| Nous sommes attachés à la primauté de l'être sur l'avoir, au
primat de l'humain sur toute autre priorité, aux développement des potentialités de
chaque individu et à l'expansion de conscience.
Nous avons donc analysé les textes du projet de Constitution
européenne qui visent à régire la vie de centaines de millions de terriens en Europe et
définir le type de relations qu'ils entretiendront entre-eux et avec les autres peuples
pour des décennies.
Non sans difficulté, car ce projet de Constitution est conçu
de toute évidence comme écran de fumée, illisible et creux en apparence mais soutenue
par une terrifiante compilation de concept de "l'avoir", de la possession, de
l'accaparement, de l'intérêt égotique privé.
Tous les articles et chapitres, toutes les activités humaines et
droits des citoyens (si vantés par les tenants du "oui", notamment le social) s'inscrivent dans l'objectif premier de
la constitution: la concurrence libre et non faussée, voulue et
découlant des accords de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et de l'Accord
Générale sur la Commercialisation des services (AGCS). Le projet de constitution
encourage même les états membres à aller plus loin dans la libéralisation (la
violence) sans qu'aucun secteur de service ne soit exclu.
Qu'est que la concurence libre? (y aurait-il une
concurence non-libre) et non faussée ? Les services publics, les aides sociales, les
garanties sociales, le service de l'intéret public et de la communaité humaine sont donc
considérés comme faussant le marché ?
Il y est décidé de figer pour longtemps un choix unique de société
basée sur le marché et le profit financier, livrant les activités humaines au dogme
d'un ultra-libéralisme barbare opposant les êtres entre-eux, cassant les solidarités,
livrant les services publics collectifs aux
intérêts privés de quelques nantis. Les générations futures se voient retirées
toute droit à choisir ultérieurement le type de relations qu'elles souhaiteraient et
toute capacité à transformer leur vie.
Loin de favoriser la Paix, cette constitution organise pour le profit
de quelques intérêts privés mondiaux, la concurence et les oppositions entre les
peuples, comme s'en félicite d'ailleurs l'organisation européenne du patronatqui
retrouve dans ce texte ses propres souhaits. Cette constitution est facteur de guerre car revenant à ce qui existait avant 1945 et dont la
victoire sur les forces nazis et du patronat collaborateur avait conduit à notre
constitution de 1946, aux nationalisations, à la création des services publics, aux
rôle public de l'état.
Une pensée unique, l'idéologie états-unienne y est érigée en
vérité absolue et immuable, éloignant un peu plus les citoyens de la potentialité de
prendre part à la créativité de la vie.
Il y est question de démocratie
mais rare sont les peuples à être consulté directement, la plupart des citoyens
européens étant dépossédé ainsi de leur expression directe, de leur droit de vote
(les parlements ratifiant à leur place le texte).
Dans son article I-52, un dangereux rapprochement est institué entre
la sphère publique et les églises institutionnelles qui, d'une part, remet en cause le principe qui régit en France depuis 1789 et
la loi de 1905 la séparation des églises et de l'Etat, et d'autre part conduirait -
comme s'en réjouit la Commission des Épiscopats de la Communauté européenne (qui se
prononce en faveur du traité constitutionnel européen) - les églises institutionnelles
à percevoir des subventions de la commission européenne comme c'est déjà le cas de ...
l'Opus Déï, et ce au détriment de la liberté de conscience de chaque citoyen et
des spiritualités libérées des dogmes.
Rien dans cette constitution ne vise au développement de l'être, de
la pensée, de la conscience. Tout est ramené à la valeur marchande, au culte du veau
d'or, l'être humain n'étant qu'une marchandise parmi d'autres. C'est le dogme de
l'affrontement, de la compétition, du marché, de l'opposition des aspirations des uns
avec les autres, et ce sous l'égide de l'OTAN, l'organisation
armée sous contrôle des USA. Il n'y a pas un "oui" de droite ou un
"oui" de gauche, il y a un "oui" de soummission aux forces noires, de
l'ombre et de l'obscur à l'oeuvre.
Notre NON à cette constitution-là est
donc un acte d'espoir, un appel d'air frais, un acte de pensée positive et créatrice. Il
est un oui à une europe fraternelle et
d'échange. Il est moment de transformation, de
lumière dans les ténèbres. Il est affirmation d'amour,
de tolérance, de solidarité. Il est projet
d'avenir qu'il reste ensemble à créer en contre-point de l'intolérable pression d'un
"oui" manipulateur et au vulgaire chantage au chaos que certains tentent de
nous imposer. |