| Tricastin
: "Sortir du nucléaire" passe à l'action avec un
référé contre EDF (Le Dauphiné Libéré - 22/10/08) Hier dans un
communiqué, le Réseau "Sortir du nucléaire" a annoncé qu'il avait déposé
un référé contre EDF et l'ASN auprès du tribunal administratif de Grenoble. Il
souhaite qu'« EDF suspend les travaux d'intervention (sur le réacteur n°2 de la
centrale) le samedi 25 octobre ». En effet, une marche est prévue à cette date, à 14h
30, par le collectif anti-nucléaire 84, allant de la centrale du Tricastin à Bollène.
Par ailleurs, le référé exige « qu'il soit enjoint à EDF et à l'ASN de communiquer
au public la date d'intervention sur le réacteur afin de prendre les dispositions
nécessaires pour se prémunir du risque d'accident (...) ».
EDF répond qu'une communication devrait avoir lieu vendredi ou en début de semaine
prochaine « sur la fin de l'incident et sa résolution technique ». Elle confirme que «
l'appareillage est arrivé sur Tricastin ». L'intervention devrait donc avoir lieu d'ici
la fin de semaine.
.....................
ITER, affaire du tract anonyme
Action surprise de "Médinae" à Manosque samedi 18 octobre 2008.
Une trentaine d'adhérents et sympathisants Médiane. ont diffusé des tracts dans
toute la ville et se sont rendu au commissariat de Manosque pour : dire une fois de plus
tout le mal qu'ils pensent du projet de fusion nucléaire ITER, demander la restitution de
l'ordinateur saisi*, annoncer leur intention de porter plainte pour dénonciation
calomnieuse et, dans la foulée, leur retrait de la CLI de Cadarache qui na comme
objectif que dutiliser les associations de protection de lenvironnement pour
cautionner les dérives criminelles de lindustrie nucléaire. Les militants ont
offert à la police deux cadeaux : une superbe loupe de dernière technologie pour les
aider dans leurs enquêtes futures afin que de telles erreurs ne se reproduisent plus et
une magnifique botte de poireaux pour signifier leur attente, qui commence à être
longue.
* Suite à une plainte du Conseil Général des Alpes de Haute Provence, Jean
Marcon, Président de l'association Médiane est interpellé et menotté par des policiers
à son domicile le 23 avril 2008, pour "usage abusif du sceau de la république"
sur un tract écrit par un inconnu et dénonçant ITER. Son domicile sera fouillé, mis
sans dessus-dessous, son ordinateur saisi. Suivra une garde à vue de 18 heures. Les
indices de la police ? la photo d'une personne lui ressemblant vaguement et qui avait
l'air de diffuser des tracts à Manosque un certain jour de février... !?! absurde et
démesuré !! Le 29 juillet, cest au tour dAntoine Calandra, secrétaire de
Médiane, dêtre convoqué au commissariat de Manosque, pour ce même tract anonyme
toujours. L'association Médiane a déjà écrit et diffusé de nombreux tracts
dénonçant les dangers et la folie du projet de fusion nucléaire ITER et continuera bien
évidement de le faire, mais nous avons fait le choix de toujours signer nos écrits. Nous
demandons que cet ordinateur nous soit très rapidement restitué et annonçons notre
intention de porter plainte pour dénonciation calomnieuse.
..............
Roland Desbordes* : "Le lobby nucléaire est au coeur
des institutions" (Enviro2B - 14/10/08 - Interview)
Pouvez-vous nous éclairer sur cette pollution de la nappe phréatique autour du
Tricastin?
Nous soupçonnions depuis longtemps déjà une pollution autour du Tricastin. Cela fait
plus de 10 ans quon a sollicité les élus locaux pour quils
sintéressent à cette nappe phréatique, surtout parce qu'elle sert à
larrosage mais également à lalimentation humaine. Il y a en effet des gens
qui pompent directement dans cette nappe.
Dès 1997/1998, on avait demandé aux élus locaux une étude sur cette nappe, en dehors
des mesures des exploitants, qui semblaient ne rien voir. Et, on sapercevra plus
tard, quen réalité, les exploitant avaient bien vu des choses mais quils
nen avaient pas communiqué les résultats à la Commission locale
dinformation. Il a fallu une demande de lASN (Autorité de sûreté
nucléaire), des DDASS du Vaucluse et de la Drôme pour quune étude soit réalisée
à partir de 2007 et confiée à lIRSN (Institut de radioprotection sur le
nucléaire) qui est lexpert de lEtat et des exploitants, et à Areva,
principal exploitant du site.
