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Sortir du nucléaire

le Réseau “Sortir du nucléaire” (fédération de 762 associations) écrit à tous les candidats à la présidence de la république. Le Réseau explique qu'il n'appellera à voter pour personne mais que, par contre, il fera directement campagne contre les candidats qui ne prendront pas des engagements parfaitement clairs sur la construction du réacteur EPR (prévu à Flamenville) d'une part, et d'autre part sur la globalité du dossier nucléaire.

interpellation des candidats à la "Présidentielle"

Le 15 avril dernier, avec le collectif "Stop-EPR" qu'il a initié, le Réseau "Sortir du nucléaire" a rassemblé malgré une pluie battante 30 000 manifestants à Cherbourg, contre la construction du réacteur nucléaire EPR. Il annonce vouloir démultiplier le nombre de participants le 17 mars 2007 prochain avec 5 manifestations simultanées à Rennes, Lille, Strasbourg, Lyon, et Toulouse. Le Réseau "Sortir du nucléaire" questionne aussi l'UDF sur l'enfouissement des déchets radioactifs, projet qualifié par les antinucléaires de "véritable crime contre les générations futures".
 
Le Réseau fournit aux candidats un document qui conteste l'aptitude du nucléaire à réduire, même partiellement, le réchauffement climatique, à assurer une quelconque indépendance énergétique, et à s'inscrire dans un projet démocratique. Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle à ce sujet la mise en garde à vue de son porte-parole, le 16 mai 2006, par la DST (Direction de la surveillance du territoire)


Question 1 : quelle est votre position sur le réacteur nucléaire EPR ?

Nous vous demandons solennellement de nous dire quelle est votre position exacte par rapport à la construction du réacteur nucléaire EPR à Flamanville (Manche). De nombreux spécialistes de l'envieonnement, dont Nicolas Hulot, on pris position contre la construction de ce réacteur.

Si vous remportez les élections présidentielles et/ou législatives, annulerez-vous la construction du réacteur EPR, que ce soit à Flamanville (Manche) comme prévu par le gouvernement actuel ou sur un éventuel autre site ?

 
Question 2 :  quelle position sur l'enfouissement des déchets radioactifs ?

Un site est en construction à Bure (Meuse) pour y enfouir à terme les déchets radioactifs les plus dangereux. Pour une majorité de citoyens, un tel enfouissement est un véritable crime contre les générations futures. Claude Allègre, ancien Ministre et surtout ancien président du Bureau des Recherches Géologiques et Minières (BRGM) a déclaré le 6 février 2001 devant le Sénat  : "On a raison de se mobiliser contre les méthodes de stockage ; géologiquement parlant, le sous-sol est le plus mauvais endroit pour stocker les déchets radioactifs à cause de l'eau qui y circule et pénètre partout."
 
Si vous remportez les élections présidentielles et/ou législatives, annulerez-vous tout projet d'enfouissement des déchets radioactifs ? Dans tous les cas, reconnaissez-vous qu'il n'y a aucune solution acceptable pour les déchets radioactifs et que la première chose est d'arrêter au plus vite d'en produire ?

 
Annexe - Des données indispensables sur le nucléaire

On peut lire ici où là que le nucléaire serait une option pour lutter contre le réchauffement climatique. Or l'atome ne couvre que 2% de la consommation mondiale d'énergie : une part si faible que le rapport "Facteur 4", remis au gouvernement en octobre 2006, pointe "l'apport finalement marginal du nucléaire" dans la lutte contre l'effet de serre. (Cf Le Monde, Editorial, vendredi 13 octobre 2006)

Qui plus est, de l'aveu même de l'Agence internationale de l'énergie, la part du nucléaire est en déclin irréversible : la majorité des 440 réacteurs actuellement en fonction sur Terre fermera d'ici 2030 et les éventuels nouveaux réacteurs ne compenseront pas les fermetures. Le réchauffement climatique est un vrai problème, mais il est clair que ce n'est pas le nucléaire qui le règlera, même partiellement.

