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- Déchets radioactifs : dans une ambiance survoltée, Auxon dit non à la
poubelle nucléaire
2 - Importation d'électricité : "Sortir du nucléaire" pointe
la vulnérabilité de la France Atomique
3 - Le nucléaire n'a plus d'avenir en Belgique
4 - Spectaculaire action de Greenpeace à la centrale nucléaire de
Tihange (Belgique)
5 - Areva : bricolage nucléaire
6 - Londres met en cause la sécurité du réacteur français EPR
7 - Nucléaire : mauvaise image auprès des jeunes
8 - Déchets nucléaires : plus d'un million de m3 en 2007, le double en
2030
9 - Fessenheim : l'ASN se prononcera début 2011 sur la poursuite du
réacteur 1
10 - Irradiés à la Hague, ils refusent de se taire
11 - Réacteur 1 d'EDF-Tricastin : des fissures qui inquiètent
12 - La Picardie mise sur le bois-énergie
13 - L'Ontario suspend le projet d'approvisionnement en énergie
nucléaire
14 - L'emprunt EDF et l'emprunt Sarkozy
15 - Nouveau cas de leucémie à proximité des installations nucléaires
de Geesthach (Allemagne)
16 - EDF veut faire vivre ses centrales jusqu'à 60 ans
17 - Strasbourg - Manifestation anti-nucléaire : la tête dans le sac
18 - EPR à Penly : plusieurs centaines d'antinucléaires manifestent à
Dieppe
----------------1 - Déchets radioactifs : dans une
ambiance survoltée, Auxon dit non à la poubelle nucléaire
(Auboisementcorrect.com - 1er juillet 2009 - Pascal Houplon)
Très difficile, très longue soirée pour le maire dAuxon (Jean-Louis Caillet) et
les représentants de lAndra. Dans une salle bien trop petite, ils ont tenté de
présenter, si ce nest de convaincre les habitants des bienfaits du projet
denfouissement de déchets nucléaires FA-VL. Échec complet.
La réunion de plus de 3 heures aura en réalité été loccasion de
sapercevoir de lopposition largement majoritaire des habitants dAuxon et
des environs à ce projet. A tel point quune oreille indiscrète (la mienne) aura
surpris le représentant des RG déclarer au téléphone ; « Je narrive pas à
trouver une personne favorable à ce projet ». Tour à tour des habitants dAuxon,
des villages alentours, du département ont dit, avec parfois émotion et colère,
quils refuseraient cette nouvelle poubelle nucléaire.
Côté politique, plusieurs maires de la communauté de commune sont intervenus pour
également sopposer à ce projet, menaçant de démissionner massivement en cas de
réalisation de cette poubelle. La présidente de la communauté de communes Eliane Carr a
également fermement rejeter le centre de lANDRA, tout comme le conseiller Général
Franck Simard. Plusieurs agriculteurs et la présidente de la fromagerie dAuxon ont
aussi dénoncé les conséquences économiques dun tel projet. Lun des ces
agriculteurs aura même cette formule : « Mes parents, mes grands-parents gardaient des
vaches, mes petits enfants garderont des déchets nucléaires ! »
Totalement débordés par les événements, le maire dAuxon et le sous-préfet
auront les plus grandes difficultés à mettre fin à ce barnum des « anti », évitant
de justesse de finir la nuit au côté dun Michel Guéritte qui enfin, récoltait le
fruit de son long travail.
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2 - Importation d'électricité : "Sortir du
nucléaire" pointe la vulnérabilité de la France atomique :
La contribution "climat-énergie" doit viser aussi le nucléaire si la France
veut éviter des black-out
Hier jeudi 2 juillet, la France a importé massivement de l'électricité depuis la
Grande-Bretagne (*). Il est d'ailleurs assez probable que la France doive importer de
l'électricité pendant une bonne partie de l'été, comme c'est déjà systématiquement
le cas l'hiver. La cause première de cette situation est la surconsommation
d'électricité développée en France depuis des décennies par les pouvoirs publics et
par EDF dans le but de "justifier" le programme nucléaire.
Certes, les importations d'hier sont aussi dues à des données conjoncturelles : une
forte chaleur et les conséquences de la grève des travailleurs intérimaires du
nucléaire. Mais ces évènements sont amenés à se reproduire, en particulier les
canicules qui sont de plus en plus fréquentes et intenses avec le réchauffement
climatique.
Il faut donc noter que c'est le réchauffement climatique qui s'attaque au nucléaire et
non l'inverse comme tentent de le faire croire les publicités d'EDF, d'Areva, et les
discours venus de l'Elysée ou de Matignon. Les canicules de 2003 et 2006 ont d'ailleurs
déjà démontré la vulnérabilité du parc nucléaire : le refroidissement des
réacteurs étant compromis, EDF avait été contraint d'en stopper plusieurs
et
d'importer de l'électricité.
Notons que le changement climatique se manifeste aussi par des tempêtes, comme celles de
décembre 1999 et de janvier 2009, qui ont à nouveau démontré l'absurdité du système
nucléaire, extrêmement centralisé, et qui nécessite de transporter l'électricité
avec des centaines de kilomètres de lignes THT (Très haute tension), lesquelles sont
très vulnérables face aux tempêtes : des millions de citoyens se sont retrouvés sans
électricité.
Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", cette situation d'importation
électrique montre que la "contribution climat-énergie" envisagée par les
autorités françaises doit absolument s'appliquer au nucléaire et pas seulement aux
énergies dites "carbonnées". A défaut, la France nucléaire, et son option
absurde du chauffage électrique, est condamnée à des "black-out" de plus en
plus nombreux.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" rappelle aussi que la France a un objectif
impératif, fixé au niveau de l'Union européenne, de 23% d'énergies renouvelables en
2020. Pour atteindre cet objectif, il faut certes développer les énergies renouvelables,
mais il faut aussi impérativement économiser l'énergie et réduire le recours aux
énergies non renouvelables
comme le nucléaire. Les autorités françaises
devraient donc annuler les projets de réacteurs nucléaires - y compris le chantier en
cours de réacteur EPR à Flamanville - et fermer les réacteurs atteignant 30 ans comme
ceux de Fessenheim (Haut-Rhin), Bugey (Ain) et Tricastin (Drôme).
(*) cf The Times : http://business.timesonline.co.uk/tol/business/industry_sectors/utilities/article6626811.ece
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3 - Le nucléaire n'a plus d'avenir en Belgique
(L'Echo (Belgique) - 01/07/2009)
La question du nucléaire vient enfin de faire un pas en avant. Constitué à la demande
du ministre fédéral de l'Energie Paul Magnette, le Gemix, un groupe d'experts belges et
étrangers, a rendu hier un rapport préliminaire sur la manière d'envisager le futur
énergétique belge. Pas de décision définitive de la part de cette commission mais des
pistes que le gouvernement belge devrait tenter de suivre à l'heure du choix. Et la plus
claire d'entre elles, est la recommandation de ne plus construire de centrales nucléaires
sur le territoire belge. Parce qu'un nouveau réacteur gonflerait trop le poids de l'atome
dans le mix et que son prix ne ferait qu'accentuer la pression à la hausse sur les prix
de l'électricité.
«On peut imaginer que le gouvernement suivra cette recommandation qui reste dans la
logique d'une sortie définitive à terme du nucléaire, observe Paul Magnette. Quant à
savoir s'il faudra prévoir des délais plus longs pour la fermeture des différents
réacteurs, c'est une question secondaire.» En période préélectorale depuis le
printemps 2007, le monde politique belge n'a jamais osé trancher la question de la
prolongation de la durée de vie des centrales nucléaires belges liée à une loi de
2003.
Mais la première échéance de fermeture étant fixée à 2015 pour trois des sept
réacteurs, il faut une décision rapide. Parce qu'Electrabel, son propriétaire, attend
de savoir s'il doit intervenir pour une prolongation ou une fermeture. Mais, dans tous les
cas, il demande une réponse pour la fin de cette année. Le gouvernement fédéral l'a
promise. Mais le Gemix lui laisse toutes les portes ouvertes. Le maintien du calendrier
actuel, une prolongation de 10, voire de 20 ans. Réaliste? «Non, réplique Jan Vande
Putte, expert en énergie chez Greenpeace. Ces centrales d'ancienne génération ne sont
pas capables techniquement de supporter une vie de 60 ans. Il y a un risque.»
Hier également, la Creg et les producteurs d'électricité Electrabel et SPE-Luminus ont
campé sur leurs positions à la commission Economie de la Chambre. Le régulateur accuse
les producteurs d'avoir intégré les quotas de CO2, pourtant reçus gratuitement, dans
leurs prix sur le marché de gros. Non-sens, ont répondu Jean-Pierre Hansen et Ludo
Sterckx, qui prétendent pour leur part que les calculs de la Creg sont inappropriés, les
prix étant le résultat de la rencontre entre l'offre et la demande. Selon la Creg, les
deux producteurs auraient engrangé à tort 1,5 milliard d'euros de «windfall profit»
entre 2005 et 2008.
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4 - Spectaculaire action de Greenpeace à la centrale
nucléaire de Tihange (RTLinfo.be - 1er juillet 2009)
Des militants de Greenpeace ont voulu marquer le coup ce matin. Avec un parapente, ils ont
survolé la centrale de Tihange pour sensibiliser le grand public aux risques liés à
l'exploitation de l'énergie nucléaire.
L'idée est originale, comme bien souvent lors des actions de l'ONG Greenpeace. Avec un
parapente à moteur, plusieurs militants ont survolé la centrale nucléaire de Tihange
avant d'atterrir tout près des réacteurs. Le tout avec un seul objectif en tête :
démontrer les risques liés à la production d'énergie et la facilité avec laquelle il
est possible d'amener le danger aux abords du site nucléaire.
Par cette action, Greenpeace demande la fermeture des trois réacteurs les plus anciens du
pays. L'un d'eux se situe à Tihange, les deux autres sont près d'Anvers. "Tous
ensembles, ils ne représentent qu'une petite partie de la production d'électricité. A
peine 10% en Belgique. Fermer ces trois réacteurs, les plus anciens, les plus dangereux
et les moins fiables, serait vraiment plus raisonnable", a déclaré Jan Vande Putte,
chargé de mission nucléaire au sein de Greenpeace.