Qua révélé létude de lIRSN publiée le 4 juillet dernier ?
Cette étude a été présentée le 4 juillet dernier à la Commission locale
dinformation à Valence. On a assez rapidement constaté un excédent duranium
au sud du site, par rapport au nord. Areva a tout dabord tenté dexpliquer
quon était en présence de variations habituelles présentes dans la nature. Dès
quon a pu prendre connaissance du rapport complet, nous nous sommes rendus compte
que cette nappe était bien polluée par luranium issu du site dans la mesure ou un
autre radio-élément, lui totalement naturel, le polonium 210, était également présent
dans cette nappe mais lui dans la même proportion au nord comme au sud.
Vous pointez également du doigt un vieux stockage de déchets duranium
laissé pratiquement à lair libre sur le site
Il faut en effet évoquer la question du stockage de déchets radioactifs sur le site du
Tricastin. En lespèce, il sagit de déchets duranium. On avait
interrogé lexploitant, la Cogema en loccurrence, sur ce stockage de déchets.
Ils considéraient quil ne posait aucun problème, et quil navait jamais
pollué la nappe.
En fait, dans un rapport publié en 1998, deux pages indiquaient que ce stockage a déjà
pollué dès 1979, la nappe. La pollution était tellement importante quils avaient
mis en place un pompage de fixation pour éviter que cette pollution ne se disperse trop.
Il est reconnu en 1998, donc 20 ans après, quun tiers des déchets radioactifs ont
déjà disparu. Ils ont été entreposés sur le sol, et recouverts simplement de terre.
En gros, ils sont partis dans la nappe. Une partie a pollué directement la nappe, et
lautre partie a été rejetée avec le pompage dans la Gaffière, le ruisseau de
surface.
Pourquoi cette affaire a-t-elle fait si peu de bruit ?
On avait été alerté il y a quelques mois par des travailleurs du site nucléaire qui
nous signalaient que la couverture de terre de cette butte de déchets sétait
désagrégée et que les déchets réapparaissaient à lair libre. Nous avions
informé les médias et France 2 et France 3 avaient dailleurs effectué un
reportage mais la direction de France 2 a semble-t-il refusé de le diffuser, sans
explication. Cest assez fréquent. Récemment, avec M6, pour lémission « 66
minutes, » il y a environ 3 semaines, une partie du reportage sur le Tricastin a été
censurée, par la direction de la chaîne et non la journaliste.
Et comment ont réagi les autorités après la découverte de ce stockage de
déchets polluants ?
LASN a sollicité larmée qui est responsable de ces déchets militaires, pour
venir à une commission locale dinformation fin juillet. Le responsable de
larmée a réaffirmé que ce stockage ne posait aucun problème et quils ne
les enlèveraient pas. A la fin de la réunion, il a reconnu cependant que ces déchets
navaient pas vocation à rester là. Or, ça fait maintenant plus de 30 ans, depuis
les années 1970, quils sont stockés sur cette butte. En réalité, il
sagissait dentreposage. Mais depuis 2001, pour lAndra, cette butte de
déchets apparaît comme un stockage définitif et donc serait vouée à rester au même
endroit.
Ce type de stockage de déchets radioactifs à lair libre est-il courant ?
Il en existe dautres notamment sur le site de Tricastin, sur le principe dun
stockage-entreposage. Il existe un certain type de déchets nucléaires produits sans
destination. Les producteurs ont produit ces déchets sans se poser la question de leur
destination finale. Or, il existe très peu dendroits pour stocker ces produits
radioactifs. En gros, il y a Soulaines et Morvilliers. On cherche dailleurs
actuellement un site de stockage pour les déchets FAVL (faible activité vie longue). Il
y a plus de 3.000 communes qui sont été recensées comme étant des sites daccueil
potentiels pour ces déchets.
Comment expliquez-vous les incidents à répétition sur le site du Tricastin ?
