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Nucléaire - sale énergie sale
Nouvel accident en cascade et témoignage d'irradié
Alors que les représentants de la plupart des grandes entreprises du nucléaire, françaises et étrangères, se sont donné rendez-vous à Avignon du 28 septembre au 2 octobre pour évoquer la question cruciale du démantèlement des installations nucléaires...   alors que depuis le 8 septembre, à la centrale nucléairedu Tricastin (Drôme), le souffle des ingénieurs EDF est suspendu à deux assemblages d’uranium irradié, restés accrochés au couvercle de la cuve du réacteur, alors qu'à Tricastin l'éventualité d'une évacuation des populations est sur toutes les lèvres: des témoignages de personnel et d'habitants se font jours...
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"On m'a dit que tout allait bien, explique Stephan Latil, mais je suis terriblement angoissé." (Photo Serge Mercier)

Le plus dur, c'est de ne pas savoir... Et d'imaginer le pire. À 40 ans, Stephan Latil vit dans l'incertitude. "Celle d'avoir un cancer un jour", explique ce père de trois enfants. Quatre ans après l'"accident", comme il l'appelle, ce technicien de laboratoire de l'entreprise Melox, spécialisée dans la production de combustible nucléaire sur le site de Marcoule, dans le Gard, parvient enfin à raconter les faits comme il les a vécus. Et à dire son angoisse. Le 28octobre2004, Stephan Latil manipulait du plutonium et de l'acide fluorhydrique dans une "boîte à gants", un caisson étanche en verre, équipé de deux manchons pour traiter les produits sans contact direct.

"Ce jour-là, j'ai remarqué une fuite d'eau inhabituelle provenant du circuit de refroidissement. Sans retirer mes mains des gants, j'ai appelé mon supérieur. Il m'a dit de resserrer à la main le collier qui laissait passer la fuite. Sans outillage ni protection spéciale, je n'y tenais pas du tout: la présence d'acide fluorhydrique dans le caisson risquait d'avoir fragilisé le tube en verre." Les craintes du technicien étaient malheureusement fondées: le tube va exploser, un morceau de verre va entailler le gant et la main de Stephan Latil. "Je ne pouvais pas sortir ma main, sinon le plutonium serait sorti et aurait été inhalé par mes collègues qui étaient dans le labo", poursuit-il. Le technicien attendra ainsi 15 minutes jusqu'à l'arrivée des secours : "Il a ainsi subi une contamination de plutonium accentuée par la dépression qui s'était produite dans la boîte à gants", explique son avocat, M e Jean-Pierre Darmon.

"Après l'accident, j'ai subi quelques examens médicaux mais pas assez pour déterminer si j'ai été contaminé et à quel niveau", s'inquiète Stephan Latil. Qui craint qu'on lui annonce un jour qu'il est atteint d'un cancer du foie ou des os, sur lesquels se fixe le plutonium. "L'impact définitif n'a pas pu être décelé et la période d'incubation peut être particulièrement longue", confie son conseil, qui maintient que "les mesures nécessaires pour protéger les employés n'ont pas été prises par la société". Pour Me Darmon, pas question de considérer que c'est l'employé qui a commis une faute. "On m'a dit que tout allait bien, explique Stephan Latil, mais je suis terriblement angoissé. Pour savoir si j'ai été contaminé, il faudrait me faire des ponctions. En attendant, je ne sais rien." Ce papa ne cache pas qu'il s'attend au pire.

Contactée par La Provence, la société Melox assure que Stephan Latil n'a pas été contaminé par le plutonium: "Les médecins spécialisés du site ont fait les examens nécessaires, qui ont été confirmés par l'Institut de radioprotection et de sécurité médicale. M. Latil a été faiblement exposé et son seuil d'exposition a été inférieur à la limite annuelle réglementaire, qui est en France de 20 millisievert", insiste-t-on chez Melox. Stephan Latil aurait bénéficié d'un accompagnement médical et psychologique idoine. La société ajoute que l'ensemble du personnel subit régulièrement les examens nécessaires pour contrôler les niveaux d'exposition. "Et le but est de réduire au maximum les temps et les niveaux d'exposition", assure-t-on. Cet "accident"doit être évoqué aujourd'hui devant le tribunal des affaires sociales de Digne.

