Au
11 septembre dernier, 1687 familles réfugiées étaient recensées entre In Guezzam et
Tamanrasset. Ce recensement inclut 2743 femmes et 4190 enfants (2278 filles et 1912
garçons) originaires de villes et de campements divers de la région d'Agadez (Agades,
Arlit, Tchirozerine, Iferouane,Tin Teloust, Gougaram, Eroug, Tezirzait, Tadak, Tidene,
Agharous, Tiguida Intagayt, Injitane, Inabagharit, Sikerat, Tiguidit, Dabaga,
Egandawel
)
|
| Certains
d'entre eux tentent de s'abriter sous des tentes de fortune, dautres partagent des
logements en location. Ces réfugiés sont sans ressources et ne bénéficient d'aucune
aide humanitaire. Aussi tentent-ils de survivre grâce à la solidarité des Nigériens
habitant déjà sur place et le revenu de petits travaux. Ils sollicitent notre aide
pour favoriser leur accès au logement, ou aux abris par l'achat de bâches pour ceux qui
n'ont pas de toit, à l'alimentation, et même à l'eau qui n'est pas gratuite, ainsi
qu'au gaz pour cuisiner, l'utilisation du bois étant interdite. A cela sajoute,
l'accès aux soins et les frais de scolarisation des enfants.
Nous avons besoin de vous pour soutenir ces familles réfugiées. Grâce à votre aide et
à la confiance que nous accordons aux correspondants locaux, nous pourrons soulager les
familles les plus démunies et contribuer à améliorer leurs conditions de vie pendant la
durée du conflit. Merci d'avance pour vos initiatives et votre générosité.
A titre indicatif, voici les prix des produits de base dont ils ont actuellement le plus
besoin :
- sac de riz de 50 kg = 50 euros
- sac de semoule de 25 kg = 30 euros
- pâtes alimentaires le carton de 10kg =12 euros
- la bouteille de gaz = 15 euros
- le carton de 25 savons = 9 euros
- l'eau en fût de 200 litres = 5 euros
Pour faire un don, envoyez un chèque à l'ordre de "Tchinaghen" à Tchinaghen -
Boîte n°26 - 3 passage Rauch, 75011 Paris
.....
J'accuse par Issouf Ag
MAHA, Maire de Tchirozerine
Le gouvernement de la 5ème République a malheureusement réussi ce dont nous ont
épargné les différents régimes qui se sont succédés au Niger depuis les
indépendances.
Même le régime brutal et dictatorial du feu Général Seyni Kountché a su observer
durant ses treize ans de règne une attitude humaine vis-à-vis du sacré.
Comment en sommes-nous arrivés là ?
Le régime du président Tandja a, on se le rappelle, annoncé la couleur dès les
premiers événements de février 2007. Les populations locales, tétanisées par la
crainte de voir surgir un nouveau conflit dont elles ont gardé un souvenir des plus
cauchemardesques, ont vite plaidé pour la paix et le retour du calme. Comme pour prouver
à lopinion que ceux qui ont par le passé opté pour la paix et lunité
nationale ne sont que des incapables, notre gouvernement sest focalisé sur la
manière forte et a vite fait de semer la panique tous azimuts au sein de la population.
Les arrestations arbitraires, les tortures et les exécutions sommaires sont devenues une
règle dans une région désormais sous régime militaire.
Comme pour pousser le bouchon à lextrême, nos autorités tentent une pratique
dun autre âge, celle de conditionner lopinion publique en semant la haine et
le mépris.
On se rappellera toujours de cette conférence radiotélévisée animée par les
tristement célèbres Nouhou Arzika et Ben Omar et par laquelle les deux personnages ont
tenté dembraser le pays en faisant usage des moyens de lEtat et des medias
publics. Lors de ce débat précipitamment organisé, il a été ouvertement proposé au
peuple nigérien de se débarrasser pour de bon dune partie de lui-même. Ils ont
préconisé une épuration ethnique. 48 heures pour régler de manière définitive
lépineuse question du Nord. Par la grâce du tout puissant, le peuple
nigérien, épris de paix et de sagesse, a volontairement évité ce triste rendez vous de
lhistoire.
Malheureusement, nous constatons avec beaucoup damertume que si lEtat du Niger
a échoué dans ses lamentables provocations à lendroit du peuple, il a réussi sa
manuvre chez les porteurs de tenue. Ceux-ci, conditionnés et stimulés par le
caractère ethnique de la rébellion, (qualificatif que leurs responsables mettent en
avant pour les dédouaner des actes immondes quils leur permettent de commettre à
légard de la population évoluant sur le site du conflit), se donnent à cur
joie à des méthodes comparables à celles utilisées naguère au Rwanda par d'autres
frères qui eux aussi vivaient pourtant en harmonie.
Comment comprendre de nos jours, quune armée républicaine massacre de paisibles
citoyens dès lorsquelle croise ceux-ci en dehors des agglomérations ?
Comment comprendre que ces mêmes soldats soient récompensés et décorés par la nation
à chaque fois quils commettent des actes aussi avilissants ?
Comment comprendre que des Nigériens soient conditionnés au point de se faire un plaisir
à photographier des morts pour en faire la page de garde de leur téléphone ?
Comment comprendre que le régime de la 5ème république réussisse en moins de 24 mois
à rendre banale une telle barbarie ?
Comment comprendre que, malgré léducation religieuse et le patriotisme
supposés de nos soldats, limage de la mort et du meurtre devienne à leurs yeux le
symbole de la gloire et de la satisfaction ?
Comment admettre quun régime qui se veut issu du peuple opère un tel lavage de
cerveau à nos soldats au point den faire des machines de mort, prête à broyer
leurs propres concitoyens, ceux avec qui ils sont sensés partager le meilleur et le pire,
lassurance et le doute ?
Comment admettre que des hommes politiques, pour la majorité profondément humains,
observent un silence complice face à une aussi grave dégradation de nos valeurs morales
et républicaines ?
Comment admettre que le gouvernement de la 5ème république veuille finir son mandat
avec des mains maculées de sang.
Comment admettre que lhomme à qui les Nigériens ont accordé leur confiance se
complaise aujourdhui dans la haine, la désolation, la détresse et la mort
dune partie de son peuple.
Comment admettre que la communauté internationale et en particulier la France,
obnubilée par le souci de préserver ses intérêts au Nord-Niger, se rende complice
dactes contraires à la valeur et à la dignité humaine ?
Comment comprendre que, sous couvert de la souveraineté nationale, les pays amis,
lUnion africaine et la CEDAO admettent quun homme aveuglé par le pouvoir et
la haine commette à travers son armée, des actes criminels qui seront de toute évidence
jugés par lhistoire ?
Au nom des populations du Nord-Niger, jaccuse le gouvernement du Niger de
meurtre de plusieurs centaines dinnocents. Jaccuse la communauté
internationale toute entière de complicité et dindifférence à légard de
notre détresse et notre anéantissement.
Pour illustrer mes propos, je livre à tous une de ces images qui circulent en véritables
trophées sur les téléphones portables des militaires Nigériens. |