Alors
que le premier texte de loi issu du "Grenelle de l'environnement" est étudié
aujourd'hui en Conseil des ministres, le Réseau "Sortir du nucléaire" publie
son bilan du processus du "Grenelle". Il en ressort en particulier que :
Sur le processus :
- Le principe même du "Grenelle de l'environnement" impliquait son échec : il
ne faut pas négocier avec les pollueurs - demande-t-on aux pompiers de négocier avec les
pyromanes ? - mais leur imposer les mesures nécessaires.- la question du nucléaire a
été exclue des discussions du "Grenelle" par ses organisateurs (l'Elysée et
le gouvernement) alors que cette énergie représente un grave problème pour
l'environnement.
- les participants au "Grenelle" ont hélas accepté cette interdiction de
remettre en cause le nucléaire, et n'ont d'ailleurs pas quitté le processus lorsque, le
25 juillet, M. Sarkozy a signé un accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi.
- le "Grenelle" a bénéficié d'une légitimité totalement artificielle
basée sur la participation de personnalités médiatiques qui se sont bien gardées de
remettre en cause la politique nucléaire de M. Sarkozy.
Sur les "résultats" :
- aucun moratoire n'est en vigueur concernant les dossiers environnementaux emblématiques
: incinérateurs, autoroutes, aéroport "grand-ouest", etc.
- les succès - hélas provisoires - obtenus sur la question des OGM ne sont pas dûs
au "Grenelle" mais aux multiples actions des Faucheurs volontaires.
- ce qui était impensable auparavant est hélas possible depuis le
"Grenelle" : des véhicules sont présentés comme "propres" sous
prétexte qu'ils sont visés par un "bonus écologique", le nucléaire est
présenté comme "propre et renouvelable", etc.
- des mesures supposées être "écologiques", par exemple la création de
milliers de kilomètres de lignes TGV, vont en réalité avoir de graves conséquences
environnementales et sociales (voir explications en partie C).
En résumé, le mouvement écologiste et l'opinion publique
ont été abusés. Non seulement le "Grenelle de l'environnement" n'a quasiment
rien apporté à la protection de l'environnement mais, au contraire, il a donné une
forme de légitimé aux activités polluantes : puisqu'elles n'ont pas été remises en
cause par le "Grenelle", rien ne s'oppose désormais - à part les mobilisations
citoyennes - à ce qu'elles continuent de plus belle. Le "Grenelle de
l'environnement" est donc finalement une défaite majeure pour l'écologie.
(*) Rappel : le Réseau "Sortir du nucléaire" a refusé de se plier à
l'interdiction de remettre en cause le nucléaire, et n'a donc pas participé au
"Grenelle de l'environnement".
-------------------------------------
1) Le "Grenelle de l'environnement" : avant
après
Avant : le 25 mai 2007, le Réseau "Sortir du nucléaire" obtient la publication
dans Libération dune tribune titrée "Le Grenelle de l'environnement : une
caution pour relancer le nucléaire".
Après : le 17 janvier 2008, interrogé par l'AFP, le sénateur UMP Jean Bizet explique :
"Il y a des dossiers stratégiques qui ne devaient pas rentrer dans le Grenelle
(
) il fallait en sortir le nucléaire, ça a été fait."
Morale de l'histoire : le Réseau "Sortir du nucléaire" avait vu juste, le
"Grenelle de l'environnement" a en particulier servi au pouvoir français pour
protéger le nucléaire. Jean Bizet rajoute : "Il fallait en sortir les
biotechnologies, cela n'a pas été fait, tout simplement parce que, si ça avait été
fait, il n'y aurait pas eu le moindre écologiste à s'asseoir autour de la table du
Grenelle". Il est fort regrettable que les écologistes en question n'aient pas
exigé concernant le nucléaire ce qu'ils ont exigé concernant les biotechnologies
-------------------------------
2) Bilan du Grenelle de l'environnement
A) Coup de force sur la question du nucléaire :
Le "Grenelle de l'environnement" a permis aux autorités françaises de
réaliser un incroyable coup de force : mettre les questions environnementales au
cur de l'actualité
sans que jamais le nucléaire ne soit discuté. Au
contraire, cette énergie est désormais présentée par les industriels et les autorités
françaises comme étant "propre et renouvelable" (sic).