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Les représentants de la plupart des grandes entreprises du nucléaire, françaises et étrangères

Les représentants de la plupart des grandes entreprises du nucléaire, françaises et étrangères, se sont donné rendez-vous à Avignon du 28 septembre au 2 octobre pour évoquer la question cruciale du démantèlement des installations nucléaires. (cf https://www.sfen.fr/index.php/plain_site/decommissioning_challenges   )

A cet occasion, le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que c'est avant d'envisager de construire des installations nucléaires qu'il aurait fallu réfléchir : les promoteurs de l'atome auraient alors certainement réalisé que la question du démantèlement, et celle directement liée(*) de la gestion des déchets radioactifs, sont insolubles et sont porteuses de graves déconvenues pour les générations actuelles et à venir.

Le processus de démantèlement du réacteur nucléaire de Brennilis (Finistère) illustre parfaitement la question :

- à ce jour, le coût du démantèlement est 20 fois plus important que celui annoncé au départ ;
- le processus de démantèlement est actuellement stoppé par décision du Conseil d'Etat, lui-même saisi à cet effet par le Réseau "Sortir du nucléaire" qui a mis à jour de graves irrégularités tant sur le plan adminsitratif (en particulier la non-information de la population) que concernant le chantier de démantèlement (un rapport d'inspection de l'Autorité de sûreté nucléaire, daté du 20 juin 2007, pointe les nombreuses infractions) ;

Un autre exemple édifiant est la situation du nucléaire britanique :
- la facture du démantèlement a été réévaluée à plusieurs reprise, passant de 48 milliards de livres en 2002, à 56 en 2004, pour atteindre désormais la somme faramineuse de 70,2 milliards de livres (soit 104 milliards d'euros). En attendant pire...
- il a été reconnu, lors du récent achat de British energy par EDF, que ce serait l'argent public qui financerait ce démantèlement.

Il apparait donc clairement que les entreprises font des profits en vendant l'électricité nucléaire, puis laissent la facture du démantèlement à la charge des Etats, et lèguent aux générations futures des déchets radioactifs qui vont durer des millions d'années. Ces données sont à comparer avec celles des énergies renouvelables qui, entre autres qualités, ne posent pas de problème de démantèlement et ne produisent pas de déchets radioactifs.

Le Réseau "Sortir du nucléaire", qui réclamme un débat national sur la question du démantèlement, dénonce le cynisme des participants au Colloque international d'Avignon, qui soutiennent tous la construction de nouvelles installations nucléaires et ont beau jeu ensuite de prétendre qu'il "faut bien" se pencher sur le problème du démantèlement.

(*) Le démantèlement d'une installation nucléaire se traduit par la création de très grandes quantités de déchets radioactifs.

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Enfouissement de déchets radioactifs, 3115 communes menacées dans 20 départements. Samedi 27 septembre 2008, participez à la journée nationale d'opposition au projet !

Consultez la liste de toutes les actions : http://www.sortirdunucleaire.fr/alerte-dechets/contacts-actions.html

Départements directement menacés : Ardennes (08), Aube (10), Aveyron (12), Cher (18), Eure (27), Indre (36), Lot (46), Marne (51), Haute-Marne (52), Meurthe-et-Moselle (54), Meuse (55), Moselle (57), Nord (59), Oise (60), Pas-de-Calais (62), Bas-Rhin (67), Seine Maritime (76), Somme (80), Tarn-et-Garonne (82), Vosges (88)

Les autres départements sont aussi concernés : un site d'enfouissement de déchets radioactifs génère d'importants transports de déchets sur de longues distances. L'ensemble du territoire est donc exposé, et pas seulement le site qui serait choisi au final.

Voulez-vous d'une nouvelle poubelle nucléaire en France ? De transports de déchets radioactifs près de chez vous ?

Le samedi 27 septembre, des actions et rassemblements simultanés auront lieu dans les 20 départements qui ont été pré-sélectionnés par l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), sur mission du gouvernement, pour "accueillir" des déchets nucléaires destinés à être enfouis.

Depuis début juin, 3115 maires ont été contactés par l'Andra qui tente de faire avancer son projet dans le dos des habitants, dans un manque de transparence total. Néanmoins conscients des enjeux, de nombreux élus et de nombreuses communes se sont déjà prononcés contre ce projet.

L'Andra, qui revendique pourtant "la plus grande transparence", refuse de rendre publique la liste des 3115 communes démarchées.

Vous pouvez agir dès à présent !

• Contactez les relais locaux les plus proches de chez vous pour participer à une action le 27 septembre ou pour aider à son organisation.
Les coordonnées des contacts locaux sont consultables sur : http://www.sortirdunucleaire.fr/alerte-dechets/contacts-actions.html

•• Diffusez autour de vous les documents d'information (tract, synthèse critique, analyse technique). Informez vos voisins et vos élus !
Téléchargez ces documents sur : http://www.sortirdunucleaire.fr/alerte-dechets rubrique “Téléchargements”.

