Sommaire
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1 - D'inexplicables leucémies près d'une centrale nucléaire en Allemagne
2 - Une commission d'enquête sur le site de stockage de déchets radioactifs de Asse II
3 - Sarkozy propose l'aide de la France à la Roumanie pour sa 2e centrale
4 - Uranium : l'américain USEC solde son contentieux avec Areva
5 - Tricastin - Visite de Fillon : les syndicats affichent leur mécontentement
6 - AU Niger, Areva navigue entre troubles et concurrence
7 - Arrivée au Japon d'un navire chargé de matière nucléaire retraitée en France
8 - François Fillon visite l'usine Georges-Besse 2 au Tricastin
9 - Nuage de Tchernobyl : un gendarme contaminé attaque l'État français
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1 - D'inexplicables leucémies près d'une centrale
nucléaire en Allemagne
AFP - 21 mai 2009 - Depuis 20 ans, une paisible région rurale allemande affiche un taux
de leucémies infantiles trois fois supérieur à la moyenne et des militants mettent en
cause les installations nucléaires toutes proches. En vain jusqu'à présent: les
expertises se contredisent. "On nous dit que c'est normal, mais on nous prend
vraiment pour des imbéciles. Les chiffres sont frappants, ce n'est pas un hasard",
s'emporte Uwe Harden, un élu local social-démocrate qui préside "l'Association
citoyenne contre les leucémies dans la région de l'Elbmarsch" (BI).
Dans un rayon de quelques kilomètres autour de la centrale nucléaire de Krümmel,
située au bord du fleuve Elbe à environ 30 km en amont de Hambourg, 19 cas de leucémies
ont été recensés depuis fin 1989 chez des enfants de moins de 15 ans. C'est trois à
quatre fois plus que l'incidence normale. Le dernier cas en date, celui d'une petite fille
de six ans, a été rendu public en début d'année.
"Une telle fréquence de leucémies, c'est unique au monde", souligne le Dr Hayo
Dieckmann, responsable des services sanitaires dans la petite ville voisine de Lunebourg,
et militant antinucléaire déclaré. Fin 2007, une étude statistique nationale basée
sur l'ensemble des centrales allemandes avait d'ailleurs montré que le risque de cancer
infantile augmentait nettement pour les riverains des réacteurs.
Les entreprises du secteur, elles, réfutent tout lien de cause à effet. Dans
l'"Elbmarsch", une région aisée parsemée de maisons aux toits de chaume, les
autorités locales ont multiplié les missions d'enquête et les expertises, mais sans
parvenir à des résultats acceptés par toutes les parties.
De son côté l'association BI accuse la centrale nucléaire de Krümmel, mais aussi et
surtout le centre public de recherches scientifiques GKSS, vaste campus boisé jouxtant le
fleuve, à moins de deux kilomètres de la centrale. Quelque 700 chercheurs y travaillent
sur des thèmes liés au climat ou au développement de nouveaux matériaux de
construction.
Or le GKSS exploite à Geesthacht, depuis 1958, un réacteur nucléaire de faible
puissance, qu'il utilise comme source de neutrons, pour examiner les structures de la
matière. Les militants de BI croient en l'hypothèse d'un accident qui serait survenu au
GKSS le 12 septembre 1986, l'année de l'accident de Tchernobyl, et qui aurait donné lieu
à un dégagement anormal de rayonnements radioactifs.
"Une légende", répond le centre de recherches. "Il n'y a pas eu
d'accident ce jour-là. C'était un jour tout à fait normal", assure Iris Ulrich,
biologiste et chargée de communication au GKSS. Pour en avoir le coeur net, l'association
BI a fait procéder à des prélèvements dans le sol, à proximité de la centrale. Un
physicien nucléaire de Minsk, Vladislav Mironov, y a trouvé des matériaux très
radioactifs "qui n'ont rien de naturel".
