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Soutien Terre du Ciel
Soutien Terre du Ciel
par Alain Chevillat - Terre du Ciel - terre-du-ciel@powermailing.fr -21 avril 2010
La « perquisition musclée » des locaux de Terre du Ciel a eu lieu il y a plus de 100 jours et nous n’avons toujours aucune information officielle sur ce qui nous est reproché. Par contre des rumeurs nous parviennent sur les activités des gendarmes :

- Plusieurs employés ont été convoqués pour entretien. Les questions semblaient concerner surtout une recherche de travail au noir.

- Plusieurs intervenants (tous ?) viennent de recevoir un questionnaire sur leurs relations de travail avec Terre du Ciel. Sont considérés : le lien de subordination, les qualifications, les déclarations administratives.

Nous pensons que là est le point de litige principal : l’URSSAF voudrait requalifier en salariat ce que nous considérons prestation de service sans lien de subordination. Je crois qu’il est notoire que lorsque Terre du Ciel a fait confiance à un intervenant, il le laisse entièrement libre de sa parole, de son action et de son mode de fonctionnement. Plusieurs intervenants l’exprimaient clairement dans la réunion publique du 27/02 à Louhans. Nous sommes une plateforme de soutien à des paroles libres et pas une « école de pensée » avec « ligne du parti ». Il n’y aucun enseignement « Terre du Ciel ».

De même nous n’avons jamais demandé à voir les diplômes des intervenants – et cela risque de nous être reproché. Etant moi-même autodidacte, j’ai mes propres critères d’évaluation des compétences qui sont très « intuitifs et globaux ». La « technicité professionnelle » est pour nous secondaire, la « qualité humaine » est première.

- Mardi matin, coup de tonnerre : le Crédit Lyonnais de Louhans nous refuse l’ouverture d’un compte ! Pourquoi ? « C’est comme cela ! » Nous n’avons jamais eu d’incident bancaire ni de découvert, et sommes l’un des plus gros comptes de cette petite agence. Alors, pourquoi ? La directrice finit par me dire qu’elle avait eu, à notre sujet, un contrôle de l’inspection financière.
« Ont-ils trouvé des irrégularités ?
- Non
- Ont-ils trouvé quelque chose d’illégal ?
- Non
- Alors pourquoi refusez vous ?
- Cela ne vient pas de moi, finit-elle par avouer. »

C’est très grave. Que l’on soit sanctionné pour faute, c’est juste. Que l’on soit sanctionné sans faute, cela devient « le fait du Prince ». On n’est plus en démocratie.
Il est probable que le contrôle – légitime – ait été diligenté par le procureur, mais ce refus d’ouverture d’un compte n’est le fait ni du fisc, di de l’URSSAF, ni de l’inspection du travail. On peut y voir clairement l’usage, par les banques, de listes noires qu’elles n’ont pas créées elles-mêmes mais dont on peut deviner facilement le pourvoyeur.

C’est tout à fait la stratégie classique de la Miviludes envers les groupes alternatifs qu’elle a choisi de pourchasser. Elle commence par les « stigmatiser » (ancienne liste des 172 et actuel référentiel de 600 structures) et leur met des bâtons dans les roues. Le premier c’est, bien sûr, le harcèlement administratif (contrôles tatillons de toutes sortes) et l’empêchement de travailler par saisie légale de matériel (voir nos « vols » d’ordinateurs qui ont bloqué notre travail pendant un mois et ne nous ont été rendus que sous la pression – dans d’autres cas ils n’ont jamais été rendus). Puis il y a ces « recettes » que Georges Fenech a bien expliqué à tous les maires de France : refus de salles municipales, refus de permis de construire... ces 1000 petites choses qui sont du bon vouloir de l’administration et des entreprises liées au Pouvoir – refus de compte bancaire !

On se rappellera qu’il y a quelques années les banques avaient aussi refusé l’ouverture d’un compte au Centre de Amma – qui aura sûrement un jour le prix Nobel de la Paix... !

On ne soulignera jamais assez l’incompétence de la Miviludes, qui n’a d’égale que sa malveillance et sa malhonnêteté. Sur ce dernier point, les documents réunis par le CICNS sont édifiants en même temps que consternants. On ne peut que militer avec eux pour la suppression de cette officine, et la création d’un « Observatoire indépendant des minorités spirituelles, thérapeutiques et éducatives ».

Mais pourquoi, malgré tous ses défauts bien visibles, la Miviludes continue-t-elle à exister ?

Ceux qui veulent savoir savent depuis longtemps que les sectes sont un « non-problème », comme l’a exprimé Emmanuelle Mignon, alors directrice du cabinet du Président de la République. Mais son courage lui a peut être coûté son poste.
Les « sectes » cristallisent une partie du mécontentement social en étant proposées en boucs émissaires consensuels. Même les médias ne remettent pas cela en question car tout le monde y trouve son compte. Chaque époque, chaque culture a eu ses boucs émissaires : les juifs, les communistes, les francs-maçons, ...

Georges Fenech bâtit sa carrière politique en bon serviteur de l’Etat, en chevalier blanc d’une cause imaginaire, d’un problème inventé (voir les documents du CICNS), en Don Quichotte cynique pourchasseur de moulins à vent. Ce serait risible si ce n’était pas si destructeur.

Son dernier rapport renchérit sur le besoin de lutter contre les médecines naturelles, le nutritionnisme, le chamanisme, le reiki... Mais pour qui se prend-il ? Le laisserons-nous faire ? Le pays est en train d’être quadrillé pour séparer les bons citoyens des mauvais. Pouvons nous accepter cela ? Lui avons-nous demandé de penser pour nous ? L’avons-nous mandaté pour être notre directeur de conscience ? Tout son discours sur la protection des faibles contre les manipulations mentales est du bla-bla justificatif. Pourquoi les psychologues, sociologues et experts des religions sont ils absents de la Miviludes ? Eux seraient compétents pour en parler. Pourquoi la Miviludes ne s’en prend-elle pas à la publicité qui est experte reconnue en manipulation mentale ? La Miviludes, dans sa profonde incompétence et l’étendue de son pouvoir, est une honte pour la France.

A voir la tournure récente des événements, chacun de nous est aujourd’hui menacé dans sa qualité de libre citoyen, et la société dans son ensemble vire à la dictature. 17 % de « créatifs culturels » en France, c’est 10 millions de français menacés. La situation devient grave.

Lors du Forum de Pentecôte nous devrons prendre acte de cette situation et définir des lignes de conduite. Il faut faire disparaître cette ignominie du paysage français.

A bientôt, Amicalement

Santé, protection sociale
 
Retraites : 7 contre-vérités
par Jean-Claude Chailley, Secrétaire général de REsistance SOciale - Source : http://www.resistancesociale.fr/spip.php?article1010
Avec la répartition, les cotisations retraite de la Sécu (182 mds € en 2010) sont immédiatement distribuées. Elles échappent aux compagnies d’assurance, à la spéculation. La désinformation est donc à la hauteur des enjeux.

Contre-vérité n°1 : « Après les USA, la France est championne du monde des dépenses de santé » … FAUX !!!

Contre-vérité n°2 : « Les retraites (sous-entendu des salariés) sont en déficit de 10, 12mds € » … FAUX !!!

Contre-vérité n°3 : « 3,8 actifs/ retraité en 1970, 1,45 en 2008… encore moins en 2050. C’est intenable »… Chiffres exacts MAIS…

Contre-vérité n°4 : « Répartition contre capitalisation »… DEBAT TRONQUÉ !!!

Contre-vérité n°5 : « Tenir compte de la pénibilité » … ???

Contre-vérité n°6 : « Dans un système à points on peut introduire de la redistribution »… EXACT MAIS…

Contre-vérité n°7 : « On a fait des simulations jusqu’à 2050 qui montrent… »… Ah bon?

Lire sur le site de l'UFAL l'article complet


Faire entendre les exigences citoyennes sur les retraites
Pétition en ligne
Le gouvernement français s’apprête à engager une nouvelle réforme qui risque de porter un coup fatal au système de retraite par répartition en jurant une fois de plus que c’est pour le sauver. Le bilan des réformes menées depuis 1993 est déjà catastrophique car toutes les dispositions prises (calcul sur les 25 meilleures années, indexation sur les prix et non plus sur les salaires des actifs, allongement de la durée de cotisation sous peine de décote...) ont déjà fait baisser le niveau des pensions d’environ 20 %. Elles ont aggravé les inégalités déjà fortes entre les pensions des hommes et des femmes.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) prévoit que le taux de remplacement moyen - niveau de la retraite par rapport au salaire, passerait de 72 % en 2007 à 59 % en 2050. Cette dégradation continuera donc de frapper les actuels retraités et touchera également les générations suivantes.

Malgré ce bilan désastreux, le gouvernement veut aller encore plus loin en supprimant l’âge légal de départ à la retraite à 60 ans en le portant à 62, voire 65 ou 67 ans, comme le demande le Medef, et en remettant en cause le calcul sur les six derniers mois d’activité des retraites du secteur public. Jumelées avec un nouvel allongement de la durée de cotisation pour obtenir une retraite à taux plein, ces mesures condamneraient à la pauvreté la plupart des futurs retraités, surtout les femmes et tous ceux et celles qui ont connu et connaîtront des périodes de chômage et de précarité importantes. Ce sont les salarié-es les plus jeunes qui subiraient les effets cumulés de ces orientations au moment de partir à la retraite.

Le gouvernement et le patronat persistent à vouloir durcir les conditions de départ en retraite alors même que les entreprises continuent de se débarrasser des salariés âgés avant qu’ils aient acquis la totalité de leurs droits. Exiger que les salariés travaillent et cotisent plus longtemps, alors que l’âge moyen de cessation d’activité est de 59 ans, ne vise qu’à baisser le niveau des pensions. De plus, cette logique remet en cause la solidarité intergénérationnelle. Il n’y a aucun sens à augmenter l’âge de la retraite alors que le chômage de masse sévit pour les jeunes. Au lieu de voir dans la retraite par répartition une transmission perpétuelle et solidaire de la prise en charge d’une génération par la suivante, le gouvernement et le patronat, afin d’attiser la division, la stigmatisent comme un fardeau pour la seule génération à venir.

Le danger ne s’arrête pas là. Le COR dessine les contours d’une réforme pour remplacer notre système par un autre « par points » ou « par comptes notionnels ». Dans les deux cas, il s’agirait de ne plus avoir à assurer un taux de remplacement du salaire défini à l’avance et de faire de la variation du niveau des pensions le moyen d’équilibre financier des régimes. Cela aggraverait encore la baisse du niveau des pensions et contraindrait les salariés, particulièrement les salarié-es pauvres et effectuant les travaux pénibles, à travailler toujours plus longtemps.

La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les États continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les États donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques.

Une alternative à cette régression sociale existe pourtant. A moins de décréter la paupérisation des retraité-es, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007. Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits. Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité.

La question des retraites pose celle de la société dans laquelle nous voulons vivre. Nous ne pouvons accepter la paupérisation programmée des futurs retraité-es, l’idéologie absurde du « travailler toujours plus » et la destruction des solidarités sociales. Nous souhaitons contribuer à une vaste mobilisation citoyenne (réunions publiques, appels locaux…) pour stopper cet engrenage.


10 questions, 10 réponses sur nos retraites
http://petition.exigences-citoyennes-retraites.net/index.php?petition=2&pour_voir=oui
Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné (tous deux membres du CN du PS, animateurs de la revue “Démocratie & socialisme) co –auteurs de “Retraites : réponse au Medef” Ramsay 2001 et de “Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible” 200 p, 18,9 euros, Ed. JC Gawsevitch, en librairie le 9 avril 2010

1. Quel est le bilan des contre-réformes des retraites depuis 1993 pour les retraités et les futurs retraités ?

La chute du montant des retraites ressemble à un film au ralenti. Ce n’est que très progressivement que ces réformes produiront toutes leurs conséquences. Mais à terme, ces conséquences seront catastrophiques.

La « réforme » Balladur-Veil de 1993 s’est attaquée, en plein mois d’août, à la retraite du régime général des salariés du secteur privé. Elle a augmenté la durée de cotisation de 2,5 annuités (de 37,5 à 40). Elle a fait passer le nombre des meilleures années prises en compte pour le calcul de la retraite de 10 à 25. Enfin, l’évolution des retraites n’étaient plus indexée sur les salaires mais sur les prix.

Les réformes de 1993, 1994, 1996 et 2003 des retraites complémentaires (Arrco pour l’ensemble des salariés et Agirc pour les cadres) se sont traduites par une augmentation du prix d’achat de la valeur du point et une baisse de la valeur du point servant de base au calcul de la retraite et donc par une baisse du montant de ces retraites.

Aujourd’hui, déjà, plus d’1 million de retraités vivent sous le seuil de pauvreté et 50 % des retraités ont une retraite inférieure à 1 000 euros. Les mesures prises par la droite et le Medef ont aggravé les inégalités pour toutes les personnes dont la carrière n’a pas été un long fleuve tranquille. Les femmes en particulier, dont les retraites sont déjà inférieures de 40 % à celle des hommes et qui sont maintenant pénalisées par l’allongement de la durée de cotisation et par la sévérité des décotes.

Dans son rapport 2007, le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) estimait à 19 points la baisse du montant moyen des retraites en 2030 sous l’effet des « réformes » de 1993 à 2003. En 1993, la retraite nette moyenne s’élevait à 78 % du salaire moyen net. En 2030, elle ne s’élèvera plus qu’à 59 % de ce salaire moyen net. Le Conseil de l’Emploi, des revenus et de la Cohésion sociale (CERC) évalue, quant à lui, la baisse du pouvoir d’achat des retraités de la fonction publique à 0,5 % par an et celles des salariés du secteur privé à 0,9 % (0,3 % pour le régime général et 0,6 % pour les retraites complémentaires).

Mais cela ne suffit pas à la droite et au Medef qui veulent continuer à faire baisser le montant des retraites par répartition tout en affirmant le contraire, la main sur le cœur. Si nous les laissons faire, en 2030, c’est la grande majorité des retraités qui se retrouveront sous le seuil de pauvreté.

2. Pourquoi faut-il défendre avec acharnement la retraite à 60 ans ?

Beaucoup de beaux esprits (à droite mais, malheureusement, aussi à gauche) nous expliquent que l’âge de la retraite n’a plus d’intérêt, maintenant que la durée de cotisation est passée à 40 et bientôt 42 annuités. En considérant que les régressions imposées par la droite font désormais parties du paysage des retraites, il est, en effet, difficile de concevoir comment un jeune qui commencerait à travailler à 25 ans et qui devrait cotiser pendant 42 ans pourrait espérer prendre sa retraite à 60 ans. Une simple addition montre qu’il ne pourrait pas prétendre à une retraite à taux plein avant 67 ans.

Mais si cela ne sert à rien de débattre de l’âge légal de la retraite, pourquoi la droite tient-elle tant à faire bouger le curseur ? Parce qu’ils savent très bien que tant que ce droit existera, tant que ce point de repère sera maintenu, les salariés pourront exiger que ce droit ne soit pas un simple droit virtuel mais que soient mises en place les modalités concrètes qui permettraient à la très grande majorité des salariés de pouvoir prendre leur retraite à taux plein à 60 ans.

Deux autres raisons militent également dans le sens du maintien du droit à la retraite à 60 ans. Plus d’un million de salariés, tout d’abord, disposent de la totalité des annuités nécessaires à une retraite à taux plein mais ne peuvent pas prendre leur retraite parce qu’ils n’ont pas encore 60 ans. Il leur faut encore travailler 2 ou 3 ans. Avec un âge légal à 62 ans, c’est 4 ou 5 ans qu’il leur faudrait rester au travail.

Ensuite, parce que le recul ou la disparition du droit à la retraite à 60 ans ferait presque automatiquement sauter le verrou des 65 ans. Or, ce verrou est essentiel. Il permet à un salarié dont la carrière est incomplète de pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein lorsqu’il atteint l’âge de 65 ans. Ce sont, aujourd’hui, surtout les femmes qui sont concernées puisque 23 % des femmes ne peuvent bénéficier d’une retraite à taux plein avant 65 ans. Si l’âge légal de la retraite disparaissait ou passait à 62 ans, le Medef utiliserait aussitôt ce recul comme levier pour imposer la disparition du butoir que constitue l’âge de 65 ans.

Pour ceux qui douteraient des intentions du Medef, il faudrait qu’ils se souviennent que le Medef appelle de ses vœux la disparition de ces deux âges butoirs 60 et 65 ans. Il faudrait également qu’ils se rappellent qu’en décembre 2000, le Medef avait refusé de contribuer au financement des retraites complémentaires entre 60 et 65 ans et que seule la mobilisation de plus de 2 millions de salariés l’avaient obligé à reculer. Il faudrait, enfin, qu’ils n’oublient pas que le Medef avait récidivé son chantage en 2009 et qu’une nouvelle négociation sur les retraites complémentaires est prévue à la fin de l’année 2010.

3. Une fatalité démographique pèse-t-elle sur nos retraites ?

Il y avait 11 millions de retraités en 2000, ils seront 21 millions en 2040. C’est un fait, un ordre de grandeur incontournable. Mais ce fait demande à être analysé en détail et dans son contexte pour en tirer toutes les conséquences.

Tout d’abord, cette augmentation du nombre de retraités sera due à deux facteurs qui pèsent tous les deux le même poids : l’allongement de la durée de la vie et l’arrivée à l’âge de la retraite de la génération du « baby-boom », née entre 1946 et 1976. Mais les derniers nés de la génération du « baby-boom » arriveront à l’âge de la retraite entre 2036 et 2040. Ce seront ensuite des « classes creuses » qui arriveront à l’âge de la retraite et à partir de 2036-2040, le nombre de retraités se mettra à diminuer.

L’allongement de la durée de la vie n’est pas de 1 trimestre par an comme le proclament haut et fort Sarkozy, Guéant et Parisot mais de 0,44 trimestre par an comme l’estime le rapport du COR de 2007, s’appuyant sur les dernières données de l’INSEE. Quant au taux de fécondité des femmes il ne serait pas de 1,7 comme le prévoyait les premiers scénarios du COR mais plus près de 2. Au total, la population en âge de travailler ne subirait pas une diminution de 2,2 millions de personnes entre 2006 et 2050 comme dans les précédents scénarios du COR mais resterait stable. Quant à l’augmentation du nombre de personnes âgées, elle serait moindre car la mortalité baisserait moins rapidement que prévue. Le nombre de retraités seraient inférieur de 650 000 en 2050 par rapport à la moyenne des deux précédentes hypothèses retenues par le COR.

Il ne suffit pas, ensuite, que la population en âge de travailler augmente. Encore faut-il qu’elle ait effectivement un travail. Ce n’est pas le chemin qui est pris aujourd’hui avec l’augmentation considérable du nombre de chômeurs du fait de la crise économique.
Pour faire reculer le chômage de masse, la reprise de la croissance ne sera pas suffisante. A moyen terme, en effet, l’augmentation de la productivité du travail viendra annihiler les effets de la croissance et ne permettra pas au chômage de reculer. Il nous faut tirer toutes les leçons des lois sur les 35 heures. Malgré toutes les concessions faites au patronat qui ont limité fortement ses effets, elles avaient permis de créer 500 000 emplois supplémentaires et de commencer, pour la première fois depuis 20 ans, à vraiment faire reculer le chômage de masse. Réduire le temps de travail est une mesure incontournable : elle seule permettra d’en finir avec le chômage et du même coup d’améliorer l’équilibre financier de nos régimes de retraites.

Le doublement du nombre de retraités, enfin, ne se fera pas dans une France dont la richesse resterait la même qu’aujourd’hui. En 40 ans, avec un taux de croissance (modeste) de 1,7 % par an, le PIB de notre pays doublera. En 2050, le montant de la richesse nationale passera donc de 1 900 milliards d’euros à plus de 3 800 milliards euros. 3 800 milliards d’euros, une fois neutralisée l’inflation, c’est-à-dire des euros qui auront la même valeur que les euros actuels, de vrais euros.

