissances nen continuent pas moins à fonder leur légitimité morale sur un
certain nombre de mythes (ceux-là mêmes aujourdhui remis en cause par les pays
Baltes) fondateurs du Nouvel Ordre International né, peu ou prou, en 1945 à Yalta. Quant
à la Chine populaire et néo-impériale, elle est lexemple même dune
intégration réussie au sein du système global ultralibéral.
Cependant, quelle que soit la force des interdépendances qui lient actuellement les
partenaires et rivaux (la moitié des réserves dactifs chinois sont libellées en
Bons du Trésor US, soit quelque 1400 milliards de $), cela ne signifie pas que
néclateront pas des guerres locales ou régionales
Les zones de tensions ou
de frictions sont nombreuses et chacun sentendra à défendre becs et ongles ses
territoires de chasse, à savoir ses marchés, sa clientèle, ses sources
dapprovisionnement, ses zones dinfluence.
Les différents Pékin-Washington sur le Tibet et Taïwan sont illustratifs de ce point de
vue. Cest à tort que lon croirait, avec plus ou moins dautosuggestion,
que lactuel système dinterdépendances économiques et financières fortes
garantisse la stabilité et la paix. Insistons sur le fait que les rivalités et les
antagonismes géopolitiques et géoéconomiques ne constituent en aucun cas une remise en
question de la logique systémique aujourdhui à luvre pour le plus
grand dommage des hommes, des peuples, de la civilisation et du vivant en général.
Le collectivisme nest pas lalternative
Dans le même ordre didée, cest à partir de ce constat quil faut
apprécier la portée et la signification exacte de la contestation qui sest
exprimée à Copenhague en novembre 2009 ou au forum social de Porto Alegre fin janvier
2010.
La position des Verts a été analysée comme participant dune surenchère
libéraliste-libertaire visant à toujours plus de liberté pour le marché et à un
encadrement fiscal et réglementaire toujours plus étroit pour les industries nationales
moyennes ou petites (indépendamment de leur présence sur les marchés extérieurs) à
lexception des groupes transnationaux qui eux y échappent en grande partie, avec
lactive complicité des gouvernements grâce à leurs domiciliations excentrées
(Macao, Chypre, Îles anglo-normandes, Bahamas, des enclaves juridiques comme lEtat
du Delaware etc.)
Mais le « système » ne limpose-t-il pas ? Il faut à ce propos éviter de tomber
dans un moralisme à la petite semaine : la guerre économique, bien réelle mais peu
visible pour lopinion, relève essentiellement de la real politik et non de la
morale ordinaire. Il est facile dailleurs pour les décideurs politiques
dagiter des chiffons rouges sous les yeux de lopinion et de lui livrer en
pâture les paradis fiscaux qui nont joué aucun rôle dans la crise
ou les sur-rémunérations des traders, lesquels ne sont que des agents du système et en
aucun cas des donneurs dordre ou des décisionnaires de premier plan.
Autant de leurres destinés à polariser lindignation et à divertir ainsi
lattention des foules sur des points marginaux en faisant coup double par
lélimination de « paradis fiscaux » concurrents, la Suisse, le Luxembourg, le
Lichtenstein par exemple. « Paradis » qui, à bien y regarder, constituaient autant
disolats culturels et de bastions de résistance au laminage mondialiste et à la «
moralisation » sur mesure qui le précède : une exigence de moralisation des acteurs au
seul profit des places fortes anglo-américaines, au final destinée à assurer un quasi
monopole aux paradis domestiques, Londres et Manhattan en tête
Lultralibéralisme ennemi des libertés en général - sauf en ce qui regarde celles
des marchés, la libre circulation des marchandises, des signes monétaires et des
oligarchies qui en sont détentrices - se révèle être en réalité une forme de
despotisme exacerbé à légard des producteurs indépendants et de la propriété
patrimoniale.