Mais un autre scientifique, le géochimiste Axel Gerdes, un spécialiste des isotopes
radioactifs qui enseigne à l'Université Goethe de Francfort, a procédé à ses propres
prélèvements, à la demande du GKSS. "La radioactivité était absolument
normale", indique-t-il à l'AFP. "En revanche, dans ces échantillons j'ai
trouvé des métaux lourds: plomb, arsenic, zinc, nickel, chrome, etc.", ajoute le
chercheur.
Des résidus qui pourraient s'expliquer par l'histoire de la région: pendant huit
décennies, une immense usine d'explosifs était installée à l'emplacement actuel de la
centrale nucléaire et du centre de recherches. C'est d'ailleurs sur ce site, fondé en
1865 par le chimiste suédois Alfred Nobel, que fut inventée la dynamite. Or la
fabrication d'explosifs rejette des métaux lourds.
Une thèse qui ne convainc pas Uwe Harden, qui continue à privilégier l'hypothèse d'un
accident en 1986. "Ca n'est pas correct de fuir ses responsabilités. Le problème,
c'est que les autorités sont de mèche avec les acteurs de l'énergie nucléaire",
déplore l'élu local.
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Bulletins-electroniques.com - 15 mai 2009
2 - Une commission d'enquête sur le site de stockage de
déchets radioactifs de Asse II
Le chef de l'opposition de Basse-Saxe, Wolfgang Jüttner (SPD), vient d'accomplir un
revirement d'opinion, qui a été approuvé le 29 avril 2009 par sa fraction au Parlement
régional. Le SPD exige à présent - comme les Verts et le parti de la Gauche depuis des
mois - que soit créée une Commission d'enquête parlementaire concernant les activités
tournant autour du site de stockage de déchets radioactifs de Asse à Wolfenbüttel. Et
cela juste avant les élections du Parlement fédéral.
La mine d'Asse II a été exploitée au cours des années 1970 selon le droit minier [1],
pour effectuer des études sur le stockage de déchets faiblement et moyennement
radioactifs (FMA [2]). Depuis 1995, le site est en cours de démantèlement. L'objectif
majeur de la recherche était de valider la technique, et non la pérennité à long terme
d'un stockage définitif. Cependant, il a été stocké des déchets toxiques, ainsi que
des matières contaminées FMA. Par ailleurs, une infiltration de saumure (eau très
concentrée en sel) a été connue dès les années 70, mettant en cause la sûreté du
site.
Ainsi, le dossier rassemblé pour la Commission d'enquête met au jour de nombreuses
négligences dans la gestion des déchets radioactifs, qui a été délaissée depuis des
décennies - par le Ministère fédéral de la recherche à Berlin et par le Ministère de
l'environnement de Hanovre. Ce reproche concerne également le SPD en Basse-Saxe, auquel
incombait cette responsabilité entre 1990 et 2003. Depuis 1998, Jüttner était lui-même
Ministre de l'environnement du Land. Il n'est ainsi pas exclus que lors de la Commission
viennent au jour des informations ou témoignages qui l'affectent également. Cela
pourrait expliquer partiellement l'hésitation de Jüttner concernant une Commission
d'enquête, aboutissant néanmoins à un changement de position lié à la pression
exercée par 10 des 48 députés SPD de Basse-Saxe.
Entre 1967 et 1978, ce sont en tout 125.787 fûts de déchets FMA qui ont été stockés
à Asse II. En 1978, à cause de l'amendement de la loi sur l'énergie nucléaire et de la
fin des autorisations, l'entreposage de déchets nucléaires a pris fin. Depuis le début
des années 70, diverses initiatives de citoyens ou groupes politiques portent plainte
contre le stockage définitif et réclament une fermeture du site selon le droit atomique.
En 1979, il était déjà prouvé qu' Asse courait des risques en raison d'un manque de
stabilité. Mais les résultats de cette étude n'ont pas été pris au sérieux par les
responsables du site, ni par les institutions de tutelle. Ce n'est qu'au milieu des
années 1990 que les responsables du site et les autorités de tutelle se sont souciés
des conséquences potentielles d'une infiltration importante (environ 12,5 m3/jour) de
saumure, observée depuis 1988, en provenance des montagnes voisines, et de la solidité
insuffisante de la charpente de la mine. Cette infiltration de saumure a conduit à
commencer une stabilisation par remplissage des lacunes du flanc de la mine.