Le doublement du nombre des retraités implique, si l’on veut revenir sur les « réformes » qui ont frappé nos retraites depuis 1993, d’augmenter de 6 points la part du PIB affectée au financement de nos retraites. 6 points de PIB en 2050, cela représente environ 230 milliards d’euros. Avec une augmentation de la richesse de notre pays de 1 900 milliards d’euros à cette date, cela laisserait plus de 1 650 milliards d’euros pour l’augmentation des salaires directs, des cotisations de l’assurance-maladie, des investissements publics et privés, de la réduction du temps de travail et même des profits. Il y a cependant une condition à cela, c’est que les profits ne captent pas la plus grande partie de ces 230 milliards qui devraient revenir aux retraités. C’est pourtant exactement l’intention du Medef et du gouvernement Sarkozy. C’est le but de toutes les « réformes » de nos retraites depuis 1993.

4. L’allongement de la durée de cotisation permet-il de maintenir le montant des pensions ?

Non. Le Medef et le gouvernement mentent délibérément. Ils nous disent : « Soit l’augmentation de la durée de cotisation, soit la baisse du niveau des pensions ». En fait, les salariés ont récolté l’une et l’autre depuis 1993.

En effet, loin du monde des abstractions où semble se complaire Sarkozy, avec une durée de 40 ans de cotisation, les 2/3 des salariés du secteur privé qui prennent leur retraite ne sont plus au travail. Ils sont soit au chômage, soit en maladie, soit en invalidité. Avec un passage à 41 ans, ce sont plus des ¾ des salariés qui se retrouveraient dans cette situation au moment de leur départ en retraite. Comment quand on n’est au chômage, en maladie, en invalidité pourrait-on bien pouvoir choisir de rester au travail ? C’est un mystère dont le gouvernement garde jalousement le secret. Quand au Medef, il n’est pas à une contradiction près, il exige l’allongement à 45 ans de la durée de cotisation au moment même où les entreprises ne permettent plus aux jeunes d’accéder à un travail à temps plein que vers 25-30 ans (dans le meilleur des cas) et où elles licencient à tour de bras les salariés de plus de 55 ans (voire de 50 ans).

Dans ces conditions, allonger la durée de cotisation revient à augmenter la période de chômage, de maladie ou d’invalidité et donc à diminuer le montant des retraites. En effet, les annuités validées au titre des périodes de chômages et de maladie ou d’invalidité ne seront évidemment pas être prises en compte les 25 meilleures annuités. Il faudra donc remonter aux années précédant le chômage, la maladie ou l’invalidité pour trouver ces 25 meilleures années. Mais avec la réévaluation des salaires pris en compte pour le calcul de la retraite en fonction de l’évolution des prix et non plus des salaires, le montant de la retraite en prendra un sacré coup.

La durée moyenne d’une carrière dans le secteur privé est inférieure à 37 ans. Décider, dans ces conditions, qu’il faut 40 annuités de cotisation pour bénéficier d’une retraite à taux plein, c’est diminuer dans d’importantes proportions (avec le système des décotes) le montant de leur retraite. Le passage à 41 annuités de cotisation aggraverait encore le problème.

5. Le maintien au travail des salariés de plus de 60 ans est-il une réponse au problème de nos retraites ?

Le Plan d’emploi national pour l’emploi des seniors 2006-2010 qui s’inscrit dans la droite ligne de la stratégie de Lisbonne adoptée par l’Union européenne, s’est fixé comme objectif prioritaire de parvenir à un taux d’emploi des 55-64 ans de 50 % en 2010. Cet objectif est inacceptable pour au moins 3 raisons.

D’abord parce qu’il est insupportable de forcer les salariés de plus de 60 ans à rester au travail. Il ne faut pas confondre les hauts fonctionnaires, les professions libérales, les dirigeants d’entreprises, les universitaires qui ont la chance d’avoir un travail créatifs et l’immense majorité des salariés pour qui le travail est avant tout fastidieux, pénible et, avec le durcissement continuel des conditions de travail, de plus en plus néfaste à leur la santé.

Le Medef, la droite et parfois malheureusement aussi une partie de la gauche, s’appuient sur l’allongement de l’espérance de vie pour en conclure qu’il est normal que la durée de travail augmente. Ils oublient qu’à 35 ans, un cadre peut espérer vivre 46 ans et un ouvrier 39 ans. Ils oublient que l’espérance de vie « en bonne santé », c’est-à-dire sans incapacité majeure n’est que 64,2 ans pour les femmes et 63, 1 ans pour les hommes, selon une note récente de l’INSEE.

Ensuite parce que ceux qui avancent cette « solution » ont une attitude de « spécialistes », une attitude autiste consistant à isoler ce problème comme s’il n’avait aucune interaction sociale. Or, si on oblige des centaines de milliers de salariés de plus de 60 ans à travailler, ce sont des centaines de milliers de jeunes qui ne trouveront pas de travail. La persistance du chômage de masse exclut, à lui seul, la possibilité de retenir cette solution.

Enfin, parce que l’avenir qui est promis aux salariés âgés est tout sauf pavé de roses. Non seulement les conditions de travail se détériorent, la souffrance au travail se développe, atteignant plus cruellement les salariés les plus âgés. Mais, en plus, pour inciter le patronat à embaucher des « seniors », la droite a mis en place des « emplois vieux », des CDD de 18 mois renouvelables un fois. C’est donc la précarité qui ouvre grand ses bras aux salariés âgés. Ils sont licenciés d’un travail à plein temps en CDI à 55 ans pour être réembauchés, deux ans et demi plus tard, en CDD à temps partiel. Pour être bien sûr qu’ils ne puissent y échapper, la ministre de l’Emploi Christine Lagarde se déclare prête à supprimer, progressivement, la dispense de recherche d’emploi pour les chômeurs de plus de 57 ans et demi car, affirme-t-elle, avec toute l’humanité qui la caractérise, à cet âge là « on n’est pas fichu ». Qu’on se le dise, pour Madame Lagarde, il est temps de prendre sa retraite quand on est fichu !

Le chiffre (que l’on nous ressasse sans cesse) de 38,1 % est un chiffre global concernant l’emploi des salariés de 55-64 ans (dans les statistiques, on a 64 ans la veille de ses 65 ans…) Il faudrait pourtant distinguer entre l’emploi des 55-60 ans qui devrait augmenter dans le cadre d’un recul généralisé du chômage et l’emploi des 60-64 ans qui devrait être réduit au maximum. C’est pour les salariés entre 55 et 60 ans qu’il faut, avant tout, « aménager les postes de travail » et permettre d’accéder à la formation. La priorité pour les salariés de 60 ans devrait être bien différente : permettre à tous ceux qui le voudraient de partir à la retraite avec une retraite à taux plein.

6- Le système des « comptes notionnels » adopté par la Suède est-il une solution pour nos retraites ?

François Fillon vient de déclarer qu’il n’était pas question de remettre tout le système des retraites à plat. Il est cependant tout à fait possible d’en douter. Pourquoi, en effet, Sarkozy aurait-il dit exactement l’inverse il y a 6 mois, transformant ce qui devait être un simple « point d’étape » entre partenaires sociaux et gouvernement en un « rendez-vous capital » ? Pourquoi le gouvernement aurait-il demandé au COR un rapport spécifique sur la possibilité d’un remplacement de notre régime par annuités par un régime en points ou en compte notionnels comme en Suède ? Le plus probable est que le gouvernement ne veut pas faire de vague avant les élections régionales de mars et qu’il attend que le congrès de la CFDT soit terminé pour laisser les mains libres à François Chérèque.

Le rapport 2010 du COR paraîtra après les régionales et on peut compter sur le gouvernement et le Medef pour en faire la lecture la plus noire possible afin, si les salariés lui laissent les mains libres, de faire voter (comme d’habitude pour les retraites) une loi en plein mois de juillet.

Pour le COR, l’incidence de l’adoption du système suédois sur le niveau des retraites dépendrait des paramètres fixés par les responsables politiques. Pour lui, aucun système ne permet, en effet, par la simple vertu de la technique, de redresser des comptes déséquilibrés. Pour retrouver l’équilibre, le COR renvoie donc les décideurs aux « trois leviers » traditionnels : « le niveau des ressources, le niveau des pensions et l’âge moyen effectif de départ en retraite ».

La Suède est passée d’un mécanisme de prestations définies à un régime de cotisations définies. Dans l’ancien système, les salariés étaient sûrs du montant de leur retraite, le taux de cotisation s’adaptant pour équilibrer le système. Aujourd’hui, les salariés ne sont sûrs que du montant – à moyen et à long terme – de leurs cotisations. Le montant de leur retraite dépendra de l’évolution de la masse salariale et de l’espérance de vie au moment de leur départ en retraite. Le gouvernement n’a plus, en principe, aucune responsabilité politique à prendre, c’est le système mis en place en 1998 qui a, une fois pour toute, décidé de la part de la richesse nationale qui sera attribuée aux retraites. Cela ne l’empêche pas d’intervenir quand le choc est par trop important et pourrait provoquer une riposte sociale. Ainsi, avec la récession et la diminution de la masse salariale en 2009, les retraites auraient du diminuer 4,5 % en 2010, l’Etat est intervenu pour que cette baisse soit limitée à 3 % !

Si l’espérance de vie (mesurée par les mêmes tables de mortalité que celles des assurances privées) augmente, le montant de la retraite baissera, sans que, là encore, le gouvernement ait la moindre responsabilité politique à prendre, sans le moindre débat public. Chaque salarié, seul dans son coin, choisira « librement » son âge de départ en retraite mais avec un révolver sur la tempe, celui d’une retraite qui ne lui permettra pas de vivre s’il part trop tôt.

Avec ce système, tout repère collectif disparaît et toute revendication collective également. Il est vrai que la succession des contre-réformes depuis 1993 aboutit, aujourd’hui, à peu près au même résultat : personne ne sait quel sera le montant de sa retraite dans 10 ou même 5 ans. Ce n’est pas, pour autant, une raison pour adopter un système aussi opaque que le système suédois. Il faut, au contraire, redonner confiance en notre système de retraite par répartition en permettant à la très grande majorité des salariés de prendre sa retraite à taux plein à 60 ans.

Dans le système suédois comme dans la retraite par point, si chère au Medef, c’est l’intégralité de la carrière qui est prise en compte pour le calcul de la retraite et non pas comme aujourd’hui, les 6 derniers mois dans la fonction publique ou les 25 meilleures années dans le régime de base des salariés du secteur privé. Dans les deux systèmes également, les périodes de maternité, de chômage, de maladie ou d’invalidité n’ont pas vocation à être prise en compte. Au total, le taux de remplacement du salaire par la retraite ne peut que baisser. La solidarité a laissé la place au taux de croissance et aux tables de mortalité.

7- La droite et le gouvernement ont-ils abandonné l’idée de nous imposer des fonds de pension ?

Non, le Medef rappelle constamment la nécessité de « compléter » la retraite par répartition au moyen de retraites par capitalisation, c’est-à-dire des fonds de pension, qu’ils soient ou non « à la française ». Quant à la droite, son rôle est de mettre de l’huile dans les rouages pour aider les solutions du Medef à s’imposer.

En France, les fonds de pension ont pris le nom d’ « épargne-retraite » en vue de rassurer les salariés. Mais cette « épargne-retraite présente les mêmes défauts que les fonds de pensions classiques. Elle est profondément inégalitaire. Seuls les cadres et une partie des salariés des grandes entreprises ont une réelle capacité d’épargne. Pour la grande majorité des salariés, il est déjà difficile de joindre les deux bouts à la fin de chaque mois. Et le patronat en abondant les sommes ainsi versées (2 milliards chaque année) ajoutera encore à l’inégalité initiale.

L’épargne-retraite est profondément risquée : c’est accepter de jouer sa retraite en bourse car les fonds collectés sont placés en bourse et bien souvent en actions puisque, selon les » « experts financiers » qui ont tout intérêt à favoriser ce type de placement, leur rendement serait meilleur que celui des obligations et des emprunts d’Etat. Pourtant, après l’éclatement de la bulle des nouvelles technologies en 2000 et après la récente crise financière qui a réduit à néant l’épargne-retraite de centaines de milliers de salariés américains, très peu de salariés sont, dans notre pays, prêt à prendre ce risque.

C’est l’une des deux raisons pour lesquelles le recul de la retraite par répartition est aussi important pour le Medef. Il veut, bien entendu, en premier lieu, ne pas augmenter le montant des cotisations sociales patronales pour que le patronat et en particulier les grands groupes puissent engranger le maximum de profits. Mais il souhaite aussi le recul de la retraite par répartition pour faire une place aux fonds de pension « à la française » qui sont un enjeu de taille pour les compagnies d’assurance et le capital financier. Laisser un champ de plusieurs centaines de milliards à un salaire indirect mutualisé leur est totalement insupportable. Plus la retraite par répartition reculera, plus les salariés auront peur pour le montant de leur future retraite et plus les fonds de pension, malgré tous leurs défauts, se présenteront comme un recours ultime pour les salariés.

8. Le fonds de réserve est-il une solution pour nos retraites ?

Créé en 1999 par Lionel Jospin, le fonds de réserve des retraites devait avoir une vie de 40 ans avec une première phase d’accumulation des fonds, de 2000 à 2020, et une deuxième phase d’utilisation des fonds, de 2020 à 2040.

La première phase devait permettre d’accumuler 1 000 milliards de francs (150 milliards d’euros) dont l’essentiel serait venu des excédents de la Caisse nationale d’Assurance vieillesse, de ceux du Fonds de solidarité vieillesse et des revenus financiers issus de leur placement. Mais pour que ces fonds aient des excédents, il aurait fallu augmenter les ressources des retraites par répartition et abroger la réforme Balladur-Veil de 1993. Cela n’a été fait ni par la gauche, ni bien sûr par la droite. Il ne faut donc pas s’étonner que le fonds de réserve n’ait recueilli que 35 milliards d’euros avant la crise financière.

Quant aux 330 milliards de francs (50 milliards d’euros) qui devaient être le fruit du placement en bourse des fonds accumulés, ils se sont transformés, avec la crise financière, en une perte de 7 milliards d’euros. Au total, le Fonds de réserve n’a permis d’accumuler que 28 milliards d’euros.

S’il avait été alimenté comme le souhaitait Lionel Jospin, ce fonds n’aurait, de toute façon pas permis de répondre au besoin de financement de nos retraites. En effet, utilisé sur 20 ans, les 150 milliards d’euros accumulés auraient représenté un flux de 7,5 milliards d’euros par an. Un flux très éloigné des besoins de financement réel de notre système de retraite : 65 milliards d’euros par an en 2050 si l’on laisse les réformes déjà mises en place par la droite produire tous leurs effets et 200 milliards si l’on veut que la retraite nette (moyenne) revienne à 78 % ou 75 % du salaire net (moyen) comme avant la réforme de 1993. C’est pourquoi ce fonds avait toujours été présenté comme un simple « fonds de lissage » permettant simplement d’étaler l’augmentation des cotisations retraites dans le temps en cas de croissance soudaine du nombre de retraités.

Il reste 10 ans pour alimenter ce fonds. Ce ne sont pas les excédents de la CNAV (10,7 milliards de déficit prévus en 2010) ou du Fonds de solidarité vieillesse (3,9 milliards d’euros de déficit en 2009) qui lui permettront d’accumuler les 122 milliards d’euros manquant. Les placements en bourse pourront, sans doute, permettre d’accumuler quelques milliards mais ces gains se transformeront inéluctablement en lourdes pertes lors de la prochaine crise financière. Que reste-t-il ? Alimenter le fonds de réserve avec le produit des nationalisations comme certains le proposent ? Ce serait aller à l’encontre de la préservation et l’élargissement des services publics.

Il n’y a donc pas de miracle à attendre de ce Fonds de réserve et il faudra trouver ailleurs les moyens de financement de nos retraites.

9. Comment financer nos retraites ?

Le déficit du régime général (branche vieillesse) devrait, selon les prévisions du gouvernement, être de 10,7 milliards d’euros en 2010 après 8,2 milliards en 2009 et 14,5 milliards en 2013. L’augmentation de ce déficit est liée, en partie, à des raisons conjoncturelles : la crise économique qui a réduit la masse salariale et donc le montant des cotisations retraites. Mais ce déficit a une explication structurelle évidente : la stagnation des cotisations patronales depuis 30 ans, alors qu’augmente le nombre de retraités. En 2050, si ces ressources n’augmentent pas et si nous refusons que la grande majorité des salariés se retrouvent dans la misère, le besoin de financement de nos retraites par répartition s’élèvera à 200 milliards d’euros (constants) par an. 200 milliards d’euros par an, dans un pays dont le PIB aura doublé, cela représente 6 points de PIB. Entre 1960 et 2000, la part du PIB consacrée au financement des retraites par répartition avait augmenté de 8 points, pourquoi serait-il impossible de l’augmenter de 6 % entre 2010 et 2050 ? Encore faut-il préciser comment ces 6 % pourraient être mobilisés.

La priorité des priorités est d’en finir avec le chômage de masse. Mais cela ne serait pas suffisant pour financer nos retraites en 2050.

Il serait donc, ensuite, nécessaire d’élargir l’assiette des cotisations retraites en s’attaquant aux « niches sociales » c’est-à-dire aux revenus salariaux qui ne subissent aucun prélèvement ou un prélèvement forfaitaire de 4 % au titre de l’ensemble des cotisations sociales. Le manque à gagner lié aux dispositifs d’association des salariés aux résultats de l’entreprise est évalué entre 6 et 8,3 milliards d’euros en 209 et, donc, au double en 2050 si ces revenus évoluent à la même vitesse que le PIB.

Il faudrait, enfin, augmenter le taux des cotisations retraites. Sarkozy, le 25 janvier affirmait qu’il fallait « tout mettre sur la table ». Il promettait d’examiner toutes les pistes. Curieusement, toutefois, il n’a évoqué que « la perspective d’un allongement de la durée de cotisation » et jamais d’une hausse des cotisations retraites. Pourtant, dans son dernier rapport, le COR constate que « l’effet positif d’une hausse du taux de cotisation sur le solde du régime est immédiat et durable ». Dans son rapport de 2001, le COR estimait que, même avec un taux de chômage ramené à 4,5 % de la population active, il faudrait encore augmenter de 15 points le taux de cotisation retraite pour équilibrer nos régimes de retraites en 2040 et revenir à un taux de remplacement de l’ordre de 75 % du salaire (comme avant 1993).

15 point d’augmentation en 40 ans (de 2000 à 2040 ou de 2010 à 2050), cela représente une augmentation d’environ 0,37 point par an. A raison de 0,25 point pour les cotisations patronales et de 0,12 points pour les cotisations salariales, cette augmentation est, bien évidemment, préférable à la généralisation de la pauvreté chez les retraités que nous promet l’allongement continuel de la durée de cotisation. Cette option a, pourtant, d’emblée été exclue du débat public.

Pour les salariés, l’augmentation de leurs cotisations serait compensée en partie par les sommes qui n’iraient plus financer l’épargne retraite et le retour à un taux de remplacement de 75 % du salaire net permettrait de réduire le recours à la solidarité familiale au profit des personnes âgées.

Quant au patronat, s’il trouvait trop élevé l’augmentation de ses cotisations retraites, il pourrait toujours commencer par renoncer à financer les « retraites chapeaux » de ses dirigeants et alléger d’autant les sommes qu’il consacre au financement des retraites. Veolia Environnement aurait pu, ainsi, économiser les 30,2 milliards d’euros provisionné (et il s’agit des provisions d’une seule année) pour financer les « retraites chapeaux » de son Comité exécutif, dont 13,1 millions d’euros pour la seule « retraite chapeau » de son PDG, Henri Proglio. « Retraite chapeau » qui devait permettre à ce Monsieur, pourtant assez loin de la misère, de bénéficier d’une retraite supplémentaire de 700 millions d’euros par an.

