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Nucléaire - ITER
Un projet pharaonique pour... ne rien produire

La construction du réacteur ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor), destiné à l'étude expérimentale de la fusion nucléaire est un rêve, un leurre. Le principe est de faire fusionner des noyaux d’hydrogène à 100 millions de degrés. Ce projet pharaonique qui représente un investissement de 10 milliards d'euros ne produira pas d'électricité. Et ce au détriment de l'investissement dans les énergies renouvelables et des économies d'énergies.  Deux prix Nobel de Physique – Matatoshi Koshiba (Japon, 2002) et le regretté Pierre-Gilles de Gennes (France, 1991) – ont d'ailleurs clairement condamné le projet ITER. Un projet fou à plus d'un titre! et  la défiguration de la Provence en prime.

Le Monde (Pierre Le Hir) - 9 novembre 2007

Le projet de réacteur international de recherche ITER monte en régime

La dernière étape juridique préalable à la construction du réacteur ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor), destiné à l'étude de la fusion nucléaire, a été franchie, mercredi 7 novembre. Au cours d'une visite éclair à Cadarache (Bouches-du-Rhône), la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche, Valérie Pécresse, a signé "l'accord de siège" entre la France et l'Organisation internationale ITER, représentée par son directeur général, le Japonais Kaname Ikeda. Cet accord fixe les obligations et droits respectifs, en matière notamment de sûreté nucléaire et de statut des personnels.

Deux ans après la décision des partenaires du projet - Chine, Corée du sud, Etats-Unis, Europe, Inde, Japon et Russie - d'installer ce grand instrument en France, un an après la signature du traité international liant les sept parties, les travaux de terrassement vont donc pouvoir débuter, au printemps 2008, sur un terrain du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de 180 hectares, où un simple pieu marque aujourd'hui l'emplacement du futur réacteur. L'équipe, de seulement 7 personnes il y a un an, compte désormais 290 collaborateurs de 16 nationalités. Elle devrait monter à un millier de permanents quand commencera l'exploitation d'ITER, prévue fin 2016, pour une durée de vingt ans.

Une réalisation “pharaonique”

ITER vise à contrôler, dans une enceinte géante confinée par des champs magnétiques, la réaction de fusion nucléaire qui s'opère dans les étoiles, en libérant une grande quantité d'énergie. Le projet représente un investissement de 10 milliards d'euros. Ce réacteur expérimental ne produira pas d'électricité. Si les nombreux obstacles technologiques auxquels se heurte encore la maîtrise de la fusion sont surmontés, un prototype électrogène pourrait prendre la relève vers 2030. Suivi peut-être - mais pas avant 2050 - de réacteurs industriels.

"ITER est d'abord un rêve, partagé par 34 nations représentant plus de la moitié de la population de la planète : celui d'offrir à l'humanité une nouvelle source d'énergie, presque inépuisable et bien plus respectueuse de l'environnement que tous les combustibles fossiles dont nous abusons tant aujourd'hui", s'est enthousiasmée Mme Pécresse, en estimant que ce projet "participe d'une exigence devenue désormais universelle, celle du développement durable".

Cet engouement n'est pas partagé par tous. Samedi 10 novembre, le réseau "Sortir du nucléaire" organise un rassemblement à Marseille, pour protester contre une réalisation "pharaonique" aux chances de succès "quasi nulles". Il réclame "que les sommes immenses prévues pour ce projet soient reversées vers les plans d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables".


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Agence Reuters et France Presse - 25 octobre 2007

Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce la duplicité de Sarkozy

Le réseau Sortir du nucléaire a dénoncé jeudi "la duplicité du président de la République" sur la question du nucléaire et appelé à une manifestation samedi. Le gel du nombre de sites nucléaires en France est "une plaisanterie, un subterfuge", dit l'organisation dans un communiqué diffusé après le discours de Nicolas Sarkozy de clôture du "Grenelle de l'environnement".

Le chef de l'Etat y a dit qu'il ne voulait pas "créer de nouveaux sites nucléaires" mais a précisé qu'il ne renoncerait pas à cette énergie. "Il s'agit d'une annonce aussi ridicule que provocatrice. La France a déjà plusieurs centaines de sites nucléaires répartis sur tout le territoire et les projets de nouvelles installations sont tous sur des sites déjà existants", estime Sortir du nucléaire, qui regroupe 800 associations anti-nucléaires.

