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Dauphiné Libéré - 10 août 2008 2 Nouveaux forages
privés classés à risques
Deux nouveaux forages privés bollénois viennent d'être classés à risques suite aux
dernières analyses effectuées dans le cadre du plan de surveillance mis en place par
l'ASN depuis l'incident du 7 juillet à la Socatri. Vendredi soir, les Bollénois Roger
Eymard et Gilles Millon qui résident route de Lapalud ont en effet reçu la visite des
gendarmes leur portant un courrier de la préfecture.
À l'instar de leur voisin Pascal Reynaud (notre édition du 5 août) qui avait reçu la
même lettre quelques jours auparavant, ils sont vivement incités « à ne pas utiliser
l'eau de leur forage pour les usages alimentaires (boisson, préparation culinaire,
brossage des dents). » Même raison : les teneurs en uranium de leur eau dépassent «
depuis plus d'une semaine la valeur guide recommandée par l'Organisation mondiale de la
santé de 15 microgrammes par litre ». Elles oscilleraient entre 15 et 16 microgrammes
d'uranium par litre d'eau.
Comme le rappelait Marc Champion de l'ASN de Lyon, interrogé sur le cas du forage de
Pascal Reynaud : « à ces seuils là, l'eau est tout à fait potable et sans danger pour
la santé» (¹) : il s'agit d'une simple « mesure de précaution prise par les pouvoirs
publics » qui répond au plan de surveillance mis en place par l'Autorité de sûreté
nucléaire, mais qui ne remet pas en cause l'arrêté du 22 juillet portant levée des
interdictions sur la consommation d'eau.
"Dommage seulement qu'il ait fallu attendre un mois"
Il reste que pour Roger Eymard et Gilles Millon, l'approvisionnement par citerne en eau de
la ville continue. Une situation difficile à vivre au quotidien qui a fait réagir Areva.
«Voyant qu'on en était réduit à vivre dans des conditions plutôt rudimentaires, Areva
nous a fait installer hier des surpresseurs afin que nous puissions avoir l'eau dans la
maison. Ça nous change la vie. Depuis un mois, on était obligés de se laver dans la
douche de notre camping-car approvisionné avec l'eau de la citerne de la ville», raconte
Roger Eymard. Et d'ajouter : «On ne peut pas dire qu'Areva ne prend pas ses
responsabilités. Dommage seulement qu'il ait fallu attendre un mois !»
(¹) Pour la Criirad, «la norme admise de 15 microgrammes par litre par l'OMS signifie
qu'au-dessus le risque existe».
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Associated Press - 08.08.2008
Socatri : la justice ordonne la désignation d'un expert
indépendant
Le juge des référés du tribunal de grande instance de Carpentras (Vaucluse) a ordonné
vendredi la désignation d'un expert judiciaire indépendant à la demande de la ville de
Bollène suite à la fuite d'uranium de la société Socatri en juillet sur le site
nucléaire du Tricastin, apprend-on de source judiciaire.
La commune de Bollène avait demandé lundi au juge des référés de désigner "un
expert en environnement et en santé publique, qui pourra éventuellement s'adjoindre le
concours d'un spécialiste en nucléaire" pour évaluer les incidences sur
l'environnement et la santé publique de l'incident nucléaire du 7 juillet.
Soixante-quatorze kilogrammes d'uranium s'étaient déversés dans les rivières voisines,
entraînant la mise en place de mesures de précaution et d'interdiction sur les eaux de
captage et la consommation des poissons.
"Cette décision est une satisfaction pour la ville de Bollène, dont l'objectif
était d'obtenir plus de transparence et de neutralité sur les conséquences de cet
incident", a déclaré à l'Associated Press Me Jean-Marc Peyrical, l'un des avocats
de la commune. "On attend désormais le contenu exact de sa mission et la
désignation de l'expert. Cela devrait prendre quelques semaines".
La ville de Bollène a également annoncé son intention de se porter partie civile contre
la Socatri au nom de la loi sur la responsabilité environnementale (LRE) adoptée le 22
juillet dernier. Trois riverains du site de la Socatri, ainsi que Greenpeace et le réseau
Sortir du nucléaire ont également déposé plainte.
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"Sortir du nucléaire" demande la fermeture de la
Socatri
AFP - 06.08.08 - Le réseau Sortir du nucléaire a demandé mercredi la "fermeture
immédiate et définitive de la Socatri", usine sur le site nucléaire du Tricastin
à Bollène (Vaucluse) où des rejets "trop forts de carbone 14" se sont
produits en juillet et ont été annoncés mercredi par l'Autorité de sûreté
nucléaire. Le réseau écologiste demande également "un audit indépendant de
toutes les usines d'Areva", citant notamment celle de la Comurhex-Areva de Malvesi
(Aude), "coupable de graves rejets dans l'environnement ces derniers mois".
Les rejets continuels de carbone 14 (et de tout autre gaz radioactif) "soumettent les
riverains des installations nucléaires à des irradiations qui, même à des faibles
doses, sont très dangereuses dans la durée", écrit Sortir du nucléaire, qui
dénonce, "comme lors de la fuite d'uranium du 8 juillet, une rétention
d'information de la part d'Areva qui connaissait le problème depuis début juillet et a
attendu un mois avant d'avertir l'autorité de sûreté".
La Socatri a constaté le 4 juillet, lors du traitement de déchets, "un
dépassement, pour le mois de juin, de sa limite de rejet mensuelle de carbone 14
gazeux", qui a continué après l'arrêt de l'activité de l'atelier en cause, a
indiqué dans un communiqué l'ASN, qui a classé l'incident au niveau 1 de l'échelle
Ines (qui en compte 8, numérotés de 0 à 7).