La fermeture du site a rencontré de nombreuses difficultés. En effet, si le Ministère
fédéral de l'environnement (BMU) constitue l'autorité compétente en Allemagne en
matière de sûreté nucléaire et de radioprotection, l'ancienne mine de Asse, en tant
que centre de recherche, tombait quant à elle, jusqu'en 2008, sous la responsabilité du
Ministère fédéral de l'enseignement et de la recherche (BMBF), dont elle dépendait
financièrement. Le BMBF avait décidé de ne plus exploiter l'installation de la mine
d'Asse II, mais de laisser les fûts sur place. Finalement, depuis septembre 2008, le
puits de Asse a changé de statut et d'exploitant : il est désormais considéré comme un
centre de stockage définitif de déchets radioactifs et dépend donc du droit atomique.
L'exploitation est passée le 1er janvier 2009 aux mains de l'Office fédéral pour la
radioprotection et la sûreté nucléaire (BfS) et est désormais financée par le BMU.
Actuellement, la mine est préparée pour la fermeture. L'objectif premier de toutes les
mesures prises pour fermer la mine sera d'assurer un confinement sécurisé des déchets
radioactifs vis-à-vis de la biosphère. En attendant, les autorités fédérales
explorent la possibilité de réextraire les fûts pour les mettre dans un site de
stockage intermédiaire contrôlé. Les coûts d'assainissement liés à la fermeture
sécurisée d'Asse II sont estimés à 2 milliards d'euros environ.
[1] Le droit minier prévoit une faible implication du public lors de la fermeture de la
mine, par opposition au droit atomique qui prévoit une forte implication.
[2] Déchets FMA : à faible ou moyenne activité
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : sachant que Areva et EDF se
révèlent incapables de construire des réacteurs nucléaires (cf désastres respectifs
des chantiers EPR de Finlande et de Flamanville), ce n'est vraiment pas sympathique de
proposer ainsi l' "aide de la France". La Roumanie a déjà assez de problèmes
comme ça...
3 - Sarkozy propose l'aide de la France à la Roumanie pour
sa 2e centrale
AFP - 18.05.09 - Nicolas Sarkozy a proposé lundi l'aide de la France au président
roumain Traian Basescu, qui souhaite la construction dans son pays d'une deuxième
centrale nucléaire, a rapporté l'Elysée. Lors d'un déjeuner de travail, le chef de
l'Etat français a offert à son homologue "la coopération de la France, son
savoir-faire et celui de ses entreprises" pour la construction de ce nouveau
réacteur, que Bucarest souhaite mettre en service à l'horizon 2020, a-t-on indiqué.
La Roumanie dispose actuellement d'une centrale nucléaire à Cernavoda (sud-est). Ses
deux réacteurs actuellement en service fournissent environ 17% des besoins d'énergie du
pays. Deux nouvelles tranches devraient être mises en fonction à l'horizon 2014-2015.
Plusieurs grands groupes énergétiques européens ont d'ores et déjà fait part de leur
intérêt pour la construction d'une deuxième centrale qui devrait comporter deux ou
trois tranches d'une capacité totale de 3.000 MW.
Parmi ces groupes figurent le français GDF Suez, l'italien Enel et l'allemand E.On. Le
président Basescu, dont le pays est entré dans l'Union européenne (UE) en 2004, a
confirmé lors de son entretien avec Nicolas Sarkozy que la Roumanie retiendrait une
"technologie européenne" pour ce projet, selon l'Elysée. La France et la
Roumanie ont signé en février 2008, à l'occasion d'une visite du président français,
un "partenariat stratégique".
