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"Sortir du nucléaire" accuse EDF d'avoir "menti" pour construire l'EPR et annonce une multiplication des problèmes et risques
Le réseau associatif Sortir du nucléaire a accusé mercredi EDF d'avoir "menti" lors d'un débat public pour construire l'EPR de Flamanville (Manche), suite à une information de presse faisant état d'un important surcoût de l'électricité de ce réacteur de troisième génération. Depuis cet été, plus d’une dizaine d’accidents ont eu lieu dans les régions Rhône-Alpes et Provence. Les usines sont complètement obsolètes et les industriels bricolent en faisant réaliser des travaux ponctuelspar sdes travailleurs en situation précaire, en intérim ou en CDD (plus de 80% des opérations dangereuses). Résultat : on va avoir une multiplication de ce genre de problèmes, voire un accident très grave... mais EDF ne s’estime pas responsable des différents incidents nucléaires! Pourtant EDF veut investir 400 millions d'euros par réacteur en vue de prolonger la durée de vie du parc nucléaire français (58 réacteurs, répartis sur 19 sites, d'un âge moyen de 22 ans)... au-delà de 40 ans!
(Agence France Presse - 3 décembre 2008 / Agence Reuters - 03.12.08 )
Le réseau "Sortir du Nucléaire" a reproché mercredi à EDF d'avoir menti sur le coût de l'EPR pour emporter la décision de construction de ce réacteur de troisième génération à Flamanville (Manche). L'association écologiste réagissait à un article des Echos affirmant dans son édition de mercredi qu'EDF s'apprête à dévoiler lors d'une réunion avec les investisseurs une hausse de près de 20% du coût de son nouveau réacteur. Selon le quotidien économique, le groupe tenterait en coulisse de convaincre le gouvernement "d'augmenter très sensiblement les prix de l'électricité en France" pour compenser la perte de rentabilité liée à son nouveau réacteur. Selon Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, le sujet n'est pas d'actualité. "Il y a des spéculations ici ou là d'augmentation ou de diminution, la question des tarifs d'électricité n'est pas d'actualité", a-t-il dit à l'issue du conseil des ministres.

Selon Les Echos, le coût de production de l'électricité à partir de la tête de série en chantier à Flamanville est maintenant estimé à près de 55 euros le mégawatt/heure, au lieu des 46 euros annoncés lors du lancement du projet en mai 2006.

Lors du débat public officiel qui a eu lieu de novembre 2005 à avril 2006, "EDF a ouvertement menti afin d'emporter la décision de construction de l'EPR", selon les opposants à l'énergie nucléaire. En effet, dans le document officiel d'EDF, qui a servi de base au Débat public, il est explicitement écrit : "La tête de série EPR est compétitive face au cycle combiné à gaz. Son coût de revient (…) est de 43 €/MWh" (*)

Sortir du nucléaire estime qu'"au vu des multiples déconvenues rencontrés tant par Areva (EPR finlandais) que par EDF (EPR de Flamanville dans la Manche), on peut s'attendre à de nouvelles réévaluations du coût de l'électricité qui sera produite par l'EPR, s'il fonctionne un jour".

"Il est possible que l'EPR ne soit pas mis en service du fait des nombreuses déconvenues techniques qui pourraient compromettre son fonctionnement", ajoute le réseau dans un communiqué. Dénonçant "un surcoût qui frôle les 30%", les antinucléaires soulignent que "la décision de construire l'EPR peut encore être annulée".

Le groupe électrique français avait fait part le 6 novembre de sa décision d'adopter une méthode plus coûteuse que prévue pour creuser le tunnel d'évacuation en mer des eaux de refroidissement du réacteur pour accélérer le chantier.

Selon "Sortir du nucléaire", "EDF a ouvertement menti afin d'emporter la décision de construction de l'EPR." L'électricien français est confronté à des contraintes de sécurité plus dures que prévu et à des aléas comme le creusement compliqué d'un tunnel pour le puits d'évacuation, avance pour sa part le quotidien économique, pour qui la révision à la hausse de la facture de l'EPR français (eau pressurisée de nouvelle génération) montre aussi que la compétitivité relative du nucléaire s'érode.

Une électricité à 55 euros/MWh au lieu de 43 promis par EDF, la décision de construire l'EPR peut encore être annulée

Dénonçant "un surcoût qui frôle les 30%", le réseau "Sortir du nucléaire" souligne que "la décision de construire l'EPR peut encore être annulée". Les travaux de la centrale EPR de Flamanville ont débuté en décembre 2007. Le chantier rassemble tous les acteurs de la filière nucléaire française, en particulier Bouygues, Areva et Alstom.