Autre mythe : l'indépendance énergétique apportée par le nucléaire est en réalité très faible. En France, malgré 58 réacteurs, l'atome couvre péniblement 17% de la consommation énergétique. Certes, pour qui est conscient du risque nucléaire, c'est 17% de trop mais, en fin de compte, c'est une part très faible, trop faible pour changer la donne : la France est, comme les autres pays, frappée par l'explosion de la facture énergétique : + 24% en 2004, + 35% en 2005 et, au vu des 10 premiers mois, cela va être encore pire pour 2006. Et il faut y ajouter la très lourde facture nucléaire (déchets, démantèlement).

De plus, le 10 juillet 2006, le ministre de l'industrie François Loos (pourtant totalement pronucléaire) a annoncé que la part du nucléaire dans l'électricité française tomberait de 80% actuellement à 73% en 2015 (soit environ 15% de l'énergie consommée contre 17% actuellement). Il faut le dire et le redire : en France comme dans le monde, le nucléaire est en déclin irrémédiable et ne protègera personne du réchauffement climatique ni de la montée du prix de l'énergie.

Autre fausse vertu du nucléaire : l'emploi. La centralisation extrême des emplois dans les centrales nucléaires donne une fausse impression de masse : à production égale, les énergies renouvelables créent 15 fois plus d'emplois. Par exemple, si l'EPR est construit, il coûtera 3,5 milliards d'euros pour créer…     300 emplois pérennes : une misère ! Faites le compte : 12 millions d'euros par emploi, une folie. De plus, la sortie du nucléaire ne pousserait personne au chômage : le temps de fermer 58 réacteurs, de les démanteler et de s'occuper des déchets radioactifs, il reste du travail pour… des millions d'années.

A l’inverse l’étude commandée en 2006 par le Réseau Sortir du nucléaire au bureau d’étude "Les 7 Vents du Cotentin" montre qu’avec la même somme, il serait possible de produire ou d’économiser deux fois plus d’énergie que l’EPR, tout en créant 10 000 emplois décentralisés sur tout le grand ouest.

Enfin, venons-en à la question démocratique. La plupart des centrales nucléaires n'ont pu être construites qu'avec l'intervention massive de compagnies de CRS. De plus, par nature, le nucléaire est exclu du contrôle citoyen : depuis 50 ans en France, les populations sont ainsi privées de leurs droits et les associatifs sont pourchassés (Cf dernièrement encore l'intervention de la DST chez un porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire"). Le nucléaire est incompatible avec un projet démocratique.

Contact presse (Stéphane Lhomme) : 06 64 100 333 . Réseau "Sortir du nucléaire" http://www.sortirdunucleaire.org/

 


LES REPONSES :


M. Fabius et Mme Royal ont répondu aux
questions du Réseau "Sortir du nucléaire"

Le Réseau "Sortir du nucléaire" publie et commente ce jour les réponses qu'il a reçues de M. Fabius et Mme Royal (par ordre alphabétique). Le secrétariat de M. Strauss-Kahn annonce une réponse pour vendredi, soit après le 1er vote interne du PS.

Important : Le Réseau "Sortir du nucléaire", sauf énorme surprise, n'attend pas de réponse satisfaisante de la part du troisième candidat, M. Strauss-Khan. Ancien ministre de l’économie, il a été grassement payé comme “consultant” d’EDF pour des opérations de promotion du nucléaire. Lire absolument à ce sujet l’extrait du livre “Les Vies cachées de DSK” : http://www.sortirdunucleaire.org/info16/li1610.htm <http://www.sortirdunucleaire.org/info16/li1610.htm>

Si M. Fabius et Mme Royal affichent en préambule de bonnes intentions (économies d'énergie, développement des énergies renouvelables, fiscalité écologique, etc.), il est clair que ce sont les réponses aux questions précises posées par le Réseau "Sortir du nucléaire" qui sont significatives. Or ces réponses sont globalement insatisfaisantes ou, au "mieux", très ambiguës.
 
Si ces réponses ne semblent pas à même de départager les deux candidats, elles n'apparaissent pas du tout convaincantes dans la perspective de l'élection présidentielle elle-même.
 
• Pour ou contre le projet de construction du réacteur nucléaire EPR ?