Une première étape pour laquelle lutte Greenpeace avant la fin du nucléaire, prévue
entre 2015 et 2025. Mais peut-on réellement se passer du nucléaire ?
"Techniquement, c'est toujours possible", a confié Philippe Mathieu, Professeur
de Production d'énergie à l'ULG, avant d'ajouter que "sortir d'une option sans
alternative valable, ça peut nous mettre en danger." D'après les experts, la fin du
nucléaire n'est pas envisageable avant 20 à 50 années. Le temps, en quelques sortes, de
changer les mentalités et de créer d'avantage d'énergies vertes.
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5 - Areva : bricolage nucléaire (Les
Echos - 01/07/09 - Philippe Escande)
Bonne nouvelle, Areva est autorisé à demander de l'argent. Pourvu que ce ne soit pas à
l'Etat... Pourvu que ce ne soit pas trop... Pourvu que cela ne fasse pas de vagues... Cinq
ans après avoir déposé sa première demande d'augmentation de capital couplée à une
entrée en Bourse, Anne Lauvergeon, la patronne d'Areva, doit se contenter d'une
demi-mesure, tant la société se trouve piégée dans la toile des contradictions de la
politique industrielle française. Areva aurait besoin d'une douzaine de milliards d'ici
à 2012 pour mener à bien ses projets de développement en France et à l'international
et solder son divorce avec Siemens.
Elle n'a aucune chance de les trouver avec une ouverture très limitée du capital et la
vente d'actifs compliqués, car tous stratégiques, en période de basses eaux. A qui
céder les mines de nickel calédoniennes d'Eramet ? Comment soutenir le leader européen
de la microélectronique en difficulté et dont le capital est savamment partagé entre
italiens et français ? Même la cession de la filiale Transmission et Distribution risque
d'être compliquée et privera de plus Areva de sa principale source de bénéfices.
Voilà qui est tout de même rageant à un moment où l'énergie nucléaire retrouve un
seconde souffle sur la planète et que la France, qui n'a pas relâché son effort dans le
domaine, dispose des outils pour en profiter.
Alors que faire ? Choisir. Soit on conduit une vraie privatisation partielle, qui
permettrait par exemple à ses grands clients français et autres partenaires de prendre
au moins 40 % du capital d'une société, cotée ou non en Bourse, qui lui donnerait les
moyens de partir à la conquête de l'international. Soit on retransforme Areva en
établissement public lové au coeur de l'Etat pour des raisons « stratégiques » et
dont les ambitions seraient de ce fait limitées à la gestion de la filière nucléaire
française, comme l'est le CEA. En réalité, le grand drame de la politique industrielle
française n'est pas tellement qu'elle existe, mais que par crainte des conséquences,
elle laisse souvent les circonstances décider à sa place. Car comme disait Sartre « ne
pas choisir, c'est encore choisir ».
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Areva va ouvrir son capital à des partenaires
stratégiques pour boucler son financement (Les Echos - 01/07/09)
Le conseil de surveillance du champion français du nucléaire a décidé hier de faire
entrer « des partenaires stratégiques et industriels » à hauteur de 15 % dans le
capital. La mise en vente de la filiale T&D est lancée. L'opération pourrait être
réalisée à la fin de l'année. Le groupe va aussi se délester de ses participations
dans Eramet et STMicroelectronics.
Augmentation de capital, cessions d'actifs, réduction du dividende... Après un conseil
de surveillance très attendu, Areva a annoncé hier un cocktail de mesures, pour
l'essentiel largement anticipées, destinées à répondre à ses besoins de financement.
Au total, celles-ci pourraient permettre de lever jusqu'à 8 milliards d'euros. De quoi
assurer l'essentiel des investissements de 10 milliards d'euros prévus entre cette année
et 2012 par le champion nucléaire français. Et « continuer la course en tête », selon
Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe public tricolore. Car la
concurrence internationale s'aiguise pour participer à la renaissance attendue de
l'atome.
Première mesure annoncée, et la plus symbolique, la décision de faire entrer « des
partenaires stratégiques et industriels » à hauteur de 15 % dans le capital du champion
nucléaire français. Sur la base du cours actuel, cela correspond à 2 milliards d'euros.
Areva n'a pas précisé les noms des candidats potentiels, mais des discussions ont lieu
avec des fonds souverains d'Abu Dhabi et du Koweït. Côté industriels, Areva et son
partenaire japonais Mitsubishi Heavy Industries (MHI) n'ont jamais caché leur volonté de
coopérer plus étroitement. De sources proches du dossier, l'idée est de proposer trois
tickets inférieurs à 5 % du capital chacun.
Les discussions avec les Emirats arabes unis, qui étudient, par ailleurs, l'achat de
plusieurs réacteurs EPR, sont avancées. Le fonds local Mubadala pourrait ainsi se
retrouver actionnaire à la fois d'Areva et de son rival américain General Electric, qui
coopère avec Hitachi dans le nucléaire. In fine, l'Etat français ne contrôlerait plus
que 75 % du capital, au lieu de ses 93 % actuels. L'augmentation de capital sera
d'ailleurs ouverte aux porteurs des certificats d'investissement déjà cotés en Bourse
et un projet d'actionnariat salarié est également prévu. Pour la CFDT, cette «
privatisation du nucléaire présente d'énormes risques en matière de sûreté et de
sécurité de nos installations nucléaires ». Cette recomposition du capital signe, au
moins provisoirement, l'abandon du projet de fusion avec Alstom défendu par son PDG,
Patrick Kron.
D'autres cessions sur la table. Deuxième mesure, la cession de la
filiale de transmission et de distribution (T&D), évaluée entre 3 milliards et 5
milliards d'euros. A l'orée des négociations, chacun pose ses conditions. Areva « sera
attentif, en plus du prix proposé, au projet industriel et social ». Hors de question
donc de vendre à la découpe, selon Anne Lauvergeon. Un ticket commun entre Alstom et
Schneider Electric est ainsi exclu. De son côté, Patrick Kron, candidat déclaré à
l'acquisition, veut préserver « l'hygiène financière » d'Alstom... « Selon la
qualité des marques d'intérêt qui seront reçues, la décision de céder ou pas T&D
et le choix d'un éventuel acquéreur seront pris avant la fin de l'année », précise
Areva. En interne, on vise une décision en septembre.
Autres cessions sur la table, celles dans le groupe minier français Eramet et la
société de technologie STMicroelectronics. Anne Lauvergeon n'avait de cesse de dire que
26 % dans Eramet, c'était « soit c'est trop, soit pas assez ». Dans le passé, elle a
envisagé une cession au brésilien CVRD. L'Etat avait bloqué le projet. Désormais, il
est prêt à une cession, sous réserve que les participations dans Eramet et
STMicroelectronics restent « sous actionnariat public, compte tenu de leur caractère
stratégique », a fait savoir hier la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Un
dossier sensible de plus donc pour la Caisse des Dépôts et Consignations, le Fonds
stratégique d'investissement ou la société publique holding Erap... Quant à la cession
de participation dans Safran, elle paraît plus lointaine.
Signe du soutien de l'Etat pour l'entreprise, le conseil de surveillance a décidé hier
une nouvelle politique de dividende. Celle-ci limitera à 25 % le taux de distribution du
résultat net, à partir des comptes 2010. La société pourra ainsi disposer plus
librement de ses résultats. Ces dernières années, l'Etat avait plutôt tendance à se
servir sans vergogne : depuis 2004, les taux de distribution ont varié entre 32 % et 80
%. En 2008, Areva a versé pour 326 millions d'euros de dividende. La réduction du
dividende est, en revanche, une mauvaise nouvelle pour le Commissariat à l'énergie
atomique (CEA), qui dépend de cette manne pour financer ses activités (lire ci-dessous).
Malgré les questions qui subsistent, à commencer par celle d'une solution alternative
si T&D devait ne pas être vendu, les mesures annoncées constituent une bouffée
d'oxygène pour le groupe nucléaire. « Ce plan de financement complet et cohérent donne
à Areva une grande visibilité sur son développement et lui apporte les moyens de ses
ambitions sur son coeur de métier nucléaire », estime Christine Lagarde.
Accessoirement, il conforte la position d'Anne Lauvergeon. Après avoir été fragilisée
ces dernières semaines par une campagne de déstabilisation, la patronne vient de se voir
reconduire pour cinq ans à la tête de la filiale, Areva NC.
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6 - Londres met en cause la sécurité du réacteur
français EPR
(Boursier.com) -1er juillet 2009 - La Grande-Bretagne s'inquiète de la sécurité du
réacteur nucléaire français EPR... Selon 'The Times', le régulateur nucléaire
britannique a envoyé un courrier à Areva et à EDF pour leur notifier de sérieuses
réserves sur la sécurité de la technologies de leur réacteur de troisième
génération.
La lettre de l'Inspection des installations nucléaires (NII) fait notamment état
d'inquiétudes sur le contrôle et l'instrumentation de l'EPR. Selon la NII, la
technologie de l'EPR contient en effet des 'failles', en particulier parce que ses
différents sous-systèmes, censés être indépendants, seraient en réalité
interconnectés, risquant d'entraîner des réactions en chaîne en cas d'incident.
"Nous avons de sérieuses inquiétudes concernant votre projet, qui permet à des
systèmes de sécurité de classe inférieure de passer outre ('override') des systèmes
de sécurité de classe supérieure", écrit la NII, qui menace d'interdire la
construction de l'EPR en Grande-Bretagne si ces problèmes ne sont pas réglés.
Une telle éventualité serait un coup très dur pour Areva et EDF... Ce dernier a en
effet investi 15 MdsE fin 2008 pour acquérir l'électricien britannique British Energy,
dans l'espoir de construire et d'exploiter au moins 4 réacteurs EPR (technologue
développée par Areva) dans ce pays. Quant à Areva, l'EPR est son produit-phare, dont
les deux premiers deux chantiers sont en cours, l'un en Finlande et l'autre en France à
Flamanville.
