.Tout
dabord, le projet de loi mentionne la liberté de « produire et consommer avec et
sans OGM ». Rappelons que le « avec » ne figurait pas dans le relevé des décisions
finales du Grenelle. « Dans son ensemble, ce texte organise la coexistence sans résoudre
aucun des problèmes quelle pose, précise Arnaud Apoteker. Or, la coexistence
étant impossible, elle ne fera quorganiser la contamination génétique à grande
échelle. Sa préparation sans consultation des ONG et la procédure dadoption
parlementaire vraisemblablement choisie (lurgence) en janvier laisse craindre le
pire. »
Une Haute Autorité fantocheLa création
de la Haute Autorité pose de très sérieux problèmes. Tout semble avoir été décidé
dans la précipitation : son rôle, ses moyens et sa composition ne sont ni clairs ni
pertinents, Celle-ci devrait être paritaire, or la société civile y est sous
représentée. Greenpeace et les organisations de lAlliance pour la planète
appellent à une représentation par groupes ou organisations et non ad persona. Par
ailleurs, la présence de représentants de lindustrie OGM, qui sont à la fois juge
et parties, est tout à fait inadmissible.
Responsabilité
Le régime de responsabilité prévu a été réduit à peau de chagrin. Il se limite
au préjudice économique subi lorsquune production est contaminée au-delà de
0,9%, uniquement dans lannée de mise en culture et par le biais des seuls champs
voisins. Les autres sources de contamination que la pollen ne sont pas considérées :
transport, silo, stockage, semences Or, selon de nombreux experts, les contaminations les
plus importantes se font en dehors des champs. Nest pas non plus prise en
considération par exemple la durée sur laquelle la contamination peut se produire ; les
repousses dOGM peuvent se produire sur plusieurs années. Par ailleurs, le projet ne
tient pas compte des pertes dimages : perte de labels bio, rouge ou AOC
De plus, le seul responsable est lagriculteur. Les semenciers et les coopératives
sont exonérés de toute responsabilité. Enfin, rien nest envisagé quant aux
préjudices environnementaux (résistances chez certaines espèces, disparition
despèces de papillons
) alors quil sagit évidemment de données
peu connues aux très graves conséquences.
Le sans OGM non qualifié
Plus généralement, ce projet de loi ne qualifie pas le sans OGM. Une récolte qui
contiendrait mois de 0,9% de contamination est considérée par ce texte comme sans OGM.
Or, en dessous de 0,9, ce nest pas sans OGM
Le mois de janvier sera décisif pour lavenir de lagriculture française
car le gouvernement soumet au Parlement son projet de loi sur les OGM. Sil est voté
en létat, cette nouvelle loi permettra le développement des cultures dOGM au
mépris complet des engagements pris à lissue du Grenelle de lenvironnement.
Greenpeace appelle tous les citoyens à interpeller leurs parlementaires afin que ceux-ci
votent une loi qui garantisse la liberté et le droit à produire et consommer sans OGM.
Les OGM ne peuvent « coexister » avec dautres formes dagriculture sans
les condamner inexorablement à une contamination croissante. La « coexistence » est un
leurre qui nous privera définitivement de notre liberté de produire ou de consommer sans
OGM.
Le gouvernement a renié les engagements pris lors du
Grenelle :
* en ne mettant pas en place la clause de sauvegarde, mais une suspension des semis
dOGM jusquau 9 février, mesure ridicule puisquon ne plante pas de maïs
avant avril !
* en rédigeant une loi qui ouvre la porte à la contamination génétique et à
limpunité au lieu dun texte qui protège le droit à produire et consommer «
sans OGM ».
Ce projet de loi ne prend pas en compte le rejet massif des OGM exprimés par les
Français et la majorité des agriculteurs.
Ecrivez à votre député et à vos sénateurs pour leur demander de voter une loi qui
comporte les points suivants :
* lagriculture et lalimentation sans OGM doivent correspondre à une absence
réelle dOGM ;
* tous les opérateurs de la filière OGM doivent être responsables des contaminations
sur tous les préjudices directs ou indirects, immédiats ou différés, même si la
contamination ne vient pas dun champ voisin et plus globalement même si
lorigine de la contamination ne peut être identifiée avec certitude ;
* linformation et la participation du public et des collectivités territoriales
doivent être garanties ;
* lévaluation des OGM doit être indépendante, transparente et pluridisciplinaire.
Le gouvernement doit tenir sa parole et garantir la liberté et le droit de produire et
consommer sans OGM.
Interpellez vos parlementaires !
Les coordonnées de votre député (adresse mail et postale de la permanence) : http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions/
Les coordonnées des sénateurs de votre département (adresses mail) : http://www.senat.fr/elus.html
modele de lettre sur http://blog.greenpeace.fr/wp-content/uploads/2007/12/lettrewebogm.pdf
Objet : refusez le projet de loi sur les OGM tel quil est proposé par le
gouvernement
et signez l'appel pour le droit et la liberté de consommer et produire sans OGM
Madame, Monsieur,
Vous allez prochainement vous prononcer sur un projet de loi concernant les organismes
génétiquement
modifiés (OGM). Tel qu'il est présenté par le gouvernement, ce texte donne le feu vert
à la contamination génétique de notre environnement, notre alimentation et notre
agriculture.
Je vous demande de défendre les principes suivants qui ont été validés par le Grenelle
de l'Environnement et qui ne figurent pourtant pas dans le projet de loi :
- primauté d'une agriculture et d'une alimentation sans OGM ;
- les produits « sans OGM » ne doivent pas contenir plus de 0,1% d'OGM (seuil de
détection) ;
- régime de responsabilité strict et sans faute, impliquant l'ensemble des opérateurs
de la filière OGM, sur l'ensemble des préjudices directs ou indirects, immédiats ou
différés, y compris lorsque la contamination ne vient pas d'un champ voisin et que son
origine ne peut être identifiée avec certitude ;
- respect du droit à l'information préalable et à la participation du public et des
collectivités territoriales ;
- évaluation indépendante, transparente et pluridisciplinaire des OGM.
Comme la grande majorité des Français, je refuse les OGM dans mon assiette et dans les
champs. Cette technologie inutile et comportant des risques très peu évalués pour
l'environnement et la santé ne peut « coexister » avec d'autres formes d'agriculture.
Les OGM menacent la liberté même de choisir.
C'est pourquoi, je vous demande de refuser ce texte de loi et de voter en faveur d'une
loi qui nous permette de continuer à consommer et à produire sans OGM. Sachez que
j'observerai attentivement vos efforts dans ce sens.
Dès à présent, je vous encourage à signer « l'Appel pour la liberté et le droit de
consommer et produire sans OGM », en vous rendant sur le site www.stop-ogm.org
Je vous prie d'accepter, Madame, Monsieur, mes sincères salutations.
Signature : |