À lexpérience, force est de constater que la « dérégulation » du marché
ce qui constitue sa raison dêtre : une absolue liberté transactionnelle
condition dune supposée richesse des nations saccompagne
nécessairement dune destruction corrélative des structures sociales
Car
fluidifier le marché revient à dissoudre lorganisation sociétale existante pour
la « recomposer » ici, et parfois « ailleurs » lorsquon délocalise et que
lon débauche massivement
Cest également encourager la fragmentation
sociale en segmentant le marché à linfini, cest-à-dire en créant de
nouveaux besoins pour de nouvelles clientèles développées plus ou moins
artificiellement à coup dincitations consuméristes, égotistes et libertaires
(lindividu saffirmant par opposition à la norme sociale)
ados, enfants
de plus en plus en plus jeunes, minorités sexuelles, ethniques, dysfonctionnelles
deviennent autant de segments dun marché communautarisé comme facteur de
délitement du corps social.
Quant au tissu industriel européen, il est démantelé et transféré dans les pays à
économie émergente laissant sur le carreau les hommes et leur savoir-faire (ne parlons
pas des brevets rachetés ou transférés avec les entreprises dépaysées !)
Or les
choses ne se faisant pas sans casse, un contrôle social de plus en plus serré et des
normes sécuritaires de plus en plus lourdes simposent. Le paradoxe nest donc
quapparent entre libéralisation du marché et restrictions des libertés,
lune ne pouvant aller sans lautre
Certes les Altermondialistes réunis à Porto Alegre demandaient à cor et à cris « plus
de régulation », mais sans pour autant remettre en question la logique intrinsèque du
système, sauf pour quelques-uns uns à retomber dans limposture idéologique
dun anti-capitalisme, faux-nez du collectivisme.
En effet, pas plus que les « Verts », les Alter-mondialistes en général ne sont des
contestataires conséquents de lordre établi et du paradigme hypercapitalistique
(système de léconomie-monde ultralibérale) qui nest au fond quun
prolongement moderniste dune économie de pure prédation dont on aurait retranché
la sagesse des peuples primitifs qui savaient, eux ménager leurs ressources en ne les
épuisant point tout à fait...
Quest-ce quen effet quun système basé sur la destruction sans limites
(la consommation au sens premier du terme) et sans ménagement du futur ? Il sagit
donc maintenant darrêter de « dévorer » la planète, autrement dit, cesser de
pratiquer lautophagie : celle du monde qui nous porte, notre enveloppe matricielle.
Les deux visages de Lula da Silva
Il aura suffi dobserver avec amusement les aller et retour Davos-Porto Alegre du
président brésilien Lula da Silva où il a été accueilli en alter héraut, pour se
convaincre que les deux sommets ne sont que deux scènes et deux manifestations dune
seule et même représentation.
Qui est dailleurs Luiz Ignacio da Silva dit « Lula » ? [4] Au risque de
contrevenir aux clichés établis, lalter héraut de la mouvance alter-mondialiste
(laquelle comme son nom lindique nest pas opposée au mondialisme, mais veut
lorienter différemment) est un populiste néo-conservateur à la mode
sud-américaine. Il en a dailleurs le « profil » : ancien syndicaliste trotskyste,
son parcours idéologique est somme toute analogue à bien des égards à celui de nombre
de ces hommes dinfluence que lon retrouve propulsés sur le devant des scènes
politiques de laire euratlantiste
ou que lon croise en réserve
dun destin fédéral au sein de lUnion dans les diverses « Fondations
» qui pullulent à Washington.
Lula da Silva de la même façon, aura eu un parcours exemplaire : de la lutte subversive
à la méga agro-industrie (carburants « verts » et protéines végétales) qui
sétend à linfini sur les cendres de la forêt amazonienne et sur le corps
vivant de ce prodigieux joyau naturel quest le Pantanal. Ironie du sort son nom, da
Silva, renvoie à la selve primordiale, celle-là même que cet alter héraut dun
mondialisme paré aux couleurs de lhumanisme tiers-mondiste, cet ami des puissants,
fait détruire à un rythme effréné [5].
Consommer « écolo »
De la même façon que certaines mouches parasites pondent un uf sur certaines
fourmis, lequel uf devenu larve dévore son hôte de lintérieur, la
révolution conservatrice néolibérale (qui tire une forte part de son inspiration du
courant révolutionnaire trotskyste), après sêtre débarrassée de toute servitude
éthique, sest maintenant installée sans bruit dans la peau de lécologie
pour la phagocyter sans tapage.
