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Incidents nucléaires en série en France
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Après les accidents radioactifs de Tricastin le 7 juillet et de Romans sur Isère le 18 juillet et le stockage illégal de matériaux militaires à Tricastin c'est au tour du site nucléaire de Saint-Alban/Saint-Maurice de connaître un incident nucléaire : 15 salariés atteints. Au Tricastin : première plainte de particulier déposée.
Le Dauphiné Libéré , Frédérique Vuillaume, 21/07/2008 (40705)

contaminations radioactives sur le site nucléaire de St-Alban/Saint-Maurice

De "légères" contaminations radioactives ont été constatées, vendredi, sur quinze personnes, au site nucléaire de St-Alban/Saint-Maurice.

Sujet sensible dans un contexte ou les incidents autour du nucléaire semblent s'enchaîner.

Pour la direction de la centrale de Saint-Alban/Saint-Maurice, « cet incident n'a aucune commune mesure et il n'a même pas été classé par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) que nous avons avertie, par souci de transparence, ainsi que le sous-préfet et les maires des communes ».

Ce sont 15 salariés d'entreprises extérieures intervenant sur un chantier de maintenance de l'unité de production n°2, actuellement à l'arrêt qui ont été légèrement touchés.

« Ces traces ont été observées à l'occasion des contrôles réglementaires qui sont systématiquement réalisés à la centrale après chaque intervention en zone nucléaire», expliquait hier la direction. « Le service médical n'a prescrit aucun suivi particulier »

«Les intervenants ont été orientés vers le service médical du site afin de procéder à des contrôles complémentaires. Les résultats montrent que ces traces de contamination interne sont toutes inférieures au centième de la limite réglementaire. Le service médical n'a prescrit aucun suivi particulier et les personnes ont regagné normalement leur domicile à l'issue de leur journée de travail. » Une enquête interne est en cours afin de déterminer les causes exactes de l'incident. Elle s'oriente actuellement vers un problème de propreté radiologique.

 

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Tricastin : levée des mesures de précautions, Socatri reste sous surveillance

AFP - 22.07.08 - Les préfets du Vaucluse et de la Drôme ont décidé mardi de lever toutes les mesures de précaution prises depuis deux semaines en raison d'une fuite de 74 kg d'uranium sur le site nucléaire du Tricastin, ont-ils annoncé dans un communiqué commun. Cette décision a été prise, avec l'aval du ministère de l'Agriculture, de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) et de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), au regard "de la diminution et du caractère limité de la pollution issue de la société Socatri tant pour les eaux de surfaces que pour les eaux de nappe, les sédiments, les végétaux ou les poissons".

Toutefois, l'IRSN continuera de surveiller certains forages privés où a été constaté un "marquage ancien" à l'uranium et qui présentent des "dépassements ponctuels" du seuil de potabilité fixé à 15 microgrammes d'uranium par litre par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), ont précisé les préfectures. Les autorités préfectorales ont aussi obtenu que Socatri, responsable de la fuite d'uranium naturel, soit maintenue sous surveillance à moyen terme.

L'ASN a imposé à la filiale d'Areva de suspendre l'activité de l'une de ses deux stations de traitement du Tricastin. Jeudi, le gouvernement avait exigé la vérification de l'état des nappes phréatiques situées "près de toutes les centrales nucléaires françaises", suite à l'émoi suscité par cette fuite et la découverte de la présence dans la nappe proche de Tricastin de points de concentrations en uranium inexpliqués, sans lien avec l'incident.

Selon les préfectures de la Drôme et du Vaucluse, seront analysés tous les forages privés des habitations non raccordées au réseau d'eau potable et situés sur la partie ouest de la commune de Bollène et à l'intérieur de la bande des 100 mètres de part et d'autre du Lauzon. "Tout dépassement de la valeur de 15 microgrammes d'uranium par litre d'eau conduira à la mise en place d'une surveillance quotidienne.

Tout dépassement ponctuel de la valeur de 30 microgrammes d'uranium par litre d'eau ou de 15 microgrammes/litre pendant plus d'une semaine, conduira à une concertation (ASN, IRSN, préfectures) sur les mesures à mettre en oeuvre pour le forage concerné", ont-elles précisé.

