| Cet
incident nucléaire fait suite au Scandale
au Tricastin : 770 tonnes de déchets nucléaires illégaux irradiants Associated
Press - 08.07.2008 - Une fuite d'une solution contenant de l'uranium s'est produite
mardi dans une usine du site nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse) et une partie
s'est déversée dans des rivières, a-t-on appris auprès de l'Autorité de sûreté
nucléaire. La mairie de Bollène a interdit notamment la consommation de l'eau alors que
des mesures étaient en cours pour déterminer la gravité de la pollution.
Environ 30m3 de solution uranifère se sont déversés sur le sol, une partie à
l'intérieur de l'établissement et une autre dans les eaux de la Gaffière puis de
l'Auzon, selon Evangelia Petit, responsable du service de presse de l'ASN. L'usine
concernée est spécialisée dans la maintenance et le démantèlement de matériel
nucléaire. Un des réservoirs de la station de traitement des solutions uranifères
aurait débordé, a-t-elle précisé, évoquant des travaux en cours qui auraient entamé
l'étanchéité.
Un représentant de l'ASN sur place en préfecture a recommandé des mesures de
restrictions pratiques des activités nautiques, de pêche, de l'utilisation de l'eau à
des fins d'irrigation et de consommation, a précisé Mme Petit. L'ASN n'a pas donné
encore d'indication sur le degré de gravité de l'incident.
A la mairie de Bollène, on précisait qu'après l'incident survenu dans la matinée, les
services de la préfecture effectuaient des mesures pour déterminer l'importance de la
pollution. Alertés par la préfecture du Vaucluse, la mairie a pris des arrêtés
interdisant la consommation d'eau, de poissons, l'arrosage, les baignades et sports
nautiques et aquatiques jusqu'à nouvel ordre, ajoutait-on. AP
Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : si les chiffres sont confirmés (30 m3
et 12g d'uranium par litre font... 360 kg d'uranium !), il est sidérant que les
autorités (mais aussi France info !) se permettent de décréter que c'est une affaire
anodine et "sans danger".
L'arrêté préfectoral ici
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Communiqué de presse du CAN-84 (mercredi 9 juillet 2008)
Le collectif Anti-Nucléaire 84 prévenait depuis de longs
mois les élus
Le collectif Anti-Nucléaire 84 (regroupant des associations départementales et des
particuliers) soutenu par Réseau Sortir du Nucléaire (regroupement de 820 associations)
rappelle que depuis des mois ses nombreuses actions en direction des pouvoirs publics
locaux et départementaux sont restées sans réponses.
Mme Roig, maire d'Avignon, fidèle parmi les fidèles du Président Sarkozy (après avoir
été une fervente supporter de J.Chirac) et farouche soutien de l'industrie nucléaire et
des firmes pro-OGM, fait la sourde oreille à l'expression des citoyens et cache les
risques.
Le Samedi 26 Avril à 10h devant la mairie dAvignon un rassemblement commémorant le
22ème anniversaire de la Catastrophe de Tchernobyl éxigeait la sortie du nucléaire en
France et rappelait qu'Avignon se trouve en aval de 17 sites nucléaires, civils et
militaires représentant la plus forte concentration nucléaire du monde. Ce jour-là un
cordon de policiers municipaux aux allures de GI's empêcha les citoyens d'entrer dans la
mairie pour remettre un courrier à la Maire Mme Roig.
Au mois de mai, une "Lettre ouverte" - publiée dans la Presse- exhortait
l'élue à assumer ses responsabilités d'informations des populations sur les dangers du
nucléaire et d'indiquer les mesures de protection à prendre en cas d'incident
nucléaire.
Le collectif alertait également sur la pollution extrême du Rhône par les rejets des
eaux de traitement des sites nucléaires, sur le pyralène accumulé dans le fleuve par
les Pcb, sur l'irrigation avec cette eaux des vignobles et vergers des Côte-du-Rhône
recevant par ailleurs des quantités inadmissibles de pesticides et sur les risques
sanitaires en découlant pour la population et les consommateurs. Pas de réponse de la
Maire.
Le 21 juin 2009 à 14h30 devant la mairie dAvignon un nouveau rassemblement citoyens
se dirigeait jusqu'au Palais des Papes que des militants avaient investit en déployant du
haut des toits une banderoles alertant sur les dangers du nucléaire et la nécessaire
sortie de cette énergie polluante, pour le respect de la vie, pour les enfants... La
seule réaction officielle locale fut de tenter de faire croire que cette action portait
préjudice aux... monuments historiques.
