Le Monde (Pierre Le Hir) - 9 novembre 2007
Le projet de réacteur international de recherche ITER monte
en régime
La dernière étape juridique préalable à la construction du réacteur ITER
(International Thermonuclear Experimental Reactor), destiné à l'étude de la fusion
nucléaire, a été franchie, mercredi 7 novembre. Au cours d'une visite éclair à
Cadarache (Bouches-du-Rhône), la ministre de l'enseignement supérieur et de la
recherche, Valérie Pécresse, a signé "l'accord de siège" entre la France et
l'Organisation internationale ITER, représentée par son directeur général, le Japonais
Kaname Ikeda. Cet accord fixe les obligations et droits respectifs, en matière notamment
de sûreté nucléaire et de statut des personnels.
Deux ans après la décision des partenaires du projet - Chine, Corée du sud, Etats-Unis,
Europe, Inde, Japon et Russie - d'installer ce grand instrument en France, un an après la
signature du traité international liant les sept parties, les travaux de terrassement
vont donc pouvoir débuter, au printemps 2008, sur un terrain du Commissariat à
l'énergie atomique (CEA) de 180 hectares, où un simple pieu marque aujourd'hui
l'emplacement du futur réacteur. L'équipe, de seulement 7 personnes il y a un an, compte
désormais 290 collaborateurs de 16 nationalités. Elle devrait monter à un millier de
permanents quand commencera l'exploitation d'ITER, prévue fin 2016, pour une durée de
vingt ans.
Une réalisation pharaonique
ITER vise à contrôler, dans une enceinte géante confinée par des champs magnétiques,
la réaction de fusion nucléaire qui s'opère dans les étoiles, en libérant une grande
quantité d'énergie. Le projet représente un investissement de 10 milliards d'euros. Ce
réacteur expérimental ne produira pas d'électricité. Si les nombreux obstacles
technologiques auxquels se heurte encore la maîtrise de la fusion sont surmontés, un
prototype électrogène pourrait prendre la relève vers 2030. Suivi peut-être - mais pas
avant 2050 - de réacteurs industriels.
"ITER est d'abord un rêve, partagé par 34 nations représentant plus de la moitié
de la population de la planète : celui d'offrir à l'humanité une nouvelle source
d'énergie, presque inépuisable et bien plus respectueuse de l'environnement que tous les
combustibles fossiles dont nous abusons tant aujourd'hui", s'est enthousiasmée Mme
Pécresse, en estimant que ce projet "participe d'une exigence devenue désormais
universelle, celle du développement durable".
Cet engouement n'est pas partagé par tous. Samedi 10 novembre, le réseau "Sortir du
nucléaire" organise un rassemblement à Marseille, pour protester contre une
réalisation "pharaonique" aux chances de succès "quasi nulles". Il
réclame "que les sommes immenses prévues pour ce projet soient reversées vers les
plans d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables".
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Agence Reuters et France Presse - 25 octobre 2007Le
Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce la duplicité de Sarkozy
Le réseau Sortir du nucléaire a dénoncé jeudi "la duplicité du président de la
République" sur la question du nucléaire et appelé à une manifestation samedi. Le
gel du nombre de sites nucléaires en France est "une plaisanterie, un
subterfuge", dit l'organisation dans un communiqué diffusé après le discours de
Nicolas Sarkozy de clôture du "Grenelle de l'environnement".
Le chef de l'Etat y a dit qu'il ne voulait pas "créer de nouveaux sites
nucléaires" mais a précisé qu'il ne renoncerait pas à cette énergie. "Il
s'agit d'une annonce aussi ridicule que provocatrice. La France a déjà plusieurs
centaines de sites nucléaires répartis sur tout le territoire et les projets de
nouvelles installations sont tous sur des sites déjà existants", estime Sortir du
nucléaire, qui regroupe 800 associations anti-nucléaires.
- le réacteur EPR est prévu sur le site de le centrale nucléaire de Flamanville
(Manche)
- le réacteur à fusion nucléaire ITER est prévu dans le site nucléaire de Cadarache
(Bouches-du-Rhône)
- l'usine GB2 d'enrichissement de l'uranium est en construction sur le site nucléaire de
Pierrelatte (Drôme)
- le site d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) a déjà été créé.