••• Réclamez à l'Andra la publication de la liste des 3115 communes concernées en appelant de façon régulière son numéro d'information spécifique 0 800 000 150. C'est un numéro vert, donc gratuit, censément réservé aux élus qui désirent s'informer sur le projet. Soyons des milliers à appeler ce numéro !

•••• Si vous ne pouvez pas participer aux actions de mobilisation, vous pouvez nous soutenir par un don du montant de votre choix.
Si vous êtes imposable, votre don sera déductible à 66% de vos impôts. Ainsi, un don de 20 euros ne vous coûtera alors en réalité que 6,80 euros après déduction fiscale.
Merci de libeller votre chèque à l’ordre de “Sortir du nucléaire” à envoyer au 9, rue Dumenge 69317 Lyon Cedex 04.

Nous vous remercions par avance pour votre mobilisation et votre soutien !

Très cordialement, Réseau "Sortir du nucléaire"

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e Dauphiné Libéré - 28/09/08

Pas de débat contradictoire sur le site de Tricastin : « Nous voulons la vérité »

Une quarantaine d'élus et responsables dans le nucléaire, ou encore les préfets de Drôme, Ardèche et Vaucluse avaient été invités jeudi soir à Brassens par l'association pour la promotion des techniques écologiques de Mérindol, à une réunion publique. Seuls quatre élus bollénois, dont le premier adjoint au maire de Bollène, Paul Eymard, y ont participé.

Devant quelque 200 personnes, les quatre intervenants invités, Michèle Rivasi, vice-présidente du Conseil général de la Drôme, Roland Desbordes, le président de la Criirad (Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité), Jean-Pierre Morichaud de la Frapna et Pierre Péguin du Réseau Sortir du nucléaire ont fait un point de situation après la série d'incidents survenus au Tricastin cet été.
« Manque d'information et mensonges ». Roland Desbordes est revenu sur les différents épisodes qui ont émaillé l'été à compter de celui du 7 juillet à la Socatri et la fuite d'une solution liquide contenant 74 kg d'uranium. Il a, à nouveau, stigmatisé le « manque d'information » et pointé du doigt « les mensonges sur la contamination de la nappe phréatique et les eaux de surface » rappelant qu' « Areva a enfin décidé d'enlever le tumulus de déchets militaires » entreposés sur le site depuis les années 70.

« On nous ment, on nous fait croire que le nucléaire est très bien géré, on veut la vérité », ont-ils tous les quatre martelé. À commencer par l'incident du 8 septembre survenu à la centrale EDF Tricastin, qui peut «être potentiellement grave puisque ce gros pépin pose toujours problème à EDF» a déclaré Michèle Rivasi. Et de s'interroger sur «la nécessité d'une évacuation préventive de la population», ce qui avait été démenti par EDF. Argument aussi développé par le réseau Sortir du nucléaire qui rappelait également «l'importance d'avoir ses comprimés d'iode à portée de main.»

Jean-Pierre Morichaud a fait le point sur la décision « enfin prise le 4 juillet dernier de lancer une étude sur les cancers autour de Pierrelatte » qu'il demandait depuis des mois. «Il faut être vigilant pour que cette étude soit correctement menée.» À défaut d'un vrai débat contradictoire faute d'exploitants présents dans la salle, le public, composé notamment de riverains touchés par l'incident du 7 juillet, de responsables d'associations, de salariés du nucléaire a pu réagir. Et juger ces propos «alarmistes» ou «nécessaires pour un contre-pouvoir citoyen»...

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Le Tricastin suspendu à deux barres de combustible radioactif
(Médiapart - 25 septembre 2008 - par Louise Fessard)

Depuis le 8 septembre, à la centrale nucléairedu Tricastin (Drôme), le souffle des ingénieurs EDF est suspendu à deux assemblages d’uranium irradié, restés accrochés au couvercle de la cuve du réacteur lors d’une banale opération de renouvellement. Chaque année, les équipes d’EDF déchargent ainsi complètement le combustible du réacteur pour faire des travaux et renouveler environ un quart du coeur. Lors de cette opération, deux des 157 assemblages de combustible sont «restés suspendus », «désengagés aux deux tiers du coeur », selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Un incident rare, qui ne connaît que cinq précédents au niveau mondial dont un en France sur l’un des réacteurs de Nogent-sur- Seine en 1998.

