Sommaire :
1 - EPR : remise du rapport d'enquête publique sur la ligne THT à la rentrée
2 - Le pari d'EDF
3 - Le débat sur les tarifs met le PDG d'EDF sur la sellette
4 - la "renaissance" du nucléaire se dégonfle...
5 - le chemin de croix du réacteur nucléaire EPR
6 - Desertec ne "sert qu'à défendre des monopoles établis"
7 - Tricastin : un an après, nouvelle fuite... et nouvelle polémique
8 - Un an après la fuite. Plus de cancers au Tricastin ?
9 - Stockage de déchets radioactifs : les communes jettent l'éponge
10 - Allemagne : l'autorité de sûreté nucléaire critique un site de déchets
11 - Les Britanniques à 54 % pour l'abandon de leur arsenal nucléaire
12 - Allemagne : après un incident nucléaire, ruée sur l'électricité verte à
Hambourg
13 - L'Inde invitée d'honneur du 14 juillet : protestation des anti-nucléaires
14 - Quand l'Europe se chauffera au soleil du Sahara...
15 - Les questions que l'on est en droit de se poser sur les déchets radioactifs
16 - EDF : l'Elysée va limoger Pierre Gadonneix mais les tarifs augmenteront
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1 - EPR : remise du rapport d'enquête publique sur la ligne
THT à la rentrée
AFP - 16 juillet 2009 - SAINT-LÔ - Le rapport d'enquête publique sur la ligne à très
haute tension (THT) qui doit acheminer l'électricité produite par le réacteur
nucléaire EPR en construction à Flamanville (Manche) sera remis "à la
rentrée", a indiqué jeudi le préfet à la veille de la clôture de l'enquête.
"L'enquête sera close vendredi soir. Il n'y a pas de date fixée mais le commissaire
enquêteur devrait remettre son rapport en septembre", a indiqué le préfet de la
Manche Jean-Pierre Laflaquière lors d'un point presse à Saint-Lô.
Le commissaire-enquêteur émettra alors soit un avis favorable, avec éventuellement des
préconisations, soit un avis défavorable. L'enquête, qui avait démarré le 2 juin,
aura duré sept semaines après une prolongation de deux semaines qui "n'a rien
d'exceptionnel sur des sujets polémiques", a précisé le préfet qui coordonne le
projet dans les départements concernés (Manche, Calvados, Ille-et-Vilaine, Mayenne).
Par ailleurs, le juge des référés de Coutances (Manche) doit dire le 20 août s'il
donne raison au préfet, ou aux six maires de communes situées sur le tracé de la THT
qui l'ont assigné. Les élus estiment que M. Laflaquière aurait dû suspendre l'enquête
en raison d'incertitudes sur les effets de la THT sur la santé. Début juin, une douzaine
de maires ont renvoyé vides les registres d'enquête publique et trois d'entre eux ont
fermé leurs mairies lorsque des fonctionnaires de la préfecture ont rapporté ces
registres, selon un des maires. "Nous avons installé des mairies mobiles et
l'enquête a pu avoir lieu", a expliqué le préfet jeudi.
Fin avril, le conseil général de la Manche, dominé par l'UMP, avait "exigé que
les effets des champs électriques et électromagnétiques donnent lieu à une étude
épidémiologique indépendante des opérateurs, sous l'égide du ministère de la
santé", tout en se disant favorable à la THT. Les travaux de cette ligne de 160 km
doivent démarrer en 2011 selon le préfet.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : il est absurde d'attribuer au
nucléaire un exploit... qui n'existe pas (cf ici ). Si le prix de l'électricité est
moyen en France, ce n'est en rien "grâce au nucléaire" mais grâce aux tarifs
régulés. Si le gouvernement arrive à les supprimer, le prix de l'électricité
s'envolera, nucléaire ou pas...
Le Monde - 17 juillet 2009 - Edito
2 - Le pari d'EDF
Annoncer aux consommateurs, comme pour les remercier d'avoir prêté à EDF la bagatelle
de 3,2 milliards d'euros, une augmentation des tarifs d'électricité de 20 % sur trois ou
quatre ans, c'est un bien étrange renvoi d'ascenseur. PDG depuis septembre 2004 d'une
entreprise publique désormais soumise à la concurrence, Pierre Gadonneix a commis une
maladresse de communication. Mais le patron d'EDF assume sa stratégie : l'entreprise,
très endettée (24,5 milliards d'euros fin 2008), doit, pour garantir la sécurité
énergétique du pays, poursuivre son développement, et donc rattraper son retard
d'investissement, qu'il juge élevé.
Le pari de M. Gadonneix est d'autant plus audacieux qu'il provoque un inévitable bras de
fer avec l'Etat, actionnaire à hauteur de 85 %, à quatre mois de l'éventuel
renouvellement du mandat du PDG. Nicolas Sarkozy a fait connaître son irritation,
rappelant que c'est à l'Etat de décider des hausses de tarif. Un mauvais signal pour M.
Gadonneix, qui souhaite être reconduit tout en sachant qu'à 66 ans il n'ira pas au terme
d'un nouveau mandat.
L'inquiétude des consommateurs devant la perspective d'une hausse de 20 % est légitime,
même si, depuis 2006, les tarifs d'EDF évoluent déjà chaque année comme l'inflation.
Mais M. Gadonneix ne manque pas d'arguments. Il a chargé un peu la barque en prétendant
que l'électricité en France est "30 % à 40 % moins chère que la moyenne des
autres pays européens". En réalité, selon Eurostat, l'écart est de 23 %. Cet
avantage est dû principalement au parc nucléaire français, que M. Gadonneix veut
moderniser pour que la France garde son avance. Mais pourquoi faudrait-il que les prix
français s'alignent sur les prix européens alors que, grâce au nucléaire, EDF a des
coûts de production inférieurs ?
La hausse des tarifs serait-elle destinée à faire payer aux consommateurs des
"erreurs d'investissement à l'étranger", évoquées par Henri Guaino,
conseiller de M. Sarkozy ? L'acquisition des centrales nucléaires de British Energy - un
gigantesque coût de plus de 13 milliards d'euros que d'aucuns jugent bien cher payé -
est en cause. M. Gadonneix s'en défend. Les revenus des filiales européennes seront
affectés au service de la dette. Ce qu'il veut financer, c'est la modernisation des
lignes à haute tension et le renouveau du parc nucléaire. L'apparent consensus français
sur la place du nucléaire tient beaucoup au fait qu'il a favorisé des tarifs bas. S'ils
augmentent, ils risquent d'effriter ledit consensus.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : Le crash du nucléaire français est
programmé (cf ici ou ici ) mais, à part les antinucléaires, personne ne dit STOP (Le
Monde prétend encore que le nucléaire est un "avantage"...) et les PDG D'EDF
et d'Areva continuent d'aggraver la situation... et la facture finale.