La compétitivité des entreprises de notre pays serait-elle remise en cause par cette augmentation progressive du taux des cotisations retraites ? Non si l’on remplaçait la « modération salariale » par la « modération financière » et si le montant des dividendes versés aux actionnaires diminuaient de façon à compenser l’augmentation des cotisations sociales. C’est tout à fait réalisable. Le montant des dividendes versés aux actionnaires a augmenté de 5,2 point de PIB depuis 1982, au détriment des salaires. Ces dividendes sont improductifs et ne servent qu’à alimenter la spéculation financière dont on a pu constater les redoutables effets. Une baisse des dividendes versés aux actionnaires n’affecterait pas l’investissement productif et permettrait de ne pas augmenter le prix des produits ou des services facturés par l’entreprise, malgré l’augmentation du taux des cotisations retraites. La compétitivité des entreprises ne serait donc pas affectée.

10. Quelles mesures concrètes pour sauver nos retraites par répartition ?

Nos retraites par répartition sont aujourd’hui gravement menacées. Le recul continuel du montant de la retraite, les lourdes incertitudes pesant sur l’avenir des retraites sont en train de rompre le pacte entre générations. Comment les jeunes générations pourraient-elle, en effet, accepter que leurs cotisations aillent financer les retraites de la génération qui n’est plus au travail alors qu’eux-mêmes estiment qu’ils ne toucheront pas de retraite ou une retraite qui ne leur permettra pas de vivre ?

Pour que les jeunes générations aient confiance dans notre système de retraite par répartition, il faut leur assurer qu’ils pourront bénéficier d’une retraite correcte, à un âge (60 ans) où ils auront encore l’espérance de vivre en bonne santé pendant plusieurs années.

Cet objectif nécessite que soit pris un ensemble de mesures indissociables.
D’abord, abroger les réformes de la droite depuis 1993 et obliger, par la loi, le patronat à financer les retraites complémentaires du secteur privé afin que cet objectif soit atteint.

Assurer un taux de remplacement minimum de 75 % pour une carrière complète.
Garantir qu’aucune retraite ne sera inférieure au Smic.

Indexer l’évolution des salaires pris en compte pour le calcul de la retraite et l’évolution du montant de la retraite, une fois cette dernière liquidée, sur les salaires et non plus sur les prix.

Considérer que les périodes non travaillées, liées à la maternité, aux accidents du travail et aux maladies professionnelles, aussi bien que le temps partiel imposé sont des périodes travaillées à temps plein que soit pris en compte, pour le calcul de la retraite, le salaire normalement versé.

Revenir aux 37,5 annuités de cotisation pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein tant que la durée moyenne réelle d’une carrière ne sera pas supérieure à ce chiffre.

Valider les périodes d’étude après 18 ans comme les périodes de recherche d’un premier emploi dès l’inscription au Pôle-emploi.

Permettre aux salariés ayant effectué des travaux pénibles de prendre leur retraite à taux plein à 55 ans. Cette mesure, cependant, ne saurait dispenser d’agir en amont, sur les conditions de travail, pour que ces travaux nuisibles à la santé disparaissent.

C’est uniquement à ce prix que la confiance des jeunes générations en notre système de retraites par répartition pourra être restaurée. Autrement, ce sera la porte grande ouverte aux fonds de pension et à la misère pour la grande majorité des retraités dans les décennies à venir.

L'impossibilité d’une croissance infinie

Il y a un paramètre qui est à prendre aussi en compte : l’impossibilité d’une croissance infinie. Le chiffre de d’un taux de croissance de 1,7 % par an pendant 40 ans qui amène à un doublement du PIB….. c’est bien gentil, mais ça veut dire doubler le nombre de biens produits et consommés par rapport à aujourd’hui.
Or, c’est tout bonnement impossible sur une planète aux ressources limitées.
De même le commentaire sur les gaz à effet de serre : jusqu’à aujourd’hui on n’a JAMAIS réussi à déconnecter les émissions de GES de la Croissance. Si on n’introduit pas ces paramètres dans les négociations sur les retraites, on « raisonne dans le vide » et on prépare des lendemains qui déchantent pour tout le monde. Autrement dit, il n’y a aucun autre moyen que de changer radicalement notre modèle de développement et d’abandonner les références à la croissance telle qu’on l’entend aujourd’hui, de tout axer sur la relocalisation, la durabilité, la sobriété et le création des emplois qui vont avec, notre rapport au temps de travail et aux loisirs, etc….
Avancer des chiffres extraits des données tendentielles actuelles et donc partager des richesses fictives futures ne me semble pas aller dans le sens d’uned prise en compte de réalités écologiques incontournables.


Sang de cordon ombilical : vaste offensive pour détourner un don anonyme, gratuit et solidaire au profit d'intérêts privés marchands
Source - par Christian Gaudray, CO-responsable du secteur Développement Durable de l'UFAL
En plein processus de révision de la loi de bioéthique de 2004, le député UMP Damien Meslot a déposé une proposition de loi « relative au prélèvement et à la conservation des cellules souches issues du sang de cordon ombilical ». Nous allons voir que cette opération est tout sauf anodine, qu’elle est aussi choquante que scandaleuse, et qu’elle bénéficie de soutiens catholiques et affairistes.

Dans le Territoire de Belfort, les députés se suivent mais ne se ressemblent pas. Meslot est en effet le tombeur en 2002 de Raymond Forni, « enfant de la République » décédé il y a 2 ans. En octobre dernier, Meslot était condamné en appel pour outrage à magistrat… Voilà pour le personnage, mais venons-en à sa proposition de loi, qui a pour objet d’autoriser les banques privées de sang de cordon ombilical pour usage autologue.

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Liberté et au pluralisme dans ses choix pratiques de vie
Source   - http://www.eliant.nl/?action=behaviour&actionid=215&lang=fr

Chaque voix compte

Par votre signature, vous apportez votre soutien à l’action ELIANT pour assurer la reconnaissance juridique de la médecine, des aliments Demeter, de la pédagogie Steiner-Waldorf et des autres initiatives issues de l’anthroposophie en Europe.

En soutenant l’Action ELIANT, vous affirmez le droit de chaque citoyen européen à la liberté et au pluralisme dans ses choix pratiques de vie : alimentation, médecine, pédagogie… Agriculture bio-dynamique Demeter, écoles Steiner-Waldorf, médicaments Weleda, médecine anthroposophique et ses thérapies, cosmétiques Weleda et Wala Dr Hauschka, banques à fonds éthique …

Ces choix sont actuellement menacés par les règlementations européennes. Vous demandez à l’Union européenne de garantir par ses textes l’existence des initiatives issues de l’anthroposophie et de concrétiser ainsi sa devise :"Unis dans la diversité".

Le Paraguay rend gratuits les soins de santé publique
Source et date et auteur
Le nouveau gouvernement du Paraguay a tenu jusqu’au bout sa promesse de campagne de rendre gratuit la santé publique. Le jour de Noël presque tous les services de santé publique sont devenus gratuits dans l’ensemble du pays.

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Alimentation - Agriculture
 
L'innocuité de la pomme de terre transgénique mise en cause
LE MONDE | 2010 | Bruxelles, envoyés spéciaux
La reprise des cultures transgéniques en Europe ne devrait pas se dérouler aisément. L'autorisation d'une pomme de terre transgénique, mardi 2 mars, par la Commisson européenne, a suscité de vives réactions.  L'indépendance de l'AESA est, d'autre part, sujet à controverse depuis que l'Observatoire européen des multinationales (CEO) a révélé en janvier que la coordinatrice scientifique du groupe d'experts sur les OGM de l'AESA, Suzy Renckens, avait été embauchée en 2008 par le groupe Syngenta, qui produit des OGM : la société espère notamment que son maïs Bt 11 sera prochainement autorisé.

La firme allemande BASF, qui a mis au point cette variété, s'est réjouie de la décision, tandis que l'organisation des industriels des biotechnologies agricoles, Europabio, s'est déclarée "encouragée par cette approche fondée sur la réglementation". Europabio souligne que dix-sept OGM (organismes génétiquement modifiés) sont actuellement en cours de procédure d'autorisation.

L'Allemagne, la Suède, la République tchèque et les Pays-Bas devraient commencer à cultiver cet OGM (organisme génétiquement modifié) au printemps. L'Italie et l'Autriche ont en revanche immédiatement annoncé leur intention d'interdire sa culture.

Le gouvernement français, qui a, comme six autres pays européens, suspendu sine die la culture du maïs Mon 810 (autorisé par l'Europe en 1998), a indiqué par un communiqué du ministère de l'Ecologie qu'il "allait saisir le Haut conseil des biotechnologies (HCB), notamment sur la présence dans cette pomme de terre d'un gène de résistance à un antibiotique." Le 1er mars, le Fonds stratégique d'investissement français a annoncé l'injection de 150 millions d'euros dans la coopérative Limagrain, qui développe des OGM.

Les organisations écologistes (Greenpeace, Friends of the Earth, France nature environnement) ont de leur côté vivement critiqué la décision de Bruxelles. Quant aux députés Verts européens, ils stigmatisent "l'incapacité des commissaires à prendre en compte les points de vue clairement exprimés par un nombre important des Etats membres ainsi que par une large majorité des citoyens européens."

L'annonce a été faite par le commissaire européen à la santé et à la protection des consommateurs, John Dalli. C'est la première fois depuis douze ans que l'Union européenne délivre une telle autorisation. Dénommée Amflora, cette pomme de terre a été génétiquement modifiée afin d'augmenter son contenu en un composant chimique de l'amidon, l'amylopectine, dans le but de satisfaire des usages dans l'industrie du papier.

La validité scientifique de la décision suscite de vives interrogations. La pomme de terre Amflora contient en effet un gène de résistance aux antibiotiques kanamycine et neomycine. Or, la directive européenne sur les OGM 2001-18 prévoyait (son article4-2) "l'élimination" de tels marqueurs, pour éviter l'éventuelle émergence de bactéries résistantes.

Indépendance

L'Agence européenne de sécurité des aliments (AESA), sur les avis de laquelle la Commission se repose, a cependant jugé que ce marqueur ne posait pas de problème. Pourtant, deux avis de l'Organisation mondiale de la santé, en février 2005, et de l'Agence européenne des médicaments (EMEA), en février 2007, ont estimé que les antibiotiques concernés avaient un caractère thérapeutique notable. La position de l'AESA n'apparaît donc pas totalement convaincante. Pour Greenpeace, l'acceptation d'un OGM doté d'un marqueur de résistance aux antibiotiques est "incohérent".

L'indépendance de l'AESA est, d'autre part, sujet à controverse depuis que l'Observatoire européen des multinationales (CEO) a révélé en janvier que la coordinatrice scientifique du groupe d'experts sur les OGM de l'AESA, Suzy Renckens, avait été embauchée en 2008 par le groupe Syngenta, qui produit des OGM : la société espère notamment que son maïs Bt 11 sera prochainement autorisé.

Les critiques à l'égard de l'agence européenne ont été relayées par les Etats membres : le 4 décembre 2008, le conseil des ministres européens de l'environnement avait adopté à l'unanimité des conclusions demandant d'"améliorer" le système d'expertise communautaire et "une évaluation détaillée des effets à long terme sur l'environnement" des OGM. Mais depuis cette réunion, peu de changements ont été apportés. Selon des fonctionnaires européens, "la réforme de l'ASEA n'est pas à l'ordre du jour".

En fait, plutôt que de renouveler la méthode d'expertise, la Commission préfère assouplir le processus d'autorisation. D'ores et déjà, a indiqué John Dalli, "chaque Etat est libre d'autoriser ou non la culture de cet OGM". D'ici à l'été, des réflexions seront menées au sein de la Commission de façon à donner plus de souplesse aux Etats membres pour appliquer, ou pas, sur leur territoire, les autorisations accordées au niveau européen. Il s'agit d'élargir leur marge de manœuvre, soit dans le cadre de la législation existante, soit en refondant les lois européennes.

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BASF: 2 autres pommes de terre OGM (AFP/2010)

Le groupe allemand BASF souhaite lancer d'ici 2011 deux autres pommes de terres OGM, dont une destinée à l'alimentation humaine, après avoir obtenu un feu vert européen à sa pomme de terre Amflora.

"Nous travaillons à d'autres produits, dont une pomme de terre résistante au mildiou", une forme de pourriture responsable notamment de la grande famine irlandaise du XIXè siècle, a indiqué vendredi une porte-parole à l'AFP.

Cette pomme de terre, baptisée Fortuna et destinée à l'alimentation humaine, est basée sur une variété européenne, et contient des gènes d'une pomme de terre sud-américaine, qui lui permettent de résister à cette maladie.

BASF, numéro un mondial de la chimie, a également un projet de pomme de terre pour l'industrie, qui pourrait succéder à l'Amflora, pour laquelle la Commission européenne a donné mardi son feu vert, et destinée comme elle à la production industrielle d'amidon.


Victimes des pesticides : de nouveaux témoignages et des vidéos chocs
Source et www.victimes-pesticides.com
A l’heure où s’ouvre le Salon International de l’Agriculture et après la publication par l’hebdomadaire La Vie d’un dossier autour du témoignage de Paul François, victime des pesticides, le MDRGF et HEAL mettent en ligne de nouveaux témoignages vidéo exclusifs d’agriculteurs et de particuliers victimes des pesticides.

Lors d’un rencontre organisée par le MDRGF et HEAL* en janvier 2010, des dizaines de personnes atteintes par des leucémies, des myélomes, la maladie de parkinson, des problèmes cardiaques…suite à l’exposition à des pesticides ont témoigné de leur situation, vous pourrez dès aujourd’hui et dans les jours qui viennent découvrir ces nouveaux témoignages vidéo, dont celui de Paul François, sur le site www.victimes-pesticides.com.

Mettre fin à l’Omerta. Cette campagne ‘Victimes des pesticides’, lancée en juin 2009 par le MDRGF et HEAL* vise à informer le public sur la réalité des dangers liés à l’utilisation des pesticides. Nous espérons que le courage des personnes qui ont accepté de témoigner de leurs souffrances à visage découvert nous permettra d’en finir avec l’Omerta qui entoure la question du danger des pesticides et aidera de nombreuses autres victimes à dire ce qu’ils ont vécus eux aussi, enfin. Le MDRGF et HEAL souhaitent aussi, au travers cette campagne, aider ces victimes à faire valoir leurs droits, en leur prodiguant des conseils juridiques et une expertise scientifique.

« Nous espérons qu’à l’heure où le Salon de l’Agriculture ouvre ses portes, ces témoignages touchants aideront à une véritable prise de conscience de la nécessité urgente de diminuer la dépendance de notre agriculture aux pesticides, conformément aux décisions du Grenelle de l’environnement », déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF.

« Au-delà des agriculteurs, c’est la population en général qui est concernée par l’exposition aux pesticides et les risques associés à cette exposition. Il est temps de protéger enfin les très nombreux particuliers victimes de ces produits en interdisant leur utilisation dans les lieux publics et à proximité des habitations. La publicité pour les amateurs de ces produits doit aussi être interdite afin de ne pas inciter à leur utilisation » ajoute Genon JENSEN, Directrice de HEAL.

Regardez et faites buzzer la vidéo de présentation de ces victimes :
http://www.dailymotion.com/video/xcdhrq_victimes-des-pesticides_news

*MDRGF = Mouvement pour les Droits et le Respect des Générations Futures – http://www.mdrgf.org HEAL = HEAL = Health and Environment Alliance http://www.env-health.org/


 
Ecologie - Environnement
Sommet sur la sécurité nucléaire ou sur le commerce nucléaire ?
par Manlio Dinucci*, Tommaso di Francesco
Le président Obama a convoqué un sommet de chefs d’Etat pour les mettre en garde contre un possible vol de matières nucléaires par des terroristes qui voudraient fabriquer une bombe atomique. Bien sûr, vu le prix de ces matériaux personne n’entend se les faire voler et n’a besoin des conseils de l’Oncle Sam.
Autre chose se joue au sommet de Washington : la régulation et le partage d’un gigantesque marché…
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La veille du sommet sur la sécurité nucléaire, le Premier ministre indien Manmohan Singh et le président états-unien Barack Obama ont conclu un important contrat de transfert de matériaux nucléaires.

Ce qui a commencé hier à Washington, et se termine aujourd’hui, est le plus grand sommet convoqué ces 65 dernières années par un président des Etats-Unis : y participent, à Washington, les chefs d’Etat et de gouvernement de 47 pays.

Thème central, la « sécurité nucléaire ». Le président Obama a de fait tiré la sonnette d’alarme : « Le danger le plus immédiat, et extrême, est aujourd’hui le terrorisme nucléaire ». A cette menace, poursuit-on à Washington, s’ajoute celle de la prolifération nucléaire : on accuse ainsi l’Iran, et dans la foulée la Corée du Nord, de poursuivre des ambitions nucléaires, en violant le Traité de non-prolifération (TNP). La proposition de base, faite par Obama au Sommet, est de renforcer le contrôle de tous les quantitatifs d’uranium hautement enrichi et de plutonium.

Mais paradoxalement ce sont justement les Etats-Unis et les autres puissances nucléaires, protagonistes du sommet de Washington, qui favorisent la prolifération de ces armes. Dans une situation où un petit groupe d’Etat prétend garder la possession des armes nucléaires, et continue à les moderniser, il est de plus en plus probable que d’autres essaient de se les procurer. En plus des neuf pays qui les possèdent, il y en a au moins 40 en mesure de les fabriquer.

Il n’existe de fait pas une séparation nette entre usage civil et usage militaire de l’énergie nucléaire et, par les réacteurs, on extrait de l’uranium hautement enrichi et du plutonium adaptés à la fabrication d’armes nucléaires. On calcule que la quantité disponible dans le monde permettrait de fabriquer plus de 100 000 armes nucléaires, et on continue à en produire des quantités croissantes : plus de 130 réacteurs nucléaires « civils » produisent de l’uranium hautement enrichi, adapté à la fabrication d’armes nucléaires.

Ce que font les Etats-Unis, promoteurs du sommet, pour garantir la « sécurité nucléaire », est démontré par les faits. Le 29 mars, ils ont conclu avec New Delhi un accord sur la base duquel ils fourniront à l’Inde du combustible nucléaire « éteint » à recycler, en en extrayant de l’uranium et du plutonium. Se trouve ainsi opérationnalisé l’accord stipulé en 2008 par l’administration Bush, qui prévoit la fourniture à l’Inde de matériel fissile et de technologie nucléaire.

En échange, l’Inde s’engage à adhérer « en partie » au TNP, en soumettant à des inspections 14 sites nucléaires civils mais en conservant 8 militaires non sujets à des inspections. Les programmes de New Delhi prévoient un développement exponentiel de l’industrie nucléaire qui ouvre un marché de plus de 150 milliards de dollars, auxquels les USA veulent accéder avec la vente de réacteurs et de technologies de fait à double usage, civil et militaire. Ces derniers se trouvent cependant en concurrence avec la Russie, qui a signé un gros accord pour la fourniture de technologies nucléaires à l’Inde.

A cette même table du sommet, avec le Premier ministre indien (qu’Obama a rencontré la veille, pour officialiser l’accord), siège celui du Pakistan, allié des USA qui n’a jamais adhéré au TNP. Comme l’Inde, celui-ci possède un arsenal estimé à 70-90 armes nucléaires. A présent, confirme le New York Times (12 avril), face à l’accord Washington-New Delhi, le Pakistan est en train de construire trois nouveaux sites pour réaliser « une seconde génération d’armes nucléaires ».

Et à cette même table siège aussi l’autre allié des USA, Israël (représenté par le ministre du Renseignement et de l’Energie atomique, Dan Meridor), qui n’adhère pas au TNP et n’admet pas officiellement posséder des armes nucléaires, tout en en possédant des centaines. Hors de tout contrôle, Israël a accumulé une quantité de plutonium pour armes nucléaires estimée à environ un demi quintal, et continue à en produire des dizaines de kilos par an. L’Iran par contre n’a pas été invité, lequel adhère pourtant au TNP et ne possède pas d’armes nucléaires. Et, à côté d’Israël, siègent la France qui a fourni à Israël son premier réacteur pour la fabrication d’armes nucléaires, et l’Allemagne qui, avec les Etats-Unis, a contribué à la potentialisation des forces nucléaires israéliennes en lui fournissant trois sous- marins Dolphin en capacité de lancer des missiles nucléaires.