Il y a eu des incidents comme il y a en a régulièrement. On n'est pas devant une
quantité dincidents supérieurs en ce moment, mais dans la moyenne. En raison
notamment dune maintenance sur les réacteurs, lété est plus
particulièrement sensible sur les sites nucléaires. Il y a quand même eu 3 incidents
plus marquants.
Cest tout dabord le 7 juillet dernier, Socatri qui rejette 75 kg
duranium dans des eaux de surface, cest pas tous les jours que ça arrive avec
des restrictions de consommation, cest plutôt une nouveauté. Cest
dailleurs ce qui amené les médias à sy intéresser. Il y a eu également
lincident EDF du 23 juillet je crois, où plus dune centaine de travailleurs
ont été contaminés dans le réacteur, et cest un incident exceptionnel par
lampleur des personnes touchées.
Enfin, le dernier incident notable est celui du 8 septembre qui nest toujours pas
résolu aujourdhui, et qui concerne une opération de déchargement où des grappes
sont restées collées au couvercle quand des ouvriers ont ouvert la cuve du réacteur.
Cest un incident extrêmement rare, qui sétait produit une fois à Nogent il
y a 10 ans. Des bruits ont même circulé quon envisageait dévacuer la
population préventivement autour du site.
Avez-vous questionné les exploitants pour en savoir plus sur ces incidents ?
Nous avons posé une série de questions à Socatri début août. Lexploitant nous a
fait savoir un mois après, le 15 septembre quil ne répondrait pas à nos questions
parce quil y avait une action judiciaire en cours. Cest étrange pour une
entreprise qui communique avec la presse. Il faut croire que nos questions les dérange.
Justement, quels sont vos rapports avec les exploitants comme Areva ?
Nous n'avons pas de rapport véritable avec les exploitants. Nous navons aucune
mission spécifique pour effectuer des recherches ou des analyses à lintérieur des
sites nucléaires.
Considérez-vous que les autorités comme lASN ou lIRSN jouent
pleinement leur rôle de manière indépendante ?
Il y a un problème de collusion en France dans le secteur du nucléaire. Ainsi
lEtat est en même temps lactionnaire du nucléaire, mais aussi celui qui
édicte les règles, la réglementation, les décrets. Il a alors tendance à favoriser
une réglementation qui favorise l'exploitation. Il y a véritablement un conflit
dintérêt. La présence du lobby nucléaire est au cur des institutions. La
position des députés par rapport au nucléaire interpelle.
Vous avez des doutes sur la neutralité des élus concernant la question nucléaire
?
On est en droit de se poser la question, pour qui roulent ces gens ? Que les élus locaux
défendent "leur" nucléaire, ça peut se comprendre en raison des retours
économiques que le nucléaire génère. Grâce à la manne du nucléaire, des communes
comme Saint-Paul-Trois-Châteaux ne savent pas quoi faire de leur argent. Mais cet été,
certains élus ont eu un réveil douloureux car ils se sont aperçus que le nucléaire
pouvait représenter des désagréments pour le tourisme, pour limage, pour
lagriculture, le vignoble en particulier. Le Grenelle de lenvironnement est un
bon exemple. On y a parlé quasiment de tout sauf du nucléaire.
Que pensez-vous du débat français sur le nucléaire ?
Nous ne nous positionnons pas "pour" ou "contre" le nucléaire. Ce qui
nous semble plus important cest plutôt de savoir si le nucléaire est une industrie
comme les autres. On est dans un état de droit et les questions doivent être posées et
des réponses apportées. Quand on monte au créneau, cest parce quon constate
une situation qui nest pas réglementaire. Et des infractions on en constate à la
pelle mais sans sanctions.
Comment réagit Areva lorsque vous les interpelez ?
On existe depuis maintenant 22 ans sans jamais faire derreurs sinon nous
nexisterions plus. Récemment Anne Lauvergeon nous a accusé de nous être trompés
sur un dossier ce qui est totalement faux. Lobjectif est certainement de nous
discréditer. Cela nous choque beaucoup. Quelle ne nous aime pas, cest son
droit mais quelle remette en cause notre crédibilité scientifique, cest
grave. Depuis cet été, nus avons ressenti quAreva était agacé.
Au fond, à quoi sert la Criirad ?