Le Monde - 17 juillet 2009 - Jean-Michel Bezat
3 - Le débat sur les tarifs met le PDG d'EDF sur la
sellette
Quand il roulera à vélo sur les routes en lacets du Var, durant ses vacances d'août,
une question va sans doute trotter dans la tête de Pierre Gadonneix : son renouvellement,
en novembre, à la présidence d'EDF. Les spéculations fleurissent depuis que le PDG du
groupe d'électricité a réclamé une augmentation de 20 % des tarifs des particuliers
étalée sur trois ou quatre ans (Le Monde du 10 juillet).
Les critiques de la gauche, des syndicats et des associations de consommateurs se sont
immédiatement abattues sur "Gado", comme celles d'une partie de la droite et de
certains ministres. Celles-ci sont d'autant plus étonnantes que le gouvernement prépare
une révision - et probablement une hausse - des tarifs à la suite de la remise du
rapport de la commission Champsaur sur "l'organisation du marché de
l'électricité" aux ministres de l'économie et de l'écologie, Christine Lagarde et
Jean-Louis Borloo.
Le sort du patron d'EDF est scellé, il ne sera pas reconduit, affirme le journal en ligne
Mediapart, tout comme Le Canard enchaîné du 15 juillet, qui évoque la colère du
président de la République, Nicolas Sarkozy, après les déclarations de M. Gadonneix.
"C'est l'actionnaire qui décide des hausses. Oui, cette déclaration a irrité le
président", reconnaît un de ses proches conseillers, tout en refusant d'établir un
lien entre ce dossier sensible et l'avenir de M. Gadonneix à la tête d'EDF. Un limogeage
? "Cette information n'est pas fondée", réplique une source gouvernementale
citée par l'agence Reuters.
Il reste que les motifs de mécontentement s'accumulent : mauvaise communication sur la
hausse des tarifs, polémique sur l'endettement du groupe (24,5 milliards d'euros fin
2008), grève dans les centrales nucléaires en mai et juin, qui coûtera plusieurs
centaines de millions d'euros à EDF. M. Gadonneix s'en expliquera le 29 juillet, en
présentant les résultats d'EDF au premier semestre 2009.
Les critiques sont venues de l'entourage même de M. Sarkozy. "Il serait anormal de
faire payer au consommateur français des erreurs d'investissement à l'étranger", a
lancé son conseiller spécial, Henri Guaino, dans un récent entretien au Parisien, sans
préciser les investissements en cause. S'agit-il des opérations que François Roussely,
prédécesseur de M. Gadonneix, avait réalisées en Amérique du Sud ? Son successeur les
avait jugées "hasardeuses" dès sa nomination en 2004 et il a cédé les
filiales argentine et brésilienne en2006 et 2007.
A moins que M. Guaino évoque l'acquisition de 50 % de l'activité nucléaire de
l'américain Constellation Energy et surtout le rachat des centrales nucléaires de
British Energy, la plus grosse opération de croissance externe de l'histoire d'EDF (13,5
milliards d'euros). Une telle accusation est étonnante de la part d'un proche conseiller
de M. Sarkozy. L'Etat, actionnaire à 85 % du groupe, dispose en effet de plusieurs
représentants au sein du conseil d'administration.
Certains analystes jugent néanmoins que ces acquisitions ont été cher payées et
qu'elles obligent aujourd'hui EDF à augmenter ses tarifs. Il y a encore deux ans,
industriels, banquiers et analystes s'interrogeaient sur la prudence du groupe français -
et de son PDG - au moment où le secteur européen de l'énergie était "en
fusion" : rachat de l'espagnol Endesa par l'italien Enel, expansion de l'allemand
E.ON, mariage de Gaz de France avec Suez... EDF liquidait alors ses activités
sud-américaines et bouclait le périlleux rachat d'une partie de l'italien Edison.
Réputé d'une grande prudence, M. Gadonneix n'a de plus aucun intérêt à irriter ainsi
l'Elysée. A 66 ans, il peut être reconduit jusqu'à 68 ans à la tête du groupe. Il
préfère défendre une conviction : sans un effort des consommateurs eux-mêmes, EDF ne
pourra pas maintenir le patrimoine nucléaire en l'état. Quarante ans d'efforts pour
bâtir un système performant seraient perdus. Et la capacité de la France à exporter
son savoir-faire dans l'atome civil, notamment dans les cinq pays choisis par EDF (Chine,
Etats-Unis, Afrique du Sud, Royaume-Uni, Italie), plaide-t-il.
Il reste sourd aux critiques des mouvements antinucléaires qui jugent que le prix de
l'électricité est "de loin le plus cher" si l'on y intègre l'investissement
initial, la gestion des déchets et les charges de démantèlement des centrales. Gauche
et syndicats pensent que M. Gadonneix souhaite, en fait, vendre son électricité à des
prix européens, plus élevés, sans tenir compte de l'avantage que le nucléaire procure
à la France.
Preuve que sa demande de hausse des tarifs n'est pas un dérapage, M. Gadonneix l'a de
nouveau justifiée, mercredi 15 juillet, devant les députés de la commission des
affaires économiques, tout en distinguant les activités françaises et internationales.
Les bénéfices des filiales européennes couvrent le service de la dette, affirme-t-il,
et British Energy apportera une contribution positive aux résultats, comme les autres
filiales.
La situation est différente en France, où le retard d'investissement est considérable.
Il faut en effet moderniser les lignes à haute tension et surtout le réseau de
distribution, construire des centrales thermiques pour éviter d'importer lors des pointes
de consommation, porter la durée de vie de trente à quarante ans, voire soixante ans,
d'une partie des 58 réacteurs nucléaires, plaide-t-il
Mme Lagarde en est consciente. Quelques heures après l'intervention du patron d'EDF, la
ministre de l'économie indiquait aux députés que "les tarifs ne seront augmentés
qu'à concurrence de l'augmentation des coûts nécessaires pour produire notre
électricité en France". L'écart entre le tarif des particuliers et celui qui
permettrait de financer ces investissements est de 20 %, affirme-t-on chez EDF. Les 20 %
qui ont déclenché la polémique. Le gouvernement tranchera à la rentrée.
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4 - La "renaissance" du nucléaire se dégonfle...
Ces derniers mois, chacun a entendu parler de nombreux projets de construction de
réacteurs nucléaires un peu partout dans le monde... et particulièrement dans les pays
où le président français M. Sarkozy s'est rendu en visite officielle.
La réalité est bien différente. Certes, environ 30 réacteurs sont actuellement en
construction, principalement en Chine, mais :
- ils étaient commencés avant la crise financière mondiale ;
- certains sont d'ailleurs commencés depuis plus de 25 ans (!) comme au Brésil et en
Argentine ;
En réalité, il n'y a quasiment aucun nouveau projet qui soit réellement lancé
autrement que par de beaux discours. Par contre, les annulations se succèdent :
- le 5 décembre 2008, l'Afrique du Sud a annulé les 12 réacteurs (dont des EPR) qu'elle
prétendait construire (1)
- le 25 mars 2009, Tepco (Japon) a "repoussé" la construction dun
réacteur (2)
- Le 23 avril, l'américain AmerenUE a annulé un projet d'EPR dans le Missouri (3)
- Le 29 juin, la province canadienne de l'Ontario a annulé le remplacement de deux
réacteurs (4)
- Le 1er juillet, Exelon a annulé un projet de deux réacteurs dans le Texas (5)
Certes, pour sauver la face, la plupart de ces annulations sont présentées comme
provisoires mais l'explication de ces décisions ne risque pas de disparaître, surtout
après la crise mondiale qui obère durablement l'accès au crédit pour les grands
projets : les entreprises ont fait leurs comptes, le nucléaire est tout simplement trop
cher. Surtout quand on constate les dérapages industriels et financiers sur les chantiers
EPR de Finlande (Areva) et de Flamanville (EDF)...