De sorte que la « contestation » environnementaliste récupérée se retrouve placée au
centre du système avec un statut doutil privilégié de relance et accessoirement
comme moyen de légitimation de lordre « intérieur », de la contention des
peuples nécessaire au nom de lurgence éco-climatique, cette dernière justifiant a
posteriori le libre exercice des forces du marché. Le « développement durable » redore
ainsi le blason terni de lhypercapitalisme, fait passer au second plan sa
contestation et rend acceptable (déculpabilise) tous les excès dune consommation
compulsive.
Consommation qui ne vise pas à satisfaire des besoins, mais assure le recyclage permanent
de productions à courte durée de vie. Servant par la même occasion à compenser toutes
les frustrations engendrées par des modes de vies artificialisés
À estomper du
même coup lanxiété diffuse liée à une instabilité sociétale croissante et
accompagnant laccélération continuelle de la circulation des biens et des signes
monétaires.
Une accélération des cycles production/destruction qui déstabilise en profondeur les
sociétés post-industrielles puisque la quête de gains rend nomades les
approvisionnements en matières premières et la production, les fonds
dinvestissements étant en perpétuelle migration opportuniste selon la logique des
essaims de criquets pèlerins. Une surconsommation qui libère également dune
culpabilité rampante installée depuis peu dans les consciences (et pas seulement celles
des occidentaux) qui ne peuvent plus davantage ignorer les ravages dun système
prédateur sans foi ni loi
Le parler « vert »
La « période verte » de lultralibéralisme sentoure dun
abondant et savant brouillard rhétorique relatif à une « croissance respectueuse de la
nature », cela grâce aux énergies renouvelables, aux industries de dépollution, au
génie génétique, à la recherche, etc, etc...
Le Groupe dExperts Intergouvernemental sur lÉvolution du Climat (Giec) [6],
organe technique de la gouvernance mondiale, a réalisé un montage qui a fait illusion le
temps suffisant à créer un nouvel élément mythique pour lédifice idéologique
justifiant la construction et linstauration dun pouvoir supranational à
léchelon planétaire, autrement dit linstauration dune « gouvernance
» mondiale. Gouvernance qui échoira nécessairement aux mains doligarchies
financières, celles-là même qui nommeront, ou éjecteront, les hommes et les
gouvernements chargés de relayer leurs politiques à travers le monde.
Le catastrophisme écologique comme interprétations de fluctuations et des phénomènes
climatiques qui échappent encore à une pleine compréhension scientifique, est ainsi
maintenant exploité à fond pour orienter lopinion publique afin que celle-ci
sengouffre dans des voies toutes tracées et soigneusement balisées par un «
système » se présentant finalement en sauveur de lhumanité.
Une démarche qui, en sappuyant sur la peur dun réchauffement climatique
cataclysmique, mais avec lautorité de la communauté scientifique, exclue
demblée toute réflexion sur le fond et manie la peur
Une crainte qui se
combine à une culture de la « Solidarité » à légard des plus démunis dont les
manifestations les plus spectaculaires ont eu lieu à loccasion du Tsunami (26
décembre 2004) et du séisme de Port-au-Prince (13 janvier 2010). Des solidarités de
masse méthodiquement et médiatiquement entretenues afin dalimenter en abondance le
« secteur » en pleine expansion de laide humanitaire.
Peur universelle et solidarité active destinées in fine à bannir toute raison
raisonnablement critique à légard dun système qui exploite simultanément
dun côté la peur et de lautre la compassion sur fond doptimisme
irrationnel suivant lequel « lHumanité menacée dans sa survie trouvera toujours
une solution aux défis quelle est appelée à relever ». Or rien nest moins
sûr !
Il nen demeure pas moins que dans la situation présente la solution avancée,
lhypercapitalisme repeint aux couleurs de lArc-en-ciel, nest pas la
solution, mais la perpétuation du mal lui-même
Quelques symptômes les plus
criants seront effacés du paysage, mais le mal continuera à ronger les sociétés
et à dévorer la nature condamnée à dépérir jusquà ce que désert
sensuive.
