(Agence
France Presse - 3 décembre 2008 / Agence Reuters - 03.12.08 )
Le réseau "Sortir du Nucléaire" a reproché mercredi à EDF d'avoir menti sur
le coût de l'EPR pour emporter la décision de construction de ce réacteur de troisième
génération à Flamanville (Manche). L'association écologiste réagissait à un article
des Echos affirmant dans son édition de mercredi qu'EDF s'apprête à dévoiler lors
d'une réunion avec les investisseurs une hausse de près de 20% du coût de son nouveau
réacteur. Selon le quotidien économique, le groupe tenterait en coulisse de convaincre
le gouvernement "d'augmenter très sensiblement les prix de l'électricité en
France" pour compenser la perte de rentabilité liée à son nouveau réacteur. Selon
Luc Chatel, le porte-parole du gouvernement, le sujet n'est pas d'actualité. "Il y a
des spéculations ici ou là d'augmentation ou de diminution, la question des tarifs
d'électricité n'est pas d'actualité", a-t-il dit à l'issue du conseil des
ministres.Selon Les Echos, le coût de production de l'électricité à partir de la
tête de série en chantier à Flamanville est maintenant estimé à près de 55 euros le
mégawatt/heure, au lieu des 46 euros annoncés lors du lancement du projet en mai 2006.
Lors du débat public officiel qui a eu lieu de novembre 2005 à avril 2006, "EDF
a ouvertement menti afin d'emporter la décision de construction de l'EPR", selon les
opposants à l'énergie nucléaire. En effet, dans le document officiel d'EDF, qui a servi
de base au Débat public, il est explicitement écrit : "La tête de série EPR est
compétitive face au cycle combiné à gaz. Son coût de revient (
) est de 43
/MWh" (*)
Sortir du nucléaire estime qu'"au vu des multiples déconvenues rencontrés tant
par Areva (EPR finlandais) que par EDF (EPR de Flamanville dans la Manche), on peut
s'attendre à de nouvelles réévaluations du coût de l'électricité qui sera produite
par l'EPR, s'il fonctionne un jour".
"Il est possible que l'EPR ne soit pas mis en service du fait des nombreuses
déconvenues techniques qui pourraient compromettre son fonctionnement", ajoute le
réseau dans un communiqué. Dénonçant "un surcoût qui frôle les 30%", les
antinucléaires soulignent que "la décision de construire l'EPR peut encore être
annulée".
Le groupe électrique français avait fait part le 6 novembre de sa décision d'adopter
une méthode plus coûteuse que prévue pour creuser le tunnel d'évacuation en mer des
eaux de refroidissement du réacteur pour accélérer le chantier.
Selon "Sortir du nucléaire", "EDF a ouvertement menti afin d'emporter la
décision de construction de l'EPR." L'électricien français est confronté à des
contraintes de sécurité plus dures que prévu et à des aléas comme le creusement
compliqué d'un tunnel pour le puits d'évacuation, avance pour sa part le quotidien
économique, pour qui la révision à la hausse de la facture de l'EPR français (eau
pressurisée de nouvelle génération) montre aussi que la compétitivité relative du
nucléaire s'érode.
Une électricité à 55 euros/MWh au lieu de 43 promis par EDF, la décision de
construire l'EPR peut encore être annulée
Dénonçant "un surcoût qui frôle les 30%", le réseau "Sortir du
nucléaire" souligne que "la décision de construire l'EPR peut encore être
annulée". Les travaux de la centrale EPR de Flamanville ont débuté en décembre
2007. Le chantier rassemble tous les acteurs de la filière nucléaire française, en
particulier Bouygues, Areva et Alstom.
EDF a donc ouvertement menti afin d'emporter la décision de construction de l'EPR. Le
surcoût à ce jour frôle les 30%... en attendant pire : en effet, au vu des multiples
déconvenues rencontrées tant par Areva (EPR finlandais) que par EDF (EPR de
Flamanville), on peut s'attendre à de nouvelles réévaluations du coût de
l'électricité qui sera produite par l'EPR
s'il fonctionne un jour.
En effet, il est possible que l'EPR ne soit pas mis en service. Ce pourrait être du fait
des nombreuses déconvenues techniques qui pourraient tout simplement compromettre le
fonctionnement de l'EPR. Mais il est aussi possible d'annuler le chantier de l'EPR de
Flamanville, qui n'en est qu'à son début. C'est en tout cas ce que propose le Réseau
"Sortir du nucléaire", afin d'investir dans les alternatives l'argent prévu
pour l'EPR.
