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Incident nucléaire au Tricastin
Fuite d'une solution contenant de l'uranium
Un fuite d'une solution contenant de l'uranium sur le site nucléaire de Tricastin vient d'être découverte et révéle publiquement par l'Autorité de Sureté Nuclaire. Une partie s'est déversée dans des rivières, la mairie et la préfecture interdisent la consommation et l'utilisation d'eaux de captage privée, la pêche et la consommation de poisson, la baignade et  les sports nautiques. Le collectif Anti-Nucléaire 84 prévenait depuis de longs mois les élus. Le Reseau Sortir du Nucléaire exige la sortie rapide du nucléaire. Si les chiffres sont confirmés (30 m3 et 12g d'uranium par litre font... 360 kg d'uranium !), il est sidérant que les autorités et les médias se permettent de décréter que c'est une affaire anodine et "sans danger".
Cet incident nucléaire fait suite au Scandale au Tricastin : 770 tonnes de déchets nucléaires illégaux irradiants

Associated Press - 08.07.2008 - Une fuite d'une solution contenant de l'uranium s'est produite mardi dans une usine du site nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse) et une partie s'est déversée dans des rivières, a-t-on appris auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire. La mairie de Bollène a interdit notamment la consommation de l'eau alors que des mesures étaient en cours pour déterminer la gravité de la pollution.

Environ 30m3 de solution uranifère se sont déversés sur le sol, une partie à l'intérieur de l'établissement et une autre dans les eaux de la Gaffière puis de l'Auzon, selon Evangelia Petit, responsable du service de presse de l'ASN. L'usine concernée est spécialisée dans la maintenance et le démantèlement de matériel nucléaire. Un des réservoirs de la station de traitement des solutions uranifères aurait débordé, a-t-elle précisé, évoquant des travaux en cours qui auraient entamé l'étanchéité.

Un représentant de l'ASN sur place en préfecture a recommandé des mesures de restrictions pratiques des activités nautiques, de pêche, de l'utilisation de l'eau à des fins d'irrigation et de consommation, a précisé Mme Petit. L'ASN n'a pas donné encore d'indication sur le degré de gravité de l'incident.

A la mairie de Bollène, on précisait qu'après l'incident survenu dans la matinée, les services de la préfecture effectuaient des mesures pour déterminer l'importance de la pollution. Alertés par la préfecture du Vaucluse, la mairie a pris des arrêtés interdisant la consommation d'eau, de poissons, l'arrosage, les baignades et sports nautiques et aquatiques jusqu'à nouvel ordre, ajoutait-on. AP

Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : si les chiffres sont confirmés (30 m3 et 12g d'uranium par litre font... 360 kg d'uranium !), il est sidérant que les autorités (mais aussi France info !) se permettent de décréter que c'est une affaire anodine et "sans danger".

L'arrêté préfectoral ici

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Communiqué de presse du CAN-84 (mercredi 9 juillet 2008)

Le collectif Anti-Nucléaire 84 prévenait depuis de longs mois les élus

Le collectif Anti-Nucléaire 84 (regroupant des associations départementales et des particuliers) soutenu par Réseau Sortir du Nucléaire (regroupement de 820 associations) rappelle que depuis des mois ses nombreuses actions en direction des pouvoirs publics locaux et départementaux sont restées sans réponses.

Mme Roig, maire d'Avignon, fidèle parmi les fidèles du Président Sarkozy (après avoir été une fervente supporter de J.Chirac) et farouche soutien de l'industrie nucléaire et
des firmes pro-OGM, fait la sourde oreille à l'expression des citoyens et cache les risques.

Le Samedi 26 Avril à 10h devant la mairie d’Avignon un rassemblement commémorant le 22ème anniversaire de la Catastrophe de Tchernobyl éxigeait la sortie du nucléaire en France et rappelait qu'Avignon se trouve en aval de 17 sites nucléaires, civils et   militaires représentant la plus forte concentration nucléaire du monde. Ce jour-là un cordon de policiers municipaux aux allures de GI's empêcha les citoyens d'entrer dans la mairie pour remettre un courrier à la Maire Mme Roig.

Au mois de mai, une "Lettre ouverte" - publiée dans la Presse- exhortait l'élue à assumer ses responsabilités d'informations des populations sur les dangers du nucléaire et d'indiquer les mesures de protection à prendre en cas d'incident nucléaire.
Le collectif alertait également sur la pollution extrême du Rhône par les rejets des eaux de traitement des sites nucléaires, sur le pyralène accumulé dans le fleuve par les Pcb, sur l'irrigation avec cette eaux des vignobles et vergers des Côte-du-Rhône recevant par ailleurs des quantités inadmissibles de pesticides et sur les risques sanitaires en découlant pour la population et les consommateurs. Pas de réponse de la Maire.