Fin juin, le Collectif Anti-nucléaire 84, déposait une nouvelle Lettre auprès du
Directeur de cabinet de Mme Roig pour un entretien urgent : Mutisme complet en guise de
réponse.
Le CAN-84 est effrayé par l'irresponsabilité totale des élus locaux en matière de
protection et d'information des populations, campant dans une attitude de roitelet au
dessus des manants, et fuyant leurs pleines responsabilités.
Il est temps que Mme Roig et son équipe municipale reçoivent le Collectif
Anti-Nucléaire 84.
Il est temps que la voix des défenseurs de la qualité de vie et de l'environnement soit
entendue. Il faut sortir du nucléaire de toute urgence et orienter toutes les
installations vers la recherche et le développement des énergies renouvelables
non-polluantes. Les milliards d'euros investit dans le nucléaire doivent l'être dans des
sources d'énergies propres et respectueuses de l'environnement et de la santé des
populations.
contacts: collectif.anti-nucleaire84@hotmail.fr
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Premier commentaire de la CRIIRAD
CRIIRAD - www.criirad.org Communiqué - 8 juillet
2008
Nouveau dysfonctionnement grave sur le site nucléaire du Tricastin.
Un communiqué des Préfectures du Vaucluse et de la Drôme vient dinformer le
public quune opération de nettoyage dune cuve sur le site de la SOCATRI a
conduit au déversement de 30 m3 deffluents radioactifs sur le sol et dans le canal
adjacent. Ce communiqué vient dêtre complété en fin de journée par un
communiqué de lAutorité de sûreté nucléaire (ASN).
Les communiqués des Préfectures et de lASN indiquent que ces effluents contenaient
12 grammes duranium par litre. Lutilisation de lunité de masse au lieu
de lunité de mesure de lactivité (le becquerel) ne rend pas compte de
lampleur de la fuite. Il est utile de comparer le rejet accidentel aux limites
annuelles que doit respecter la SOCATRI.
1. Violation de la limite annuelle de rejet
En prenant lhypothèse dun rapport isotopique naturel (soit 0,7%
duranium 235) et de labsence duranium artificiel (ni uranium 236 ni
uranium 232), lactivité massique correspondant à 12 grammes par litre est
dun peu plus de 307 000 Bq/litre1, soit pour 30 mètres cube deffluents, une
activité totale en uranium de plus de 9 000 000 becquerels, soit 9 200 MBq
(mégabecquerels)
Aux termes de larrêté du 16 août 2005, la SOCATRI ne doit pas rejeter sur un an,
dans le canal de Donzère-Mondragon, plus de 71,7 MBq en isotopes de luranium.
La fuite qui sest produite a donc conduit à un rejet dans lenvironnement plus
de 100 fois supérieur à la limite annuelle (128 fois sur la base dune hypothèse
qui nest absolument pas maximaliste).
Précisons par ailleurs, que les rejets doivent être effectués dans le canal de
Donzère-Mondragon, où le débit doit assurer une dilution suffisante des effluents
radioactifs. Ici le rejet a été effectué en partie dans un canal et dans le ruisseau de
La Gaffière (qui ne présente pas les capacités de dilution requises) et pour partie sur
le sol (aucune précision na été donnée sur les volumes de terre contaminés, ni
sur les risques dinfiltration vers la nappe alluviale qui nest quà 2 ou
3 mètres de profondeur).
Par ailleurs, si les effluents contenus dans la cuve proviennent dinstallations qui
travaillent sur luranium de retraitement (un uranium qui comporte des
radionucléides artificiels) les rejets sont strictement interdits.
2. Violation de la limite dactivité volumique (concentration)
Aux termes de larrêté du 16 août 2005, la limite dactivité volumique des
isotopes de luranium dans les effluents après traitement doit être inférieure à
50 Bq/l. Toujours sur la base dun rapport isotopique naturel et de labsence
disotopes artificiels, lactivité massique des effluents serait denviron
300 000 Bq/l, soit un dépassement de plus de 6 000 fois la limite réglementaire.