Finissons avec une question piège : combien notre cher "omniprésident" a-t-il
vendu de réacteurs depuis qu'il a été élu ? 20 ? 10 ? 5 ? Non : ZERO. En effet, lors
de ses nombreux déplacements, ont été signé ici un "mémorandum d'entente",
là un "accord de coopération". Ces textes, sans aucune valeur contractuelle,
évoquent l'hypothèse de la vente de réacteurs EPR par la France. Ces signatures ont
été très médiatisées par l'Elysée, laissant croire que des réacteurs avaient été
vendus, mais il n'en est rien.
Ha si : M. Sarkozy a "vendu" un EPR : à la France ! Ce réacteur sera construit
à Penly (Seine-Maritime), à partir de 2012... si M Sarkozy est réélu à la Présidence
de la République.
Stéphane Lhomme
Porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire"
(1) http://www.enviro2b.com/2008/12/08/nucleaire-lafrique-du-sud-annule-son-projet-epr
(2) http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/presse/affiche.php?aff=5901
(3) http://www.romandie.com/infos/news2/090423195314.nwvkt3ei.asp
(4) http://ogov.newswire.ca/ontario/GPOF/2009/06/29/c2687.html?lmatch=&lang=_f.html
(5) http://www.platts.com/Nuclear/News/8676742.xml
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5 - Le chemin de croix du réacteur nucléaire EPR
Déjà accusé de ne pas être conçu pour résister à un crash d'avion de ligne (1), le
réacteur français nucléaire français EPR est désormais mis en cause par les
autorités britanniques concernant son système de contrôle. Selon The Times (2),
l'Inspection des installations nucléaires (NII) a écrit à Areva et EDF, affirmant
"Nous avons de sérieuses inquiétudes concernant votre projet, qui permet à des
systèmes de sécurité de classe inférieure de passer outre ('override') des systèmes
de sécurité de classe supérieure".
La NII menace désormais d'interdire la construction de l'EPR en Grande-Bretagne. Il est
d'ailleurs à noter que l'EPR n'est certifié ni en Grande-Bretagne, ni aux USA (où le
processus court jusqu'en février 2012 (3) et pourrait bien se terminer par un avis
négatif) : les nombreuses annonces d'Areva et EDF concernant leurs projets nucléaires
dans ces deux pays ne sont à ce jour que poudre aux yeux.
On s'étonnera aussi que l'Autorité de sûreté française (ASN) n'ait rien détecté, ce
qui laisse songeur lorsqu'on sait que c'est cette même ASN qui affirme actuellement que
les réacteurs français peuvent fonctionner sans risque au-delà de 30 ans.
Ces graves problèmes de sûreté ne sont pas les seuls à faire du programme EPR un
incroyable échec industriel : les deux chantiers EPR en cours, en Finlande et à
Flamanville (France) rivalisent de malfaçons, de retards et de surcoûts. Il est même
possible que ces réacteurs n'entrent jamais en service tant les malfaçons se
multiplient.
Le chantier EPR de Finlande, dirigé tant bien que mal par Areva depuis fin 2005, compte
aux dernières nouvelles 38 mois de retard (4) et au moins 2,5 milliards d'euros de
surcoût... que les Finlandais entendent bien facturer aux Français (5).
Sur le chantier de l'EPR de Flamanville, EDF suit la même voie qu'Areva en Finlande :
commencé deux ans plus tard, fin 2007, le chantier accumule les déconvenues (6) compte
déjà près d'un milliard d'euros de surcoût et d'un an de retard (7). Qui plus est,
comme l'a montré le chantier finlandais, les problèmes se multiplient et le retard du
chantier s'aggrave au fil du temps.
Enfin, de façon logique, les électriciens étrangers se détournent de l'EPR. Par
exemple, le 23 avril 2009, l'américain AmerenUE a annoncé qu'il annulait son projet de
construire un EPR dans le Missouri (8), estimant ce réacteur trop cher à construire. Il
est évident que le même raisonnement sera tenu par d'autres industriels. Il est donc
nécessaire d'arrêter au plus vite les frais en annulant le programme EPR.
Notons d'ailleurs que l'annulation du programme EPR est la seule chance pour la France
d'atteindre son objectif européen de 23% d'énergies renouvelables en 2020, à condition
toutefois de reverser vers les économies d'énergie et les énergies renouvelables les
milliards prévus pour le nucléaire.
Stéphane Lhomme
Porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire"
(1) http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/confidentiel-defense.html
(2)
http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/natural_resources/article6613960.ece
(3) http://www.nrc.gov/reactors/new-reactors/design-cert/epr/review-schedule.html
(4) http://tinyurl.com/kqn4u7
(5) http://www.romandie.com/infos/news2/090128145612.11l8clh1.asp
(6) Par exemple : http://tinyurl.com/n4hmln
(7) http://www.lejdd.fr/cmc/economie/200849/l-epr-usine-a-gaz-d-edf_170176.html
(8) http://www.romandie.com/infos/news2/090423195314.nwvkt3ei.asp
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L'Expansion - 15 juillet 2009 - Propos recueillis par Thomas Schnee, à Berlin
6 - Desertec ne « sert qu'à défendre des monopoles
établis »
Hermann Scheer, député allemand mais aussi président du Comité Mondial pour les
énergies renouvelables et d'Eurosolar, lobby européen des entreprises du solaire,
s'élève contre l'idée d'utiliser le soleil saharien pour approvisionner l'Europe, au
coeur du projet Desertec.
Lundi dernier, un consortium de multinationales, dont le suisse ABB et les Allemands
Münchener Rück, E.ON, RWE, Siemens, et Deutsche Bank, ont annoncé le lancement de la «
Desertec Industrial Initiative ». Leur objectif est de construire un réseau de supers
centrales solaires dans les pays sahariens pour couvrir 15% de la consommation européenne
d'électricité. Le projet suppose la construction de lignes à haute tension passant sous
la Méditerranée et coûterait 400 milliards d'euros. Les premières études de
faisabilité doivent être prêtes dans trois ans. Les premières livraisons
d'électricité auraient lieu à partir de 2025. Mais le projet est vivement contesté par
Hermann Scheer, député allemand mais aussi président du Comité Mondial pour les
énergies renouvelables et d'Eurosolar, lobby européen des entreprises du solaire.
L'Europe importe du gaz de Russie et bientôt d'Azerbaïdjan. Pourquoi condamnez-vous le
projet Desertec ?