L'étude
"Un courant alternatif pour le Grand-Ouest", publiée en 2006 par le Réseau
"Sortir du nucléaire", montre qu'avec l'argent prévu pour l'EPR, il est
possible de produire et économiser deux fois plus d'électricité que celle qui serait
produite par l'EPR, tout en créant 15 fois plus d'emplois. Il est clair que cette
performance serait encore plus impressionnante du fait des surcoûts de l'EPR. Il est
encore temps pour la France de sortir de l'impasse nucléaire
(*) Cf
page 59 du dossier du Maître d'ouvrage, c'est-à-dire EDF
Nucléaire : Vers une multiplication des
problèmes (LyonMag - 2 décembre 2008 - Propos recueillis par
Nadège Michaudet)
Depuis cet été, plus dune dizaine daccidents ont eu lieu dans la région.
Stéphane Lhomme, porte-parole de lassociation Sortir du nucléaire, dresse un
constat inquiétant.
Il y a eu beaucoup daccidents nucléaires dans la région ?
Stéphane Lhomme : Oui. Lassociation Sortir du nucléaire a comptabilisé plus
dune dizaine daccidents nucléaires ou industriels depuis le mois de juillet
dans la région Rhône-Alpes. Soit plus de deux accidents par mois.
Les accidents les plus graves ? Sans aucun doute celui du 7 juillet
dernier, où 360 kilos duranium se sont échappés de lusine Socatri
dAreva, installée sur le site de Tricastin dans la Drôme. Dont plus de 75 kilos
duranium qui se sont déversés dans une rivière, la Gaffière. Doù une
interdiction totale de consommer leau et de pêcher. Mais ce nest pas la seule
affaire de ce genre. Le 18 juillet, on a découvert que la tuyauterie dune usine à
Romans-sur-Isère était rompue depuis plusieurs années et que de luranium se
déversait dans la nature. Même chose le 22 août, où il y a eu une fuite duranium
à lusine Comurhex de Pierrelatte. Encore un problème de canalisation qui était
rompue depuis plusieurs années. Cette usine, qui appartient à Areva, a dailleurs
reconnu que 250 grammes duranium ont pu être rejetés dans le sol chaque année.
Les industriels minimisent les risques ? Cest évident !
Dailleurs, ils sarrangent toujours pour classer les accidents en niveau 1 sur
une échelle de risques qui va jusquà 7. Pour tenter de faire croire que les rejets
radioactifs sont faibles, sans risque réel pour la santé. Alors que dans la majorité
des cas, on pourrait classer les accidents en niveau 3. Mais les industriels veulent
éviter toute polémique.
Comment expliquer ces problèmes à répétition ? Ce sont des usines
complètement obsolètes. Les industriels bricolent en réalisant des travaux ponctuels.
Résultat : on va avoir une multiplication de ce genre de problèmes, voire un accident
très grave, surtout dans la région Rhône-Alpes.
Rhône-Alpes est une zone à risque ? Oui. Car cest une région
très nucléarisée, notamment avec le site du Tricastin qui compte des dizaines
dentreprises à risque : Eurodif spécialisée dans lenrichissement
duranium, Comurhex et Cogema, des usines de chimie de luranium... Mais surtout
la Socatri qui traite des effluents radioactifs. En plus, la région compte quatre
centrales nucléaires : à Tricastin dans la Drôme, à Saint-Alban en Isère, dans le
Bugey et à Cruas en Ardèche. Car notre région est près du Rhône, un fleuve large et
puissant, où les industriels peuvent déverser leurs saloperies plus discrètement.
Mais des prélèvements sont réalisés régulièrement ! Bien sûr, mais
on ne sait pas quand sont réalisés ces prélèvements, à quel endroit... Souvent les
industriels attendent que les produits chimiques soient un peu dilués pour pouvoir
minimiser les dégâts. Il faut aussi savoir que le nucléaire rejette énormément de
produits chimiques dans lenvironnement. Dailleurs, le 19 novembre, il y a eu
une fuite dhuile industrielle qui provenait de la centrale nucléaire du Bugey.