Mais, pour ne pas faire de tort aux pays arabes, les Etats-Unis ont signé une série d’accords pour la fourniture de technologies nucléaires et de matériel fissile aux Emirats arabes unis, à l’Arabie saoudite, à Bahreïn, à l’Egypte, au Maroc et à l’Algérie.

Une grande campagne promotionnelle s’est ainsi ouverte —à laquelle participent aussi la France, le Japon, la Russie et la Chine— pour vendre des centrales nucléaires clé en main au Moyen Orient et à l’Afrique du nord. On diffuse ainsi les technologies « civiles » qui mettent d’autres pays en mesure de construire des armes nucléaires. Tout cela à l’enseigne de la « sécurité nucléaire ».

Manlio Dinucci

Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Geograficamente. Per la Scuola media (3 vol.), Zanichelli (2008) ; Escalation. Anatomia della guerra infinita, DeriveApprodi (2005).


L’écologie de guerre (Le prétexte climatique 1/3 : 1970-1982)
par Thierry Meyssan*
Le discours environnemental est entré sur la scène politique internationale au début des années 80. Positif par essence, il est vite devenu un attribut indispensable du pouvoir légitime. Les plus importants chefs d’Etat ou de gouvernement se le sont approprié à un moment ou à un autre. Tandis que les multinationales les plus polluantes ont abondamment financé les organes compétents de l’ONU. Dans cet article en trois parties —qui ne fera plaisir ni aux écolos, ni à leurs adversaires—, Thierry Meyssan retrace l’embarrassante histoire de cette rhétorique. Elle a souvent consisté à manipuler les bons sentiments ou la peur de l’avenir pour faire passer des décisions militaires ou économiques contestées.
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Le président Gerald Ford, le secrétaire d’Etat Henry Kissinger et le conseiller de sécurité nationale Brent Scowcroft. Après avoir étudié les conséquences du réchauffement climatique, tous trois ont décidé, fin 1974, que la réduction de la population mondiale serait un objectif stratégique des Etats-Unis.

La conférence de Copenhague sur le climat fut un exemple paroxystique du fossé séparant un événement de la représentation que les médias en donnent.

Avant la conférence, de nombreuses personnalités assuraient que l’apocalypse était pour demain si l’on ne faisait rien et qualifiaient le sommet de « conférence de la dernière chance pour l’humanité ». Mais une fois le celui-ci terminé, sans être parvenu à un accord contraignant, les mêmes personnalités assuraient que ce n’était pas si grave : l’accord serait finalisé lors de futures rencontres et l’apocalypse attendrait après-demain. Les principaux médias ne fournirent aucune explication sur ce revirement et passèrent à autre chose.

Pour comprendre ce qui s’est vraiment passé à Copenhague et ce qui est en jeu à propos de la « menace climatique », nous devons revenir en arrière et nous remémorer l’ensemble du processus qui a produit cette nouvelle idéologie et conduit au show de Copenhague. Il ne s’agit pas ici d’aborder les conséquences des changements climatiques qui, tout au long des siècles, ont poussé les hommes d’une région à l’autre, ni d’anticiper sur les prochains changements climatiques et les migrations qu’ils provoqueront. Nous concentrerons notre attention sur un autre aspect des choses : comment les slogans des uns peuvent-ils devenir des mensonges partagés par tous ? comment la ruse politique peut-elle se cacher derrière l’apparence de la science ? et, en définitive, comment de faux consensus peuvent s’écrouler soudainement ?

En 40 ans, les questions environnementales ont été instrumentées aux fins politiques les plus différentes par Richard Nixon, Henry Kissinger, Margaret Thatcher, Jacques Chirac et Barack Obama. Aucun de ces leaders n’a cru que les variations climatiques sont imputables à l’homme et menacent sa survie. Pourtant, la plupart l’ont dit et ont trouvé un intérêt différent à le dire. Voici l’histoire de l’écologie politique comme champ d’affrontement des grandes puissances.

Le jour de la Terre

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Le secrétaire général des Nations Unies, U-Thant, proclame le « jour de la Terre » pour protester contre la guerre du Vietnam (ici devant la cloche japonaise de la paix, lors de la première célébration).

Tout commence en 1969. Le militant pacifiste états-unien John McConnell propose à l’UNESCO de créer un « Jour de la Terre ». Il devrait être célébré à l’équinoxe de printemps, sous forme d’une journée fériée dans le monde entier, et permettrait de renforcer le sentiment d’unité de l’humanité habitant la même planète.
Ce rêve rencontre le soutien du secrétaire général des Nations Unies, U-Thant. il y voit une occasion de plus de manifester son opposition à la guerre du Vietnam. Pour le diplomate birman, comme pour beaucoup d’Asiatiques, le respect de l’environnement n’est pas dissociable du respect de la vie humaine, il participe d’une recherche de l’harmonie qui exclut la guerre. U-Thant institue ce « jour », mais aucun Etat ne suit sa recommandation. Quoi qu’il en soit, il imagine une petite cérémonie au cours de laquelle, il fait sonner la cloche japonaise de la paix dans le palais de verre et s’exclame : « Puisse-t-il n’y avoir que des jours à venir pacifiques et joyeux, pour notre beau Vaisseau Spatial Terre qui continue à filer et tourner dans l’espace froid avec son chargement chaleureux et fragile de vie » [1].

Washington ne réagit pas directement.

Sans lien apparent avec ce précède, le sénateur du Wisconsin, Gaylord Nelson propose d’appliquer aux questions environnementales US les techniques de mobilisation de la gauche états-unienne contre la guerre du Vietnam. Il proclame le mercredi 22 avril 1970… « Jour de la Terre » [2]

Comme Nelson est démocrate, personne ne dénonce la manipulation. Au contraire, la presse dominante reprend son appel et le soutient. Le New York Times jubile : « La préoccupation grandissante face à la crise environnementale balaye les campus du pays avec une intensité qui, si elle se poursuit, pourrait occulter le mécontentement étudiant contre la guerre du Vietnam » [3]. En définitive, plus de 20 millions d’Etats-uniens participent à l’évènement qui consiste avant tout à nettoyer villes et campagnes des déchets qui les jonchent. Pour le président Richard Nixon et son omniprésent conseiller Henry Kissinger, ce succès est inespéré.

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Sans lien apparent avec ce précède, le sénateur du Wisconsin, Gaylord Nelson propose d’appliquer aux questions environnementales US les techniques de mobilisation de la gauche états-unienne contre la guerre du Vietnam. Il proclame le mercredi 22 avril 1970… « Jour de la Terre » [2]

Il est possible de divertir le mouvement anti-guerre et de diriger l’énergie des manifestants vers d’autres combats. L’écologie doit se substituer au pacifisme et au tiers-mondisme. Ce « jour de la Terre », version US, remplacera avantageusement celui des Nations Unies. Le sénateur Nelson appelle les manifestants à déclarer « la guerre pour l’environnement » (sic) [4]. Sous son influence, les associations étudiantes demandent de changer les priorités du moment et de transférer une partie des budgets alloués à la Défense vers la protection de l’environnement. Ce faisant, elles renoncent à condamner la guerre du Vietnam en particulier et l’impérialisme en général [5]

Rapidement, les Républicains font voter des lois sur la qualité de l’air et de l’eau, et d’autres pour développer des parcs naturels et protéger le patrimoine naturel. Le président Richard Nixon créée une Agence fédérale de protection de l’environnement (US EPA), tandis que 42 Etats fédérés institutionnalisent cette manifestation annuelle.

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Le sénateur Gaylord Nelson appelle à déclarer « la guerre pour l’environnement » lors du premier « Jour de la Terre » (Denver, 22 avril 1970). Derrière lui, le drapeau du mouvement, dessiné par Ron Cobb sur le modèle du drapeau des Etats-Unis. A la place des étoiles, un E et un O stylisés font référence à une Organisation pour l’Environnement. La jeunesse est priée de défendre ce nouveau drapeau plutôt que de brûler la bannière étoilée.

L’écologie est désormais une « préoccupation » de Washington et requiert d’autant plus un traitement particulier au plan international qu’il faut neutraliser le mouvement anti-guerre dans le reste du monde.

1972 : Stockholm, le premier « sommet de la Terre » et le Club de Rome

L’ONU organise à Stockholm, en 1972, sa première conférence sur l’environnement humain, ultérieurement connue comme le premier « sommet de la Terre » [6]. Le secrétariat général de la conférence, responsable des travaux préparatoires est confié au Canadien Maurice Strong. Ce haut-fonctionnaire dirigeait l’Agence canadienne de développement international [7], administration sœur de l’USAID et servant comme elle de paravent à la CIA [8]. Strong étant par ailleurs administrateur de la Rockfeller Foundation, il commande à celle-ci le document préparatoire de la conférence Only One Earth. The care and maintenance of a small planet (Une seule Terre : le soin et la préservation d’une petite planète), rédigé par l’économiste britannique Barbara Ward et le biologiste franco-états-unien René Dubos. Il est clair que les ressources de la planète sont insuffisantes pour que l’humanité entière bénéficie du même développement économique. Il faut prendre des mesures conservatoires.

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Bien que le sujet ne soit pas encore à la mode, 113 États participent au sommet. Seuls deux chefs de gouvernement font le déplacement : Olof Palme (Premier ministre du pays hôte) et Indira Ghandi (Inde) ; tous deux farouches adversaires de la politique impériale des Etats-Unis et de la guerre du Vietnam. Loin d’abonder dans le sens prévu, ils tirent du constat de la Rockfeller Foundation des conclusions inverses de celles des rapporteurs. Ils affirment que si les ressources naturelles ne permettent pas d’étendre le niveau de développement occidental à l’ensemble du monde, ce n’est pas que le développement pour tous soit impossible, mais que le modèle occidental est inadapté et doit être condamné [9]. Ce ne seraient donc pas les pauvres, mais les riches qui menaceraient l’environnement.

Le témoignage des habitants de l’île japonaise de Minamata —contaminés par des déjections industrielles de mercure via les poissons dont ils se nourrissent [10]— est l’occasion d’une découverte planétaire des dangers d’un capitalisme sans conscience. La conférence affirme que les problèmes environnementaux dépassent les cadres nationaux et les blocs. Ils nécessitent une coopération internationale. C’est pourquoi les participants décident de créer le Programme des Nations unies pour l’Environnement (PNUE).

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A la clôture de la conférence de Stockholm, le 16 juin 1972, le secrétaire général Maurice Strong (à gauche) salue le président de séance Ingemund Bengtsson.

Les choses étant bien organisées, les Anglo-Saxons récupèrent le sujet en douceur. Ils proposent que la direction du PNUE revienne au fidèle Maurice Strong et que le siège de l’organisation soit implanté à Nairobi (Kenya), où Strong avait débuté sa carrière comme représentant du pétrolier CalTex. Tout rentre dans l’ordre. Les participants de ce premier sommet se donnent rendez-vous dans dix ans pour faire le point.

Le milliardaire David Rockefeller milite pour l’arrêt de la croissance mondiale. Il sponsorise un think tank, le Club de Rome [11]. Celui fait réaliser une étude par l’équipe de Dennis Meadows (Massachussetts Institute of Technologie), qui est publiée sous le titre Halte à la croissance ? et devient un best-seller. Il relance la question posée par Thomas Malthus (1766-1834) : celle de la croissance beaucoup plus rapide de la population et de sa consommation que des richesses produites. Alors que Malthus envisageait le problème à l’échelle des îles britanniques, le Club de Rome l’élargit à l’échelle de la planète. Qu’adviendra t-il de l’humanité si la population continue à croître de manière quasi-exponentielle et si nous consommons les ressources naturelles non renouvelables de la Terre ? À un moment donné, nous devrons affronter la pénurie et notre système s’effondrera.

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Rapport du Club de Rome : The Limits to Growth (version française : Halte à la croissance ?).

La relance du malthusianisme a de quoi surprendre dans les années 70 car, à cette époque, les historiens de la démographie ont déjà largement établi que la croissance de la population varie selon les groupes humains et que le taux de fécondité des femmes diminue considérablement lorsqu’elles ont accès à l’éducation. Peu importe, le Club de Rome s’empare des débats du PNUE et cristallise l’attention sur la question des ressources non renouvelables dans un monde fini.

Au delà des critiques méthodologiques qui ont été formulées à l’encontre des modèles mathématiques non différenciés du Club de Rome, et malgré l’espoir que l’on peut placer dans le progrès des sciences et des techniques pour résoudre le problème, l’opinion publique occidentale s’interroge sur la faiblesse de son système de développement économique ; d’autant plus qu’elle doit affronter au même moment une pénurie temporaire de pétrole lors de la guerre israélo-arabe d’octobre 73.

À Washington, le conseiller de sécurité nationale Henry Kissinger commande un rapport sur la question [12]. Sans surprise, il confirme ce que pense la Maison-Blanche : ce ne sont pas les Etats riches qui posent problème, mais les pays pauvres. On peut y lire : « Nous ne savons pas si les développements techniques permettront de nourrir 8 milliards de personnes, à plus forte raison 12 milliards au 21e siècle. Nous ne pouvons pas être entièrement certains que des changements climatiques dans la prochaine décade ne vont pas créer des difficultés considérables pour nourrir une population croissante, spécialement dans les pays en voie de développement qui vivent dans des conditions toujours plus marginales et vulnérables. Il existe en définitive une possibilité que le développement d’aujourd’hui pointe vers des conditions malthusiennes dans de nombreuses régions du monde » [13]. Sur la base de quoi, Washington décide de conditionner l’aide au développement économique du tiers-monde à des programmes de contrôle des naissances, d’orienter l’action du Fonds des Nations unies pour la Population dans le même sens, et de soutenir certains mouvements féministes dans le monde.

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Le banquier David Rockefeller, co-fondateur du Groupe de Bilderberg, fondateur de la Commission trilatérale, ancien directeur du Council on Foreign Relations et sponsor du Club de Rome.

On désigne le courant idéologique de Rockefeller non comme « malthusien », mais comme « néo-malthusien » parce qu’il préconise la diffusion de la pilule contraceptive et le recours à l’avortement alors que ces solutions auraient horrifié le pasteur Malthus, partisan quant à lui de l’abstinence obligatoire.
Cependant, on comprend mieux cette doctrine lorsqu’on la situe dans son contexte historique. À la fin du XVIIIe siècle la famine sévit en Angleterre. La loi fait obligation aux paroisses de nourrir les pauvres, ce qui provoque l’appauvrissement de la paroisse du pasteur Malthus. Or, celui-ci observe que les pauvres ont une fertilité bien supérieure à celle des riches. Aussi sont-ils de plus en plus nombreux et il est prévisible que la charge qu’ils représentent pour la communauté continuera à croître exponentiellement, alors que les revenus de paroisse ne croissent qu’arithmétiquement. Le moment viendra inexorablement où il ne sera plus possible de nourrir les assistés et où ils feront la Révolution comme en France.
En pleine Guerre froide, les néo-malthusiens suivent le même raisonnement, mais cette fois avec la crainte de foules affamées se jetant dans les bras du communisme soviétique. Ils se livrent à une critique du libéralisme et réclament que le capitalisme soit protégé à la fois par un contrôle étatique de l’accès aux ressources naturelles mondiales et par une diminution autoritaire de la démographie du tiers-monde.

Revenons à la crise pétrolière de 1973. Aux États-Unis et en Israël, on s’inquiète du moyen de pression dont disposent les pays arabes producteurs de pétrole. Henry Kissinger, Edward Luttwak et Lee Hamilton militent pour protéger militairement l’accès des États-Unis au pétrole du Golfe. En 1979, les État-Unis continuent à souffrir de difficultés économiques. À la Maison-Blanche, le conseiller pour les Affaires intérieures, Stuart Eizenstat, préconise de faire de l’OPEC un bouc-émissaire. En définitive, le président Jimmy Carter (membre de la Commission trilatérale, un autre think tank sponsorisé par David Rockfeller et animé par Zbignew Brzezinski) prononce son célèbre discours sur la crise de confiance [14]. Il y souligne la nécessité pour les États-Unis d’accéder à l’indépendance énergétique pour retrouver foi en leur avenir économique. Six mois plus tard, il annonce que l’accès des États-Unis aux ressources énergétiques nécessaires à son économie est élevé au rang de priorité stratégique [15]. Cette décision conduira ultérieurement à la création du Centcom et aux tentatives de remodelage du Grand Moyen-Orient.

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Pendant la guerre du Vietnam, des équipes de l’US Air Force basées en Thaïlande ont conduit une guerre climatique au Laos durant 5 ans. Chaque équipe était composée de 2 C-130 escortés de 2 F-4 (photo prise le 31 juillet 1968 à l’occasion de la 500e sortie aérienne).

En 1975, la chute de Saigon marque la fin de la guerre au Vietnam et dans le Sud-Est asiatique. Le bilan qui en est fait permet de mettre en lumière la guerre environnementale et climatique que les États-Unis ont livré dans cette région. Le Pentagone avait commandé à Dow Chemical et à Monsanto de fabriquer les « herbicides de l’arc en ciel », dont le plus célèbre, « l’agent orange », était à base de dioxine. Ces produits chimiques furent utilisés massivement et sur de longues périodes d’abord pour détruire les rizières et affamer les populations, puis pour détruire les forêts où se cachaient les résistants (Opération Ranch Hand). Au total 2,5 millions d’hectares sont empoisonnés et cinq millions de personnes sont contaminées à des degrés divers [16]. Le Pentagone avait également commandé d’ensemencer les nuages du Laos avec de l’iodure d’argent pour provoquer des pluies torrentielles, allonger la saison de la mousson et rendre impraticable la piste Ho Chi-Minh permettant d’approvisionner la Résistance au Sud-Vietnam (Opération Popeye) [17].
Il est convenu entre les États-Unis et l’Union soviétique qu’avant toute discussion sur les questions écologiques, il est indispensable d’en exclure les guerres environnementales et climatiques. Washington et Moscou rédigent alors sans concertation internationale la Convention sur l’interdiction d’utiliser des techniques de modification de l’environnement à des fins militaires ou toutes autres fins hostiles. Elle est adopté de mauvaise grâce par l’Assemblée générale des Nations Unies, fin 1976. Le document est écrit de telle sorte que les deux super-puissances se réservent divers moyens de contourner l’interdiction qu’elles viennent d’édicter aux autres. Désormais les guerres environnementales et climatiques n’existent plus —en théorie—. Il est donc inutile d’en parler.

(A suivre : « 1982-1996 : L’écologie de marché »)

Thierry Meyssan Analyste politique français, président-fondateur du Réseau Voltaire et de la conférence Axis for Peace. Il publie chaque semaine des chroniques de politique étrangère dans la presse arabe et russe. Dernier ouvrage publié : L’Effroyable imposture 2, éd. JP Bertand (2007).

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[1] « May there be only peaceful and cheerful Earth Days to come for our beautiful Spaceship Earth as it continues to spin and circle in frigid space with its warm and fragile cargo of animate life ».

[2] Voir le mémorial Internet Nelson Earth Day.

[3] « Rising concern about the "environmental crisis" is sweeping the nation’s campuses with an intensity that may be on its way to eclipsing student discontent over the war in Vietnam.. », in « ’Environmental Crisis’ May Eclipse Vietnam as College Issue », par Gladwin Hill, The New York Times, 30 novembre 1969.

[4] Dans le contexte, cette expression évoque à la fois la guerre du Vietnam et la loi de guerre contre la pauvreté (1964) voulue par le président Lyndon Johnson.

[5] La même stratégie sera utilisée en Allemagne avec le financement des Grünen. Il s’agissait alors pour Washington d’assécher l’opposition allemande à l’OTAN puis, lors de la réunification, de neutraliser les jeunesses communistes de l’ex-RDA.

[6] Documents de la conférence disponibles en anglais sur le site du PNUE.

[7] En anglais : Canadian International Development Agency.

[8] Voir : « L’USAID et les réseaux terroristes de Bush », par Edgar González Ruiz, Réseau Voltaire, 17 août 2004.