Le 21 juin 2009 à 14h30 devant la mairie d’Avignon un nouveau rassemblement citoyens se dirigeait jusqu'au Palais des Papes que des militants avaient investit en déployant du haut des toits une banderoles alertant sur les dangers du nucléaire et la nécessaire sortie de cette énergie polluante, pour le respect de la vie, pour les enfants... La seule réaction officielle locale fut de tenter de faire croire que cette action portait préjudice aux... monuments historiques.

Fin juin, le Collectif Anti-nucléaire 84, déposait une nouvelle Lettre auprès du Directeur de cabinet de Mme Roig pour un entretien urgent : Mutisme complet en guise de réponse.

Le CAN-84 est effrayé par l'irresponsabilité totale des élus locaux en matière de protection et d'information des populations, campant dans une attitude de roitelet au
dessus des manants, et fuyant leurs pleines responsabilités.

Il est temps que Mme Roig et son équipe municipale reçoivent le Collectif Anti-Nucléaire 84.

Il est temps que la voix des défenseurs de la qualité de vie et de l'environnement soit entendue. Il faut sortir du nucléaire de toute urgence et orienter toutes les installations vers la recherche et le développement des énergies renouvelables non-polluantes. Les milliards d'euros investit dans le nucléaire doivent l'être dans des sources d'énergies propres et respectueuses de l'environnement et de la santé des populations.

contacts: collectif.anti-nucleaire84@hotmail.fr

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Premier commentaire de la CRIIRAD

CRIIRAD - www.criirad.org Communiqué - 8 juillet 2008

Nouveau dysfonctionnement grave sur le site nucléaire du Tricastin.

Un communiqué des Préfectures du Vaucluse et de la Drôme vient d’informer le public qu’une opération de nettoyage d’une cuve sur le site de la SOCATRI a conduit au déversement de 30 m3 d’effluents radioactifs sur le sol et dans le canal adjacent. Ce communiqué vient d’être complété en fin de journée par un communiqué de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Les communiqués des Préfectures et de l’ASN indiquent que ces effluents contenaient 12 grammes d’uranium par litre. L’utilisation de l’unité de masse au lieu de l’unité de mesure de l’activité (le becquerel) ne rend pas compte de l’ampleur de la fuite. Il est utile de comparer le rejet accidentel aux limites annuelles que doit respecter la SOCATRI.

1. Violation de la limite annuelle de rejet

En prenant l’hypothèse d’un rapport isotopique naturel (soit 0,7% d’uranium 235) et de l’absence d’uranium artificiel (ni uranium 236 ni uranium 232), l’activité massique correspondant à 12 grammes par litre est d’un peu plus de 307 000 Bq/litre1, soit pour 30 mètres cube d’effluents, une activité totale en uranium de plus de 9 000 000 becquerels, soit 9 200 MBq (mégabecquerels)

Aux termes de l’arrêté du 16 août 2005, la SOCATRI ne doit pas rejeter sur un an, dans le canal de Donzère-Mondragon, plus de 71,7 MBq en isotopes de l’uranium.

La fuite qui s’est produite a donc conduit à un rejet dans l’environnement plus de 100 fois supérieur à la limite annuelle (128 fois sur la base d’une hypothèse qui n’est absolument pas maximaliste).

Précisons par ailleurs, que les rejets doivent être effectués dans le canal de Donzère-Mondragon, où le débit doit assurer une dilution suffisante des effluents radioactifs. Ici le rejet a été effectué en partie dans un canal et dans le ruisseau de La Gaffière (qui ne présente pas les capacités de dilution requises) et pour partie sur le sol (aucune précision n’a été donnée sur les volumes de terre contaminés, ni sur les risques d’infiltration vers la nappe alluviale qui n’est qu’à 2 ou 3 mètres de profondeur).

Par ailleurs, si les effluents contenus dans la cuve proviennent d’installations qui travaillent sur l’uranium de retraitement (un uranium qui comporte des radionucléides artificiels) les rejets sont strictement interdits.