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Le Parisien - 22 juillet 2008

Tricastin : première plainte de particulier

UNE PREMIÈRE PLAINTE d'un particulier a été déposée suite à la contamination à l'uranium de la nappe phréatique sur le site nucléaire du Tricastin (Vaucluse). Elisabeth Serinian, qui habite à Bollène, dans la zone concernée par la pollution, a déposé plainte contre X vendredi à la gendarmerie. « J'ai envie de savoir ce qui se passe vraiment.

J'ai l'impression que l'on ne nous a pas tout dit sur l'origine de cette contamination de l'eau. Si ce sont d'anciens déchets radioactifs de l'armée, enfouis dans une butte de terre depuis les années 1970, qui sont responsables de cette pollution, c'est encore pire. Cela voudrait dire que l'on nous a menti depuis trente ans », explique cette enseignante, mère de deux enfants. Pour l'instant, elle et sa famille n'ont toujours pas le droit de consommer l'eau potable de leur puits, relié directement à la fameuse nappe phréatique souillée.

D'autre part, l'association les Riverains de la plaine, qui regroupe différents habitants du quartier, réfléchit à une éventuelle action en justice, et prendra sa décision à l'issue d'une réunion qui aura lieu cette semaine avec des représentants de l'usine Areva-Socatri. « On va écouter ce qu'ils nous disent. Et ensuite on va se réunir entre nous, pour voir qui est pour et qui est contre », explique Mme Dubois, dont le mari dirige cette association. A leur domicile, « les niveaux de l'uranium dans l'eau font du yo-yo. Il y a trois jours, ils étaient au-dessus de la norme, à 16 mg/litre, hier matin, c'était repassé en dessous. Y compris dans mon eau de piscine, que j'ai fait analyser », ajoute-t-elle. La famille Dubois a rencontré le médecin chef d'Areva-Socatri qui leur a fait des analyses.

Mécontentement des agriculteurs

« Il a contrôlé un certain nombre d'éléments liés au fonctionnement de nos reins. Il nous a dit que ça allait, et qu'il ne fallait pas s'inquiéter. Il nous a quand même conseillé de ne pas boire l'eau du robinet et de lui préférer l'eau minérale, ce qui ne m'a pas trop rassuré », ajoute-t-elle.

Par ailleurs, les agriculteurs ont eux aussi fait part de leur mécontentement. Le président de la FNSEA a incité la présidente d'Areva, Anne Lauvergeon, « à dédommager les exploitants dont le préjudice est considérable » en terme d'image, en particulier pour le vin AOC côtes du Tricastin. Dans une autre région, hier, une « très légère contamination », selon EDF, a eu lieu sur le site nucléaire de Saint-Alban-Saint-Maurice, dans l'Isère. Quinze employés venant d'entreprises extérieures ont été orientés vers les services médicaux du site, mais leurs examens se sont révélés normaux.

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L'Usine nouvelle - 21/07/2008
« Il y a certainement eu d'autres fuites radioactives dont la Criirad n'a pas eu connaissance »

Après les accidents radioactifs de Tricastin le 7 juillet et de Romans sur Isère le 18 juillet, le point avec Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, responsable du Laboratoire Criirad.

Si le gouvernement appelle une remise à plat de l'industrie nucléaire, pour beaucoup, l'incident de Tricastin est clôt. S'agissait-il d'un événement banal ?

La question qui vient immédiatement à l'esprit, c'est comment ça a pu se passer et pourquoi. Que ça déborde, c'est un problème. Que les bacs de rétention ne soient pas étanches, c'est un problème. Attendre plus de dix heures pour donner l'information, c'est un problème. Selon les dernières données transmises par la Socatri, 6,25 mètre cube d'effluents contenant 8g/L d'uranium auraient été déversés dans les rivières de la Gaffière et de l'Auzon. En supposant qu'il s'agit d'uranium dont la composition est celle trouvée dans la nature, on peut montrer que le niveau de radioactivité de cet effluent était 4000 fois supérieur à la limité autorisée pour un rejet dans le canal de Donzere-Mondragon, de 50 becquerels par litre. De plus, cela représenterait plus de 17 fois la limite annuelle autorisée de 71,7 millions de becquerels d'uranium, l'effluent représentant plus d'un milliard de becquerels en quantité totale rejetée. L'accident est d'autant plus sérieux que l'uranium a été rejeté à même le sol, dans des petits ruisseaux, alors que le canal a un pouvoir de dilution beaucoup plus important.

