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Energie nucléaire - énergie sale
les positions des partis politiques face à l'absurdité des choix nucléaire du pouvoir
Le Président Sarkozy justifie le choix nucléaire et veut que la France exporte l'énergie qui en découle en exigeant que la réflexion sur l'avenir d'Areva aboutisse "prochainement"; conséquence : le lancement d'un second EPR à Penly - dénoncé par "Cap21" (Corine Lepage) comme une vision passéiste et une catastrophe économique, et le "Parti de Gauche" (Mélanchon) qui en demande l'abandon du projet de construction, que le NPA (Besancenot) affirme son opposition résolue au deuxième EPR comme au nucléaire, que "Les Verts" dénoncent la surdité et le clientélisme de N. Sarkozy. Seul le PCF se réjouit de la construction de ce 2ème EPR... Et l'on constate un accroissement du coût d’ITER,  que l'Etat met Anne Lauvergeon (présidente du directoire d'Areva) sous pression, que  le magazine "L'Usine nouvelle" confirme que l'industrie nucléaire ne sait pas quoi faire de ses déchets", et que les capacités mondiales de l'éolien sont en hausse de 28,8% en 2008. La France ne vend des réacteurs nucléaires… qu'à elle-même car elle finance elle-même les commandes sur le dos des contribuables... Par centaines de millions de tonnes dispersées dans toute la France, les déchets d'uranium contaminent le territoire dans l'indifférence et la négligence générales?
1 - Sarkozy justifie le choix nucléaire, veut que la France exporte de l'énergie

AFP - 6 février 2009 - Nicolas Sarkozy a justifié vendredi son choix de développer la filière des centrales nucléaires de troisième génération (EPR) et appelé à l'union sacrée des grands groupes français du secteur pour que la France devienne exportatrice d'énergie. Une semaine après avoir donné son feu vert à la construction d'un deuxième EPR à Penly (Seine-Maritime), le chef de l'Etat a visité le chantier du premier exemplaire du nouveau réacteur à Flamanville, près de Cherbourg, dont l'entrée en service est programmé pour 2012.

Devant un parterre d'ouvriers d'EDF, le maître d'oeuvre et exploitant, d'Areva, le concepteur du réacteur, et de Bouygues, qui en coule le béton, Nicolas Sarkozy a justifié sa décision, très critiquée par les écologistes, et confirmé qu'il envisageait même la construction d'un troisième. "Notre pays a besoin de cet investissement", a-t-il plaidé, évoquant le vieillissement du parc nucléaire français, la nécessité de "maintenir au meilleur niveau" le savoir-faire national, en la matière et sa volonté de faire de la France "une exportatrice d'électricité".

"Notre stratégie, c'est le developpement du nucléaire avec l'EPR et la 3e génération, on en a deux de signés, je réfléchis à la possibilité d'un troisième dans les années à venir", a insisté M. Sarkozy. Il a également insisté sur sa volonté d'"investir massivement dans les énergies renouvelables", comme l'impose l'ambitieux plan de lutte contre le réchauffement climatique adopté en décembre par les 27 pays de l'Union européenne (UE). Ce "paquet" impose à la France 23% d'énergies renouvelables dans sa consommation en 2020.

"Franchement, on a les moyens de faire les deux, même les trois", a insisté Nicolas Sarkozy en y ajoutant les "économies d'énergie". Mais pour y parvenir, le chef de l'Etat a demandé la collaboration de tous les groupes français du secteur, parfois concurrents à l'étranger, citant EDF, Areva, le groupe privé GDF-Suez, le fabricant de turbines Alstom, le pétrolier Total et Bouygues, actionnaire à 30% d'Alstom. "Il faut maintenant qu'on travaille tous ensemble", a-t-il lancé aux PDG Pierre Gadonneix (EDF), Anne Lauvergeon (Areva), Patrick Kron (Alstom) et Martin Bouygues, présents à Flamanville.

"Il y a le monde à conquérir en matière d'énergie, et la France qui n'a pas de pétrole, qui n'a pas de gaz, elle va devenir exportatrice d'énergie. Voilà l'ambition que je vous fixe", a poursuivi Nicolas Sarkozy. C'est par cet objectif qu'il a justifié sa décision d'associer GDF-Suez à EDF pour la construction du 2e EPR, qui inquiète certains syndicats de l'électricien public. "La France a un deuxième énergéticien de taille mondiale et doit aussi lui donner toutes ses chances", a-t-il dit.

Il a aussi abordé le délicat dossier de l'avenir d'Areva, théâtre d'un bras de fer entre Anne Lauvergeon, favorable à une augmentation de capital, et Patrick Kron, partisan d'un mariage entre son groupe et le numéro un mondial du nucléaire. Il est toutefois resté prudent, souhaitant que la réflexion du gouvernement "aboutisse prochainement", a fortiori depuis la décision du groupe allemand Siemens d'arrêter son partenariat avec Areva.

Après les incidents survenus en janvier lors de la dernière visite présidentielle dans la Manche, sanctionnés par la mutation d'un préfet et d'un commissaire de police, la sécurité était maximale jeudi autour du site de Flamanville. Seule une petite trentaine de militants antinucléaires et d'élus locaux a manifesté, à un bon kilomètre du président.

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2 - Sarkozy veut que la réflexion sur l'avenir d'Areva aboutisse "prochainement"

AFP - 6 février 2009 - Nicolas Sarkozy a souhaité vendredi que la réflexion engagée par le gouvernement sur les futurs partenariats nécessaires à l'avenir du groupe Areva "aboutisse rapidement", lors d'une visite du chantier du premier EPR français à Flamanville (Manche).
"Nous allons réfléchir aux partenariats industriels qui seraient les plus favorables à Areva. C'est une réflexion qui ne s'improvise pas, qui prendra quelque temps mais je souhaite qu'elle aboutisse prochainement parce qu'elle est désormais nécessaire", a déclaré M. Sarkozy lors d'une allocution prononcée devant des salariés d'EDF et d'Areva.

"De toute façon avec la décision des Allemands de Siemens de quitter (Areva), on n'a pas le choix", a-t-il poursuivi. L'Etat réfléchit aux moyens de renforcer le capital du numéro un mondial du nucléaire pour lui permettre de réaliser les investissements rendus nécessaires par le développement du marché mondial de l'énergie nucléaire.

La PDG de l'entreprise publique Anne Lauvergeon préconise une augmentation de capital. Elle s'oppose à une entrée dans son capital du groupe français Alstom, poussée par son PDG Patrick Kron. Le groupe de BTP Bouygues détient 30% du capital d'Alstom.

Le groupe allemand Siemens, partenaire depuis 2001 d'Areva, a annoncé le mois dernier qu'il revendait les 34% qu'il détenait dans la filiale d'Areva en charge de la fabrication des centrales nucléaires (Areva NP).

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3 - EPR à Penly : CAP 21 dénonce une vision passéiste et une catastrophe économique (30 janvier 2009)

La décision de relancer le nucléaire, sans concertation et sans évaluation, est contraire à l'esprit et à la lettre du Grenelle de l'environnement. Elle risque de privilégier une consommation électrique tous azimuts, au détriment des objectifs communautaires en matière d'efficacité énergétique et d'énergies renouvelables et constitue une aberration économique.

Pour Corinne Lepage, présidente de CAP21 et vice-présidente du Mouvement Démocrate, le retour au tout nucléaire et à une politique du passage en force qui a caractérisé la mise en place du programme électronucléaire dans les années 70 tourne en tout point le dos à une vraie politique de développement durable et rend en réalité impossible la réalisation effective de la loi Grenelle. En effet, les décisions de construction d’un nouveau réacteur EPR en Seine Maritime et les réflexions autour d’un troisième EPR aboutissent à augmenter considérablement l'offre d’électricité et rendent totalement virtuel l'objectif de 23% d'énergies renouvelables en 2020 et de 20% d'efficacité énergétique à cette date.

En effet, pour vendre son courant, qui ne se stocke pas, et amortir le coût faramineux de réalisation des EPR (le prototype finlandais avoisine les 5 milliards d'euros), les exploitants, aidés bien entendu par les pouvoirs publics, vont devoir favoriser la consommation électrique, c'est-à-dire continuer à promouvoir le chauffage électrique et lutter contre l'efficacité énergétique.

Ils ont d'ailleurs commencé très activement à le faire avec l'amendement Ollier, pour éviter que les objectifs d'efficacité énergétique dans les bâtiments soient applicables aux bâtiments chauffés à l'énergie électrique d'origine nucléaire. Ils vont continuer en essayant de dissuader le législateur d'abord, les consommateurs ensuite, de construire des bâtiments à énergie positive a fortiori à énergie passive et d'investir dans l'isolation. C'est le secteur du BTP, celui des matériaux intelligents qui est menacé.

Et pour que l'énergie nucléaire soit vendue, il faut évidemment qu'elle n'ait pas de concurrents. Il est donc impératif de détruire le frémissement de développement de l'énergie éolienne et de tuer dans l'œuf l'essor d'une énergie solaire alors que des projets de mise en réseau des parcs éoliens offshore de la mer du nord et de mise en réseau de centrales solaires à concentration en Europe du sud: Portugal, Espagne, Italie, Grèce etc.) ouvrent des perspectives particulièrement intéressantes. D'où la bronca orchestrée contre l'énergie éolienne et la baisse de tarif de rachat de l'électricité solaire dans le tertiaire pour tuer la rentabilité des projets qui étaient en cours. Il s’agit là d’une véritable aberration économique : le chauffage électrique est, économiquement et techniquement, une cause d'importation de courant de pointe au prix fort.

Pour imposer ce passage en force, il va de soi qu'il n'est pas possible d'appliquer les nouveaux modes de rationalité économique promus par le Grenelle, ni de suivre, dans l'esprit et dans les textes, les procédures de concertation, de participation prévues au niveau communautaire et transcrites dans les lois Grenelle.