L'EPR a toujours été présenté par ses concepteurs comme plus fiable et sécurisé que
les réacteurs des deux générations précédentes. Selon 'The Times', les deux groupes
français seraient d'ores et déjà en train de travailler sur une modification de l'EPR
pour satisfaire aux demandes britanniques...
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7 - Nucléaire : mauvaise image auprès des jeunes
(L'Express.fr - 30 juin 2009)
Areva, dont le carnet de commandes est bien rempli, maintient ses objectifs de recrutement
: 4 000 personnes en France, dont 2 500 ingénieurs en 2009. Dopée par les projets
internationaux des constructeurs de centrales, toute la filière a le sourire. Sauf que,
dans la région du Creusot et de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire), les nombreuses PME
sous-traitantes de la métallurgie participant à la fabrication de pièces pour
installations nucléaires peinent à recruter soudeurs, ingénieurs et techniciens. Des
métiers méconnus ou qui souffrent d'une mauvaise image auprès des jeunes.
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8 - Déchets nucléaires : plus d'un million de m3 en
2007, le double en 2030
AFP - 30.06.09 - Plus d'un million de mètres cube de déchets nucléaires étaient
stockés sur 1.121 sites en France fin 2007, un volume appelé à doubler d'ici 2030,
selon un inventaire publié mardi par l'Agence nationale pour la gestion des déchets
radioactifs (Andra). Ces 1,15 million de m3 de déchets proviennent pour 62% du secteur
électronucléaire, mais aussi de laboratoires de recherche, de la défense ou de
matériel médical. Fin 2030, leur volume total devrait atteindre 2,25 millions de m3. Les
déchets hautement radioactifs, issus des combustibles usés des centrales, en composent
une part infime en volume (0,2% avec 2.293 m3) mais ils représentent 94,98% de la
radioactivité totale, selon cet "inventaire national" qui dresse un état des
lieux au 31 décembre 2007.
Le volume de ces déchets dits à "haute activité" - plusieurs dizaines de
milliards de Becquerels (Bq) par gramme - devrait dépasser 5.000 m3 en 2030. Ce nouvel
"inventaire national des matières et déchets radioactifs", le premier rendu
public depuis la loi du 28 juin 2006, est un "outil de gestion qui permet d'assainir
des situations passées", notamment sur les sites pollués, et
"d'anticiper" les besoins de stockage pour l'avenir, a résumé le président du
conseil d'administration de l'Andra, François-Michel Gonnot, devant la presse.
Depuis l'entrée en vigueur de cette loi, "nous devons apporter une solution pour
tous les types de déchets présents sur le territoire français", a précisé la
directrice générale de l'Andra, Marie-Claude Dupuis. Dans l'attente d'un stockage
durable en profondeur, envisagé dans un site autour de Bure (Meuse) d'ici 2025, les
déchets de haute activité et de "moyenne activité à vie longue", issus des
centrales nucléaires, sont actuellement conservés sur les sites de La Hague (Manche), de
Marcoule (Gard) et Cadarache (Bouches-du-Rhône). Les déchets de "moyenne activité
à vie longue" dont la radioactivité prend plus de 31 ans pour diminuer de moitié,
représentent 3,6% du volume des déchets pour 4,98% des rayonnements.
La majeure partie des stocks est constitué de déchets de "faible activité",
dont le rayonnement est de quelques dizaines à quelques centaines de milliers de Bq/g.
Les déchets de faible et moyenne activité à vie courte (moins de 31 ans pour diviser la
radioactivité par deux) sont pris en charge par l'Andra dans le centre de stockage de
l'Aube. Ils constituent 68,8% du volume (792.695 m3) pour 0,03% de la radioactivité.
En attente d'une solution de gestion définitive, les déchets de faible activité à vie
longue (FA-VL) représentent 7,2% du volume pour 0,009% de la radioactivité. Il s'agit
notamment de déchets de graphite issus du démantèlement des premières centrales
nucléaires, ou provenant de sites ou matériaux pollués par du radium. Deux communes de
l'Aube, Auxon et Pars-lès-Chavanges, viennent d'être pré-sélectionnées dans le cadre
de la recherche d'un site de stockage de ce type de déchets, qui devrait être mis en
service en 2019.
Les déchets de "très faible activité" qui représentent 20% du volume total
soit quelque 232.000 m3, pour une part infime de la radioactivité, sont actuellement
stockés en surface dans l'Aube. D'ici 2030, leur volume devrait presque quadrupler.
L'Andra qui publie tous les trois ans un nouvel "inventaire national"
répertorie aussi les déchets "historiques", immergés ou stockés sur les
anciens sites de mines d'uranium notamment, ainsi que les sites pollués par des
activités du passé.
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9 - Fessenheim : l'ASN se prononcera début 2011 sur la
poursuite du réacteur 1
AFP - 30 juin 2009 - STRASBOURG - L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a indiqué
mardi à Strasbourg qu'elle se prononcerait début 2011 sur la poursuite pour dix ans
supplémentaires de l'exploitation du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Fessenheim
(Haut-Rhin), la doyenne du parc français.
Selon le calendrier fixé pour cette inspection décennale, le réacteur 1 sera arrêté
pendant environ trois mois à la fin de 2009 pour des contrôles approfondis, un bilan
sera adressé à la mi-2010 à l'ASN et celle-ci rendra au début 2011 son avis sur
l'opportunité de reconduire l'exploitation de la centrale pour une nouvelle période de
dix ans. Le réacteur 2 devrait être arrêté début 2010 pour subir les mêmes
contrôles.
L'exploitant EDF a déjà transmis à l'ASN plus de 20.000 pages d'études techniques
justifiant que ses deux réacteurs de 900 MWe résisteront aux séismes, inondations,
vieillissement et accidents graves, selon le rapport 2008 de l'ASN pour l'Alsace et la
Lorraine. "Les contrôles prennent en compte les nouvelles réglementations
concernant notamment le risque sismique et le vieillissement", a indiqué Pascal
Lignères, chef de la division de Strasbourg de l'ASN, lors d'une conférence de presse.
En 2008, l'état des installations de Fessenheim est jugé "globalement
satisfaisant", l'ASN demande plus de rigueur dans l'exploitation où ont été
constatés 7 écarts de sûreté (classés 1), des non-respects des consignes techniques
et des écarts dans certaines opérations de maintenance.
En ce qui concerne la centrale de Cattenom (Moselle), l'ASN demande à l'exploitant de
réduire davantage ses rejets non radioactifs dans le milieu naturel: il a trop de
légionelles dans les tours aéroréfrigérantes, trop de rejets chimiques dans la Moselle
(le chlore et zinc ont atteint des valeurs limites en 2007, le sodium en 2008) et trop de
rejets de fluides frigorigènes dans l'atmosphère (neuf en 2008), au risque d'appauvrir
la couche d'ozone.
L'ASN, qui contrôle aussi les services de radiologie et de radiothérapie en ville et à
l'hôpital, enquête sur les effets indésirables (perte de cheveux) constatés en mars
2009 chez quatre patients strasbourgeois traités en neuroradiologie interventionnelle,
une technique qui permet au médecin de guider son geste par l'intermédiaire d'un
appareil radiologique. D'après l'enquête, "l'appareil ne présente aucune
défaillance technique", mais les effets sont dus aux conditions d'utilisation et de
réglage de l'appareil qui doivent être améliorés, selon l'ASN.
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10 - Irradiés à la Hague, ils refusent de se taire
(Ouest-France - mardi 30 juin 2009 - A la Une - Jean-Pierre BUISSON et Jean-Pierre BEUVE.)
Enquête - En octobre 2006, deux salariés de l'usine de retraitement nucléaire d'Areva
ont respirédes produits radioactifs. Depuis, ils se battent pour que l'accident soit
reconnu.
Le premier a été sèchement remercié, le second vit sous antidépresseurs.
Jean-Emmanuel Reinhardt, 48 ans, et Yannick Couchevelou, 46 ans, les deux salariés
contaminés en octobre 2006, à la Hague, ne sont pas au mieux de leur forme. Une question
les ronge : « Quelle dose avons-nous réellement reçue ? » Selon le rapport médical
établi par Areva : « Nettement en dessous de 20 MilliSiverts ». C'est la dose annuelle
admissible pour un travailleur du nucléaire.
Pourtant, les analyses sanguines révèlent des fractures chromosomiques dans les deux
cas, jusqu'à six fois plus que le taux de base. Elles n'apparaissent, assurent tous les
spécialistes en radioprotection, « qu'au-delà d'une dose supérieure à 100
MilliSiverts ». Selon les travaux du généticien Al Rowland et du cancérologue Claude
Parmentier, auteurs d'un rapport sur les victimes des essais nucléaires du Pacifique, les
fractures chromosomiques se traduisent par de graves modifications de l'ADN, susceptibles
d'entraîner des cancers.
Mise en quarantaine
Pour y voir clair et obtenir la reconnaissance de l'accident du travail, les deux
opérateurs ont déposé plainte, une première fois, pour empoisonnement et mise en
danger de la vie d'autrui. Une démarche vécue comme une trahison par l'entreprise. Un
déchirement, aussi, pour ces hommes qui se définissent comme des « enfants du
nucléaire ».
Au sein de l'établissement de la Hague, le climat est devenu exécrable pour les deux
salariés. Direction et syndicats redoutent que l'affaire s'ébruite et ne soit exploitée
par les écologistes.
« Écoeuré par la situation », Jean-Pierre Benoît, syndicaliste du SPAEN (Syndicat
professionnel autonome des agents de l'énergie nucléaire) décide de les épauler. Areva
n'apprécie guère. Les deux employés font l'objet d'une « quarantaine. On les évite.
Jean-Emmanuel Reinhardt n'est pas autorisé à reprendre le travail ».
Quant à Yannick Couchevelou, à peine sa plainte déposée, il se rétracte. Il est
accompagné à la gendarmerie de Cherbourg par un autre représentant de la SPAEN. Hors
procès-verbal, déstabilisé, l'opérateur confie aux gendarmes qu'il a subi des
pressions. Areva le sanctionne de cinq jours de mise à pied pour ne pas avoir porté son
masque pendant l'intervention. Une pétition est même signée en interne pour se
désolidariser des deux plaignants. Jean-Pierre Benoît, lui, est mis à l'index du
syndicat.