[9] La position d’Olof Palme doit être entendue dans le contexte du conflit grandissant entre la Suède et les Etats-Unis, qui se manifeste six mois plus tard par le gel de leurs relations diplomatiques.

[10] Dix choses à savoir sur la maladie de Minamata, par le Minamata Disease Municipal Museum. Document téléchargeable.

[11] Le Club de Rome a été créé à l’initiative de l’industriel italien Aurelio Peccei (alors très actif en Amérique latine) et du directeur scientifique de l’OCDE Alexander King, grâce au soutien financier de la famille Agnelli (pour laquelle Peccei avait travaillé). L’idée de départ était de créer un Forum mondial qui lierait les questions économiques et l’environnement. Cet objectif fut plus ou moins satisfait avec la création du PNUE. Le Club de Rome, désormais largement financé par les Rockefeller, abandonna alors son discours méthodologique pour devenir le porte-parole du malthusianisme. Certains participants à la réunion fondatrice du Club (avril 1968) s’en étaient déjà éloignés lors de la parution du rapport Meadows (mars 1972).

[12] National Security Study Memorandum 200. Implications of Worldwide Population Growth For U.S. Security and Overseas Interests, dit « Rapport Kissinger », 10 décembre 1974. Ce document est resté secret jusqu’à sa déclassification, en 1989, où il a fait l’objet de vives polémiques.

[13] « We do not know whether technological developments will make it possible to feed over 8 much less 12 billion people in the 21st century. We cannot be entirely certain that climatic changes in the coming decade will not create great difficulties in feeding a growing population, especially people in the LDCs who live under increasingly marginal and more vulnerable conditions. There exists at least the possibility that present developments point toward Malthusian conditions for many regions of the world ».

[14] Allocution télévisée dite « The Crisis of confidence speech », par Jimmy Carter, 15 juillet 1979.

[15] Discours sur l’état de l’Union, par Jimmy Carter, 23 janvier 1980.

[16] L’agent orange avait déjà été utilisé par les Etats-Unis en Corée, mais à une moins grande échelle. Le gouvernement brésilien et la multinationale Alcoa ont également utilisé l’agent orange, à la fin des années 70 et au début des années 80, pour détruire une zone de la forêt et en chasser les autochtones afin de faciliter l’exploitation minière et la construction du barrage de Tucuruí.

[17] Operation PopEye, dite aussi Operation Intermediary ou Operation Compatriot (2 602 sorties de C-130 entre le 20 mars 1967 et le 5 juillet 1972). Voir : « Rainmaking Is Used As Weapon by U.S. ; Cloud-Seeding in Indochina Is Said to Be Aimed at Hindering Troop Movements and Suppressing Antiaircraft Fire Rainmaking Used for Military Purposes by the U.S. in Indochina Since ’63 », par Seymour Hersh, The New York Times, 3 juillet 1972. Spacecast 2020 : Into the Future [the U. S. Air Force Vision of Their Future, Possibilities, Capabilities, Technologies in the Pursuit of National Security objectives, US Department of Defense, Air University, 1994. En réalité, le Pentagone disposait d’une unité de recherche en guerre environnementale, sous le nom de Defense Environmental Services (créé en 1966 par Cyrus Vance).


Pierre Rabhi : « Le développement durable est une mystification »
Par Jade Lindgaard Mediapart.fr - URL source
A partir de son travail d’agriculteur, Pierre Rabhi a forgé une vision radicale et humaniste de l’écologie. A ses yeux, la terre est la seule oasis de l’humanité, un « abri global » à partager et à préserver grâce à l’auto-limitation des besoins. Il vient de publier un nouveau livre : Manifeste pour la terre et l’humanisme (Actes Sud). Alors que s’aggrave la crise économique, il appelle à une « insurrection des consciences » pour faire advenir la société de la « sobriété heureuse ».

Que pensez-vous de la notion de développement durable, censée joindre les approches économiques, sociales et environnementales, et sur laquelle se fondent le Grenelle de l’environnement et la politique du ministère de Jean-Louis Borloo ?

Le développement durable, c’est une mystification. Ce qui compte, c’est l’exigence d’arrêter de piller la planète. Tous les jours, des poissons et des forêts disparaissent. Quand l’Indonésie annonce augmenter son PIB de 10%, ça m’effraie. Cela correspond à une destruction incroyable de richesses naturelles. On occulte le fait que l’économie repose sur la dissipation de ressources qui devraient être communes. Le développement durable est une notion nocive, comme toutes les actions qui tranquillisent l’esprit des gens en leur faisant croire qu’on est en train de faire ce qu’il faut pour réparer.

Ce qui est grave dans la mystification, c’est qu’elle calme l’opinion. Elle lui fait perdre sa vigilance sur sa propre survie. Il n’y a rien de pire. Il vaut mieux garder l’inquiétude et trouver des solutions, que se retrouver avec un système qui prétend résoudre les problèmes.

Quelle vision de l’écologie opposez-vous au développement durable ?

Avec le mouvement pour la terre et l’humanisme, nous voulons un changement de paradigme. Sinon, on va continuer à mystifier, à gérer au jour le jour de petites échéances en petites échéances, tranquilliser les gens par une certaine démagogie. Mais sans donner la solution radicale qui est nécessaire : changer de logique, mettre l’humain et la nature au cœur de nos préoccupations. Revenir à une civilisation de la modération, de l’autolimitation. Plutôt que de la décroissance, j’appelle cela la « sobriété heureuse ». On peut y trouver plus de bonheur que dans ce « toujours plus » infini. Les pays dits riches sont tristes. La richesse ne résout pas le problème du bien-être. Aujourd’hui, nous vivons dans une insatisfaction programmée, organisée par la société marchande pour maintenir une frustration permanente.

Quelle est la différence entre la sobriété heureuse et la décroissance ? La décroissance s’inscrit dans l’approche systémique de certains économistes qui ont voulu utiliser les codes de l’économie pour parler de ce retour à la modération. C’est ce qu’a fait le club de Rome par exemple. Ils ont raison, mais le problème de ce mot « décroissance », c’est qu’il peut donner l’impression d’un retour en arrière, comme un couperet. Cela a agacé les gens. Ils pensent qu’avec la décroissance, ils vont moins bien vivre. J’ai préféré y renoncer. Je préfère parler de « sobriété heureuse » : on peut être sobre, dans la joie !

Liens : [1] http://www.mediapart.fr/club/blog/jade-lindgaard

La France va-t-elle se lancer dans le nucléaire "low cost"?
Romandie News - Paris (©AFP / 2010 )
Après les récentes déconvenues de son réacteur ultra sophistiqué EPR, la filière française du nucléaire pourrait être tentée de vendre des réacteurs moins avancés et moins coûteux, afin de décrocher de nouveaux marchés, mais cette perspective est loin de faire l'unanimité.

Quelque 65 pays, dont une majorité d'émergents, sont conviés à Paris lundi et mardi dans le cadre d'une conférence sur l'accès au nucléaire civil. En ligne de mire, un marché très prometteur de plusieurs centaines de milliards d'euros.

Cette conférence intervient alors que la filière française du nucléaire (EDF, Areva, GDF Suez...) a subi un revers majeur en décembre en laissant échapper un contrat de 20 milliards de dollars pour la construction de 4 réacteurs aux Emirats Arabes Unis.
Les Emiratis avaient écarté l'EPR pour lui préférer un réacteur coréen, moins puissant, moins avancé technologiquement mais surtout moins coûteux.

Ce camouflet a fait ressurgir des critiques récurrentes sur la stratégie française en matière d'exportation de l'atome civil.

"L'EPR a le défaut du gigantisme", pointe le député (PS) Christian Bataille, auteur de plusieurs rapports sur l'industrie nucléaire.

Avec une puissance de 1.650 mégawatts (MW), ce réacteur est surdimensionné au regard des besoins et de la taille des réseaux électriques de certains pays.

"Pour que la France se développe à l'export, il faut développer une gamme de réacteurs", estime aussi Colette Lewiner, experte chez Capgemini.

Pour répondre à ces critiques, Areva développe des réacteurs de 3e génération plus petits, comme l'Atmea (de 1.100 MW), qui sera commercialisé au printemps 2010.
Cependant, un autre handicap de l'EPR dans la compétition internationale tient à son niveau de sûreté.

Développé au lendemain des accidents de Three Miles Island (USA) et de Tchernobyl, ce réacteur de 3e génération répond à des critères de sûreté élevés, qui sont aujourd'hui devenus la norme minimale dans les pays occidentaux. Ces normes ont toutefois du mal à s'imposer à l'échelle mondiale.

"En Europe, on ne pourrait pas construire un réacteur coréen tel qu'il a été vendu" à Abou Dhabi, remarque Anne Lauvergeon, présidente d'Areva. Mais "rien n'interdit à la France d'exporter des réacteurs de 2e génération", plus anciens et moins sûrs, remarque M. Bataille.

L'Hexagone a construit, exporté et exploite encore des dizaines de réacteurs de ce type. En vendre à nouveau ne serait pas "scandaleux" s'il s'avère impossible de mettre en place de "normes de sûreté à l'échelle mondiale", estime M. Bataille.

Exporter un nucléaire au rabais serait cependant un revirement majeur pour la France qui "milite pour que les plus hauts standards s'appliquent en matière de sûreté", selon un haut responsable gouvernemental. L'idée est d'ailleurs loin de faire l'unanimité.
"Dans le nucléaire on ne peut pas brader la sûreté", estime ainsi Claude Birraux, président (UMP) de l'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques.

"Un nucléaire +low cost+ et à bas niveau de sûreté est à bannir de toutes les conceptions. Le nucléaire doit garantir la sûreté, c'est une condition absolue", abonde Henri Proglio, PDG d'EDF. Certains remarquent d'ailleurs que l'outil industriel français, mobilisé par le développement de l'EPR, n'est peut-être plus adapté pour construire des réacteurs moins sophistiqués. Ce que dément Anne Lauvergeon: "Quand on sait faire un réacteur de 3e génération, il est très facile de faire un 2e génération plus simple, moins cher et moins sûr". Rien de moins sûr.


EPR : Une technologie nucléaire explosive !
mars 2010
Alors que la construction de l’EPR à Flamanville prend beaucoup de retard et que se prépare le Débat public pour un autre EPR à PENLY, le CRILAN a reçu par la poste, apparemment comme” L’observatoire du nucléaire”et “le Réseau Sortir du nucléaire”, une étude anonyme provenant de l’intérieur d’EDF et s’appuyant sur des documents internes à celle-ci. Selon cette étude(: ici ), la puissance du réacteur EPR serait plus réduite que prévue; son coût serait ruineux et le coût du Kw/heure produit serait augmenté de plus de 60%. Après le premier coup de semonce des trois autorités de sûreté, anglaise, finlandaise et française, voilà qui devrait justifier l’arrêt de la construction de l'EPR

Mais c’est sur la possibilité de l’accident grave que l’étude est la plus inquiétante. Une note technique d’EDF( note technique d’EDF) montre que l”éjection de grappes sur le réacteur EPR de Flamanville 3, servant à contrôler la puissance du réacteur et à le piloter, pourrait conduire à un accident majeur “ de prompte criticité” comme à Tchernobyl. “Les grappes servent à contrôler la puissance du réacteur, à le piloter. Ce sont à la fois l’accélérateur et le frein. L’accident d’éjection de grappe peut se comparer au blocage de l’accélérateur. A fond.”

Dans une étude les ingénieurs d’EDF ont identifié « l’accident d’éjection de grappe » comme « potentiellement problématique pour EPR ». Il est question de « dépassements très significatifs » du « critère de nombre de crayons [combustible] en crise d’ébullition ». De « 20 à 30% » du combustible pourrait alors se rompre en cas d’accident.

Selon l’informateur,” La sûreté de l’EPR est problématique. C’est un problème insoluble...Le réacteur ne s’arrête pas en cas d’accident...Le réacteur d’AREVA est un réacteur inexploitable sans de notables impasses sur la sûreté. Il n’est pas conforme au rapport de sûreté concernant la chute des grappes en cas d’accident grave. EDF va prendre des risques inconsidérés pour tenter de rentabiliser à tout prix son investissement.”

Après le premier coup de semonce des trois autorités de sûreté, anglaise, finlandaise et française, voilà qui devrait justifier l’arrêt de la construction de Flamanville et du projet de Penly !

Pour le CRILAN, Didier ANGER

Crilan : Association loi 1901, agréée au titre de l’article L.141-1 du code de l’Environnement. Siège social : 10 route d’Etang Val, 50340-Les Pieux- Tel : 02 33 52 45 59-- Fax : 02 33 52 53 26 . Didier Anger : Président et représentant dans les commissions locales (CLI) : du centre de retraitement de la Hague, De la centrale nucléaire de Flamanville, du centre de stockage de déchets nucléaires du CSM, de l’ arsenal de Cherbourg

1 Observatoire du nucléaire - http://observ.nucleaire.free.fr


Le syndicat Sud Energie Penly se positionne de façon critique face à l'EPR
Il existe 121 installations nucléaires en France, imposées aux Français sans aucune consultation démocratique. 14 d’entre elles sont arrêtées. Se pose aujourd’hui la question de leur démantèlement et du devenir de leurs déchets radioactifs.

Les autorités tentent d’occulter cette question en morcelant les dossiers enquête par enquête. Le 6 juin 2007, le Réseau "Sortir du nucléaire" a obtenu gain de cause devant le Conseil d’Etat, qui a annulé le décret autorisant le démantèlement de la centrale de Brennilis (Finistère), aucun débat public n’ayant eu lieu. A plusieurs reprises, le Réseau "Sortir du nucléaire" a demandé aux ministres concernés l’ouverture d’un débat public sur la question globale du démantèlement des installations nucléaires et du devenir de leurs déchets, conformément aux directives européennes en vigueur.

Pourquoi engager précipitamment les opérations de démantèlement, alors que les travailleurs seront beaucoup plus exposés à la radioactivité et qu’il n’existe à ce jour aucune installation pour le stockage des déchets les plus radioactifs ? Demandons un vrai débat public sur le démantèlement des installations nucléaires !

Pour créer de l'emploi ?

Avant l’annonce de la construction des EPR, Notre direction claironnait dans les milieux financiers que d’ici 2010, un départ à la retraite sur deux ne serait pas remplacé. C’est donc la suppression d’au moins 5000 emplois qui est annoncée. Est-ce que les 5000 emplois vont être maintenus avec la construction des EPR ??? est ce que ces emplois ne seront pas majoritairement précaires à l’image de ceux que nous connaissons actuellement pendant les arrêts de tranche?

A t’on vraiment calculé le nombre d’emplois que l’on pourrait créer dans le secteur des économies d’énergie avec une partie des 4 milliards d’euros ?

Pour satisfaire un besoin énergétique ?

début janvier, la vague de froid a poussé la production d’électricité aux limites avec les chauffages électriques. La solution que devrait proposer un vrai service public de l’énergie est elle de construire toujours plus de centrales où d’aider à construire des logements sobres en consommation d’énergie ?. Pour rappel En sept ans (de 1993 à 2000), le nombre de foyers qui n’arrive plus à payer leurs factures d’électricité est passé de 52 000 à 228 000 (source: agir contre le chômage)

[...]

A sud énergie, nous pensons que ce sont ces questions qui doivent être posées avant de décider de construire des EPR. L’importance d’une telle décision nécessite un réel débat de société et ne doit pas comme c’est le cas être prise par une poignée d’individus, Les mêmes qui par ailleurs ont pris les décisions qui nous ont emmené dans la crise économique actuelle. C’est l’ensemble de la société qui doit en débattre et décider.

Signez et faites signer la pétition !

Exigeons un vrai débat public sur le démantèlement des installations nucléaires. A nos côtés, demandez l’ouverture d’un débat public contradictoire, équitable envers toutes les parties prenantes, honnête et non truqué, sur le démantèlement des installations nucléaires et le devenir de leurs déchets radioactifs. Signez la pétition


Aube : Des déchets nucléaires dans la Forêt d’Orient
Enviro2B - le 1/03/10
Toujours mobilisé contre les déchets nucléaires dans sa région, Michel Guéritte s'inquiète aujourd'hui de la situation du Parc Naturel Régional de la Forêt d’Orient. Non seulement, ce parc situé au sud de la Champagne aurait perdu son label officiel depuis le 2 avril 2009, mais il s'apprêterait à accueillir des déchets issus d'installations nucléaires.

Michel Guéritte, militant infatigable et premier opposant à l'Andra, révèle que le Préfet de l'Aube aurait publié un arrêté le 28 janvier 2010, autorisant l'exploitation par Veolia de déchets d'un nouveau type sur la décharge déjà existante de déchets ménagers et industriels de Montreuil-sur-Barse. Proche d'une Zone Natura 2000, la décharge pourrait en effet désormais accueillir des déchets de terres hydrocarburées ainsi que des déchets (DIB) issus d'installations nucléaires de base (INB).

Alors que de nombreux écologistes militaient au contraire pour la fermeture de cette décharge "verrue" dans le parc aubois, cette décision préfectorale prend l'exact contre-pied en autorisant l'exploitation de cette décharge pour d'autres déchets.

Transports nucléaire : 50 bombes nucléaires sur les routes de France chaque semaine
Collectif Antinucléaire 84
Le char qui transporte les inoffensifs déchets nucléaires est à l'abri de tout incident, ainsi que le redoutent les oiseaux de mauvaise augure et les pessimistes de tout poil: Il roule sur des pneus Bridgechina, et de plus est assuré chez Golman Sachs. Que du bonheur, vous dit-on !

Chaque semaine, entre La Hague et la Vallée du Rhône transitent des camions peu ordinaires dans leurs chargements, chacun transporte dans sa cargaison de 300 à 450 kilos de plutonium l'équivalent d'une cinquantaine de bombes nucléaires. En effet, 8kg de plutonium sont suffisants pour confectionner une bombe nucléaire comme celle d' Hiroshima.

Un attentat ou un simple accident pourrait entraîner une catastrophe écologique, et tout cela en plein dans la région "Côte du Rhône", zone touristique agricole et viticole.
Théoriquement le parcours et les horaires de ces transports doivent être modifiés à chaque transport, il en est tout autrement. Alors que dans le passé, ces transports en nombre limité pouvaient respecter ces règles, l'augmentation considérable du volume en circulation a progressivement amené les exploitants à moins de précautions. Ce sont maintenant des données industrielles qui régissent le rythme et les trajets de ces transports.

Sur le site de Marcoule l'usine Mélox ou l'on fabrique le Mox (le Mox est un combustible nucléaire contenant du plutonium et d'uranium), augmente en 2010 les quantités de combustible nucléaires utilisés, qui passent de 850 tonnes à 1050 tonnes par an. La quantité de combustible Mox fabriqués a Melox passerait, elle de 100 à 120 tonnes par an.

Sur les 58 réacteurs nucléaires français, 20 sont habilités à recevoir du Mox. Le transport du Mox vers ces réacteurs se fait par camions avec une protection minimale (« pour ne pas attirer l’attention », d’après les autorités). Un incident grave à Mélox ou au cours d’un des innombrables transports pourrait causer la mort de centaines ou même de milliers de personnes.


L'Iran présente à l'AIEA des documents prouvant la violation des accords occidentaux
Irna: 21:18 Monday March 01, 2010
Dans une lettre ouverte adressée au Conseil des gouverneurs de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique, la République Islamique d’Iran a révélé les fausses promesses des Etats-Unis, de la France et de l'Allemagne concernant les accords sur l'échange de combustible nucléaire.

Le représentant permanent auprès de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA), Ali Asghar Soltaniyeh a fourni lundi au directeur général de l'AIEA Yukiya Amano des documents concrets attestant de la non-livraison du combustible nucléaire à l'Iran.

L'envoyé iranien a souligné que certains Etats occidentaux membres de l'AIEA qui avaient l’obligation de fournir à l'Iran le combustible nucléaire nécessaire en temps voulu, ont refusé de le faire engendrant la défiance de l'Iran. Dans cette lettre dont une copie a été transmise à l'IRNA, les États-Unis s’étaient engagés à fournir en permanence du combustible nucléaire pour le réacteur de recherche de Téhéran, ce qu’ils n’ont pas fait conformément à leur contrat qui les y engageaient.