La CRIIRAD demande la communication immédiate des résultats danalyse détaillés
par radionucléide, ce qui permettra daffiner les calculs et de préciser la nature
des infractions et limportance des risques environnementaux, voire sanitaires. Les
effluents étant stockés dans une cuve, la SOCATRI devait en connaître la composition
isotopique... ou alors cest un dysfonctionnement supplémentaire. La transparence
est dans tous les discours, ce serait mieux quelle soit dans les actes.
Il est intéressant de remarquer que lorsquune fuite accidentelle se produit et
quelle est inférieure, ou très inférieure, aux limites de rejet, cette
comparaison est systématiquement mise en avant par lexploitant et lAutorité
de sûreté nucléaire et lEtat. En revanche, lorsque la fuite représente un
dépassement considérable (plus de 100 fois et plus de 6 000 fois) des limites maximales,
la comparaison disparait du discours officiel et les résultats sont présentés
en
grammes !
(1) Cette activité pourrait être nettement supérieure avec une teneur en uranium 235
supérieure à la teneur naturelle (la SOCATRI peut traiter de luranium enrichi
jusquà 5% !) et en cas de présence duranium de retraitement (et donc
disotopes artificiels de luranium).
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Vu par la Presse et les médias
Reportages JT FRance 3 du 8 juillet 2008 : FR3 Rhône-Alpes 19-20 de
0:0 à 5:18 (dont ASN, marc Champion) http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b69a_1920
et
FR3 PACA 19-20 de 0 à 1:32 puis plateau avec CRIIRAD (B Chareyron) de 6:0 à 11:36 http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b13a_1920
puis inclusion dans le SOIR 3 curseur de 1/10 à 3 :42 et FR3 National 19-20 de 0
à 0:25 (titre) puis 1:11 à 5:17 (dont ASN, Marc Champion) http://jt.france3.fr/1920/
Libération - mercredi 9 juillet 2008
Rejet duranium au Tricastin
La cuve de rétention nétait plus étanche. Hier matin, 360 kilos duranium
ont été accidentellement rejetés, au cours du nettoyage dune cuve sur le site
nucléaire du Tricastin, à Bollène (Vaucluse). Environ 30 m3 deffluents se sont
déversés sur le sol ainsi que dans le canal adjacent qui conduit aux rivières la
Gaffière et lAuzon. Selon les autorités nucléaires, le rejet ne présente pas de
risque sanitaire immédiat. La préfecture a tout de même décidé dinterdire
pêche, irrigation, baignade, activités nautiques et consommation deau aux
alentours. Lexploitant procède actuellement à des mesures précises des rejets.
Diluée. Selon Thierry Charles, de lInstitut de radioprotection et de sûreté
nucléaire (IRSN), une partie de la solution a été récupérée par lindustriel,
la société Socatri qui intervient sur le site du Tricastin pour la maintenance de
matériels contaminés par de luranium et le traitement deffluents
uranifères. Une autre partie sest largement diluée dans les cours deau et la
troisième na pas atteint la nappe phréatique. «A linstant T, il ny
pas de problème car les gens ne peuvent plus pomper les eaux de cette nappe.»
LAutorité de sûreté nucléaire (ASN) a affirmé de son côté que la
concentration en uranium mesurée dans une des rivières polluées, la Gaffière, «a
été de lordre de mille fois [ce qui est] habituellement relevé, et est
actuellement en rapide diminution. En cas de consommation éventuelle de poisson,
limpact sanitaire est très limité», a-t-elle ajouté. «Un incident industriel
classique», a estimé Thierry Charles.
Mesures. Pas si simple pour les ONG. Sortir du nucléaire - qui appelle à une
mobilisation antinucléaire samedi à Paris - a publié un communiqué pour contester
«les avis rassurants des autorités et rappeler que le nucléaire est dangereux et
sale». «Il est en effet impossible quun tel rejet, contenant de luranium,
nait pas de conséquences importantes sur lenvironnement et peut-être sur la
santé de riverains.».
Selon la Criirad, organisme né au lendemain de Tchernobyl et qui réalise des mesures
indépendantes, «lusage de lunité de masse au lieu de lunité de
mesure de la radioactivité ne rend absolument pas compte de lampleur de la fuite».
En effet, pour Yannick Rousselet de Greenpeace, «le problème, cest quon ne
sait pas de quel uranium il sagit». Sur le site du Tricastin, on na que
lembarras du choix. «On trouve toute la panoplie du cycle de luranium :
enrichi, usé, de retraitement, sous forme de gaz ou de poudre
»
***
La Voix du Nord - 09.07.2008
Incident nucléaire dans une centrale du Vaucluse
Une fuite d'une solution contenant de l'uranium s'est produite hier dans une usine
nucléaire du Tricastin à Bollène, dans le Vaucluse. Une partie s'est déversée dans
des rivières. Informé par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d'un risque évalué
« faible » pour la population, le préfet a toutefois interdit la consommation de l'eau
issue de captage privé dans trois communes.