Nuançons : ce n'est pas une catastrophe nucléaire. Mais l'uranium émet des particules alpha parmi les plus puissantes pour créer des lésions dans notre ADN, augmentant ainsi les risques d'apparitions de mutations et cancers. Au sud de Tricastin, plusieurs dizaines de forages permettent à des familles de puiser de l'eau dans leur jardin, ou aux agriculteurs d'irriguer. Dans les eaux qui circulent en-dessous et en surface, vous allez trouver de l'uranium, mais aussi des chlorures, des fluorures, car la problématique est également chimique. Il faut donc redoubler de vigilance.

La Criirad dénonce depuis le 4 juillet l'enfouissement de plus de 700 tonnes de déchets d'une ancienne usine militaire stockés sans précaution sur le site de Tricastin, sous une butte de terre. Est-ce ce qui explique la pollution de la nappe phréatique qui constatée aujourd'hui ?

Ce qui est sûr, c'est que la concentration en uranium des eaux de surface en aval de cette butte au Tricastin a très fortement augmenté dans le passé. Dans l'environnement extérieur au site, les concentrations en uranium sont a priori par endroits dix voire soixante-dix fois supérieures au niveau naturel mesuré en amont du site. Du point de vue des eaux souterraines sous le site de Tricastin, il faudrait que les entreprises nous livrent les niveaux de concentration en uranium.

L'IRSN a fait une étude sur la concentration des eaux sous-terraines du site de Tricastin présentée à l'oral lors de la réunion du CIGEET le 4 juillet. Cette étude constatait dans le sud du site une concentration dix fois supérieures à la normale. Le débat a porté sur l'origine de cette concentration : l'IRSN parlait d'origine naturelle, tandis que la Criirad, considérant la présence de cette butte militaire et l'activité liée au nucléaire du site, considérait qu'il s'agissait d'une contamination industrielle. Suite à l'incident du 7 juillet, l'IRSN a reconnu qu'il s'agissait d'une pollution. Et les propos tenus par Jacques Repussard à l'issue de la commission extraordinaire du CIGEET indique qu'il reconnaîtrait désormais que la butte y est pour quelque chose. Ce déroulement illustre très bien ce qui se passe aujourd'hui : le problème ne se situe pas sur la façon dont se font les mesures mais sur les actions entreprises ensuite.

Les études préliminaires à la construction de l'unité Georges Besse II, basées sur des mesures faites entre 2002 et 2004, précisent noir sur blanc que « l'augmentation de concentration en uranium des eaux de surface ces dernières années est liée à la résurgence d'une contamination ancienne. » A la Criirad, nous ne disons pas que la pollution de la nappe phréatique est uniquement liée à cette butte, mais elle y contribue certainement. Le Haut-Commissariat à l'Energie atomique dit lui-même dans un rapport publié en 1998 que 900 kg d'uranium issus de cette butte ont été rejetés dans le milieu naturel. A tel point qu'au lieu de laisser cette eau contaminée stagner là, le CEA a pompé la nappe phréatique au rythme 170 mètres cube d'eau par heure, pendant des années, de 1980 à 1998, pour la diluer dans le Rhône. Outre les déchets de cette butte, il y a certainement eu d'autres déchets, d'autres fuites dont la Ciirad n'a pas eu connaissance. Le terrain s'étale sur une surface gigantesque de 600 hectares. Mais cette butte montre bien le manque de rigueur relatif à la gestion des déchets radioactifs du site.

Les autorités chargées de contrôler la sécurité de la filière nucléaire, l'IRSN et l'ASN, vous semblent peu indépendantes ?

L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, l'IRSN est un EPIC (établissement public à caractère industriel ou commercial), c'est l'institut de référence de l'Autorité de Sûreté nucléaire, l'ASN, qui a pour clients EDF ou Areva. Difficile pour les chercheurs de garder une neutralité. Si l'on se base sur des faits précis, on constate que cet institut n'apporte pas des garanties suffisantes en termes de protection des citoyens par rapport aux rayons ionisants. Par exemple, le parking du stade de football de Gueugnon a été remblayé avec des déchets radioactifs issus de l'ancienne usine d'extraction d'uranium gérée par le CEA puis par Cogema/Areva : nous avons tiré la sonnette d'alarme en 2005 sur ce point alors que l'IRSN n'avait rien trouvé à y redire de prime abord. Aujourd'hui, la pollution de ce site est reconnue

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Les Echos - 18/07/08

Vin : les producteurs de Coteaux du Tricastin veulent changer de nom

Les vignerons producteurs de cette AOC de la vallée du Rhône ne veulent plus que leur vin porte le même nom que la centrale nucléaire voisine. Pour eux, l'incident survenu il y a dix jours est « la goutte d'eau qui fait déborder le vase ».

