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Nouvelle alerte à la contamination, inondation du site du Tricastin et négligences relevées par l'AIEA
Une nouvelle alerte à la contamination radioactive a frappé le site nucléaire du Tricastin la nuit du 14 au 15 décembre : les locaux de la Socatri et de BCOT sont inondés par la Gaffière en crue. En cause, des grilles de sécurité qu'Areva aurait "oublié" de relever. A Cruas-Meysse, la centrale nucléaire d'Ardèche est enfin inspectée par l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Nucléaire) qui pointe plusieurs "négligences". Le 13 novembre dernier, l'ASN avait déjà adressé une «mise en demeure» de mener des travaux de mise en conformité à la loi du 13 juin 2006 . Le réseau associatif "Sortir du nucléaire"  "Sortir du nucléaire" demande d'urgence des mesures de radioactivité indépendantes... alors qu'Areva vient de   décider d'avancer de trois ans la construction d'une deuxième unité d'enrichissement d'uranium sur le site du Tricastin et que l'électricien japonais Kansai bientôt au capital de Georges-Besse II !
Montée des eaux : plan d'urgence interne sur le site nucléaire du Tricastin

AFP - 15.12.08 - Les exploitants des installations nucléaires SOCATRI et BCOT ont déclenché dans la nuit de dimanche à lundi un plan d'urgence interne au vu d'une montée rapide du niveau des eaux de la Gaffière, le cours d'eau qui traverse le site du Tricastin, a annoncé lundi soir l'ASN. Le déclenchement de ce "plan d'urgence interne" a débuté lundi à 02H00 du matin, a précisé l'ASN (Autorité de sûreté nucléaire) dans un communiqué. SOCATRI est exploitée par le groupe AREVA, et BCOT (Base chaude opérationnelle du Tricastin) est exploitée par EDF.

La montée du niveau des eaux s'est poursuivie jusqu'à 3 heures du matin, et plusieurs locaux de la SOCATRI et de la BCOT ont été inondés. "Les plans d'urgence internes ont été levés par les exploitants aux alentours de 5h du matin après un reflux des eaux", précise le communiqué. Les exploitants ont informé l'ASN que l'eau entrée dans les locaux est restée à l'intérieur et qu'elle fera l'objet d'un traitement adapté. Cette montée des eaux est due à d'importantes précipitations et à des manoeuvres de régulation des eaux.

L'ASN procèdera à l'analyse de cette situation en liaison avec les exploitants et les services de l'Etat en charge des contrôles de l'exploitation des barrages. Dans son communiqué, l'ASN rappelle que SOCATRI exerce des activités sur les matériels et effluents en provenance d'EURODIF (assainissement et maintenance sur les composants). Elle réalise également des prestations pour le compte de l'ANDRA (tri et conditionnement de déchets, notamment en provenance du milieu hospitalier).

L'installation BCOT est exploitée par EDF. Elle a pour vocation l'entretien et l'entreposage des matériels et outillages provenant des circuits et matériels contaminés des réacteurs électronucléaires, à l'exclusion d'éléments combustibles, notamment les tubes guides, les outillages d'intervention, les matériels voués au démantèlement et les couvercles de cuve, ajouté le communiqué.

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Tricastin : un plan d'urgence pour une grille oubliée ! (L'Usine nouvelle - 17/12/2008 - Ana Lutzky). Une nouvelle alerte à la contamination radioactive a frappé le site nucléaire du Tricastin la nuit du 14 au 15 décembre : les locaux de la Socatri et de BCOT sont inondés par la Gaffière en crue. En cause, des grilles de sécurité qu'Areva aurait « oublié » de relever. 

