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Référé contre EDF et l'ASN
Le Réseau "Sortir du nucléaire" a annoncé qu'il avait déposé un référé contre EDF et l'ASN auprès du tribunal administratif de Grenoble. Il souhaite qu'« EDF suspend les travaux d'intervention (sur le réacteur n°2 de la centrale) le samedi 25 octobre ». En effet, une marche est prévue à cette date, à 14h 30, par le collectif anti-nucléaire 84, allant de la centrale du Tricastin à Bollène. Par ailleurs, le référé exige « qu'il soit enjoint à EDF et à l'ASN de communiquer au public la date d'intervention sur le réacteur afin de prendre les dispositions nécessaires pour se prémunir du risque d'accident (...) ». De son côté une action surprise à été condfuite par l'association "Médinae" à Manosque le samedi 18 octobre contre le projet ITER et "l'affaire du tract anonyme". Parallèlement , Roland Desbordes  (Présidnet de la CRIIRAD) atteste que "Le lobby nucléaire est au coeur des institutions". Tandis que l'IRSN confirme qu'au Tricastin, la pollution est supérieure aux recommandations de l'OMS.
Tricastin : "Sortir du nucléaire" passe à l'action avec un référé contre EDF (Le Dauphiné Libéré - 22/10/08)

Hier dans un communiqué, le Réseau "Sortir du nucléaire" a annoncé qu'il avait déposé un référé contre EDF et l'ASN auprès du tribunal administratif de Grenoble. Il souhaite qu'« EDF suspend les travaux d'intervention (sur le réacteur n°2 de la centrale) le samedi 25 octobre ». En effet, une marche est prévue à cette date, à 14h 30, par le collectif anti-nucléaire 84, allant de la centrale du Tricastin à Bollène. Par ailleurs, le référé exige « qu'il soit enjoint à EDF et à l'ASN de communiquer au public la date d'intervention sur le réacteur afin de prendre les dispositions nécessaires pour se prémunir du risque d'accident (...) ».

EDF répond qu'une communication devrait avoir lieu vendredi ou en début de semaine prochaine « sur la fin de l'incident et sa résolution technique ». Elle confirme que « l'appareillage est arrivé sur Tricastin ». L'intervention devrait donc avoir lieu d'ici la fin de semaine.

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ITER, affaire du tract anonyme
Action surprise de "Médinae" à Manosque samedi 18 octobre 2008
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Une trentaine d'adhérents et sympathisants Médiane. ont diffusé des tracts dans toute la ville et se sont rendu au commissariat de Manosque pour : dire une fois de plus tout le mal qu'ils pensent du projet de fusion nucléaire ITER, demander la restitution de l'ordinateur saisi*, annoncer leur intention de porter plainte pour dénonciation calomnieuse et, dans la foulée, leur retrait de la CLI de Cadarache qui n’a comme objectif que d’utiliser les associations de protection de l’environnement pour cautionner les dérives criminelles de l’industrie nucléaire. Les militants ont offert à la police deux cadeaux : une superbe loupe de dernière technologie pour les aider dans leurs enquêtes futures afin que de telles erreurs ne se reproduisent plus et une magnifique botte de poireaux pour signifier leur attente, qui commence à être longue.

* Suite à une plainte du Conseil Général des Alpes de Haute Provence, Jean Marcon, Président de l'association Médiane est interpellé et menotté par des policiers à son domicile le 23 avril 2008, pour "usage abusif du sceau de la république" sur un tract écrit par un inconnu et dénonçant ITER. Son domicile sera fouillé, mis sans dessus-dessous, son ordinateur saisi. Suivra une garde à vue de 18 heures. Les indices de la police ? la photo d'une personne lui ressemblant vaguement et qui avait l'air de diffuser des tracts à Manosque un certain jour de février... !?! absurde et démesuré !! Le 29 juillet, c’est au tour d’Antoine Calandra, secrétaire de Médiane, d’être convoqué au commissariat de Manosque, pour ce même tract anonyme toujours.  L'association Médiane a déjà écrit et diffusé de nombreux tracts dénonçant les dangers et la folie du projet de fusion nucléaire ITER et continuera bien évidement de le faire, mais nous avons fait le choix de toujours signer nos écrits. Nous demandons que cet ordinateur nous soit très rapidement restitué et annonçons notre intention de porter plainte pour dénonciation calomnieuse.