Je pense quon fait avancer les choses. La Criirad contribue à donner une image du
nucléaire qui selon moi est salutaire car plus conforme à la réalité. Beaucoup de
personnes avaient le sentiment que le nucléaire était une industrie bien gérée, bien
surveillée, bien contrôlée. Or, on saperçoit que le nucléaire est une industrie
qui présente des problèmes de gestion, de contrôle et de surveillance comme les autres
industries. Lincident Socatri, ce sont des cuves qui débordent, Comurhex ce sont
des tuyaux percés, cela ne fait pas très sérieux pour une industrie de pointe. Il faut
donc être vigilant.
*Roland Desbordes, physicien de formation et président de la Criirad. La Commission
de recherche et dinformation indépendantes sur la radioactivité est un laboratoire
indépendant danalyses de radioactivité, de bilans radioécologiques, et
détudes dimpact.
.........
"Au Tricastin, la pollution supérieure aux
recommandations de l'OMS" (Le Point - 14/10/2008)
L'Institut de radioprotection et sûreté nucléaire (IRSN) a publié le 24 septembre
un rapport sur "l'état de la surveillance environnementale et le bilan du marquage
des nappes phréatiques et des cours d'eau autour des sites nucléaires". Lepoint.fr
a interrogé le directeur environnement et intervention de l'IRSN, Didier Champion, sur
les conclusions de ce document qui fait état de la contamination de la majorité des eaux
souterraines.
Lepoint.fr : Peut-on affirmer qu'une partie des nappes phréatiques situées sous
les sites nucléaires en France sont 'polluées'?
Didier Champion : À l'IRSN, on a eu beaucoup de discussions sur les termes à employer.
Les rejets d'effluents radioactifs dans les nappes phréatiques sont interdits. Tout rejet
doit donc être considéré comme anormal. Par contre, une "pollution"
supposerait qu'il y ait une dégradation de la qualité de la nappe qui nuit à la santé
des consommateurs de l'eau. Or, dans la plupart des cas décrits dans le rapport, on
constate que les traces de radioactivité se trouvent sous les sites nucléaires, où il
n'y a pas d'accès direct pour l'irrigation ou l'eau potable. Le mot
"contamination" est alors le plus correct puisqu'il indique la présence
indésirable d'une substance dans un milieu, indépendamment des problèmes que peut
causer cette présence.
Lepoint.fr : Pour certaines nappes, en revanche, on peut parler de pollution ?
D. C. : Il y a quelques cas, cités dans le rapport, où l'on observe en effet des
marquages à l'extérieur des limites des sites nucléaires. Mais en général, ces
marquages sont en-dessous des valeurs recommandées par l'Organisation mondiale de la
santé (OMS) pour la consommation d'eau potable. C'est le cas pour les sites de Marcoule
(Gard), Valduc (Côte-d'or), Tricastin (Drôme-Vaucluse), Saclay (Essonne), La Hague
(Manche). Pour ceux-là, l'IRSN recommande d'approfondir les études environnementales
pour caractériser l'état des lieux et l'évolution éventuelle de leur situation.
Lepoint.fr : Qu'en est-il des eaux souterraines du Tricastin ?
D. C. : On a détecté une pollution de la nappe, une pollution supérieure à la valeur
maximale recommandée par l'OMS, et fixée à 15 microgrammes par litre, au sud du site.
Cela pose un problème pour les gens qui ont des puits privatifs dans lesquels ils
prélèvent de l'eau. Néanmoins, il faut savoir que nous retrouvons des marquages
supérieurs aux recommandations de l'OMS dans différents lieux en France, non pas à
cause des activités nucléaires humaines, mais parce que l'uranium est présent
naturellement dans les eaux des nappes. C'est le cas dans le Massif central.
Lepoint.fr : À quoi sont dus ces marquages anormaux ? Sont-ils attribuables aux
autorisations de rejets accordées aux exploitants de sites pour leur fonctionnement ?
Relèvent-ils d'accidents ?
D. C. : Dans le cas des centrales EDF, les rejets autorisés dans les cours d'eau ou dans
l'air n'induisent pas de contamination, même s'il existe une exception : la centrale de
Chinon (Indre-et-Loire). Là, en aval, on observe un transfert de tritium - un élément
radioactif très mobile - dans la nappe adjacente. Il faut savoir que les rejets
autorisés dans l'air et les cours d'eau sont en diminution constante. Mais il peut y
avoir une certaine permanence de la contamination due à des rejets anciens.
