Vous avez bien lu : trois milliards deuros, cest le tiers du « trou » de la
sécu. Et ceci en vertu de larticle 56 du Traité instituant la Communauté
européenne (datant de 1957) qui stipule que « toutes les restrictions aux mouvements de
capitaux entre les États membres et entre les États membres et les pays tiers sont
interdites ». Pourtant, jusquen 2005, la loi fiscale française imposait les
dividendes versés par les filiales à leur maison mère en France. Ce nest
quà cette date que nos législateurs ont décidé de modifier la loi française
pour se mettre en conformité avec cet article. Ou plutôt avec la lecture de cet article
qui a été retenue par la Cour Européenne de Justice, créant ainsi une jurisprudence
dans laquelle se sont engouffrées toutes les grandes entreprises françaises trouvant que
lEtat ne leur faisait pas encore suffisamment de cadeaux.le
sens de la remise en cause de la souveraineté populaire !
Le sens du vote des français en mai 2005 indiquait clairement notre volonté de régler
nous-mêmes nos propres affaires et non pas de laisser une institution supranationale les
régler pour nous.
Le nouveau traité précise encore les intentions de cette institution : la concurrence
libre et non faussée suppose que nos services publics ne seront plus protégés non plus
des lois du marché qui simposent sur toutes les lois nationales. Elle permettra à
Suez dimposer à GDF sa conception du « patriotisme économique ».
A droite comme à gauche (PS), on sapprête à adopter, contre toutes les lois de la
démocratie, un traité rejeté majoritairement qui nous condamne à nous condamner
nous-mêmes à chaque fois quune entreprise sautorisera à contester les lois
nationales.
Ce nest pas dun nouveau traité encore plus régressif que nous avons besoin,
mais de reprendre pleinement possession de notre souveraineté sur les questions
économiques et fiscales qui nous concernent.
La liberté du marché, libre et non faussé !
Car peut-il y avoir des limites à la liberté de circulation des capitaux ? Et au
capitalisme en général ? On la vu, la liberté dentreprendre est de plus en
plus synonyme dallègement de charges, de taxes, bref de citoyenneté en général.
Les entreprises sont désormais placées très haut au dessus de la société et ne sont
plus tenues de participer au financement de lEtat, lequel est tenu de leur permettre
dopérer en toute gratuité sur le territoire national.
Ainsi, une société qui trouve quelle paie trop dimpôts est tout à fait
fondée à délocaliser tout ou partie de ses activités, surtout celles qui génèrent le
plus de profits, dans un pays tiers, situé même en Europe, qui sera moins exigeant sur
le plan fiscal. Et bien sûr, au sein de lUnion Européenne, les pays qui voudront
conserver leurs emplois auront tout intérêt à offrir les meilleures conditions aux
entreprises des autres pays.
En attendant, on pourrait assister à un jeu complexe de filialisations, qui ne
concernera plus seulement les activités administratives ou comptables, mais également
les activités financières. Tout cela existe déjà dans certains secteurs du tertiaire
comme les banques et les assurances, mais jusquà présent les entreprises du
secondaire étaient épargnées.
Ceux qui osent encore parler dEurope sociale sont des doux rêveurs, ou des
complices de cet ordre des choses. Une Europe capitaliste ne peut pas être sociale, il y
a contradiction dans les termes.
Marie-José Cloiseau sur http://www.info-impartiale.net
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