Vide juridique
Après des mois de procédures, au final, le procureur de Cherbourg, Michel Garrandaux,
classe la plainte sans suite. Selon lui, Areva n'est pas en défaut et la santé des deux
salariés n'est pas menacée. La cour d'appel de Caen confirme. Et l'accident du travail
n'est pas retenu pour raison de « vide juridique ». Il doit être déclaré dans les
trente jours. Or, les examens nécessaires à l'évaluation de la contamination interne
réclament au moins deux mois.
D'abord abattus, les plaignants ont décidé de relancer la justice. Et, ils ont des
arguments. « Le jour où nous avons été contaminés, tous les appareils de contrôle se
sont bloqués au maximum. »
Ce 26 octobre 2006, Yannick Couchevelou et Jean-Emmanuel Reinhardt étaient chargés de
rincer à l'acide nitrique différents équipements d'un atelier de retraitement du
combustible Mox (mélange d'uranium et de plutonium). Cet atelier, à l'arrêt depuis
1998, ne présentait théoriquement aucun risque d'irradiation. Pourtant, en ouvrant une
canalisation, les deux opérateurs respirent un air chargé de radioactivité. Notamment
de plutonium, trèstoxique pour les poumons.
Ils pointent aussi un incroyable enchaînement d'erreurs. « Pour accéder à la
canalisation, sur instruction de la hiérarchie, nous avons dû sectionner un cadenas. »
Deuxième couac, les deux intervenants, qui n'ont pas conscience d'être contaminés,
restent 45 minutes en zone polluée. Lorsqu'un agent du SPR (service radioprotection) veut
les contrôler, il ne peut pas. Son appareil sature. « Il a fallu qu'ils prennent
plusieurs douches avant de revenir à un niveau contrôlable. Sachant cela, on peine à
croire que la contamination soit aussi faible », commente le syndicaliste d'Areva.
« Étouffer l'affaire »
« Autre bévue, à l'issue des contrôles médicaux, ils ont été autorisés à
retourner chez eux. Nouvelle dispersion de la contamination », raconte Jean-Pierre
Benoît. Dès le lendemain, Yannick Couchevelou ramène des draps contaminés de chez lui.
Le SPR se rend à deux reprises à son domicile et contrôle son véhicule.
Convaincus que l'on ne leur a pas tout dit, aujourd'hui, ils ne baissent pas les bras. «
Nous avons engagé une nouvelle action devant le tribunal des affaires sociales de
Saint-Lô, indique le syndicaliste. Début juillet, nous déposerons une nouvelle plainte
au pénal. On veut étouffer cette affaire, pas question de laisser faire ».
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11 - Réacteur 1 d'EDF-Tricastin : des fissures qui
inquiètent (Le Dauphiné libéré - 17/06/09 - Joël Audran)
À la veille de la réunion de la Commission locale d'information auprès des grands
équipements énergétiques du Tricastin (Cligeet) qui se tiendra le 26 juin, la Frapna
interpelle le président de la structure au sujet de la durée de vie du réacteur 1 de la
centrale EDF-Tricastin.
Cette tranche est actuellement en chantier à l'occasion de la troisième visite
décennale. Et c'est à la suite de ce contrôle que l'Autorité de sûreté (ASN)
nucléaire autorisera ou non la prolongation du fonctionnement de ce réacteur pour dix
ans ou plus. Or, la Frapna demande « la fermeture définitive du réacteur n° 1, sans
plus attendre » et à ce que « cette proposition soit à l'ordre du jour de la séance
plénière de la Cligeet. »
L'inquiétude de la Frapna provient notamment d'un "défaut sous revêtement"
mentionné dans le rapport annuel 2007 de l'ASN. Des fissures qui auraient été
générées sur la cuve du réacteur lors de sa fabrication. « L'ASN recense 17 fissures
rien que sur le réacteur 1 de Tricastin », précise Jean-Pierre Morichaud, représentant
de la Frapna. D'autres réacteurs présentent des fissures de ce type, selon un document
de l'ASN, mais en nombre inférieur : « cinq pour Fessenheim 1, trois pour Chinon B3...
La cuve de Tricastin 1 fait figure de cas particulier », avait admis l'ASN à Jean-Pierre
Morichaud par écrit, en septembre 2008.
Ce dernier précise ses inquiétudes : « Il y a des fissures, mais on ne nous dit pas de
quelle profondeur (...) Il y a un risque qu'elles s'aggravent car les flux de neutrons
peuvent rendre le métal de la cuve cassant (...) On prend des risques à faire durer le
réacteur dix ans de plus quand il a été construit pour fonctionner trente ans. On
reporte à plus tard en attendant le gros pépin ? » Contacté hier, EDF-Tricastin n'a
pas souhaité réagir...
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12 - La Picardie mise sur le bois-énergie
(JDLE - 29/06/2009)
Pour déployer des réseaux de chaleur alimentés par des chaufferies à bois, garantir
leur approvisionnement à des coûts stables et créer de lemploi non
délocalisable, la Picardie a mis en place une société coopérative dintérêt
collectif autour du bois énergie. Une solution pour exploiter à la mode équitable les
300.000 hectares de forêt que compte la région.
Dans cette région couverte à presque 20% de forêt, le chauffage collectif au bois a
été initié en 2003 dans la petite ville de Montdidier (6.800 habitants, Somme). Motifs
de départ: des préoccupations environnementales, le prix du gaz et lenvie de faire
marcher une économie locale. Une chaufferie (2.000 tonnes de bois annuellement) couplée
à un réseau de deux kilomètres alimente donc en chaleur lhôpital, le gymnase et
les trois établissements scolaires de la commune, chaleur utilisée aussi pour chauffer
leau. Pionnière en la matière, la maire de Montdidier, Catherine Quignon-le
Tyrant, sest heurtée à de nombreuses difficultés pour faire émerger le projet.
«Le problème encore aujourdhui, cest lapprovisionnement. Il y a un
besoin de bois, localement, avec une garantie de prix», a-t-elle expliqué le 16 juin
dernier.
Ce jour-là, le conseil de Picardie lançait officiellement la SCIC Picardie
énergie-bois, une société coopérative dintérêt collectif constituée de
collectivités et dune cinquantaine dactionnaires privés regroupés par
métier. Propriétaires et exploitants forestiers, agriculteurs, scieurs et menuisiers,
professionnels du recyclage et du déchet, etc., soutenus par la région et les conseils
généraux de lAisne, lOise et la Somme (20% du capital), sorganisent
pour gérer la production de bois à destination des chaufferies. «Tous les acteurs de ce
partenariat public/privé ont une ambition commune: sécuriser les propriétaires de
réseaux de chaleur», résume Pascal Dacheux, vice-président du conseil régional, qui
souligne quun projet de cette ampleur est une première nationale. Daprès
lui, jusquà deux millions de tonnes de bois pourraient être mobilisées chaque
année en Picardie, pour des usages autres que le chauffage individuel ou la construction.
Grâce à cette nouvelle société, les professionnels du bois-énergie pourront fournir
du bois à un prix compétitif sur le long terme (avec des contrats de 20 à 25 ans) tout
en bénéficiant dune «juste rémunération». Avec en bonus, la création
demplois locaux et lentretien des forêts. La coopérative achètera du bois
de forêt et du bois en fin de vie aux producteurs, et le revendra ensuite sous forme de
mélanges, adaptés aux besoins de chaque chaufferie. Ce système permet dinclure le
bois recyclé, sans faire de concurrence au bois neuf, et de fixer un prix stable sur
plusieurs années. Le petit bois de forêt (quil faut de toute façon évacuer pour
entretenir les forêts) trouvera ainsi un débouché, alors que les activités de
papèterie et trituration sont en chute libre. La SCIC récupèrera également les cendres
issues de la combustion afin de les recycler pour un usage agricole, ce qui nest pas
encore le cas à Montdidier, où poussières fines de combustion et cendres partent en
décharge faute danalyses et à cause dune administration assez lourde.
«Le pari est dêtre 5% moins cher que le pétrole, et bien sûr, de fonctionner, à
terme, sans subventions», a indiqué Claude Rosier, exploitant forestier et candidat à
la présidence de Picardie énergie-bois. Question clients, la SCIC devrait avoir
lembarras du choix. Le fonds Chaleur renouvelable de lAdeme, lancé en
décembre dernier, encourage les collectivités à se lancer dans ce type de projets. Dans
la région, une vingtaine de réseaux chaleur alimentés au bois sont dores et
déjà prévus, dont 5 sont réalisés.
Si les exploitants de chaufferie gardent le choix de sadresser ou non à la SCIC,
les initiateurs du projet se montrent confiants, espérant que la garantie dun prix
sur le long terme sera préférée au marché spot. Mais du côté des exploitants, tous
ne partagent pas cet optimisme. Franck Mainard, chargé de développement bois-énergie
chez Dalkia, exploitant de la chaufferie de Montdidier qui nutilise actuellement que
de la plaquette forestière, reconnait à cette initiative lavantage de la force de
la proposition commune, mais pose le problème de la responsabilité, du fait de bois de
divers origines. Une question à laquelle devra répondre la SCIC avant le début effectif
de son activité, en 2010 maximum, pour alimenter son premier client, la chaufferie de
Beauvais (Oise), qui devrait démarrer début 2011.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : une fois écartée la propagande
(comme "le nucléaire représente une source d'électricité de base fiable, stable
et propre"), il reste les faits : encore un projet nucléaire annulé. Après
l'Afrique du Sud, Higashidori (Japon), le Missouri et le Texas (USA), voici l'Ontario
(Canada). Pour sauver la face, ces annulations sont dites "provisoires", mais la
réalité est imparable : le nucléaire est TROP CHER.