Ainsi, le modèle économique que construit cette orientation tourne délibérément le dos à tout l'effort mené dans le cadre du Grenelle et aux politiques suivies par les autres pays du monde, à commencer par les Etats-Unis, il tourne le dos aussi à l’expression des Français peu enclins au développement du nucléaire dans notre Pays.

Pour Eric DELHAYE, président délégué de CAP21 et membre du bureau national du Modem, l’Etat consolide le modèle centralisateur de la production électrique au lieu de promouvoir la relocalisation d’une partie de la production par les énergies renouvelables, source de croissance et d’emplois pour les territoires ruraux et la frange littorale. Au lieu du New Deal écologique qui favorise une économie d’initiative, Nicolas Sarkozy engage aujourd’hui notre pays dans un New Deal nucléaire et retourne trente ans en arrière.

Son plan de relance qui consacre l’automobile et le nucléaire ruine le développement d’une puissante industrie française de l'électricité renouvelable alors que son activité ne nécessite aucun préalable scientifique et technique coûteux, pose peu de problème d'acceptabilité, offre une rentabilité garantie en amélioration constante, revitalise les territoires à l’écart des grandes dynamiques urbaines.

Malheureusement, une fois encore, pour des raisons idéologiques, la religion du nucléaire, notre pays se trompe d'époque, se trompe de choix industriels et pour satisfaire nos champions hexagonaux des lobbies, désormais tous rassemblés, condamne à mort les éco-industries du XXIème siècle qui avaient cru que le Grenelle leur ouvrait une nouvelle voie.

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4 - Le Parti de Gauche demande l’abandon du projet de construction d’EPR à Penly (5 février 2009)


Le gouvernement persiste dans la surenchère nucléaire pour promouvoir des intérêts industriels au détriment de l’urgence écologique et sans tenir compte de l’expérience des impasses du « tout nucléaire ». L’annonce par Nicolas Sarkozy de la construction d’un nouvel EPR confirme le refus du gouvernement actuel de prendre en compte la gravité de la question énergétique. Ce n’est pas une décision écologiquement responsable. Elle ignore volontairement tout ce que l’on sait des problèmes irréversibles que génère le nucléaire. Ce n’est pas une décision qui sert l’intérêt général. Elle est prise pour favoriser des intérêts d’entreprises à courte vue, dans une logique étroitement productiviste.

On était en droit d’attendre qu’avec le nouveau siècle on commence à tirer les leçons des erreurs du précédent et à les réparer. Le tout nucléaire est une de ces erreurs dont les conséquences à long terme sont les plus rationnellement démontrées. Il n’est pas vrai qu’il s’agisse d’une énergie propre et sûre : les déchets générés restent polluants pour des millénaires sans qu’aucune solution absolument fiable ne soit connue. Et en cas d’accident les conséquences meurtrières s’étendent sur plusieurs générations et sur tout l’écosystème.

Il n’est pas vrai que le nucléaire garantisse une totale indépendance énergétique du pays. Le caractère limité des stocks d’uranium a d’ailleurs conduit la commission européenne, pourtant très amie du nucléaire, à reconnaître le caractère non renouvelable de cette énergie. En outre, la production d’énergie nucléaire fonctionne en continu. Cela signifie qu’en période de pic, le besoin d’importation reste entier, alors que le reste du temps les excédents de production poussent à l’exportation en dumping et à la surconsommation domestique.

Il n’est pas vrai que ce soit une production peu coûteuse car les calculs ne prennent en compte ni les coûts de démantèlement, ni les coûts de long terme du stockage des déchets, ni les coûts environnementaux. Aux dommages graves que cette réalité impose s’ajoutent deux motifs d’inquiétude supplémentaires.

Le premier : la sécurité et la défense du pays sont fragilisées par l’existence de cibles dont la destruction détruirait aussitôt et pour toujours des fractions vitales du territoire national.

Le second : l’économie du projet ne tient aucun compte de l’expérience en la matière sur le plan financier. L’exemple des EPR Finlandais et de Flamanville est pourtant édifiant : chantier en retard de 38 mois, 2.4 milliards de pénalités réclamées à AREVA, surcoût de 700 millions d’euros... La liste est longue du gâchis financier que représentent jusqu'à ce jour ces opérations.

En plein contexte de crise économique et sociale, il est temps de réorienter ces dépenses vers des secteurs socialement utiles et écologiquement responsables !
Il est urgent d’ouvrir une alternative politique globale au modèle productiviste dont l’EPR est un symbole absurde qui mise sur la surconsommation de l’énergie et des ressources.

Le Parti de Gauche demande en conséquence :

· Un moratoire sur la construction de toute nouvelle centrale nucléaire et l’abandon du projet de construction de l’EPR de Penly.
· La réaffectation des budgets de long terme qui devaient y être consacrés vers trois autres directions : la recherche en matière d’efficacité énergétique, le
développement des énergies renouvelables, l’encouragement volontariste à la sobriété énergétique.
· Le maintien et la réorientation des crédits et des emplois annoncés pour le site vers la construction d’un site de production d’énergies renouvelables propres qui
permette de combiner intérêt général, utilité sociale et responsabilité écologique.
· La tenue d’un véritable débat public national impliquant largement les citoyens et les scientifiques sur la question des choix énergétiques et du nucléaire. Les
insuffisances lourdes des débats publics engagés sur ce type d’opération ont été dénoncées par les Commissions en charge de les mener ! Sur des sujets aussi graves, le fait du prince et le secret qui prévalent en la matière depuis plus de trente ans doivent céder la place à un processus démocratique.

Enfin, face aux défis de la mutation écologique à engager, le Parti de Gauche défend la mise en oeuvre d’une planification écologique. Cela signifie l’organisation d’une transition politique, économique et culturelle de long terme. Il s’agit d’organiser de façon démocratique, concertée et délibérée la transition du modèle productiviste actuel vers un autre modèle compatible avec la préservation de l’écosystème et la réponse aux besoins sociaux.

Cette perspective offre une alternative stimulante pour la recherche et l’industrie. En prenant appui sur le triptyque sobriété de consommation – efficacité énergétique – énergies renouvelables et sur la diversification des sources d’énergie pour garantir la sécurité des approvisionnement du pays, cette planification écologique permettra d’envisager la sortie progressive et maitrisée du nucléaire comme des énergies polluantes et productrices de gaz à effet de serre.

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5 - NPA: Non au deuxième EPR (30 janvier 2009)

L’EPR au secours de N. Sarkozy.

Au soir du 29 janvier qui a vu 2,5 millions de manifestants contre la politique de N. Sarkozy et de ses réformes libérales, l’Elysée a confirmé la mise en chantier d’une deuxième centrale nucléaire EPR, à Penly, en Seine-Maritime, au grand dam de ceux qui avaient cru à la sincérité du « Grenelle de l’environnement ».

Alors que les chantiers en cours des centrales EPR, à Flamanville et en Finlande, sont des gouffres à fric et que les défaillances techniques sont nombreuses, N. Sarkozy poursuit sa mission de chargé de promotion du lobby nucléaire avec comme conséquence une marginalité maintenue des énergies renouvelables.

Il est profondément regrettable que les élus locaux de gauche aient cru bon d’approuver cette décision. Quant à la LCR, elle joint sa voix à celle des associations écologistes, de défense de l’environnement, au réseau « Sortir du nucléaire » et condamne la décision de N. Sarkozy de construire un deuxième EPR.

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6 - Second EPR : Les Verts dénoncent la surdité et le clientélisme de N. Sarkozy  (30 janvier 2009)

A l’annonce de la construction d’un deuxième EPR à Penly par Nicolas Sarkozy, Les Verts rappellent leur opposition la plus ferme et leur détermination à lutter contre la construction du réacteur nucléaire EPR, inutile, dangereux et coûteux.

Au lendemain de la manifestation qui a rassemblé plusieurs millions de français, inquiets de la baisse du pouvoir d’achat, les Verts sont outrés de l’indécence de Nicolas Sarkozy qui préfère le clientélisme industriel au bénéfice des copains, quitte à sacrifier l’intérêt général. Car, en pleine crise financière, Nicolas Sarkozy qui continue de bafouer le Grenelle de l’Environnement, dilapide les fonds publics, sans aucune perspective énergétique nationale réfléchie. Les Verts le rappellent, le nucléaire ne remplira jamais le portefeuille des français, pas plus qu’il ne contribuera à résoudre les problèmes de la crise énergétique et du réchauffement climatique.

Les milliards d’euros prévus pour la construction d’un deuxième EPR seraient autrement plus intelligemment dépensés s’ils l’étaient dans les domaines des économies d’énergie et des énergies renouvelables, créateurs de 11 à 15 fois plus d’emplois, pérennes et non délocalisables.

Les Verts demandent de stopper cette aberration industrielle qui ne repose sur aucune justification énergétique, environnementale et même économique. Le chantier finlandais se révèle un gouffre financier alors que le chantier de Flamanville accumule les retards techniques. Le contribuable français a d’autres soucis que d’enrichir les actionnaires d'EDF.

Pourtant, le gouvernement s’entête dans l’impasse nucléaire – issue d’une logique poussiéreuse de dinosaures au services de certains lobbys - quand les enjeux climatiques et la crise pétrolière nécessitent sobriété et efficacité énergétiques, et politique ambitieuse en matière d’énergies renouvelables.

Dans le nucléaire, seul le ridicule ne tue pas. Des risques considérables, des dommages sanitaires avérés, des déchets durablement dangereux, une pseudo-indépendance énergétique, un coût volontairement sous-évalué, une prolifération observée notamment en Iran ou au Pakistan. Le nucléaire doit enfin rendre des comptes et adopter des principes démocratiques dont il s’affranchie depuis trop longtemps.