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Roland Desbordes* : "Le lobby nucléaire est au coeur des institutions" (Enviro2B - 14/10/08 - Interview)

Pouvez-vous nous éclairer sur cette pollution de la nappe phréatique autour du Tricastin?

Nous soupçonnions depuis longtemps déjà une pollution autour du Tricastin. Cela fait plus de 10 ans qu’on a sollicité les élus locaux pour qu’ils s’intéressent à cette nappe phréatique, surtout parce qu'elle sert à l’arrosage mais également à l’alimentation humaine. Il y a en effet des gens qui pompent directement dans cette nappe.

Dès 1997/1998, on avait demandé aux élus locaux une étude sur cette nappe, en dehors des mesures des exploitants, qui semblaient ne rien voir. Et, on s’apercevra plus tard, qu’en réalité, les exploitant avaient bien vu des choses mais qu’ils n’en avaient pas communiqué les résultats à la Commission locale d’information. Il a fallu une demande de l’ASN (Autorité de sûreté nucléaire), des DDASS du Vaucluse et de la Drôme pour qu’une étude soit réalisée à partir de 2007 et confiée à l’IRSN (Institut de radioprotection sur le nucléaire) qui est l’expert de l’Etat et des exploitants, et à Areva, principal exploitant du site.

Qu’a révélé l’étude de l’IRSN publiée le 4 juillet dernier ?

Cette étude a été présentée le 4 juillet dernier à la Commission locale d’information à Valence. On a assez rapidement constaté un excédent d’uranium au sud du site, par rapport au nord. Areva a tout d’abord tenté d’expliquer qu’on était en présence de variations habituelles présentes dans la nature. Dès qu’on a pu prendre connaissance du rapport complet, nous nous sommes rendus compte que cette nappe était bien polluée par l’uranium issu du site dans la mesure ou un autre radio-élément, lui totalement naturel, le polonium 210, était également présent dans cette nappe mais lui dans la même proportion au nord comme au sud.

Vous pointez également du doigt un vieux stockage de déchets d’uranium laissé pratiquement à l’air libre sur le site…

Il faut en effet évoquer la question du stockage de déchets radioactifs sur le site du Tricastin. En l’espèce, il s’agit de déchets d’uranium. On avait interrogé l’exploitant, la Cogema en l’occurrence, sur ce stockage de déchets. Ils considéraient qu’il ne posait aucun problème, et qu’il n’avait jamais pollué la nappe.

En fait, dans un rapport publié en 1998, deux pages indiquaient que ce stockage a déjà pollué dès 1979, la nappe. La pollution était tellement importante qu’ils avaient mis en place un pompage de fixation pour éviter que cette pollution ne se disperse trop. Il est reconnu en 1998, donc 20 ans après, qu’un tiers des déchets radioactifs ont déjà disparu. Ils ont été entreposés sur le sol, et recouverts simplement de terre. En gros, ils sont partis dans la nappe. Une partie a pollué directement la nappe, et l’autre partie a été rejetée avec le pompage dans la Gaffière, le ruisseau de surface.

Pourquoi cette affaire a-t-elle fait si peu de bruit ?

On avait été alerté il y a quelques mois par des travailleurs du site nucléaire qui nous signalaient que la couverture de terre de cette butte de déchets s’était désagrégée et que les déchets réapparaissaient à l’air libre. Nous avions informé les médias et France 2 et France 3 avaient d’ailleurs effectué un reportage mais la direction de France 2 a semble-t-il refusé de le diffuser, sans explication. C’est assez fréquent. Récemment, avec M6, pour l’émission « 66 minutes, » il y a environ 3 semaines, une partie du reportage sur le Tricastin a été censurée, par la direction de la chaîne et non la journaliste.

Et comment ont réagi les autorités après la découverte de ce stockage de déchets polluants ?

L’ASN a sollicité l’armée qui est responsable de ces déchets militaires, pour venir à une commission locale d’information fin juillet. Le responsable de l’armée a réaffirmé que ce stockage ne posait aucun problème et qu’ils ne les enlèveraient pas. A la fin de la réunion, il a reconnu cependant que ces déchets n’avaient pas vocation à rester là. Or, ça fait maintenant plus de 30 ans, depuis les années 1970, qu’ils sont stockés sur cette butte. En réalité, il s’agissait d’entreposage. Mais depuis 2001, pour l’Andra, cette butte de déchets apparaît comme un stockage définitif et donc serait vouée à rester au même endroit.