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13 - L'Ontario suspend le projet d'approvisionnement en
énergie nucléaire
CNW.ca - 29 juin 2009 - Le gouvernement de l'Ontario a annoncé aujourd'hui qu'il
suspendait le processus d'approvisionnement concurrentiel visant le remplacement de deux
réacteurs nucléaires prévu pour la centrale de Darlington. George Smitherman,
vice-premier ministre et ministre de l'Energie et de l'Infrastructure, a déclaré que le
gouvernement avait toujours l'intention de moderniser les centrales nucléaires de
l'Ontario.
"Une énergie nucléaire sans émission reste l'élément central de
l'approvisionnement électrique en Ontario, a affirmé M. Smitherman, malheureusement, le
processus d'approvisionnement concurrentiel ne s'est pas traduit par une option acceptable
pour la province pour le moment."
Le 27 février 2009, les sociétés AREVA NP, Energie atomique du Canada limitée (EACL)
et Westinghouse Electric Company ont soumis des propositions qui ont été examinées
attentivement. Seule l'offre d'EACL répondait aux critères de la demande de propositions
et aux objectifs du gouvernement. Toutefois, les inquiétudes au sujet des coûts et
l'incertitude autour de l'avenir de la société empêchent l'Ontario de poursuivre le
processus d'approvisionnement pour le moment.
En mars 2008, l'Ontario a lancé un processus d'approvisionnement concurrentiel en deux
phases afin de sélectionner la société qui serait chargée de construire une centrale
nucléaire dotée de deux réacteurs à Darlington. Le remplacement des anciens réacteurs
fait partie de la stratégie de l'Ontario de moderniser ses centrales nucléaires.
L'énergie nucléaire assure environ 50 pour 100 des besoins en électricité de l'Ontario
et représente une source d'électricité de base fiable, stable et propre.
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14 - Lemprunt EDF et lemprunt Sarkozy (Agoravox
- 29 juin 2009 - Michel Drouet)
Annoncées bruyamment, ces deux initiatives renouent avec une tradition dappel à
la souscription qui a fait le bonheur et aussi la fortune dépargnants depuis
laprès guerre jusquaux années 90. A première vue, qui y a-t-il de commun
entre les deux démarches ? Rien, mais à y regarder de plus près, on découvre quelques
similitudes et une cohérence politique globale.
Le financement dinvestissements
Dans les deux cas, il sagit de financer des investissements, selon les informations
dont nous disposons. Cela apparaît de manière claire pour EDF. Ça paraît un peu moins
évident pour lemprunt dEtat pour lequel on parle de financer les dépenses et
les investissements à venir, ce qui laisse une marge dappréciation pour le
gouvernement qui pourra, le cas échéant, se servir des fonds mobilisés pour financer
des dépenses courantes (rappelons que lemprunt Balladur en 1993 avait servi en
particulier à renflouer les entreprises publiques). Reste donc à connaître
laffectation réelle de lemprunt Sarkozy pour savoir quelle sera la
répartition réelle entre investissements et fonctionnement.
Créer un lien avec les souscripteurs
Pour EDF, cela ne fait aucun doute : à lheure de louverture du marché, cette
entreprise cherche à fidéliser ses clients, à ce quils se sentent responsables de
son fonctionnement et ainsi évitent de répondre aux sirènes de la concurrence.
Autrement dit, EDF cherche à se rendre incontournable et soffre à cette occasion
un bon coup de pub, sachant que le financement par emprunt sur les marchés financiers
était tout à fait possible.
Sagissant de lemprunt dEtat envisagé, on ne peut pas parler stricto
sensu de fidélisation ou de contournement de la concurrence, par contre on peut tout à
fait parler de coup de pub, de recherche dadhésion au projet politique, dans la
mesure où la levée de fonds peut se faire de manière plus discrète, sur les marchés
financiers, de plus sans doute, à un moindre coût.
Qui souscrira ?
Bien évidemment ceux qui ont de largent et qui nenvisagent pas de mobiliser
une partie de leurs fonds à court terme. Dans cette catégorie, on trouvera les petits
rentiers qui ont épuisé toutes les placements courants hors placements obligataires ou
en actions (livret A, livret de développement durable, assurance vie), et qui appâtés
par un rendement net dimpôts de 3,5 % videront leurs livrets pour souscrire aux
emprunts. On peut donc sattendre à une baisse globale des fonds collectés sur ces
livrets, ce qui pose question, sagissant de lemprunt dEtat,
puisquil ampute de fait des crédits destinés rappelons le à financer le logement
social ou les économies dénergie. On peut donc dire que lEtat joue contre
son camp et que lentreprise EDF nest pas bien claire non plus puisquil
sagira sans doute de financer le parc nucléaire, qui ne correspond pas à une
opération de développement durable quoi quon puisse en dire.
Qui paiera les intérêts de la dette ?
Pour EDF, cest bien sûr le particulier sur ses factures. Il ne fait en effet aucun
doute que la charge en intérêts sera répercutée intégralement sur le kilowattheure ce
qui permet de dire au passage que lentreprise se paye une campagne de pub sur le dos
des clients. Dès lors on peut se reposer la question de lopportunité dun
détour vers la concurrence pour éviter de payer plus.
Pour lEtat emprunteur, pas de concurrence. Le paiement des intérêts se fera sur
son budget, soit par des économies qui seront réalisées sur son fonctionnement courant
(donc induits par des transferts au privé ou des suppressions de postes de
fonctionnaires, par exemple), ou bien encore par des augmentations dimpôts (il ne
faut jurer de rien...).
Au final, presque tout le monde paiera les intérêts de ces emprunts, mais il y en a qui
seront plus touchés que dautres : ceux qui nauront plus accès à des
services publics supprimés et devront payer pour des services jusqualors gratuits
et qui paieront également plus cher leur électricité, sans que leurs revenus puissent
absorber les augmentations de tarifs (sans parler de ceux dont les revenus baissent pour
raison de chômage).
Par contre, les souscripteurs qui par définition nont pas de problèmes de fin de
mois, saccommoderont dautant mieux de la situation quils percevront un
intérêt non négligeable payé par lensemble des utilisateurs dEDF et par
les citoyens pour lemprunt dEtat, quils soient contribuables ou non.
este à savoir combien coûtera au final lemprunt dEtat. Souvenons-nous en
effet du fameux emprunt Giscard qui a rapporté 7 milliards de francs en 1973, mais dont
le remboursement total en aura coûté 80.
En définitive, on retiendra que les motivations de ces emprunts sont surtout dordre
médiatiques, dans la mesure où la nécessité dun emprunt public pour EDF
napparaît pas clairement et dans celle où lEtat aurait pu financer ses
programmes comme il le fait au quotidien, de manière plus discrète, sur les marchés
financiers et à un coût moins élevé.
On retiendra également les effets pervers de ces démarches pour les consommateurs et
pour les citoyens et sur les contradictions flagrantes entre lEtat emprunteur et la
politique quil dit mener en matière de logement social et de développement
durable. nfin, les souscripteurs étant avant tout spéculateurs, la question du lien avec
les émetteurs demprunts reste à prouver. Il sagit avant tout deffet
daubaine.
On se délectera au final du succès, en temps de crise, de lemprunt EDF qui annonce
sans doute celui de lEtat, en se disant que dans une France aux déficits
conséquents, à lendettement massif, au chômage en hausse, on trouve encore
beaucoup dargent chez certaines personnes.
Le bouclier fiscal aura sans doute grandement contribué au succès de ces emprunts. Les
bénéficiaires de ce bouclier peuvent être doublement satisfaits : avec largent
redonné par lEtat qui organise ainsi sa propre faillite, ils vont pouvoir
senrichir encore un peu plus sur le dos des contribuables, justifiant ainsi de
futures mesures de dérégulation économique ainsi que des régressions dans le domaine
social.
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15 - Nouveau cas de leucémie à proximité des
installations nucléaires de Geesthach en Allemagne ( http://www.horizons-et-debats.ch/index.php?id=1649
)
Accumulation de cas de leucémie infantile
A nouveau, un enfant vient de contracter une leucémie à proximité des installations
nucléaires de Geesthacht, près de Hambourg. Selon un communiqué de mars dernier
dun comité de défense local, il sagit dune fillette de 9 ans
dHorburg. Cette localité est située dans le district de Lüneburg, à quelque 5,5
kilomètres à vol doiseau de la centrale nucléaire de Krümmel (KKK) et du Centre
de recherches de Geesthacht (GKSS).
A laube du 12 septembre 1986, des témoins ont vu jaillir une flamme chatoyante dans
le ciel de Geesthacht, à 30 kilomètres des portes de Hambourg. Depuis, dans les environs
des installations nucléaires, on observe un taux de leucémies infantiles beaucoup plus
élevé que partout ailleurs. Après quon eut constaté en 199091 une
accumulation de cas de leucémie infantile dans un rayon de 5 kilomètres autour des deux
installations nucléaires de Geesthacht, on a dénombré, entre 1990 et 2005, 14 cas alors
que la moyenne nationale est de 4.
Ainsi, le risque de leucémie chez les enfants jusquà 15 ans était 3,5 fois plus
élevée quailleurs: différence significative; taux dincidence standardisé
sur la population mondiale (TIS) = 3,5; intervalle de confiance (IC) à 95% =
0,96,2). Laugmentation ne se limite pas au début des années 1990.
Pour la période de 1999 à 2005, elle était encore de 2,7 (TIS = 2,7; IC à 95% =
0,96,2). On observe les augmentations de risques les plus importantes chez les
enfants jusquà 4 ans (TIS = 4,9, IC à 95% = 2,49,0) et chez les personnes
habitant au sud de lElbe (TIS = 7,5; IC à 95% = 2,816,4).1
En février 2006, lorsque les statistiques ci-dessus furent disponibles, le Registre
allemand des cancers infantiles du Centre hospitalier de lUniversité
Johannes-Gutenberg de Mayence a annoncé publiquement lexistence dun 15e cas
de cancer infantile dans la région de lElbmarsch. Si lon ajoute à cela un
cas observé chez un adolescent et un cas danémie aplasique (maladie dont les
symptômes sont semblables à ceux de la leucémie) chez un enfant, nous en sommes déjà,
avec le cas découvert récemment, au 18e cas.