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7 - Le PCF se réjouit de la construction d’un 2ème EPR (30 janvier 2009)

Nous le savons, les économies d’énergie couplées à des efforts conséquents pour promouvoir le développement des énergies renouvelables sont indispensables en France et dans le monde. Cependant nous savons également que, quelque soit l’effort, ceci restera très largement insuffisant pour répondre aux besoins planétaires qui s’annoncent. C’est pourquoi le PCF considère que le nucléaire à toute sa place dans le bouquet énergétique mondial du futur car il permet de répondre aux besoins de développement économique et social tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre. C’est dans cet esprit que le PCF se félicite de l’attribution de la construction du second EPR (réacteur nucléaire de 3ème génération) à EDF.

La sagesse l’a emporté. La bataille que nous avons mené pour cette issue a porté ses fruits Dans le même temps, la vigilance doit être de mise quant aux conditions du partenariat avec GDF Suez afin que la maîtrise publique soit pleinement assurée. Plus globalement, le PCF pense que le développement de la filière EPR sur le territoire national doit rester sous la responsabilité d’ EDF.

C’est une garantie que sa conception et son exploitation relèvent de la maîtrise publique. Cela permet de bénéficier de l’expérience d’un opérateur qui exploite le parc nucléaire depuis maintenant plus de 30 ans, dans des conditions de sûreté satisfaisantes même si elles demandent à être constamment améliorées Cela préserve l’unité d’exploitation des réacteurs nationaux gage de cohérence, de rationalisation et d’efficacité économique.

De plus, le désengagement de Siemens du capital d’Aréva impose à l’Etat de faire jouer tout leur rôle aux entreprises publiques du secteur (EDF, Areva, CEA) afin de développer une filière industrielle de toute première importance sur le plan mondial. La construction de Flamanville 3 et la décision de construire ce second réacteur à Penly ne sont, à notre sens, qu’un début dans le processus de renouvellement des centrales nucléaires actuelles dont les plus anciennes ont, sans doute, largement dépassé une moitié de leur durée de vie.

Dans le cadre de cette nécessaire maîtrise publique du nucléaire en France, le PCF exige aussi que l’Etat s’engage à ce que les salariés - qui auront en charge la conception et la construction, puis l’exploitation (conduite et maintenance) de ces futurs réacteurs « nouvelles générations »- aient de véritables garanties sociales, conditions indispensables d’un nucléaire sûr et compétitif.

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A voir ce mercredi 11 février à 20h35 sur France 3 : « Uranium : le scandale de la France contaminée » : Le reportage qu'AREVA aurait voulu voir censuré !

Cette émission parle de la contamination radioactive « banale » en France. Des pressions, par AREVA, ont déjà commencé pour empêcher la diffusion de cette émission.   http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?t=6486

Elise Lucet et l’équipe de Pièces à conviction ont mené l’enquête sur ce scandale, au coeur des campagnes et des villes françaises. Voir : http://programmes.france3.fr/pieces-a-conviction/51415247-fr.php . En savoir plus : (Télérama du 3 février 2009) “Pièces à conviction” spécial uranium

Pour Areva, la meilleure défense, c'est l'attaque ! Le titre du prochain numéro de “Pièces à convictions”, que diffuse le 11 février France 3, fait peur.

Et pas qu'aux téléspectateurs : le 29 janvier, Areva a décidé de saisir le CSA, alors que le groupe spécialisé dans le nucléaire n'a vu aucun reportage. Mais il n'a aucune chance d'empêcher la diffusion de l'émission.

Sensible sur la question des déchets d'uranium, Areva ? Ce n'est une surprise pour personne. A France 3, on dit avoir senti la « fébrilité » du groupe - qui, pour l'heure, n'a pas daigné nous répondre - dès les premiers contacts établis par la rédaction de Pièces à conviction. Des personnalités sollicitées pour intervenir sur le plateau d'Élise Lucet (parmi lesquelles le ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo), seule Anne Lauvergeon, PDG d'Areva, a décliné, pour cause officielle d'emploi du temps surchargé, laissant le soin à son porte-parole, Jacques-Emmanuel Saulnier, d'honorer l'invitation.

Plus surprenante, en revanche, est la promptitude du groupe à agiter le chiffon rouge du CSA... d'autant que l'autorité n'a pas, selon ses propres mots, « rôle de censeur » et n'est pas habilitée à s'opposer à la diffusion d'une émission en amont. « Nous n'avons pu qu'enregistrer la saisine émise par Areva. Le CSA n'a pas vocation à réagir à un programme avant sa diffusion; nous ne pouvons éventuellement intervenir qu'après la diffusion », explique-t-on à l'instance de régulation.

Se fondant uniquement sur une dépêche de l'AFP, qui évoquait « la thèse (...) du scandale de la France contaminée par les déchets radioactifs, résidus des mines d'uranium », Areva semble donc avoir foncé bille en tête vers une procédure qui s'avère dans les faits impossible à mettre en œuvre. Dans un communiqué, le groupe estimait « pour le moins surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu'il ne se soit exprimé ». En clair, Areva a la désagréable sensation que les dés sont pipés. C'est là, tout de même, qu'il convient de rappeler que les extraits qu'ont pu visionner les journalistes (dont celui de l'AFP) n'étaient qu'à l'état de projet ou en cours de montage, et que certaines séquences, dont l'interview du porte-parole d'Areva, n'étaient pas encore tournées.

Réagissant à son tour par l'AFP, le rédacteur en chef de l'émission, Lionel de Coninck, a réfuté ces accusations de « présupposition », en indiquant que le reportage relayait « ce que dit Areva depuis des dizaines d'années sur le sujet ». C'est-à-dire un discours qui se veut rassurant sur la question de la possible nocivité des quelques millions de tonnes de déchets d'uranium dispersés sur le territoire français depuis plusieurs décennies.Des millions de tonnes de résidus radioactifs abandonnés à moins de six pieds sous terre, c'est vrai que ça invite à l'optimisme…
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Émilie Gavoille

Déchets d'uranium : le cri d'alarme de "Pièces à conviction"

La CRIIRAD a apporté son appui scientifique à la réalisation de reportages pour un numéro de « Pièces à conviction » consacré aux déchets et pollutions laissées par l'exploitation des mines d'uranium. Sous le titre « le scandale de la France contaminée », il doit être diffusé mercredi 11 février à 20h35 sur France 3.

Nous espérons que vous pourrez le regarder car il s'annonce passionnant. Vous y retrouverez plusieurs des études réalisées par le laboratoire de la CRIIRAD : à Saint-Priest-La-Prugne dans la Loire, La Crouzille en Haute-Vienne, Gueugnon en Saône-et-Loire, Saint-Pierre dans le Cantal…. Encore faut-il que l'émission soit diffusée !

Areva vient en effet de saisir le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (cf. ci-dessous) et fera son possible pour empêcher la diffusion d'informations susceptibles d'écorner son image de marque. Réponse le 11 février prochain.

Plus d'info sur le dossier des mines d'uranium : www.criirad.org  

Controverse autour de l'émission "Le scandale de la France contaminée" sur France 3 (Site internet d'Europe 1: ici)

Le 11 février, le nouveau numéro du magazine "Pièces à conviction" sur France 3 évoquera "le scandale de la France contaminée". Pour défendre la thèse que des millions de tonnes d'uranium sont dispersées dans toute la France. Ce sujet fait polémique, le groupe Areva a fait appel au CSA car il juge que l'enquête est "contraire à la déontologie". Le groupe Areva a annoncé jeudi son intention de saisir le Conseil supérieur de l'audiovisuel à propos de l'émission de France 3, "Picèes à conviction". Dans un communiqué, Areva, qui a eu connaissance par la presse de la teneur des reportages proposés, estime "pour le moins surprenant, voire contraire à la déontologie, que son point de vue soit présupposé et rendu public avant même qu'il ne se soit exprimé". Les producteurs de l'émission ont cependant prévu un entretien avec le porte-parole du groupe, qui doit être enregistré vendredi et inséré dans l'émission. Se référant aux informations de presse, Areva exprime "le sentiment que le magazine est d'ores et déjà bouclé, à charge contre le groupe Areva". Lionel de Coninck, rédacteur en chef de "Pièces à conviction", a assuré qu'il ne s'agissait "en aucun cas de présupposer ce qui va être dit dans l'émission". Selon lui, ce qui a été dit dans le reportage de la position d'Areva est "basé sur ce que dit Areva depuis des dizaines d'années sur le sujet". > Le sujet de la controverse : l'émission qui défend l'idée selon laquelle, en toute discrétion, dans nos campagnes, à proximité des villages ou des villes, des déchets radioactifs extrêmement dangereux ont été disséminés, ou ensevelis méthodiquement, depuis des dizaines d'années. Pire encore, ils ont parfois servi à construire des routes, des parkings, et même des logements, des écoles ou des aires de jeu pour les enfants, sans aucune mise en garde sur les risques encourus. C'est cette situation que France 3 évoquera dans son magazine "Pièces à conviction" le 11 février prochain.

Avec une édition intitulée "Le scandale de la France contaminée".> Le magazine s'ouvrira sur un reportage à Gueugnon, en Saône-et-Loire. Sur le parking d'un stade, le détecteur de radiation d'un spécialiste de la Criirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité) crépite à tout va. Là, sur une superficie de 12 hectares, près de 225.000 tonnes de déchets radioactifs ont été dispersés sur un terrain ouvert à tout venant. Ironie du sort, ce terrain a même accueilli un "parcours de santé". Gueugnon est "la toute dernière ville ayant découvert qu'elle était concernée par ce problème des déchets radioactifs", selon Elise Lucet, présentatrice du magazine. > Au total, selon les enquêteurs du magazine, entre 1945 et 2001 plus de 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, résidus des 210 mines exploitées en France, ont été abandonnées sans mesure de protection ou de surveillance particulière. L'enquête fait également état de liens étroits entre ceux qui sont officiellement chargés de mesurer la radioactivité dans la nature et les anciens pollueurs.