A contrario le marché rebaptisé « durable » continuera à déployer son inexorable
logique de croissance exponentielle et dexploitation à mort des « ressources »
naturelles et humaines. Quant aux échanges se voulant « équitables », il est en toute
logique destiné à rester relativement marginal puisque hors circuits des mégastructures
commerciales génératrices de plus-value at large. Une industrie de la rente jamais à
court de paradoxes ni dinventivité qui fera prospérer par exemple, le commerce des
permis de polluer tout en faisant admettre génialement (et sans rouspétance)
lamère pilule des innombrables éco-taxes présentes et à venir. Ainsi la
société éco-totalitaire est-elle, quoiquon en veuille, en marche sur une route
densément pavée de bons sentiments.
Le prosélytisme de la peur
Replacé dans le contexte des grandes peurs tétanisantes qui ont été instrumentées
depuis le début du millénaire (le Terrorisme infiniment moins dangereux et meurtrier que
le trafic de drogue, et, à ce titre, revêtu dun inquiétant caractère
dirrationalité ; la pandémie fantôme de grippe porcine ; la crise financière qui
aura permis un enrichissement spectaculaire, après refinancements publics,
détablissements financiers dont les dérives coupables auront été la cause
dun krach boursier de magnitude élevée
), la suspicion légitime qui se
manifeste et qui croît à légard du discours dominant montre un divorce
grandissant entre lopinion publique au sens large et des gouvernements
qui ne tiennent aucun compte de ce désaccord, voire de ce désaveu.
À ce sujet le rôle déplorable joué par la grande presse est proprement détestable...
Il aura fallu quune partie de la communauté scientifique sinsurge du trucage
à grande échelle des chiffres et des résultats du Giec pour que lon commence,
sous la pression de révélations difficiles à nier, à faire quelques concessions en vu
dapaiser une certaine « colère » montante. Sur le fond pourtant rien na
changé : la finance verte est opérationnelle, la « machine » globalisante est lancée
et nul nannonce un quelconque retour quant aux taxations carbone
Au final, pour nous résumer, que constatons-nous ? Quayant déclenché et
orchestré la grande peur du réchauffement climatique, le Club des puissants vient
dinventer une nouvelle forme déconomie dématérialisée, le commerce du «
carbone », un concept décliné sous dinnombrables formes et qui, en tout premier
lieu, permet dinstituer le premier impôt mondial de lhistoire humaine
rendant imposables sur le papier, les pauvres comme les riches. Mais ces derniers ayant
plus dun tour dans leur sac sentendent déjà pour monnayer et truquer leur
quote-part.
Nombre déconomistes (une corporation qui a souvent un temps de retard sur les
événements, on la assez vu à lautomne 2008 !) glosent à présent sur la
désindustrialisation et le déclin de la puissance états-unienne ! Mais ces
spécialistes ont des yeux pour ne pas voir. Cest à se demander comment
ils font pour sembler ne pas comprendre de quelle façon fonctionne le monde au XXIe
siècle ? Et partant, quelle conception archaïque, académique ou instrumentale du Nouvel
Ordre Mondial est la leur pour ne pas mieux lire dans Copenhague à cur
ouvert ?
Il importe peu que la manip sur le réchauffement climatique commence à être éventée,
ceci tant que la contre-information se trouve confinée sur la Toile et dans la mesure où
le mensonge institutionnalisé a la peau dure et même quil est quasiment increvable
tant quil est utile
Entendons par là, la « vérité » imposée par les
médias, supports officiels de la pensée unique et de la Novlangue dont le rôle exclusif
est de diffuser de la propagande et de la publicité en faveur du Meilleur des Mondes
(sous couvert de divertissement)... Deux volets dune seule et unique réalité. En
effet, lidée dune menace catastrophique dordre climatique (renforcé
par de nombreux épisodes récents, cyclones, raz-de-marée, séismes, etc.),
inlassablement ressassée et relayée par les télévisions est finalement parvenue à
senraciner profondément dans lopinion sur fond de culpabilité diffuse.