Un rejet accidentel s'est produit hier dans l'usine nucléaire Socatri du Vaucluse - qui
fonctionne depuis 1975 -, avec déversement sur le sol, ainsi que dans le canal adjacent,
d'une solution contenant des traces d'uranium. Ces effluents, qui contenaient 12 grammes
d'uranium par litre, se sont écoulés pour partie jusqu'aux rivières la Gaffière et
l'Auzon. Un plan de mesures et de surveillance de l'environnement a été immédiatement
mis en place, ainsi qu'une opération de décontamination de la zone polluée sur le site.
L'incident a été classé niveau un sur une échelle de 0 à 7.
Le préfet du Vaucluse, informé par l'ASN « d'un risque évalué faible pour la
population », a tout de même décidé l'interdiction de la consommation d'eau potable
issue de captages privés sur les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône.
L'irrigation agricole issue de la Gaffière et de l'Auzon est par ailleurs suspendue et
les activités nautiques et la baignade sont interdites sur des plans d'eau de Bollène et
Lapalud. La pêche et la consommation sont également interdites dans la Gaffière,
l'Auzon, la Mayre Girarde et le lac du Trop-Long, près duquel une base de loisirs a été
évacuée. « En cas de consommation éventuelle de poisson, l'impact sanitaire est très
limité », a assuré par ailleurs l'ASN.
La pollution diminue
Hier en milieu de soirée, à la préfecture du Vaucluse, on indiquait que « les derniers
résultats d'analyse seront connus dans la nuit mais aucune contamination des nappes
phréatiques n'a été enregistrée. Quant aux eaux superficielles, les mesures montrent
que la pollution diminue d'heure en heure ». Les organisations contre le nucléaire
multiplient les critiques. Le réseau Sortir du nucléaire appelle d'ailleurs à une
manifestation samedi à Paris.
***
La Provence - mercredi 9 juillet 2008
Pollution à l'uranium de deux rivières du Vaucluse
360 kg d'uranium déversés par accident sur le site nucléaire du Tricastin
Il y a quelques jours, la CRIIRAD, Commission de recherche et d'information indépendantes
sur la radioactivité, lançait une mise en garde: le site nucléaire du Tricastin, dans
le Vaucluse, ne respectait pas les normes de stockage des déchets radioactifs. Peine
perdue. Hier, dans la nuit, 30m3 d'effluents uranifères , contenant près de 360kg
d'uranium, sont déversés par accident dans le sol et dans deux rivières avoisinants le
site nucléaire. Certes, entre les cris aux loups de la CRIIAD et cet incident survenu
dans une des filiales d'Areva, la dénommée Socatri, a priori aucun lien n'existe
vraiment. Mais force est de constater qu'à travers ce fâcheux événement, la confiance
dans le nucléaire risque à nouveau de s'éroder.
Sur le site du Tricastin, près de Bollène, Socatri est en charge du retraitement des
déchets provenant de l'usine voisine Eurodif, spécialisée dans l'enrichissement
d'uranium. Hier, lors d'un transfert de cuve, la solution contenant les produits
radioactifs a débordé. En théorie, une seconde cuve, dite de rétention, est prévue
pour parer à tout incident. Sauf que dans ce cas, elle était défaillante, laissant
ainsi se déverser 30m3 d'effluents dans le sol et dans deux rivières proches, La
Gaffière et L'Auzon, deux affluents du Rhône. Très rapidement, des opérations de
nettoyage et de décontamination ont été mises en oeuvre. En milieu d'après-midi, les
mairies de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône promulguent un arrêté sur les
instructions des préfectures du Vaucluse et de la Drôme.
La consommation d'eau potable issue des captages privés est interdite, tout comme
l'irrigation agricole, les activités nautiques et la baignade sur les plans d'eaux du
secteur. La pêche est également suspendue. Du côté de l'Autorité de sécurité
nucléaire (ASN), comme chez Areva, on joue la carte de l'apaisement. "Une grande
partie de la pollution a atteint le Rhône. Elle va être diluée dans la masse du fleuve
et ne devrait avoir aucun impact mesurable", explique Marc Champion de l'ASN. Il
poursuit: "Nous effectuons des mesures pour arriver à une estimation des risques,
mais pour le moment il ne faut pas s'inquiéter outre mesure".