L'organisation appelle à une manifestation samedi à Paris contre la "politique
pro-nucléaire de Nicolas Sarkozy".
Dans un précédent communiqué, Sortir du nucléaire avait jugé que "le Grenelle de
l'environnement se révèle être une opération de préservation... des intérêts de
l'industrie nucléaire". "M. Sarkozy a obtenu ce qu'il cherchait : déminer la
question écologique sans que jamais ne soit remis en cause le nucléaire, qui est
pourtant une des pires calamités environnementales", ajoutait-il. Les responsables
des collectifs anti-EPR, anti-Iter et José Bové doivent intervenir lors de la
manifestation de samedi dans le XVe arrondissement.
"Tout en soutenant le développement des énergies renouvelables", le réseau
"rappelle que les éoliennes et les panneaux solaires ne font pas disparaître les
déchets radioactifs, ne protègent pas des catastrophes nucléaires, et n'empêchent pas
la prolifération et le terrorisme nucléaire".
L'annonce du "gel" du nombre de sites nucléaires, par le Président de la
République, est donc une plaisanterie, un subterfuge qui ne grandit pas son auteur
précise le "Réseau".
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Le Figaro (Caroline de Malet) - 08/11/2007
Iter, en route pour reproduire lénergie des étoiles
Lorganisation internationale a défini hier avec la France les modalités de mise en
uvre du projet.
Au milieu des 180 hectares de garrigue déboisés de Cadarache, à lépicentre du
site où va être implanté le futur réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter,
flottent désormais sept drapeaux, représentant les partenaires de ce projet pharaonique.
Symboles de la coopération internationale, ils ont assisté hier, comme autant de paires
dyeux, à la signature de l«accord de siège» entre la France et
lorganisation internationale Iter. «Non seulement nous donnons au monde la
première marque tangible de lexistence de lorganisation Iter [
], mais
nous franchissons aussi un nouveau pas vers la réalisation dun rêve, un pas
décisif», a lancé le ministre de lEnseignement supérieur et de la Recherche
Valérie Pécresse, à cette occasion.
Ce rêve, cest celui de parvenir à reproduire lénergie des étoiles par le
biais de la fusion nucléaire. Le principe est de faire fusionner des noyaux
dhydrogène à 100 millions de degrés. Un projet fou, auquel travaillent
darrache-pied les scientifiques du monde entier, avec lespoir de trouver une
solution à la crise énergétique mondiale. Doù lidée de mettre en commun
les efforts de recherche de tous les pays intéressés. Après les expériences menées
avec succès ici ou là par une vingtaine de tokamaks, lidée est cette fois de
construire un prototype unique pour démontrer la faisabilité scientifique et technique
de la fusion à grande échelle. Telle est la vocation dIter, dont la puissance sera
dix fois supérieure au JET, le plus puissant réacteur de fusion actuel établi en
Grande-Bretagne.
Premiers essais en 2016. Signé en novembre 2006, le projet a finalement, au terme
dune âpre bataille avec le Japon, élu domicile dans le sud de la France. Le
traité venant dentrer en vigueur le 24 octobre dernier, lorganisation Iter
peut se mettre en place. Doù la signature hier de ce contrat avec la France, pour
préciser les engagements respectifs de chacun, notamment le respect de la sûreté
nucléaire pour Iter et la mise à disposition du terrain de 180 hectares pour
lÉtat français. Le premier conseil dIter se tiendra les 27 et 28 novembre.
Si la première pierre du bâtiment doit être posée en 2009, le chantier a déjà
démarré, comme en témoignent pelleteuses et baraquements. La viabilisation du site par
lAgence Iter France devrait être terminée dici à fin 2007 et les grands
appels doffres bientôt conclus (plus de 200 contrats, dont 130 pour le matériel et
90 dingénierie). «LÉtat va pouvoir lancer en décembre litinéraire
grand gabarit, route de 110 km reliant Fos-sur-Mer à Cadarache, par lequel transiteront
300 convois en cinq ans pour acheminer les équipements fournis par les partenaires
internationaux, qui seront installés de 2012 à 2014», explique Hubert Derache,
sous-préfet dAix-en-Provence. Une école internationale devant accueillir à la
rentrée 2009 un millier délèves (pour 3 200 employés en phase
dexploitation) a déjà ouvert ses portes à Manosque, avec 100 élèves.