Patatras, les exploitants de la Socatri et de BCOT déclenchent un plan d'urgence dans la nuit du dimanche 14 décembre au lundi 15 décembre, à 2 heures du matin selon l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Des fortes pluies se sont abattues sur la région Rhône-Alpes ces derniers jours, faisant rapidement monter le niveau de la Gaffière. Les locaux de la Socatri et BCOT, respectivement filiales d'Areva et d'EDF sont inondés sur le site du Tricastin, et le niveau de l'eau dans les locaux dépasse le niveau de protection requis pour lancer l'alerte. Après le rejet accidentel de 74 kg d'uranium à même le sol de la Socatri le 8 juillet dernier, les eaux entourant le site ne sont décidément pas bonnes à boire. Un communiqué de l'ASN précise néanmoins que "les plans d'urgence internes ont été levés par les exploitants aux alentours de 5h du matin après un reflux des eaux". Que s'est-il passé ?

Au fond de la cuvette. « On est dans une zone inondable » explique Roland Desbordes, secrétaire général de la Commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité (Criirad). Un des points les plus bas du site du Tricastin est en effet précisément celui où se situent la Socatri et BCOT, au sud : c'est là où convergent les deux ruisseaux naturels du coin, la Gaffière et le Lauzon. Un canal construit de toutes pièces s'y ajoute, le Lonzère, plus facile à endiguer, car bétonné. « Il y a beaucoup d'eau autour du site. Les rivières sont promptes à sortir de leur lit, car à moins d'un mètre de la surface » poursuit-il. Il cite en particulier une zone où la Gaffière rentre sur le terrain industriel du Tricastin. Des grilles y sont posées pour protéger le site de l'intrusion : « en rentrant dans le cours d'eau et en le traversant, il serait possible d'entrer sur le site nucléaire».

Une grue s'active à trois heures du matin. « Lors des fortes pluies, des consignes sont données au sein de la Compagnie nationale du Rhône pour dévier de l'eau du canal et abonder dans la Gaffière.» explique Charles-Antoine Louët, chef de la division de l'ASN de Lyon.« Cela fait partie des manœuvres classiques en cas de fort débit. » Certes. Le problème se situe au niveau des grilles évoquées par Roland Desbordes, posées sur la Gaffière sur une dizaine de mètres. Ces grilles sont normalement soulevées par l'exploitant quand le débit est trop fort, car elles risquent de charrier des branchages. Or dans la nuit du 14 au 15 décembre, les grilles sont restées dans l'eau : « un amas de boue et de cailloux a formé un bouchon artificiel en aval », explique l'ASN, causant une hausse rapide du niveau des eaux de la rivière. Une heure après le déclenchement du plan d'urgence, Areva a finalement retiré cette grille à l'aide d'une grue, permettant la décroissance rapide du cours d'eau, et dénouant l'embarassante situation. « A trois heures du matin, les eaux ont décru d'un mètre», précise Charles-Antoine Louët.

De l'eau en quarantaine. Reste que l'eau est rentrée dans les deux installations industrielles du site. A l'heure actuelle, dans la Socatri, « les eaux ont été pompées puis mises dans des containers. Elles seront traitées comme des eaux industrielles normales » rapporte le chef de la division de l'ASN de Lyon. « Les locaux qui ont été impactés sont des locaux non nucléaires, et se situent en point bas : l'eau n'est fort heureusement pas ressortie. » Néanmoins, est- elle susceptible d'avoir été contaminée ? « Les cartographies à base de frottis du sol lors des derniers contrôles radiologiques ont montré que ce n'est pas le cas » répond Charles-Antoine Louët. La BCOT est dans la même situation. «Quelques locaux ont eu des entrées d'eau, mais l'eau n'est pas ressortie.»

Dans les faits, il ya donc peu lieu de s'inquiéter. « Les conséquences réelles et potentielles sont faibles » rassure l'autorité de sûreté. Sur les causes de l'incident néanmoins, l'ASN a demandé des comptes à l'exploitant. « Nous avons demandé à Areva d'examiner les conditions de manutention des grilles ». Histoire de ne plus se noyer dans des verres d'eau ?