Résultat, une centaine de litres dhuile sest déversée sur plusieurs
kilomètres dans le Rhône.
Ceux qui sont les plus touchés par ces rejets radioactifs ? Les
riverains qui habitent à proximité dune centrale nucléaire ou dune usine à
risque. Dailleurs, une étude publiée récemment par des scientifiques allemands a
prouvé que les gens qui vivaient à 50 km autour dune zone à risque contractaient
plus facilement un cancer à cause de rejets radioactifs réguliers. Sans oublier les
salariés qui sont aussi particulièrement touchés par ces risques radioactifs.
Le profil de ces salariés ? Ils sont généralement dans une situation
précaire, en intérim ou en CDD, et ils réalisent plus de 80% des opérations
dangereuses. Ce sont eux qui vont resserrer des boulons ou changer des tuyaux dans les
zones irradiantes. On les appelles dailleurs les nomades du nucléaire, car ils vont
de centrale en centrale, selon les opérations de maintenance à réaliser. Le pire,
cest quune fois quils sont bien irradiés, EDF les licencient. Comme
ça, ils napparaissent pas dans les statistiques des salariés du nucléaire.
Vous nexagérez pas un peu ? Pas du tout ! Rien quen juillet
dernier, 15 salariés ont été contaminés après une fuite dans la centrale nucléaire
de lIsère, à Saint-Alban. Et 100 autres ont été irradiés à la suite dune
erreur de manipulation lors dune opération de maintenance à la centrale nucléaire
dEDF à Tricastin. Mais cest difficile dévaluer le nombre de salariés
qui ont contracté une maladie après une exposition à répétition, car les cancers se
déclarent plusieurs années après.
4 milliards. Contactée par Lyon Mag, EDF ne sestime pas
responsable des différents incidents nucléaires survenus depuis cet été dans la
région : Les événements qui ont eu lieu sur les centrales nucléaires de
Tricastin, Bugey et Cruas nont pas de lien (entre eux) et nont eu aucune
conséquence sur les personnes, lenvironnement et la sûreté des
installations. Même réaction dAreva, qui a également réagi par un
communiqué : On a toujours tout dit, sans essayer de minimiser quoi que ce
soit. Et dajouter : Areva a rappelé dès le mois daoût sa
volonté de continuer la modernisation des installations (plus de 4 milliards deuros
investis sur le site du Tricastin). Nous construisons des usines neuves en ce moment, ce
qui ne veut pas dire que les actuelles ne sont plus sûres.
EDF investit pour prolonger la durée de vie de ses
centrales nucléaires
PARIS (AFP) EDF va investir 400 millions d'euros par réacteur en vue de prolonger
la durée de vie de son parc nucléaire français au-delà de 40 ans, selon des documents
publiés jeudi sur son site internet.
Le groupe français d'électricité dispose d'un parc nucléaire de 58 réacteurs,
répartis sur 19 sites, d'un âge moyen de 22 ans.
Deux centrales, celles de Fessenheim en Alsace et du Tricastin dans la Drôme,
atteindront trente ans en 2009.
EDF a d'ores et déjà engagé "des plans d'action industriels et de recherche et
développement dans l'objectif de prolonger la durée de vie du parc au-delà de 40
ans", indique le groupe, en précisant que ces plans représentaient un
investissement d'environ 400 millions d'euros par réacteur.
"Toutes les tranches nucléaires françaises qui fonctionnent ont été conçues
pour garantir une durée de vie de 40 ans. Aujourd'hui, nous avons suffisamment
d'éléments probants pour considérer qu'aller à une durée de vie de 50 voire 60 ans
est quelque chose de tout à fait raisonnable", a indiqué Serge Massart, directeur
de la division production nucléaire chez EDF, au cours d'une présentation du groupe
diffusée sur internet à l'occasion d'une journée d'information des investisseurs.
"Nous avons déposé un certain nombre de dossiers à l'autorité de sûreté
nucléaire (ASN, ndlr) qui montre de manière claire que notre matériel vieillit bien,
qu'il vieillit très bien", ajoute-t-il.
Le groupe précise en effet qu'il appartient à l'ASN "de se prononcer centrale
par centrale dans le cadre des visites décennales sur une autorisation de fonctionner dix
ans supplémentaires".
"Le matos vieillit très bien, et ta sur !" Collectif anti
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