Outre leur éventuelle coopération nucléaire, les deux responsables ont plus largement
évoqué "la nécessité pour l'Europe de se doter d'une véritable politique de
l'énergie", notamment pour négocier en position de force avec la Russie, son
principal fournisseur de gaz, a-t-on ajouté côté français. MM. Sarkozy et Basescu ont
également discuté des autres sujets européens et de la crise économique.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : titre très ambigu car il laisse à
penser que USEC aurait payé à Areva quelques dettes ou autres arriérés. La réalité
est exactement inverse : Areva est battue sur toute la ligne et, une fois de plus, sort
son carnet de chèques (rappel : ce sont les citoyens français qui, in fine, paieront la
facture).
4 - Uranium : l'américain USEC solde son contentieux avec
Areva
AFP - 18.05.09 - Le spécialiste américain de l'enrichissement de l'uranium USEC a
annoncé lundi avoir soldé un contentieux avec Areva, ce qui lui permettra de recevoir 70
M USD et de vendre une partie de sa production au groupe français. L'accord annoncé
"doit mettre fin à toutes les procédures administratives et judiciaires en
cours" concernant les accusations de "dumping" visant Areva.
Il intervient près de quatre mois après une décision de la Cour suprême américaine
donnant raison à USEC, la seule entreprise américaine à enrichir de l'uranium sur le
sol américain, qui avait accusé Eurodif, la filiale d'Areva qui exploite le centre
d'enrichissement du Tricastin (sud de la France), de vendre son produit aux Etats-Unis à
un prix inférieur au coût de revient. Areva a du coup été condamné à verser des
droits de douane supplémentaires visant à rééquilibrer la concurrence.
Dans ce contexte, USEC doit recevoir 70 millions de dollars "au plus tard au
quatrième trimestre". L'accord prévoit également qu'Eurodif achètera cette année
et l'an prochain des UTS (unités de travail de séparation, l'unité de mesure en
enrichissement) d'uranium à USEC, pour un montant non précisé. "Il est maintenant
temps de mettre dernière nous sept ans de contentieux et d'avancer", a déclaré le
directeur juridique d'USEC, Peter Saba, cité dans un communiqué, saluant "une
étape positive pour les deux sociétés".
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : après 50 ans de nucléaire,
certains syndicats commencent (enfin !) à comprendre que le nucléaire crée très peu
d'emplois (et, de plus, des emplois qui nuisent gravement à la santé des salariés...)
Le Dauphiné libéré - 18/05/09
5 - Tricastin - Visite de Fillon : les syndicats affichent
leur mécontentement
"Les salariés du Tricastin et leurs représentants sont les grands oubliés de la
venue du Premier ministre". La CFDT-Tricastin résume ainsi ce que devrait être
l'inauguration de la première "cascade" de l'usine Georges-Besse II aujourd'hui
: un rassemblement d'officiels autour de François Fillon et d'Anne Lauvergeon.
Élus locaux, députés, préfets de la Drôme et du Vaucluse devraient se retrouver sur
le chantier sud, le plus avancé, sur le territoire de Bollène entre 11h et 13h. Les
salariés, eux, ne semblent donc pas conviés. D'où ces propos assez durs de la CFDT : le
premier ministre "ne verra que les paillettes qu'on voudra bien lui montrer, une
usine fraîchement sortie de terre qui aura coûté de l'ordre de 4 milliards d'euros et
qui n'emploiera au final que 300 salariés".
La CGT -Tricastin n'y va pas non plus de main morte : "le chef du gouvernement et la
présidente d'Aréva viennent parader", lâche le syndicat qui distibuera des tracts,
ce matin dès 7h à l'entrée d'Eurodif.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : après un 4 pages de promotion du
supposé "grand retour du nucléaire" (22 avril), Le Monde fait maintenant un
publi-reportage sur les activités d'Areva au Niger. Au passage, les associations
écologistes sont carrément accusées d'avoir "nourri la rancoeur et l'argumentaire
des rebelles touareg". Pour Le Monde, les Touaregs semblent donc incapables de penser
par eux-mêmes...