Dans la zone peu peuplée située dans un rayon de 5 10 kilomètres autour des
installations nucléaires de Geesthacht, dans les communautés de communes de Bardowick et
de Scharnebeck, deux autres cas de leucémie infantile avaient été signalés en 2006, et
la même année, à Winsen (un peu à lextérieur dun rayon de 10
kilomètres), deux adolescents de 15 ans ont contracté une leucémie ainsi quun
autre garçon du même âge, 2 ans plus tôt. Les parlements et les gouvernements des
länder concernées, la Basse-Saxe et le Schleswig-Holstein, de même que le Bundestag et
le gouvernement fédéral se refusent toujours à en tirer les conséquences.
Source: www.strahlentelex.de - 1 W. Hoffmann
et al. 2007, Strahlentelex 486487 du 5/04/07, www.strahlentelex.de/Stx_07_486_S04.pdf
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16 - EDF veut faire vivre ses centrales jusquà 60
ans (La Croix - 28/06/2009 - Jean-Claude Bourbon)
A linstar de ce qui se fait déjà dans de nombreux pays, lélectricien veut
allonger la durée de vie de ses réacteurs nucléaires, dont les plus anciens ont trente
ans cette année
Depuis un mois, EDF sest lancé dans un énorme chantier : les troisièmes visites
décennales de ses premières centrales, mises en service à la fin des années 1970.
Lobjectif immédiat est de porter la durée de vie de ses réacteurs à quarante
ans, mais lélectricien aimerait aller au-delà. Les opérations ont débuté en mai
à Tricastin (Drôme). Puis viendra le tour, en octobre, de Fessenheim (Haut-Rhin). Sur
les 58 réacteurs du parc nucléaire français, 19 vont ainsi être révisés de fond en
comble dans les cinq années qui viennent. Un véritable « check-up » de chacun des
éléments composant la centrale.
Du bâtiment réacteur, en passant par la salle de commandes, le démontage de la turbine
et des tuyauteries, quelque 2.500 opérations de vérification doivent être réalisées
durant les trois mois de mise à larrêt, mobilisant environ 1.500 personnes, pour
un coût évalué à une cinquantaine de millions deuros. Une pince dune
quinzaine de mètres de hauteur, qui ressemble à une grosse pince à sucre, va, par
exemple, être descendue dans la cuve du réacteur, là où se trouvent en temps normal
les barres duranium, pour détecter déventuelles microfissures.
EDF prévoit également de porter la pression à cinq bars, soit cinq fois la pression
atmosphérique, dans le bâtiment réacteur durant une soixantaine dheures pour
mesurer le comportement du béton de lenceinte de confinement.
"Pas de transparence". Chacune de ces visites décennales est réalisée sous la
supervision de lAutorité de sûreté nucléaire (ASN), qui doit donner au final son
feu vert à la poursuite de lactivité du réacteur, pour dix années
supplémentaires, sur la base dun rapport transmis par EDF. Une simple formalité ?
« Nous navons pas encore le tampon formel de lASN, mais nous sommes très
confiants », affirme Bernard Dupraz, directeur général adjoint de la production
dEDF. Un optimisme que napprécient guère les associations écologistes. «
Nous ne croyons pas à lindépendance de lASN et il ny a pas de
transparence », tranche-t-on au réseau Sortir du nucléaire.
De son côté, la Criirad met en avant les incidents à Tricastin et à Fessenheim ces
derniers mois, et les observations émises par le gendarme du nucléaire lors de la
précédente visite décennale, concernant les défauts de revêtement des cuves dans ces
deux centrales. Des problèmes réglés, affirme EDF qui met en avant les 450 contrôles
annuels, dont certains inopinés, réalisés par les inspecteurs de lASN, et les
améliorations continuelles apportées en matière de sûreté. Selon lélectricien,
les révisions décennales sont également largement préparées en amont.
« Le processus a démarré dès 2003 à Tricastin. Nous définissons un certain nombre
daméliorations à apporter, soumises à lASN, qui apporte ensuite son
approbation technique. À partir de là, nous élaborons ensemble un cahier des charges
», explique Alain Peckre, le directeur de la centrale.
Enjeux financiers énormes. Les enjeux financiers sont, en tout cas, énormes. Car,
derrière le seuil des 40 ans, se profile lhorizon des 60 ans, lâge auquel
EDF voudrait amener ses réacteurs. Le coût pour prolonger de vingt ans le fonctionnement
dun réacteur est estimé à 400 millions deuros, avec le remplacement
dun certain nombre de composants, comme les générateurs de vapeur. Soit 24
milliards pour lensemble du parc.
Cest beaucoup, mais finalement assez peu, comparé aux quatre milliards deuros
nécessaires pour construire aujourdhui un seul nouveau réacteur de type EPR. Le
calcul est donc vite fait. Aux Etats-Unis, lautorité de sûreté a déjà porté 54
réacteurs à 60 ans, soit la moitié du parc et plusieurs exploitants parlent
daller jusquà 80 ans. En Suisse, certaines centrales peuvent déjà
fonctionner cinquante ans. Les Pays-Bas sont, eux aussi, à 60 ans.
Les dirigeants dEDF ne cachent pas leur souhait que lASN prenne des décisions
rapides en ce sens. « Nous voulons ouvrir loption des 60 ans à tous nos
réacteurs, même si certains sarrêteront peut-être avant. Il sagit
dinvestissements très lourds et nous avons besoin de visibilité », affirme
Bernard Dupraz. Lélectricien est dores et déjà en train de préparer un «
référentiel de sûreté », répertoriant lensemble des travaux qui devraient
être accomplis pour faire tourner les réacteurs vingt ans de plus. Il va être transmis
à lASN dans les prochains mois.
Une démarche inédite qui vise, hors visite décennale, à obtenir une sorte «
davis de principe » de la part de lASN, en 2011. Selon les ingénieurs
dEDF, la standardisation du parc français, qui repose sur une seule technologie
(des réacteurs à eau pressurisée), favorise en effet les « retours dexpérience
» et devrait faciliter ainsi le passage à 60 ans.
« Toutes les pièces dune centrale peuvent être remplacées, sauf la cuve et
lenceinte de confinement», souligne Serge Massart, le directeur de la production
nucléaire. Reste lacceptabilité par les populations. Elle est extrêmement
variable dun site à lautre. « À Tricastin, la mobilisation contre la
centrale est très faible. Mais à Fessenheim, les riverains restent très opposés à
lidée même daller jusquà 40 ans et de nombreuses manifestations sont
déjà prévues en octobre », juge Roland Desbordes, le président de la Criirad.
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17 - La tête dans le sac : Strasbourg - Manifestation
anti-nucléaire (Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 28/06/2009)
Le CRAN, collectif rhénan - alternatives au nucléaire, a fait le spectacle hier sur
la place Kléber pour appeler le public à signer une pétition contre la poursuite de
l'activité de la centrale nucléaire de Fessenheim. Un sac et un bonbon. Les militants du
CRAN ont distribué aux passants le matériel de protection "anti-radiations" à
utiliser en cas d'accident nucléaire. Le sac, c'est pour se mettre sur la tête afin de
ne surtout rien voir et le bonbon « parce qu'aussi inefficace contre les radiations
qu'une pastille d'iode, mais bien meilleur ».
A quelques mois de la 3e visite décennale de la centrale nucléaire de Fessenheim, les
anti-nucléaires mettent les bouchées doubles pour mobiliser les Alsaciens contre la
poursuite de l'activité pendant dix années supplémentaires. Les badauds se sont
d'ailleurs montrés réceptifs au débat, la plupart venant spontanément au stand dressé
sur la place Kléber pour poser des questions.
La pétition demandant l'arrêt définitif des deux réacteurs de Fessenheim, la
non-construction d'une nouvelle centrale sur le Rhin ainsi que le développement
accéléré d'énergies renouvelables et d'économies d'énergie s'est trouvée enrichie
de plusieurs pages remplies de signatures. Rendez-vous a été pris à Colmar pour le
week-end des 3 et 4 octobre pour une grande manifestation anti-nucléaire. C'est à cette
période que devrait démarrer l'inspection décennale de l'ASN, autorité de sûreté
nucléaire.
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18 - EPR à Penly : plusieurs centaines d'antinucléaires
manifestent à Dieppe
AFP - 28 juin 2009 - DIEPPE (Seine-Maritime) - Cinq cents personnes selon la police, entre
500 et 700 selon les organisateurs, ont manifesté dimanche à Dieppe à l'appel notamment
d'ONG écologistes pour dire non au projet de réacteur EPR sur le site de la centrale
nucléaire de Penly (Seine-Maritime).
Après un pique-nique sur le front de mer, le défilé a commencé en début d'après-midi
dans les rues de la ville balnéaire, emmené par des militants de Greenpeace, Sortir du
nucléaire, les Verts, les Amis de la terre, le NPA ou encore de la Confédération
paysanne. "Donnons leur chance aux énergies renouvelables!", a plaidé Alain
Corréa, porte-parole du collectif "Stop-EPR à Penly", interrogé par l'AFP.
Selon lui, "après l'échec technique et les trois ans de retard du premier réacteur
EPR en Finlance, le deuxième EPR à Flamanville qui prend le même chemin, ce troisième
réacteur EPR ne fait que confirmer et précipiter la catastrophe, tant sociale,
environnementale que financière". Un débat public sur ce projet de réacteur EPR,
dont la construction doit commencer en 2012, devrait avoir lieu au printemps 2010, a dit
il y a quelques semaines le préfet de Seine-Maritime.
La construction du premier EPR français a commencé en 2007 à Flamanville (Manche) sur
un site qui compte déjà, comme celui de Penly, deux réacteurs de 1.300 MW. Les EPR,
d'une puissance unitaire de 1.650 MW, constituent la troisième génération de réacteurs
nucléaires en France.
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Fuite duranium au Tricastin : un an déjà ! : "Sortir
du nucléaire" demande le renvoi dAreva devant le tribunal correctionnel de
Carpentras
Dans la nuit du 7 et 8 juillet 2008, 75 kilogramme deffluents uranifères
provenant des ateliers de la SOCATRI, filiale dAREVA (site du Tricastin à Bollène
dans le Vaucluse) ont été rejetés dans lenvironnement. Une partie de la pollution
sest infiltrée dans les sols et une autre partie sest déversée dans la
rivière « la Gaffière » et le « Lauzon » rejoignant le canal de Donzère-Mondragon.