Ce type de stockage de déchets radioactifs à l’air libre est-il courant ?

Il en existe d’autres notamment sur le site de Tricastin, sur le principe d’un stockage-entreposage. Il existe un certain type de déchets nucléaires produits sans destination. Les producteurs ont produit ces déchets sans se poser la question de leur destination finale. Or, il existe très peu d’endroits pour stocker ces produits radioactifs. En gros, il y a Soulaines et Morvilliers. On cherche d’ailleurs actuellement un site de stockage pour les déchets FAVL (faible activité vie longue). Il y a plus de 3.000 communes qui sont été recensées comme étant des sites d’accueil potentiels pour ces déchets.

Comment expliquez-vous les incidents à répétition sur le site du Tricastin ?

Il y a eu des incidents comme il y a en a régulièrement. On n'est pas devant une quantité d’incidents supérieurs en ce moment, mais dans la moyenne. En raison notamment d’une maintenance sur les réacteurs, l’été est plus particulièrement sensible sur les sites nucléaires. Il y a quand même eu 3 incidents plus marquants.

C’est tout d’abord le 7 juillet dernier, Socatri qui rejette 75 kg d’uranium dans des eaux de surface, c’est pas tous les jours que ça arrive avec des restrictions de consommation, c’est plutôt une nouveauté. C’est d’ailleurs ce qui amené les médias à s’y intéresser. Il y a eu également l’incident EDF du 23 juillet je crois, où plus d’une centaine de travailleurs ont été contaminés dans le réacteur, et c’est un incident exceptionnel par l’ampleur des personnes touchées.

Enfin, le dernier incident notable est celui du 8 septembre qui n’est toujours pas résolu aujourd’hui, et qui concerne une opération de déchargement où des grappes sont restées collées au couvercle quand des ouvriers ont ouvert la cuve du réacteur. C’est un incident extrêmement rare, qui s’était produit une fois à Nogent il y a 10 ans. Des bruits ont même circulé qu’on envisageait d’évacuer la population préventivement autour du site.

Avez-vous questionné les exploitants pour en savoir plus sur ces incidents ?

Nous avons posé une série de questions à Socatri début août. L’exploitant nous a fait savoir un mois après, le 15 septembre qu’il ne répondrait pas à nos questions parce qu’il y avait une action judiciaire en cours. C’est étrange pour une entreprise qui communique avec la presse. Il faut croire que nos questions les dérange.

Justement, quels sont vos rapports avec les exploitants comme Areva ?

Nous n'avons pas de rapport véritable avec les exploitants. Nous n’avons aucune mission spécifique pour effectuer des recherches ou des analyses à l’intérieur des sites nucléaires.

Considérez-vous que les autorités comme l’ASN ou l’IRSN jouent pleinement leur rôle de manière indépendante ?

Il y a un problème de collusion en France dans le secteur du nucléaire. Ainsi l’Etat est en même temps l’actionnaire du nucléaire, mais aussi celui qui édicte les règles, la réglementation, les décrets. Il a alors tendance à favoriser une réglementation qui favorise l'exploitation. Il y a véritablement un conflit d’intérêt. La présence du lobby nucléaire est au cœur des institutions. La position des députés par rapport au nucléaire interpelle.

Vous avez des doutes sur la neutralité des élus concernant la question nucléaire ?

On est en droit de se poser la question, pour qui roulent ces gens ? Que les élus locaux défendent "leur" nucléaire, ça peut se comprendre en raison des retours économiques que le nucléaire génère. Grâce à la manne du nucléaire, des communes comme Saint-Paul-Trois-Châteaux ne savent pas quoi faire de leur argent. Mais cet été, certains élus ont eu un réveil douloureux car ils se sont aperçus que le nucléaire pouvait représenter des désagréments pour le tourisme, pour l’image, pour l’agriculture, le vignoble en particulier. Le Grenelle de l’environnement est un bon exemple. On y a parlé quasiment de tout sauf du nucléaire.

Que pensez-vous du débat français sur le nucléaire ?

Nous ne nous positionnons pas "pour" ou "contre" le nucléaire. Ce qui nous semble plus important c’est plutôt de savoir si le nucléaire est une industrie comme les autres. On est dans un état de droit et les questions doivent être posées et des réponses apportées. Quand on monte au créneau, c’est parce qu’on constate une situation qui n’est pas réglementaire. Et des infractions on en constate à la pelle mais sans sanctions.