Conformément à l'accord conclu entre l'Organisation Iranienne de l'Energie Atomique et la société américaine AMF, cette société américaine s'était engagée à fournir du combustible enrichi à 93% pour le réacteur de recherche de Téhéran, et d'augmenter la puissance de ce réacteur de 5 à 10 mégawat du type TRIGA.  Ce combustible était prêt à être livré à l'Iran en 1980, mais le gouvernement américain n'a pas autorisé cette société d'exporter cette livraison en Iran. Dans le même temps, le gouvernement américain a empêché le remboursement de 2 millions de dollars que l'Iran avait payé à cette société avant la Révolution islamique, dans le cadre de contrat.

La lettre a également fait référence à l'Allemagne qui ne s’est pas non plus conformée à ses engagements qui faisaient état de la fourniture de combustible nucléaire pour la centrale nucléaire de Boushehr, en temps voulu. Conformément à l'accord conclu avant la victoire de la Révolution islamique entre l'Iran et l'Allemagne, la partie allemande s'était engagée à fournir le combustible nécessaire de la centrale atomique de Bouchehr. Alors que 70% de ce combustible avait été produits, l'Allemagne a arrêté le processus de production en 1980. Plusieurs années plus tard, finalement la société allemande Siemens (qui avait remplacé la société KWU) a dû, conformément au décret du tribunal, livrer le 18 juin 1982, 110 tonnes d'uranium faiblement enrichi sous forme de UF6 à l'Iran, ainsi que 392 tonnes de déchets. Mais le gouvernement allemand n'a pas autorisé cette société d'exécuter la livraison. Une dizaine d'années plus tard, l'Iran a été amené à vendre son uranium le 23 juillet 2003 à la société européenne EURENCO.

La France figure également parmi les pays qui ont violé le contrat signé en 1977 pour la livraison de quelque 50 tonnes d'uranium naturel sous forme de (UF6) à l'Iran, souligne la lettre. La société Eurodif est une société multinationale, active dans le domaine de l'enrichissement d'uranium. Cette société a été fondée par la France, l'Italie, l'Espagne, la Suisse et la Belgique le 20 décembre 1973. Suite à la sortie de la Suisse du capital de cette société en mars 1974 et aux changements survenus dans ce partenariat, l'Iran est devenu un actionnaire indirect de l'Eurodif, par l'intermédiaire d'une société irano-française Sofidif (60% de participation française de la société COGEMA et 40% de la participation iranienne par l'Organisation nationale de l'énergie atomique). Dans ce cadre, l'Iran s'était engagé à octroyer un prêt de 1 milliards de dollars au Commissariat français de l'énergie atomique.

Malgré une participation de 10M de la part de l'Iran dans Eurodif, et le paiement d'un milliards de dollars de prêt par Téhéran, cette société n'a rendu aucun service à l'Iran dans le domaine de l'enrichissement de l'uranium pour le réacteur de recherche de Téhéran et de la centrale atomique de Bouchehr.  En outre, la France n'a pas encore livré les 50 tonnes d'uranium qui devraient être livrés à l'Iran sous forme d’ UF6. Il est certain que les pays membres de l'AIEA doivent être vigilants et réagir décemment à la demande légale et légitime de la République Islamique d’Iran. Les violations mentionnées ci-dessus justifient enfin la défiance de l'Iran envers les pays occidentaux dans l'accomplissement de leurs engagements, a conclu la lettre.

http://www2.irna.ir/fr/news/view/line-97/1003017252211832.htm


Le stockage des déchets radioactifs en Allemagne vire au désastre
Source - Michel VERRIER, à Berlin
Les autorités de surveillance du nucléaire recommandent l’évacuation rapide des 126000 barils de déchets emmagasinés depuis 1967 dans une mine de sel de Basse-Saxe rongée par les infiltrations

En inaugurant le stockage des déchets nucléaires dans une mine de sel il y a quarante ans, l’Allemagne était à la pointe de la technique. Quarante plus tard, elle l’est toujours en préparant son évacuation.

Les autorités fédérales de surveillance des rayonnements et déchets nucléaires (BFS) ont remis en effet le 15 janvier leur expertise recommandant le déstockage des 126 000 barils de déchets nucléaires entreposés entre 1967 et 1979 dans la mine de sel d’Asse II, en Basse-Saxe, dans la région de Brunswick, dont 1 300 fûts de déchets de moyenne activité, contenant environ 11 kg de plutonium de l’usine de traitement de combustible usé de Karlsruhe.

Depuis des décennies, 12 m3 d’eau, soit 12 000 litres, ruissellent en moyenne, chaque jour, sur les parois de la mine de sel. La montagne exerçant une pression gigantesque sur les galeries de sel, 32 points d’infiltration supplémentaires ont été recensés depuis 1988. Certaines galeries s’effondrent, des barils, encastrés dans le sel, ont été endommagés sans que l’on sache précisément lesquels, contaminant la saumure. Au-delà de 2020, la mine ne sera plus exploitable.

«Asse est à peu près aussi trouée qu’un morceau de gruyère suisse »
L’expertise de la BFS confirme ce que les écologistes assurent depuis belle lurette dans la région. «Asse est à peu près aussi trouée qu’un morceau de gruyère suisse », selon Sigmar Gabriel, président du SPD, ancien ministre de l’environnement et natif de Brunswick.

La saumure qui ruisselle vers le fond de la mine peut être radioactive dans des proportions qui dépassent jusqu’à dix fois la norme. Recueillie dans une « piscine » à plus de 500 mètres de profondeur, elle est évacuée vers la surface. Mais les infiltrations régulières pourraient provoquer une inondation qui serait fatale. Une vraie « catastrophe nucléaire ». La nappe phréatique contaminée rendrait la région voisine inhabitable. « Ce n’est plus qu’une question de temps », selon les écologistes.

Les autorités se renvoient la balle des responsabilités. Le bureau des mines du Land à Clausthal-Zellerfeld, au courant du danger, n’aurait pas jugé utile de sonner l’alarme au ministère de l’environnement, qui aurait peu tenu compte de ses observations.

Bétonnée, la mine serait une bombe à retardement

Le centre Helmholtz de Munich, chargé de l’exploitation d’Asse II, prétend avoir informé le bureau des mines et préparé la fermeture de l’exploitation. Les spécialistes de l’atome et des déchets seraient « tombés de haut » en découvrant l’étendue du désastre, assure un professeur de l’université technique régionale de Clausthal. L’opinion publique n’a rien su ou presque pendant trente ans.

Si l’évacuation est décidée – et « le temps presse », souligne la BFS –, le chantier durerait une dizaine d’années et coûterait 2,5 milliards d’euros, payés pour l’essentiel par le contribuable. Ce sera la méthode la plus coûteuse et la plus délicate pour sécuriser Asse II. « Techniquement, c’est un sacré défi, il faudra déplacer des fûts dont le contenu et l’état sont inconnus », note Thorben Becker, expert du Bund (Fédération allemande de la protection de la nature et de l’environnement). Il faudra en extraire de galeries qui ont été comblées par le sel. Avec les risques de contamination auxquels seront exposés les ouvriers.

D’autres solutions, telles que le comblement total de la mine, seraient évidemment plus rapides et moins coûteuses. Mais ce serait un pis-aller. « Cela ne marcherait que si Asse II était stable, ce qui est pratiquement exclu », explique l’expert. Bétonnée, la mine serait une bombe à retardement. Extraits d’Asse II, les 126 000 barils devraient être transportés à la mine de fer de Konrad, toute proche. Mais celle-ci n’est pas, pour l’instant, prévue pour cet usage. Et la résistance des écologistes et de la population de la région n’en est qu’à ses débuts.

Augmentation des rejets radioactifs à Cattenom

L'Autorité de sûreté nucléaire française a fixé les prescriptions auxquelles devra satisfaire EDF, l'exploitant des centrales nucléaires, pour les réacteurs de 1300 MWe qui remplaceront la gestion du combustible de type Gemmes par un combustible de type Galice plus riche en uranium radioactif. La centrale de Cattenom est concernée par ce changement.

L'utilisation du nouveau combustible va entrainer une augmentation des rejets radioactifs dans l'environnement, comme réponse, les autorités françaises ont tout simplement augmenté les autorisations de rejets. Permettant à la centrale de rejeter jusque 30% de radioactivités en plus par rapport à la situation existante!

Dans son autorisation l'Autorité de sûreté nucléaire a fixé certaines conditions techniques qui devront être remplies avant la mise en oeuvre de la gestion de combustible Galice. Greenpeace a interpellé le Ministre de la Santé, Monsieur Mars Di Bartolomeo, pour savoir si le gouvernement luxembourgeois sera tenu informé des mises en conformité nécessaires par les autorités françaises.


Pacte contre Hulot : manifestation à bicyclette en juillet
Source
Que mille signatures fleurissent pour sauver la planète des écotartufes !

Le 1er juillet 2010, le journal "La Décroissance" organise une grande manifestation à bicyclette pour aller remettre 10000 signatures du "Pacte contre Hulot" à la Fondation Nicolas Hulot. Le trajet se déroulera de la Fondation Nicolas Bertrand, 52 rue Crillon, Lyon 6e, jusqu'à Paris. Le voyage durera une semaine, l’occasion de recueillir les ultimes signatures. La manifestation se conclura à Boulogne-Billancourt où siège l'hélicologiste. Nous avons déjà réuni près de 9000 signatures dans un silence médiatique quasiment complet. Aidez-nous à récolter les 1000 dernières signatures pour déclencher le départ de cette épopée contre le développement durable, la croissance verte et pour la décroissance et l'antiproductivisme. Tous les renseignements, les étapes, les conférences, bientôt sur ce site :
http://www.pacte-contre-hulot.org


 
Culture - Education - Idées - Débat - Société
 
Employée de la vie scolaire
Lettre au Président de la République
Voici un joli petit texte, à lire jusqu'au bout. Emouvant et révoltant à la fois, et surtout d'actualité...

Monsieur Le Président,
Merci de lire ce message, Un p'tit bonheur sur une page, Une douceur... pour l'Education Nationale.

Je le confie à la toile, La grande toile du progrès, Afin qu'il tisse les voiles... De la solidarité, Et qu'il rayonne aux ondes... De l'humanité.

Je suis Professeur des Écoles Dans un petit village de l'Eure, Trois cents âmes y demeurent, Et vingt-six élèves à l'école.. Une classe, dite « unique », Mais cinq cours, dits multiples...

Dans cette école une chance, Un p'tit morceau de bonheur, Qui s'écrit avec ces trois lettres : Employée de la Vie Scolaire.. .

Pour l'Education Nationale, Un p'tit bonheur, c'est pas banal, Un léger baume sur le coeur / De cette Grande Dame / Un peu... bancale !

Notre bonheur, c'est Géraldine, En silence elle participe / A la guérison d'la Grande Dame... / Elle est... une Valeur Ajoutée / HUMAINE rentabilité, Et c'est du bonheur... assuré !

Dès le matin, elle s'active, C'est sur le net qu'elle s'incline / Les courriers, les notes de service, Toutes les infos de l'inspectrice, Et celles de l'Académie.... Mes mots notés au brouillon, Les compte-rendus de réunion, Tapés, imprimés, photocopiés, Enveloppés, adressés, timbrés, Prêts à être distribués... Encadrés, les derniers dessins des CP, Affichés, sinon... à quoi bon dessiner ? Un CM vient montrer son texte sur le musée, Elle l'aide à le recopier, à taper sur le clavier... Afin de ne pas gêner, le travail commencé, Un autre enfant vient finir avec elle l'exercice, Elle explique et décortique, redonne de l'énergie... Rangée la bibliothèque, Notés les livres prêtés, Elle prépare la maquette, La une du journal scolaire... Ah! Notre petit journal / « Magique », ils l'ont appelé / Quel travail de fourmi, J'y passerai......des nuits ?

Sonne la récréation, une mi-temps pour souffler, Elle me rejoint, souriante, à la main nos deux cafés, Quelques chaudes gorgées, entre... deux conflits à régler, Des solutions à trouver, des mots à reformuler, Une écorchure à soigner, une blessure à consoler...

Et puis... c'est reparti ! Sur les chemins de la connaissance, Vaincre ainsi sans cesse l'ignorance, Avec labeur, effort, sérieux, S'ouvrir l'esprit, être curieux. Ne pas oublier l'insouciance, De tous ces êtres en enfance, La bonne blague !... On la mettra dans le journal, Les bons gags, et les rires, c'est vital ! Dans les pots / Les peintures sont bien préparées, Quatre enfants sur un chevalet, Deux à l'ordi pour recopier, Les autres en dessin sur papier, ...Sans elle, jamais... Ce ne serait si bien géré.

Le soir, coup de fil... C'est Géraldine, A sa voix, je perçois, Une blessure qui abîme...
Ecoute, me dit-elle... c'est à pleurer ! Du « Pôle Emploi » j'ai reçu... un imprimé, Dans quelques semaines, c'est marqué, Votre contrat est terminé... Ils me demandent ce que j'ai fait, Pour trouver un futur emploi..

Sa voix se fêle... "J'ai..un emploi! » Ils me demandent ce que j'ai fait, pour me former, pour m'insérer, Sa voix se gèle.... puis accélère: « Je... suis formée, depuis trois ans, j'me sens utile, insérée et c'est varié, pas bien payé, mais... j'veux rester ! » Sa voix s'étrangle... c'est à pleurer... Ils me demandent mes compétences / C'que j'ai acquis, que vais-je répondre ? Il y a l'espace... d'UNE LIGNE / UNE LIGNE.... mais tu te rends compte !

J'ai honte, honte... il aurait fallu UNE PAGE / Au moins UNE PAGE pour répondre, J'ai honte, honte... pour notre Grande Dame / Pour ceux qui l'ont créée, l'ont fait évoluer,
Qui a tant appris aux enfants,Qui a tant encore à leur  apprendre..

Et Géraldine ??? On n' lui dira même pas MERCI / Bien sûr, pas de parachute doré,
Et même pas d'indemnité / Ils lui précisent... Oh!..comme ils disent / D'étudier ses droits... pour... le R.M.I. / Elle a raison... c'est à pleurer...

Alors qu'on demande chaque jour, A nos élèves de dire « Bonjour » / De dire « Au revoir » et.... « Merci » / De s' respecter, d'être poli / Comme vous dites, Monsieur Sarkozy... / Que vais-je dire, à la p'tite fille, Qui l'aut're jour, près de moi, s'est assise,
Et, tout fièrement, m'a dit : « Tu sais, Maîtresse, moi, quand j'serai grande, J'irai au collège, comme mon grand frère, J'irai au lycée, j'passerai mon bac, Et je ferai... comme Géraldine! »

Je sursaute... Mon coeur se serre...C'est à pleurer.

C.Picavet
Professeur des écoles à l'école des Livres Magiques, Saint-Grégoire du Vièvre (Eure)

En hommage à toutes les Géraldine, Florence, Sabrina, Laurence, Elodie, à tous les Philippe, Sébastien, et bien d'autres qui ont valorisé  mon travail, et participé à la guérison d'la Grande Dame... qui est encore bien malade... Je ne crois pas à la peur, je crois à la force et à la magie des mots, Et pour garder notre bonheur, il suffirait de quelque Euros... Quel patron, quelle entreprise, après trois ans de formation,
Jetterait son salarié, pour prendre un autre, recommencer ? Quel jardinier, quel paysan, brûlerait sa récolte mûre, après avoir semé, soigné ?

Je n'ai pas fumé la moquette / Je veux seulement que l'on arrête, De prendre les gens pour des pions, Qu'on arrête de tourner en rond ! Torpillé le « Chagrin d'école »/ En mille miettes de BONHEUR !

En l'honneur de tous ces p'tits bonheurs.. INONDONS LE NET / les amis, les décideurs,
les chômeurs, les travailleurs, les directeurs, les inspecteurs, employés et professeurs,
députés, ministres, r'm'istes ou artistes, chanteurs, compositeurs, rapeurs, slameurs,
radios, journaux, télés,
et à tous ceux qui sont... parents... d'un enfant... enfin à chaque être humain de ce pays qui j'espère un jour dans sa vie, a bénéficié d'un peu de bonheur, de cette Valeur Ajoutée HUMAINE rentabilité, dans le giron de la Grande Dame.

P.S : Ironie..... A la rentrée, c'est presque sûr / Notre petite école rurale Sera dotée d'une Valeur Matérielle Ajoutée, Des fonds ont été débloqués, Huit ordinateurs et un tableau interactif/ Une « classe numérique » Nous serons à la pointe du progrès ! Et pour cela, je serai formée ! Mais, qui m'aidera à installer, et à gérer, sans Valeur
Humaine Ajoutée ?

Ce n'est pas la 1ère fois que l'Education Nationale, autrement dit l'Etat, se déshonore !! (A copier et faire suivre le plus possible)


Spéculation verte et mue de la finance mondiale
par Jean-Michel Vernochet* Paris (France) - 2 mars 2010
La capitalisme managérial est à bout de souffle, pourtant le capitalisme ne s’est jamais aussi bien porté : il mue et se refait une jeunesse grâce à l’économie « verte ». En manipulant les bons sentiments des uns et les peurs millénaristes des autres, il mobilise les altermondialistes et les écologistes pour instaurer un nouveau mode d’exploitation. Symbole de ce changement qui n’en est pas un, le président Lula va et vient du Forum de Davos à celui de Porto Alegre. Pour Jean-Michel Vernochet, nous avons déjà succombé à l’illusion qui tuera nos rêves.
   
L’économie occidentale, États-Unis en tête, est en train de muer… Les arthropodes (les crustacés ou les araignées par exemple), pour croître doivent périodiquement abandonner leur enveloppe devenue trop étroite pour une plus spacieuse. Chez les vertébrés, les serpents pratiquent également la mue, une période de vulnérabilité nécessaire pour endosser des habits neufs plus spacieux. Le « capitalisme » de l’ère manégériale [1] — autrement dit qui n’a plus rien à voir avec l’archéocapitalisme patrimonial dont les paléomarxistes continuent encore de nous rebattre les oreilles — connaît lui aussi ses cycles de mutation ou de transformation systémique.

En 1945 un modèle économique déferle sur ce que l’on nommait à l’époque « le Monde libre ». Un modèle qui scelle l’intégration de l’agriculture dans le secteur industriel annonçant l’unification, aujourd’hui visible, du marché global. L’une des dimensions saillantes de cette mutation concerne donc le secteur primaire (l’exploitation des ressources naturelles et matières premières non transformées) avec la mécanisation agressive et la conquête du marché de la production agricole par les multinationales de l’agrochimie. Bientôt nombre de fermiers naguère indépendants ne seront plus que des sous-traitants, des ouvriers-métayers en quelque sorte, des transnationales de l’agro-industrie.

Ce passage d’une économie, hier encore dominée par la ruralité (en France, 43,8 % de la population vit encore directement de la terre en 1906, 31 % en 1954) à une économie déjà post industrielle (bien illustrée par le film Playtime de Jacques Tati -1967) met un point final à la grande crise de 1929 dont la guerre avait été, entre autres, l’une des conséquences. Il faudra d’ailleurs plusieurs années aux Etats-Unis pour bénéficier pleinement, notamment à travers les aides liées du plan Marshall, des retombées de leur victoire. Les géants US des engins agricoles autotractés déferlent sur le Vieux Continent par le truchement de l’aide à la reconstruction… une industrialisation qui sonne la mort des terroirs et la fin du monde rural.

L’Europe de l’Ouest commence alors, à marche forcée, de se mettre aux normes anglo-américaines ; s’ouvre ici une époque que l’on nommera très abusivement les « Trente glorieuses ». L’adoption du « modèle » productiviste induit en effet dès 1945 un exode massif des campagnards qui affluent à la périphérie des villes. Exode qui ne s’achèvera que dans les années soixante-dix à la suite de la politique de remembrement des terres agricoles engagée en 1965. Une migration qui aboutit bientôt à l’hypertrophie carcinogénique des « banlieues » où naissent et croissent les cités dortoirs, dépotoirs humains où viendront s’entasser en 1962 les rapatriés d’Algérie avant d’accueillir le flux montant de l’immigration.