Hermann Scheer. L'Europe n'a pas de ressources gazières suffisantes. Nous sommes donc
obligés d'importer. Ce n'est pas le cas avec le solaire et les énergies renouvelables.
Nous commençons à peine à développer notre production. Alors pourquoi aller investir
au Sahara ?
Vous accusez les douze multinationales du projet Désertec de vouloir défendre leur
monopole ? Qu'entendez-vous par là ?
Actuellement, la production de l'énergie fonctionne selon un modèle économique
centralisé et dominé par quelques gros acteurs. A l'opposé, la production d'énergies
renouvelables suppose un système décentralisé avec de nombreux acteurs de toutes
tailles. Les poids lourds de l'énergie mais aussi les banques luttent contre cette
diversité qui constitue une concurrence et leur semble peu pratique à gérer. On
retrouve cela dans le secteur de la microfinance. Les microcrédits ont prouvé leur
efficacité dans le développement, au sud comme au nord. Mais jamais la banque mondiale
n'a offert de microcrédits. Il a fallu que ce soit la Grameen Bank du Dr. Yunus qui
développe ce système. Pour cela, il a d'ailleurs reçu le Prix Nobel de la Paix.
Le modèle Désertec n'est donc pas un modèle d'avenir ?
Absolument pas. En revanche, il est essentiel que les pays d'Afrique du nord développent
la production d'énergies renouvelables pour couvrir leurs propres besoins. Nous devons
les y aider. Prenez l'exemple du Maroc qui importe 96% des ses besoins en hydrocarbures et
doit pour cela mobiliser 40% de ses rentrées de devises. Si le Maroc, qui dispose de tout
le vent et le soleil nécessaires, se libérait de ce poids, il gagnerait une formidable
marge de manoeuvre pour son développement.
Vous attirez également l'attention sur les coûts et les risques politiques liés à
Desertec...
Le consortium évoque un investissement global de l'ordre de 400 milliards d'euros.
J'affirme que c'est complètement sous-évalué. Le nombre d'acteurs et de pays qui
devraient intervenir dans ce projet laisse pressentir d'énormes problèmes politiques qui
vont coûter cher, en temps et en argent. Desertec prévoit par exemple la construction de
lignes à hautes tensions qui remonteront de la Méditerranée vers le nord de l'Europe.
Je me demande quelles populations vont applaudir sans réagir en voyant ces lignes passer
chez elles. Quand on sait le temps et l'énergie que peut prendre la construction de
quelques kilomètres de ligne à haute tension, on imagine ce que cela sera une fois que
les autres pays entreront dans la danse. Et ceci, sans parler des risques de chantage
diplomatique.
Après les législatives de septembre, l'Allemagne pourrait être gouvernée par une
coalition conservatrice-libérale. Va-t-on assister au retour du nucléaire en Allemagne ?
Je ne sais pas. Mais les conservateurs, et surtout les libéraux, ont toujours demandé
que la clause d'arrêt de la construction de centrales nucléaires soit annulée et que
les subventions publiques aux énergies renouvelables soient diminuées voir supprimées.
Pour eux, Désertec peut servir d'alibi écologique pour imposer leurs vues.
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Le Dauphiné libéré - 11/07/09
7 - Tricastin : un an après, nouvelle fuite... et nouvelle
polémique
L'incident est annoncé comme mineur, sans intérêt : jeudi, une fuite de 50 g d'acide
fluorhydrique s'est produite dans un atelier de stockage d'Areva NC sur le site nucléaire
du Tricastin. Un incident qui « ne sera pas classé » assure Catherine Dalverny, la
directrice de communication d'Areva Tricastin.
Didier Guillaume, président du conseil général de la Drôme et de la Cligeet, n'a pas
été prévenu dans la foulée, étant contacté dans la soirée par le préfet. Un an
après Socatri (incident classé niveau 1), à la veille d'une Cligeet, qui a en l'espèce
été fondée pour rapprocher tous les acteurs, cette absence de communication a
exaspéré les élus.
Mise au point du président Guillaume au cours de la réunion d'hier : « Il faut qu'il y
ait une transparence totale. Lorsqu'il y a un incident, vous me le communiquez, a
sermonné l'élu. La transparence n'est pas une option, pas un choix. Oui il s'agissait
d'un incident très faible. Mais je ne l'apprends que ce matin, ou presque, ce n'est pas
sérieux ».
Areva se défend : « Nous avons simplement donné quelques infos, en appelant l'ensemble
des maires et le préfet. Nous communiquons plus largement à partir d'un incident de
niveau 1 (sur 7 niveaux). Là il ne s'agit même pas d'une anomalie niveau 0 ». Sauf
qu'à la veille du Cligeet, le site nucléaire tenait là une vraie occasion de montrer
ses progrès après les couacs de la communication de l'affaire Socatri. Raté.
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Le Dauphiné libéré - 11/07/09
8 - Un an après la fuite. Plus de cancers à Tricastin ?
La Commission locale d'information auprès des grands équipements énergétiques du
Tricastin (Cligeet, ex-Cigeet) se réunissait hier matin dans les salons de la préfecture
de la Drôme.Avec une pluie d'éléments techniques, parfois obscurs, avec ses rituelles
petites piques (voir ci-dessous). Ce fut aussi l'occasion de constater des avancées
déjà prégnantes sur la prévention autour d'un site pointé du doigt durant l'été
2008.
La principale ? Le lancement d'une étude cancer cofinancé par le conseil général de la
Drôme et l'Autorité de Sûreté Nucléaire (elle coûte 55 700). « C'est une
première en France » explique Gérard Chaumontet, président du comité de pilotage.«
C'est lancé, l'organisme retenu, c'est un cabinet indépendant, l'office régional de
santé (ORS) ».
La structure devra établir si la zone de Tricastin connaît plus de cancers qu'une zone
sans équipement nucléaire. « C'est difficile, car il faut tout quantifier » avec
notamment un recensement de l'ensemble des cas dans les établissements hospitaliers.
L'étude dure un an, les résultats seront connus en mai 2010.
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9 - Stockage de déchets radioactifs : les communes jettent
l'éponge
REIMS - Les deux communes de l'Aube retenues pour la recherche d'un site de stockage de
déchets radioactifs, ont retiré leur candidature ou sont en passe de le faire, a-t-on
appris mercredi auprès des mairies. Pars-lès-Chavanges a déjà retiré sa candidature
au cours d'une délibération et Auxon s'apprête à le faire au cours d'un conseil
municipal extraordinaire.
L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactif (Andra) avait annoncé le 24
juin la présélection des deux communes de l'Aube en vue de la construction d'un site de
stockage souterrain de déchets radioactifs de faible activité à vie longue (FAVL) à
l'horizon 2011.
"Nous avions organisé avec l'Andra une réunion d'information pour la population le
29 juin", a expliqué Joëlle Pesme à l'AFP la maire de Pars-les-Chavanches, commune
rurale de 75 habitants. Selon elle, "ça a vite tourné à la cacophonie, et
l'irrationel l'a finalement emporté. Le débat avec les associations antinucléaires
était impossible". Le 4 juillet, lors d'un conseil municipal extraordinaire,
"le retrait de Pars-les-Chavanges a été voté à l'unanimité pour apaiser ce
climat délétère", a précisé la maire DVD de 64 ans qui affirme avoir reçu des
"menaces de mort".