«Dans le pire des cas, si une barre d’uranium tombe, des gazs radioactifs peuvent se relâcher dans l’eau de la cuve, voire dans l’atmosphère du réacteur, explique-t-on à l’Autorité de sûreté nucléaire qui a classé au niveau un l’incident sur l’échelle d’Ines qui compte sept niveaux. Et dans la pire hypothèse, si des gazs radioactifs filtrent à l’extérieur, ce sera une très petite quantité. » Enchaînement vérifié dans les trois cas avérés aux Etats-Unis, où les assemblages auraient chuté dans l’eau au fond de la cuve sans être détériorés.

Pour éviter ce scénario tout de même pas très réjouissant, «deux entreprises d’ingénierie, AREVA et Westinghouse, travaillent sur un projet pour tenter de solidariser les deux barres de combustible avec les éléments du couvercle et les évacuer », explique Virgine Neumayer, secrétaire CGT au Tricastin. Schéma de la cuve d’un réacteur réalisé par l’IRSN. Ce projet pourrait prendre la forme d’«un bras téléguidé qui saisirait les assemblages et éviterait ainsi toute intervention humaine d’une dosimétrie insupportable », selon une association qui a assisté mardi à la réunion du haut comité pour l’information et la transparence sur la sécurité nucléaire (HCTISN), au cours de laquelle l’exploitant EDF a évoqué l’incident.

Une solution encore en cours de validation «sur maquette » et qui «pourrait être mise en oeuvre d’ici une à deux semaines », donc sans doute à partir du 6 octobre. En attendant les deux assemblages, sous surveillance vidéo, semblent se tenir tranquilles ; la cocotte a été refermée, et l’accès au bâtiment où se trouve le réacteur limité «par mesure de prévention ».

Auteur dimanche d’un communiqué très alarmiste questionnant une possible évacuation des populations aussitôt démentie par le préfet, le réseau Sortir du nucléaire met en cause l’âge de la centrale construite à partir de 1973, «la troisième plus vieille en France ». «Peut-être n’est-ce que le début de ce genre de surprises à une époque où les réacteurs commencent à devenir obsolètes », suggère son porte-parole Stéphane Lhomme. Une explication qui ne convainc pas Virgine Neumayer, de la CGT, puisque la centrale de Nogent-sur-Seine,où avait eu lieu le même incident, a quant à elle été mise en service «récemment », en 1988. Mais elle pointe des arrêts de tranche de plus en plus courts «pour rentabiliser ». «L’outil est mis à mal par une politique de réduction des coûts qui ne permet plus d’assurer les conditions de sécurité , précise-t-elle. On arrive à l’effet contraire à celui souhaité : une série d’événements, cet été, qui a allongé la durée des arrêts de tranche. »

Rejets d’uranium de la Socatri le 7 juillet, poussières radioactives le 23 juillet dans la centrale nucléaire, dépassement de la limite annuelle de rejet de carbone 14 de la Socatri et enfin ce dernier incident lors du renouvellement du coeur du réacteur n’ont pas pour autant refroidi les élus locaux qui supportent toujours la candidature du site pour l’emplacement du deuxième EPR (réacteur de nouvelle génération) promis début juillet par Nicolas Sarkozy. «L’anomalie du 8 septembre ne remet pas du tout en cause l’EPR , martèle Guy Soulavie, adjoint au maire de Lapalud. Pour nous l’usine est sûre. Ce n’est pas une usine à yaourt, bien sûr mais elle respecte les règles de sécurité. Et l’EPR permettrait de stabiliser l’emploi dans la région. »

L’impact économique du premier EPR en France, situé à Flamanville (Manche), est estimé à dix millions d’euros par an, avec trois cents emplois sur soixante ans et l’embauche de 2500 ouvriers pour la construction qui devrait se terminer en 2012. Course au couteau pour l’EPR Même son de cloche à Saint-Paul-Trois-Châteaux sur le territoire duquel se trouve la centrale EDF. «C’est un problème technique, comme il en arrive dans n’importe quelle usine, qui ne nous concerne pas », remarque son maire, Jean-Michel Catelinois.

Elue maire de Bollène en mars 2008, Marie-Claude Bompard, ancienne FN passée villiériste, est la seule à détonner dans ce paysage pro-nucléaire. Elle a obtenu, début août, la nomination d’un expert indépendant pour évaluer les incidences sur l’environnement et la santé publique des rejets d’uranium du 7 juillet et la Ville s’est portée partie civile contre la Socatri au nom de la loi sur la responsabilité environnementale (LRE) adoptée le 22 juillet 2008. Reste à savoir si cette série de mésaventures sur le site du Tricastin jouera un rôle dans le choix par l’Etat de l’emplacement de l’EPR d’ici la fin de l’année.

