AFP
- 17.11.08 - EDF a été mise en demeure de mettre la centrale nucléaire de Cruas-Meysse
(Ardèche) en conformité "vis-à-vis du risque d'explosion", a annoncé lundi
l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans un communiqué. Selon l'ASN, des inspections
menées en septembre et octobre pour contrôler "l'application de la réglementation
concernant la maîtrise des risques d'explosion" sur cette centrale ont
"détecté des écarts à la réglementation concernant les canalisations de
transport de fluides explosifs".
Celles-ci, selon la réglementation en vigueur, doivent être "convenablement
entretenues", faire l'objet "d'examens périodiques appropriés", être
"consignées sur un plan" et "signalées in situ conformément aux normes
en vigueur". Notant "une carence dans l'application de ces règles", l'ASN
"a donc mis en demeure EDF de mettre en conformité, sous trois mois, la centrale
nucléaire de Cruas-Meysse", précise le communiqué.
Par ailleurs, l'ASN a noté lors d'inspections ces dernier mois, notamment sur les
centrales nucléaires du Blayais, de Civaux et de Golfech, "qu'il était nécessaire
qu'EDF mette en oeuvre un plan d'actions plus général" concernant la maîtrise du
risque d'explosion "pour l'ensemble des centrales nucléaire".
En conséquence, l'Autorité lui a prescrit des "actions à mettre en oeuvre sous
trois mois", concernant notamment le pilotage renforcé "permettant de garantir
le respect de la réglementation relative au risque d'explosion" et "l'examen de
conformité de l'ensemble des canalisations de fluides explosifs avec les exigences de la
réglementation".
L'explosion de ces canalisations pourrait "endommager des éléments essentiels au
maintien de la sûreté ou conduire à une rupture du confinement et donc à la dispersion
de matières radioactives dans l'installation voire dans l'environnement", rappelle
l'ASN........
La CRIIRAD a pris connaissance des documents de l'ASN et publie
ci-dessous un premier niveau de réaction. Une analyse en profondeur nécessite plus de
temps pour obtenir les documents et informations nécessaires auprès de lexploitant
et des autorités. Les dysfonctionnements mis en évidence à Cruas-Meysse sont
présentés par lAutorité de Sûreté Nucléaire autorité en charge du
contrôle des installations nucléaires comme particulièrement graves.
Selon l'ASN, ils concernent en effet un « risque dexplosion »
susceptible, en outre, « dendommager des éléments essentiels au maintien de la
sûreté ou de conduire à une rupture du confinement ». La mise en demeure publiée par
lASN signale des canalisations mal entretenues, oxydées et corrodées alors
quelles servent au transport des fluides explosifs, dénonce labsence de
contrôles périodiques permettant de vérifier leur état et didentifier les
défauts détanchéité, précise que ces canalisations ne figurent pas sur les
plans mis à disposition des services dincendie (1)
Tout ceci en violation
dune réglementation datant de 1999 (2).
Dans ces conditions,
1. Comment se fait-il que l'ASN ait accordé, en 1999, un délai de 6 ans ( !?) à
EDF pour se mettre en conformité avec les prescriptions de cet arrêté ?
2. Comment se fait-il quà lissue dun délai aussi long, l'ASN se
soit apparemment contentée dun courrier dEDF indiquant quà une
exception près (mais qui ne concernait pas le risque dexplosion) lensemble
des actions de mise en conformité étaient réalisées et quelle ait encore attendu
2 ans et 7 mois pour effectuer une inspection destinée à vérifier si les déclarations
dEDF étaient étayées et la mise en conformité effective ?
3. Comment se fait-il que linspection des 25 et 26 septembre nait pas donné
lieu à injonction, quil ait fallu une seconde inspection le 24 octobre, puis encore
3 semaines pour quune mise en demeure soit adressée à lexploitant, soit au
total un délai supplémentaire dun mois et demi ?
4. Et comment se fait-il que la mise en demeure du 13 novembre accorde encore à EDF un
délai de 3 mois pour se mettre en conformité
avec des prescriptions qui datent de
1999 ?
5. Et comment se fait-il que lobligation de veiller à létanchéité de
canalisations transportant des matières radioactives, corrosives, inflammables ou
explosives ne date que de 1999 ? Est-ce que cette obligation nexistait pas dès la
mise en service des 4 réacteurs de Cruas-Meysse en 1984 1985 ? Si elle existait,
cela veut dire quEDF fonctionne depuis plus de 23 ans sans contrôler correctement
ce paramètre clef et sans que les autorités de contrôle ne sen émeuvent. Si ce
nest pas le cas et quil a fallu attendre 1999, soit 15 ans après le
démarrage, pour que ces contrôles basiques mais essentiels soient obligatoires,
cest véritablement scandaleux. On ne sait laquelle de ces 2 options est la plus
préoccupante.
Une fois encore, les constats de terrain laissent entrevoir un fonctionnement du parc
électronucléaire français très éloigné des discours publicitaires des exploitants et
dune technologie « high tech » soumise à des contrôles draconiens : des
canalisations corrodées, des défauts de surveillance et de signalisation
on ne
peut que sinterroger sur le sens qua lexploitant de ses
responsabilités. Comment se fait-il quil néglige des contrôles aussi
déterminants pour la sûreté de son installation ?
De toute évidence, au moins 3 autres centrales nucléaires sont concernées : Le
Blayais en Gironde, Civaux dans la Vienne et Golfech en Tarn-et-Garonne. Pour les
autres installations nucléaires, on est dans lexpectative : sont-elles absentes de
la liste car le risque « explosion » y est correctement géré
ou parce que leur
conformité aux prescriptions de 1999 na pas encore été contrôlée ?