Le climat a également évolué à Auxon où le conseil municipal, qui avait voté à une
très large majorité la candidature, demande maintenant au maire la tenue prochaine d'un
conseil exceptionnel pour voter le retrait. "Les élus ont consulté la population
qui est majoritairement contre le site, la peur s'est installée et c'est
irréversible", a précisé l'adjoint au maire d'Auxon Gérard Fardet. Selon lui, il
est impossible d'avoir un débat constructif avec les opposants,"tout est contesté
même ce qui est incontestable. (..) J'aurais préféré un débat fondé sur
l'intelligence et non sur les passions irrationnelles".
Laetitia Corougeat qui préside l'association d'opposants au projet de site
d'enfouissement "Auxon dit non", affirme au contraire "révéler les
problèmes liés au stockage. Ce sont les élus et l'Andra qui n'ont pas su répondre
correctement aux inquiétudes des populations". "L'Andra a des moyens financiers
colossaux, mais plutôt que d'acheter les communes, nous pensons que ces moyens devraient
être utilisés pour traiter les déchets sur place. Enfouir c'est favoriser l'oubli et
nous pensons aux générations futures", a-t-elle poursuivi.
L'Andra a pris acte de cette situation. "Le projet a toujours été fondé sur le
volontariat et les élus peuvent se retirer quand il veulent", a commenté le
député de l'Oise François-Michel Gonnot, président de l'Andra. Il a dénoncé "la
campagne de dénigrement, de violences et de mensonges inimaginables" envers les
élus.
Selon lui, le gouvernement va poursuivre le processus engagé et trouver à nouveau deux
communes possibles sur la base des candidatures enregistrées lors de l'appel d'offres.
"Nous ferons en sorte d'expliquer mieux le projet aux élus comme aux populations
avant que retentissent des effets d'annonce qui laissent libre cours à des campagnes
inqualifiables", a-t-il souligné.
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10 - Allemagne : l'autorité de sûreté nucléaire critique
un site de déchets
AFP - 15 juillet 2009 - BERLIN - Le président de l'Autorité de sûreté nucléaire
allemande (BfS), Wolfram König, a vivement critiqué mercredi les conditions de stockage
de déchets radioactifs dans une mine de sel désaffectée, appelant à sa fermeture. Ses
critiques font suite à un contrôle mardi de la mine d'Asse, en Basse-Saxe (nord) où de
nouveaux taux de radioactivité ont été détectés par 900 mètres de fond.
Selon M. König, s'exprimant à la radio Deutschlandfunk, des infiltrations d'eau sont
quasi-permanentes dans la mine où 126.000 fûts contenant des déchets faiblement ou
moyennement radioactifs ont été stockés entre 1967 et 1978. La mine d'Asse, près de
Wolfenbüttel, avait été au centre d'une polémique il y a un an quand une contamination
avait été découverte et tardivement révélée.
Il y a six mois, les autorités ont en outre révélé qu'une des chambres souterraines de
stockage menaçait de s'écrouler et avait dû être renforcée par des pans de béton.
Selon M. König, les déchets doivent être progressivement évacués de la mine pour
être stockés ailleurs.
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11 - Les Britanniques à 54% pour l'abandon de leur arsenal
nucléaire
Reuters - 14.07.09 - Les Britanniques sont 54% à préférer que Londres renonce
complètement à son programme d'armes nucléaires plutôt que de remplacer l'actuel
missile Trident comme le gouvernement souhaite le faire, a montré lundi une enquête.
Dans ce sondage ICM à paraître mardi dans le Guardian, les sondés sont 42% à se
déclarer en faveur du renouvellement des missiles.
Alors que le déficit budgétaire de la Grande-Bretagne devrait dépasser 12% du PIB cette
année, la pertinence du programme visant à doter la force de dissuasion de l'île d'un
nouveau missile balistique lancé par sous-marin (SLBM) est contestée. Aussi bien les
travaillistes au pouvoir que l'opposition des conservateurs craignaient jusqu'à présent
de remettre aen question ce programme de défense.
Le gouvernement a toutefois décidé, la semaine dernière, d'organiser la première
évaluation en plus de dix ans de sa politique de défense, ce qui pourrait mener à des
coupes dans ce budget de 36 milliards de livres (41,8 milliards d'euros). Londres avait
annoncé en 2006 sa volonté de remplacer les missiles Trident, une mesure alors
approuvée par 51% des sondés tandis que 39% s'y opposaient.
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12 - Allemagne : après un incident nucléaire, ruée sur
l'électricité verte à Hambourg
AFP - 14.07.09 - Les fournisseurs d'électricité issue d'énergies renouvelables de
Hambourg (nord de l'Allemagne) enregistrent un afflux de clients après des incidents en
série dans la centrale nucléaire locale, selon leurs porte-parole mardi. "Dans les
jours qui ont suivi (les incidents), nous avons eu une hausse sensible du nombre de
nouveaux clients, atteignant 70%", a indiqué à l'AFP Ralph Kampwirth, porte-parole
de l'opérateur Lichtblick, l'un des leaders en Allemagne de l'électricité
"verte."
La centrale nucléaire de Krümmel, opérée par la filiale allemande du groupe suédois
Vattenfall, a connu la semaine dernière une série de pannes, alors qu'elle venait de
rouvrir après un incendie en 2007. "Parmi les personnes qui nous contactent par
téléphone, certaines sont très en colère contre Vattenfall", qui détient une
part de marché de plus de 80% dans la région de Hambourg, a encore dit M. Kampwirth. Un
autre fournisseur local d'électricité verte, Greenpeace Energy AG, dit récupérer
chaque jour entre 70 et 90 clients de Vattenfall, tandis que la société Naturstrom
évoque une progression de 30% de ses nouveaux contrats, selon leurs représentants cités
mardi par le Hamburger Abendblatt.
Dans un communiqué paru mardi, la fédération de consommateurs allemande
Verbraucherzentrale adresse une mise en garde aux clients pressés de changer: "Ce
qui sort de la prise de courant est la même chose, chez Vattenfall ou chez un petit
fournisseur d'électricité verte. Tous puisent leur électricité dans un grand bassin
où se mêlent l'atome, le charbon, le vent etc." "Le critère important est que
le fournisseur d'électricité verte puisse prouver de manière convaincante qu'il
contribue au développement des énergies renouvelables", met en garde la centrale de
consommateurs.
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13 - L'Inde invitée d'honneur du 14 juillet : protestation
des anti-nucléaires
AFP - 14.07.09 - Le réseau "Sortir du nucléaire" a dénoncé mardi dans un
communiqué la présence de l'armée indienne au défilé du 14 juillet, estimant que
cette invitation met la "prolifération nucléaire à l'honneur".
