CONSTITUTION EUROPEENNE

" les droits sociaux "

 

Les idéologues du "oui" mentent:

-  « La 2e partie du traité, la Charte des droits fondamentaux, correspond au Préambule de la Constitution française et à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » (Strauss-Kahn, p. 33)

FAUX:

Dans le Préambule de la Constitution française (comme dans la Constitution belge, celle d’Allemagne, du Danemark, de l’Espagne, de Finlande, de l’Italie, de l’Irlande, du Luxembourg, des Pays-Bas, du Portugal, de Suède), le droit au travail, le droit à un revenu minimum, le droit à un salaire minimum, le droit à une allocation de chômage, le droit à une pension de retraite, le droit à la couverture des soins de santé, à un logement décent sont garantis.

Dans la Constitution européenne, ces droits ne figurent pas. S’agissant de la santé et de la sécurité sociale, le texte « reconnaît et respecte » ce qui se fait dans les Etats. Sans plus. Ce qui n’engage à rien de la part de l’Union européenne. Le droit au travail devient le droit de travailler c'est à dire à en chercher. Ce qui est très différent.

L’Union européenne n’adhère pas à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (1948) qui reconnaît ces droits sociaux collectifs. Par contre, elle adhère à la Convention européenne des Droits de l’Homme qui ne les reconnaît pas.

Il ne faut pas se laisser abuser par quelques paragraphes bien ronflants (comme l’article I-3). Cette Constitution contient ici et là des formules « tape à l’œil » qui n’engagent à rien juridiquement et qui sont vidées de tout sens par des dispositions contraignantes répétées systématiquement, comme par exemple, l’obligation de respecter « la concurrence qui doit être libre et non faussée. » Ce qui en clair veux dire que les droits sociaux de tel ou tel pays acquis par les salariés au fil de leur luttes faussent la concurence.

Strauss-Kahn (PS) manipule la présentation du texte pour le rendre acceptable.

L’article III-314 qui introduit la politique commerciale commune et donc le rôle de l'Europe à l’OMC, stipule : « l’Union contribue conformément à l’intérêt commun, au développement harmonieux du commerce mondial, à la suppression progressive des restrictions aux échanges internationaux et aux investissements étrangers directs et à la réduction des barrières douanières et autres. » Lire comme autres: les droits sociaux. Déjà, alors que la durée légale du travail en France est de 35 heures par semaine, au niveau européen la durée est de 48 heures par semaine !

On se trouve clairement en présence d’un choix politique. (Un choix politique dont même la Banque Mondiale remet en cause, aujourd’hui, l’efficacité pour la création d’emplois). Mais supprimer les restrictions aux investisseurs qui ne supportent pas les lois sociales, les lois environnementales, le respect des droits humains fondamentaux, c’est une exigence du MEDEF et des organisations patronales européennes regroupées au sein de groupes de pressions (35000 personnes travaillent pour les lobbies à Bruxelles) qui inspirent directement les Commissaires européens en reniement du serment exigé avant d'accéder à cette fonction (y compris le français Michel Barnier).

La première tentative de supprimer les restrictions aux investissements étrangers directs porte un nom : Accord Multilatéral sur l’Investissement (A.M.I.). Strauss-Kahn y était d’ailleurs directement associé et soutenait cette démarche (voir ses réponses aux interpellations à l’Assemblée Nationale).

Si la Constitution est adoptée, il ne sera plus possible (comme l’avait fait Jospin en 1998 sous la pression des associations, des syndicats, du PCF et des Verts), de dire que l’AMI doit être négocié non pas à l’OCDE, mais à l’OMC. Comme, depuis, la négociation a échoué à l’OMC, le patronat exige que l’AMI revienne dans le cadre européen. D’où sa présence dans la Constitution (On mesure ainsi l’incohérence de ceux qui ont combattu l’AMI en 1998 et qui le soutiennent aujourd’hui tel le PS).

>à voir: le graphique des institutions

 

Notre NON à cette constitution-là est donc un acte d'espoir, un appel d'air frais, un acte de pensée positive et créatrice. Il est un oui à une europe fraternelle et d'échange. Il est moment de transformation, de lumière dans les ténèbres. Il est affirmation d'amour, de tolérance, de solidarité. Il est projet d'avenir qu'il reste ensemble à créer en contre-point de l'intolérable pression d'un "oui" manipulateur et au vulgaire chantage au chaos que certains tentent de nous imposer.

Plus d'info sur : http://www.legrandsoir.info/

 

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