- le réacteur EPR est prévu sur le site de le centrale nucléaire de Flamanville (Manche)
- le réacteur à fusion nucléaire ITER est prévu dans le site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône)
- l'usine GB2 d'enrichissement de l'uranium est en construction sur le site nucléaire de Pierrelatte (Drôme)
- le site d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) a déjà été créé.

L'organisation appelle à une manifestation samedi à Paris contre la "politique pro-nucléaire de Nicolas Sarkozy".

Dans un précédent communiqué, Sortir du nucléaire avait jugé que "le Grenelle de l'environnement se révèle être une opération de préservation... des intérêts de l'industrie nucléaire". "M. Sarkozy a obtenu ce qu'il cherchait : déminer la question écologique sans que jamais ne soit remis en cause le nucléaire, qui est pourtant une des pires calamités environnementales", ajoutait-il. Les responsables des collectifs anti-EPR, anti-Iter et José Bové doivent intervenir lors de la manifestation de samedi dans le XVe arrondissement.

"Tout en soutenant le développement des énergies renouvelables", le réseau "rappelle que les éoliennes et les panneaux solaires ne font pas disparaître les déchets radioactifs, ne protègent pas des catastrophes nucléaires, et n'empêchent pas la prolifération et le terrorisme nucléaire".

L'annonce du "gel" du nombre de sites nucléaires, par le Président de la République, est donc une plaisanterie, un subterfuge qui ne grandit pas son auteur précise le "Réseau".

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Le Figaro (Caroline de Malet) - 08/11/2007

Iter, en route pour reproduire l’énergie des étoiles

L’organisation internationale a défini hier avec la France les modalités de mise en œuvre du projet.

Au milieu des 180 hectares de garrigue déboisés de Cadarache, à l’épicentre du site où va être implanté le futur réacteur expérimental de fusion nucléaire Iter, flottent désormais sept drapeaux, représentant les partenaires de ce projet pharaonique. Symboles de la coopération internationale, ils ont assisté hier, comme autant de paires d’yeux, à la signature de l’«accord de siège» entre la France et l’organisation internationale Iter. «Non seulement nous donnons au monde la première marque tangible de l’existence de l’organisation Iter […], mais nous franchissons aussi un nouveau pas vers la réalisation d’un rêve, un pas décisif», a lancé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse, à cette occasion.

Ce rêve, c’est celui de parvenir à reproduire l’énergie des étoiles par le biais de la fusion nucléaire. Le principe est de faire fusionner des noyaux d’hydrogène à 100 millions de degrés. Un projet fou, auquel travaillent d’arrache-pied les scientifiques du monde entier, avec l’espoir de trouver une solution à la crise énergétique mondiale. D’où l’idée de mettre en commun les efforts de recherche de tous les pays intéressés. Après les expériences menées avec succès ici ou là par une vingtaine de tokamaks, l’idée est cette fois de construire un prototype unique pour démontrer la faisabilité scientifique et technique de la fusion à grande échelle. Telle est la vocation d’Iter, dont la puissance sera dix fois supérieure au JET, le plus puissant réacteur de fusion actuel établi en Grande-Bretagne.

Premiers essais en 2016. Signé en novembre 2006, le projet a finalement, au terme d’une âpre bataille avec le Japon, élu domicile dans le sud de la France. Le traité venant d’entrer en vigueur le 24 octobre dernier, l’organisation Iter peut se mettre en place. D’où la signature hier de ce contrat avec la France, pour préciser les engagements respectifs de chacun, notamment le respect de la sûreté nucléaire pour Iter et la mise à disposition du terrain de 180 hectares pour l’État français. Le premier conseil d’Iter se tiendra les 27 et 28 novembre.

Si la première pierre du bâtiment doit être posée en 2009, le chantier a déjà démarré, comme en témoignent pelleteuses et baraquements. La viabilisation du site par l’Agence Iter France devrait être terminée d’ici à fin 2007 et les grands appels d’offres bientôt conclus (plus de 200 contrats, dont 130 pour le matériel et 90 d’ingénierie). «L’État va pouvoir lancer en décembre l’itinéraire grand gabarit, route de 110 km reliant Fos-sur-Mer à Cadarache, par lequel transiteront 300 convois en cinq ans pour acheminer les équipements fournis par les partenaires internationaux, qui seront installés de 2012 à 2014», explique Hubert Derache, sous-préfet d’Aix-en-Provence. Une école internationale devant accueillir à la rentrée 2009 un millier d’élèves (pour 3 200 employés en phase d’exploitation) a déjà ouvert ses portes à Manosque, avec 100 élèves.