Le réseau "dénonce cette invitation et les récents accords nucléaires passés par
la France avec l'Inde qui, faut-il le rappeler, n'a pas signé le Traité de
non-prolifération (TNP)". Selon le réseau, "comme tout pays non-signataire du
TNP, l'Inde devrait être exclue par la communauté internationale de toute transaction
dans le domaine du nucléaire civil et militaire".
Il dénonce les "dérogations" en faveur de l'Inde auprès de l'Agence
internationale de l'énergie atomique (AIEA) et estime que le président Nicolas Sarkozy
"n'a aucune crédibilité quand il parle de lutte contre la prolifération nucléaire
et quand il met en accusation l'Iran".
L'Inde est l'invitée d'honneur de ce 14 juillet et l'armée indienne défile pour la
première fois hors de ses frontières sur les Champs Elysées à Paris, avec 400 soldats,
en présence du Premier ministre indien Manmohan Singh.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : tout en soutenant le développement des
énergies renouvelables, on peut se poser des questions sur un tel projet qui risque de
recréer les problèmes liés aux énergies traditionnelles : centralisation, transport du
courant sur des milliers de km, relations Nord-Sud...
Le Monde - 14 juillet 2009
14 - Quand l'Europe se chauffera au soleil du Sahara...
Des centrales installées en Afrique pourraient assurer 15% des besoins en
électricité du Vieux Continent d'ici à 2025
Convertir le soleil des déserts en électricité : c'est autour de cet ambitieux projet
que devait se constituer, lundi 13 juillet, à Munich, un consortium sous l'égide du
réassureur allemand Munich Re. Les entreprises fondatrices - parmi lesquelles le
conglomérat Siemens, les électriciens Eon et RWE, et la Deutsche Bank - réfléchissent
à la construction d'une centrale solaire géante, dans le nord de l'Afrique et du
Proche-Orient, qui permettrait d'approvisionner l'Europe en énergie propre.
Cette initiative industrielle s'appuie sur le projet Desertec, développé par la branche
allemande du Club de Rome, une organisation non gouvernementale spécialisée dans le
développement durable. D'après ce concept, des installations solaires thermiques
réparties sur plusieurs milliers de kilomètres carrés en plein désert pourraient
couvrir jusqu'à 15 % des besoins en électricité européens d'ici à 2025, avec des
premières livraisons dans dix ans. Coût estimé : 400 milliards d'euros sur une période
de quarante ans, selon les calculs du Centre aéronautique et spatial allemand (DLR).
L'idée est fortement soutenue par le gouvernement allemand : "Ce projet visionnaire
présente un fort potentiel pour accroître la coopération régionale à travers toute
l'Afrique du Nord, entre des Etats qui ont toujours des frontières fermées", a
défendu, vendredi 10 juillet, Frank-Walter Steinmeier, le ministre des affaires
étrangères. L'enthousiasme est même plus large. Lors d'une récente conférence
réunissant des cadres du secteur énergétique, la chancelière allemande, Angela Merkel,
et le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ont eux aussi fait
l'éloge de l'initiative Desertec.
Pour les nouveaux partenaires industriels, il s'agit maintenant d'en étudier la
faisabilité. "Non pas tant d'un point de vue technique que politique et
économique", précise-t-on chez Munich Re. L'un des principaux défis consiste à
sécuriser ces investissements colossaux, notamment grâce à d'éventuelles aides
publiques, allemandes ou européennes. Sous forme de prix garantis, par exemple.
"Nous espérons pouvoir présenter des plans concrets d'ici deux à trois ans",
dit-on chez l'assureur. Dans l'intervalle, le consortium souhaite s'élargir à d'autres
entreprises européennes et du bassin méditerranéen. Sont d'ores et déjà associés aux
négociations le conglomérat suisse ABB, l'espagnol Abengoa Solar, ou encore le groupe
algérien Cevital.
A ce stade, le projet soulève encore beaucoup de questions. Concernant l'implantation des
sites d'abord. Sceptiques, certains industriels ont pointé le danger de construire des
centrales dans des régions aux régimes politiques instables. "On pourrait avoir le
même problème de dépendance qu'avec le pétrole", a, par exemple, estimé Frank
Asbeck, le PDG du fabricant allemand de panneaux solaires Solarworld. Et que se
passera-t-il en cas de guerre ou d'attaques terroristes ? s'est interrogé à son tour le
patron de l'électricien Vattenfall, Lars Josefsson.
"Tout ne sera pas regroupé au même endroit, rétorque Hans Müller-Steinhagen,
directeur du DLR, étroitement associé au projet. Le concept initial prévoit de
répartir les installations solaires dans différents pays et d'exploiter pas moins d'une
vingtaine de lignes à haute tension. Ainsi on minimise les risques."
Outre le débat géopolitique, le projet prête aussi le flanc à la critique au plan
éthique, puisqu'il vise à exporter une partie de l'électricité produite vers l'Europe.
"Le problème prioritaire, c'est de répondre aux besoins énergétiques des pays du
Sud", souligne Houda Ben Jannet Allal, directrice du développement stratégique à
l'Observatoire méditerranéen de l'énergie (OME), qui regroupe les principales
compagnies énergétiques de la région. A l'exception de l'Algérie, de l'Egypte et de la
Libye, qui disposent de ressources fossiles, les pays du Sud de la Méditerranée sont en
situation de dépendance énergétique.
Selon certains scénarios, leurs besoins vont augmenter de 70 % dans les vingt ans à
venir. Avec un fort impact sur les émissions de CO2 de ces Etats, déjà parmi les plus
menacés par les risques de désertification et de pénurie d'eau liés au changement
climatique. Même si le soleil est une ressource illimitée, fait remarquer Mme Ben Jannet
Allal, les sites les mieux adaptés à l'installation de centrales ne seront plus
disponibles pour ces pays, le jour où ils posséderont leur propre technologie solaire.
L'OME considère que Desertec doit s'inscrire dans un programme plus fédérateur,
privilégiant l'efficacité énergétique dans les pays du Sud et mixant toutes les
filières renouvelables, photovoltaïque et éolien compris. A l'instar du Plan solaire
Méditerranée qui, dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée (UPM), prévoit de
produire dans cette zone 20 gigawatts à partir d'énergies renouvelables, à l'horizon
2020.
Les responsables du consortium affirment, au contraire, poursuivre une stratégie qui
profite à tout le monde. "Cela ne peut fonctionner que dans un rapport de
réciprocité", expliquait, fin juin, Peter Höppe, en charge du département de
recherche sur les risques naturels chez Munich Re. "Selon moi, les centrales devront
d'abord servir à combler les besoins de ces pays. L'Europe ne serait approvisionnée
qu'ensuite", précisait-il.
D'autant que le potentiel énergétique des déserts du nord de l'Afrique est
considérable. Selon les experts de Siemens, une surface de 300 kilomètres carrés au
Sahara, équipée de miroirs paraboliques, suffirait théoriquement à couvrir les besoins
en énergie de la planète entière.
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L'Est éclair - 11 juillet 2009 - Willy BILLIARD et Boris CALLENDREAU
15 - Les questions que l'on est en droit de se poser sur
les déchets radioactifs
Doit-on se méfier de la gestion des déchets radioactifs de la part de l'Andra ?