Compte tenu des conséquences majeures dun accident nucléaire, avant tout sur le
plan sanitaire mais également environnemental, agricole, touristique et économique, des
dysfonctionnements aussi graves devraient faire lobjet dune enquête
approfondie portant sur la gestion de lexploitant mais également sur la fiabilité
de lencadrement réglementaire. Il faudrait sinterroger sur la place centrale
accordée à lauto-surveillance, sur les passerelles aménagées entre exploitants
dactivités à risques et contrôleurs, sur les arbitrages entre rentabilité et
sûreté ... Malheureusement, la loi du 13 juin 2006 a organisé la quasi impunité de
lASN. Quant à lexploitant, les délais successifs de mise en conformité en
disent long sur la « rigueur » des contrôles auxquels il est soumis. La loi a par
ailleurs strictement limité, et depuis longtemps, sa responsabilité en cas
daccident. Cest la population qui en supportera, et sur tous les plans, les
conséquences. Elle a donc intérêt à être exigeante et à demander des comptes sur la
façon dont les activités nucléaires sont gérées et contrôlées.
(1) Des incendies se produisent régulièrement sur les sites nucléaires. Le fait que les
services de secours ignorent la localisation de canalisations susceptibles dexploser
et daggraver considérablement la situation, laisse présager le pire en cas de
problème. Il sagit pourtant là du B. A. BA de la gestion des sites à risque.
(2) Arrêté du 31 décembre 1999 fixant la réglementation technique générale destinée
à prévenir et limiter les nuisances et les risques externes de lexploitation des
installations nucléaires de base.
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Portes ouvertes énergies renouvelables : venez visiter des sites équipés près de chez
vous.
Ce week-end, 22 et 23 novembre 2008, le Comité de Liaison des Energies renouvelables
(CLER) organise des portes ouvertes de sites équipés en énergies renouvelables.
Partout en France, plus de 120 sites sont ouverts : maisons individuelles, bâtiments
publics, entreprises...
Venez découvrir concrètement le solaire thermique, le solaire photovoltaïque,
l'éolien, la petite hydraulique, la filière bois, les constructions innovantes, des
pratiques d'isolation...
Toutes les adresses sont disponibles sur le site :
http://www.cler.org/info/spip.php?rubrique414
Cette initiative est saluée par le Réseau "Sortir du nucléaire".
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Le Dauphiné Libéré - 13 novembre 2008
Tricastin : où en est l'étude sur les cancers ?
«Vous vous souvenez qu'on a demandé une étude épidémiologique sur la zone du
Tricastin. Celle-ci devrait commencer avant la fin de l'année, pour un rendu en mars 2009
» a déclaré benoîtement Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Environnement, vendredi
dernier. Un scoop ? Pas vraiment.
L'étude ? Une initiative locale
Car la fameuse étude épidémiologique, recommandée dès l'enquête publique sur Georges
Besse II et actée en mars 2007, a été arrachée par les associations écologistes comme
la Frapna et grâce au soutien du Conseil général de la Drôme.
C'est donc bien une initiative locale que cette étude fort opportunément récupérée
par le ministre... Une étude sur les cancers dans la zone du Tricastin aura donc bien
lieu. Le 21 novembre prochain, la Cigeet (commission d'information des grands équipements
énergétiques du Tricastin) devrait valider l'appel d'offres pour le cabinet d'études.
"Enfin", pourrait-on dire. Car il a fallu beaucoup de temps à la commission
-composée de représentants de l'Autorité de Sûreté nucléaire, de la Frapna, de la
DDASS, de la Ligue contre le cancer- chargée d'élaborer le cahier des charges de cette
étude, pour se mettre d'accord.
Finalement, il a donc été décidé d'une étude de morbidité (nombre de cancers) et de
mortalité sur une zone d'environ 10 km autour du site. «Nous aurions voulu élargir
l'étude à l'ensemble de la Drôme, ce que l'ASN a refusé arguant qu'il ne s'agissait
pas d'établir "un registre des cancers" mais c'est pourtant bien de cela dont
il s'agit» explique Michèle Rivasi, qui n'était pas encore alors la vice-présidente du
Département en charge de l'environnement mais l'experte auprès de la FRAPNA.
Cette première phase est budgétée et sera financée conjointement par l'ASN (Etat) et
le conseil général.
«C'est très bien que nous ayons l'aval de Borloo, indique Michèle Rivasi, mais nous
voulons absolument garder la maîtrise d'ouvrage. Si c'est l'Etat, il va déléguer aux
organismes, tels que l'Institut de veille sanitaire, qui n'ont jamais rien fait. La preuve
c'est que depuis 20 ans, il y a des gens qui boivent de l'eau contaminée -comme l'a
montré l'incident de la Socatri- sans que rien n'ait été fait. »
S'intéresser au parcours, à la fois professionnel et résidentiel
Après le constat, les explications.
C'est l'autre point important de l'étude qui pour l'heure n'est pas actée. «Lorsqu'on
constate des zones à agrégats (accumulation de cancers), il faut absolument qu'on
s'intéresse au parcours, à la fois professionnel et résidentiel, des gens pour savoir
si un jour ou l'autre ils ont été en contact avec des produits chimiques ou nucléaires.
Le constat sinon ne servira à rien» insiste Michèle Rivasi.
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