2. Violation de la limite d’activité volumique (concentration)

Aux termes de l’arrêté du 16 août 2005, la limite d’activité volumique des isotopes de l’uranium dans les effluents après traitement doit être inférieure à 50 Bq/l. Toujours sur la base d’un rapport isotopique naturel et de l’absence d’isotopes artificiels, l’activité massique des effluents serait d’environ 300 000 Bq/l, soit un dépassement de plus de 6 000 fois la limite réglementaire.


La CRIIRAD demande la communication immédiate des résultats d’analyse détaillés par radionucléide, ce qui permettra d’affiner les calculs et de préciser la nature des infractions et l’importance des risques environnementaux, voire sanitaires. Les effluents étant stockés dans une cuve, la SOCATRI devait en connaître la composition isotopique... ou alors c’est un dysfonctionnement supplémentaire. La transparence est dans tous les discours, ce serait mieux qu’elle soit dans les actes.

Il est intéressant de remarquer que lorsqu’une fuite accidentelle se produit et qu’elle est inférieure, ou très inférieure, aux limites de rejet, cette comparaison est systématiquement mise en avant par l’exploitant et l’Autorité de sûreté nucléaire et l’Etat. En revanche, lorsque la fuite représente un dépassement considérable (plus de 100 fois et plus de 6 000 fois) des limites maximales, la comparaison disparait du discours officiel et les résultats sont présentés… en grammes !

(1) Cette activité pourrait être nettement supérieure avec une teneur en uranium 235 supérieure à la teneur naturelle (la SOCATRI peut traiter de l’uranium enrichi jusqu’à 5% !) et en cas de présence d’uranium de retraitement (et donc d’isotopes artificiels de l’uranium).

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Vu par la Presse et les médias

Reportages JT FRance 3 du 8 juillet 2008 : FR3 Rhône-Alpes 19-20 de 0:0 à 5:18 (dont ASN, marc Champion) http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b69a_1920 et
FR3 PACA 19-20 de 0 à 1:32 puis plateau avec CRIIRAD (B Chareyron) de 6:0 à 11:36 http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b13a_1920   puis inclusion dans le SOIR 3 curseur de 1/10 à 3 :42 et FR3 National 19-20 de 0 à 0:25 (titre) puis 1:11 à 5:17 (dont ASN, Marc Champion) http://jt.france3.fr/1920/

Libération - mercredi 9 juillet 2008

Rejet d’uranium au Tricastin

La cuve de rétention n’était plus étanche. Hier matin, 360 kilos d’uranium ont été accidentellement rejetés, au cours du nettoyage d’une cuve sur le site nucléaire du Tricastin, à Bollène (Vaucluse). Environ 30 m3 d’effluents se sont déversés sur le sol ainsi que dans le canal adjacent qui conduit aux rivières la Gaffière et l’Auzon. Selon les autorités nucléaires, le rejet ne présente pas de risque sanitaire immédiat. La préfecture a tout de même décidé d’interdire pêche, irrigation, baignade, activités nautiques et consommation d’eau aux alentours. L’exploitant procède actuellement à des mesures précises des rejets.

Diluée. Selon Thierry Charles, de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), une partie de la solution a été récupérée par l’industriel, la société Socatri qui intervient sur le site du Tricastin pour la maintenance de matériels contaminés par de l’uranium et le traitement d’effluents uranifères. Une autre partie s’est largement diluée dans les cours d’eau et la troisième n’a pas atteint la nappe phréatique. «A l’instant T, il n’y pas de problème car les gens ne peuvent plus pomper les eaux de cette nappe.» L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a affirmé de son côté que la concentration en uranium mesurée dans une des rivières polluées, la Gaffière, «a été de l’ordre de mille fois [ce qui est] habituellement relevé, et est actuellement en rapide diminution. En cas de consommation éventuelle de poisson, l’impact sanitaire est très limité», a-t-elle ajouté. «Un incident industriel classique», a estimé Thierry Charles.

Mesures. Pas si simple pour les ONG. Sortir du nucléaire - qui appelle à une mobilisation antinucléaire samedi à Paris - a publié un communiqué pour contester «les avis rassurants des autorités et rappeler que le nucléaire est dangereux et sale». «Il est en effet impossible qu’un tel rejet, contenant de l’uranium, n’ait pas de conséquences importantes sur l’environnement et peut-être sur la santé de riverains.».