Dans les autres types d'installations, le cas le plus significatif où l'on peut constater
une contamination de la nappe par les rejets autorisés est le site de Valduc, sur lequel
il y a une infiltration des retombées atmosphériques de tritium par eaux de pluie vers
la nappe phréatique. Mais de manière générale, les contaminations résultent de
dysfonctionnements, comme des fuites liées à des tuyaux enterrés, qui, souvent, ont eu
lieu il y a longtemps, et dont les effets s'observent encore aujourd'hui.
Lepoint.fr : Cet été encore, on a découvert sur le site du Tricastin une fuite
radioactive sur un tuyau...
D. C. : Je pense que les révélations en cascade de ce genre d'incidents sont la
conséquence du premier problème survenu à l'usine Socatri au mois de juillet (NDLR,
dans la nuit du 7 au 8 juillet sur une cuve d'effluent). Après cette première fuite, les
exploitants ont en effet renforcé leurs contrôles périodiques des réservoirs contenant
des affluents uranifères et des tuyaux enterrés. Il est nécessaire que les exploitants
assurent périodiquement ce type de contrôle. Est-ce que ça a été mal fait dans le
passé ? Cette question est à poser aux exploitants et à l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN).
Lepoint.fr : Il y a aussi le problème posé par les stockages anciens de déchets
radioactifs...
D. C. : Ces stockages sont connus de longue date, même si le public a pu découvrir leur
existence cet été avec la médiatisation autour des événements au Tricastin. Mais ils
posent moins de problèmes que les rejets accidentels de liquides radioactifs car ils
suscitent moins de pollution à l'extérieur des sites nucléaires eux-mêmes. Les
substances radioactives présentes dans les déchets sont contenues par les minéraux du
sol. Leur migration vers l'extérieur des sites est très lente et ne peut se faire qu'à
long terme. C'est tout l'enjeu de la récupération et du traitement des déchets qui
doivent être pris en charge par les exploitants de sites nucléaires dans les prochaines
années .
Lepoint.fr : Y a-t-il une fatalité à la pollution des nappes phréatiques situées
sous les sites nucléaires en France, même si vous affirmez que cela ne pose pas de
problème de santé publique ?
D. C. : Il y a plusieurs éléments de réponse. Tout d'abord, il faut insister sur la
prévention à la source. Il faut que les exploitants regardent comment prévenir les
rejets accidentels sur leur site. D'autant plus qu'une fois que les substances sont
déversées dans les sols, elles transitent par la terre et un réservoir de substances
radioactives peut alors se constituer durablement. On peut parfois les retirer et les
traiter comme des déchets, mais ce n'est pas toujours possible techniquement. Il y a des
exploitants, comme au Tricastin, qui font du pompage actif de nappe pour éviter la
propagation de la contamination à l'extérieur du site. Pour l'instant, l'IRSN effectue
très peu de relevés directement dans les nappes phréatiques à l'extérieur des sites.
Il peut y avoir quelques situations particulières comme au Tricastin qui mériteraient
effectivement une attention plus forte.
.....
Déchets nucléaires et démocratie : Ecrivez aux
communes candidates à l'enfouissement de déchets radioactifs sur leur territoire !
Demandez-leur de consulter leurs habitants avant le 31 octobre et de tenir compte de leur
vote.
L'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) cherche un nouveau
site pour y enfouir des déchets radioactifs, dits "de faible activité à vie longue
(FA-VL)". Une étiquette anodine, pour qualifier des déchets qui sont rien moins
qu'inoffensifs ! (Pour en savoir plus : http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/alerte-dechets.html
)
A ce jour, parmi les 3115 communes démarchées par l'Andra,18 communes ont pris par
délibération de leur conseil municipal la décision de se porter candidates à
l'implantation de ce site d'enfouissement de déchets radioactifs sur leur territoire.
Aucune de ces communes n'a au préalable consulté ses habitants ! Il est permis de penser
que les fortes sommes d'argent promises pour "accompagner" la commune choisie
ont plus pesé dans ces décisions que les risques sanitaires et environnementaux liés
aux déchets radioactifs concernés. Corruption légale ?
Exigez des communes candidates qu'elles consultent leur population !