EDF a donc ouvertement menti afin d'emporter la décision de construction de l'EPR. Le surcoût à ce jour frôle les 30%... en attendant pire : en effet, au vu des multiples déconvenues rencontrées tant par Areva (EPR finlandais) que par EDF (EPR de Flamanville), on peut s'attendre à de nouvelles réévaluations du coût de l'électricité qui sera produite par l'EPR… s'il fonctionne un jour.

En effet, il est possible que l'EPR ne soit pas mis en service. Ce pourrait être du fait des nombreuses déconvenues techniques qui pourraient tout simplement compromettre le fonctionnement de l'EPR. Mais il est aussi possible d'annuler le chantier de l'EPR de Flamanville, qui n'en est qu'à son début. C'est en tout cas ce que propose le Réseau "Sortir du nucléaire", afin d'investir dans les alternatives l'argent prévu pour l'EPR.

L'étude "Un courant alternatif pour le Grand-Ouest", publiée en 2006 par le Réseau "Sortir du nucléaire", montre qu'avec l'argent prévu pour l'EPR, il est possible de produire et économiser deux fois plus d'électricité que celle qui serait produite par l'EPR, tout en créant 15 fois plus d'emplois. Il est clair que cette performance serait encore plus impressionnante du fait des surcoûts de l'EPR. Il est encore temps pour la France de sortir de l'impasse nucléaire…

(*) Cf page 59 du dossier du Maître d'ouvrage, c'est-à-dire EDF

Nucléaire : “Vers une multiplication des problèmes” (LyonMag - 2 décembre 2008 - Propos recueillis par Nadège Michaudet)

Depuis cet été, plus d’une dizaine d’accidents ont eu lieu dans la région. Stéphane Lhomme, porte-parole de l’association Sortir du nucléaire, dresse un constat inquiétant.

Il y a eu beaucoup d’accidents nucléaires dans la région ? Stéphane Lhomme : Oui. L’association Sortir du nucléaire a comptabilisé plus d’une dizaine d’accidents nucléaires ou industriels depuis le mois de juillet dans la région Rhône-Alpes. Soit plus de deux accidents par mois.

Les accidents les plus graves ? Sans aucun doute celui du 7 juillet dernier, où 360 kilos d’uranium se sont échappés de l’usine Socatri d’Areva, installée sur le site de Tricastin dans la Drôme. Dont plus de 75 kilos d’uranium qui se sont déversés dans une rivière, la Gaffière. D’où une interdiction totale de consommer l’eau et de pêcher. Mais ce n’est pas la seule affaire de ce genre. Le 18 juillet, on a découvert que la tuyauterie d’une usine à Romans-sur-Isère était rompue depuis plusieurs années et que de l’uranium se déversait dans la nature. Même chose le 22 août, où il y a eu une fuite d’uranium à l’usine Comurhex de Pierrelatte. Encore un problème de canalisation qui était rompue depuis plusieurs années. Cette usine, qui appartient à Areva, a d’ailleurs reconnu que 250 grammes d’uranium ont pu être rejetés dans le sol chaque année.

Les industriels minimisent les risques ? C’est évident ! D’ailleurs, ils s’arrangent toujours pour classer les accidents en niveau 1 sur une échelle de risques qui va jusqu’à 7. Pour tenter de faire croire que les rejets radioactifs sont faibles, sans risque réel pour la santé. Alors que dans la majorité des cas, on pourrait classer les accidents en niveau 3. Mais les industriels veulent éviter toute polémique.

Comment expliquer ces problèmes à répétition ? Ce sont des usines complètement obsolètes. Les industriels bricolent en réalisant des travaux ponctuels. Résultat : on va avoir une multiplication de ce genre de problèmes, voire un accident très grave, surtout dans la région Rhône-Alpes.

Rhône-Alpes est une zone à risque ? Oui. Car c’est une région très nucléarisée, notamment avec le site du Tricastin qui compte des dizaines d’entreprises à risque : Eurodif spécialisée dans l’enrichissement d’uranium, Comurhex et Cogema, des usines de chimie de l’uranium... Mais surtout la Socatri qui traite des effluents radioactifs. En plus, la région compte quatre centrales nucléaires : à Tricastin dans la Drôme, à Saint-Alban en Isère, dans le Bugey et à Cruas en Ardèche. Car notre région est près du Rhône, un fleuve large et puissant, où les industriels peuvent déverser leurs saloperies plus discrètement.