Négligence ou véritable "omerta" des pouvoirs publics ? Une pierre radioactive à la main en guise d'argument, Elise Lucet se propose de demander des explications à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, qui sera interrogé séparément.> Malgré le fait que les mines d'uranium françaises ne soient plus en activité depuis plusieurs années, cette pollution qu'il s'agisse de minerais "stériles" (trop pauvre en uranium pour devenir du combustible nucléaire) ou d'autres résidus de l'activité minière, peut s'avérer dangereuse à long terme, assurent les enquêteurs du magazine. Areva (ex-Cogema) soutient le contraire, estimant extrêmement improbable l'hypothèse d'une exposition prolongée évoquée par l'émission. Sa présidente, Anne Lauvergeon, n'a pas souhaité apparaître dans l'émission et a laissé à un porte-parole le soin de répondre à Elise Lucet lors du débat prévu sur le plateau. Anne Lauvergeon, d'autre part, sera récompensée par le trophée des "Créateurs sans frontières" pour son action en faveur du rayonnement de la France à l'étranger. Ironique pour quelqu'un qui participe à l'irradiation intérieure de la France.> > 2. Dépêche AFP

Déchets d'uranium : le cri d'alarme de "Pièces à conviction"

PARIS - Par centaines de millions de tonnes dispersées dans toute la France, les déchets d'uranium contaminent le territoire dans l'indifférence et la négligence générales : c'est la thèse défendue par le magazine télévisé "Pièces à conviction".

Pour son numéro du 11 février, le magazine d'information de France 3 évoque "le scandale de la France contaminée" par les déchets radioactifs, résidus des mines d'uranium.> Un reportage à Gueugnon, localité tranquille de Saône-et-Loire, ouvre le magazine. Sur le parking d'un stade, le détecteur de radiation d'un spécialiste de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendante sur la radioactivité) crépite à tout va. Là, sur une superficie de 12 hectares, près de 225.000 tonnes de déchets radioactifs ont été dispersés sur un terrain ouvert à tout venant, qui a même accueilli un temps un "parcours de santé".> Gueugnon est "la toute dernière ville ayant découvert qu'elle était concernée par ce problème des déchets radioactifs", selon Elise Lucet, présentatrice de ce magazine que France 3 a réalisé en coopération avec la société de production Ligne de Mire. La ville, qui avait abrité une usine de traitement d'uranium, n'a découvert qu'en mars 2007 qu'elle était victime de cette contamination.

Les mines d'uranium françaises ne sont plus en activité depuis plusieurs années. Mais cette pollution, qu'il s'agisse de "stériles" (minerai trop pauvre en uranium pour devenir du combustible nucléaire) ou d'autres résidus de l'activité minière, peut s'avérer dangereuse à long terme, assurent les enquêteurs de "Pièces à conviction".> Areva (ex-Cogema) soutient le contraire, estimant extrêmement improbable l'hypothèse d'une exposition prolongée évoquée par l'émission. Sa présidente, Anne Lauvergeon, n'a pas souhaité apparaître dans l'émission et a laissé à un porte-parole le soin de répondre à Elise Lucet lors du débat prévu sur le plateau.> Au total, selon les enquêteurs du magazine, plus de 300 millions de tonnes de déchets radioactifs, résidus des 210 mines exploitées en France, ont été abandonnées sans mesure de protection ou de surveillance particulière.

L'enquête fait également état de liens étroits entre ceux qui sont officiellement chargés de mesurer la radioactivité dans la nature et les anciens pollueurs.   Négligence ou véritable "omerta" des pouvoirs publics ? Une pierre radioactive à la main en guise d'argument, Elise Lucet se propose de demander des explications à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, qui sera interrogé séparément.> (©AFP / 29 janvier 2009 08h23)

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Quelques dates de mobilisation à retenir pour cette année 2009 :

- 26 avril : Chernobyl Day - comme l'année dernière une journée internationale de mobilisation sera coordonnée par le Réseau "Sortir du nucléaire". L'année dernière plus de 160 actions avaient été organisés. Nous espérons une mobilisation égale voir supérieure cette année. Commencez à vous y préparer

- 26 avril : départ de la marche Genève - Bruxelles - L'année dernière les marcheurs avaient reliés Londres à Genève en plus de 80 étapes. Cette année encore le Réseau "Sortir du nucléaire" soutient cette initiative et vous invite à rejoindre les marcheurs, ne serait-ce que pour quelques jours

- mi août : rencontres d'été du Réseau "Sortir du nucléaire" - les dates ne sont pas encore définitivement fixées mais les rencontres devraient débuter vers la mi-août, pour une semaine, et se dérouleront dans le sud, aux environs de Cadarache

- 3 et 4 octobre : Rassemblement à Colmar - Un rassemblement européen est en cours d'organisation pour demander la fermeture de la centrale de Fessenheim et la sortie du nucléaire. Durant ce week end de nombreux événements se succéderont : conférences, concerts, projections, etc. et nous appellerons à une grande manifestation le samedi après midi.

Pour plus d'informations sur ces événements : consulter  le site du Réseau "Sortir du nucléaire".

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1 - Eolien : les capacités mondiales en hausse de 28,8% en 2008 (étude)
2 - L'Etat met Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, sous pression
3 - Vers un accroissement du coût d'Iter
4 - EPR : l'industrie nucléaire ne sait pas quoi faire de ses déchets
5 - La révolte des anti-EPR
6 - Nucléaire : l'Etat invite EDF et GDF Suez à coopérer pour le deuxième EPR
7 - Un mur de dépenses sur la route d'Areva
8 - Russie-USA : Obama prône une réduction de 80% des arsenaux nucléaires
9 - Areva veut économiser 500 millions d'euros en 2009
10 - Sarkozy à Flamanville : le nucléaire français au bord du gouffre

1 - Eolien : les capacités mondiales en hausse de 28,8% en 2008 (étude)

AFP - 02.02.09 - Les capacités en énergie éolienne ont bondi de 28,8% en 2008 dans le monde, grâce notamment à une forte progression aux Etats-Unis qui ont ravi à l'Allemagne la place de premier producteur mondial, selon une étude publiée lundi. Les capacités mondiales ont atteint à la fin de l'année dernière 120.791 mégawatts (MW), contre 93.823 MW fin 2007, selon le Conseil mondial de l'Energie éolienne (Global Wind Energy Council, GWEC).

L'Europe, à elle seule, compte pour plus de la moitiés des capacités mondiales, avec 65.946 MW (+15%), dont 3.404 pour la France (+38%). Les plus fortes progressions ont été observées en Chine, où les capacités ont doublé pour atteindre 12.200 MW et aux Etats-Unis, où elles ont augmenté de 50% pour atteindre 25.100 MW. Les Etats-Unis passent ainsi devant l'Allemagne, où les capacités s'élèvent à 23.900 MW, relève le GWEC. Avec une forte croissance du marché, la Chine pourrait devenir deuxième producteur mondial en 2010, est-il indiqué.

"Les chiffres parlent d'eux-mêmes: il y a une demande énorme et croissante dans le monde pour l'énergie éolienne, qui peut être installée rapidement et virtuellement partout dans le monde", a commenté le secrétaire général du GWEC, Steve Sawyer, cité dans l'étude. "Nous sommes en passe d'atteindre notre objectif d'économiser 1,5 milliard de tonnes de CO2 par an d'ici à 2020", a-t-il ajouté.


2 - L'Etat met Anne Lauvergeon, présidente du directoire d'Areva, sous pression (Les Echos - 30 janvier 2009)

L'actionnaire public a refusé d'approuver en décembre le budget 2009. Un conseil de surveillance extraordinaire a lieu jeudi prochain, alors que le groupe tente d'obtenir une augmentation de capital de l'Etat.

Alors qu'elle cherche à obtenir une augmentation de capital de l'Elysée, Anne Lauvergeon se prépare à un conseil de surveillance extraordinaire électrique jeudi prochain. La patronne d'Areva doit présenter un nouveau budget qui tienne mieux compte de la crise économique. Celui qu'elle avait proposé le 18 décembre n'a pas été approuvé par l'Etat. Le champion français du nucléaire fonctionne donc sans budget depuis un mois.

L'actionnaire majoritaire a demandé à Areva de revoir l'ensemble de ses comptes, des dépenses courantes aux investissements, en passant par les achats. « On passe tout à la paille de fer », confirme une source interne. Les investissements sont le sujet le plus délicat : d'eux dépend en grande partie l'enveloppe que l'Etat accordera au groupe. Auparavant, il veut connaître la rentabilité précise de chaque projet de l'entreprise, qui a déclaré hier soir anticiper « une croissance significative » de ses ventes et de ses commandes pour 2009. Le groupe a, par ailleurs, annoncé un chiffre d'affaires annuel de 13,2 milliards d'euros, en croissance de 10,4 % par rapport à 2007. Mais ce genre de calcul repose sur plusieurs facteurs, dont la trésorerie. Or, pour la première fois, la société a enregistré l'année dernière un besoin en fonds de roulement positif. Autrement dit, elle a décaissé plus d'argent qu'elle n'en a encaissé. Plusieurs facteurs ont pesé, comme l'augmentation des stocks d'uranium en cours d'enrichissement ou en négoce, ainsi que des délais de paiement allongés en Inde.
Valeurs d'actifs au plus bas

La direction, qui cherche à montrer sa bonne volonté, travaille là-dessus. Par ailleurs, elle a revu à la baisse son budget d'investissements pour cette année, de 3 milliards à 2,6 milliards d'euros. L'actionnaire doit prendre ses responsabilités, estime-t-on au siège. Il a d'ailleurs voté dans un premier temps le plan d'investissement de 14 milliards d'euros pour la période 2008-2012, acquisitions comprises. Mais la barque commence à devenir lourde : la décision annoncée par Siemens de sortir de leur filiale commune de réacteurs, Areva NP, devrait entraîner pour la société française un coût de quelque 2 milliards d'euros.