Il est injustifiable que les dégâts environnementaux causés par l'industrie nucléaire
n'aient pas été discutés et remis en cause lors du "Grenelle". On citera par
exemple :
- les graves pollutions causées par les mines d'uranium exploitées au Niger par la
France afin de "nourrir" ses centrales nucléaires.
- les rejets dans l'air et dans l'eau de grandes quantités de produits radioactifs et
chimiques.
- la production de déchets radioactifs dont certains vont rester dangereux pendant des
millions d'années.
On se demande bien en vertu de quoi ces pollutions ne pouvaient pas relever du
"Grenelle de l'environnement". Il aurait fallu que les participants au
"Grenelle" refusent l'interdiction de contester le nucléaire ou, au moins,
quittent le processus lorsque, le 25 juillet, M. Sarkozy a signé un accord nucléaire
avec le dictateur libyen Kadhafi.
Notons d'ailleurs que, pendant le processus du Grenelle et par la suite, le chef de l'Etat
a tenté, à chacun de ses déplacements à l'étranger (en Chine, au Moyen-Orient, en
Inde, en Afrique du Sud, etc), d'aider Areva et EDF à vendre des réacteurs nucléaires.
Le 24 septembre, à la tribune de l'ONU, M. Sarkozy a même annoncé que la France était
"prête à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire".
Enfin, dans son discours de clôture du "Grenelle", le 25 octobre dernier, le
Président de la République a volontairement trompé l'opinion en annonçant qu'
"aucun nouveau site nucléaire ne sera créé", alors que... tous les projets de
nouvelles installations nucléaires sont prévus sur des sites déjà existants. C'est par
exemple le cas du réacteur nucléaire EPR (fission nucléaire), en construction dans
l'enceinte de la centrale nucléaire de Flamanville (Manche), et du réacteur ITER (fusion
nucléaire), en construction dans le site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône).
Finalement, on peut dire que le "Grenelle de l'environnement" a servi à
légitimer la politique nucléaire de l'Etat français, imposant un véritable
négationnisme sur les graves nuisances environnementales de l'industrie nucléaire.
B) Déconvenues sur les autres dossiers :
Si la question du nucléaire a été écartée d'office, force est de constater que les
déconvenues se succèdent aussi concernant les autres questions environnementales :
- pas de moratoire sur les incinérateurs
Certains projets emblématiques (comme celui de Fos, près de Marseille) ne sont pas
abandonnés. Par ailleurs, le fonctionnement des quelques 128 incinérateurs actuellement
en service n'est pas remis en cause : malgré les belles campagne publicitaires du
ministère de l'écologie et des industriels, la réalité est que la production de
déchets (par exemple d'emballages) est toujours en augmentation.
- pas de moratoire sur les autoroutes
En particulier, l'autoroute A65 (Langon-Pau) n'est toujours pas remise en cause alors
qu'il s'agit d'un projet injustifiable sur le plan écologique - les déboisements ont
d'ailleurs commencé et des zones Natura 2000 sont menacées - mais aussi sur le plan
économique : ce sont les finances publiques qui couvriront les pertes si cette
infrastructure est construite. Le contournement autoroutier de Strasbourg n'est pas non
plus remis en cause.
- déconvenue sur l'isolation des bâtiments
Lors du "Grenelle", de belles annonces ont eu lieu concernant la rénovation et
l'isolation des bâtiments pour réduire les pertes et donc la consommation d'énergie.
Hélas, il apparait aujourd'hui que les ambitions sont largement revues à la baisse. En
particulier, l'objectif d'une consommation réduite à 80 kWh/m²/an après rénovation
est abandonné. Finalement, les mesures prises n'iront guère au delà de ce qui était
déjà exigé par l'Union européenne.