« Cette fois il va falloir trancher. Ou le site nucléaire change de nom ou l'appellation Coteaux du Tricastin est rebaptisée ». Pour Brice Eymard, responsable du service économique de l'interprofession des vins du Rhône, plus question de temporiser. « Tant qu'il n'y avait pas d'accident à la centrale, il n'y avait pas de problème. Aujourd'hui, il est inutile qu'un producteur essaie de vendre une bouteille de Coteaux du Tricastin. On va lui rire au nez ». Qui aurait l'idée d'acheter un vin associé à un incident tel que celui qui est survenu le 8 juillet à l'usine Socatri, s'interrogent les producteurs ?

La filière locale est obsédée par l'impact sur l'image de leur vin des images retransmises par les journaux télévisés. Elle affirme en revanche ne pas craindre un empoisonnement des vignes ou du vin. A Grignan, la commune rendue célèbre par le Château de la Marquise de Sévigné, le coeur des plantations est située à 40 kilomètres des nappes phréatiques où l'on a décelé une teneur anormale en uranium. En outre, « elles sont trop profondes pour que les racines de la vigne y puisent de l'eau », expliquent les professionnels. Et l'irrigation est interdite.
Une période déjà critique

Les producteurs réclament une décision rapide de l'Inao, l'Institut national des appellations d'origine, sur un éventuel changement de nom des Coteaux de Tricastin. « Nous ne voulons plus de cette homonymie », explique Henri Bour, propriétaire du domaine de Grange Neuve. Même position du côté des élus. « Les événements récents ne peuvent que nuire aux vignerons de cette aire d'appellation », plaide Hervé Mariton, député UMP de la Drôme.

D'autant que les fuites d'uranium dans les nappes phréatiques interviennent à un moment très critique pour les Coteaux du Tricastin. Cette petite appellation des bords du Rhône, produite entre le Dauphiné et la Provence, a subi de plein fouet la crise qui a frappé l'ensemble des vins français ces dernières années. Vendue dans les grandes surfaces étrangères, comme entrée de gamme des vins de la vallée du Rhône, les Coteaux du Tricastin ont disparu des linéaires avec le resserrement de la gamme au profit des AOC les plus connues, explique Brice Eymard.

En France, où le consommateur trouvait des bordeaux au même prix que les Coteaux du Tricastin, les ventes se sont effondrées. La baisse de la fréquentation touristique de la région par les Belges et les Néerlandais, qui avaient l'habitude d'acheter à la propriété, a fait le reste. Résultat, les volumes commercialisés sont passés de 120.000 hectolitres en 2002 à 60.000 hectolitres en 2007, soit 2 % de l'ensemble de la production de la vallée du Rhône.

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Lefigaro.fr - 15/07/2008 - Ophélie Wallaert

Un taux d'uranium suspect découvert à Tricastin

Des teneurs en uranium anormalement élevées ont été relevées dans la nappe phréatique au Tricastin. L'hypothèse d'une fuite antérieure à l'incident du 7 juillet est évoquée.

La fuite radioactive de Tricastin en aurait-elle caché d'autres ? Une semaine après l'incident, un taux d'uranium suspect, et encore inexpliqué, a été relevé à proximité de l'usine de traitement de la Socatri, dans le Vaucluse, a dévoilé lundi le journal Le Monde. Alors que tout semblait rentré dans l'ordre à Tricastin, des zones d'ombre subsistent. Des teneurs en uranium anormalement élevées ont été ainsi découvertes à divers endroits de la nappe phréatique.