Comment réagit Areva lorsque vous les interpelez ?

On existe depuis maintenant 22 ans sans jamais faire d’erreurs sinon nous n’existerions plus. Récemment Anne Lauvergeon nous a accusé de nous être trompés sur un dossier ce qui est totalement faux. L’objectif est certainement de nous discréditer. Cela nous choque beaucoup. Qu’elle ne nous aime pas, c’est son droit mais qu’elle remette en cause notre crédibilité scientifique, c’est grave. Depuis cet été, nus avons ressenti qu’Areva était agacé.

Au fond, à quoi sert la Criirad ?

Je pense qu’on fait avancer les choses. La Criirad contribue à donner une image du nucléaire qui selon moi est salutaire car plus conforme à la réalité. Beaucoup de personnes avaient le sentiment que le nucléaire était une industrie bien gérée, bien surveillée, bien contrôlée. Or, on s’aperçoit que le nucléaire est une industrie qui présente des problèmes de gestion, de contrôle et de surveillance comme les autres industries. L’incident Socatri, ce sont des cuves qui débordent, Comurhex ce sont des tuyaux percés, cela ne fait pas très sérieux pour une industrie de pointe. Il faut donc être vigilant.

*Roland Desbordes, physicien de formation et président de la Criirad. La Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité est un laboratoire indépendant d’analyses de radioactivité, de bilans radioécologiques, et d’études d’impact.

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"Au Tricastin, la pollution supérieure aux recommandations de l'OMS" (Le Point - 14/10/2008)

L'Institut de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN) a publié le 24 septembre un rapport sur "l'état de la surveillance environnementale et le bilan du marquage des nappes phréatiques et des cours d'eau autour des sites nucléaires". Lepoint.fr a interrogé le directeur environnement et intervention de l'IRSN, Didier Champion, sur les conclusions de ce document qui fait état de la contamination de la majorité des eaux souterraines.

Lepoint.fr : Peut-on affirmer qu'une partie des nappes phréatiques situées sous les sites nucléaires en France sont 'polluées'?

Didier Champion : À l'IRSN, on a eu beaucoup de discussions sur les termes à employer. Les rejets d'effluents radioactifs dans les nappes phréatiques sont interdits. Tout rejet doit donc être considéré comme anormal. Par contre, une "pollution" supposerait qu'il y ait une dégradation de la qualité de la nappe qui nuit à la santé des consommateurs de l'eau. Or, dans la plupart des cas décrits dans le rapport, on constate que les traces de radioactivité se trouvent sous les sites nucléaires, où il n'y a pas d'accès direct pour l'irrigation ou l'eau potable. Le mot "contamination" est alors le plus correct puisqu'il indique la présence indésirable d'une substance dans un milieu, indépendamment des problèmes que peut causer cette présence.

Lepoint.fr : Pour certaines nappes, en revanche, on peut parler de pollution ?

D. C. : Il y a quelques cas, cités dans le rapport, où l'on observe en effet des marquages à l'extérieur des limites des sites nucléaires. Mais en général, ces marquages sont en-dessous des valeurs recommandées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la consommation d'eau potable. C'est le cas pour les sites de Marcoule (Gard), Valduc (Côte-d'or), Tricastin (Drôme-Vaucluse), Saclay (Essonne), La Hague (Manche). Pour ceux-là, l'IRSN recommande d'approfondir les études environnementales pour caractériser l'état des lieux et l'évolution éventuelle de leur situation.

Lepoint.fr : Qu'en est-il des eaux souterraines du Tricastin ?

D. C. : On a détecté une pollution de la nappe, une pollution supérieure à la valeur maximale recommandée par l'OMS, et fixée à 15 microgrammes par litre, au sud du site. Cela pose un problème pour les gens qui ont des puits privatifs dans lesquels ils prélèvent de l'eau. Néanmoins, il faut savoir que nous retrouvons des marquages supérieurs aux recommandations de l'OMS dans différents lieux en France, non pas à cause des activités nucléaires humaines, mais parce que l'uranium est présent naturellement dans les eaux des nappes. C'est le cas dans le Massif central.

Lepoint.fr : À quoi sont dus ces marquages anormaux ? Sont-ils attribuables aux autorisations de rejets accordées aux exploitants de sites pour leur fonctionnement ? Relèvent-ils d'accidents ?