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Inondation du site nucléaire du Tricastin : "Sortir du nucléaire" demande d'urgence des mesures de radioactivité indépendantes

Dans la nuit de dimanche à lundi, un plan d'urgence interne a été déclanché sur le site nucléaire du Tricastin, du fait de l'inondation des installations nucléaires SOCATRI-AREVA et BCOT-EDF. Cette alerte est due à la montée des eaux de la Gaffière, le fameux cours d'eau qui traverse le site du Tricastin, et qui a été contaminé à plusieurs reprises ces dernières semaines - et particulièrement du fait de la grave fuite d'uranium de début juillet.

Les exploitants AREVA et EDF prétendent qu'aucune contamination n'est ressortie du site, mais l'expérience a montré que leurs discours étaient très peu fiables. Il est donc nécessaire que des mesures soient faites dès ce mardi par des organismes indépendants, par exemple la Criirad, ou des laboratoires étrangers. C'est au ministère de l'écologie de contacter au plus vite de tels organismes.

De façon générale, alors que le site nucléaire du Tricastin existe depuis près de 50 ans, il est stupéfiant que les exploitants soient surpris par la montée des eaux de la Gaffière. C'est une nouvelle démonstration de l'incompétence et de l'irresponsabilité de l'industrie nucléaire, et de l'impuissance des organismes de sûreté (ASN, IRSN). Ces organismes passent le plus clair de leur temps à "démontrer" que la sûreté des installations nucléaires est assurée, mais ils sont régulièrement démentis par les faits.

De toute évidence, il va y avoir tôt ou tard en France un accident grave, voire une catastrophe nucléaire. Pour l'éviter, il faut au plus vite mettre en oeuvre un plan de sortie du nucléaire, accompagné de mesures très ambitieuses en faveur des économies d'énergie et du développement des énergies renouvelables.

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Tricastin : Areva accélère le développement de son site du Tricastin (Le Figaro - Paris,France)

Selon les Echos, le groupe va bientôt débuter le chantier de construction d'une deuxième centrale d'enrichissement d'uranium sur son site du Tricastin. ... Areva a décidé d'avancer de trois ans la construction d'une deuxième unité d'enrichissement d'uranium sur le site du Tricastin, rapporte Les Echos  alors que l'électricien japonais Kansai bientôt au capital de Georges-Besse II après l'entrée au capital de GDF Suez

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Cruas-Meysse : la centrale nucléaire d'Ardèche inspectée par l'AIEA (Le Figaro - 17/12/2008 - Maurin Picard)

Les quatre immenses tours aéro-réfrigérantes déroulent leurs tourbillons de fumée blanche à la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche). En ce début décembre, 54 des 58 réacteurs du parc nucléaire français d'EDF sont en production. Malgré le temps cataclysmique qui frappe l'Ardèche ce matin-là, il y a foule dans la salle des fêtes de Cruas reconvertie en salle de conférence. Les experts de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) bouclent leur évaluation de la centrale de Cruas-Meysse et présentent leurs conclusions aux édiles locaux, employés et cadres de l'entreprise.

À Cruas, on n'a jamais vu ça depuis que cette centrale est entrée en fonctionnement en 1983 : ce n'est pas l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le «gendarme» français de l'atome, qui va donner son avis sur l'état des installations, mais un panel d'experts venus de toute la planète. Écossais, hongrois, tchèques, slovaques, belges, allemands, indiens, japonais, ­américains, russes ou suédois, à eux tous, ils cumulent plus de «300 ans d'expérience» sur ce type de mission dit «Osart», pour Operational Safety Review Team ou «équipe de vérification de la sûreté opérationnelle».