Mais des prélèvements sont réalisés régulièrement ! Bien sûr, mais on ne sait pas quand sont réalisés ces prélèvements, à quel endroit... Souvent les industriels attendent que les produits chimiques soient un peu dilués pour pouvoir minimiser les dégâts. Il faut aussi savoir que le nucléaire rejette énormément de produits chimiques dans l’environnement. D’ailleurs, le 19 novembre, il y a eu une fuite d’huile industrielle qui provenait de la centrale nucléaire du Bugey. Résultat, une centaine de litres d’huile s’est déversée sur plusieurs kilomètres dans le Rhône.

Ceux qui sont les plus touchés par ces rejets radioactifs ? Les riverains qui habitent à proximité d’une centrale nucléaire ou d’une usine à risque. D’ailleurs, une étude publiée récemment par des scientifiques allemands a prouvé que les gens qui vivaient à 50 km autour d’une zone à risque contractaient plus facilement un cancer à cause de rejets radioactifs réguliers. Sans oublier les salariés qui sont aussi particulièrement touchés par ces risques radioactifs.

Le profil de ces salariés ? Ils sont généralement dans une situation précaire, en intérim ou en CDD, et ils réalisent plus de 80% des opérations dangereuses. Ce sont eux qui vont resserrer des boulons ou changer des tuyaux dans les zones irradiantes. On les appelles d’ailleurs les nomades du nucléaire, car ils vont de centrale en centrale, selon les opérations de maintenance à réaliser. Le pire, c’est qu’une fois qu’ils sont bien irradiés, EDF les licencient. Comme ça, ils n’apparaissent pas dans les statistiques des salariés du nucléaire.

Vous n’exagérez pas un peu ? Pas du tout ! Rien qu’en juillet dernier, 15 salariés ont été contaminés après une fuite dans la centrale nucléaire de l’Isère, à Saint-Alban. Et 100 autres ont été irradiés à la suite d’une erreur de manipulation lors d’une opération de maintenance à la centrale nucléaire d’EDF à Tricastin. Mais c’est difficile d’évaluer le nombre de salariés qui ont contracté une maladie après une exposition à répétition, car les cancers se déclarent plusieurs années après.

4 milliards. Contactée par Lyon Mag, EDF ne s’estime pas responsable des différents incidents nucléaires survenus depuis cet été dans la région : “Les événements qui ont eu lieu sur les centrales nucléaires de Tricastin, Bugey et Cruas n’ont pas de lien (entre eux) et n’ont eu aucune conséquence sur les personnes, l’environnement et la sûreté des installations”. Même réaction d’Areva, qui a également réagi par un communiqué : “On a toujours tout dit, sans essayer de minimiser quoi que ce soit.” Et d’ajouter : “Areva a rappelé dès le mois d’août sa volonté de continuer la modernisation des installations (plus de 4 milliards d’euros investis sur le site du Tricastin). Nous construisons des usines neuves en ce moment, ce qui ne veut pas dire que les actuelles ne sont plus sûres.”

EDF investit pour prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires

PARIS (AFP) — EDF va investir 400 millions d'euros par réacteur en vue de prolonger la durée de vie de son parc nucléaire français au-delà de 40 ans, selon des documents publiés jeudi sur son site internet.

Le groupe français d'électricité dispose d'un parc nucléaire de 58 réacteurs, répartis sur 19 sites, d'un âge moyen de 22 ans.

Deux centrales, celles de Fessenheim en Alsace et du Tricastin dans la Drôme, atteindront trente ans en 2009.

EDF a d'ores et déjà engagé "des plans d'action industriels et de recherche et développement dans l'objectif de prolonger la durée de vie du parc au-delà de 40 ans", indique le groupe, en précisant que ces plans représentaient un investissement d'environ 400 millions d'euros par réacteur.

"Toutes les tranches nucléaires françaises qui fonctionnent ont été conçues pour garantir une durée de vie de 40 ans. Aujourd'hui, nous avons suffisamment d'éléments probants pour considérer qu'aller à une durée de vie de 50 voire 60 ans est quelque chose de tout à fait raisonnable", a indiqué Serge Massart, directeur de la division production nucléaire chez EDF, au cours d'une présentation du groupe diffusée sur internet à l'occasion d'une journée d'information des investisseurs.

"Nous avons déposé un certain nombre de dossiers à l'autorité de sûreté nucléaire (ASN, ndlr) qui montre de manière claire que notre matériel vieillit bien, qu'il vieillit très bien", ajoute-t-il.

Le groupe précise en effet qu'il appartient à l'ASN "de se prononcer centrale par centrale dans le cadre des visites décennales sur une autorisation de fonctionner dix ans supplémentaires".

"Le matos vieillit très bien, et ta sœur !" Collectif anti nucléaire84

Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 830 associations
Contact presse : 06.64.100.333
http://www.sortirdunucleaire.org/
4 décembre 2008
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