Trois autres sites sont également évoqués : Penly (Seine-Maritime), Flamanville (Manche) où un premier EPR est déjà en construction et Marcoule (Gard). Pour l’heure, au moment où EDF lorgne sur les marchés extérieur en rachetant mercredi l’exploitant britannique British Energy, c’est surtout l’image internationale de la société et d’Areva, qui a été, selon Roland Desborde de la Criirad, sérieusement ébranlée. Il n’avait jamais vu autant de télés étrangères débarquer à la Criirad que cet été et s’en amuserait presque : «Ne pas être capable de contrôler des cuves qui fuient et des tuyaux percés, ça écorne une image .»

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Les vignerons du Tricastin veulent abandonner un nom trop lourd à porter

AFP - 25 septembre 2008 - ROUSSAS (Drôme) - La série d'incidents qui a frappé les installations de la centrale nucléaire du Tricastin (Drôme) cet été a empoisonné les relations entre les vignerons locaux et leur encombrant voisin, au point que l'appellation Côteaux du Tricastin pourrait disparaître. Créé en 1964, avec l'attribution du label Vin de qualité supérieure (VDQS), avant de devenir une appellation d'origine contrôlée (AOC) en 1973, le vin des Côteaux du Tricastin a pourtant le bénéfice de l'antériorité.

Ce n'est qu'avec l'implantation, à partir de 1974-75, de la centrale nucléaire EDF que le site, connu jusqu'alors sous le nom de Pierrelatte, l'une des trois communes qui l'abrite, est devenu le site nucléaire du Tricastin. Perçu à l'époque comme un progrès, le nucléaire est progressivement devenu un boulet pour l'image des vignerons locaux, qui cherchent à s'en démarquer depuis des années.

"Il y a toujours eu des petites plaisanteries un peu douteuses, ou un petit frein lorsque les gens voyaient le nom +Tricastin+ sur la bouteille", raconte Henri Bour, président de l'appellation et vigneron à Roussas. "Il y a huit ans, on avait déjà fait une démarche auprès d'EDF pour qu'ils changent le nom de la centrale. Nous n'avions aucune raison, nous, d'abandonner notre nom, qui est lié à notre terroir, mais nous avions été éconduits sans égard", ajoute-t-il.

Les incidents de l'été, et surtout leur forte médiatisation, n'ont fait qu'amplifier le malaise, notamment la fuite de 74 kilos d'uranium rejetés dans l'environnement à la suite du débordement d'une cuve à l'usine Socatri (Areva), début juillet. Malgré une série d'analyses démontrant l'absence de radioactivité suspecte dans les vignes, "on sent que nos interlocuteurs sont refroidis par ce qui s'est passé", assure M. Bour. "On n'en aura le coeur net que dans les mois à venir, et il est trop tôt pour se faire une opinion chiffrée" de l'impact sur les ventes, reconnaît-il toutefois. A la cave coopérative de Suze-la-Rousse (Drôme), le directeur général Alain Bayonne confirme qu'il sent les clients "un peu frileux", voire "réfractaires".

Pour la deuxième plus petite appellation de la vallée du Rhône, avec 330 exploitations sur 2.500 hectares de vignes -- dont 200 seulement situés à moins de trois kilomètres de la centrale --, et qui vend 90% de sa production en France, l'image est primordiale. Les responsables viticoles ont la conviction que changer le nom de la centrale ne suffira plus. "Le mal est fait, le nom de Tricastin est irrémédiablement associé à la centrale", résume M. Bour.

Réuni en conseil d'administration début août, le syndicat des vignerons des Côteaux du Tricastin a opté pour une solution radicale: demander à l'Institut national des appellations d'origine (Inao) de changer de nom. La majorité des producteurs souhaiterait que l'appellation fusionne avec celle, plus générique, des Côtes du Rhône. "Beaucoup de vignerons font déjà les deux appellations", explique Henri Bour.

La seconde possibilité serait de trouver un nouveau nom, mais cela demanderait un effort de promotion pour faire connaître la nouvelle appellation et des investissements importants. La cuvée 2008 sera de toute façon encore commercialisée sous l'appellation actuelle, l'Inao ne devant pas ouvrir la procédure de changement de nom avant la fin de l'année, selon M. Bour.

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Incident de Tricastin : choix de la stratégie d'ici "une à deux semaines"

AFP - 22 septembre 2008 - LYON - Le choix de la stratégie pour résoudre l'incident survenu le 8 septembre à la centrale nucléaire de Tricastin (Drôme) pourrait prendre encore "une à deux semaines", mais "la sûreté des installations et des personnes" est "totalement garantie", a déclaré lundi à l'AFP une porte-parole d'EDF.

