A propos de la laïcité :
Nouveauté par rapport au Traité établissant une Constitution pour lEurope (TCE) :
« lhéritage religieux » est mentionné comme « source de la démocratie, de
lÉtat de droit et des libertés fondamentales » ; par contre, comme dans le TCE,
lUnion Européenne (UE) reconnaît les Églises, mais pas la laïcité (le mot et la
chose sont absent des textes). Le retour en force de lingérence des Églises est
ainsi encouragé. LEurope des Lumières sobscurcit dangereusement. Les droits
des femmes à peine conquis sont directement menacés. Le Vatican triomphe avec
laide du chanoine qui préside la République.
A propos de la démocratie:
Comme dans le TCE, quelques dispositions renforcent le poids du Parlement européen, mais
celui-ci reste largement un Parlement croupion : il nest pas lunique
législateur et ses pouvoirs de contrôle sont limités (pas de séparation des pouvoirs),
il ne peut pas proposer ses propres textes (le monopole de linitiative est maintenu
en faveur de la toute puissante Commission européenne qui peut sopposer aux
attentes du Parlement et du Conseil des ministres tous deux pourtant issus du suffrage
universel). Le citoyen qui peut changer, par le suffrage universel, son maire, son
parlementaire, son gouvernement est totalement impuissant face à une Commission
européenne qui nest pas comptable de ses actes. Le traité modificatif ne modifie
pas le caractère technocratique et opaque dune Commission européenne plus que
jamais aux ordres des lobbies de la finance et du business.
A propos du néolibéralisme des politiques européennes :
La disparition de la formule « concurrence libre et non faussée » du TCE
nentraîne pas de changement dans lorientation des politiques. Un article
rappelle le primat dune « économie de marché ouverte où la concurrence est libre
» et un protocole (même valeur que le traité) indique que « le marché intérieur
comprend un système garantissant que la concurrence nest pas faussée ». La seule
politique de lUE, cest, plus que jamais, de mettre en concurrence toutes les
activités humaines. Pas de place pour la coopération ; pas de place pour la solidarité.
Mme Merkel la confirmé au Parlement européen : en ce qui concerne le libéralisme
des politiques, « rien ne va changer ».
A propos des services publics :
Rien nest plus mensonger que daffirmer que lUE protège désormais les
services publics (baptisés « services dintérêt général »). Un protocole dont
lintitulé parle des « services dintérêt général » ne concerne en fait
dans son contenu que les « services dintérêt économique général » lesquels
sont soumis aux règles de la concurrence. Il sagit-là dune formidable
mystification de la part des auteurs du traité. Comme ceux-ci lont déclaré : «
la liberté détablissement et la liberté de circulation des personnes, des biens,
des capitaux et des services continuent de revêtir une importance capitale ».
A propos de la mondialisation néolibérale :
Laffirmation selon laquelle désormais lUE protégerait contre la
mondialisation est totalement mensongère et démentie par le texte : celui-ci renforce
les pouvoirs de la Commission européenne pour négocier des politiques de dérégulation
à lOMC. Les pouvoirs du Comité 133 sont consacrés et renforcés dans la mesure
où il ne devra plus se prononcer à lunanimité. Son opacité demeure. La
négociation de la mise en uvre de lAccord Général sur le Commerce des
Services (AGCS), dont lobjectif ultime est la privatisation de toutes les activités
de services quelles soient nationales régionales ou municipales, en sera
facilitée. Le traité de Lisbonne facilite la soumission des services publics locaux aux
règles de lAGCS.
On trouvera dautres éléments de réflexion sur lEurope et le traité
modificatif (traité de Lisbonne) dans le Raoul-Marc Jennar (chercheur altermondialiste ,
site : www.urfig.org) vient de publier : « Quelle
Europe après le non ?» (Fayard). On peut en débattre lors des prochaines
conférences que l'auteur donnera à travers la France :
14 janvier : Avignon : 18H, dédicaces à la Maison des Alternatives
Solidaires ; 20H, conférence à lHôtel de ville.
15 janvier : Aix-en-Provence : 18H, IEP, 25 rue Gaston de Saporta (face
à la cathédrale).
16 janvier : Marseille : 20H30, 108, rue de Breteuil, au « Point de
Bascule ».
17 janvier : Forcalquier/Manosque : 19H, théâtre municipal de Manosque.
21 janvier : Béziers : 19H au Théâtre du Minotaure, 15 rue Solférino.
22 janvier : Montauban : 20H, Espace Sport, 65, avenue Marceau Hamecher
23 janvier : Angers : 20H30, Salle Daviers, Bd Daviers (en face du CHU).
24 janvier : Nantes : 20H30, Faculté de médecine (Amphi 9), rue Gaston
Veil.
25 janvier : Poitiers : 20H30
28 janvier : Agen : 20H30, salle Picasso, Centre culturel, côté
Stadium.
29 janvier : Marmande : 20H30, salle Damouran, Square de Verdun (face à
la poste).
Un appel du Comité National pour le Référendum est signable par les citoyens
attachés aux libertés et au respect de la démocratie sur : www.nousvoulonsunreferendum.eu
Par ailleurs il devint nécessaire d'interpeller les parlementaires (sénateurs et
députés), candidats aux élections municipales, pour leur demander si le 4 février
Versailles ils vont permettre la ratification parlementaire de ce traité et pour leur
dire quil sera tenu compte de leur attitude lors des prochaines municipales.
Cest lavenir des services publics locaux qui est en cause ! Le 4 février à
Versailles, devant les députés et sénateurs réunis en Congrès, aura lieu une
manifestation pour exiger le respect du référendum de 2005. On ne représente pas un
texte dont le contenu a été rejeté par le peuple souverain ! |