À la CRIIRAD, si l'on ne souhaite pas être alarmiste, on avance néanmoins quelques
chiffres. Les rejets, occasionnés par l'accident, seraient 6000 fois supérieurs aux
quantités autorisées. "Ce n'est pas un incident banal. Nous devons attendre pour
pouvoir évaluer les conséquences sur l'environnement. En tout cas, cela souligne les
nombreux dysfonctionnements du Tricastin, un des fleurons du nucléaire français!"
ponctue Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire pour la CRIIRAD.
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Fuite d'uranium au Tricastin : "Sortir du
nucléaire" soupçonne Areva de rétention délibérée d'information.
Communiqué du 9 juillet 2008
Areva espérait certainement pouvoir cacher la vérité avant de se rendre à
l'évidence.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" soupçonne Areva de rétention délibérée
d'information et, de fait, de mise en danger volontaire de la population, dans l'affaire
de la fuite d'uranium sur le site nucléaire du Tricastin mardi 8 juillet. Il est
nécessaire de rappeler que c'est bien Areva qui est propriétaire de la Socatri, l'usine
responsable de cet accident.
Il faut prendre la mesure de la gravité de la rétention d'information : c'est, selon
l'aveu des autorités, au moins douze heures après l'accident que les populations ont
commencé à être informées. Il ne serait pas étonnant que le délai ait en réalité
été encore plus important. Dans tous les cas, il est vraisemblable que des gens ont
été contaminés lors de baignades ou en buvant. (*)
On peut véritablement penser que, dans un premier temps, Areva a pensé pouvoir cacher
l'existence de cet accident, avant de se rendre à l'évidence : l'ampleur du rejet fait
que, tôt ou tard, l'affaire aurait été connue. Il y a donc vraisemblablement eu mise en
danger délibérée de la population, avec de possibles contaminations.
De façon générale, cette rétention d'information permet de douter des informations
données par Areva : puisqu'ils ont caché la vérité à cette occasion, comment leur
faire confiance le reste du temps ?
Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que l'industrie nucléaire fait
courir continuellement à la population un risque intolérable. Faut-il attendre un
Tchernobyl français avant de prendre les décisions qui s'imposent ? Un rassemblement
antinucléaire européen, samedi 12 juillet (14 h place de la République) à Paris,
permettra aux citoyens d'exprimer la nécessité de sortir du nucléaire.
(*) Même lorsque le niveau de radioactivité est faible, une contamination est
très grave car des particules radioactives se fixent sur des organes et attaquent
directement les cellules. C'est alors un cancer quasi assuré en quelques années.
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Tricastin : 770 T de déchets radioactifs enfouis dans le
sol depuis 30 ans
AFP - 09.07.08 - La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la
radioactivité (Criirad) dénonce la présence de 770 tonnes de déchets radioactifs
enfouis depuis plus de 30 ans sur le site nucléaire de Tricastin (Drôme) et réclame la
décontamination intégrale du site. "Il s'agit de pratiques scandaleuses à
l'origine, mais encore aujourd'hui. Avec les intempéries, les déchets affleurent à
l'air libre et plutôt que de les enlever, on remet une couche de terre dessus", a
déploré mercredi la directrice de la Criirad, Corinne Castanier.
Ces déchets, sans rapport avec l'incident nucléaire survenu mardi à Tricastin, ont
été enfouis entre 1969 et 1975, et forment un tumulus de terre sur un périmètre
exploité par la Cogema (Areva NC Pierrelatte). La Criirad en a fait la découverte à
l'issue de relevés révélant une légère irradiation près de la butte, puis de
recherches dans les inventaires de l'Agence nationale des déchets radioactifs (ANDRA),
où ces déchets n'apparaissent pour la première fois qu'en 2002, selon Mme Castanier.
Toutefois, selon Areva NC, "il ne s'agit pas d'une décharge sauvage mais
d'installations identifiées. C'est un sujet connu, qui a fait l'objet d'études et de
recommandations depuis plusieurs années", a expliqué Gilles Salgas, responsable de
la communication.