Lors d'une opération de déchargement de combustible dans l'unité de production n°2 de la centrale exploitée par EDF à Saint-Paul-Trois-Château (Drôme), deux des 157 assemblages de combustible étaient "restés suspendus", "désengagés au deux-tiers du coeur", selon l'Institut de Radioprotection et de Sûreté nucléaire (IRSN). "Deux dispositifs de sécurisation et d'évacuation des assemblages sont en cours d'étude et l'un d'eux sera mis en oeuvre après validation des experts EDF et de l'autorité de sûreté nucléaire", a indiqué la porte-parole, avançant un délais d'"une à deux semaines" car, a-t-elle dit, "il faut prendre le temps d'analyser".

"Les deux assemblages de combustible d'uranium sont toujours sous eau, accrochés au couvercle de la cuve et ils sont surveillés en salle de commande par des caméras", a ajouté EDF, précisant que "le bâtiment réacteur (était) toujours fermé par mesure de prévention et les accès limités". "La situation est stable dans le réacteur, rien ne bouge et on a limité les accès au bâtiment réacteur et interrompu toutes les opérations", a-t-on souligné.

Dimanche, le Réseau "Sortir du nucléaire", revendiquant 830 associations, avait "exigé" dans un communiqué la "vérité sur la gravité de l'événement en cours". Le Réseau, redoutant la présence de plutonium, démentie par EDF, s'interrogeait en outre sur l'opportunité d'une évacuation des communes proches. "La décision d'évacuation revient aux pouvoirs public, mais très clairement aucun élément nouveau sur la centrale de Tricastin n'est de nature à conduire le préfet à exiger l'évacuation des populations", a assuré lundi EDF.

Le 9 septembre, l'IRSN précisait dans un communiqué que "dans l'hypothèse de la chute des deux assemblages (de combustible) entraînant leur rupture complète" (...) les conséquences radiologiques à l'extérieur du site seraient extrêmement faibles et très inférieures aux valeurs nécessitant des actions de protection de la population et de l'environnement".

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Tricastin : vers une évacuation des populations ?

L’inimaginable va peut-être se produire : devant les difficultés rencontrées pour résoudre un problème technique dans la centrale du Tricastin, les autorités seraient en train d’envisager l’éventualité d’une évacuation temporaire.


Ce n’est plus une fiction, et cela ne se passe pas à Tchernobyl, mais en France, en Rhône-Alpes.

La centrale nucléaire du Tricastin, célèbre pour ses accidents, habilement présentés en incidents, est confrontée à un problème technique qu’elle essaye en vain de résoudre depuis quinze jours, sans solution pour l’instant. Pour les habitants du secteur, déjà rudement secoués par les épisodes de cet été, ou on leur a appris bien trop tard que l’eau qu’ils buvaient était contaminée depuis longtemps, ce nouvel épisode ne tient plus de la farce, mais du drame.
Que s’est-il passé le 8 septembre dernier ?

Lors d’une opération de renouvellement de combustible, lorsque le couvercle de la cuve du réacteur n° 2 a été soulevée, deux assemblages de combustible sont restés accrochés aux structures internes supérieures, et depuis quinze jours sont suspendus au-dessus des 155 autres assemblages qui constituent le cœur du réacteur. Ces assemblages pèsent chacun environ 800 kg, et menacent à tout instant de tomber. Ils pourraient alors se briser, et les morceaux, s’ils se glissaient entre les autres assemblages, pourraient déclencher éventuellement une réaction nucléaire incontrôlée.

Un épouvantable accident nucléaire serait alors possible. Et même si cette réaction nucléaire ne se déclenchait pas, les opérations de nettoyage seraient quasi impossibles à réaliser. A moins de trouver des inconscients prêts à risquer à coup sûr leur vie pour tenter de sauver la situation. Mais, depuis Tchernobyl, on connaît mieux les conséquences d’actes aussi téméraires. A ce moment, le réacteur pourrait être définitivement condamné, en attendant que les générations futures trouvent une solution.

Ce scénario catastrophe est réellement possible. Un accident du même type s’était produit, en 1999, à la centrale de Nogent-sur-Seine, à la différence qu’un seul assemblage était en cause. Et il avait fallu un mois pour résoudre la situation. La situation du Tricastin est hautement plus dangereuse : il y a deux éléments en cause. En tentant de récupérer un seul des éléments, on peut provoquer la chute du second. Cerise sur le gâteau, EDF reste muette sur la composition de ces éléments, et il est possible qu’ils soient « moxés », c’est-à-dire contenant du plutonium, ce qui aggraverait considérablement les risques pour les populations.