Sur un point de prélèvement, nommé APE4 et situé à deux kilomètres de la Socatri, la teneur en uranium a grimpé à 64 µg/l après la fuite du 7 juillet. Mais, étrangement, le 13 juillet, elle était encore de 36,6 µg/l. Même étonnement dans une ferme non loin de là, où on enregistre une concentration d'uranium dix fois supérieure à la normale. C'est à dire autour de 15 microgrammes d'uranium par litre (µg/l), la limite fixée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Or, compte tenu de la vitesse de diffusion de l'uranium, la fuite du 7 juillet ne peut être à l'origine de ces valeurs.
Une fuite antérieure ? L'hypothèse avancée par la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (CRIIRAD) est inquiétante. «Ça veut dire qu'il y a des événements antérieurs (des pollutions) qui n'ont pas été rendus publics, qui n'ont pas fait l'objet de contre-mesures, de prévention, d'information de la population, a estimé Roland Desbordes, son président, sur France Info. Si c'était le cas, ce serait «grave (…) car ça voudrait dire qu'on nous cache des choses». De son côté, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) mène en ce moment «des investigations» pour vérifier la présence d'une pollution antérieure. Mais «il n'y a pas lieu de s'alarmer, on cherche l'explication», a expliqué Jean-Christophe Gariel, directeur adjoint de l'environnement sur France Info.

Cette découverte intervient après une étude conduite récemment par l'IRSN, la DDASS et Areva sur la nappe phréatique du Tricastin. «Elle avait mis en évidence des marquages à l'uranium en certains points, entre 10 et 15 µg/l, sans que l'on puisse préciser leur source», précise l'IRSN au Monde. Une commission locale d'information doit se réunir vendredi prochain à Valence pour tenter de tirer au clair l'origine de ces taux d'uranium suspects. En attendant le résultat des vérifications, la préfecture du Vaucluse maintient ses prescriptions sur l'usage de l'eau pendant encore plusieurs jours. Un laps de temps qui permettra aussi de collecter les résultats des analyses de sédiment, de plantes et de poisson issus des cours et plans d'eau souillés.

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Tricastin : maintien des mesures de précaution une semaine après l'accident

AFP - MARSEILLE - 15 juillet 2008 - Les mesures de précaution prises par les préfectures de la Drôme et du Vaucluse après une fuite accidentelle d'uranium sur le site nucléaire du Tricastin restaient en vigueur mardi après avoir été allégées vendredi, a-t-on appris auprès de la préfecture du Vaucluse.

Huit jours après l'incident, survenu dans la nuit du 7 au 8 juillet, les autorités restent en contact avec l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) ainsi que l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a-t-on ajouté.

L'ASN a imposé vendredi à la Socatri, filiale d'Areva, responsable de la fuite de 74 kg d'uranium naturel, de suspendre l'activité d'une de ses deux stations de traitement du Tricastin (Vaucluse). L'incident a été classé au niveau 1 ("anomalie") sur l'échelle Ines qui évalue la gravité des événements touchant les installations nucléaires et compte sept niveaux.

Vendredi, les deux préfectures concernées ont annoncé avoir limité le périmètre d'interdiction de l'utilisation d'eau issue de captages privés à une bande de cent mètres de part et d'autre des rivières La Gaffière et Le Lauzon (Vaucluse). Ces cours d'eau desservent les communes vauclusiennes de Bollène, Lapalud, Lamotte-du-Rhône et Mondragon.

Le prélèvement et la distribution d'eau pour l'irrigation ou la consommation sont interdits sur les rivières, ainsi que dans une bande de cent mètres le long des rives. Ces deux mesures étaient précédemment en vigueur sur un territoire plus étendu.

Les restrictions concernant la pêche, la baignade et les activités nautiques demeurent inchangées.

Selon un bilan publié vendredi par l'IRSN, la surveillance devait être poursuivie notamment sur trois points de la nappe phréatique où des valeurs supérieures au bruit de fond habituel ont été relevées, avec "des variations de concentration en uranium (qui) ne peuvent pas être expliquées par le rejet accidentel".

L'IRSN avait déjà signalé en juin dans un rapport la présence de ces traces d'uranium qui peuvent être d'origine naturelle ou bien liées à une pollution historique du site, a expliqué à l'AFP Didier Champion, directeur de l'environnement à l'IRSN.

En outre, pour l'un des trois points étudiés, situé dans le puits d'un particulier, les variations semblent liées à un problème technologique lié à l'installation elle-même, a-t-il ajouté.

