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Energie nucléaire - energie sale
EDF épinglée
par l'Autorité de sûreté sur le "risque d'explosion" !
EDF a été mise en demeure de mettre la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en conformité "vis-à-vis du risque d'explosion", a annoncé lundi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Canalisations mal entretenues, oxydées et corrodées alors qu’elles servent au transport des fluides explosifs, absence de contrôles périodiques permettant de vérifier leur état et d’identifier les défauts d’étanchéité, non-signalisation  de ces canalisations sur les plans mis à disposition des services d’incendie… Tout ceci en violation d’une réglementation datant de 1999. Comment se fait-il alors que l’'ASN ait accordé, en 1999, un délai de 6 ans... Au moins 3 autres centrales nucléaires sont concernées : Le Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en Tarn-et-Garonne.
AFP - 17.11.08 - EDF a été mise en demeure de mettre la centrale nucléaire de Cruas-Meysse (Ardèche) en conformité "vis-à-vis du risque d'explosion", a annoncé lundi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans un communiqué. Selon l'ASN, des inspections menées en septembre et octobre pour contrôler "l'application de la réglementation concernant la maîtrise des risques d'explosion" sur cette centrale ont "détecté des écarts à la réglementation concernant les canalisations de transport de fluides explosifs".

Celles-ci, selon la réglementation en vigueur, doivent être "convenablement entretenues", faire l'objet "d'examens périodiques appropriés", être "consignées sur un plan" et "signalées in situ conformément aux normes en vigueur". Notant "une carence dans l'application de ces règles", l'ASN "a donc mis en demeure EDF de mettre en conformité, sous trois mois, la centrale nucléaire de Cruas-Meysse", précise le communiqué.

Par ailleurs, l'ASN a noté lors d'inspections ces dernier mois, notamment sur les centrales nucléaires du Blayais, de Civaux et de Golfech, "qu'il était nécessaire qu'EDF mette en oeuvre un plan d'actions plus général" concernant la maîtrise du risque d'explosion "pour l'ensemble des centrales nucléaire".

En conséquence, l'Autorité lui a prescrit des "actions à mettre en oeuvre sous trois mois", concernant notamment le pilotage renforcé "permettant de garantir le respect de la réglementation relative au risque d'explosion" et "l'examen de conformité de l'ensemble des canalisations de fluides explosifs avec les exigences de la réglementation".

L'explosion de ces canalisations pourrait "endommager des éléments essentiels au maintien de la sûreté ou conduire à une rupture du confinement et donc à la dispersion de matières radioactives dans l'installation voire dans l'environnement", rappelle l'ASN.

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La CRIIRAD a pris connaissance des documents de l’'ASN et publie ci-dessous un premier niveau de réaction. Une analyse en profondeur nécessite plus de temps pour obtenir les documents et informations nécessaires auprès de l’exploitant et des autorités. Les dysfonctionnements mis en évidence à Cruas-Meysse sont présentés par l’Autorité de Sûreté Nucléaire – autorité en charge du contrôle des installations nucléaires – comme particulièrement graves.

Selon l'’ASN, ils concernent en effet un « risque d’explosion » susceptible, en outre, « d’endommager des éléments essentiels au maintien de la sûreté ou de conduire à une rupture du confinement ». La mise en demeure publiée par l’ASN signale des canalisations mal entretenues, oxydées et corrodées alors qu’elles servent au transport des fluides explosifs, dénonce l’absence de contrôles périodiques permettant de vérifier leur état et d’identifier les défauts d’étanchéité, précise que ces canalisations ne figurent pas sur les plans mis à disposition des services d’incendie (1) … Tout ceci en violation d’une réglementation datant de 1999 (2).

Dans ces conditions,

1. Comment se fait-il que l’'ASN ait accordé, en 1999, un délai de 6 ans ( !?) à EDF pour se mettre en conformité avec les prescriptions de cet arrêté ?