Le Monde - 17 mai 2009
6 - Au Niger, Areva navigue entre troubles et concurrenceAccrochée
au-dessus de la tribune de tubes et de toiles où sont assis les chefs traditionnels, la
banderole flotte dans le vent brûlant du désert : "Aucun développement durable
n'est possible sans une paix véritable." Enveloppés dans leurs plus beaux boubous,
les lunettes de soleil plantées dans le turban, ces hommes venus de tout le Niger
attendent Mamadou Tandja, le président de la République. Un peu en retrait, on
reconnaît des leaders de la rébellion touareg contre le gouvernement de Niamey qui ont
décidé, quelques jours plus tôt, de négocier la fin de la guérilla.
La paix au plus grand profit de l'industrie de l'uranium ! Ce 4 mai, M. Tandja pose la
première pierre du complexe d'Imouraren, confié au groupe nucléaire français Areva au
terme d'une âpre concurrence avec les Chinois. Un peu à l'écart des officiels,
l'ambassadeur de Chine au Niger, coiffé d'un chapeau de paille, s'évente en songeant
sans doute qu'une entreprise de son pays prendra tôt ou tard une part minoritaire dans
cette pépite prometteuse, la société d'exploitation franco-nigérienne Imouraren SA...
Mais c'est Anne Lauvergeon qui a le beau rôle. "Avec le lancement de la construction
des infrastructures minières d'Imouraren, déclare la présidente du premier groupe
nucléaire mondial, Areva renforce un partenariat historique et solidaire qui lie le
groupe au Niger depuis plus de quarante ans." Depuis 1968 et la création de la
Somaïr, la société franco-nigérienne exploitant les premières mines découvertes dans
le nord du pays.
Pour Areva, la donne a changé. Après une crise qui a culminé au cours de l'été 2007,
les relations se sont détendues et rééquilibrées au profit du Niger. Accusant sans
preuves le groupe de financer la rébellion touareg, M. Tandja avait expulsé son patron
local, Dominique Pin. Il en avait aussi profité pour s'ouvrir à d'autres pays (plus de
100 permis d'exploration) et négocier une hausse des prix de l'uranium et le droit d'en
vendre directement 300 tonnes sur un marché international où les prix s'étaient
envolés (avant de retomber brutalement).
"Que la paix revienne est essentiel", reconnaît Mme Lauvergeon, dont le groupe
va investir 1,2 milliard d'euros pour faire d'Imouraren la plus grande mine d'uranium à
ciel ouvert du monde. La région de l'Aïr, aux confins du Niger, de l'Algérie et du
Mali, reste néanmoins peu sûre, traversée par les trafiquants (drogue, armes), les
clandestins remontant d'Afrique vers l'Europe et des groupes d'Al-Qaïda au Maghreb
islamique. "Il y a une centaine d'hommes armés sur le site", reconnaît Bernard
Debacque, le directeur général d'Imouraren SA. Ce n'est sans doute pas un hasard si le
président de la société, Mohamed Akotey, est un ancien rebelle des années 1990.
Cette région est "stratégique" pour le Niger, souligne le premier ministre,
Seïni Oumarou. L'uranium représente 30 % de ses recettes d'exportation et 5 % de son
produit intérieur brut (PIB). Des revenus qui gonfleront à partir de 2012, quand
Imouraren permettra de hisser le pays au deuxième rang des producteurs d'uranium (9 000
tonnes par an).
Mme Lauvergeon se félicite aussi d'une "répartition plus équitable" de la
rente uranifère. Le Niger ne détient que 33 % d'Imouraren SA, mais il bénéficiera de
64 % des retombées économiques (vente du minerai, impôts, salaires des 1 350 employés,
activités induites), assure-t-elle. Face aux Chinois et aux Canadiens, le groupe n'avait
pas d'autre choix que de lâcher du lest pour remporter un contrat qui renforce la
sécurité d'approvisionnement de la France : un tiers des réacteurs d'EDF fonctionnent
avec de l'uranium nigérien.