On voit aujourd’hui quels sont les bienfaits véritables de cette première grande mutation de la fin de l’ère industrielle : des paysages arasés par les restructurations territoriales et le recours à des machines de plus en plus monstrueuses, une nappe phréatique extensivement contaminée par un usage délirant des intrants chimiques, engrais et pesticides qui polluent également sous forme d’aérosols l’air que nous respirons jusqu’au cœur même de nos métropoles… L’exode rural qui s’est étalé quarante années durant en Europe occidentale, s’accomplit aujourd’hui sous nos yeux dans l’Europe orientale soumise aux contraintes normalisatrices liées à la « construction » européenne. Cela sans pour autant que les leçons d’un passé encore récent aient été, en quoi que ce soit, tirées.

2008 aura, semble-t-il, été marqué d’une rupture analogue — au moins d’un point de vue civilisationnel — que celle qui accompagna la victoire alliée sur le Reich allemand. Après la destruction accélérée des sociétés traditionnelles d’Europe de l’Ouest qui ont été littéralement « déracinées » pour se trouver projetées dans la modernité consumériste (nous passons au cours de cette période d’une économie basée sur l’épargne à une autre fondée sur le crédit puis sur la dette chronique – une forme inédite de servage), nous assistons maintenant à un nouveau changement de paradigme écosociétal.

En 2010, après les douleurs de l’accouchement, c’est un autre modèle qui tente de se mettre en place qui réduira vraisemblablement l’industrie occidentale à la portion congrue au profit des activités de services et de très hautes valeurs ajoutées (électronique, génie génétique, nanotechnique, bionique, et cætera).

Mais au demeurant, quoiqu’on en dise, si la Chine monte en puissance en s’affirmant comme l’atelier du monde, les sources du pouvoir économique planétaire dans sa dimension financière se trouvent toujours sur les berges de la Tamise, du fleuve Hudson (et accessoirement de l’Amstel), ainsi que sur la rive gauche du Potomac où siègent les grandes institutions financières : Banque mondiale, Fonds monétaire international et surtout Réserve fédérale.

La rivalité euro-dollar

Le règne du dollar est certes contesté, mais n’est pas encore au bout de ses capacités de rebond [2]. On l’a vu lors de sa réappréciation de février 2010 face à l’euro en proie à des attaques inamicales. Des événements trop récents pour être parfaitement éclaircis mais qui se déroulent comme souvent selon un scénario convenu : des établissements financiers de Manhattan tels Goldman Sachs auraient d’un coté aidé l’Etat grec à négocier sa dette sur les marchés, de l’autre ils manipuleraient certains « fonds spéculatifs » (hedge funds) pour lancer des attaques contre l’euro, en clair contre l’Union européenne à travers la Grèce… Ce qui en dit long sur l’audace de ces raiders et sur les capacités offensives du système, l’art et la science de la manipulation de la dette à des fins de mise sous tutelle (ou de rappel à l’ordre) des États. Le FMI, organe subsidiaire de l’informelle gouvernance mondiale, ne s’est-il pas proposé à l’occasion de la crise hellénique de venir se mêler d’aider l’Europe sous-développée désormais incapable de gérer seule sa dette ?

Les sanctuaires du dieu dollar évoqués perdureront donc autant que s’y trouvera pérennisée la source créatrice de la nouvelle économie mondiale financiariste considérée tout à la fois comme art, science et technique… autrement dit tant que ces places fortes de l’ultracapitalisme où s’élaborent toutes les gammes des nouveaux produits virtuels et les outils afférents, constitueront le cœur du réacteur de l’économie mondiale… C’est à ce titre que, quand le 15 septembre 2008 ce cœur s’est un instant arrêté de battre, c’est la planète entière qui s’est tétanisée.

Vers l’Amérique-monde

Suivant en cela l’exemple états-unien, l’Europe passe donc à présent progressivement (mais avec des décrochages impressionnants : vague de restructurations et de délocalisation des années quatre-vingt-dix, contraction brutale de 2009…) d’une économie de production à une “économie de services” en grande partie dominée par le tourisme (l’Europe-musée, un mixte de Disneyland et de Versailles).

Le géant de l’automobile General Motors ayant été détrôné (successivement par Toyota puis Fiat, un fait non contradictoire avec la suite de notre propos), l’inventive Amérique est déjà « ailleurs ». Si les industries en général ne sont évidemment pas à mettre au rang de reliques économiques, il n’en reste pas moins que, pour sa part, la prospérité des États-Unis n’en dépend plus directement qu’en proportion moindre…

Notons au passage que certaines activités créent des dépendances quasi absolues pour les économies périphériques vis-à-vis du « centre » émetteur. Prenons l’exemple du semencier Monsanto qui, grâce à des espèces végétales génétiquement modifiées (OGM), étend son emprise sur une partie croissante de la planète en créant d’étroits liens clientélistes — notamment en raison du brevetage des semences — chez les producteurs ; des liens de sujétion dont ils auront beaucoup de peine à s’affranchir… et une cause de ruine pour les productions locales.

Il ressort clairement de notre propos que l’activité « motrice » de l’économie nord-américaine tend à présent à devoir être l’ingénierie financière avec son cortège de produits dérivés déclinés dans des gammes toujours plus étendues, originales et innovantes.

Le secteur industriel se trouvant par conséquent « rétrogradé », il devra trouver sa place exacte au sein de la nouvelle forme du capitalisme en cours d’élaboration, autrement dit occuper une nouvelle fonction au sein d’un système global dont la source, avons-nous dit, n’est autre, à portée de vue et pour un temps indéfini, que l’Amérique-monde.

Le carbonne, économie dématérialisée

La souplesse adaptative des salariés états-uniens — il est coutume de parler maintenant, sur le mode anglo-saxon, de flexibilité — habitués qu’ils sont à une « économie nomade » (nul n’hésite en Amérique à se déplacer du nord au sud et d’est en ouest du continent pour un emploi ; un état d’esprit hérité des migrants de l’ancien monde, du Pioneering Spirit ou tout bêtement, d’une nécessité s’étant imposée avec la Grande Crise des années trente) qui n’est pas dans les traditions de la veille Europe… en dépit du fait que celle-ci ait connu d’importantes vagues d’émigration principalement vers les États-Unis : Italiens, Grecs, Suédois et un quart des Irlandais après la grande famine de 1845-1849.

C’est à tort que les Européens suivent donc l’exemple de la désindustrialisation US et que nous fonçons tête baissée dans les leurres de l’économie dématérialisée et de son dernier avatar l’économie-carbone.

Fragilisée par la mondialisation et la concurrence des pays producteurs à moindre coût social et environnemental, l’industrie européenne est à l’heure actuelle sous perfusion, ce pourquoi il faut dénoncer sans relâche le piège tendu par la classe politicienne européiste, de « droite » comme de « gauche », qui voudrait plomber plus encore la production industrielle sous ces taxes-carbone qui seraient autant de pénalité supplémentaire dans un secteur déjà mis au pillage par les produits manufacturés ultra-concurrentiels des économies dites émergentes.

Nous ne parlons pas ici des groupes transnationaux qui eux échappent largement à l’impôt (taux moyen d’imposition à 30 % contre 45 % en France pour les entreprises ordinaires) en ayant recours aux places financières off shore (autrement dit les paradis fiscaux insulaires). Une situation parfaitement injuste mais cependant rendue nécessaire par les conditions mêmes de la concurrence mondiale… Quant à Michel Rocard, ancien Premier ministre socialiste, ci-devant président de la Conférence d’experts sur la création d’une taxe carbone ou Contribution climat énergie (CCE), il s’est fait le bon apôtre de taux prohibitifs pour la taxation carbone à l’instar des « Verts » qui paradoxalement sont parvenus à convaincre l’opinion de leur engagement philanthropique au service de l’humanité exploitée.

De grandes puissances interdépendantes et néanmoins en guerre les unes contre les autres

Le lecteur commence certainement à saisir notre propos… Londres et Amsterdam étant la base-arrière-avancée de Manhattan dont l’emprise s’étend à l’Union européenne par le truchement du « NYSE Euronext, Inc » né en 2007 de la fusion entre le New York Stock Exchange et le groupe Euronext, lui-même issu de la fusion en 2006 du London International Financial Futures and options Exchange avec les Bourses de Paris, Amsterdam, Bruxelles, Lisbonne et Porto, l’Europe se voit incitée à se fondre de plus en plus dans la nouvelle économie du « néant ».

Par néant il faut entendre de l’actif artificiel, de la valeur matériellement inexistante, des jeux d’écritures (dont les quotas d’émission carbone) appuyées sur une monnaie de singe, le dollar papier et sa version obligataire sous forme de TBonds… Gardons en mémoire qu’en 2009 l’État fédéral US faisait imprimer les billets — dont la valeur réelle se rapportait à leur seul coût d’impression — avec lesquels il se rachetait de la main gauche les bons du Trésor émis de la main droite. Étonnant jeu de bonneteau !

Jeux d’écritures, tours de passe-passe et économie virtuelle sont tout un. L’économie-carbone, les nouvelles filières vertes créées de toute pièce à partir de calculs et de conclusions se parant des prestiges de la science pour mieux la trahir, n’a évidemment pas pour finalité une réorientation substantielle de l’économie au profit d’une gestion rationnelle des ressources ménagères de l’avenir, mais principalement la relance de la croissance et la consolidation du Marché.

De ce point de vue, la distorsion du réel et le détournement d’une légitime inquiétude des opinions relatives à la destruction accélérée du milieu naturel à des fins mercantiles, se révèlent à l’usage extrêmement juteuses… et si « le mort saisi le vif », le système failli dont les turpitudes ont été mises à nu (mais sans conséquence immédiate pour lui), se refait une virginité en transférant, sans autre forme de procès, la totalité de son patrimoine génétique et de ses capacités de nuisance au secours prétendu de la planète agonisante.

Pour l’heure, contrairement à ce que beaucoup pensent, l’arrivée sur la scène internationale de nouvelles grandes puissances — Chine, Inde, Brésil — ne change rien sur le fond à la configuration dynamique du Nouvel Ordre mondial, au contraire dès lors que tous sont solidairement interactifs au sein d’un système unique dont les centre nerveux se trouvent au nord-est des États-Unis et au Royaume-Uni.

Nous n’assistons donc qu’à une recomposition de la division internationale du travail avec pour corollaire une mondialisation (un marché unifié) dont l’intégration progresse à vue d’œil… Sommairement, la Chine est ainsi devenue le premier État-atelier de l’économie-monde, l’Inde en est le sidérurgiste et le prestataire de services informatiques, le Brésil produit les oléoprotéagineux nécessaires à notre surconsommation de produits carnés et des agrocarburants destinés à alléger certaines dépendances aux produits pétroliers importés…

Certes des règles communes sous l’égide de l’Organisation mondiale du Commerce et une interdépendance modératrice des ardeurs concurrentielles induisent certaines formes de solidarité entre les acteurs au sein du système universel, ceci contribuant à créer réciproquement de la richesse.

Cependant ce serait une lourde erreur que de prendre les inévitables, voire inexpiables, rivalités entre grandes puissances pour le contrôle et la mainmise sur les ressources naturelles, pour une contestation ou une remise en question du système par les uns ou par les autres.… De féroces concurrents qui s’affrontent dans des guerres indirectes, guerres masquées comme celle par exemple opposant les Etats-Unis et la Chine sur le continent africain, au Darfour en particulier.

Les antagonismes sont en effet d’abord géostratégiques dans le cadre de cette « impitoyable guerre économique qui ne dit pas son nom » (François Mitterrand)… Mais, contrairement aux désirs des adversaires du mondialisme, nul parmi les « Grands » ne propose une quelconque révolution conceptuelle… À savoir une sortie du modèle ultralibéral et la construction d’une vision holistique des rapports de l’homme avec son environnement biologique et physique, et de la place qu’il doit occuper dans la Nature et singulièrement dans le fleuve du vivant [3].

Jusqu’à preuve du contraire la Fédération de Russie, opposant de longue date au bloc atlantiste, ne propose aucune alternative au système actuel et surtout, n’évoque pas même la nécessité d’en chercher une. Ennemie du bloc capitaliste depuis 1945 et jusqu’à la fin du régime soviétique, les deux superpuissances n’en continuent pas moins à fonder leur légitimité morale sur un certain nombre de mythes (ceux-là mêmes aujourd’hui remis en cause par les pays Baltes) fondateurs du Nouvel Ordre International né, peu ou prou, en 1945 à Yalta. Quant à la Chine populaire et néo-impériale, elle est l’exemple même d’une intégration réussie au sein du système global ultralibéral.

Cependant, quelle que soit la force des interdépendances qui lient actuellement les partenaires et rivaux (la moitié des réserves d’actifs chinois sont libellées en Bons du Trésor US, soit quelque 1400 milliards de $), cela ne signifie pas que n’éclateront pas des guerres locales ou régionales… Les zones de tensions ou de frictions sont nombreuses et chacun s’entendra à défendre becs et ongles ses territoires de chasse, à savoir ses marchés, sa clientèle, ses sources d’approvisionnement, ses zones d’influence.

Les différents Pékin-Washington sur le Tibet et Taïwan sont illustratifs de ce point de vue. C’est à tort que l’on croirait, avec plus ou moins d’autosuggestion, que l’actuel système d’interdépendances économiques et financières fortes garantisse la stabilité et la paix. Insistons sur le fait que les rivalités et les antagonismes géopolitiques et géoéconomiques ne constituent en aucun cas une remise en question de la logique systémique aujourd’hui à l’œuvre pour le plus grand dommage des hommes, des peuples, de la civilisation et du vivant en général.

Le collectivisme n’est pas l’alternative

Dans le même ordre d’idée, c’est à partir de ce constat qu’il faut apprécier la portée et la signification exacte de la contestation qui s’est exprimée à Copenhague en novembre 2009 ou au forum social de Porto Alegre fin janvier 2010.

La position des Verts a été analysée comme participant d’une surenchère libéraliste-libertaire visant à toujours plus de liberté pour le marché et à un encadrement fiscal et réglementaire toujours plus étroit pour les industries nationales moyennes ou petites (indépendamment de leur présence sur les marchés extérieurs) à l’exception des groupes transnationaux qui eux y échappent en grande partie, avec l’active complicité des gouvernements grâce à leurs domiciliations excentrées (Macao, Chypre, Îles anglo-normandes, Bahamas, des enclaves juridiques comme l’Etat du Delaware etc.)…

Mais le « système » ne l’impose-t-il pas ? Il faut à ce propos éviter de tomber dans un moralisme à la petite semaine : la guerre économique, bien réelle mais peu visible pour l’opinion, relève essentiellement de la real politik et non de la morale ordinaire. Il est facile d’ailleurs pour les décideurs politiques d’agiter des chiffons rouges sous les yeux de l’opinion et de lui livrer en pâture les paradis fiscaux — qui n’ont joué aucun rôle dans la crise — ou les sur-rémunérations des traders, lesquels ne sont que des agents du système et en aucun cas des donneurs d’ordre ou des décisionnaires de premier plan.

Autant de leurres destinés à polariser l’indignation et à divertir ainsi l’attention des foules sur des points marginaux en faisant coup double par l’élimination de « paradis fiscaux » concurrents, la Suisse, le Luxembourg, le Lichtenstein par exemple. « Paradis » qui, à bien y regarder, constituaient autant d’isolats culturels et de bastions de résistance au laminage mondialiste et à la « moralisation » sur mesure qui le précède : une exigence de moralisation des acteurs au seul profit des places fortes anglo-américaines, au final destinée à assurer un quasi monopole aux paradis domestiques, Londres et Manhattan en tête…

L’ultralibéralisme ennemi des libertés en général - sauf en ce qui regarde celles des marchés, la libre circulation des marchandises, des signes monétaires et des oligarchies qui en sont détentrices - se révèle être en réalité une forme de despotisme exacerbé à l’égard des producteurs indépendants et de la propriété patrimoniale.

À l’expérience, force est de constater que la « dérégulation » du marché — ce qui constitue sa raison d’être : une absolue liberté transactionnelle condition d’une supposée richesse des nations — s’accompagne nécessairement d’une destruction corrélative des structures sociales… Car fluidifier le marché revient à dissoudre l’organisation sociétale existante pour la « recomposer » ici, et parfois « ailleurs » lorsqu’on délocalise et que l’on débauche massivement… C’est également encourager la fragmentation sociale en segmentant le marché à l’infini, c’est-à-dire en créant de nouveaux besoins pour de nouvelles clientèles développées plus ou moins artificiellement à coup d’incitations consuméristes, égotistes et libertaires (l’individu s’affirmant par opposition à la norme sociale)… ados, enfants de plus en plus en plus jeunes, minorités sexuelles, ethniques, dysfonctionnelles deviennent autant de segments d’un marché communautarisé comme facteur de délitement du corps social.

Quant au tissu industriel européen, il est démantelé et transféré dans les pays à économie émergente laissant sur le carreau les hommes et leur savoir-faire (ne parlons pas des brevets rachetés ou transférés avec les entreprises dépaysées !)… Or les choses ne se faisant pas sans casse, un contrôle social de plus en plus serré et des normes sécuritaires de plus en plus lourdes s’imposent. Le paradoxe n’est donc qu’apparent entre libéralisation du marché et restrictions des libertés, l’une ne pouvant aller sans l’autre…

Certes les Altermondialistes réunis à Porto Alegre demandaient à cor et à cris « plus de régulation », mais sans pour autant remettre en question la logique intrinsèque du système, sauf pour quelques-uns uns à retomber dans l’imposture idéologique d’un anti-capitalisme, faux-nez du collectivisme.

En effet, pas plus que les « Verts », les Alter-mondialistes en général ne sont des contestataires conséquents de l’ordre établi et du paradigme hypercapitalistique (système de l’économie-monde ultralibérale) qui n’est au fond qu’un prolongement moderniste d’une économie de pure prédation dont on aurait retranché la sagesse des peuples primitifs qui savaient, eux ménager leurs ressources en ne les épuisant point tout à fait...

Qu’est-ce qu’en effet qu’un système basé sur la destruction sans limites (la consommation au sens premier du terme) et sans ménagement du futur ? Il s’agit donc maintenant d’arrêter de « dévorer » la planète, autrement dit, cesser de pratiquer l’autophagie : celle du monde qui nous porte, notre enveloppe matricielle.

Les deux visages de Lula da Silva

Il aura suffi d’observer avec amusement les aller et retour Davos-Porto Alegre du président brésilien Lula da Silva où il a été accueilli en alter héraut, pour se convaincre que les deux sommets ne sont que deux scènes et deux manifestations d’une seule et même représentation.

Qui est d’ailleurs Luiz Ignacio da Silva dit « Lula » ? [4] Au risque de contrevenir aux clichés établis, l’alter héraut de la mouvance alter-mondialiste (laquelle comme son nom l’indique n’est pas opposée au mondialisme, mais veut l’orienter différemment) est un populiste néo-conservateur à la mode sud-américaine. Il en a d’ailleurs le « profil » : ancien syndicaliste trotskyste, son parcours idéologique est somme toute analogue à bien des égards à celui de nombre de ces hommes d’influence que l’on retrouve propulsés sur le devant des scènes politiques de l’aire euratlantiste… ou que l’on croise — en réserve d’un destin fédéral au sein de l’Union — dans les diverses « Fondations » qui pullulent à Washington.

Lula da Silva de la même façon, aura eu un parcours exemplaire : de la lutte subversive à la méga agro-industrie (carburants « verts » et protéines végétales) qui s’étend à l’infini sur les cendres de la forêt amazonienne et sur le corps vivant de ce prodigieux joyau naturel qu’est le Pantanal. Ironie du sort son nom, da Silva, renvoie à la selve primordiale, celle-là même que cet alter héraut d’un mondialisme paré aux couleurs de l’humanisme tiers-mondiste, cet ami des puissants, fait détruire à un rythme effréné [5].