Selon la Criirad, organisme né au lendemain de Tchernobyl et qui réalise des mesures indépendantes, «l’usage de l’unité de masse au lieu de l’unité de mesure de la radioactivité ne rend absolument pas compte de l’ampleur de la fuite». En effet, pour Yannick Rousselet de Greenpeace, «le problème, c’est qu’on ne sait pas de quel uranium il s’agit». Sur le site du Tricastin, on n’a que l’embarras du choix. «On trouve toute la panoplie du cycle de l’uranium : enrichi, usé, de retraitement, sous forme de gaz ou de poudre…»

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La Voix du Nord - 09.07.2008
Incident nucléaire dans une centrale du Vaucluse

Une fuite d'une solution contenant de l'uranium s'est produite hier dans une usine nucléaire du Tricastin à Bollène, dans le Vaucluse. Une partie s'est déversée dans des rivières. Informé par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) d'un risque évalué « faible » pour la population, le préfet a toutefois interdit la consommation de l'eau issue de captage privé dans trois communes.

Un rejet accidentel s'est produit hier dans l'usine nucléaire Socatri du Vaucluse - qui fonctionne depuis 1975 -, avec déversement sur le sol, ainsi que dans le canal adjacent, d'une solution contenant des traces d'uranium. Ces effluents, qui contenaient 12 grammes d'uranium par litre, se sont écoulés pour partie jusqu'aux rivières la Gaffière et l'Auzon. Un plan de mesures et de surveillance de l'environnement a été immédiatement mis en place, ainsi qu'une opération de décontamination de la zone polluée sur le site. L'incident a été classé niveau un sur une échelle de 0 à 7.

Le préfet du Vaucluse, informé par l'ASN « d'un risque évalué faible pour la population », a tout de même décidé l'interdiction de la consommation d'eau potable issue de captages privés sur les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône.

L'irrigation agricole issue de la Gaffière et de l'Auzon est par ailleurs suspendue et les activités nautiques et la baignade sont interdites sur des plans d'eau de Bollène et Lapalud. La pêche et la consommation sont également interdites dans la Gaffière, l'Auzon, la Mayre Girarde et le lac du Trop-Long, près duquel une base de loisirs a été évacuée. « En cas de consommation éventuelle de poisson, l'impact sanitaire est très limité », a assuré par ailleurs l'ASN.
La pollution diminue

Hier en milieu de soirée, à la préfecture du Vaucluse, on indiquait que « les derniers résultats d'analyse seront connus dans la nuit mais aucune contamination des nappes phréatiques n'a été enregistrée. Quant aux eaux superficielles, les mesures montrent que la pollution diminue d'heure en heure ». Les organisations contre le nucléaire multiplient les critiques. Le réseau Sortir du nucléaire appelle d'ailleurs à une manifestation samedi à Paris.

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La Provence - mercredi 9 juillet 2008

Pollution à l'uranium de deux rivières du Vaucluse

360 kg d'uranium déversés par accident sur le site nucléaire du Tricastin

Il y a quelques jours, la CRIIRAD, Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité, lançait une mise en garde: le site nucléaire du Tricastin, dans le Vaucluse, ne respectait pas les normes de stockage des déchets radioactifs. Peine perdue. Hier, dans la nuit, 30m3 d'effluents uranifères , contenant près de 360kg d'uranium, sont déversés par accident dans le sol et dans deux rivières avoisinants le site nucléaire. Certes, entre les cris aux loups de la CRIIAD et cet incident survenu dans une des filiales d'Areva, la dénommée Socatri, a priori aucun lien n'existe vraiment. Mais force est de constater qu'à travers ce fâcheux événement, la confiance dans le nucléaire risque à nouveau de s'éroder.

Sur le site du Tricastin, près de Bollène, Socatri est en charge du retraitement des déchets provenant de l'usine voisine Eurodif, spécialisée dans l'enrichissement d'uranium. Hier, lors d'un transfert de cuve, la solution contenant les produits radioactifs a débordé. En théorie, une seconde cuve, dite de rétention, est prévue pour parer à tout incident. Sauf que dans ce cas, elle était défaillante, laissant ainsi se déverser 30m3 d'effluents dans le sol et dans deux rivières proches, La Gaffière et L'Auzon, deux affluents du Rhône. Très rapidement, des opérations de nettoyage et de décontamination ont été mises en oeuvre. En milieu d'après-midi, les mairies de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône promulguent un arrêté sur les instructions des préfectures du Vaucluse et de la Drôme.