Anne Lauvergeon, qui a été elle-même surprise par cette décision et n'avait donc pas préparé son actionnaire à une telle éventualité, pourra difficilement compter sur la bienveillance de son conseil. D'autant que celui-ci n'a pas forcément apprécié d'apprendre dans la presse (« Les Echos » du 23 janvier) qu'elle avait envisagé une fusion avec Technip, le spécialiste français de l'ingénierie pétrolière.

Dans ce contexte, il est difficile de prédire la réaction de l'Etat face à ses demandes de recapitalisation. Areva estime avoir besoin de 2 milliards à 3 milliards d'euros de fonds propres d'ici à la fin de l'année. Hier, Anne Lauvergeon a indiqué au « Frankfurter Allgemeine Zeitung », le grand quotidien d'outre-Rhin, qu'une montée en puissance de Total n'était « pas à l'ordre du jour ». Elle reste, par ailleurs, notoirement opposée à une fusion avec Alstom.

De son côté, l'Etat fait des appels du pied à Areva pour qu'il cède ses participations non stratégiques dans Suez Environnement, Alcatel-Lucent ou encore Safran. Celles dans STMicroelectronics et Eramet sont plus difficiles à vendre, car elles sont liées à un pacte d'actionnaire. Sur le fond, le groupe préfèrerait ne pas vendre en ce moment, alors que la valeur en Bourse de ces actifs est au plus bas.

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3 - Vers un accroissement du coût d’ITER (Enerpresse - 2 février 2009)

Note du Réseau "Sortir du nucléaire" - Si certains ne sont pas encore persuadés que les chercheurs du lobby nucléaire et leurs complices politiques sont des gangsters : ils auraient malencontreusement "oublié" de prendre en compte les mesures anti-sismiques. Dans la zone la plus sismique de France ! Voilà comment on se retrouve avec une facture multipliée par deux... en attendant pire

Le prototype de réacteur à fusion devrait coûter bien plus cher que les 10 milliards d’euros initialement consentis, révèle The Guardian dans son édition de vendredi. Selon le quotidien britannique, le budget initial n’a pas pris en compte le coût des mesures anti-séismes que nécessite l’installation de la machine dans la zone sismique de Cadarache.

Bien évidemment, l’envolée du prix des matières premières, qu’a connue le monde ses dernières années, n’était pas non plus dans la tête des dirigeants d’Euratom, dans les années 1990. «Il y aura une inflation des coûts», a reconnu Octavio Quintana Trias, le patron d’Euratom, qui a d’ailleurs mandaté une équipe pour établir le niveau de ces surcoûts.

Selon des scientifiques britanniques, la dérive pourrait osciller entre 30 et 100% du montant initial de la facture.

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4 - EPR : " l'industrie nucléaire ne sait pas quoi faire de ses déchets" (L'Usine nouvelle - 02/02/2009 - Ana Lutzky).

La France va se doter d'un deuxième EPR à Penly. John Large, expert britannique de l'industrie nucléaire, en rappelle les risques.

John Large a effectué des recherches sur les réacteurs et autres systèmes nucléaires pour l'administration britannique de l'énergie atomique, en tant que collaborateur scientifique de la Brunel University. Il a créé au milieu des années 80 la société de consulting engineers Large & Associates qui est spécialisée dans le domaine du nucléaire. Entre autres, il a été chef de l'équipe d'experts en technique nucléaire et en technique d'armement qui a estimé les dangers de la première opération de sauvetage réussie du sous-marin nucléaire russe Kursk en 2001. Il a également travaillé sur l'EPR de Flamanville : son travail a consisté à créer un modèle d'intensité des radiations dans le cas d'un éventuel accident nucléaire grave.


Les déchets de l'EPR seront-ils sept fois plus radioactifs que ceux générés par les réacteurs classiques, comme le dit Greenpeace ?

J.L.- Je ne travaille pas pour Greenpeace. Je suis un ingénieur indépendant, Greenpeace est venu me voir pour vérifier si certains de leurs arguments étaient valides scientifiquement, j'ai pu leur confirmer qu'ils l'étaient.

Le fonctionnement de l'EPR prévoit que le combustible nucléaire reste beaucoup plus longtemps dans le réacteur : le cycle n'est plus de 18 mois, mais de 24 mois. D'autre part, le combustible est plus concentré en uranium enrichi : l'isotope U235, présent à hauteur de 3,5% dans le combustible d'une centrale de deuxième génération, est désormais présent à hauteur de 5% dans un EPR. Il est plus irradié, on en tire plus d'énergie : 75 MWh par jour par tonne, contre 38 à 40 MWh par jour et par tonne dans une centrale de deuxième génération. Ce qui implique une usure (« burn-up ») et donc une radiotoxicité bien plus importante que dans les réacteur actuels.

En particulier, le fait que le combustible soit plus radioactif change les propriétés physiques et chimiques des « crayons » d'uranium présents dans l'assemblage contenu dans la cuve : comme sous une force centrifuge, la radioactivité migre à l'extérieur des jantes métalliques de l'assemblage. Ce qui signifie qu'au moindre problème (contamination de l'eau de la piscine du réacteur, rejet dans l'environnement...), la fraction immédiatement rejetée est sept fois supérieure à celle d'un réacteur de deuxième génération.

Cela pose le problème du stockage de ces déchets ?

J.L.- Effectivement. J'ai travaillé dans l'industrie nucléaire, dans les années 60-70.A l'époque, on nous disait que les problèmes de stockage seraient résolus plus tard. Aujourd'hui, personne ne les a encore résolus.

Dans la vie d'un EPR (60 ans), 200 tonnes de combustible seront irradiées. Or ce nouveau type de combustible est autrement plus radioactif que celui d'une centrale de deuxième génération : les déchets doivent être confinés dans des containers beaucoup plus spacieux et hermétiques. Ce que je pointe, c'est un manque total de coordination entre le concepteur de la centrale, Areva, et les concepteurs des containers destinés à contenir les déchets radioactifs, tels que Posiva en Finlande, ou SKB en Suède. Ces derniers sont bien en peine aujourd'hui de concevoir des containers apropriés.

Ni la France, ni la Finlande, qui construisent chacune un EPR, ni aucun des autres pays qui envisagent d'en acquérir un (Royaume-Uni, États-Unis, Inde, etc.) ne disposent d'un site susceptible de gérer des combustibles ainsi irradiés. Même l'usine de La Hague d'Areva, présentée comme la plus performante au monde, ne résoudrait en rien la gestion de ces déchets : leur traitement génèrerait des rejets de radioéléments beaucoup plus élevés qu'à l'heure actuelle.

En France en effet, les combustibles usés sont confinés durant 5-6 ans, le temps qu'ils refroidissent, puis envoyés à la Cogema à Marcoule pour en extraire le plutonium qui servira au combustible Mox, tandis le reste devient in fine un déchet vitrifié, très toxique. Le cycle aval du combustible est assez similaire au Royaume-Uni. Nous ne savons pas quoi faire de ces déchets vitrifiés.

A l'heure actuelle, le système de stockage présente-t-il un risque pour l'environnement ?

J.L.- En Finlande, en Suède, aux Etats-Unis, en Allemagne, le principe est de stocker les combustibles irradiés dans des containers en cuivre, à 400-600 mètres sous terre.

Or ces containers ont été conçus pour pouvoir résister à toute fuite durant 100 000 ans. Durant ce temps, la majorité des isotopes radioactifs auront perdu leur toxicité. Reste que l'129, un isotope radioactif de l'iode créé lors des réactions de fission (cassure des noyaux d'uranium ou de plutonium) dans un réacteur nucléaire, reste dangereux 5 millions d'années après pour l'être humain. Au bout de 100 000 ans, quand le container le laissera échapper, il contaminera l'eau en sous-sol et aura une incidence sur les générations futures.

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5 - La révolte des anti-EPR (Paris-Normandie - 2 février 2009 - Anne-sophie Groué)

Très tôt au parfum de la nouvelle, Alain Corréa, anti-EPR très actif sur Dieppe, n'a pas manqué d'évoquer le sujet au cours de l'assemblée générale du réseau « Sortir du nucléaire » ce week-end à la Rochelle. « Après le premier loupé de 2004, Penly était fortement pressentie pour accueillir le deuxième EPR. L'union sacrée des politiques a montré une grosse demande du territoire dieppois, où le refroidissement est mieux assuré qu'à Chooz dans les Ardennes. Je ne suis pas foncièrement surpris. » Jolanta Avril, élue Verte à Dieppe, acquiesce : « On s'y était préparé, c'était attendu ». En revanche, Frédéric Weisz, porte-parole des Verts locaux, cède que la nouvelle l'a « assis. Au début, je n'y ai pas cru. J'ai accusé le coup ».

Déni de démocratie. Pourtant l'heure n'est pas aux démonstrations de force. Pas encore. « Trop tôt pour organiser une réaction », reconnaît Alain Corréa.
Pas question pour autant de rester inactif. « On va attaquer en entamant des procédures légales sur des points obscurs, des anomalies dans les permis de construire, des calendriers non respectés par exemple. » Car les militants antinucléaires sont très loin de se cantonner aux démonstrations publiques. « On n'est pas là que pour tenir une banderole. Tout un chacun participe au travail de veille du réseau. » Soit un ouvrage permanent d'investigation. « L'info est diffuse, il faut la trouver et, parfois, la divulguer comme pour le Tricastin ou le scandale de l'agrément des laboratoires. »

Côté élus, les deux conseillers Verts exprimeront leur désaccord au milieu d'un large consensus politique (du PC à l'UMP) au conseil municipal de demain soir. « On restera vigilants et on organisera sûrement une manifestation avec les Verts régionaux, pour montrer qu'on est toujours là », atteste Jolanta Avril. Frédéric Weisz, loi constitutionnelle de la charte de l'environnement à l'appui (« Toute personne a le droit […] d'accéder aux informations relatives à l'environnement »), dénonce un « déni de démocratie » : « Les choix énergétiques ne doivent pas être l'apanage des élus. D'ici le début de la construction de l'EPR en 2012, on peut se battre pour une consultation de la population. Et pour qu'un autre gouvernement casse cette décision. Ça s'est déjà vu. La démocratie, c'est notre seule arme. »

La cellule de veille montée par les Verts au niveau régional est en ordre de bataille : « Demandes d'audiences, lettre ouverte aux élus, pétitions, distribution de tracts sur les marchés, lancement d'un collectif anti-EPR » vont se mettre en place.