Il admet néanmoins "un certain flou" qu'il explique par le "secret
défense": "Il s'agit de matériels issus d'usines travaillant pour la défense
nationale et il a donc pu exister à une époque une certaine discrétion", a-t-il
indiqué, soulignant qu'Areva faisait "ce qui est préconisé dans un rapport
d'experts de 1997", à savoir un "suivi environnemental". Toutefois, selon
Mme Castanier, ce même rapport avait aussi conclu qu'à cette date, "environ un
tiers des déchets d'uranium avait fui dans la nature", suscitant des inquiétudes
sur une éventuelle pollution de la nappe phréatique située sous la butte.
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Interdictions maintenues après la fuite de Tricastin (Reuters
- 09.07.08)
L'interdiction de pêche, de baignade et d'irrigation et les restrictions sur la
consommation d'eau ont été maintenues mercredi jusqu'à nouvel ordre dans trois communes
du Vaucluse après un rejet radioactif d'uranium près de la centrale nucléaire du
Tricastin, qui suscite de nombreuses interrogations. "Au regard de la nécessité de
procéder à des analyses sur une plus long durée, le préfet décide le maintien des
mesures de précaution", annonce la préfecture du Vaucluse dans un communiqué.
Sont concernées les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône. Les autorités
ont révélé que l'incident intervenu à Socatri, filiale de retraitement de déchets du
géant français du nucléaire Areva, s'était en fait produit lundi soir vers 23h00, et
non mardi matin comme initialement indiqué. Il n'a été signalé à l'Autorité de
sûreté nucléaire (ASN) que plus de huit heures après, vers 07h30 mardi matin et les
communes concernées n'ont été prévenues que mardi en milieu de journée, soit 12
heures après.
Le maire de Bollène, Marie-Claude Bompard, estime avoir été "sous-informée".
L'ASN a annoncé qu'elle allait effectuer sur place des mesures pour évaluer l'ampleur du
rejet et ses conséquences sur l'environnement. Les résultats sont attendus jeudi.
L'incident n'a pas été classé sur l'échelle des risques dans l'attente de ces
résultats, a précisé le président de l'ASN, André-Claude Lacoste, lors d'une
conférence de presse. La Socatri avait initialement annoncé unilatéralement un
classement au degré 1, le moins grave. Des associations écologistes dénoncent une
"rétention délibérée d'informations" et s'étonnent du silence du
gouvernement. Sollicité par Reuters, le ministère de l'Ecologie n'a pas fait de
déclaration depuis la révélation de l'affaire. D'après les associations écologistes,
le rejet pourrait être très important. L'une d'entre elles, la Criirad, annonce un
dépôt de plainte devant la justice.
INCERTITUDE SUR LA QUANTITE Le rejet accidentel dans deux rivières, la Gaffière et du
Lauzon, aurait été provoqué lors du nettoyage d'une cuve de rétention de l'usine,
selon la version présentée par la Socatri, située à côté de la centrale nucléaire.
Ce site était en travaux à la suite d'une première demande de l'ASN en 2007. Il avait
été question mardi d'un rejet de 30 mètres cubes (m3) de liquide radioactif comportant
12 grammes d'uranium par litre, mais la société Socatri a réévalué mercredi la
quantité à 18 m3, selon son service de presse interrogé par Reuters.
La préfecture du Vaucluse reprend cette évaluation de 18,07, précisant qu'elle
correspond à un rejet de 224 kg d'uranium dans l'environnement, dont seulement 74 kgs se
seraient écoulés dans les rivières, 150 étant restés sur le site de la société. La
préfecture assure que le taux d'uranium relevé mardi dans les rivières
"reste supérieur à la normale, mais en forte diminution par rapport aux
valeurs de la matinée du 8 juillet". L'ASN a déclaré de son côté ne "pas
pouvoir répondre précisément" à la question de la quantité et il ne se prononce
pas sur les risques : "le juge de paix sera les mesures de radioactivité dans
l'environnement", a dit André-Claude Lacoste. Compte tenu des délais d'alerte, des
sanctions contre la société seront prises "si nécessaires", a-t-il précisé.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" estime qu'il y a "eu vraisemblablement
mise en danger délibérée de la population, avec de possibles contaminations".
L'association Criirad, qui prône une information "indépendante sur la
radioactivité", estime que sur la base des dernières déclarations de rejet de la
société, il est possible de dire que la limite réglementaire de rejet mensuel a
été 161 fois supérieure à la limite mensuelle.
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