Malgré la demande précise du Réseau "Sortir du nucléaire", les deux candidats ne répondent pas véritablement à la question "Si vous remportez l'élection présidentielle, annulerez-vous la construction du réacteur EPR ?"
 
Laurent Fabius : "Je suis opposé à la décision précipitée de construire aujourd’hui en France un nouveau réacteur nucléaire de type EPR, avec une technologie dont les inconvénients ne sont pas très différents de ce qui existe aujourd’hui et qui peut encore beaucoup évoluer dans les années à venir."
 
Ségolène Royal : " Je déplore que la construction de l’EPR ait été décidée dans la précipitation et sans aucun débat démocratique préalable. Les enjeux n’ont pas été correctement analysés et discutés. Ainsi l’EPR correspond-il, en l’état actuel du parc nucléaire français, à un vrai besoin ? En outre, ce choix obère une partie des crédits dédiés à la recherche sur le traitement des déchets, sur les installations de la quatrième génération et sur les énergies renouvelables."
 
Analyse du Réseau "Sortir du nucléaire" : les deux candidats contestent la "précipitation" de la décision de construire l'EPR… sans véritablement la remettre en cause. Pire, ils laissent clairement entendre qu'il sera bienvenu d'investir quand même dans le nucléaire ("Une technologie qui peut encore beaucoup évoluer" ; "La recherche sur les installations de la 4ème génération").
 
• Pour ou contre l’enfouissement des déchets nucléaires  ? :

Laurent Fabius : "S’agissant de la politique des déchets radioactifs, je considère que nous devons poursuivre la recherche sur les trois voies qui ont été définies, mais nous garder de toute décision irréversible en l’absence d’une solution durable qui évite de reporter le problème sur les générations futures."
 
Ségolène Royal : "L’état actuel de la recherche sur le traitement des déchets radioactifs ne permet pas d’avoir de solution entièrement satisfaisante. Il est donc indispensable d’accentuer l’effort de recherche dans ce secteur. Mais l’enfouissement est certainement une solution préoccupante pour l’avenir : il ne me paraît pas possible, dans l’état actuel des connaissances et des techniques, de s’engager dans une telle voie."
 
Analyse du Réseau "Sortir du nucléaire" :

- Mme Royal se prononce assez clairement contre cet enfouissement… mais en laissant ouverte la question avec la formule "dans l’état actuel des connaissances et des techniques". Cette réponse n'est donc que relativement satisfaisante.


- M. Fabius reste extrêmement ambigu, ne prenant pas clairement position. Sa réponse est donc tout à fait insatisfaisante.
 
Enfin, malgré la demande précise du Réseau "Sortir du nucléaire", les deux candidats ne répondent pas à la question "Reconnaissez-vous qu'il n'y a aucune solution acceptable pour les déchets radioactifs et que la première chose est d'arrêter au plus vite d'en produire ?"
Tout en reconnaissant l'absence de solution satisfaisante, ils ne remettent pas en cause le fait même de produire des déchets radioactifs. Il s'agit là d'un cas explicite d'inconséquence.
 
• Quelle "réduction de la part du nucléaire" ?

M. Fabius : "(...) une autre approche que la politique actuelle du tout nucléaire"
 
Mme Royal : "La part du nucléaire sera progressivement abaissée pour faire passer à 20% en 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie."
 
Analyse du Réseau "Sortir du nucléaire" :

Malgré la demande précise du Réseau "Sortir du nucléaire", les deux candidats ne répondent pas à la question "Si vous remportez l'élection présidentielle, déciderez-vous d'un plan de fermeture d'un certain nombre de réacteurs nucléaires en France, par exemple en commençant par les plus anciens ?"

Les deux candidats se contentent de généralités ("La part du nucléaire sera progressivement abaissée" ET "Une autre approche que la politique actuelle du tout nucléaire"), mais sans fournir le moindre pourcentage, sans parler de la fermeture du moindre réacteur nucléaire.
 