La consommation d'eau potable issue des captages privés est interdite, tout comme l'irrigation agricole, les activités nautiques et la baignade sur les plans d'eaux du secteur. La pêche est également suspendue. Du côté de l'Autorité de sécurité nucléaire (ASN), comme chez Areva, on joue la carte de l'apaisement. "Une grande partie de la pollution a atteint le Rhône. Elle va être diluée dans la masse du fleuve et ne devrait avoir aucun impact mesurable", explique Marc Champion de l'ASN. Il poursuit: "Nous effectuons des mesures pour arriver à une estimation des risques, mais pour le moment il ne faut pas s'inquiéter outre mesure".

À la CRIIRAD, si l'on ne souhaite pas être alarmiste, on avance néanmoins quelques chiffres. Les rejets, occasionnés par l'accident, seraient 6000 fois supérieurs aux quantités autorisées. "Ce n'est pas un incident banal. Nous devons attendre pour pouvoir évaluer les conséquences sur l'environnement. En tout cas, cela souligne les nombreux dysfonctionnements du Tricastin, un des fleurons du nucléaire français!" ponctue Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire pour la CRIIRAD.
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Fuite d'uranium au Tricastin : "Sortir du nucléaire" soupçonne Areva de rétention délibérée d'information. Communiqué du 9 juillet 2008

Areva espérait certainement pouvoir cacher la vérité avant de se rendre à l'évidence.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" soupçonne Areva de rétention délibérée d'information et, de fait, de mise en danger volontaire de la population, dans l'affaire de la fuite d'uranium sur le site nucléaire du Tricastin mardi 8 juillet. Il est nécessaire de rappeler que c'est bien Areva qui est propriétaire de la Socatri, l'usine responsable de cet accident.

Il faut prendre la mesure de la gravité de la rétention d'information : c'est, selon l'aveu des autorités, au moins douze heures après l'accident que les populations ont commencé à être informées. Il ne serait pas étonnant que le délai ait en réalité été encore plus important. Dans tous les cas, il est vraisemblable que des gens ont été contaminés lors de baignades ou en buvant. (*)

On peut véritablement penser que, dans un premier temps, Areva a pensé pouvoir cacher l'existence de cet accident, avant de se rendre à l'évidence : l'ampleur du rejet fait que, tôt ou tard, l'affaire aurait été connue. Il y a donc vraisemblablement eu mise en danger délibérée de la population, avec de possibles contaminations.

De façon générale, cette rétention d'information permet de douter des informations données par Areva : puisqu'ils ont caché la vérité à cette occasion, comment leur faire confiance le reste du temps ?

Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle que l'industrie nucléaire fait courir continuellement à la population un risque intolérable. Faut-il attendre un Tchernobyl français avant de prendre les décisions qui s'imposent ? Un rassemblement antinucléaire européen, samedi 12 juillet (14 h place de la République) à Paris, permettra aux citoyens d'exprimer la nécessité de sortir du nucléaire.

(*) Même lorsque le niveau de radioactivité est faible, une contamination est très grave car des particules radioactives se fixent sur des organes et attaquent directement les cellules. C'est alors un cancer quasi assuré en quelques années.
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Tricastin : 770 T de déchets radioactifs enfouis dans le sol depuis 30 ans

AFP - 09.07.08 - La Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad) dénonce la présence de 770 tonnes de déchets radioactifs enfouis depuis plus de 30 ans sur le site nucléaire de Tricastin (Drôme) et réclame la décontamination intégrale du site. "Il s'agit de pratiques scandaleuses à l'origine, mais encore aujourd'hui. Avec les intempéries, les déchets affleurent à l'air libre et plutôt que de les enlever, on remet une couche de terre dessus", a déploré mercredi la directrice de la Criirad, Corinne Castanier.

Ces déchets, sans rapport avec l'incident nucléaire survenu mardi à Tricastin, ont été enfouis entre 1969 et 1975, et forment un tumulus de terre sur un périmètre exploité par la Cogema (Areva NC Pierrelatte). La Criirad en a fait la découverte à l'issue de relevés révélant une légère irradiation près de la butte, puis de recherches dans les inventaires de l'Agence nationale des déchets radioactifs (ANDRA), où ces déchets n'apparaissent pour la première fois qu'en 2002, selon Mme Castanier. Toutefois, selon Areva NC, "il ne s'agit pas d'une décharge sauvage mais d'installations identifiées. C'est un sujet connu, qui a fait l'objet d'études et de recommandations depuis plusieurs années", a expliqué Gilles Salgas, responsable de la communication.