- continuation du projet d'aéroport "Grand Ouest"
De plus, l'Autorité de contrôle des nuisances sonores aéroportuaires (Acnusa), qui
vient de publier son rapport annuel, estime que les mesures prises dans la foulée du
Grenelle de l'environnement pour améliorer la situation des riverains des aéroports sont
très insuffisantes et souligne que le système actuel d'aide à l'insonorisation des
logements des riverains est "bien trop complexe pour répondre à l'ampleur du
chantier".
- remise en cause des quotas de pêche
Le 21 janvier 2008, le Président de la République a remis en cause verbalement (avant de
passer à l'acte ?) les quotas de pêche qui, pourtant, sont seuls à même de sauver
certaines espèces de la disparition.
- autorisation du pesticide Cruiser
Le 7 avril 2008, le gouvernement français a autorisé l'usage de l'insecticide Cruiser
qui a pourtant déjà causé de véritables désastres à l'étranger (par exemple en
Italie).
- continuation du "plan agrocarburants"
Le 16 avril 2008, en dépit des critiques et malgré le fait que lAgence de
lenvironnement et de la maîtrise de lénergie (Ademe) nait pas encore
terminé son étude sur la méthode à utiliser pour évaluer le bilan environnemental et
énergétique des agrocarburants, Dominique Bussereau, secrétaire dEtat aux
transports, a annoncé aux parlementaires que la France comptait bien achever son
"plan agrocarburants".
- probable légalisation des contaminations par les OGM
Concernant les OGM, le gouvernement français a certes fait jouer la "clause de
sauvegarde" au niveau de l'Union européenne concernant un type d'OGM, mais ce
succès, hélas provisoire, ne doit RIEN au "Grenelle" : il est la conséquence
des multiples actions des Faucheurs volontaires. Pire : un projet de loi est en discussion
qui, selon toute vraisemblance, validera la "coexistence" des OGM et des non-OGM
: ce sera donc la légalisation généralisée des OGM.
C) Les dégâts causés par le Grenelle :
- depuis le "Grenelle", les entreprises et le personnel politique se permettent
des publicités et des affirmations qui étaient impensables auparavant : des véhicules
sont présentés comme "propres" sous prétexte qu'ils sont visés par un
"bonus écologique" ; le nucléaire est présenté comme "propre et
renouvelable" ; etc.
- des mesures présentées comme "écologiques" vont en réalité avoir de
graves conséquences environnementales. C'est le cas de l'annonce de la construction de
2.000 km de lignes TGV avant 2020 pour un budget de 70 milliards d'euros. Si les
transports collectifs, à commencer par le train, méritent d'être soutenus, la priorité
au "tout-TGV" est par contre une lourde erreur : la construction des lignes
cause de graves dommages environnementaux et de fortes nuisances, le tout au détriment
d'investissements dans les transports collectifs locaux au plus près des besoins de la
population. Ce point a été dénoncé vertement par la Cour des comptes le 16 avril 2008.
Il serait bien plus utile - et écologique - de développer et densifier le réseau
ferroviaire de proximité, alors que le TGV est un investissement principalement pensé
pour les hommes d'affaire parisiens ou se rendant à Paris.
De plus, la consommation d'énergie est extrême avec le TGV. La recherche éperdue de la
vitesse soit-elle passer avant l'environnement ? Il faut le croire puisque, par ailleurs,
le "Grenelle" a renoncé à la réduction de 10km des limites de vitesse des
automobilistes.
D) La fausse légitimité du "Grenelle de l'environnement" :
Le "Grenelle de l'environnement" a bénéficié d'une légitimité totalement
artificielle, basée sur la participation de personnalités médiatiques comme Nicolas
Hulot et le photographe pronucléaire Yann Artus-Bertrand qui se sont bien gardé de
remettre en cause la politique pronucléaire de M. Sarkozy.
Ce sont eux que l'on a vu et entendu dans les médias à chaque invitation à l'Elysée
de représentants écologistes. De fait, la communication de M. Sarkozy ne risquait de
rencontrer aucune mauvaise surprise. De son côté, le Réseau "Sortir du
nucléaire" a bien essayé, pendant des mois, de faire entendre sa voix et ses
critiques à l'encontre du processus du Grenelle et, en particulier, de l'interdiction de
contester le nucléaire, mais la stratégie élyséenne a parfaitement fonctionné : seuls
les participants au "Grenelle" ont été mis en valeur.