L'institut a par ailleurs confirmé une "diminution régulière de la concentration en uranium des eaux en aval de la Socatri" qui atteignent depuis jeudi "une valeur proche de la normale".

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Le Dauphiné Libéré - 10 juillet 2008

Fuite d'uranium au Tricastin : pourquoi l’Autorité de sûreté nucléaire a-t-elle attendu
plusieurs heures avant de donner l’alerte ?


- Areva a tardé à avertir l’ASN, mais celle-ci a ensuite perdu plusieurs heures précieuses
- L’ASN aurait-elle attendu dans l’espoir que l’affaire puisse être étouffée ?

Dans ses déclarations, l’ASN met en cause, à juste titre, l’entreprise Socatri-AREVA : cette dernière a attendu de longues heures entre lundi soir et mardi matin avant d’avertir l’ASN, pensant peut-être pouvoir cacher l’existence même de la fuite d’uranium.

Mais l’ASN est elle aussi coupable de rétention d’informations pendant plusieurs heures.

Ainsi, le directeur général de l'ASN, Jean-Christophe Niel, reconnaît que "l'ASN a été prévenue vers 07H30 le matin" mais il ajoute que "l'exploitant a pris la mesure de l'importance du rejet vers midi" (cf dépêches agences de presse), comme si la mission de l'ASN n'était pas de prendre elle-même conscience des risques et de prendre immédiatement les décisions qui s’imposent. Ce n’est donc qu’en début d’après midi que l’alerte a été donnée.

L’ASN a donc délibérément choisi de ne pas informer les autorités (préfectures, etc), perdant ainsi 5 heures d’autant plus précieuses que c’est en tout début de matinée, au moment les radios sont très écoutées, qu’il était possible d’avertir efficacement les citoyens afin qu’ils ne se baignent pas ou ne boivent pas dans la journée.

Pourquoi l’ASN a-t-elle perdu ces heures précieuses ? Pourquoi cette mise en danger délibérée de la population ? L’ASN a-t-elle attendu dans l’espoir que l’affaire puisse être étouffée ? L’ASN n’aurait ensuite donnée l'alerte qu’après avoir compris que l’ampleur du rejet le rendrait tôt ou tard détectable par des organismes indépendants comme la Criirad.

En tout état de cause, s'il est évident que la Socatri-AREVA est coupable, il en est certainement de même pour l'ASN dont les responsabilités doivent être établies et sanctionnées.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" appelle les citoyens à participer à un Rassemblement antinucléaire européen samedi 12 juillet à Paris (14h pl de la République). Les animations auront lieu dès le matin sur la place de la République, et un Colloque international se tiendra à 20h avec de nombreux invités d'Europe... et d'au delà.

Voir aussi les autres communiqués de presse sur ce sujet sur :
http://www.sortirdunucleaire.org/index.php?menu=actualites&sousmenu=communiques

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Libération.fr - 9 juillet 2008

FUITE D'URANIUM À BOLLÈNE : « Une communication incohérente »

Officiellement, les dernières mesures et analyses des rivières, des plans d'eau et des nappes phréatiques sont rassurantes, mais pas pour la Criirad ni pour le réseau "Sortir du nucléaire" qui portent des accusations graves, tant sur la fuite elle-même que sur l'attitude d'Areva NC soupçonnée de "rétention délibérée d'information".

« Les citoyens bollénois ont été traités comme s'ils étaient peu de chose... »
Du côté des élus des communes directement concernées, tous prévenus entre 13h 15 et 13h 30 mardi, la gestion de l'affaire prend une tournure polémique sur un autre plan, celui de la communication. Manque d'informations, de réactivité et de précision, manque de soutien de la part des services de l'État...

Le maire de Bollène, commune sur laquelle est installée l'usine Socatri, ne dissimule pas sa colère. « Je ne veux pas envenimer la situation, mais je suis très troublée par ce que nous venons de vivre, lâche Marie-Claude Bompard. Je n'ai eu qu'un contact avec le directeur de cabinet du préfet, mardi vers 13h 30 et depuis, malgré nos appels, plus rien. Silence radio ! La mairie a fait ce qu'elle pouvait, mais elle n'a été ni informée valablement, ni épaulée par la préfecture. »