D. C. : Dans le cas des centrales EDF, les rejets autorisés dans les cours d'eau ou dans l'air n'induisent pas de contamination, même s'il existe une exception : la centrale de Chinon (Indre-et-Loire). Là, en aval, on observe un transfert de tritium - un élément radioactif très mobile - dans la nappe adjacente. Il faut savoir que les rejets autorisés dans l'air et les cours d'eau sont en diminution constante. Mais il peut y avoir une certaine permanence de la contamination due à des rejets anciens.
Dans les autres types d'installations, le cas le plus significatif où l'on peut constater une contamination de la nappe par les rejets autorisés est le site de Valduc, sur lequel il y a une infiltration des retombées atmosphériques de tritium par eaux de pluie vers la nappe phréatique. Mais de manière générale, les contaminations résultent de dysfonctionnements, comme des fuites liées à des tuyaux enterrés, qui, souvent, ont eu lieu il y a longtemps, et dont les effets s'observent encore aujourd'hui.

Lepoint.fr : Cet été encore, on a découvert sur le site du Tricastin une fuite radioactive sur un tuyau...

D. C. : Je pense que les révélations en cascade de ce genre d'incidents sont la conséquence du premier problème survenu à l'usine Socatri au mois de juillet (NDLR, dans la nuit du 7 au 8 juillet sur une cuve d'effluent). Après cette première fuite, les exploitants ont en effet renforcé leurs contrôles périodiques des réservoirs contenant des affluents uranifères et des tuyaux enterrés. Il est nécessaire que les exploitants assurent périodiquement ce type de contrôle. Est-ce que ça a été mal fait dans le passé ? Cette question est à poser aux exploitants et à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Lepoint.fr : Il y a aussi le problème posé par les stockages anciens de déchets radioactifs...

D. C. : Ces stockages sont connus de longue date, même si le public a pu découvrir leur existence cet été avec la médiatisation autour des événements au Tricastin. Mais ils posent moins de problèmes que les rejets accidentels de liquides radioactifs car ils suscitent moins de pollution à l'extérieur des sites nucléaires eux-mêmes. Les substances radioactives présentes dans les déchets sont contenues par les minéraux du sol. Leur migration vers l'extérieur des sites est très lente et ne peut se faire qu'à long terme. C'est tout l'enjeu de la récupération et du traitement des déchets qui doivent être pris en charge par les exploitants de sites nucléaires dans les prochaines années .

Lepoint.fr : Y a-t-il une fatalité à la pollution des nappes phréatiques situées sous les sites nucléaires en France, même si vous affirmez que cela ne pose pas de problème de santé publique ?

D. C. : Il y a plusieurs éléments de réponse. Tout d'abord, il faut insister sur la prévention à la source. Il faut que les exploitants regardent comment prévenir les rejets accidentels sur leur site. D'autant plus qu'une fois que les substances sont déversées dans les sols, elles transitent par la terre et un réservoir de substances radioactives peut alors se constituer durablement. On peut parfois les retirer et les traiter comme des déchets, mais ce n'est pas toujours possible techniquement. Il y a des exploitants, comme au Tricastin, qui font du pompage actif de nappe pour éviter la propagation de la contamination à l'extérieur du site. Pour l'instant, l'IRSN effectue très peu de relevés directement dans les nappes phréatiques à l'extérieur des sites. Il peut y avoir quelques situations particulières comme au Tricastin qui mériteraient effectivement une attention plus forte.

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Déchets nucléaires et démocratie : Ecrivez aux communes candidates à l'enfouissement de déchets radioactifs sur leur territoire ! Demandez-leur de consulter leurs habitants avant le 31 octobre et de tenir compte de leur vote.

L'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) cherche un nouveau site pour y enfouir des déchets radioactifs, dits "de faible activité à vie longue (FA-VL)". Une étiquette anodine, pour qualifier des déchets qui sont rien moins qu'inoffensifs ! (Pour en savoir plus : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/alerte-dechets.html   )

A ce jour, parmi les 3115 communes démarchées par l'Andra,18 communes ont pris par délibération de leur conseil municipal la décision de se porter candidates à l'implantation de ce site d'enfouissement de déchets radioactifs sur leur territoire. Aucune de ces communes n'a au préalable consulté ses habitants ! Il est permis de penser que les fortes sommes d'argent promises pour "accompagner" la commune choisie ont plus pesé dans ces décisions que les risques sanitaires et environnementaux liés aux déchets radioactifs concernés. Corruption légale ?

Exigez des communes candidates qu'elles consultent leur population !