Fin mars, lors d'une visite éclair à Niamey, Nicolas Sarkozy a présenté ce projet
comme l'illustration de la volonté de la France de "se débarrasser des pesanteurs
du passé". "Au Niger, la France a des intérêts, elle les assume, elle les
promeut", déclarait le chef de l'Etat, tout en précisant que les activités d'Areva
devaient se faire "en toute transparence". Il soulignait que "chacun doit
savoir ce que (ses) activités au Niger rapportent au budget nigérien". Paris a
poussé Niamey à souscrire à l'Initiative pour la transparence des industries
extractives, qui oblige pays producteurs et compagnies minières qui y souscrivent à
rendre publics les revenus de ces activités.
LAXISME SANITAIRE
Areva veut casser l'image d'un groupe prédateur et pollueur diffusée par certaines
organisations non gouvernementales (ONG), qui a nourri la rancoeur et l'argumentaire des
rebelles touareg. Le groupe développe d'importants programmes : deux hôpitaux bien
équipés qui dispensent déjà consultations et soins aux habitants de la région ; un
accès à l'eau et à l'électricité ; des aides à l'éducation pour les nomades,
entravées par deux ans de troubles. "A chaque fois que la rébellion avance, c'est
l'éducation qui recule", déplore Adama Hamani, responsable des actions de
solidarité chez Areva.
Le groupe consacrera 30 millions d'euros sur cinq ans à ces actions, auxquels
s'ajouteront des aides au développement socio-économique de la région d'Agadez.
L'entreprise a aussi décidé de lancer fin 2009, avec des experts indépendants et des
ONG, un "observatoire de la santé" autour de ses trois sites miniers afin
d'assurer le suivi des salariés anciens et actuels. Et répondre à ceux qui l'accusent
de laxisme sanitaire dans l'exploitation des mines nigériennes.
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7 - Arrivée au Japon d'un navire chargé de matière
nucléaire retraitée en France
AFP - 18 mai 2009 - OMAEZAKI (Japon) - Un navire transportant sous haute protection une
importante cargaison de combustible nucléaire retraité en France est arrivé lundi au
Japon, a constaté une journaliste de l'AFP. Le Pacific Heron, spécialement équipé pour
ce genre de transport, était protégé par une équipe de policiers britanniques chargés
de dissuader d'éventuels pirates. Il a accosté lundi matin dans le port d'Omaezaki
(centre), plus de deux mois après avoir quitté le port français de Cherbourg
(nord-ouest).
Une partie de la cargaison de MOX, mélange de plutonium issu du retraitement de
combustible usé et d'uranium, a commencé à être déchargée sous la surveillance des
garde-côtes. Elle est destinée à alimenter la centrale nucléaire voisine de Hamaoka.
Le Pacific Heron se rendra ensuite dans deux ports du sud-ouest du Japon, à proximité de
centrales nucléaires, pour y décharger le reste de sa cargaison. Les autorités
japonaises avaient tenu secrets le lieu et la date d'arrivée du navire en évoquant le
risque d'attaques terroristes.
Quelques dizaines d'opposants étaient pourtant là pour manifester. Selon l'organisation
écologiste Greenpeace, cette cargaison de matière fissible est la plus importante jamais
transportée et pourrait permettre de fabriquer 225 bombes atomiques. Mais selon une
source proche de l'industrie nucléaire française, la cargaison ne peut pas être
assimilée à du plutonium permettant de fabriquer des armes.
Trois sociétés énergétiques japonaises -- Kyushu Electric, Shikoku Electric et Chubu
Electric -- ont commandé du MOX auprès du groupe français Areva, fabriqué à partir de
combustible usé japonais dans l'usine de La Hague (nord-ouest de la France). "Il est
suicidaire d'utiliser du combustible MOX dans une centrale nucléaire ici", a
dénoncé Yoshika Shiratori, un dirigeant d'une association locale. "Lorsqu'un
tremblement de terre et un tsunami auront englouti la centrale nucléaire, toute la baie,
l'Océan Pacifique et toutes les mers autour du Japon seront contaminés".
L'archipel enregistre chaque année 20% des séismes les plus violents frappant la
planète, attisant les craintes des écologistes face à un éventuel accident nucléaire.