Consommer « écolo »

De la même façon que certaines mouches parasites pondent un œuf sur certaines fourmis, lequel œuf devenu larve dévore son hôte de l’intérieur, la révolution conservatrice néolibérale (qui tire une forte part de son inspiration du courant révolutionnaire trotskyste), après s’être débarrassée de toute servitude éthique, s’est maintenant installée sans bruit dans la peau de l’écologie pour la phagocyter sans tapage.

De sorte que la « contestation » environnementaliste récupérée se retrouve placée au centre du système avec un statut d’outil privilégié de relance et accessoirement comme moyen de légitimation de l’ordre « intérieur », de la contention des peuples nécessaire au nom de l’urgence éco-climatique, cette dernière justifiant a posteriori le libre exercice des forces du marché. Le « développement durable » redore ainsi le blason terni de l’hypercapitalisme, fait passer au second plan sa contestation et rend acceptable (déculpabilise) tous les excès d’une consommation compulsive.

Consommation qui ne vise pas à satisfaire des besoins, mais assure le recyclage permanent de productions à courte durée de vie. Servant par la même occasion à compenser toutes les frustrations engendrées par des modes de vies artificialisés… À estomper du même coup l’anxiété diffuse liée à une instabilité sociétale croissante et accompagnant l’accélération continuelle de la circulation des biens et des signes monétaires.

Une accélération des cycles production/destruction qui déstabilise en profondeur les sociétés post-industrielles puisque la quête de gains rend nomades les approvisionnements en matières premières et la production, les fonds d’investissements étant en perpétuelle migration opportuniste selon la logique des essaims de criquets pèlerins. Une surconsommation qui libère également d’une culpabilité rampante installée depuis peu dans les consciences (et pas seulement celles des occidentaux) qui ne peuvent plus davantage ignorer les ravages d’un système prédateur sans foi ni loi…

Le parler « vert »

La « période verte » de l’ultralibéralisme s’entoure d’un abondant et savant brouillard rhétorique relatif à une « croissance respectueuse de la nature », cela grâce aux énergies renouvelables, aux industries de dépollution, au génie génétique, à la recherche, etc, etc...

Le Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat (Giec) [6], organe technique de la gouvernance mondiale, a réalisé un montage qui a fait illusion le temps suffisant à créer un nouvel élément mythique pour l’édifice idéologique justifiant la construction et l’instauration d’un pouvoir supranational à l’échelon planétaire, autrement dit l’instauration d’une « gouvernance » mondiale. Gouvernance qui échoira nécessairement aux mains d’oligarchies financières, celles-là même qui nommeront, ou éjecteront, les hommes et les gouvernements chargés de relayer leurs politiques à travers le monde.

Le catastrophisme écologique comme interprétations de fluctuations et des phénomènes climatiques qui échappent encore à une pleine compréhension scientifique, est ainsi maintenant exploité à fond pour orienter l’opinion publique afin que celle-ci s’engouffre dans des voies toutes tracées et soigneusement balisées par un « système » se présentant finalement en sauveur de l’humanité.

Une démarche qui, en s’appuyant sur la peur d’un réchauffement climatique cataclysmique, mais avec l’autorité de la communauté scientifique, exclue d’emblée toute réflexion sur le fond et manie la peur… Une crainte qui se combine à une culture de la « Solidarité » à l’égard des plus démunis dont les manifestations les plus spectaculaires ont eu lieu à l’occasion du Tsunami (26 décembre 2004) et du séisme de Port-au-Prince (13 janvier 2010). Des solidarités de masse méthodiquement et médiatiquement entretenues afin d’alimenter en abondance le « secteur » en pleine expansion de l’aide humanitaire.

Peur universelle et solidarité active destinées in fine à bannir toute raison raisonnablement critique à l’égard d’un système qui exploite simultanément d’un côté la peur et de l’autre la compassion sur fond d’optimisme irrationnel suivant lequel « l’Humanité menacée dans sa survie trouvera toujours une solution aux défis qu’elle est appelée à relever ». Or rien n’est moins sûr !

Il n’en demeure pas moins que dans la situation présente la solution avancée, l’hypercapitalisme repeint aux couleurs de l’Arc-en-ciel, n’est pas la solution, mais la perpétuation du mal lui-même… Quelques symptômes — les plus criants — seront effacés du paysage, mais le mal continuera à ronger les sociétés et à dévorer la nature condamnée à dépérir jusqu’à ce que désert s’ensuive.

A contrario le marché rebaptisé « durable » continuera à déployer son inexorable logique de croissance exponentielle et d’exploitation à mort des « ressources » naturelles et humaines. Quant aux échanges se voulant « équitables », il est en toute logique destiné à rester relativement marginal puisque hors circuits des mégastructures commerciales génératrices de plus-value at large. Une industrie de la rente jamais à court de paradoxes ni d’inventivité qui fera prospérer par exemple, le commerce des permis de polluer tout en faisant admettre génialement (et sans rouspétance) l’amère pilule des innombrables éco-taxes présentes et à venir. Ainsi la société éco-totalitaire est-elle, quoiqu’on en veuille, en marche sur une route densément pavée de bons sentiments.

Le prosélytisme de la peur

Replacé dans le contexte des grandes peurs tétanisantes qui ont été instrumentées depuis le début du millénaire (le Terrorisme infiniment moins dangereux et meurtrier que le trafic de drogue, et, à ce titre, revêtu d’un inquiétant caractère d’irrationalité ; la pandémie fantôme de grippe porcine ; la crise financière qui aura permis un enrichissement spectaculaire, après refinancements publics, d’établissements financiers dont les dérives coupables auront été la cause d’un krach boursier de magnitude élevée…), la suspicion légitime qui se manifeste et qui croît à l’égard du discours dominant montre un divorce grandissant entre l’opinion publique – au sens large – et des gouvernements qui ne tiennent aucun compte de ce désaccord, voire de ce désaveu.

À ce sujet le rôle déplorable joué par la grande presse est proprement détestable... Il aura fallu qu’une partie de la communauté scientifique s’insurge du trucage à grande échelle des chiffres et des résultats du Giec pour que l’on commence, sous la pression de révélations difficiles à nier, à faire quelques concessions en vu d’apaiser une certaine « colère » montante. Sur le fond pourtant rien n’a changé : la finance verte est opérationnelle, la « machine » globalisante est lancée et nul n’annonce un quelconque retour quant aux taxations carbone…

Au final, pour nous résumer, que constatons-nous ? Qu’ayant déclenché et orchestré la grande peur du réchauffement climatique, le Club des puissants vient d’inventer une nouvelle forme d’économie dématérialisée, le commerce du « carbone », un concept décliné sous d’innombrables formes et qui, en tout premier lieu, permet d’instituer le premier impôt mondial de l’histoire humaine… rendant imposables sur le papier, les pauvres comme les riches. Mais ces derniers ayant plus d’un tour dans leur sac s’entendent déjà pour monnayer et truquer leur quote-part.

Nombre d’économistes (une corporation qui a souvent un temps de retard sur les événements, on l’a assez vu à l’automne 2008 !) glosent à présent sur la désindustrialisation et le déclin de la puissance états-unienne ! Mais ces “spécialistes” ont des yeux pour ne pas voir. C’est à se demander comment ils font pour sembler ne pas comprendre de quelle façon fonctionne le monde au XXIe siècle ? Et partant, quelle conception archaïque, académique ou instrumentale du Nouvel Ordre Mondial est la leur pour ne pas mieux lire dans “Copenhague” à cœur ouvert ?

Il importe peu que la manip sur le réchauffement climatique commence à être éventée, ceci tant que la contre-information se trouve confinée sur la Toile et dans la mesure où le mensonge institutionnalisé a la peau dure et même qu’il est quasiment increvable tant qu’il est utile… Entendons par là, la « vérité » imposée par les médias, supports officiels de la pensée unique et de la Novlangue dont le rôle exclusif est de diffuser de la propagande et de la publicité en faveur du Meilleur des Mondes (sous couvert de divertissement)... Deux volets d’une seule et unique réalité. En effet, l’idée d’une menace catastrophique d’ordre climatique (renforcé par de nombreux épisodes récents, cyclones, raz-de-marée, séismes, etc.), inlassablement ressassée et relayée par les télévisions est finalement parvenue à s’enraciner profondément dans l’opinion sur fond de culpabilité diffuse.

Un parallélisme serait d’ailleurs à établir avec les campagnes relatives à l’imminence du collapse climatique et celles liées la pandémie de grippe porcine. Les secondes s’étant développées naturellement sur le terrain psychologique créé et préparé par les premières. Même cause, même effets, car à l’arrivée le « commerce de la peur » s’avère être d’un haut rendement économique et financier : alors que l’industrie pharmaceutique donnait des signes de fléchissement (échéance des brevets pour nombre de molécules appelées sous peu à passer dans le domaine public, celui des “génériques”), l’opportune pandémie et son cortège de frayeurs, est arrivée à point nommé pour relancer la machine. Allelujah !

Les « crédits carbone » un commerce frauduleux

Le commerce du carbone ne date pas tout à fait d’hier, les pays industrialisés ont négocié entre eux dès 1990 une répartition des émissions de gaz à effet de serre. À l’époque l´Union soviétique possédait encore un vaste parc industriel et de ce fait s’est vue attribuée une importante dotation. Un an après, en 1991, l’Union soviétique collapsait. Avec l’effondrement de sa production, ses émissions ont rapidement décliné. Il n’en demeure pas moins que ces gaz qui ne seront jamais émis sont considérés comme acquis par la Russie et ses ex-satellites d’Europe orientale, qui les font intervenir à chaque négociation notamment sous forme de droits d’émission revendus au plus offrant. Ainsi, en vertu du système actuel, les États-Unis acquièrent des droits chez les nouveaux membres de l’Otan d’Europe de l’Est et se prévalent ensuite de réductions inexistantes. Autre cas de figure, si le Royaume-Uni finance la Chine populaire pour qu’elle démantèle une centrale au charbon et construise un barrage hydro-électrique, Londres bénéficie de cette réduction d’émissions de carbone, en raison des réductions globales prévues par pays. De son côté, la Chine se prévaut également de ses nouveaux équipement hydroélectriques et les déduire de ses quotas d’émission.

Pour compléter un tableau de toute façon non exhaustif, évoquons le procédé des « forêts fictives » connu sous l’acronyme de LULUCF (Land Use, Land-Use Change and Forestry) soit, l’Utilisation des terres, le changements d’affectation des terres et la foresterie. Les forêts étant autant de capteurs naturels du dioxyde de carbone, des crédits sont accordés pour leur préservation. Or les multinationales de la foresterie, nippones, canadiennes, suédoises et finlandaises sont parvenues à introduire une clause selon laquelle la « gestion durable des forêts » leur permet de réaliser des coupes à blanc sans perdre pour autant les crédits carbone attachés à la préservation intégrale des forêts. De sort qu’une forêt rasée n’alourdit pas votre bilan carbone !
Enfin notons que toutes les recommandations scientifiques prennent l’année 1990 comme point de référence du niveau dangereusement élevé dont nous devons partir. Alors, quand nous parlons d´une réduction de 40 pour cent, nous voulons dire 40 pour cent de moins qu’en 1990. Mais les Etats-uniens ont — dans un éclair de génie publicitaire — décidé de prendre 2005 comme leur niveau de référence. Tout le monde parle des niveaux de 1990, sauf eux. Alors, quand Wahington promet une réduction de 17 pour cent par rapport au niveau de 2005, il propose en fait une réduction de 4 pour cent par rapport au niveau de 1990 — beaucoup moins que les autres pays riches —

Jean-Michel Vernochet Ancien journaliste au Figaro Magazine et professeur à l’École supérieure de journalisme (ESJ-Paris). Dernier ouvrage paru : Europe, chronique d’une mort annoncée (Éditions de l’Infini, 2009).


Présidence espagnole de l'Union Européenne: Vers l'Inquisition numérique?
Références . Voir à ce sujet l'annonce récente du gouvernement allemand . Liste des soutiens
Un document inquiétant relatif à Internet a été publié par la Présidence espagnole du Conseil de l'Union européenne. Tout en demandant aux États membres quelles sont leur pratiques en matière de filtrage d'activités illégales sur Internet, la Présidence fait l'amalgame entre la pédopornographie, les discours racistes et xénophobes et la contrefaçon d'oeuvres soumises au droit d'auteur. ***

Poursuivant sur cette inacceptable confusion des genres, le document va jusqu'à dire qu' « Internet devient un instrument de régression sociale ». Une telle  instrumentalisation des peurs dans le but d'imposer des politiques réactionnaires telles que le filtrage du Net n'est pas tolérable dans l'Union Européenne.

Ces questions (voir ci-dessous) sont clairement orientées pour justifier l'imposition du filtrage de l'Internet et son extension à de nouveaux domaines. Alors qu'elles sont inefficaces pour faire appliquer le droit, ces mesures dangereuses mettent en cause la structure décentralisée d'Internet et violent le principe de neutralité du Net. Elles ouvrent également la porte à la censure. En effet, appliquer les limites traditionnelles de la liberté d'expression au travers du filtrage du Net expose les utilisateurs d'Internet au risque de blocage collatéral de sites web (sur-blocage).

« Cette instrumentalisation réactionnaire des peurs par la Présidence espagnole n'est pas tolérable. Nos sociétés modernes doivent considérer Internet comme un espace public au service du progrès culturel, économique et social, pas comme un far-west dans lequel aucune règle ne s'applique. Les citoyens attachés à leurs libertés et à Internet sont menacés par ce projet sécuritaire visant à contrôler la sphère publique
en réseau. Les citoyens européens, tout particulièrement en Espagne, doivent suivre l'exemple de l'initiative 'Red Sosenible' [1] et s'opposer à cette vision extrémiste et dangereuse », déclare Jérémie Zimmermann porte-parole et co-fondateur de La Quadrature du Net.

Questions posées par la Présidence espagnole aux États membres

1. Comment votre pays lutte-t-il contre la pédopornographie, les contenus racistes et xénophobes et les atteintes à la propriété intellectuelle sur Internet ? Peut-on bloquer l'accès, dans votre pays, aux pages Internet comportant ce type de contenus?
2. Comment pensez-vous qu'il faudrait agir pour lutter contre ce type d'activités au niveau de l'Union européenne?
3. Comment pourrait-on agir contre ce type de contenus lorsqu'ils sont diffusés à partir de serveurs situés dans des États non membres de l'Union européenne?

Afin d'être en accord avec les principes démocratiques de l'Union Européenne, les réposnes à ces questions devraient indiquer que:

Les mesures de blocage et de filtrage sont inefficaces, puisqu'elles peuvent être facilement contournées. De plus, des études montrent qu'aucune méthode ne peut éviter le risque de sur-blocage, et donc que le filtrage empêche l'accès à des sites parfaitement légaux mettant ainsi en danger la liberté d'expression et de communication des utilisateurs d'Internet.

Plutôt que le filtrage, la seule solution efficace dans la lutte contre le crime en ligne est de faire retirer les contenus des serveurs qui les hébergent [2].

Afin de garantir l'État de droit sur Internet, l'Union européenne doit refuser de contourner les procédures judiciaires. Seul un juge est en mesure de qualifier un contenu ou une activité d'illégal.

À propos de la Quadrature du Net

La Quadrature du Net est une organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet. Elle promeut une adaptation de la législation française et européenne qui soit fidèle aux valeurs qui ont présidé au développement d'Internet, notamment la libre circulation de la connaissance.

À ce titre, la Quadrature du Net intervient notamment dans les débats concernant la liberté d'expression, le droit d'auteur, la régulation du secteur des télécommunications ou encore le respect de la vie privée.

Elle fournit aux citoyens intéressés des outils leur permettant de mieux comprendre les processus législatifs afin d'intervenir efficacement dans le débat public.



Passage de l'année du Bœuf à l'année du Tigre : où en est-on ?
par Évariste evariste@gaucherepublicaine.org
L’importance symbolique du Nouvel An chinois nous entraîne à rompre avec notre tropisme franco-français ou de considérer que la vraie vie est uniquement en Europe.

La crise économique de l’été 2007 et la surmultiplication réalisée par le krach bancaire et financier de septembre 2008 n’en finissent pas de s’approfondir. Les charlatans sociaux et politiques1 nous avaient prédit que 2010 voire 2011 serait l’année de la sortie de crise, s’autocongratulant pour les mesures prises pour éteindre l’incendie. Et puis patatras ! Plusieurs pays du monde ont montré des « souffrances » et puis 3 pays de la zone euro montrent de profondes défaillances.

Les dirigeants néolibéraux du monde n’ont fait que retarder les difficultés en transférant les fonds pourris des banques sur la dette des États.

Même, les économistes néolibéraux ont compris que l’accroissement sans fin de l’endettement des États allait fragiliser d’abord les États les moins solides puis par effet domino du à l’interpénétration des économies mondiales, toucher les économies les plus solides. Ils ont compris que rien ne résisterait au tsunami économique, bancaire et financier si les endettements des États continuaient.

Alors, les amis de Warren Buffet ont compris que s’ils voulaient conserver leurs privilèges et donc ne rien changer aux dogmes néolibéraux3 , il leur fallait intensifier la lutte des classes et donc considérer les acquis sociaux comme des variables d’ajustement et non comme des données immuables. C’est par une diminution draconienne des financements sociaux dans le monde entier qu’ils réussiront, pensent-ils, à juguler la crise.

C’est dans ce cadre qu’il faut analyser la concomitance dans la plupart des pays développés de l’organisation d’une nouvelle contre-réforme des retraites. Si l’on analyse cela uniquement dans un seul pays, on obscurcit le paysage et cela ne permet pas de comprendre l’ensemble du phénomène.

Bien évidemment, il n’y a pas de fatalité, même avec la crise économique, qui conduirait à devoir diminuer les retraites, augmenter la durée de cotisations ou encore retarder la durée légale du travail. Mais pour cela, il faut changer de paradigme et tourner le dos aux dogmes néolibéraux notamment celui qui tente de justifier que l’actuel partage de la valeur ajoutée4 est NORMAL et que celui de la fin des années 70 et du début des années 80 était ANORMAL. Et si l’on partait de l’idée contraire ? Voilà « une idée qu’elle est bonne » comme disent certains !

Nous ne pouvons donc que nous étonner de ne pas voir ce point s’immiscer dans le débat de la campagne électorale des régionales. Les partis de gauche se rangeraient-ils sagement à l’idée que ce problème n’entre pas dans les prérogatives des conseils régionaux français ? Que cela fasse partie des préoccupations des Français devrait leur suffire ! Et quand la réforme des collectivités locales diminuera encore les prérogatives de ces conseils, est-ce que les partis politiques de gauche diminueront d’autant le nombre de sujets à débattre ? Sont-ils les élus des citoyens ou les sujets des institutions ? Vaste problème sur lequel nous reviendrons.

1. Karl Marx appelait charlatans ceux qui voulaient combattre la misère, la pauvreté et les inégalités sociales sans mécontenter le capital [?]
2. Milliardaire et partisan de la lutte des classes, il est l’auteur de la formule : « Il y a une guerre des classes et ma classe est en train de la gagner » [?]
3. Maintien d’une répartition des richesses terriblement injuste avec un transfert de 9,3 points de PIB par an en un quart de siècle soit plus de 170 milliards d’euros par an en euros 2007. Harmonisation des protections sociales par le bas. Marchandisation, privatisation des profits et socialisation des pertes dans la protection sociale. Alliance des dirigeants du monde avec tous les intégrismes et communautarismes ethniques et religieux. Nouvelle gouvernance mondiale (dirigeants des firmes multinationales, associations multilatérales et régionales du type Union européenne, administration étasunienne [?]
4. La protection sociale représente en France 31,3 % du PIB c’est-à-dire plus de 80 % au-dessus du budget de l’État tous les ministères confondus. Elle est le premier budget humain et la première préoccupation des Français et des étrangers sur le sol français. [?]


Avril 2010
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