Éléments de réponse pour se forger une opinion
Que prévoit-on d'enfermer dans ce nouveau centre de stockage de déchets radioactifs ?
Les déchets dits FA-VL (de faible radioactivité mais à vie longue) sont pour la plupart
déjà produitsIls représentent actuellement 7,2 % des déchets radioactifs en FranceEn
attente de solution, ils ont une durée de vie de plusieurs milliers d'années. Exemple,
le carbone 14 a une durée de vie de 5 000 ans. Leur stockage en surface n'est pas
possible « du fait de l'érosion », nous dit-on. Dans un centre « cinq fois plus petit
que Soulaines », on prévoit de stocker, entre 15 et 200 mètres de profondeur, 150 000
m3 de déchets graphites (provenant d'anciennes centrales), radifères (radium) et autres
déchets (déchets bitumes
).
Où sont-ils en ce moment ?
Les déchets, identifiés depuis vingt ans, se trouvent toujours sur leur site de
production. Les opposants au projet de stockage demandent à ce qu'on n'y touche pas. «
Si on les laisse, on ne peut garantir la sécurité des personnes autour », explique
l'Andra, préférant surveiller un seul et unique site plutôt que beaucoup de petits
sites partout en France. « L'entreposage n'est pas une solution pérenne », soutient
l'Andra.
Le projet industriel de l'Andra (stockage en profondeur) est-il figé ?
Dans les grandes lignes, oui : trouver une épaisseur d'argile suffisante avec des
caractéristiques définies à une profondeur raisonnable. Deux concepts à l'étude :
stockage sans couverture intacte (creuser des galeries souterraines, mise en stockage dans
les alvéoles grâce à des engins pilotés à distance) et stockage sous couverture
remaniée (creuser à ciel ouvert avec les colis déposés dans les alvéoles). « En
l'état actuel des connaissances, c'est la meilleure des solutions », soutient l'Andra.
Doit-on douter de la « transparence » de l'Andra ?
D'après l'Autorité de sûreté nucléaire, « l'Andra est l'un des exploitants
nucléaires les plus rigoureux et transparents qu'on peut avoir ». Ce que contestent les
antinucléaires qui affirment que l'Andra cache son jeu depuis déjà de nombreuses
années.
Quelles retombées ?
Le chiffre de 17 millions d'euros de retombées économiques aurait été avancé. « Un
pourboire vu les enjeux », clament les antinucléaires dont le représentant de la Meuse
affirme qu'en 15 ans de laboratoire de recherche à Bure, « seulement 25 emplois ont
été créés ». « Les élus ne sont peut-être pas achetés, mais habitués à cette
manne financière. Ils ont le doigt dans l'engrenage », soutiennent-ils.
Les sols de Pars-les-Chavanges et d'Auxon ont-ils déjà été sondés ?
Oui, d'une part par le service géologie régional de Champagne du Bureau de recherches
géologiques et minières (225 m à Chavanges en 1964), d'autre part par des industries
pétrolières (1 711 m à Margerie-Hancourt en 1986 et 950 m à Montigny-les-Monts en
1960). Jamais depuis. L'Andra a utilisé ces données géologiques pour affiner sa
sélection.
En cas de problème, qui sera responsable ?
Vaste question, surtout si l'on se réfère au scandale de l'amiante où les différentes
actions judiciaires engagées par les victimes ont traîné en longueur. La faute à la
complexité du dossier et aux
responsabilités croisées. Dans l'absolu, la
responsabilité de l'Andra peut être engagée en cas de faute manifeste et avérée de
cette structure dans la gestion des déchets qui lui sont confiées. Avec une nuance de
taille, toutefois, apportée par la loi du 28 juin 2006 relative à la gestion durable des
matières et déchets nucléaires. Fidèles aux principe du « pollueur-payeur », les
articles L 110-1 et l 541-1 du Code de l'environnement précisent que « les producteurs
de combustibles usés et de déchets radioactifs sont responsables de ces substances, sans
préjudice de la responsabilité de leurs détenteurs [
] » En clair : l'Andra se
retrouve dédouanée, contrairement aux producteurs de déchets. Et ils sont
nombreux
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : depuis des mois, nous clamons que le
nucléaire français (EDF mais aussi Areva) va vers le crash industriel et financier (voir
en fin de mail quelques rappels de communiqués), et que ce sont les citoyens - nous tous
! - qui vont payer, très cher la folie de l'option nucléaire. Voici enfin un article qui
semble prendre conscience de la gravité de la situation...
Médiapart - 09 Juillet 2009 - Par Martine Orange
16 - EDF : l'Elysée va limoger Pierre Gadonneix mais les
tarifs augmenteront
Après France Télécom en 2002, va-t-on assister à un scandale EDF dans les mois qui
viennent? C'est le scénario noir qui semble agiter le gouvernement depuis quelque temps.
De plus en plus alarmé sur la situation qui prévaut dans l'entreprise publique, Claude
Guéant, le secrétaire général de l'Elysée, a pris le dossier en main. Il a demandé
une analyse approfondie sur l'état de l'entreprise.
Les premiers résultats font ressortir un constat accablant: en l'état actuel, même si
EDF parvient à réaliser, comme il l'a prévu, un programme de cession d'actifs de 5
milliards d'euros, l'endettement du groupe public doublera d'ici à la fin de l'année,
passant de 24,5 à 50 milliards d'euros. Un chiffre inavouable et insupportable, même
pour un groupe aussi puissant qu'EDF.
Une première décision semble avoir déjà été arrêtée à l'Elysée: contrairement à
ce que le gouvernement prévoyait il y a encore trois mois, Pierre Gadonneix ne sera pas
renouvelé à la tête d'EDF en octobre. Son successeur n'est pas encore choisi. Une très
courte liste de candidats possibles a été dressée. «Quel que soit le nom, ce sera un
industriel. EDF est un sujet trop important pour le laisser dans des mains inexpertes»,
assure un proche du dossier.
Pierre Gadonneix est-il déjà au courant de cette décision? Certaines confidences faites
à ses proches ces derniers jours pourraient le laisser croire. Cela expliquerait alors
son étrange comportement. Le jour même où le groupe public vient de lever 3,2 milliards
d'euros trois fois plus que ce qu'il avait prévu à l'origine auprès des
particuliers, il annonce qu'il a un besoin urgent d'argent!
Passant délibérément sous silence le contrat de service public qui lie EDF à l'Etat,
et qui stipule que «l'évolution des tarifs aux particuliers ne sera pas supérieure au
taux de l'inflation» jusqu'à la fin de 2010, Pierre Gadonneix demande une augmentation
de 20% sur trois ans afin de financer ces besoins d'investissements. Argument qui avait
déjà été avancé au moment du lancement de l'émission obligataire du groupe. «Ce
rattrapage est pour pouvoir assurer à nos enfants et à nous-mêmes que la
réussite du projet industriel d'EDF soit pérennisée. Sinon, dans dix ans, tout le
succès du nucléaire sera derrière nous», précisait ce jeudi le PDG d'EDF sur RTL.