Emploi. Car de lourdes questions restent sans réponse : « Que deviendront la majorité des 2 500 emplois qui ne resteront pas après le chantier ? Qu'adviendra-t-il des déchets nucléaires ? Comment évoluera le site après l'exploitation ? », s'inquiète Jolanta Avril. Alain Corréa ajoute : « Avec les trois milliards d'euros investis là, on aurait pu créer, d'après l'étude des Quatre-Vents du Cotentin, dix mille emplois dans le renouvelable. Lequel aurait engendré davantage d'énergie. Et puis les pêcheurs en difficulté ne vont pas se retrouver dans les centrales ! »

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6 - Nucléaire : l'Etat invite EDF et GDF Suez à coopérer pour le deuxième EPR (Les Echos - 2 février 2009)

Hésitant depuis le début sur ce dossier, l'Elysée a confié la réalisation de ce réacteur de troisième génération au monopole historique, mais l'a contraint d'y associer son frère ennemi GDF Suez dans une « société de projet ». Dans le même temps, il ouvre la porte au groupe dirigé par Gérard Mestrallet pour l'EPR suivant, sans s'engager formellement et sans donner de date.

En validant jeudi soir le projet d'EDF pour la réalisation du deuxième EPR en France, sur son site de Penly, l'Etat a posé plus de questions qu'il n'a donné de réponses à la filière nucléaire française. Hésitant depuis le début sur ce dossier, il a confié la réalisation de ce réacteur de troisième génération au monopole historique, mais l'a contraint d'y associer son frère ennemi GDF Suez dans une « société de projet ». Avec un objectif de raccordement au réseau en 2017. Dans le même temps, il ouvre la porte à GDF Suez pour l'EPR suivant, sans s'engager formellement et sans donner de date. Des négociations ardues se profilent dans les prochaines semaines. « On a mis deux crocodiles dans un marigot », résume un fin connaisseur du secteur.

EDF veut être le maître à bord. La réaction des deux entreprises en dit long sur leur vision de leur future coopération. Dans son communiqué, EDF évoque tout juste GDF Suez, parmi d'autres « investisseurs » et « dans le cadre de partenariats équilibrés ». Concrètement, il l'envisage plutôt comme Enel, qui détient 12,5 % du premier EPR de Flamanville et auquel une cinquantaine de techniciens et ingénieurs (sur le chantier et dans les bureaux d'études) participent pour apprendre le métier. L'électricien italien est invité à participer au deuxième EPR et se doit d'inviter EDF à ses projets domestiques. Le français a donc un intérêt en retour. C'est ce qu'il attend de GDF Suez.

En termes d'organisation, il est prêt à accueillir les compétences de son rival, mais en les intégrant dans ses propres équipes, comme à Flamanville, et en restant décideur en dernier ressort, selon un proche du dossier.

GDF Suez ne veut pas être « un simple investisseur ». Chez GDF Suez, qui souhaitait se voir confier cet ouvrage, le ton est radicalement différent. La société « apportera tout son savoir-faire et son expertise dans le cadre de la construction et de l'exploitation de ce nouvel EPR », dit-elle dans son communiqué. Bref, elle veut être impliquée au plus haut point, d'une part pour montrer à ses clients potentiels (Abu Dhabi, Bulgarie...) qu'elle est respectée pour ses compétences, d'autre part, pour être prêt à construire le 3e EPR. Selon son patron, Gérard Mestrallet, « nous ne serons pas un simple investisseur dans ce projet ». Paul Rorive, directeur des activités nucléaires, rappelle que le groupe compte 3.500 salariés dans ce métier, dans l'exploitation et la maintenance, mais aussi dans la conception et la construction avec sa filiale Tractebel Engineering.

Les rapports de force. EDF dispose d'atouts clefs, à commencer par le site et l'assurance d'avoir la « majorité » dans la société de projet. Techniquement, il n'a jamais vraiment interrompu sa maîtrise d'ouvrage dans l'atome, contrairement à GDF Suez, qui n'a pas construit de centrales nucléaires depuis plus de vingt ans. L'Etat, actionnaire du premier à hauteur de 85 % et du second à hauteur de 36 %, peut imposer ses préférences. Mais, dans ce dossier, certains de ses représentants voient en GDF Suez un acteur à prendre au sérieux, « pas un stagiaire ou un apprenti ». D'autres veulent préserver la dominance d'EDF. Une chose est sûre, les sociétés ont intérêt à mettre au clair leurs responsabilités. Sans quoi le projet peut vite tourner au casse-tête, comme en témoigne le chantier mené en Finlande par Areva. Les partenaires potentiels du deuxième EPR, le pétrolier Total ou l'allemand E.ON, y regarderont de près avant de se lancer.

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7- La Haute-Normandie, terre d'élection du nucléaire (- Les Echos - 2 février 2009)

En accueillant le deuxième EPR, cette région, qui compte déjà six réacteurs de 1.300 MW, confirme sa vocation nucléaire née dans les années 1970.

En désignant la centrale EDF de Penly, près de Dieppe, pour accueillir le deuxième EPR, le président Nicolas Sarkozy a fait le choix technique qui était recommandé par les spécialistes. « C'est l'option la plus facile, la plus pratique et la plus économique », dit-on à la direction du site, qui compte déjà deux réacteurs de 1.300 MW. Le principal atout de cette centrale est d'avoir été construite en bord de mer pour faciliter le refroidissement de ses réacteurs. Elle dispose en outre de lignes à très haute tension pour évacuer l'électricité et de la place nécessaire déjà aménagée pour construire un autre réacteur. Le site ressemble en tout point à celui de Flamanville (Manche), où la construction du premier EPR a été lancée à l'été 2006. A cet avantage technique s'est ajoutée une forte mobilisation des élus locaux, qui ont affiché leur unité, ce qui n'avait pas été le cas lors de l'attribution du premier EPR. Sous la conduite du maire UMP du Havre, Antoine Rufenacht, une délégation composée d'élus de droite et de gauche avait plaidé en décembre en faveur de Penly auprès du ministre de l'Ecologie, Jean-Louis Borloo.

Emplois et ressources fiscales

Ces élus avaient en particulier souligné la nécessité de trouver des compensations aux pertes d'emplois dans l'automobile, notamment dans les usines Renault de Sandouville et de Dieppe. Antoine Rufenacht, tout comme le maire PCF de Dieppe, Sébastien Jumel, et la députée PS Sandrine Hurel, parlent aujourd'hui de « la bouffée d'oxygène » qu'apporte la construction de cet EPR, qui représente un investissement de plus de 3 milliards d'euros. Quelque 300 salariés travailleront dans l'unité à sa mise en service, tandis que le chantier prévu pour durer cinq ans, de 2012 à 2017, nécessitera jusqu'à 2.300 salariés dans les périodes de pointe. « Nous avons grand besoin de ce projet pour les emplois, mais aussi pour les ressources fiscales, car une installation comme celle-ci représente chaque année des millions d'euros de taxe professionnelle », ajoute le maire du Havre.

Enfin, le choix a été facilité par l'existence d'un savoir-faire local et l'absence d'opposition majeure au nucléaire dans cette région, à la différence par exemple de la Bretagne. Depuis 1984, six réacteurs de 1.300 MW ont été mis en service en Haute-Normandie, deux à Penly et quatre à Paluel, un peu plus au sud, toujours sur le littoral. Grâce à ce parc, la région produit déjà 10 % de l'électricité française.

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8 - Marigot nucléaire (Les Echos - 2 février 2009)

En France, on a pas de pétrole mais on a des idées. Des idées parfois bien discutables. En annonçant jeudi dernier en quasi-catimini qu'il venait d'autoriser la construction d'une nouvelle centrale nucléaire, l'Elysée a pris sans réel débat une décision lourde de sens engageant le pays pour plus d'un demi-siècle.

Sur le fond pourtant, cette décision soulève de nombreuses questions. La France qui ne fait plus guère des économies d'énergie une priorité, doit-elle réellement engager dès maintenant la construction d'un réacteur supplémentaire ? Probablement, mais cette décision a-t-elle été prise pour répondre à notre propre consommation future ou plutôt pour refaire de l'Hexagone un grand exportateur de technologie nucléaire ou d'électricité vers des voisins européens encore prudents face à l'atome ? Quant au choix technologique en faveur de l'EPR, est-il totalement justifié ? Les EPR en cours de construction seront sans doute à terme d'une redoutable efficacité, mais ils sont encore loin d'avoir fait leurs preuves. Seule certitude, ils coûteront plus cher que prévu. Fallait-il se précipiter ? A-t-on lancé un second Superphénix avant d'avoir vu fonctionner le premier ?

Sur la forme, les questions sont tout aussi nombreuses. La réforme de France Télévisions, le lancement d'un quatrième opérateur mobile ou d'autres sujets comparativement mineurs sont prétextes à d'interminables débats. L'avenir du nucléaire se décide, lui, en petit comité. Enfin, pour ne faire de peine à personne, le gouvernement pousse aujourd'hui dans des conditions encore vagues EDF et GDF Suez à travailler ensemble. Les deux frères ennemis de l'énergie française vont devoir collaborer, partager risques et soucis, et apprendre à ne pas rejeter sur l'autre la responsabilité d'erreurs en cas de difficultés. L'Etat vient de jeter deux crocodiles dans un drôle de marigot nucléaire.