Conclusion
En s'assurant la participation de personnalités de la télévision comme Nicolas Hulot et
Yann Arthus-Bertrand, le Président de la République a réussi à faire de son
"Grenelle" une grande opération de communication "écolo"... tout en
éludant totalement la question du nucléaire. Mais finalement, sur la plupart des autres
dossiers, la défaite du mouvement écologiste est aussi avérée.
Le Grenelle de l'environnement est donc une véritable... catastrophe environnementale, et
particulièrement nucléaire. Heureusement, la position claire du Réseau "Sortir du
nucléaire" est porteuse d'espoir pour essayer de renverser la tendance dans les mois
qui viennent. Mais, pour le moment, le pouvoir en place pousse son avantage en affirmant
haut et fort que le nucléaire est une énergie "propre" et qu'elle fait
carrément partie... des énergies renouvelables.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les citoyens à réagir en manifestant
le 12 juillet à Paris (14h, place de la République) contre la politique pronucléaire de
M. Sarkozy qui, en tant que Président en exercice de l'Union européenne, recevra de
nombreux chefs d'Etats à Paris les 13 et 14 juillet, en particulier pour leur proposer de
développer l'industrie nucléaire.
--------------------------------
3) Chronologie commentée
6 mai 2007: Nicolas Sarkozy est élu président de la République
16 mai : neuf associations sont sélectionnées par l'Elysée pour représenter le
mouvement écologiste. Le Réseau "Sortir du nucléaire" est soigneusement
écarté : il aurait dénoncé l'interdiction de remettre en cause le nucléaire lors du
"Grenelle".
20 mai : à la veille de recevoir à l'Elysée avec M. Sarkozy les 9 associations, M.
Juppé (ministre de l'écologie à l'époque) rappelle dans de nombreux médias que, pour
le gouvernement, "il n'y a pas de solution énergétique sans nucléaire". (cf
par exemple dépêche Reuters).
21 mai : malgré la "sortie" de Juppé la veille sur le nucléaire, les 9 sont
au rendez-vous à l'Elysée. A la sortie, devant les médias, il est question d'une
"journée historique pour l'environnement". (cf par exemple dépêche AFP).
L'opération médiatique de l'Elysée est donc réussie.
5 juin : Le photographe pronucléaire Yann Arthus-Bertrand fait savoir aux autres
associations qu'il est "fortement sollicité par Nicolas Sarkozy" pour faire
partie de la délégation de 9 associations régulièrement reçues à l'Elysée. Voir le
résultat au 25 juin.
12 juin : la France soutient la position de la Commission européenne d'autoriser la
contamination des produits biologiques par les OGM (à hauteur de 0,9%) et les pesticides.
18 juin : le Réseau "Sortir du nucléaire" quitte l'Alliance pour la planète
car celle-ci accepte de participer au "Grenelle" malgré la mise à l'écart de
la question du nucléaire en général et en particulier de la question du réacteur EPR
(dont la construction aurait pu être mise en cause lors du "Grenelle").
19 juin : Le Réseau "Sortir du nucléaire" demande par courrier (et
communiqué) à M. Borloo d'abroger, avant le "Grenelle", le décret autorisant
EDF à construire le réacteur EPR. Aucune réponse, même négative, ne sera reçue.
19 juin : interrogé par le magazine Marianne, le porte-parole de l'Alliance menace :
"S'il y a encore des décisions contraires à l'esprit du Grenelle de
l'environnement, il n'y aura pas de Grenelle". Il est fort dommage qu'il n'ait pas
jugé que la construction de l'EPR était suffisante pour rejeter le Grenelle...
21 juin : interrogé par Le Monde.fr, le directeur général du WWF France, déclare que
"si ça bloque sur le nucléaire, on peut avancer sur la démocratie du nucléaire,
la transparence du nucléaire, la sécurité, le financement (si l'état met un euro dans
le nucléaire, il peut mettre un euro dans les renouvelables)". Il s'agit hélas
clairement de l'acceptation de la continuation du nucléaire.