A la suite de cet incident, de graves dysfonctionnements ont été révélés :
écoulements duranium dans le milieu naturel, absence de rétention étanche,
défaut de maintenance des installations, absence de réactivité de lexploitant
pour signaler la pollution etc. Ces manquements sont pénalement réprimés et ont fait
lobjet dune plainte par le Réseau "Sortir du nucléaire" devant le
procureur de la République Madame RENZI qui a ouvert une enquête préliminaire.
La lumière doit être faite sur les circonstances exactes de cette affaire et
labsence de réactivité non seulement de lexploitant mais encore de
lAutorité de Sûreté Nucléaire pour prévenir la population ; pendant les
nombreuses heures écoulés entre la pollution et lalerte donnée, la population a
pu continuer à utiliser une eau contaminée.
"Il sagirait du premier procès dun exploitant dune installation
nucléaire en France pour le délit de pollution. La justice doit passer et retenir le
délit de pollution des eaux" précise Me Benoist BUSSON, avocat du Réseau. Un an
après les faits, et alors que lenquête est terminée, le Réseau "Sortir du
nucléaire" demande que Madame le Procureur de la République renvoie les auteurs des
infractions, à commencer par AREVA, maison mère de la Socatri, devant le tribunal
correctionnel.
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Réacteur n°1 du CNPE du Tricastin : Les fissures qui
inquiètent (La Tribune 25 juin 2009)
Fermer lunité un de la centrale du Tricastin. Telle est la demande de la Frapna.
Lassociation estime en effet que des fissures qui se situent sur la cuve du
réacteur n°1 ne garantissent pas son fonctionnement en toute sécurité. Michèle
Rivasi, députée européenne, se positionne également pour que le principe de
précaution sapplique.
Le réacteur n° 1 (appelé Tricastin 1) de la centrale du Tricastin vit-il ses derniers
jours? C'est en tout cas ce que souhaitent la Frapna (Fédération Rhône-Alpes de
protection de la nature) et Jean-Pierre Morichaud, son représentant à la Cligeet
(Commission locale d'information sur les grands équipements énergétiques du Tricastin).
Après avoir demandé et obtenu qu'une étude cancer en Tricastin soit menée, c'est donc
un nouveau combat que s'apprête à livrer l'association.
Alors que Tricastin 1 passe actuellement sa 3e visite décennale qui doit déboucher
sur une poursuite de son activité pour 10 ans la Frapna-Drôme a décidé de lancer un
pavé dans la mare. Le 8 juin dernier à Valence, le conseil d'administration de
l'association a en effet pris la décision de faire une demande de fermeture définitive
de Tricastin 1 auprès de la Cligeet.
Cette demande sera relayée le vendredi 10 juillet par Jean-Pierre Morichaud au cours de
la réunion de la Cligeet (initialement prévue le 26 juin, la réunion a été
repoussée). Pour argumenter sa volonté, l'association se base sur un problème connu,
celui des fissures de la cuve du réacteur. Cette cuve, avec le bâtiment réacteur en
béton, sont les deux seuls éléments qu'il est impossible de changer sur une centrale
nucléaire et aujourd'hui pour la Frapna, la cuve du réacteur ne répond pas aux
exigences de sécurité.
Une certitude acquise après un échange de courrier avec EDF et l'ASN (Autorité de
sûreté du nucléaire). Ainsi pour la Frapna l'état de la cuve du réacteur s'aggrave au
fil du temps "sous le flux des neutrons". En conséquence, l'association
indique: "Au nom du principe de précaution inscrit dans le préambule de la
constitution française et soucieux d'éviter aux riverains des risques inutiles, la
Frapna a décidé de demander la fermeture définitive de ce réacteur n° 1, sans plus
attendre." Un courrier qui relaye cette position a été envoyé à Didier Guillaume,
président du conseil général et de la Cligeet.
"II n'est pas prudent de laisser fonctionner ce réacteur"
Pour Jean-Pierre Morichaud, le représentant de la Frapna à la Cligeet, il est
évident "qu'il n'est pas prudent de laisser fonctionner ce réacteur."
Cependant pour Jean-Pierre Morichaud, le réacteur n° 1 du Tricastin n'est pas le seul à
poser problème. Ainsi, dans un courrier daté du 11 septembre 2008, Charles-Antoine
Louët, chef de division de Lyon de I'ASN, indique qu'au total, I'ASN recense 28 cuves
considérées comme "sensibles", sur ces 28 cuves, 12 présentent des fissures
dont 10 dans la zone de coeur. Sur ces 10 cuves, Tricastin 1 apparaît comme la plus
touchée avec 17 fissures relevées. Les autres cuves, qui équipent notamment Fessenheim,
Chinon ou encore Gravelinne, comptent de une à cinq fissures.
"L'ASN prendra une décision spécifique pour chaque réacteur"
Mais pour I'ASN, ces fissures n'entravent pas la "bonne tenue mécanique des cuves
jusqu'à 40 ans." Pour affirmer cela, l'ASN se base sur des études réalisées par
EDF. Cependant, l'ASN explique également: "l'ASN prendra une décision spécifique
pour chaque réacteur à l'issue de la 3e visite décennale. Par ailleurs, dans le cas où
l'exploitant souhaiterait poursuivre l'exploitation des réacteurs au-delà de 40 ans, il
devra présenter à I'ASN des calculs garantissant la tenue mécanique des cuves alors que
les caractéristiques mécaniques du métal de la zone de coeur se seront dégradées sous
l'effet du vieillissement. L'ASN sera extrêmement attentive à ce processus, qui peut
présenter des risques de dérive et qui entrera pour grande part dans les décisions
qu'elle pourra prendre concernant les dates de mise à l'arrêt définitif des
réacteurs."
Ce n'est pas la 1ère fois que le problème des fissures est évoqué. Il y a 10 ans,
la 2e visite décennale de Tricastin 1 avait été longuement prolongée car les mesures
avaient révélé de nouvelles fissures. Cependant, après des analyses plus approfondies,
il était apparu qu'il ne s'agissait pas de nouvelle fissure mais de fissures qui
n'avaient pas été décelées lors du premier contrôle car le matériel utilisé à
l'époque était moins performant.
Si Jean-Pierre Morichaud reconnaît lui même que cette démarche a peu de chance
d'aboutir, il peut néanmoins compter sur le soutien de la nouvelle députée européenne
Michèle Rivasi. La tête de liste d'Europe Écologie, qui a créé la sensation aux
dernières élections européennes, est également membre de la .Cligeet en tant que
conseillère générale. Mais elle compte aujourd'hui devenir membre de cette structure en
tant que députée Européenne: "j'ai fait une demande en ce sens auprès de Didier
Guillaume, le président de la Cligeet" explique-t-elle.
Michèle Rivasi: "Aujourd'hui il y a un doute"
En ce qui concerne les fissures de Tricastin 1, Michèle Rivasi explique:
"Aujourd'hui il y a un doute. Il faut absolument voir si ces fissures ont évolué.
Si c'est le cas, il faut faire jouer le principe de précaution et fermer immédiatement
le réacteur, surtout que c'est l'un des plus anciens de France." La députée
européenne justifie cette position en expliquant: "la cuve du réacteur est la
partie la plus sensible, c'est là où se font toutes les réactions. De plus, cet
élément n'est pas remplaçable sur une centrale."
Pour elle, il est aujourd'hui impensable de faire courir le moindre risque aux
salariés et aux riverains du site: "Au-delà du débat pour ou contre le nucléaire,
les gens veulent être informés de ce qui se passe. C'est valable pour les fissures, mais
aussi pour l'étude des nappes phréatiques par exemple. Sur ce point, il est urgent que
les résultats soient communiqués car il n'est pas exclu que la pollution des nappes
continue encore." Pour Michèle Rivasi, les bons résultats obtenus par sa liste sur
le Tricastin (la liste Europe Écologie a dépassé les 10 % à Pierrelatte et St-Paul)
montrent: "que les gens reconnaissent les combats menés depuis plusieurs années et
qu'ils veulent avoir accès aux informations".
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Fusion nucléaire : lénergie du soleil, une
vieille lune (Libération - 7 juillet 2009)
Rétrovision. Dans les années 50, on se donnait vingt ans pour maîtriser la fusion
thermo-nucléaire. Le lancement du réacteur Iter, conçu dans cette perspective, vient
dêtre repoussé...
Le 18 juin, les dirigeants dInternational Thermonuclear Experimental Reactor
(Iter), ce réacteur en cours de construction à Cadarache dans les Bouches-du-Rhône, qui
doit servir à étudier la fusion nucléaire (la condensation de deux noyaux légers en un
plus lourd qui libère une quantité considérable dénergie) ont annoncé un
doublement du coût prévisionnel et un retard de deux ans pour les premières
expériences, prévues pour 2018. Il y a décidément bien des lunes entre le projet et sa
réalisation. Car voici plus dun demi-siècle que des physiciens annoncent la
maîtrise imminente de lénergie du soleil.
«Je me hasarde à prédire que, dici vingt ans, on aura trouvé le moyen de
libérer sous contrôle lénergie thermonucléaire», déclare, par exemple, le
très respecté physicien indien Homi Bhabha à louverture de la première
Conférence internationale atomique quil préside à Genève, en août 1955.
Match retour. Quelques mois plus tard, le physicien russe Igor Kourtchatov porte un
mélange de deutérium et de tritium (le plus favorable à lamorçage dune
réaction de fusion) à une température de 1 000 000° C pendant quelques millièmes de
secondes grâce à de très puissantes décharges électriques. «Enfermée comme un
écureuil dans sa cage», comme le dit Kourtchatov, la fine colonne de plasma est tenue à
lécart des parois du tube, qui ne résisteraient pas une telle chaleur. La presse
soviétique chante ces «mèches de tissu solaire» et ces «fils ténus de matière
stellaire» et son homologue occidentale nhésite pas à affirmer que lURSS
est sur le point de maîtriser la fusion nucléaire.