Le Japon est en outre le seul pays à avoir été victime de bombardements atomiques, par
l'armée américaine en 1945. Une histoire douloureuse qui rend sensible la question
nucléaire. Un violent tremblement de terre a endommagé en 2007 la plus grande centrale
du pays, située à Kashiwazaki-Kariwa (centre) et arrêtée depuis. L'un de ses sept
réacteurs a été remis en route début mai de façon expérimentale.
Un précédent convoi de MOX retraité en France était arrivé au Japon en janvier 2001,
mais ce combustible n'a jamais servi, à cause d'une série d'incidents dans des centrales
nucléaires. Une usine de retraitement de déchets nucléaires a été construite au Japon
par la société Japan Nuclear Fuel (JNFL), avec le groupe français Areva. Sa mise en
service est toutefois reportée depuis la mi-2007. Quasi-dépourvu d'énergie fossile sur
son sol, le Japon est doté de 53 réacteurs nucléaires qui produisent de 25 à 30% de
ses besoins en électricité.
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Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 840 associations
Communiqué du 18 mai 2009 - Contact : 06.64.100.333
8 - François Fillon visite l'usine Georges-Besse 2 au
Tricastin
La France paye une société étrangère pour utiliser la technologie de l'enrichissement
de l'uranium !
- Areva pourra utiliser cette technologie
mais sans y accéder
- La France "à la pointe dans le nucléaire" n'est qu'un mythe
Lundi 18 mai 2009, le Premier ministre François Fillon visitera, en compagnie de Mme
Lauvergeon, présidente d'Areva, la nouvelle usine française d'enrichissement de
l'uranium, située au Tricastin (Drôme), baptisée Georges-Besse2.
A cette occasion, les autorités françaises vont une nouvelle fois célébrer le mythe de
la France "à la pointe de la technologie nucléaire". Mais, ce qu'elles vont se
garder de révéler, c'est que la France ne possède pas la technologie d'enrichissement
utilisée dans l'usine Georges-Besse2.
Cette technologie, basée sur l'utilisation de centrifugeuses très spécifiques, est
louée - très cher - à l'entreprise Urenco (Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne). Pour
cacher cette vérité très gênante, Areva met en avant la société commune, ETC
(Enrichment Technology Company), créée pour l'occasion et qui sera effectivement
détenue à parts égales par Urenco et Areva.
Mais, en réalité, les centrifugeuses vont être utilisées dans le cadre de protocoles
très particuliers qui empêcheront Areva d'accéder à cette technologie. Dans le jargon
de l'industrie nucléaire, on parle d'une "boite noire".
En clair, en payant très cher, Areva pourra utiliser cette technologie
mais sans y
accéder. Il est assez amusant de voir que la France nucléaire, supposée être
"triomphante"; ne maîtrise pas la technologie des centrifugeuses, contrairement
à certains pays comme... l'Iran.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" attire l'attention sur la fait que ce n'est
pas là la seule preuve que le nucléaire français "triomphant" n'est qu'un
mythe. Par exemple, 54 des 58 réacteurs nucléaires "français" sont en
réalité sous licence de la société Westinghouse (USA).
Quant aux réalisations purement françaises, elle se soldent la plupart du temps par de
lourdes déconvenues comme ce fut le cas pour le surgénérateur Superphénix, ou
aujourd'hui pour le réacteur EPR dont les deux chantiers en cours - Areva en Finlande et
EDF à Flamanville (Manche)- tournent au désastre industriel et financier.
Au lieu de persister dans la voie de garage d'une industrie nucléaire dépassée et
largement obsolète, le France ferait bien de suivre l'exemple d'Obama aux USA et
d'investir massivement dans les économies d'énergie et les énergies renouvelables.
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L'Union - 15 mai 2009
9 - Nuage de Tchernobyl : un gendarme contaminé attaque
l'Etat français
Le dernier Carolo mag' rapporte que Victor Hugo, de passage dans les Ardennes, avait
été frappé par le nombre de goitreux. Aujourd'hui, s'il y a à nouveau beaucoup de
cancers de la thyroïde, c'est une conséquence de la catastrophe de Tchernobyl.
