Le
Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce la publication ce jour du décret
autorisant la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche). Alors que
la question de la construction du réacteur EPR est fortement débattue lors de la
campagne présidentielle, c'est un gouvernement en fin de règne et décrédibilisé qui
tente de court-circuiter le débat en publiant à la sauvette le décret de création de
l'EPR.
Considérant qu'il n'y a rien à attendre de M. Sarkozy, qui est clairement aligné sur
les exigences de l'industrie nucléaire, le Réseau "Sortir du nucléaire"
s'adresse ce jour à Mme Royal et à M. Bayrou : l'une comme l'autre ont reconnu que le
débat sur l'EPR et la décision de construction de ce réacteur avaient été imposés de
façon non démocratique.
C'est avant le 1er tour de l'élection présidentielle que Mme Royal et M Bayrou doivent
prendre l'engagement, en cas de victoire, d'annuler le décret de construction du
réacteur nucléaire EPR, et ce au moins le temps que se tienne enfin un débat
démocratique sur la question. De même il est nécessaire que Mme Royal et M Bayrou
s'engagent à annuler les arrêtés préfectoraux grâce auxquels EDF a commencé les
travaux préparatoires sur le site, pour tenter d'imposer le "fait accompli".
Par ailleurs, Mme Royal doit dénoncer les propos de Bernard Cazeneuve, maire PS de
Cherbourg, qui a déclaré qu'un tel débat pourrait être expédié sur "1 mois et
demi, en plein été". M. Bayrou doit lui aussi dénoncer l'idée d'un débat
"expédié" en quelques jours... et débouchant sur la même décision de
construire l'EPR.
Un débat véritablement démocratique doit permettre aux opposants de s'exprimer à
égalité avec les promoteurs de l'EPR, contrairement à ce qui s'est passé lors du
"débat public" qui a mis en scène EDF, les opposants devant se contenter de
poser quelques questions.
Enfin, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que trois candidats à
l'élection présidentielle, Olivier Besancenot, José Bové, et Dominique Voynet, se sont
prononcés contre le nucléaire en général et donc contre la construction de l'EPR.Plusieurs
manifestants anti-EPR, portant des banderoles où l'on peut lire "Pour des
alternatives au nucléaire" et "Stop au réacteur EPR", manifestent cycliquement
devant les meeting électoraux des candidats UMP et UDF et les permanences du PS.
Greenpeace appelle à la Résistance
Paris, France À onze jours du premier tour de l'élection présidentielle, le
gouvernement vient de signer le décret d'autorisation de la construction de l'EPR, le
nouveau réacteur nucléaire prévu à Flamanville dans la Manche. Greenpeace dénonce
cette décision irresponsable prise dans la précipitation pré-électorale et appelle
l'ensemble des candidats à la présidentielle à réagir face à ce déni de démocratie
en s'engageant à annuler ce décret s'ils sont élus.
« Malgré ce qu'affirme le gouvernement, le projet de réacteur nucléaire EPR a été
décidé sans débat démocratique. La signature du décret en période de campagne
électorale illustre à nouveau les méthodes que l'on croyait révolues : celles d'un
gouvernement à la solde du lobby nucléaire, déclare Frédéric Marillier, chargé de
campagne Nucléaire à Greenpeace France. Avec ce décret, le gouvernement en fin de
course ignore l'opinion de la majorité des citoyens et tente de verrouiller un projet
remis en cause par la plupart des candidats à la présidentielle. »
Les sondages d'opinion sont sans appel. 78 % des Français estiment qu'il faut en
priorité développer les énergies renouvelables pour qu'elles deviennent la source
principale d'énergie et seuls 19 % défendent le maintien du nucléaire (Louis
Harris/20 Minutes/RMC, février 2007). D'autre part, 56 % des Français pensent qu'il est
facile de remplacer le nucléaire par le développement des énergies renouvelables et des
économies d'énergie ; 37 % pensent le contraire (Eurobaromètre, février 2007). Le 17
mars dernier, 60 000 Français ont manifesté pour demander l'abandon du projet EPR.
Parmi les candidats à l'élection présidentielle, José Bové, Dominique Voynet
et Olivier Besancenot soutiennent déjà cette demande. De leur côté, François
Bayrou, Ségolène Royal et Philippe De Villiers réclament un nouveau et vrai débat
démocratique sur la question. Greenpeace appelle aujourd'hui ces candidats à réagir
fortement et s'engager clairement ?? annuler ce décret s'ils sont élus.
Par ailleurs, Greenpeace va attaquer ce décret et justice et prépare dès aujourd'hui un
recours en annulation devant le Conseil d'Etat.
« Le gouvernement et l'industrie nucléaire veulent enfermer la France dans un projet de
réacteur inutile. Un EPR est déjà en construction en Finlande, et le chantier tourne au
désastre, déclare Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace
France. Mais rien n'est irréversible et Greenpeace reste déterminer à s'opposer par
toute les voies à l'EPR. »
Il y a quinze jours, Greenpeace en pénétrant avec une facilité déconcertante dans la
centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) a clairement démontré les risques
liés aux réacteurs nucléaires. Cette action illustrait les résultats d'une étude*
analysant le danger lié à l'EPR et démontrant que contrairement au discours officiel ce
réacteur sera le plus dangereux au monde.
*? John Large, Evaluation des conséquences radiologiques de rejets accidentels du
réacteur EPR proposé en France (et de certains réacteurs existants), février 2007.
À télécharger : le
rapport sur les conséquence d'una ccident nucléaire EPR
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