25 juin : le photographe pronucléaire Yann Arthus-Bertrand se retrouve dans le groupe des
neuf associations sélectionnées par l'Elysée, à la place du RAC (Réseau action
climat).
20 juillet : Noël Mamère, député-maire de Bègles (Gironde), suggère aux associations
de se retirer de la "pantalonnade" que constitue selon lui le "Grenelle de
l'environnement", estimant que le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo n'allait
pas résister aux "grands lobbies".
26 juillet : M. Sarkozy signe un accord nucléaire avec le dictateur libyen Kadhafi.
Aucune des participants au "Grenelle" ne quitte le processus.
2 août : par communiqué, le président de France Nature Environnement (FNE) dénonce
"lorganisation de contre ou anti-Grenelle qui cachent parfois mal des motifs
politiques voire commerciaux." Il faudrait donc croire que le "Grenelle"
n'avait rien à voir avec une opération politique (il a pourtant été organisé par M.
Sarkozy) ou commerciale (il a pourtant légitimé les activités polluantes des
multinationales), mais que le danger vient... des opposants au "Grenelle".
Risible.
5 septembre : le journaliste Fabrice Nicolino, connu pour son engagement en particulier
contre les pesticides, publie un texte qui condamne clairement le "Grenelle" et
s'achève ainsi "Le mouvement écologiste, auquel jappartiens plus que jamais,
doit trouver une voie neuve. Elle ne passe pas par le boulevard de Grenelle. Oh non
!"
10 septembre : M. Borloo va en avion au Groenland pour attirer l'attention sur les
émissions de gaz à effet de serre. Jean-Louis Etienne (sponsorisé par Total) et Yann
Arthus-Bertrand (sponsorisé par EDF) participent à cette plaisanterie polluante.
24 septembre : à la tribune de l'ONU, M. Sarkozy annonce que la France est "prête
à aider tout pays qui veut se doter de l'énergie nucléaire." Aucune des neuf
associations écologistes ne quitte le processus du "Grenelle".
25 septembre : la fondation Nicolas Hulot publie ses propositions pour le
"Grenelle". Le mot "nucléaire" ne figure même pas dans le document.
Les réacteurs actuels et l'EPR en construction ne sont donc aucunement mis en cause.
26 septembre : Dany Dietman, maire de Manspach, connu pour sa lutte contre un projet
d'incinérateur et pour le tri des déchets, écrit après avoir participé à une
réunion du Grenelle: "Scandaleux ! Jai quitté la séance à 18h20, dés lors
que France Nature Environnement sest rangée du côté des pro-incinérateurs, en
refusant dadhérer au principe de moratoire sur les nouveaux projets
dincinérateur". A l'arrivée, il n'y aura effectivement pas de moratoire sur
les incinérateurs
6 octobre : Contre-Grenelle à Lyon. Succès : plus de 800 participants.
24/25 octobre : Grenelle de l'environnement
25 octobre : fin du "Grenelle" et discours de Nicolas Sarkozy. Quelques
réactions :
* Réseau "Sortir du nucléaire" : "Le Réseau "Sortir du
nucléaire" dénonce la duplicité de Sarkozy" (Reuters). "Le Réseau
"Sortir du nucléaire" dénonce un "subterfuge" de Sarkozy" (AFP)
;
* Alliance pour la planète : "Pour lAlliance pour la planète, le discours
prononcé par Nicolas Sarkozy témoigne dun changement de culture. Le président de
la République a annoncé des mesures ambitieuses"
* FNE : "Le Président de la République vient de prononcer un discours fort qui
annonce un changement de cap et de doctrine : il nest plus question dopposer
écologie et économie mais de placer lenvironnement au coeur des politiques
publiques."
31 octobre : au Parlement européen, les parlementaires européens membres de la majorité
présidentielle ont soutenu les demandes des constructeurs automobiles concernant les
émissions de CO2. Le "Grenelle de l'environnement" n'a donc servi à rien.
20 décembre : la table ronde du Grenelle de l'environnement consacrée aux déchets
qui avait été reportée dans le temps s'achève. Aucun moratoire sur
l'incinération n'a été décidé. Sur cette question aussi, le "Grenelle de
l'environnement" n'a donc servi à rien.