2. Comment se fait-il qu’à l’issue d’un délai aussi long, l’'ASN se soit apparemment contentée d’un courrier d’EDF indiquant qu’à une exception près (mais qui ne concernait pas le risque d’explosion) l’ensemble des actions de mise en conformité étaient réalisées et qu’elle ait encore attendu 2 ans et 7 mois pour effectuer une inspection destinée à vérifier si les déclarations d’EDF étaient étayées et la mise en conformité effective ?

3. Comment se fait-il que l’inspection des 25 et 26 septembre n’ait pas donné lieu à injonction, qu’il ait fallu une seconde inspection le 24 octobre, puis encore 3 semaines pour qu’une mise en demeure soit adressée à l’exploitant, soit au total un délai supplémentaire d’un mois et demi ?

4. Et comment se fait-il que la mise en demeure du 13 novembre accorde encore à EDF un délai de 3 mois pour se mettre en conformité… avec des prescriptions qui datent de 1999 ?

5. Et comment se fait-il que l’obligation de veiller à l’étanchéité de canalisations transportant des matières radioactives, corrosives, inflammables ou explosives ne date que de 1999 ? Est-ce que cette obligation n’existait pas dès la mise en service des 4 réacteurs de Cruas-Meysse en 1984 – 1985 ? Si elle existait, cela veut dire qu’EDF fonctionne depuis plus de 23 ans sans contrôler correctement ce paramètre clef et sans que les autorités de contrôle ne s’en émeuvent. Si ce n’est pas le cas et qu’il a fallu attendre 1999, soit 15 ans après le démarrage, pour que ces contrôles basiques mais essentiels soient obligatoires, c’est véritablement scandaleux. On ne sait laquelle de ces 2 options est la plus préoccupante.

Une fois encore, les constats de terrain laissent entrevoir un fonctionnement du parc électronucléaire français très éloigné des discours publicitaires des exploitants et d’une technologie « high tech » soumise à des contrôles draconiens : des canalisations corrodées, des défauts de surveillance et de signalisation… on ne peut que s’interroger sur le sens qu’a l’exploitant de ses responsabilités. Comment se fait-il qu’il néglige des contrôles aussi déterminants pour la sûreté de son installation ?

De toute évidence, au moins 3 autres centrales nucléaires sont concernées : Le Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en Tarn-et-Garonne. Pour les autres installations nucléaires, on est dans l’expectative : sont-elles absentes de la liste car le risque « explosion » y est correctement géré … ou parce que leur conformité aux prescriptions de 1999 n’a pas encore été contrôlée ?

Compte tenu des conséquences majeures d’un accident nucléaire, avant tout sur le plan sanitaire mais également environnemental, agricole, touristique et économique, des dysfonctionnements aussi graves devraient faire l’objet d’une enquête approfondie portant sur la gestion de l’exploitant mais également sur la fiabilité de l’encadrement réglementaire. Il faudrait s’interroger sur la place centrale accordée à l’auto-surveillance, sur les passerelles aménagées entre exploitants d’activités à risques et contrôleurs, sur les arbitrages entre rentabilité et sûreté ... Malheureusement, la loi du 13 juin 2006 a organisé la quasi impunité de l’ASN. Quant à l’exploitant, les délais successifs de mise en conformité en disent long sur la « rigueur » des contrôles auxquels il est soumis. La loi a par ailleurs strictement limité, et depuis longtemps, sa responsabilité en cas d’accident. C’est la population qui en supportera, et sur tous les plans, les conséquences. Elle a donc intérêt à être exigeante et à demander des comptes sur la façon dont les activités nucléaires sont gérées et contrôlées.


(1) Des incendies se produisent régulièrement sur les sites nucléaires. Le fait que les services de secours ignorent la localisation de canalisations susceptibles d’exploser et d’aggraver considérablement la situation, laisse présager le pire en cas de problème. Il s’agit pourtant là du B. A. BA de la gestion des sites à risque.
(2) Arrêté du 31 décembre 1999 fixant la réglementation technique générale destinée à prévenir et limiter les nuisances et les risques externes de l’exploitation des installations nucléaires de base.