Un parallélisme serait dailleurs à établir avec les campagnes relatives à
limminence du collapse climatique et celles liées la pandémie de grippe porcine.
Les secondes sétant développées naturellement sur le terrain psychologique créé
et préparé par les premières. Même cause, même effets, car à larrivée le «
commerce de la peur » savère être dun haut rendement économique et
financier : alors que lindustrie pharmaceutique donnait des signes de fléchissement
(échéance des brevets pour nombre de molécules appelées sous peu à passer dans le
domaine public, celui des génériques), lopportune pandémie et son
cortège de frayeurs, est arrivée à point nommé pour relancer la machine. Allelujah !
Les « crédits carbone » un commerce frauduleux
Le commerce du carbone ne date pas tout à fait dhier, les pays industrialisés ont
négocié entre eux dès 1990 une répartition des émissions de gaz à effet de serre. À
lépoque l´Union soviétique possédait encore un vaste parc industriel et de ce
fait sest vue attribuée une importante dotation. Un an après, en 1991,
lUnion soviétique collapsait. Avec leffondrement de sa production, ses
émissions ont rapidement décliné. Il nen demeure pas moins que ces gaz qui ne
seront jamais émis sont considérés comme acquis par la Russie et ses ex-satellites
dEurope orientale, qui les font intervenir à chaque négociation notamment sous
forme de droits démission revendus au plus offrant. Ainsi, en vertu du système
actuel, les États-Unis acquièrent des droits chez les nouveaux membres de lOtan
dEurope de lEst et se prévalent ensuite de réductions inexistantes. Autre
cas de figure, si le Royaume-Uni finance la Chine populaire pour quelle démantèle
une centrale au charbon et construise un barrage hydro-électrique, Londres bénéficie de
cette réduction démissions de carbone, en raison des réductions globales prévues
par pays. De son côté, la Chine se prévaut également de ses nouveaux équipement
hydroélectriques et les déduire de ses quotas démission.
Pour compléter un tableau de toute façon non exhaustif, évoquons le procédé des «
forêts fictives » connu sous lacronyme de LULUCF (Land Use, Land-Use Change and
Forestry) soit, lUtilisation des terres, le changements daffectation des
terres et la foresterie. Les forêts étant autant de capteurs naturels du dioxyde de
carbone, des crédits sont accordés pour leur préservation. Or les multinationales de la
foresterie, nippones, canadiennes, suédoises et finlandaises sont parvenues à introduire
une clause selon laquelle la « gestion durable des forêts » leur permet de réaliser
des coupes à blanc sans perdre pour autant les crédits carbone attachés à la
préservation intégrale des forêts. De sort quune forêt rasée nalourdit
pas votre bilan carbone !
Enfin notons que toutes les recommandations scientifiques prennent lannée 1990
comme point de référence du niveau dangereusement élevé dont nous devons partir.
Alors, quand nous parlons d´une réduction de 40 pour cent, nous voulons dire 40 pour
cent de moins quen 1990. Mais les Etats-uniens ont dans un éclair de génie
publicitaire décidé de prendre 2005 comme leur niveau de référence. Tout le
monde parle des niveaux de 1990, sauf eux. Alors, quand Wahington promet une réduction de
17 pour cent par rapport au niveau de 2005, il propose en fait une réduction de 4 pour
cent par rapport au niveau de 1990 beaucoup moins que les autres pays riches
Jean-Michel Vernochet Ancien journaliste au Figaro
Magazine et professeur à lÉcole supérieure de journalisme (ESJ-Paris). Dernier
ouvrage paru : Europe, chronique dune mort annoncée (Éditions de lInfini,
2009).