En demandant l'alignement des pratiques françaises sur le reste de l'Europe, Pierre
Gadonneix s'inscrit dans un débat politique, semblant forcer l'Etat à tirer toutes les
leçons sur l'ouverture du marché électrique à la concurrence. Christine Lagarde en a
pris acte, d'ailleurs, évoquant hier de possibles «hausses tarifaires».
Une conduite calamiteuse
Pourtant, c'est bien de sa conduite de l'entreprise dont il faut parler. A la lumière de
l'état d'EDF, celle-ci se révèle calamiteuse. Pierre Gadonneix explique ainsi que les
augmentations tarifaires s'imposent pour relancer les investissements en France. Les
dépenses d'investissement sont en effet tombées à un seuil critique dans le groupe. Au
cours des dix dernières années, EDF a vécu sur sa rente, engageant moins de quatre
milliards d'euros par an pour l'entretien et le renouvellement de ses équipements.
Résultat? Des manques criants partout. Un réseau de distribution au bord de l'apoplexie,
un parc nucléaire souffrant de pannes à répétition et allant jusqu'à manquer de
pièces de rechange indispensables.
La situation n'est pas nouvelle. Et pendant les quatre premières années à la tête
d'EDF, Pierre Gadonneix n'a rien fait pour la changer, continuant à maintenir au plus bas
niveau les investissements français. L'affichage de résultats en constante augmentation,
la conquête des marchés internationaux, la tenue du cours de Bourse, étaient
prioritaires. La prise de conscience de la nette dégradation de son système électrique
est venue il y a à peine un an. Brusquement, la direction d'EDF a réalisé la
vulnérabilité de sa position: le groupe public est devenu acheteur net d'électricité,
et dépense désormais des milliards pour assurer l'approvisionnement de la France.
Déstabilisées par le manque d'investissement et une organisation inadaptée (lire EDF:
les salariés du nucléaire en fusion), ses centrales affichent un taux de disponibilité
calcul économique qui mesure l'efficacité industrielle et économique en
baisse constante. D'un peu plus de 80%, ce taux est tombé officiellement à 79%, dans les
couloirs du groupe, on évoque même le chiffre de 75%. Un point de moins signifie des
milliers de KWh en moins, des dizaines de millions d'euros envolés.
D'où la nécessité de dégager d'importants moyens financiers pour réorganiser une
entreprise totalement déréglée. Mais EDF n'a plus la flexibilité financière
nécessaire pour le faire. «Tous les bénéfices de la rente nucléaire ont été
reversés aux Français», explique Pierre Gadonneix pour expliquer l'impasse dans
laquelle se trouve le groupe public aujourd'hui. Dans les faits, il n'en est rien. Les
consommateurs français ont certes profité d'une électricité bon marché, alignée sur
l'inflation mais désindexée de coûts pétroliers et gaziers. Mais c'était l'objectif
même du programme nucléaire lancé à partir de 1975.
La rente nucléaire a surtout servi à payer la conquête internationale du groupe. Entre
le rachat de l'allemand EnbW, du britannique London Electricity et de l'italien Edison,
EDF a dépensé plus de 20 milliards d'euros entre la fin des années 1990 et 2005. Sans
parler des 10 milliards investis dans les années 1990 dans des sociétés en Amérique du
Sud (Brésil et Argentine) qui se sont révélées des opérations calamiteuses et ont
été liquidées dans des conditions tout aussi désastreuses. Contrairement à ce
qu'assure Pierre Gadonneix, aucune des filiales internationales du groupe ne
s'auto-finance, et l'endettement lié à ces acquisitions n'a toujours pas été
remboursé.
Fuite en avant financière
Si Pierre Gadonneix s'en était tenu à cette diversification internationale, EDF pourrait
sans doute financer la relance des investissements en France. Mais 2008 a été la folle
année d'expansion. En dépit de toutes les mises en garde, le président d'EDF a décidé
de racheter le groupe nucléaire britannique British Energy pour 13,9 milliards d'euros.
Selon certains experts, EDF a payé environ trois fois le prix normal pour cette
entreprise en perte, exploitant huit centrales nucléaires en fin de vie. Pierre Gadonneix
a justifié cette opération, au nom de la promotion du savoir-faire nucléaire français:
British Energy devant servir de base pour l'implantation de quatre EPR en Grande-Bretagne.
Il n'est même pas sûr que cette opération puisse voir le jour. Comme l'a révélé le
Times le 1er juillet, l'autorité de sûreté nucléaire britannique a émis les plus
grandes réserves sur certaines parties du réacteur, les jugeant pas assez sûres. Elle a
demandé des modifications très importantes des technologies. Elle subordonne son
autorisation d'implantation à ces changements. Ce qui signifie des mois voire des années
de travail. En attendant, EDF se retrouve avec une entreprise déficitaire et une dette
supplémentaire de plus de 10 milliards d'euros.
Il en va de même aux Etats-Unis. Pariant sur un renouveau du nucléaire qui est
très loin d'être acquis , EDF s'est d'abord porté acquéreur de 9% du groupe
américain Constellation, qui aimerait construire des EPR sur le territoire américain.
Fin 2008, asphyxié par la crise, Constellation a frôlé la faillite. Pour EDF, cela se
serait traduit par une perte de 750 millions d'euros. Plutôt que d'avouer cette perte, la
direction du groupe a décidé, au contraire, de doubler la mise. Il s'est porté
acquéreur de la moitié de Constellation pour 5 milliards d'euros. La transaction n'est
pas encore conclue. Au gouvernement, on souhaite qu'elle ne le soit jamais.
Les charges financières de cette folle expansion ne cessent de s'envoler. Et Pierre
Gadonneix n'a rien fait pour les endiguer. Pour continuer de faire croire à la bonne
santé du groupe, il a choisi de s'endetter pour payer le milliard d'euros de dividendes
à ses actionnaires, alors qu'EDF n'était pas en situation de l'honorer, affichant un
autofinancement négatif. De même, par pur opportunisme et politique de communication, il
a lancé son emprunt obligataire auprès des particuliers au lieu de lever de l'argent
dans des conditions plus intéressantes sur le marché. Pour EDF, ce sera 150 millions
d'euros de frais financiers supplémentaires pendant cinq ans.
Mais le voile commence à se déchirer. Les agences de notation s'inquiètent de cette
situation et réfléchissent à abaisser la note d'EDF, ce qui renchérirait encore le
coût de sa dette. Et, dans le plus grand secret, la division financière du groupe
travaille sur des scénarios noirs de stress financier.
Rappel :
21/04/2009 Emprunt EDF : "Sortir du nucléaire" dénonce
une tentative de renflouement sous la menace du "syndrome Airbus"
03/03/2009 Le crash de l'industrie nucléaire française -
Effondrement d'EDF et Areva à la bourse de Paris...
25/02/2009 Publication des comptes 2008 d'Areva - Areva au bord de
la faillite : l'argent public ne doit pas renflouer l'industrie nucléaire
06/02/2009
Sarkozy sur les falaises de Flamanville : le nucléaire français au bord du gouffre |