| Nucléaire |
| Le
règne du mensonge |
| À
la mi-juillet, dans les centrales nucléaires françaises, quatre « incidents » ont
été portés à la connaissance du public. Ces incidents à répétition ont révélé de
nombreux dysfonctionnements fort inquiétants. Mais il y a plus. Les industriels (Areva),
les autorités de sûreté (lASN) et le gouvernement ne cessent de mentir sur la
réalité des risques encourus. Le premier mensonge concerne la gravité sanitaire des
contaminations, présentées comme sans danger car au-dessous du taux annuel autorisé
(encore heureux, pour une mesure ponctuelle !). On laisse entendre quune dose de
radioactivité « faible » ne peut avoir dincidence sur la santé des personnes
touchées. Cest faux. |
À
la mi-juillet, dans les centrales nucléaires françaises, quatre « incidents » ont
été portés à la connaissance du public. Ces incidents à répétition ont révélé de
nombreux dysfonctionnements fort inquiétants. 100 salariés ont été contaminés sur le
seul site du Tricastin (au total, 126 durant la période considérée). À
Romans-sur-Isère, une conduite défectueuse laissant échapper de luranium a été
découverte par hasard et nul ne sait quand elle a cédé. Au Tricastin encore, à
loccasion dune précédente fuite, la contamination dune nappe
phréatique a été constatée mais elle reste, pour les autorités, inexpliquée. Tout
cela révèle une absence de maîtrise inexcusable dans une filière aussi dangereuse que
le nucléaire. Mais il y a plus. Les industriels (Areva), les autorités de sûreté
(lASN) et le gouvernement ne cessent de mentir sur la réalité des risques
encourus.
Le premier mensonge concerne la gravité sanitaire des contaminations, présentées comme
sans danger car au-dessous du taux annuel autorisé (encore heureux, pour une mesure
ponctuelle !). On laisse entendre quune dose de radioactivité « faible » ne peut
avoir dincidence sur la santé des personnes touchées. Cest faux.
La très officielle Commission internationale de protection radiologique (CIPR) notait, en
1990 (déjà !), que « toute dose de rayonnement comporte un risque cancérigène et
génétique ». Cest particulièrement vrai quand il y a contamination,
cest-à-dire quand des particules, respirées ou avalées, entrent dans
lorganisme : si elles se fixent sur un organe, la probabilité dapparition
dun cancer devient élevée. EDF joue sur la grammaire (en utilisant le temps
présent) pour affirmer quil ny a eu aucun dommage (un cancer
napparaîtra que dans plusieurs années). Cest manipulatoire et cela relève
de la désinformation !
Que mesurent les taux réglementaires dexposition à la radioactivité artificielle
? Citons encore le CIPR : la limite maximale de dose admise nest pas « une ligne de
démarcation entre ce qui est sans danger et ce qui est dangereux ». Elle constitue une
frontière entre linacceptable et le tolérable. Le « coût humain acceptable »
pour lactivité nucléaire est négocié dans la plus grande opacité entre
industriels et « autorités » concernées : selon un calcul hypothétique de la Criirad,
il pourrait être de 219 décès annuels par cancers radio-induits
Le code du
travail ne se trompe pas sur cette question, puisquil demande que « les expositions
professionnelles » soient maintenues en dessous des limites légales, « au niveau le
plus faible quil est raisonnablement possible datteindre ». On ne sait trop
ce qui est « raisonnable », mais on a compris que plus le taux est bas, mieux cela vaut
!
Deuxième mensonge : les niveaux. Le lobby nucléaire mesure la gravité des incidents sur
une échelle qui commence à zéro. Le tout est assez obscur. Mais il est certain que les
niveaux récemment annoncés sont falsifiés. Ainsi, après la contamination « faible »
des 100 salariés du Tricastin, il était donné à
0 (quoi de plus rassurant !).
Or, selon léchelle officielle, quand il y a contamination, il devrait être au
moins de 2. De même, lors de la fuite duranium du 7 juillet dernier,
lincident a été classé niveau 1 (une simple « anomalie »). Or, en cas de «
rejet », même mineur, avec exposition du public, il sagit au moins dun «
incident grave » de niveau 3.
Troisième mensonge : un souci croissant de sûreté. Depuis 40 ans, on nous promet, à
chaque incident, que les règles de sûreté vont être améliorées. Le recours croissant
aux intérimaires prouve le contraire. Le code du travail interdit de faire appel au
travail temporaire pour des activités dangereuses ; mais les rayonnements ionisants sont
exclus de cette liste (sauf à un niveau très élevé de radiation). Encore une
illustration du pouvoir politique du lobby nucléaire
EDF fait ainsi appel à des
entreprises extérieures pour la maintenance de ses centrales, dont les salariés (les «
nomades du nucléaire ») passent de chantier en chantier. Ils sont sous-payés,
surexploités mais, de plus, aucun suivi médical nest assuré dans la durée,
puisquil dépend de lemployeur, lui-même
temporaire. EDF se libère
ainsi de ses responsabilités. Or, dans les années 1990, les sous-traitants assuraient 50
% des activités de maintenance des centrales, contre 80 % aujourdhui : la
précarité sociale et sanitaire croît ici simultanément.
Les nucléocrates nous cachent bien dautres choses, comme le lien originel entre
latome civil et latome militaire. Ils doivent mentir, sinon ils devraient
avouer quils font courir un risque majeur à lhumanité (aussi important que
le changement climatique) pour un bénéfice social dérisoire : un siècle de production
marginale dénergie. Ce qui nempêche pas Sarkozy de vouloir vendre « nos »
centrales dans le monde entier. Le lobby de latome a obtenu que le « Grenelle de
lenvironnement » ait le droit de discuter de tout (ou presque), sauf du nucléaire.