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| Présidence
espagnole de l'Union Européenne: Vers l'Inquisition numérique? |
| Références . Voir
à ce sujet l'annonce récente du gouvernement allemand . Liste des
soutiens |
| Un
document inquiétant relatif à Internet a été publié par la Présidence espagnole du
Conseil de l'Union européenne. Tout en demandant aux États membres quelles sont leur
pratiques en matière de filtrage d'activités illégales sur Internet, la Présidence
fait l'amalgame entre la pédopornographie, les discours racistes et xénophobes et la
contrefaçon d'oeuvres soumises au droit d'auteur. *** Poursuivant sur cette
inacceptable confusion des genres, le document va jusqu'à dire qu' « Internet devient un
instrument de régression sociale ». Une telle instrumentalisation des peurs dans
le but d'imposer des politiques réactionnaires telles que le filtrage du Net n'est pas
tolérable dans l'Union Européenne.
Ces questions (voir ci-dessous) sont clairement orientées pour justifier l'imposition du
filtrage de l'Internet et son extension à de nouveaux domaines. Alors qu'elles sont
inefficaces pour faire appliquer le droit, ces mesures dangereuses mettent en cause la
structure décentralisée d'Internet et violent le principe de neutralité du Net. Elles
ouvrent également la porte à la censure. En effet, appliquer les limites traditionnelles
de la liberté d'expression au travers du filtrage du Net expose les utilisateurs
d'Internet au risque de blocage collatéral de sites web (sur-blocage).
« Cette instrumentalisation réactionnaire des peurs par la Présidence espagnole n'est
pas tolérable. Nos sociétés modernes doivent considérer Internet comme un espace
public au service du progrès culturel, économique et social, pas comme un far-west dans
lequel aucune règle ne s'applique. Les citoyens attachés à leurs libertés et à
Internet sont menacés par ce projet sécuritaire visant à contrôler la sphère publique
en réseau. Les citoyens européens, tout particulièrement en Espagne, doivent suivre
l'exemple de l'initiative 'Red Sosenible' [1] et s'opposer à cette vision extrémiste et
dangereuse », déclare Jérémie Zimmermann porte-parole et co-fondateur de La Quadrature
du Net.
Questions posées par la Présidence espagnole aux États membres
1. Comment votre pays lutte-t-il contre la pédopornographie, les contenus racistes et
xénophobes et les atteintes à la propriété intellectuelle sur Internet ? Peut-on
bloquer l'accès, dans votre pays, aux pages Internet comportant ce type de contenus?
2. Comment pensez-vous qu'il faudrait agir pour lutter contre ce type d'activités au
niveau de l'Union européenne?
3. Comment pourrait-on agir contre ce type de contenus lorsqu'ils sont diffusés à partir
de serveurs situés dans des États non membres de l'Union européenne?
Afin d'être en accord avec les principes démocratiques de l'Union Européenne,
les réposnes à ces questions devraient indiquer que:
Les mesures de blocage et de filtrage sont inefficaces, puisqu'elles peuvent être
facilement contournées. De plus, des études montrent qu'aucune méthode ne peut éviter
le risque de sur-blocage, et donc que le filtrage empêche l'accès à des sites
parfaitement légaux mettant ainsi en danger la liberté d'expression et de communication
des utilisateurs d'Internet.
Plutôt que le filtrage, la seule solution efficace dans la lutte contre le crime en
ligne est de faire retirer les contenus des serveurs qui les hébergent [2].
Afin de garantir l'État de droit sur Internet, l'Union européenne doit refuser de
contourner les procédures judiciaires. Seul un juge est en mesure de qualifier un contenu
ou une activité d'illégal.
À propos de la Quadrature du Net
La Quadrature du Net est une organisation de défense des droits et libertés des
citoyens sur Internet. Elle promeut une adaptation de la législation française et
européenne qui soit fidèle aux valeurs qui ont présidé au développement d'Internet,
notamment la libre circulation de la connaissance.
À ce titre, la Quadrature du Net intervient notamment dans les débats concernant la
liberté d'expression, le droit d'auteur, la régulation du secteur des
télécommunications ou encore le respect de la vie privée.
Elle fournit aux citoyens intéressés des outils leur permettant de mieux comprendre les
processus législatifs afin d'intervenir efficacement dans le débat public.