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9- La diligence et le marchepied (Les Echos - 2 février 2009)

Peu importe de voyager sur un marchepied du moment qu'on participe à la balade. En faisant grimper GDF Suez dans la caravane du deuxième EPR, le jugement de Salomon de Nicolas Sarkozy permet au groupe de Gérard Mestrallet de rester dans le match. En votant la confiance à EDF mais en y associant GDF Suez, le ministre élyséen de l'Industrie répond aussi à des soucis politiques. Tout en caressant les syndicats, favorables à EDF, dans le sens du poil, il se protège des foudres de Bruxelles, hostile à un monopole de l'opérateur historique, en lui démontrant que le marché français n'est pas aussi bétonné que l'enceinte de confinement des centrales. Au roi du nucléaire belge, il offre un sauf-conduit tricolore utile pour la réalisation de ses ambitions internationales. En revanche, il accorde à EDF une prime au leader que lui refuse désormais le marché. Si les deux champions pesaient à peu près le même poids lors de la fusion GDF Suez, EDF a vite pris l'avantage avec 20 milliards d'avance. Mais ils sont désormais pratiquement revenus au coude à coude. Un coude dont le challenger de Penly pourra jouer pour prendre ses aises pendant le voyage au long cours qui s'amorce.

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10 - Un mur de dépenses sur la route d'Areva (Les Echos - 3 février 2009)

Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : l'industrie nucléaire est sinistrée mais elle a encore un espoir : recevoir de puissantes sommes d'argent public, tant aux USA - où des sénateurs acquis à l'industrie nucléaire s'agitent en coulisses - qu'en France avec le nouveau Fonds stratégique d'investissement (FSI) créé par sarkozy justement pour donner notre argent à ses amis (ou serviteurs) les PDG...

L'un reste, l'autre part. Siemens a jeté, la semaine dernière, un beau pavé dans la mare en mettant fin au partenariat qui le liait depuis huit ans à Areva NP, l'ex-Framatome. Alors que la refonte de la filière nucléaire française semblait en sommeil, son retrait programmé a ravivé d'un coup les spéculations autour d'Areva et d'un éventuel rapprochement avec Alstom. Car ce fut la première réaction, presque instinctive : en pliant bagage, l'industriel allemand ouvre forcément un boulevard au groupe de Patrick Kron. Quoi qu'en dise ce dernier, personne n'imaginait sérieusement qu'Alstom et Siemens puissent un jour cohabiter au sein d'Areva. Et, sur ce dossier, on peut penser que l'Elysée aurait lancé depuis longtemps son grand Meccano industriel s'il n'avait pas eu à craindre un différend franco-allemand. De ce point de vue, au moins, la situation s'est franchement éclaircie. Mais la fin de l'histoire n'est pas encore écrite.

Dans l'immédiat, pour Areva, les conséquences concrètes du départ de Siemens sont avant tout financières et stratégiques. Financières, car, dans les trois ans qui viennent, le leader mondial du nucléaire va devoir mobiliser quelque 2 milliards d'euros pour racheter les 34 % détenus par son ancien allié munichois dans sa filiale de réacteurs. Une ardoise qui s'ajoutera aux 11 à 12 milliards d'investissements prévus d'ici à 2012. Sur le plan stratégique, le groupe français a par ailleurs compris qu'il n'en avait pas tout à fait fini avec Siemens, dont les ambitions sont intactes dans le nucléaire. D'ores et déjà, le conglomérat allemand réfléchit à des coopérations avec le russe Atomenergoprom. A terme, un nouvel acteur de poids risque donc de surgir dans le secteur, aux côtés de Toshiba-Westinghouse, General Electric et Mitsubishi. De puissants concurrents, qui se mettent tous en ordre de bataille pour profiter de la renaissance de l'atome. Dans ce contexte, Areva conserve a priori une longueur d'avance : son modèle d'opérateur intégré est désormais copié par tous ses rivaux. Et, à ce jour, son réacteur EPR est le seul modèle de troisième génération en construction dans le monde.

Mais cette avance risque de fondre comme neige au soleil si l'entreprise tricolore ne passe pas à la vitesse supérieure. A cet égard, l'équation de départ n'a pas changé : avec ou sans Siemens, Areva a besoin d'argent frais pour financer son développement. D'ici à 2020, le groupe veut se mettre en situation de remporter une soixantaine de commandes. Pour cela il lui faudra investir dans de nouvelles capacités de production, recruter (12.000 personnes cette année), nouer des partenariats, procéder, peut-être, à des acquisitions... Au total, et en intégrant le rachat des intérêts de Siemens dans Areva NP, près de 30 milliards d'euros pourraient devoir être engagés dans les douze ans à venir. Un plan de marche inenvisageable dans la configuration actuelle. D'autant que depuis l'an dernier, l'entreprise présidée par Anne Lauvergeon consomme plus de cash qu'elle n'en génère. Pour la seule année 2009, elle assure devoir trouver 2,6 milliards pour boucler son programme d'investissements...

Face à cette montagne de dépenses, un apport de capitaux apparaît désormais indispensable. Sur le papier, les solutions ne manquent pas. L'ennui, c'est que les plus évidentes sont aussi les plus compliquées à mettre en oeuvre. La question d'une mise en Bourse ne se pose même pas dans le contexte actuel. Et l'adossement à un autre acteur industriel, quel qu'il soit, paraît hors de propos à court terme : sans renier leur intérêt pour la filière nucléaire, ni Alstom ni son premier actionnaire, Bouygues, ne semblent vouloir s'impliquer tant que les retombées financières du chantier finlandais d'Areva ne seront pas mieux cernées - sur place, la construction du tout premier réacteur EPR est toujours aussi problématique, et le groupe n'est pas à l'abri d'un nouveau dérapage du calendrier. Quant à Total, en dépit des ambitions affichées dans le secteur, il ne souhaite pas non plus bouger dans l'immédiat.

En dernier recours, il est assez naturel que les regards se tournent vers le tout nouveau Fonds stratégique d'investissement (FSI), dont la vocation est précisément de répondre aux besoins de financement des entreprises hexagonales et de sécuriser les plus prometteuses d'entre elles. Bien sûr, on imagine mal que le FSI - doté de 6 milliards de liquidités « activables » - injecte dans Areva près de la moitié de ses ressources. Mais il pourrait, par un premier apport, fédérer un noyau d'autres investisseurs institutionnels afin d'aider le groupe nucléaire à traverser sans encombre les premières années de son plan de développement. Une simple parenthèse, mais une parenthèse susceptible de satisfaire tout le monde. Avant de reposer les questions qui fâchent.

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11 - Russie-USA : Obama prône une réduction de 80% des arsenaux nucléaires (presse)

RIA Novosti - 04/ 02/ 2009 - Le président américain Barack Obama proposera à la Russie de réduire de 80% les arsenaux nucléaires des deux pays, a écrit mercredi le Times citant des sources proches de la Maison Blanche. Selon le journal britannique, M. Obama nourrit un projet radical prévoyant une réduction des ogives nucléaires à 1.000 pièces dans les arsenaux russe et américain.

Le président américain se propose également de créer au sein de son administration un comité chargé de la réduction des armements qui sera présidé par Gary Samore, chargé des négociations sur le désarmement nucléaire sous Bill Clinton. Par ailleurs, poursuit le Times, M. Obama pourrait renoncer au projet de déploiement du bouclier antimissile américain en Europe de l'Est cher à son prédécesseur George W. Bush.

"Nous avons l'intention de relancer les pourparlers sur le désarmement avec la Russie", a indiqué un représentant de l'administration Obama cité par le Times. "Nous sommes prêts à mener un dialogue tous azimuts avec les Russes autour des problèmes qui nous préoccupent" de façon à réduire à 1.000 le nombre d'ogives nucléaires de chaque côté, a-t-il indiqué, relatant les projets américains concernant le nouveau traité Start. Le Traité Start, un texte russo-américain portant sur la réduction des armements stratégiques offensifs, expire en 2009.

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12 - Areva veut économiser 500 millions d'euros en 2009 (Les Echos - 5 février 2009)

Invité par l'Etat actionnaire à réduire son train de vie, Areva veut économiser 500 millions dès cette année. Aujourd'hui, le conseil de surveillance doit se concentrer sur le budget opérationnel et laisser de côté les investissements. Et aucune solution ne se dégage pour répondre aux besoins financiers du groupe.

Invité par l'Etat actionnaire à réduire son train de vie, Areva veut économiser environ 500 millions d'euros dès cette année. Anne Lauvergeon, la présidente du directoire, doit présenter aujourd'hui un budget dans ce sens lors d'un conseil de surveillance extraordinaire. Premièrement, 400 millions d'euros seront économisés sur les achats. « On renégocie tous les contrats, de l'informatique aux composants », explique une source interne. Deuxièmement, une centaine de millions seront économisés sur les frais généraux. Les voyages sont réduits au strict minimum. D'autre part, le groupe entend rationaliser les fonctions support (services administratifs, ressources humaines, etc.).