Nous vous invitons à participer à une action urgente. Celle-ci vise à obtenir l'organisation d'un véritable processus démocratique avant le 31 octobre dans les communes candidates, à savoir :
- informer les habitants, en donnant un temps de parole égal aux opposants et aux promoteurs du projet
- consulter les habitants par un vote à bulletin secret
- organiser enfin une nouvelle délibération du conseil municipal, par vote à bulletin secret, une fois connu le résultat de la consultation

Trois communes ont déjà fait ce choix démocratique (Ville-en-Woëvre, Tréveray, Donjeux). Dans deux d'entre elles, la consultation a eu lieu, et le résultat nous est connu :
- à Ville-en-Woëvre (Meuse), la population s'est prononcée contre le projet à 71,7 %
- à Tréveray (Meuse), la population s'est prononcée contre le projet à 87,8 %

>> Ecrivez dès aujourd'hui aux communes candidates

COMMENT AGIR ? Compte tenu du nombre de communes concernées cette cyber @ction est uniquement signable en ligne http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=336

Par cette action, vous ferez connaître votre opinion aux mairies concernées et à Cyber @cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.

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Prénom NOM
profession
adresse
code postal ville

A l’attention du Maire et de ses conseillers

Mesdames, Messieurs,

Par une récente délibération du conseil municipal, intervenue sans consultation préalable des habitants, votre commune a déclaré se porter candidate à l’implantation sur son territoire d’un site d’enfouissement de déchets radioactifs (déchets radifères et déchets de graphite, principalement). Ces déchets sont dits « de faible activité à vie longue (FA-VL) ». Cette appellation, au premier abord anodine, recouvre une réalité rien moins qu’inoffensive :

« Vie longue » : ces déchets resteront radioactifs, donc dangereux pour l’homme et son environnement, pendant une quasi éternité à l’échelle humaine (exemple : plus de 3 millions d’années pour le chlore-36, principal contributeur pour l’impact à long terme des déchets de graphite).

« Faible activité » : ce qualificatif ne correspond pas à une notion scientifique, mais simplement à une nomenclature qui définit arbitrairement quatre fourchettes d’activité (très faible, faible, moyenne, haute). « Faible activité » ne signifie donc nullement « peu ou pas dangereux », et il serait malhonnête de vous le laisser penser.

Les déchets radifères contiennent notamment du radium-226, élément radioactif de très forte toxicité (radioactivité de type alpha), et qui se décompose en radon-222, un gaz radioactif volatil et très nocif. On retrouverait immanquablement du radon-222 dans les poumons des riverains du site. Les déchets de graphite, irradiés dans le cœur des réacteurs nucléaires de première génération, sont fortement contaminés en plutonium-239. Inhaler moins d’un millionième de gramme de plutonium peut suffire à contracter un cancer.

Ces quelques considérations ne sont qu’un aperçu des nombreux risques et dangers réels inhérents à un site d’enfouissement de déchets radioactifs. Elles me conduisent à vous faire part de mon opinion :

Il serait illégitime que vous engagiez votre commune, c’est-à-dire les citoyens qui vous ont confié un mandat représentatif, dans un projet qui comporte des risques sanitaires et environnementaux, sans avoir au préalable dûment informé et consulté l’ensemble des habitants. Les communes de Ville-en-Woëvre (Meuse), Trévenay (Meuse) et Donjeux (Haute-Marne) ont dès début octobre fait le choix de consulter leurs habitants avant de se prononcer.

Je vous demande donc :

- d’organiser une réunion publique d’information au cours de laquelle les opposants au projet bénéficieront d’un temps de parole égal à celui de ses promoteurs.
- de procéder à une consultation de la population de votre commune par un vote à bulletin secret.
- de procéder à une nouvelle délibération du conseil municipal par un vote à bulletin secret afin que chaque conseiller puisse se prononcer en toute sérénité, une fois connu et rendu public le résultat de la consultation de la population.

Espérant que vous aurez à cœur de mettre en œuvre cette procédure démocratique avant la date butoir fixée par l’Andra au 31 octobre, je vous prie, Mesdames, Messieurs, d’agréer mes sincères salutations.
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par courrier, les coordonnées des communes candidates :
http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?t=6142

Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 830 associations
Contact presse : 06.64.100.333
http://www.sortirdunucleaire.org/   l’Agenda des actions sur : http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?rubrique1
20 octobre 2008
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