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| Passage de
l'année du Buf à l'année du Tigre : où en est-on ? |
| par Évariste evariste@gaucherepublicaine.org |
| Limportance
symbolique du Nouvel An chinois nous entraîne à rompre avec notre tropisme
franco-français ou de considérer que la vraie vie est uniquement en Europe. La
crise économique de lété 2007 et la surmultiplication réalisée par le krach
bancaire et financier de septembre 2008 nen finissent pas de sapprofondir. Les
charlatans sociaux et politiques1 nous avaient prédit que 2010 voire 2011 serait
lannée de la sortie de crise, sautocongratulant pour les mesures prises pour
éteindre lincendie. Et puis patatras ! Plusieurs pays du monde ont montré des «
souffrances » et puis 3 pays de la zone euro montrent de profondes défaillances.
Les dirigeants néolibéraux du monde nont fait que retarder les difficultés en
transférant les fonds pourris des banques sur la dette des États.
Même, les économistes néolibéraux ont compris que laccroissement sans fin de
lendettement des États allait fragiliser dabord les États les moins solides
puis par effet domino du à linterpénétration des économies mondiales, toucher
les économies les plus solides. Ils ont compris que rien ne résisterait au tsunami
économique, bancaire et financier si les endettements des États continuaient.
Alors, les amis de Warren Buffet ont compris que sils voulaient conserver leurs
privilèges et donc ne rien changer aux dogmes néolibéraux3 , il leur fallait
intensifier la lutte des classes et donc considérer les acquis sociaux comme des
variables dajustement et non comme des données immuables. Cest par une
diminution draconienne des financements sociaux dans le monde entier quils
réussiront, pensent-ils, à juguler la crise.
Cest dans ce cadre quil faut analyser la concomitance dans la plupart des pays
développés de lorganisation dune nouvelle contre-réforme des retraites. Si
lon analyse cela uniquement dans un seul pays, on obscurcit le paysage et cela ne
permet pas de comprendre lensemble du phénomène.
Bien évidemment, il ny a pas de fatalité, même avec la crise économique, qui
conduirait à devoir diminuer les retraites, augmenter la durée de cotisations ou encore
retarder la durée légale du travail. Mais pour cela, il faut changer de paradigme et
tourner le dos aux dogmes néolibéraux notamment celui qui tente de justifier que
lactuel partage de la valeur ajoutée4 est NORMAL et que celui de la fin des années
70 et du début des années 80 était ANORMAL. Et si lon partait de lidée
contraire ? Voilà « une idée quelle est bonne » comme disent certains !
Nous ne pouvons donc que nous étonner de ne pas voir ce point simmiscer dans le
débat de la campagne électorale des régionales. Les partis de gauche se rangeraient-ils
sagement à lidée que ce problème nentre pas dans les prérogatives des
conseils régionaux français ? Que cela fasse partie des préoccupations des Français
devrait leur suffire ! Et quand la réforme des collectivités locales diminuera encore
les prérogatives de ces conseils, est-ce que les partis politiques de gauche diminueront
dautant le nombre de sujets à débattre ? Sont-ils les élus des citoyens ou les
sujets des institutions ? Vaste problème sur lequel nous reviendrons.
1. Karl Marx appelait charlatans ceux qui voulaient combattre la misère, la pauvreté
et les inégalités sociales sans mécontenter le capital [?]
2. Milliardaire et partisan de la lutte des classes, il est lauteur de la formule :
« Il y a une guerre des classes et ma classe est en train de la gagner » [?]
3. Maintien dune répartition des richesses terriblement injuste avec un transfert
de 9,3 points de PIB par an en un quart de siècle soit plus de 170 milliards deuros
par an en euros 2007. Harmonisation des protections sociales par le bas. Marchandisation,
privatisation des profits et socialisation des pertes dans la protection sociale. Alliance
des dirigeants du monde avec tous les intégrismes et communautarismes ethniques et
religieux. Nouvelle gouvernance mondiale (dirigeants des firmes multinationales,
associations multilatérales et régionales du type Union européenne, administration
étasunienne [?]
4. La protection sociale représente en France 31,3 % du PIB cest-à-dire plus de 80
% au-dessus du budget de lÉtat tous les ministères confondus. Elle est le premier
budget humain et la première préoccupation des Français et des étrangers sur le sol
français. [?] |
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| Avril 2010 |
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