AINSI que nous l'avons évoqué dans notre dossier d'hier, consacré au nucléaire, un
gendarme ardennais, réclame à l'Etat français 150.000 euros de dédommagement, pour le
cancer de la thyroïde qu'il a contracté, affirme-t-il, suite à la catastrophe de
Tchernobyl. Il l'estime, en effet, non seulement imputable à l'explosion du réacteur de
la centrale ukrainienne, mais encore davantage à la désinvolture délibérée de nos
gouvernants de l'époque (certains sévissent toujours !).
Ils avaient volontairement dissimulé la gravité de la situation, maquillé les chiffres
de la contamination en cours et tu les conséquences qu'il fallait redouter sur la santé
publique. Se livrant ainsi, sciemment, à une désinformation caractérisée, à un
véritable mensonge d'Etat, en allant jusqu'à prétendre que le nuage toxique s'était
arrêté, pile poil, aux frontières de notre Hexagone !
Au niveau national, une association existe, qui regroupe déjà des centaines de victimes
du cancer de la thyroïde, mais ce militaire ardennais mène son combat en solitaire,
soutenu dans ses certitudes et défendu par Me Emmanuel Ludot, du barreau de la Marne.
Celui-ci est ainsi intervenu, hier matin, devant le tribunal administratif à
Châlons-en-Champagne, pour y présenter le volumineux mémoire qu'il a remis à la
présidente.
Il y aura sans doute de nouvelles expertises. Ses adversaires, les représentants des
divers ministères concernés -l'Etat a rejeté la demande d'indemnisation, par une
décision du 15 février 2006- n'étaient pas présents physiquement, mais avaient sans
doute, eux aussi, transmis leurs argumentaires par écrit. S'agissant d'un dossier aussi
complexe, il ne fallait naturellement pas s'attendre à une décision immédiate et le
tribunal s'est effectivement donné jusqu'au 28 mai, pour exprimer son avis.
Sans préjuger, il est vraisemblable qu'il ordonnera une nouvelle expertise du gendarme
malade, en faisant appel à des généticiens et à des spécialistes en médecine
nucléaire, la précédente n'ayant pas tenu compte de son affectation en Corse, en 1986.
Ce département avait pourtant été l'un de ceux, parmi les plus exposés aux retombées
radioactives. Une expertise judiciaire y est d'ailleurs toujours en cours, depuis 2005,
dans treize villages de l'île, où de fortes pluies s'étaient abattues, au passage du
nuage toxique.
Me Ludot a estimé très regrettable que, comme dans tous les autres grands scandales
sanitaires du genre dans notre pays, ce soit toujours aux victimes de fournir les preuves
scientifiques, entre leur état de santé actuel et leur présence sur des lieux
contaminés, pour tenter d'établir la responsabilité des pouvoirs publics. Il a ainsi
formulé le souhait, s'agissant du nuage de Tchernobyl, qu'on se réfère à la
jurisprudence du Conseil d'Etat concernant l'amiante.
Selon l'avocat rémois, « le vent est heureusement en train de tourner » après plus de
vingt ans de dénégations. Il a d'ailleurs notamment remis à la présidente du tribunal,
pour preuve que ce sujet commence effectivement à être pris en considération, le texte
du projet de loi ayant préludé à l'indemnisation des victimes de nos essais
nucléaires, texte dans lequel il est fait état aussi, en toutes lettres, du cas
particulier des contaminés de Tchernobyl.
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Brèves
. Les rencontres d'été du Réseau "Sortir du nucléaire"
se tiendront cette année vers Pertuis (84) du 19 au 26 août.
. Fermons Fessenheim et sortons du nucléaire. Rassemblement européen
les 3 et 4 octobre 2009 à Colmar (Alsace) Informations, départs groupés et programme
sur : http://fermons-fessenheim.org
. Tricastin - Excellent reportage de TF1 : Curseur à 14min32 sur http://videos.tf1.fr/jt-20h/le-20-heures-du-18-mai-2009-4416942.html
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