• Conclusion

De toute évidence, malgré des déclarations "dans l'air du temps" sur la protection de l'environnement, le développement durable, les économies d'énergie, les énergies renouvelables, le PS et ses candidats restent incontestablement pro-nucléaires. Ils n'envisagent aucunement, même sous l'angle d'une simple hypothèse, un plan de sortie du nucléaire, et ce malgré la référence faite à dessein par le Réseau "Sortir du nucléaire" aux socialistes allemands, qui défendent contre la droite la poursuite du plan de sortie du nucléaire.

Même sur la seule question du réacteur nucléaire EPR, les candidats socialistes restent très ambigus. S'ils sont, comme le précisent les textes du PS, "contre la construction de l'EPR maintenant", n'est-ce pas parce qu'ils seront pour l'EPR un peu plus tard ? Autant dire : après les élections…
 
Réseau "Sortir du nucléaire" - Mercredi 15 novembre 2006
http://www.sortirdunucleaire.fr


Les réponses complètes :


Réponse de Laurent Fabius

Paris, le 13 novembre 2006
 
Cher Monsieur,
 
Vous avez bien voulu m’interroger, au nom de votre réseau sur un certain nombre de questions concernant la filière nucléaire.
 
Comme vous le savez, je suis pour ma part décidé, dans le cadre de la lutte contre le réchauffement climatique, à mener de façon volontariste une politique extrêmement active d’économie et de diversification énergétique et de développement des énergies renouvelables. Cette priorité suppose une autre approche que la politique actuelle du tout nucléaire, menée sans transparence suffisante ni réel débat.
 
C’est pourquoi, conformément à la position prise en son temps par le Parti Socialiste, je suis opposé à la décision précipitée de construire aujourd’hui en France un nouveau réacteur nucléaire de type EPR, avec une technologie dont les inconvénients ne sont pas très différents de ce qui existe aujourd’hui et qui peut encore beaucoup évoluer dans les années à venir.
 
S’agissant de la politique des déchets radioactifs, je considère que nous devons poursuivre la recherche sur les trois voies qui ont été définies, mais nous garder de toute décision irréversible en l’absence d’une solution durable qui évite de reporter le problème sur les générations futures.
 
Sur ces questions énergétiques, j’estime enfin indispensable que soit organisé dans le pays un large débat dont le vrai pluralisme devra être garanti, contrairement à ce qui s’est passé ces dernières années.
 
Je vous prie de croire, cher Monsieur, à l’assurance de ma profonde considération.
 
Laurent Fabius


 

Réponse de Ségolène Royal

Paris, le 13 novembre 2006
 
Mesdames, Messieurs,
 
La question énergétique, intimement liée à celle de l’environnement, est une des questions majeures que nous devrons résoudre dans les années à venir. Notre pays a pris du retard, tant du point de vue du développement des énergies renouvelables que de celui des économies d’énergie. Or nous devons préparer dès maintenant l’après-pétrole. J’ai dit que je voulais que la France soit le pays de l’excellence environnementale, et que la relance de l’Europe se fasse notamment sur cet objectif.
 
C’est une question de responsabilité face à une réalité, celle de la crise environnementale profonde que nous vivons, marquée par le changement climatique, la perspective de l’épuisement des hydrocarbures et les atteintes à la santé par les pollutions de toute nature. C’est aussi une question de devoir pour assurer un avenir meilleur à nos enfants. Défendre la justice sociale et l’égalité des chances, cela passe aussi par la prévention et la réparation des risques environnementaux. Nos concitoyens attendent aujourd’hui de l’Etat qu’il les protège dans un monde instable et perçu comme menaçant Or, l’Etat peut agir, efficacement s’il le veut, dans la prévention des risques environnementaux et la promotion de nouveaux comportements.
 
Les outils existent, ils ne sont pas utilisés. Utiliser l’arme de la fiscalité écologique pour modifier les comportements et financer les politiques environnementales, construire de nouveaux réseaux de transports en commun en ville ou en agglomération, diffuser les progrès techniques pour permettre de consommer moins, lancer un grand plan de recherche publique pour mettre au point de nouvelles énergies alternatives, favoriser la production et l’utilisation des énergies qui ont déjà prouvé leur efficacité, comme l’éolien, le photovoltaïque, l’hydraulique, la biomasse, la géothermie et les bio carburants, lancer un programme pour une meilleure isolation des logements, voilà les orientations pour s’engager dans la voie de l’efficacité énergétique. Bien entendu cela nécessitera une modification des comportements de consommation, de déplacements et des transports. Mais je crois que nos concitoyens sont conscients que c’est une nécessité, mais aussi une chance car les emplois de demain sont en grande partie dans les éco-industries.
 