Areva, qui a confirmé hier la signature d'un protocole d'accord pouvant déboucher sur la vente de 6 réacteurs EPR en Inde, dépense entre 7 milliards et 8 milliards d'euros par an pour ses achats. En économisant 500 millions par an, le groupe réduit donc sa facture de 6 % à 7 %. Reste à savoir si cet effort sera de nature à satisfaire son actionnaire. Manifestement, l'Agence des participations de l'Etat a demandé au champion français du nucléaire d'améliorer son résultat de « façon significative ». Areva présente ses résultats annuels le 25 février, mais a déjà prévenu en décembre que son résultat opérationnel pour 2008 s'inscrirait en baisse par rapport à 2007.
Besoin doublement urgent

Le conseil de surveillance, réuni aujourd'hui pour valider le budget qu'il avait refusé d'approuver en décembre, doit se concentrer sur les dépenses opérationnelles. Autrement dit, il ne traitera pas des investissements. C'est dire à quel point la question du financement d'Areva devient sensible. Le groupe prévoit d'investir 2,6 milliards d'euros cette année et un total de 11 milliards à 12 milliards (acquisitions incluses) d'ici à 2012. Mais il ne pourra pas tenir cette feuille de route sans une augmentation de capital, puisqu'il exclut de dégrader sa situation financière en recourant à l'endettement. Le besoin, estimé par Areva à quelque 3 milliards, s'avère doublement urgent avec le départ annoncé de Siemens de leur filiale commune de réacteurs, Areva NP.

« L'Etat parle de relance, mais il oublie que nous sommes une entreprise publique, s'indigne un représentant des salariés. Le groupe a besoin de carburant, c'est l'intérêt des salariés qui est en jeu. » La moitié de ses projets d'investissement sont prévus en France et des dizaines de milliers d'emplois en dépendent, rappelle-t-il. Si elle ne bénéficie pas de fonds propres supplémentaires, la direction est prête à réduire drastiquement ses investissements et à les ramener à 1,4 milliard d'euros pour cette année. Mais « alors on dégraderait l'outil », regrette une source interne.

Sans nier les besoins d'Areva, l'Etat n'a pas encore trouvé la solution miracle, qui soulagerait ses finances. Répliquer les mesures d'aides consenties aux banques et aux groupes automobiles ne résoudrait pas le problème. Dans l'immédiat, le groupe présidé par Anne Lauvergeon n'a pas besoin de prêts ou de garanties, mais d'un apport de capitaux, en bonne et due forme. Une équation délicate à résoudre.
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13 - Réseau "Sortir du nucléaire" :   Sarkozy à Flamanville : le nucléaire français au bord du gouffre

- Les ventes d'EPR (Chine, Inde, etc) sont virtuelles
- Flop des chantiers EPR en cours (Finlande et France)
- Areva et EDF financièrement au plus mal…

En visitant vendredi le chantier du réacteur nucléaire EPR en construction sur les falaises de Flamanville (Manche), Nicolas Sarkozy symbolisera parfaitement l'état de l'industrie nucléaire française… au bord du gouffre. En effet, bien que qualifiés de "champions" par la communication élyséenne, EDF et Areva sont l'un comme l'autre en très grande difficulté industrielle et financière.

Areva en cessation de paiement ?

Areva est à la recherche de près de 3 milliards d'euros pour simplement boucler son budget 2009, et a déjà annulé, le 25 novembre 2008, son projet d'exploitation de la mine d'uranium Midwest au Canada. Autre déconvenue majeure pour Areva qui attendait beaucoup de ce marché : le 5 décembre, l'Afrique du Sud a annulé les 12 réacteurs qu'elle prétendait faire construire.

Pendant ce temps, le chantier EPR d'Areva en Finlande, lancé en février 2005, tourne au désastre : déjà 38 mois de retard et 2,4 milliards d'euros de pénalité demandés par les Finlandais aux Français. Vendu 3 milliards d'euros, ce réacteur coûte donc en réalité 5,4 milliards… en attendant de nouveaux surcoûts.

Par ailleurs, le départ de Siemens, annoncé en janvier dernier, a pris au dépourvu Areva qui doit trouver 2 milliards d'euros de plus pour racheter parts détenues par son ancien allié. A la bourse de Paris, la cotation d'Areva est passée de 820 euros en juin dernier à 330 à ce jour : -60% !

EDF plombée par ses raids (Grande-Bretagne, USA) et par l'EPR de Flamanville

En Grande-Bretagne, EDF a dépensé une fortune (15 milliards) pour racheter British Energy et ses réacteurs nucléaire obsolètes… juste avant la crise mondiale : aujourd'hui, le prix en serait 3 à 4 fois moindre. De même, aux USA, EDF a payé le prix fort (5 milliards) pour racheter 50% des activités nucléaires de l'américain Constellation, tombé dès le début de la crise dans l'escarcelle du milliardaire Buffet, lequel l'a revendu bien plus cher à EDF. Dans les deux cas, il reste "juste" à EDF à trouver l'argent pour construire des réacteurs.

Pendant ce temps, l'EPR de Flamanville accumule les déconvenues : le chantier de ce réacteur, lancé en décembre 2007, compte déjà près d'un an de retard. Son prix est passé de 3,3 milliards à 4 milliards, mais tout pousse à penser qu'il coûtera lui aussi 5 ou 6 milliards… ou plus. L'action EDF à la bourse de Paris est passée de 87 euros fin 2007 à 38 à ce jour : - 56% !

La France ne vend des réacteurs nucléaires… qu'à elle-même !

Il ne faut pas se laisser tromper par les effets d'annonce de l'Elysée, d'Areva ou d'EDF sur de supposées exportations, comme la vente supposée mercredi 4 février de deux (voire six !) EPR à l'Inde. En réalité, seul a été signé un protocole d'accord qui n'engage à rien. De même, les 2 EPR supposés vendu à la Chine fin 2007 restent à ce jour à l'état de projet : seuls quelques travaux de terrassement ont eu lieu fin 2008 sur le site de Taishan.

Le nucléaire exige d'énormes investissements financiers pour une production d'électricité huit à dix ans plus tard et un retour sur investissement 30 ans après. De tels investissements, déjà difficiles à programmer avant la crise financière mondiale, sont encore plus improbables aujourd'hui, y compris en Chine et en Inde.

Sarkozy radioactif… et archaïque

Au lieu de venir se faire filmer, un casque sur la tête, sur le chantier en perdition de l'EPR de Flamanville, M. Sarkozy devrait enfin comprendre que le nucléaire est une énergie du passé, archaïque, polluante et qui, à investissement égal, crée 15 fois moins d'emplois que les alternatives (économies d'énergie + énergies renouvelables).

La construction d'un EPR est à la fois absurde et illégitime

Démocratie

L'annonce d'un nouvel EPR à Penly (Seine-Maritime) bafoue les engagements officiels pris lors du Débat public (Novembre 2005 - Février 2006) sur le premier EPR français, actuellement en construction à Flamanville (Manche). En effet, il était explicitement écrit par EDF que le premier EPR devait permettre "d’acquérir une solide expérience de construction et d’exploitation de ces réacteurs de nouvelle génération et d’être prêt le moment venu pour le renouvellement des centrales" (*). En clair, il s'agissait de faire fonctionner ce réacteur avant de décider d'en faire ou non d'autres. Or, la construction du premier EPR n'en est qu'au début : qui peut donc prétendre avoir à ce jour une "solide expérience de construction et d’exploitation" de l'EPR ?


Emplois

Par ailleurs, le Réseau "Sortir du nucléaire" conteste les affirmations de M Gadonneix (PDG d'EDF) qui prétend que la construction de ce réacteur serait "une bonne nouvelle pour l'emploi". La réalité est en fait exactement inverse : des études montrent que, pour un investissement égal, les économies d'énergie et les énergies renouvelables créent jusqu'à 15 fois plus d'emplois que le nucléaire (**).

Ainsi ,après avoir longtemps soutenu le nucléaire, le puissant syndicat allemand IG Metall vient de fustiger une "technologie vieillissante et arriérée" par la voix d'un de ses dirigeants, Hartmut Meine, qui a pris la parole dans le cadre d'une manifestation contre les transports de déchets radioactifs le 9 novembre dernier. Cette conversion s'explique sans peine : en quelques années, les énergies renouvelables ont créé 250 000 emplois en Allemagne, chiffre en augmentation continuelle. A titre de comparaison, après 50 ans d'investissements massifs, le nucléaire emploie moins de 100 000 personnes en France.


Energies renouvelables

Le projet de construire de nouveaux EPR n'est donc pas seulement irresponsable sur le plan environnemental, il est aussi absurde sur le plan économique. Plus que jamais, la "France nucléaire" fait fausse route : il y a quelques jours à peine le 26 janvier, l'Agence internationale pour les énergies renouvelables (Irena) a été officiellement créée par cinquante pays, notamment l'Allemagne, l'Espagne et le Danemark, qui se sont engagés de longue date en faveur des énergies vertes. La France, elle, a tout tenté d'empêcher la naissance de cette organisation et n'y participe que du bout des pieds.

Il faut dire que la construction d'un nouvel EPR empêchera la France de respecter son engagement européen de 23% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie en 2020. Qui plus est, la vague de froid de cet hiver a démontré que la France manquait de moyens de production "de pointe" : elle ne doit donc surtout pas ajouter de nucléaire (qui produit "en base").


Agir

Face à ce nouveau coup de force, le Réseau "Sortir du nucléaire" attaquera en justice les autorisations de construction du nouvel EPR annoncé à Penly (Seine-Maritime). De même, le Réseau attend le verdict du Conseil d'Etat concernant sa procédure contre la construction de l'EPR de Flamanville. A ce sujet, les incroyables déboires industriels et financiers rencontrés par Areva et EDF sur leurs chantiers EPR respectifs entraînent de très lourds surcoûts (déjà au moins 2,5 milliards en Finlande et près d'un milliard à Flamanville) qui vont être couverts par les Français. Il apparaît donc indispensable de stopper, définitivement, le chantier de l'EPR de Flamanville.

Le nucléaire est une industrie du siècle passé, dangereuse et archaïque, chère et polluante. L'avenir est aux économies d'énergie et au développement des énergies propres et renouvelables.

 

(*) http://www.debatpublic-epr.org/docs/pdf/dossier_mo/synthese_dossier_mo.pdf  
(**) Cf Etude "Un courant alternatif pour le Grand-Ouest", avril 2006
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 830 associations
Contact presse : 06.64.100.333
http://www.sortirdunucleaire.org/
10  février 2009
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