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Nouvel incident au Tricastin : rejets mensuels de carbone 14
trop importants
AFP - 6 aout 2008 - PARIS - Un second incident sans impact majeur sur l'environnement,
avec de trop forts rejets de carbone 14, s'est produit en juillet à l'usine Socatri
(Areva) sur le site nucléaire du Tricastin à Bollène (Vaucluse), a annoncé mercredi
l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).
La Socatri a constaté le 4 juillet "un dépassement, pour le mois de juin, de sa
limite de rejet mensuelle de carbone 14 gazeux", qui ont continué après l'arrêt de
l'activité de l'atelier en cause, a indiqué dans un communiqué l'ASN, qui a classé
l'incident au niveau 1 de l'échelle Ines (qui en compte 8).
L'ASN, prévenue le 5 août, a pris mercredi "une décision interdisant la reprise
par la Socatri de toute activité générant des rejets de carbone 14 et ce jusqu'à la
fin de l'année 2008", a-t-elle ajouté. "Selon les premières estimations,
l'impact de ce rejet sur l'environnement et la population a été jugé très faible, de
l'ordre de quelques microsieverts, soit moins de quelques millièmes de la dose annuelle
autorisée pour le public", a encore précisé l'ASN.
Dans la nuit du 7 au 8 juillet, une fuite de 74 kg d'effluents uranifères s'était déjà
produite dans la même usine Socatri du site du Tricastin.
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Vaucluse Matin - 5 aout 2008
Fuite d'uranium - Un agriculteur incité à ne pas boire
l'eau de son forage
C'est un courrier un peu particulier transmis en mains propres non par le facteur mais
par les gendarmes qu'ont reçu Pascal et Christine Reynaud jeudi. Une lettre de la
préfecture de Vaucluse dont le couple d'agriculteurs bollénois, résidant quartier du
pont de Coucau a accusé réception, leur mentionnant qu'ils étaient vivement « incités
à ne pas utiliser l'eau issue de leur forage pour les usages alimentaires (boisson,
préparation culinaire, brossage des dents) et à utiliser l'eau du réseau public auquel
(ils) sont raccordés. » Un simple "conseil", le préfet ne pouvant interdire
dans la mesure où il s'agit d'un forage privé Pascal Reynaud vient de recevoir un
courrier de la préfecture lui conseillant de ne pas boire l'eau de son forage.
Un simple "conseil" La préfecture y explique que du fait du plan de
surveillance mis en place depuis l'incident à la Socatri, qui le 8 juillet dernier a vu
la fuite de 74 kg d'uranium dans le ruisseau de la Gaffière, et après la levée des
interdictions sur l'utilisation de l'eau le 22 juillet, des prélèvements continuent
d'être effectués tous les jours par la Socatri afin de connaître l'état de la nappe
phréatique ; or ceux réalisés au niveau du forage situé au domicile des Reynaud ont
révélé des teneurs en uranium dans l'eau « légèrement supérieures à la valeur
guide recommandée par l'Organisation mondiale de la Santé de 15 microgrammes par litre,
et ce durant une semaine. »
La préfecture « n'a pas souhaité commenter ce courrier personnel adressé par une
administration à un particulier ». «On serait les seuls à avoir l'eau de notre forage
à 17-18 microgrammes par litre» Il reste que cela ne vient pas atténuer la colère du
couple d'agriculteurs. Même si les Reynaud sont raccordés en partie au réseau d'eau de
la ville, ils restent très inquiets. « On est excédés ! » lâche Christine Reynaud.
Entre les visites quotidiennes des employés municipaux venus les approvisionner en eau et
celles de la Socatri réalisant des prélèvements journaliers, difficile pour eux
d'oublier l'affaire du Tricastin.
« On a tous les jours entre 17 et 18 microgrammes d'uranium par litre d'eau, et d'après
ce qu'on nous a dit, on serait les seuls dans ce cas. », précise le couple, s'appuyant
sur les résultats d'analyses adressés par la préfecture. « Pourquoi chez nos voisins,
il a été relevé des teneurs inférieures, autour de 12-13, ou en dessous, autour de
3-4-5 ? » Et Pascal Reynaud de s'inquiéter des risques sanitaires, même si les experts
affirment le contraire. «Et y a-t-il eu des pollutions antérieures et dont on n'aurait
pas été alertés?» Le couple qui fait partie des riverains qui ont déposé plainte
pour mise en danger d'autrui, «veut des réponses à ses questions et qu'un tel incident
ne se reproduise pas. Nous ne sommes pas contre le nucléaire. Mais il faut de la
transparence.»
REPÈRES : PLAN DE SURVEILLANCE
Le plan de surveillance mis en place par l'ASN prévaut que : «Tous les forages privés
des habitations non raccordées au réseau d'eau potable et situés sur la partie Ouest de
la commune de Bollène (depuis le Lauzon et la Gaffière jusqu'au canal de
Donzère-Mondragon) et à l'intérieur de la bande des 100 mètres de part et d'autre du
Lauzon, sont analysés : tout dépassement de la valeur de 15 microgrammes d'uranium par
litre d'eau conduira à la mise en place d'une surveillance quotidienne, tout dépassement
ponctuel de la valeur de 30 microgrammes d'uranium par litre d'eau ou de 15
microgrammes/litre pendant plus d'une semaine, conduira à une concertation (ASN, IRSN,
préfectures) sur les mesures à mettre en oeuvre pour le forage concerné.» Sur les
quelque 300 forages disséminés dans la plaine de Bollène, une trentaine sont
surveillés depuis l'incident.
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