Dans le cadre de cette politique, la part du nucléaire sera progressivement abaissée pour faire passer à 20% en 2020 la part des énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie. J’estime tout à fait excessive la place du nucléaire dans la production électrique française. Il est donc indispensable de la réduire progressivement, dans des délais raisonnables et de diversifier nos modes de production électrique pour arriver à un bouquet énergétique.
 
Je déplore que la construction de l’EPR ait été décidée dans la précipitation et sans aucun débat démocratique préalable. Les enjeux n’ont pas été correctement analysés et discutés. Ainsi l’EPR correspond-il, en l’état actuel du parc nucléaire français, à un vrai besoin ? En outre, ce choix obère une partie des crédits dédiés à la recherche sur le traitement des déchets, sur les installations de la quatrième génération et sur les énergies renouvelables. On voit que c’est l’ensemble des enjeux énergétiques et des options qui devra être remis à plat.
 
Cette remise à plat devra se faire dans la transparence. Je m’engage à mettre fin à l’opacité qui entoure aujourd’hui le secteur nucléaire en France. Toutes les décisions relatives au nucléaire feront l’objet d’un vaste débat public alimenté par des études scientifiques incontestables. Le contrôle de ce secteur devra également être rendu plus efficace et plus crédible aux yeux des citoyens.
 
Enfin, l’état actuel de la recherche sur le traitement des déchets radioactifs ne permet pas d’avoir de solution entièrement satisfaisante. Il est donc indispensable d’accentuer l’effort de recherche dans ce secteur. Mais l’enfouissement est certainement une solution préoccupante pour l’avenir : il ne me paraît pas possible, dans l’état actuel des connaissances et des techniques, de s’engager dans une telle voie.
 
Je vous prie d’agréer, Mesdames, Messieurs, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
 
Ségolène Royal


 

 

La Manche Libre – 3 décembre 2006

“Ségolène Royal est pour l’EPR”
Bernard Cazeneuve, maire de Cherbourg, sur Radio Manche

Extrait :

Interrogé sur la position officielle du PS au sujet du réacteur nucléaire EPR, M. Cazeneuve a rappelé qu’il ne serait pas le candidat de son parti si ce dernier devait ne pas soutenir sa construction. Selon lui, “Mme Royal a de toute façon un discours extrêmement clair sur le sujet : elle dit qu’il n’y a pas de raison de sortir du nucléaire et qu’elle n’entend pas remettre en cause le programme EPR”. Toutefois, nuance importante pour M. Cazeneuve, l’EPR à Flamanville ne veut pas dire qu’il sera généralisé sur l’ensemble du territoire. “Il faut d’abord que nous ayons un prototype à Flamanville pour voir comment il fonctionne.” Ce qui induit pour le maire de Cherbourg un “gel de la généralisation de ce réacteur dans l’attente de des résultats de l’expérience de Flamanville” et une opportunité pour “diversifier” par ailleurs les sources de productions.

Autre sujet proche de l’EPR, celui des couloirs de lignes à très hautes tension (THT), Bernard Cazeneuve est-il pour l’enfouissement des lignes ? Réponse : “Tout le monde est pour l’enfouissement des lignes THT à partir du moment ou c’est possible et financièrement jouable. J’ai cru comprendre que ce n’était pas le cas partout, sur la totalité du tracé d’une ligne. Ce que je souhaite, c’est que l’on fasse sur ce sujet le contraire de ce qui a été fait pour l’EPR. On a décidé de mettre en place un réacteur avant que ne soit organisé le débat public. Sur les lignes THT, il ne faut pas donner le sentiment que le débat public est un gadget. Il faut que la concertation soit la plus large possible”.

 vendredi 10 novembre 2006

 

 

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