La machine doit procéder à ses premiers essais en 2016. Mais rien ne garantit que les
scientifiques parviennent un jour à produire un courant continu avec la fusion à des
conditions rentables. «Il faudra au moins vingt ans pour le savoir», affirmait son
directeur général, le Japonais Kaname Ikeda, lors de la signature du traité, aucune
exploitation nétant envisageable avant 2050.
Certains comme le réseau Sortir du nucléaire , qui appelle à manifester contre
Iter samedi à Marseille stigmatisent le caractère aléatoire du projet, au coût
exorbitant (10 milliards deuros). Tout comme la conquête de lespace, Iter a
donc tout dune véritable aventure scientifique.
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Réseau "Sortir du nucléaire" Fédération de 800 associations
Grande manifestation contre la construction du réacteur
nucléaire ITER à Marseille le samedi 10 novembre 2007
Le Réseau "Sortir du nucléaire", avec de nombreuses organisations du Sud-Est
de la France, organise samedi 10 novembre à Marseille une grande manifestation (*) contre
la construction du réacteur nucléaire ITER.
Prévu dans la site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), ce réacteur a pour seul
objectif de maintenir une réaction de fusion nucléaire pendant 400 secondes
sans
aucune possibilité de capter l'énergie dégagée : contrairement à ce que croient de
nombreux citoyens, ITER ne produira pas d'électricité, mais en consommera énormément.
Le projet de construction de ce réacteur illustre le subterfuge du Président de la
République dans son discours de clôture du "Grenelle de l'environnement" : M.
Sarkozy a trompé l'opinion en annonçant qu'il n'y aurait "pas de nouveaux sites
nucléaires", alors que divers projets de constructions de réacteurs sont
prévus
dans des sites nucléaires déjà existants. C'est le cas d'ITER et du site
nucléaire de Cadarache.
De façon générale, comme l'a montré le Grenelle de l'environnement, le nucléaire
reste au dessus des lois et des citoyens, lesquels ont juste le droit de payer (cher) par
leurs impôts mais sans jamais pouvoir donner leur avis.
Pourtant, qu'il s'agisse de fission ou de fusion (ITER), le nucléaire reste une des pires
calamités environnementales, du fait des risques, des déchets radioactifs, des liens
inextricables entre nucléaire "civil" et nucléaire militaire.
Deux prix Nobel de Physique Matatoshi Koshiba (Japon, 2002) et le regretté
Pierre-Gilles de Gennes (France, 1991) ont d'ailleurs clairement condamné le
projet ITER.
Qui plus est, l'itinéraire "grand gabarit", qui doit servir à acheminer par la
route jusqu'à Cadarache les pièces géantes d'ITER, va défigurer une partie de la
provence. Et la construction du réacteur lui-même entraîne la destruction déjà
commencée de centaines d'hectares de forêt domaniale.
Il est encore temps pour les citoyens d'empêcher la construction du "monstre"
ITER et d'obtenir que les sommes immenses prévues pour ce projet soient reversées vers
les plans d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables.
Inscrivez vous rapidement à lun des 28 départs groupés organisé dans le grand
Sus-Est Liste et contacts : http://www.stop-iter.org
Rendez-vous à midi à Marseille à la Porte d'Aix (Métro Ligne 2 - Arrêt Jules
Guesde) pour un pique-nique en musique. La porte dAix (Arc de Triomphe) est
située à 5 minutes à pied de la gare SNCF de Marseille St Charles.
Manifestation à 14h. / Débat public à 18h, Salle Mazenod, 88 rue d'Aubagne à
Marseille
avec en particulier Roland Desbordes, Président de la CRIIRAD, et Stéphane Lhomme,
Porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire". |