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Portes ouvertes énergies renouvelables : venez visiter des sites équipés près de chez vous.

Ce week-end, 22 et 23 novembre 2008, le Comité de Liaison des Energies renouvelables (CLER) organise des portes ouvertes de sites équipés en énergies renouvelables.

Partout en France, plus de 120 sites sont ouverts : maisons individuelles, bâtiments publics, entreprises...

Venez découvrir concrètement le solaire thermique, le solaire photovoltaïque, l'éolien, la petite hydraulique, la filière bois, les constructions innovantes, des pratiques d'isolation...

Toutes les adresses sont disponibles sur le site :
http://www.cler.org/info/spip.php?rubrique414

Cette initiative est saluée par le Réseau "Sortir du nucléaire".



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Le Dauphiné Libéré - 13 novembre 2008

Tricastin : où en est l'étude sur les cancers ?


«Vous vous souvenez qu'on a demandé une étude épidémiologique sur la zone du Tricastin. Celle-ci devrait commencer avant la fin de l'année, pour un rendu en mars 2009 » a déclaré benoîtement Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Environnement, vendredi dernier. Un scoop ? Pas vraiment.
L'étude ? Une initiative locale

Car la fameuse étude épidémiologique, recommandée dès l'enquête publique sur Georges Besse II et actée en mars 2007, a été arrachée par les associations écologistes comme la Frapna et grâce au soutien du Conseil général de la Drôme.
C'est donc bien une initiative locale que cette étude fort opportunément récupérée par le ministre... Une étude sur les cancers dans la zone du Tricastin aura donc bien lieu. Le 21 novembre prochain, la Cigeet (commission d'information des grands équipements énergétiques du Tricastin) devrait valider l'appel d'offres pour le cabinet d'études. "Enfin", pourrait-on dire. Car il a fallu beaucoup de temps à la commission -composée de représentants de l'Autorité de Sûreté nucléaire, de la Frapna, de la DDASS, de la Ligue contre le cancer- chargée d'élaborer le cahier des charges de cette étude, pour se mettre d'accord.
Finalement, il a donc été décidé d'une étude de morbidité (nombre de cancers) et de mortalité sur une zone d'environ 10 km autour du site. «Nous aurions voulu élargir l'étude à l'ensemble de la Drôme, ce que l'ASN a refusé arguant qu'il ne s'agissait pas d'établir "un registre des cancers" mais c'est pourtant bien de cela dont il s'agit» explique Michèle Rivasi, qui n'était pas encore alors la vice-présidente du Département en charge de l'environnement mais l'experte auprès de la FRAPNA.
Cette première phase est budgétée et sera financée conjointement par l'ASN (Etat) et le conseil général.

«C'est très bien que nous ayons l'aval de Borloo, indique Michèle Rivasi, mais nous voulons absolument garder la maîtrise d'ouvrage. Si c'est l'Etat, il va déléguer aux organismes, tels que l'Institut de veille sanitaire, qui n'ont jamais rien fait. La preuve c'est que depuis 20 ans, il y a des gens qui boivent de l'eau contaminée -comme l'a montré l'incident de la Socatri- sans que rien n'ait été fait. »
S'intéresser au parcours, à la fois professionnel et résidentiel

Après le constat, les explications.
C'est l'autre point important de l'étude qui pour l'heure n'est pas actée. «Lorsqu'on constate des zones à agrégats (accumulation de cancers), il faut absolument qu'on s'intéresse au parcours, à la fois professionnel et résidentiel, des gens pour savoir si un jour ou l'autre ils ont été en contact avec des produits chimiques ou nucléaires. Le constat sinon ne servira à rien» insiste Michèle Rivasi.

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Consultez l’Agenda des actions organisées partout en France sur : http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?rubrique1
Réseau "Sortir du nucléaire" - Fédération de 830 associations
Contact presse : 06.64.100.333
http://www.sortirdunucleaire.org/
19 novembre 2008
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