Il admet néanmoins "un certain flou" qu'il explique par le "secret défense": "Il s'agit de matériels issus d'usines travaillant pour la défense nationale et il a donc pu exister à une époque une certaine discrétion", a-t-il indiqué, soulignant qu'Areva faisait "ce qui est préconisé dans un rapport d'experts de 1997", à savoir un "suivi environnemental". Toutefois, selon Mme Castanier, ce même rapport avait aussi conclu qu'à cette date, "environ un tiers des déchets d'uranium avait fui dans la nature", suscitant des inquiétudes sur une éventuelle pollution de la nappe phréatique située sous la butte.

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Interdictions maintenues après la fuite de Tricastin (Reuters - 09.07.08)

L'interdiction de pêche, de baignade et d'irrigation et les restrictions sur la consommation d'eau ont été maintenues mercredi jusqu'à nouvel ordre dans trois communes du Vaucluse après un rejet radioactif d'uranium près de la centrale nucléaire du Tricastin, qui suscite de nombreuses interrogations. "Au regard de la nécessité de procéder à des analyses sur une plus long durée, le préfet décide le maintien des mesures de précaution", annonce la préfecture du Vaucluse dans un communiqué.

Sont concernées les communes de Bollène, Lapalud et Lamotte-du-Rhône. Les autorités ont révélé que l'incident intervenu à Socatri, filiale de retraitement de déchets du géant français du nucléaire Areva, s'était en fait produit lundi soir vers 23h00, et non mardi matin comme initialement indiqué. Il n'a été signalé à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) que plus de huit heures après, vers 07h30 mardi matin et les communes concernées n'ont été prévenues que mardi en milieu de journée, soit 12 heures après.

Le maire de Bollène, Marie-Claude Bompard, estime avoir été "sous-informée". L'ASN a annoncé qu'elle allait effectuer sur place des mesures pour évaluer l'ampleur du rejet et ses conséquences sur l'environnement. Les résultats sont attendus jeudi. L'incident n'a pas été classé sur l'échelle des risques dans l'attente de ces résultats, a précisé le président de l'ASN, André-Claude Lacoste, lors d'une conférence de presse. La Socatri avait initialement annoncé unilatéralement un classement au degré 1, le moins grave. Des associations écologistes dénoncent une "rétention délibérée d'informations" et s'étonnent du silence du gouvernement. Sollicité par Reuters, le ministère de l'Ecologie n'a pas fait de déclaration depuis la révélation de l'affaire. D'après les associations écologistes, le rejet pourrait être très important. L'une d'entre elles, la Criirad, annonce un dépôt de plainte devant la justice.

INCERTITUDE SUR LA QUANTITE Le rejet accidentel dans deux rivières, la Gaffière et du Lauzon, aurait été provoqué lors du nettoyage d'une cuve de rétention de l'usine, selon la version présentée par la Socatri, située à côté de la centrale nucléaire. Ce site était en travaux à la suite d'une première demande de l'ASN en 2007. Il avait été question mardi d'un rejet de 30 mètres cubes (m3) de liquide radioactif comportant 12 grammes d'uranium par litre, mais la société Socatri a réévalué mercredi la quantité à 18 m3, selon son service de presse interrogé par Reuters.

La préfecture du Vaucluse reprend cette évaluation de 18,07, précisant qu'elle correspond à un rejet de 224 kg d'uranium dans l'environnement, dont seulement 74 kgs se seraient écoulés dans les rivières, 150 étant restés sur le site de la société. La préfecture assure que le taux d'uranium relevé mardi dans les rivières "reste supérieur à la normale, mais en forte diminution par rapport aux valeurs de la matinée du 8 juillet". L'ASN a déclaré de son côté ne "pas pouvoir répondre précisément" à la question de la quantité et il ne se prononce pas sur les risques : "le juge de paix sera les mesures de radioactivité dans l'environnement", a dit André-Claude Lacoste. Compte tenu des délais d'alerte, des sanctions contre la société seront prises "si nécessaires", a-t-il précisé.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" estime qu'il y a "eu vraisemblablement mise en danger délibérée de la population, avec de possibles contaminations". L'association Criirad, qui prône une information "indépendante sur la radioactivité", estime que sur la base des dernières déclarations de rejet de la société, il est possible de dire que la limite réglementaire de rejet mensuel a été 161 fois supérieure à la limite mensuelle.

Reseau Sortir du nucleaire . MDA - 67 rue St Francois de Sales . Boite L7 . 73000 Chambery - Tel : 04 79 36 13 19 - Portable : 06 20 36 57 17 - Fax : 04 79 33 95 88
jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr
9 juillet 2008
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