Guère d'éléments précis
Avec les moyens du bord, la commune a averti les populations des secteurs concernés par la distribution de tracts et la mise en service du serveur vocal Antibia, mis au point dans le cadre d'une procédure d'urgence en cas de risque majeur. « Tout le monde, environ 800 personnes, a été averti avant 20 heures et nous avons continué à répondre aux appels jusqu'à 22 heures. »

Hier après-midi, quarante élus et employés communaux ont distribué une lettre d'information à tous les habitants de la cité, « parce que, même avec guère d'éléments précis, il fallait clarifier la situation, préciser par exemple quels quartiers étaient concernés et ceux qui ne l'étaient pas. » Mme Bompard met en cause « l'incohérence totale de la communication préfectorale » qui a abouti, selon elle, à semer la confusion, y compris chez les médias européens, et qui démontre que « les citoyens bollénois ont été traités comme s'ils étaient peu de chose... »

Plus soft, Jean-Pierre Lambertin admet avoir été ému par les délais de réaction de la préfecture. « On aurait dû avoir l'information, au moins l'essentiel, plus tôt. » Le président du syndicat Rhône-Aygues-Ouvèze, Guy Penne, apporte de l'eau au moulin des sceptiques : « Nous avons été mal informés », reconnaît-il en évoquant des informations assez brouillonnes, sinon contradictoires.

Le ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de l'Aménagement du territoire, Jean-Louis Borloo, a-t-il eu vent de ces dysfonctionnements ? En attendant les résultats de l'inspection de l'autorité de sûreté nucléaire qui devrait se rendre sur place aujourd'hui, il se fait menaçant : « Toutes les conclusions devront être tirées, notamment en terme d'éventuelles suites pénales et administratives ».

EN BREF
Quelle heure, au juste ?
L'heure précise à laquelle s'est produite la fuite, à l'intérieur des bâtiments de Socatri, donne lieu à interprétation : alors que les communiqués de la préfecture stipulaient 6h 30 du matin, la "note d'information" de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire indiquait de son côté "le 7 juillet à 23 heures. "
Anticipation
Le maire de Lapalud raconte : « par mesure de précaution, nous avions anticipé en prévenant en début d'après-midi de lundi les cinquante à soixante personnes habitant à l'est de la voie ferrée, au plus près de l'usine, et ayant des forages. Puis nous nous sommes servis du listing des inondations pour alerter toutes celles du village susceptibles d'utiliser l'eau d'un puits. Environ 300 personnes ont été contactées par téléphone ou directement par la police municipale. Et cela s'est relativement bien passé.»

Le parapluie ouvert

Maurice Sabatier, maire de Lamotte-du-Rhône observe que « la préfecture a ouvert le parapluie. » L'employé municipal, rôdé à la manoeuvre avec les inondations, est passé dans les 165 foyers du village pour prévenir les habitants. Cette situation conforte M. Sabatier dans sa volonté de ne jamais relier le lac de Lamotte (qui devrait accueillir dans l'avenir une base de ski nautique) à la mayre Boucharde, affluent de la Gaffière, ainsi que certains le souhaiteraient.

Rencontre avec la CRIIRAD
Après ce qu'il considère comme un avertissement sans frais », André-Yves Beck, adjoint au maire de Bollène, souhaite rencontrer dès que possible la CRIIRAD afin d'avoir le maximum de renseignements. « Car on peut être pris de doutes... »


Rejet d'uranium à Tricastin : «La limite réglementaire a été pulvérisée»

La passivité des autorités de contrôle est intolérable, estime Bruno Chareyron, ingénieur en physique nucléaire, et responsable du laboratoire d’analyse de la CRIIRAD <http://www.criirad.org/> (Commission de recherche et d’information indépendante sur la radioactivité). Cet organisme indépendant a été créé en 1986 au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl, avec pour ambition de contrôler et d'informer les populations sur les pollutions radioactives et les risques liés au nucléaire.