Nous vous invitons à participer à une action urgente. Celle-ci vise à obtenir
l'organisation d'un véritable processus démocratique avant le 31 octobre dans les
communes candidates, à savoir :
- informer les habitants, en donnant un temps de parole égal aux opposants et aux
promoteurs du projet
- consulter les habitants par un vote à bulletin secret
- organiser enfin une nouvelle délibération du conseil municipal, par vote à bulletin
secret, une fois connu le résultat de la consultation
Trois communes ont déjà fait ce choix démocratique (Ville-en-Woëvre, Tréveray,
Donjeux). Dans deux d'entre elles, la consultation a eu lieu, et le résultat nous est
connu :
- à Ville-en-Woëvre (Meuse), la population s'est prononcée contre le projet à 71,7 %
- à Tréveray (Meuse), la population s'est prononcée contre le projet à 87,8 %
>> Ecrivez dès aujourd'hui aux communes candidates
COMMENT AGIR ? Compte tenu du nombre de communes concernées cette
cyber @ction est uniquement signable en ligne http://www.cyberacteurs.org/actions/action.php?id=336
Par cette action, vous ferez connaître votre opinion aux mairies concernées et à Cyber
@cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.
====================
Prénom NOM
profession
adresse
code postal ville
A lattention du Maire et de ses conseillers
Mesdames, Messieurs,
Par une récente délibération du conseil municipal, intervenue sans consultation
préalable des habitants, votre commune a déclaré se porter candidate à
limplantation sur son territoire dun site denfouissement de déchets
radioactifs (déchets radifères et déchets de graphite, principalement). Ces déchets
sont dits « de faible activité à vie longue (FA-VL) ». Cette appellation, au premier
abord anodine, recouvre une réalité rien moins quinoffensive :
« Vie longue » : ces déchets resteront radioactifs, donc dangereux pour lhomme et
son environnement, pendant une quasi éternité à léchelle humaine (exemple : plus
de 3 millions dannées pour le chlore-36, principal contributeur pour limpact
à long terme des déchets de graphite).
« Faible activité » : ce qualificatif ne correspond pas à une notion scientifique,
mais simplement à une nomenclature qui définit arbitrairement quatre fourchettes
dactivité (très faible, faible, moyenne, haute). « Faible activité » ne
signifie donc nullement « peu ou pas dangereux », et il serait malhonnête de vous le
laisser penser.
Les déchets radifères contiennent notamment du radium-226, élément radioactif de très
forte toxicité (radioactivité de type alpha), et qui se décompose en radon-222, un gaz
radioactif volatil et très nocif. On retrouverait immanquablement du radon-222 dans les
poumons des riverains du site. Les déchets de graphite, irradiés dans le cur des
réacteurs nucléaires de première génération, sont fortement contaminés en
plutonium-239. Inhaler moins dun millionième de gramme de plutonium peut suffire à
contracter un cancer.
Ces quelques considérations ne sont quun aperçu des nombreux risques et dangers
réels inhérents à un site denfouissement de déchets radioactifs. Elles me
conduisent à vous faire part de mon opinion :
Il serait illégitime que vous engagiez votre commune, cest-à-dire les citoyens qui
vous ont confié un mandat représentatif, dans un projet qui comporte des risques
sanitaires et environnementaux, sans avoir au préalable dûment informé et consulté
lensemble des habitants. Les communes de Ville-en-Woëvre (Meuse), Trévenay (Meuse)
et Donjeux (Haute-Marne) ont dès début octobre fait le choix de consulter leurs
habitants avant de se prononcer.
Je vous demande donc :
- dorganiser une réunion publique dinformation au cours de laquelle les
opposants au projet bénéficieront dun temps de parole égal à celui de ses
promoteurs.
- de procéder à une consultation de la population de votre commune par un vote à
bulletin secret.
- de procéder à une nouvelle délibération du conseil municipal par un vote à bulletin
secret afin que chaque conseiller puisse se prononcer en toute sérénité, une fois connu
et rendu public le résultat de la consultation de la population.
Espérant que vous aurez à cur de mettre en uvre cette procédure
démocratique avant la date butoir fixée par lAndra au 31 octobre, je vous prie,
Mesdames, Messieurs, dagréer mes sincères salutations.
================================
par courrier, les coordonnées des communes candidates :
http://www.cyberacteurs.org/forum/viewtopic.php?t=6142
|