Trois semaines d'étude. Pour le personnel de la centrale, 1 200 employés et 600 sous- traitants, c'est l'événement de l'année. Pour EDF, et pour l'industrie nucléaire française, c'est l'occasion de comparer le savoir-faire français à ce qui se fait ailleurs, d'accepter de voir ses certitudes remises en cause en matière de sûreté nucléaire, et accessoirement d'afficher une transparence à toute épreuve. «C'est une chance unique de s'interroger sur nos propres pratiques, en profitant d'un regard extérieur», explique le directeur de Cruas-Meysse, François Verdiel. «Un opérateur nucléaire doit rester humble et persévérant», renchérit André Digoin, directeur délégué sûreté à la direction de la production nucléaire d'EDF.

Doté d'un flegme écossais à toute épreuve, le chef de la mission Osart, Neil Henderson, présente les conclusions de ses hommes, après trois semaines passées à étudier la centrale sous toutes ses coutures. Tout y passe : la formation des personnels, la réactivité des équipes de secours en cas d'urgence, l'état général des infrastructures et des matériaux, le rangement des locaux, les normes de sécurité pour le stockage du combustible, le respect des procédures. Le ton est courtois, mais le propos sans concession. «Il ne s'agit pas, martèle Neil Henderson, d'établir un classement des centrales du monde.» L'AIEA n'est pas là pour décerner des notes, complimenter un pays sans retenue et vilipender son voisin.

Mais si l'Osart était un conseil de classe, Cruas-Meysse aurait sans doute hérité d'un décevant «peut mieux faire». Les «Osart» ont noté des détails qui ternissent une impression d'ensemble plutôt favorable. Cruas-Meysse, qui représente 5 % de la production d'électricité nationale et 40 % de la consommation en région Rhône-Alpes, ne sera probablement jamais un Tchernobyl français. Mais en fouillant dans les coins, les experts étrangers ont découvert, ici des matériaux au degré d'usure un peu avancé, là des pots de peinture mal rangés, plus loin, des carences dans la formation des employés.

Courtoisie oblige, ils n'ont pas oublié de tresser des lauriers à leur hôte, louant le dévouement du personnel, l'embauche récente d'un pompier professionnel, la mise en place d'une base de données pour la notification des incidents mineurs. Même si, note l'Indien Suresh Fotedar, «la description des incidents gagnerait à être mieux détaillée». Interrogé sur les petits manquements à la rigueur, le chef adjoint Osart, le Hongrois Gabor Vamos trouve que tout cela, finalement, reste «terriblement français».

Le bilan est mitigé, mais François Verdiel s'en contentera. La mission Osart vient couronner la politique de transparence voulue par EDF et au niveau local, deux années éprouvantes consacrées à de grands travaux qui s'imposaient : le nettoyage chimique des générateurs de vapeur, encrassés, et la refonte ­complète des services de maintenance de la centrale.

Mise en demeure de l'ASN. Mais le directeur de Cruas-Meysse a d'autres chats à fouetter. Le 13 novembre dernier, l'ASN de Lyon lui a adressé une «mise en demeure» de mener des travaux de mise en conformité à la loi du 13 juin 2006 relative à la transpa­rence et à la sécurité en matière nucléaire. La raison de cette injonction : une gestion défectueuse du risque incendie, lié à un entre­posage erratique de matériaux, celui-là même pointé aussi du doigt par les «Osart», ainsi que le ­mauvais état et la signalisation insuffisante de canalisations transportant de l'hydrogène, un gaz explosif qui ronge le métal qui l'entoure. La CNPE de Cruas- Meysse a trois mois pour se mettre en conformité avec les normes de sûreté nucléaire. Sans quoi EDF sera traîné en justice par l'ASN.

Les experts Osart reviendront dans dix-huit mois, pour une ultime «visite de contrôle». Pas de mise en demeure dans la démarche de l'AIEA, mais une simple «recherche d'excellence», dont se targue également EDF. «Lorsque nous revenons, 90 % de nos recommandations ont été suivies ou sont en cours de mise en œuvre», souligne Neil Henderson, rassurant.

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Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 830 associations
Contact presse : 06.64.100.333
http://www.sortirdunucleaire.org/
16 décembre 2008
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