Faut-il s’alarmer des quantités d’uranium rejetées lors de l’incident sur le site de Tricastin ?
L’exploitant a revu ses chiffres à la baisse: le rejet ne serait plus de 360 kg mais de 75kg. Il n’empêche. Sur la base de ces nouvelles données, la quantité d’uranium rejetée reste très importante, 27 fois supérieure à la limite annuelle autorisée. Car, pour faire simple, l’exploitant est autorisé à rejeter chaque année 72 millions de becquerels d’uranium- une unité de mesure de radioactivité. Et bien lors de l’incident, 2 milliards de becquerels ont été rejetés! Mais ce n’est pas tout. Il y a aussi un problème de concentration radioactive. Lors de l’incident, l’uranium a été rejeté en partie sur le sol et dans la rivière la Gaffière. Ce qui est strictement interdit car il n’y a aucune garantie de dilution. Résultat, la limite réglementaire a été pulvérisée avec une concentration de plus de 300 000 Becquerels par litre au lieu de 50 Bq/l.

D’après vous, les mesures de précaution adoptées par les autorités sont-elles suffisantes?
C’est un petit peu mieux que les autres fois. Mais, il reste des incertitudes, en particulier sur le moment précis de l’accident. Il y a un flou. Le communiqué des préfets de la Drôme et du Vaucluse annonçait hier que la fuite s’était produite tôt dans la matinée du 8 juillet, vers 6h30. Mais, selon l’IRSN, l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire, le débordement de la cuve remonte à lundi soir vers 23 heures. Si l’IRSN a raison, les mesures de protection et d’information de la population ont été prises trop tard pour être efficaces.

Que comptez-vous faire à présent?
Une équipe de notre laboratoire est en ce moment sur le site du Tricastin pour faire des prélèvements. On va également déposer plainte contre deux exploitants du Tricastin, tous deux filiales d'Areva. On ne peut pas tolérer une telle passivité des autorités de contrôle. Et puis, ce n’est pas la première fois que l’on note des disfonctionnements inquiétants sur ce site, ce n’est pas la première fois. On va être particulièrement vigilant sur la durée pour s’assurer que l’exploitant du site traite les pollutions dans les sols et les sédiments.

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"les USA préparent un probable retrait du projet ITER"

Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : dès juin 2005, nous annoncions par communiqué: "les USA préparent un probable retrait du projet ITER" (cf ici ). On nous a ri au nez. Maintenant, les gens d'Iter sont "confiants" dans la participation des USA. Traduction : ils espèrent encore que les USA participeront. On en rirait si tout cela ne signifiait pas la désintégration de milliards d'euros d'argent public...

Le directeur d'Iter "confiant" sur le maintien de la participation des USA

AFP - 23.06.08 - Le directeur général d'Iter, le Japonais Kaname Ikeda, s'est dit "confiant" lundi dans la poursuite de la participation des Etats-Unis au projet de réacteur expérimental de fusion thermonucléaire Iter, malgré la suspension de leur contribution financière en 2008. "Nous sommes confiants dans le maintien de la participation des Etats-Unis" au projet Iter, a déclaré M. Ikeda lors d'une conférence de presse à Cadarache (Bouches-du-Rhône), le site où sera construit le futur réacteur expérimental.

Iter est un projet international de longue haleine réunissant les pays de l'Union européenne, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, le Japon, la Corée du Sud et l'Inde. Il est destiné à démontrer la possibilité d'une fusion thermonucléaire, comparable à ce qui se passe à l'intérieur du soleil. Le 17 janvier, le directeur de la communication d'Iter international, Neil Calder, avait indiqué que les budgets américains de recherche avaient été diminués, entraînant une suspension de la contribution américaine en 2008. "Cette année, cela n'a pas d'impact mais cela en aurait l'année prochaine", a estimé M. Ikeda. Il a souligné que les Etats-Unis continuent à "soutenir" les membres américains de l'organisation Iter international, qui gère ce projet depuis le site de Cadarache, et "participent aux réunions d'Iter".

Les discussions budgétaires pour 2009 seront très importantes mais risquent d'être retardées par l'élection présidentielle aux Etats-Unis. "Il est vraiment nécessaire de maintenir la participation des Etats-Unis et de leur communauté scientifique", a insisté M. Ikeda après une visite des premiers travaux réalisés par la France à Cadarache. La France a été choisie pour le siège d'Iter après une âpre bataille avec le Japon. Elle doit viabiliser le site et a entrepris de gigantesques travaux de terrassement avec plus de 2,3 millions de m3 de terre déplacés. Le coût total d'Iter est évalué à 10 milliards d'euros répartis entre les différents participants. Le réacteur devrait être pleinement opérationnel en 2018.

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jocelyn.peyret@sortirdunucleaire.fr
21 juillet 2008
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