On voit aujourdhui à quel point ce fut une erreur, pour bon nombre
dassociations, que daccepter ce chantage.
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Golfech (Tarn-et-Garonne), le 17 août 2007. En aval du confluent du Tarn
et de la Garonne, la centrale est implantée entre Agen et Toulouse (Photothèque
Rouge/Franck Houlgatte). |
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Le Dauphiné lundi 4 aout 2008
Témoignage : La veuve d'un ancien du Tricastin témoigne.
"Le nucléaire a tué mon mari..."Paulette a toujours une
photo dans son portefeuille . Celle de son fils Alain, collée sur une carte d'accès
siglée FBFC.
L,octogénaire en est sure:le nucléaire lui a pris son fils,à 39 ans. Pourtant, pour la
FBFC, "aucun lien direct entre un
incident survenu sur une de (ses) installations et un décès n'a jamais été
reconnu". Reste la douleur d'une famille.
A Bourg-de-Péage,dans le modeste appartement d'Odile, la veuve d'Alain, les deux femmes
témoignent . Parce que,
vingt ans après les incidents survenus récemment sur les sites Tricastin et de la FBFC
à Romans ont réveillé de douloureux
souvenirs.
"Aujourd'hui, on a mangé bon"
Dans les années 80, après avoir travaillé à Romans, Alain Viadel avait pris un poste
à la FBFC, au Tricastin. Et la
famille s'était installée à Pont-Saint-Esprit. Odile se rappelle de ce soir de
décembre 1987, lorsque son mari était
rentré du travail: Je m'en souviens, il m'avait dit:Aujourd'hui, on a mangé
bon...". Alain avait été évacué à
cause d'un "incident". Il travaillait alors dans un atelier d'empastillage. La
famille n'aura aucune explication sur cet
incident...
En mai 1988, il fait un malaise suivi d'une hémiplégie . Odile Viadel se souvient de ce
médecin de Bagnols-sur-Cèze
qui lui a dit "Il va falloir vous battre, c'est très grave". Les examens
décèleront un cancer du poumon.Après une
radiothérapie,Alain avait été transféré à Lyon pour y être opéré du cerveau, puis
des poumons.En novembre 1988,
la famille Viadel revient à Romans: Alain décédera le 2 avril1989.
Odile Viadel recevra plus tard un courrier de l'assurance maladie qui reconnaitra la mal
de son mari comme une maladie
professionnelle. Depuis,elle perçoit ce qu'elle nomme"une rente" de 500euros
par mois puis 800 euros depuis quelques
temps.
"J'aurais préféré ne rien toucher", lâche-t-elle." Ca ne le remplacera
pas. Ma fille avait 8 ans..." Et pour la Péageoise, le
doute n'est pas permis:"Ca a été reconnu comme maladie professionnelle .Le
nucléaire a tué mon mari".
"Les enfants parlaient de "saloperie" quand ils voyaient le site"
Quand elle a appris les incidents récents, Odile a décidé de parler" Parce que
j'en ai un peu ras-le-bol",
dit-elle,"Nous ne sommes rien, mais si mon témoignage peut servir à quelque
chose...".Parce que vingt
après , elle et ses enfants n'ont rien oublié.
"C'est très traumatisant.Quand on passe à côté du Tricastin, sur la route, je ne
peux m'empêcher de me
dire que c'est là que mon mari est mort." Reste cette carte , dans le portefeuille
de Paulette, qui lui
rapelle tous les jours le drame.
B.Bouy
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Socatri s'oppose à la venue d'un expert indépendant
Hier après-midi, les avocats des deux parties étaient venus en force pour plaider
devant le juge Falot, la demande de référé d'heure à heure déposée par la commune de
Bollène. Mes Peyrical et de Lépinau pour la commune et Mes N'Guyen et Adjedj pour
Socatri-Areva. La ville de Bollène demande en effet qu'un expert «indépendant et
contradictoire» soit nommé par le tribunal de Carpentras pour effectuer des
prélèvements et des contrôles sur le site de la Socatri dans le but «de rassurer la
population bollénoise». Une demande que rejette la partie adverse, argumentant que
«tous les contrôles nécessaires sont en cours par des autorités compétentes comme le
ministère de la Santé, de l'écologie, l'Autorité de sûreté nucléaire etc». Pour
Socatri, un expert supplémentaire ne pourrait que «faire doublon» ou pire semer le
trouble en diffusant des informations approximatives que pourraient reprendre de
«manière imprécise» les médias. Près d'un mois après l'incident, et malgré
plusieurs plaintes de riverains et de la Crii-Rad, «le parquet n'a toujours pas ouvert
d'information judiciaire» s'étonne Me de Lépinau qui déclare :«si tout va bien, qu'on
nous ouvre les portes
et qu'on accède enfin à une information objective. L'impact de cet incident sur l'image
de la ville de Bollène est considérable.» Pour Socatri, «la ville de Bollène n'a pas
à jouer les "chevaliers blancs", les réponses à toutes ces questions seront
fournies par les autorités compétentes». Des autorités dont les avocats de la commune
mettent en doute la volonté de transparence, voire d'objectivité. «Ce sont des
contrôles d'État, diligentés par des ministres d'Etat autour d'une affaire d'État!
Permettez qu'on soit en droit d'attendre plus d'indépendance». La décision du juge sera
rendue le 8 août prochain.
Allez hop circuler...y'a rien à voire |
Reseau Sortir du nucleaire . MDA - 67 rue St
Francois de Sales . Boite L7 . 73000 Chambery - Tel : 04 79 36 13 19 - Portable : 06 20 36
57 17 - Fax : 04 79 33 95 88
jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr
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| 1er août 2008 |
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