21 décembre : la Sepanso (association écologiste dans le Sud-Ouest) porte plainte pour
"destruction du milieu particulier d'espèces animales non domestiques et
protégées" à l'encontre du projet d'autoroute A 65 (Langon-Pau) qui continue
malgré le "Grenelle de l'environnement", qui n'a donc servi à rien.
25 décembre : dans Le Monde, on apprend que "la construction de l'aéroport
Grand-Ouest est confirmée". M. Ayrault, député-maire (PS) de Nantes, rassuré par
le 1er ministre, explique : "François Fillon m'a déclaré : il n'est pas question
de revenir en arrière. Ce projet, on y tient, on le fera". Sur cette question aussi,
le "Grenelle de l'environnement" n'a donc servi à rien.
4 janvier 2008 : dans une tribune publiée par Politis, Bernard Rousseau, ancien
président de FNE, dénonce le Grenelle et explique : "Quand on est responsable
dassociation, que lon côtoie trop souvent les ministres, ces séducteurs, on
se déplace toujours sur le fil du rasoir. À défaut de garder le cap de la neutralité
politique, toute chute se paie, par la perte de quelques doigts !".
17 janvier : interrogé par l'AFP, le sénateur UMP Jean Bizet explique : "Il y a des
dossiers stratégiques qui ne devaient pas rentrer dans le Grenelle (
) il fallait en
sortir le nucléaire, ça a été fait. Il fallait en sortir les biotechnologies, cela n'a
pas été fait, tout simplement parce que, si ça avait été fait, il n'y aurait pas eu
le moindre écologiste à s'asseoir autour de la table du Grenelle".
21 janvier : À Boulogne sur Mer, devant les pêcheurs, M. Sarkozy remet en cause les
quotas qui protègent (tant bien que mal) les espèces menacées. Sur cette question
aussi, le "Grenelle de l'environnement" n'a donc servi à rien.
25 janvier : au mépris du traité de non-proligération (TNP) et de la protection de
l'environnement, Nicolas Sarkozy, en visite officielle en Inde, propose des réacteurs
nucléaires ce pays non signataire du TNP. On pourra toujours nous rétorquer que ceci
n'est pas "contraire à l'esprit du Grenelle" puisque... le Grenelle n'a pas mis
en cause le nucléaire !
29 janvier : l'association Kokopelli, qui agit pour préserver la biodiversité végétale
alimentaire, est lourdement condamnée pour détenir et diffuser des graines anciennes qui
sont... interdites !
27 février : en visite officielle en Afrique du Sud, Nicolas Sarkozy (et les industriels
venus avec lui) proposent des réacteurs nucléaires... et vendent une centrale au
charbon. On pourra toujours nous rétorquer que le "Grenelle"... ne s'applique
pas hors des frontières françaises...
14 avril : dans son rapport annuel, l'Autorité de contrôle des nuisances sonores
aéroportuaires (Acnusa) estime que les mesures prises dans la foulée du Grenelle de
l'environnement pour améliorer la situation des riverains des aéroports sont très
insuffisantes et que "le système actuel d'aide à l'insonorisation des logements des
riverains est bien trop complexe pour répondre à l'ampleur du chantier". Pourtant,
le "Grenelle" s'accommode du projet de nouvel aéroport "Grand-Ouest"
16 avril : la Cour des comptes conteste fortement la politique du "tout-TGV"
mise en place depuis des années et confortée par le "Grenelle" suite auquel
2000 km de nouvelles lignes TGV ont été annoncés...
30 avril : les projets de texte de loi Grenelle I et II démontrent clairement que la
montagne a accouché d'une souris. Le "Grenelle de l'environnement" n'a donc
été qu'une illusion. C'était pourtant facile à prévoir...
22 mai 2008 : Le Parlement adopte le projet de loi qui autorise les OGM à travers une
formule qui donne "la liberté de consommer et de produire avec OGM" en France
et instaure un délit de fauchage pour décourager les opposants.
A suivre...
|