La machine doit procéder à ses premiers essais en 2016. Mais rien ne garantit que les scientifiques parviennent un jour à produire un courant continu avec la fusion à des conditions rentables. «Il faudra au moins vingt ans pour le savoir», affirmait son directeur général, le Japonais Kaname Ikeda, lors de la signature du traité, aucune exploitation n’étant envisageable avant 2050.

Certains – comme le réseau Sortir du nucléaire , qui appelle à manifester contre Iter samedi à Marseille – stigmatisent le caractère aléatoire du projet, au coût exorbitant (10 milliards d’euros). Tout comme la conquête de l’espace, Iter a donc tout d’une véritable aventure scientifique.

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Réseau "Sortir du nucléaire" – Fédération de 800 associations

Grande manifestation contre la construction du réacteur nucléaire ITER à Marseille le samedi 10 novembre 2007

Le Réseau "Sortir du nucléaire", avec de nombreuses organisations du Sud-Est de la France, organise samedi 10 novembre à Marseille une grande manifestation (*) contre la construction du réacteur nucléaire ITER.

Prévu dans la site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), ce réacteur a pour seul objectif de maintenir une réaction de fusion nucléaire pendant 400 secondes… sans aucune possibilité de capter l'énergie dégagée : contrairement à ce que croient de nombreux citoyens, ITER ne produira pas d'électricité, mais en consommera énormément.

Le projet de construction de ce réacteur illustre le subterfuge du Président de la République dans son discours de clôture du "Grenelle de l'environnement" : M. Sarkozy a trompé l'opinion en annonçant qu'il n'y aurait "pas de nouveaux sites nucléaires", alors que divers projets de constructions de réacteurs sont prévus… dans des sites nucléaires déjà existants. C'est le cas d'ITER et du site nucléaire de Cadarache.

De façon générale, comme l'a montré le Grenelle de l'environnement, le nucléaire reste au dessus des lois et des citoyens, lesquels ont juste le droit de payer (cher) par leurs impôts mais sans jamais pouvoir donner leur avis.

Pourtant, qu'il s'agisse de fission ou de fusion (ITER), le nucléaire reste une des pires calamités environnementales, du fait des risques, des déchets radioactifs, des liens inextricables entre nucléaire "civil" et nucléaire militaire.

Deux prix Nobel de Physique – Matatoshi Koshiba (Japon, 2002) et le regretté Pierre-Gilles de Gennes (France, 1991) – ont d'ailleurs clairement condamné le projet ITER.

Qui plus est, l'itinéraire "grand gabarit", qui doit servir à acheminer par la route jusqu'à Cadarache les pièces géantes d'ITER, va défigurer une partie de la provence. Et la construction du réacteur lui-même entraîne la destruction – déjà commencée – de centaines d'hectares de forêt domaniale.

Il est encore temps pour les citoyens d'empêcher la construction du "monstre" ITER et d'obtenir que les sommes immenses prévues pour ce projet soient reversées vers les plans d'économie d'énergie et de développement des énergies renouvelables.

Inscrivez vous rapidement à l’un des 28 départs groupés organisé dans le grand Sus-Est Liste et contacts : http://www.stop-iter.org

Rendez-vous à midi à Marseille à la Porte d'Aix (Métro Ligne 2 - Arrêt Jules Guesde) pour un pique-nique en musique.  La porte d’Aix (Arc de Triomphe) est située à 5 minutes à pied de la gare SNCF de Marseille St Charles.

Manifestation à 14h. / Débat public à 18h, Salle Mazenod, 88 rue d'Aubagne à Marseille
avec en particulier Roland Desbordes, Président de la CRIIRAD, et Stéphane Lhomme, Porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire".

Collectif Stop-ITER : Tél : 04 90 07 30 92 / 04 90 08 00 64 / 06 64 10 03 33
E-mail : stop.iter.mediane@free.fr 
Site internet (tract, plan d’accès, départs groupés...) : http://www.stop-iter.org 
3 novembre 2007
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