| « Le temps des discussions est terminé. Voici venu le temps des décisions,
déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole de
lAlliance. Pour être une réussite et répondre à la crise environnementale, le
Grenelle de lenvironnement doit déboucher sur les décisions radicales que nous
proposons et qui font rupture avec le statu quo actuel. Ces décisions doivent
impérativement comprendre des objectifs chiffrés et datés.» « LAlliance
jugera les résultats du Grenelle de lenvironnement sur la base de critères
objectifs : les solutions clés à la crise environnementale ! » annonce Daniel Richard,
président du WWF France et porte-parole de lAlliance pour la planète.
Pour que le grenelle de lenvironnement soit une réussite, la déclaration finale
de Nicolas Sarkozy doit être :
Transports : Pour limiter les émissions massives de CO2 liées au
transport, le Grenelle décide de sortir de la logique du « tout routier », en mettant
en place un moratoire sur les projets autoroutiers et aéroportuaires, et en développant
massivement les modes de transports alternatifs pour les voyageurs et les marchandises.
LAgence de financement des infrastructures de transports en France doit allouer en
2008 aux collectivités territoriales 43,5 milliards deuros pour développer les
transports urbains et périurbains (tramways, bus, métro, train voyageurs). Les recettes
de léco-redevance sur les poids lourds et de léco-pastille annuelle sur les
véhicules particuliers neufs doivent être affectées à ce financement.
Bâtiments : Le Grenelle décide la mise en place dun plan de
rénovation massif et ambitieux des logements. Une loi de programmation sur les bâtiments
devra être votée en 2008 avec, à partir de 2012, une obligation disolation des
logements lors du changement doccupant (environ 400 000 logements par an), à 50
kWh/m2 dénergie primaire pour le chauffage. Les travaux disolation seront
financées par les économies dénergie réalisées et une aide publique dun
milliard deuros par an (financement de prêts à taux zéro).
Énergie : La lutte contre les changements climatiques passe par une
refonte de la politique énergétique de la France, fondée en priorité sur
lefficacité énergétique . Celle-ci permettra également aux Français de réduire
considérablement leur facture « énergétique ». Pour améliorer dau moins 20%
lefficacité énergétique et développer les énergies renouvelables à hauteur
dau minimum 20% de notre bouquet énergétique dici 2020, le Grenelle décide
que le projet de nouveau réacteur nucléaire EPR doit être abandonné et la sortie du
tout nucléaire programmée..
Pesticides : Parce que les pesticides sont devenus une menace majeure
pour la santé et lenvironnement, le Grenelle décide un plan de réduction de
lutilisation des pesticides de 25 % en 5 ans et de 50 % en dix ans.
La France, pays de la gastronomie, doit redorer son image autant sur le plan de la
qualité sanitaire de ces aliments que de son impact environnemental. 15 % de la surface
agricole doit être consacrée à lagriculture biologique dici 2012.
OGM : Pour garantir le droit de produire et de consommer sans OGM et
lutter contre la contamination irréversible de lenvironnement, le Grenelle décide
la mise en place dun moratoire sur les cultures dOGM en plein champ, seule
façon de garantir lexistence de cultures non OGM conventionnelles ou bio.
Déchets : Pour réduire la quantité de déchets à la source et
développer les filières de valorisation matière, avec un lobjectif de 60% de
valorisation des déchets dici à 2020, le Grenelle décider la mise en place
dun moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs.
Forêts : Le Grenelle décide de valoriser la filière bois française
et de protéger les forêts tropicales, avec un objectif contraignant: 90 % de bois issus
des filières locales, et 10 % issus des filières dimportations certifiées FSC
dici à 2012.
Lanceurs dalerte : Le Grenelle décide de mettre en place un
statut de protection des lanceurs dalerte, chercheurs ou simples citoyens qui, dans
le secteur public comme dans le privé, alertent dun risque environnemental et/ou
sanitaire.
Mesure fiscale : Le Grenelle décide que lénergie doit être
payée à son vrai coût, qui comprend notamment limpact environnemental. Pour cela,
le Grenelle décide que soit inscrite dans la loi de finances 2008 une contribution
financière « énergie climat » sur les émissions de gaz à effet de serre et la
consommation dénergie non renouvelable (charbon, gaz, pétrole, nucléaire)
dau moins 20 euros/tonne de CO2, et de 50 euros/TEP. L Les recettes générées
pourront être utilisées pour financer les investissements dans les économies
dénergie et pour maintenir le niveau de revenu des ménages les plus modestes. |