Le réseau « Sortir du nucléaire » vient d’écrire ce jour à l’autorité de sûreté nucléaire (ASN), ainsi qu’au président de la République et au Premier ministre pour demander la vérité sur l’accident en cours. Selon certaines informations émanant de milieux autorisés, la situation serait si problématique que l’évacuation des villages environnants est sérieusement envisagée. Après les accidents de cet été, les difficultés financières et techniques rencontrées pour les deux EPR en cours de construction, et la lutte armée ouverte au Niger entre le pouvoir en place et 3 000 Touaregs bien armés, qui contestent l’extraction de minerai d’uranium sur leur territoire, on voit qu’Areva et le gouvernement français sont dans une posture plus que délicate. Car comme disait un vieil ami africain : « on apprend l’utilité de ses fesses lorsque vient le moment de s’asseoir ».

collectif anti nucléaire 84 ( Réacteur n° 2 ça sent la merde ! On nous cache tout, on nous dit rien !)

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Communiqué du dimanche 21 septembre 2008

Tricastin : le Réseau "Sortir du nucléaire" exige la vérité sur la gravité de l'évènement en cours depuis le 8 septembre dernier. L'évacuation des communes proches du Tricastin est-elle envisagée par les autorités ?


Le Réseau "Sortir du nucléaire" a écrit ce jour à EDF, à l'Autorité de sûreté (ASN), à MM Sarkozy et Fillon pour obtenir la vérité sur la gravité de la situation en cours actuellement à la centrale nucléaire du Tricastin. Selon certaines informations, la situation dans la centrale serait si problématique que l'évacuation de plusieurs communes proches serait envisagée par les autorités.

Il est vrai que l'affaire est littéralement… explosive. Le 8 septembre, au cours d'une opération de renouvellement du combustible, lorsque le couvercle de la cuve du réacteur n°2 a été soulevé, deux assemblages de combustible sont restés accrochés aux structures internes supérieures, et restent depuis suspendus au dessus des 155 autres assemblages qui constituent le cœur du réacteur.

Un événement de ce type s'est certes déjà produit en 1999 à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine (Aube), et avait duré plus d'un mois, mais la situation au Tricastin est encore plus grave car il s'agit de deux assemblages au lieu d'un seul, ce qui démultiplie les difficultés : les opérations engagées pour récupérer un assemblage peuvent provoquer la chute du second. De plus, alors que EDF et les autorités restent muettes sur ce sujet, il est fort possible qu'un assemblage ou même les deux soient "moxés", c'est à dire contiennent du plutonium, ce qui aggraverait alors nettement les risques.

Les deux assemblages, pesant chacun environ 800kg, menacent à chaque instant de tomber. Il pourraient alors se briser et les différents morceaux, se glissant entre les autres assemblages, pourraient éventuellement déclencher une réaction nucléaire incontrôlée. Un très grave accident nucléaire serait alors possible. Mais, même sans une telle réaction, les opérations de nettoyage pourraient être quasi impossibles à réaliser, le réacteur pourrait être définitivement condamné et légué tel quel à nos descendants.

Aussi, le Réseau "Sortir du nucléaire" exige de toute urgence les réponses à des questions fondamentales :

- Les deux assemblages sont-ils "moxés" ? Autrement dit, s'agit-il de combustible uranium-plutonium ou "seulement" d'uranium.

- S'il s'agit de mox, EDF reconnaît-elle que le risque de réaction incontrôlée est encore plus grand ?

- Quelles opérations ont été tentées depuis le 9 septembre pour récupérer les deux assemblages ? Quelles autres opérations sont envisagées ? Avec quels risques ?

- Les deux assemblages sont-ils toujours dans l'eau de la cuve ? Selon certaines informations, après une tentative d'intervention, EDF ne parviendrait plus à positionner les deux assemblages sous l'eau. Dans ce cas, comment sont-ils refroidis ?

- Quelles sont les mesures envisagées en cas d'aggravation de la situation ? L'évacuation des communes proches est-elle réellement envisagée, comme le laissent à penser certaines informations ?

- Ne faut-il pas immédiatement évacuer les communes proches, voire les départements concernés, de façon préventive et non suite à une éventuelle aggravation de la situation ?

- A quelles dates sont prévues les prochaines ouvertures de cuve au Tricastin (ou fonctionnent trois autres réacteurs) et dans les autres centrales en France ? Quelles mesures sont mises en œuvre pour éviter qu'une situation identique ne se produise ?


Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les citoyens à poser ces mêmes questions à EDF et aux autorités françaises afin que la vérité soit connue au plus vite. Plus généralement, après la fuite d'uranium du 8 juillet dernier, et les récents autres évènements au Tricastin mais aussi ailleurs en France et en Europe (Belgique, Espagne, Allemagne, Ukraine, Slovénie, etc.), le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les citoyens à prendre conscience de la gravité des risques imposés par l'industrie nucléaire, et de la nécessité de mettre au plus vite fin aux activités de cette industrie avant que le pire ne se produise.

(Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : le directeur de la centrale du Tricastin se voulait sûrement rassurant en affirmant "Selon nos spécialistes, si ça tombe, il n'y aura pas de conséquence extérieure car le bâtiment est bien fermé". Pour nous, cela confirme que la situation est grave, le risquze important, et les riverains en danger. Même si la porte du réacteur n°2 est "bien fermée" !!!)

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Le Dauphiné libéré - 22 septembre 2008

Évacuation des populations, une hypothèse contredite par EDF-Tricastin et la préfecture

Alarmiste et dénuée de tout fondement. Voilà en substance la teneur des réponses apportées hier par l'autorité préfectorale et la direction d'EDF-Tricastin à l'hypothèse formulée le matin même par le réseau Sortir du nucléaire.

« L'évacuation des communes proches du Tricastin est-elle envisagée par les autorités ? » C'est par cette question "coup de poing" que débute un long communiqué de presse émanant de cette fédération de 830 associations, connue pour ses prises de position radicales et le combat militant qu'elle mène sans relâche contre l'industrie du nucléaire. Depuis quelques mois, surfant sur les incidents à répétition qui ont émaillé l'été pourri du site de Tricastin, elle ne manque pas une occasion pour enfoncer le clou.

« Un risque majeur existe ». Cette fois, c'est l'incident survenu le 8 septembre dernier lors d'une opération de renouvellement du combustible de l'unité 2 de la centrale EDF qui focalise l'attention des anti-nucléaires. Le Réseau « exige la vérité sur la gravité de l'événement en cours et des réponses à des questions fondamentales », car pour lui, un risque majeur existe : « les deux assemblages pesant chacun environ 800 kg, menacent à chaque instant de tomber. Ils pourraient alors se briser, et les différents morceaux, se glissant entre les autres assemblages, pourraient éventuellement déclencher une réaction nucléaire incontrôlée... » D'où la question qui fait froid dans le dos : « ne faut-il pas immédiatement évacuer les communes proches, voire les départements concernés, de façon préventive et non suite à une éventuelle aggravation de la situation ? »

Surprise totale. À EDF-Tricastin, le cadre d'astreinte de la direction, bien que « non-habilité à communiquer », affiche une totale sérénité : « Ce que je peux dire, c'est que la sûreté du réacteur est complètement garantie. La direction avait annoncé que la préparation à l'intervention nécessiterait plusieurs jours. Nos équipes y travaillent. Et il n'y a aucune évolution de la situation qui aurait nécessité une nouvelle communication sur le sujet. »

Du côté de la préfecture de Vaucluse, la surprise est totale : « lorsque se produit un incident sur une installation nucléaire, l'exploitant est tenu d'en référer immédiatement à l'Agence de sûreté nucléaire et aux préfectures concernées, relativise Jean-Charles Géray, sous-préfet de l'arrondissement d'Apt et de permanence hier. Or, aucune information ne nous est parvenue qui ferait état d'une quelconque aggravation de la situation. Et je confirme qu'à notre niveau, il n'a jamais été envisagé d'évacuer les populations. Les sources "autorisées" devraient vérifier leurs informations... »

L'Incident ne présente aucun danger

Le 8 septembre dernier, lors de travaux de maintenance sur le réacteur 2 de la centrale EDF Tricastin, deux tubes contenant "de l'uranium et du gaz d'iode" de 600 kg chacun se sont accidentellement accrochés au couvercle de la cuve. Le directeur de la centrale, Alain Peckre, précisait alors : « la manipulation a été aussitôt arrêtée et les douze intervenants sont sortis... Il n'y a aucun danger sanitaire ni environnemental... Selon nos spécialistes, si ça tombe, il n'y aura pas de conséquence extérieure car le bâtiment est bien fermé... On suspecte que les têtes de ces éléments combustibles se sont déformées. On va créer un outillage pour consolider les deux éléments au "couvercle" auquel ils sont accrochés pour les déplacer. C'est la méthode utilisée sur un cas similaire à la centrale de Nogent-sur-Seine, il y a quelques années, mais eux n'avaient qu'un seul "tube" à traiter. »

Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 830 associations
Contact presse : 06.64.100.333
http://www.sortirdunucleaire.org/
1er octobre 2008
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