Alors que lURSS a doublé les Etats-Unis dans la course à lespace en lançant
avec succès le Spoutnik en octobre 1957, la compétition pour la maîtrise de la fusion
relève du match retour. Fin janvier 1958, le Nobel de physique britannique John Cockcroft
annonce que sa machine, jusque-là secrète, Zeta (Zero Energy Thermonuclear Assembly) a
porté à 5 000 000° C un mélange de deutérium et de tritium. Surtout un flux de
neutrons a été détecté dans le plasma et Cockcroft se dit «certain à 90 %»
quil a été produit par la fusion thermonucléaire. Un communiqué conjoint de
lAtomic Energy Commission américaine et de la Britains Atomic Energy
Authority annonce que les deux pays sont sur le point de maîtriser la fusion en
laboratoire. «Cela ne prendra pas moins de dix ans. Cela pourrait en prendre cinquante.
Mais le plus raisonnable est une vingtaine dannées», affirme Cockcroft. Trois mois
plus tard, il se rétracte piteusement.
Dans les années 1960, la recherche sur la fusion se poursuit dans un relatif
désintérêt du grand public comme des décideurs. Mais en 1968, les chercheurs
soviétiques parviennent à un saut qualitatif majeur grâce aux machines Tokamak,
heureuse contraction du terme russe désignant une «chambre toroïdale avec bobines
magnétiques».
Records. Cest le début dune nouvelle période euphorique, servie par la crise
énergétique de 1973. Des machines Tokamak sont mises en chantier un peu partout dans le
monde et accumulent les records de température ou de durée dobtention du plasma.
LEnergy Research and Department Administration américain annonce, en 1975, que le
break even, point à partir duquel la machine produit plus dénergie quelle
nen consomme, sera atteint au début des années 1980 et prévoit, pour les
décennies 1990, la construction dun réacteur expérimental de 500 MW.
Mais le contre-choc pétrolier de 1986, rend soudainement moins urgente la recherche de
sources dénergies alternatives et met fin à la course aux puissances des Tokamaks.
LURSS, lEurope et les Etats-Unis optent, en 1987, pour la coopération
internationale proposée par Mikhaïl Gorbatchev. Cest le début du projet Iter qui,
après quinze ans de péripéties diplomatiques qui voient les ambassadeurs remplacer les
physiciens, est définitivement lancé en 2005. La fusion thermonucléaire est
décidément une technologie davenir
qui le restera longtemps.
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France : feu de forêt près du centre nucléaire de
Cadarache
ATS.ch - 5 juillet 2009 - Un feu de forêt s'est déclaré près du centre de recherche
atomique de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, en France. Le sinistre menace 150
hectares de forêt et a nécessité l'engagement de 250 pompiers. Le foyer a parcouru une
trentaine d'hectares, à moins de deux kilomètres du site du Commissariat à l'énergie
atomique où est développé le programme Iter. "L'évolution du feu a été
fortement ralentie par les moyens de secours mis en place. Nous devrions parvenir à le
maîtriser rapidement", a déclaré un porte-parole des pompiers.
Feu de forêt maîtrisé près du centre nucléaire de Cadarache
ATS.ch - 5 juillet 2009 - Le feu de forêt qui s'était déclaré dimanche près du centre
de recherche atomique de Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône, a été maîtrisé, ont
annoncé les pompiers. Un petit orage a aidé les pompiers à venir à bout de l'incendie.
Le feu avait pris vers 16h00 à Saint-Paul-lez-Durance, parcourant une trentaine
d'hectares, à moins de deux kilomètres du site du Commissariat à l'énergie atomique
où est développé le programme Iter.
"L'évolution du feu a été fortement ralentie par les moyens de secours mis en
place", a expliqué un porte parole des pompiers. Près de 150 hectares de forêt
très dense étaient directement menacés par les flammes combattues par 250 pompiers
épaulés d'une cinquantaine d'engins terrestres. Six avions Canadair, deux Dash, trois
Tracker et trois hélicoptères bombardiers d'eau ont aussi été mobilisés.
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sommaire n°2 :
1 - Peut-on vivre tranquille à proximité de Cadarache ?
2 - Risque sismique et nucléaire
3 - L'Aube des déchets nucléaires
4 - Le fait du jour / Déchets nucléaires : après l'annonce...
5 - Le parc éolien français passe la barre des 4.000 MW installés
6 - Stockage déchets radioactifs : deux communes de l'Aube sélectionnées
7 - Enquête - Les "précaires" du nucléaire
8 - Yann Arthus-Bertrand prend position contre le nucléaire
9 - La Hague : trop de tritium dans la nappe phréatique
10 - Il survole la centrale nucléaire de Penly
11 - Electricité : le gouvernement décide une hausse des tarifs d'acheminements
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La Provence - 25 juin 2009
1 - Peut-on vivre tranquille à proximité de Cadarache ?
La foule est venue nombreuse à la réunion publique organisée à Vinon-sur-Verdon.
"Vous n'êtes pas crédible ! On ne peut pas vous croire", lance un
quinquagénaire au fond de la salle. "On est responsables de nos enfants et je
m'inquiète pour eux", surenchérit une habitante de Rians. Maires, représentants
d'association, particuliers, employés du CEA Cadarache, la foule est venue nombreuse,
avant-hier soir à Vinon, pour découvrir les résultats de l'étude permettant de
déterminer l'impact des activités nucléaires de Cadarache sur l'environnement.
Malgré les diaporamas, les explications des responsables du commissariat à l'énergie
atomique (CEA) n'ont pas eu l'effet escompté. Convaincre la population semble peine
perdue. Le ton est monté car, dans les esprits, même si le risque est faible, il n'en
est pas moins réel. La commission de recherche et d'information indépendantes sur la
radioactivité (Criirad) a réalisé, à la demande de la commission locale d'information
(Cli) de Cadarache, une expertise à partir des données existantes sur les rejets des
installations nucléaires du centre depuis sa création en 1959.
Le seul hic est que les données fournies proviennent du CEA. "L'étude a ses limites
car nous n'avons aucun élément sur la base secrète, ni de mesures à l'intérieur du
site et de données indépendantes", a souligné Bruno Chareyron, directeur du
laboratoire de la Criirad.
Attention aux véhicules!
Les rejets dans la Durance et dans l'atmosphère, les infiltrations dans les sols
l'analyse a porté sur les éléments potentiellement radioactifs. Une faible
contamination des eaux souterraines a été révélée. "Cette pollution témoigne de
la nécessité d'améliorer la conception des installations", a-t-il expliqué. Quant
à la Durance, il n'y a pas de surveillance des berges ni de mesure de tritium sur les
plantes aquatiques et les poissons. Et pour ce qui est des rejets atmosphériques, aucune
donnée avant 1979! La Criirad a recommandé d'effectuer une reconstitution historique
grâce aux cernes de croissance d'arbres.
Mais le point noir, c'est le transport. "Le grand public ignore que les véhicules
siglés au trèfle radioactif le sont aussi! Ce n'est pas la peine de stationner à
côté. Une exposition de plus de 30 minutes n'est pas négligeable." En 2007, 1043
véhicules sont entrés et sortis du centre
Henri Maubert, représentant de
Cadarache, a tenu à préciser que "les contrôles des rejets sont permanents et
l'impact est très faible. Il y a 10000 mesures par an."
Le CEA s'est engagé dans des actions, telles que l'analyse des végétaux et une étude
sur les transports. Bien que mouvementée, cette réunion publique est peut-être le signe
d'une avancée en terme de transparence.
-
EN CHIFFRES
1600 hectares. C'est la superficie du site de Cadarache créé en 1959.
19 installations nucléaires de base, dont une secrète. 29 installations pour la
protection de l'environnement.
0 mesure indépendante effectuée à l'intérieur du site. La Criirad a disposé pour
cette étude des documents du CEA.
-
Les 3 questions à Claude Cheilan, maire de Vinon-sur-Verdon
Après ces explications, êtes-vous rassuré en tant que maire? "Je suis surtout
rassuré sur l'indépendance de la Cli. Le CEA s'est exprimé aujourd'hui. C'est un pas en
avant!"
Vinon-sur-Verdon est à quelques kilomètres du centre
" Lors du dernier
exercice, la préfecture m'a téléphoné pour me signaler que, compte tenu des conditions
météo, Vinon-sur-Verdon aurait été la commune la plus touchée. Mais ils n'apportent
aucune solution!"
Si l'alerte sonne demain, savez-vous quoi faire? "J'ai un dossier PPI épais comme un
bottin, des pompiers non formés, une population non informée et la sirène de Cadarache,
on ne l'entend pas! Je souhaite qu'on mette en place des procédures de formations et
d'informations régulières."
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2 - Risque sismique et nucléaire
(Dernières nouvelles d'Alsace - Sam 20 juin 2009 - Simone Wehrung)
Parce que la détermination du risque sismique progresse en fonction des connaissances
scientifiques, les normes de sûreté des installations nucléaires doivent suivre cette
évolution. L'autorité de sûreté nucléaire française (ASN) et son homologue suisse
ont organisé un séminaire sur ce thème à Strasbourg.
Un des arguments récurrents des opposants à la centrale nucléaire de Fessenheim tient
à l'activité sismique de la plaine rhénane et le séminaire scientifique qui s'est tenu
mercredi à Strasbourg peut être interprété comme un apport d'eau à leur moulin. « On
s'aperçoit que les certitudes des années 70 sont dépassées et que le risque sismique
à Fessenheim a été sous-évalué, souligne Nicole Roelens, présidente de Stop
Fessenheim. Et la révision de la réglementation en cours interviendra après la
prochaine visite décennale. Fessenheim sera encore une fois en retard dans la prise en
compte du risque sismique. »
Combiner probabilités et déterminisme. Pour la visite prévue cet automne, qui doit
déterminer si oui ou non la centrale nucléaire de Fessenheim peut poursuivre son
activité pour dix années supplémentaires, ce sera la règle fondamentale de sûreté
datant de 2001 qui devra être respectée. Une version appelée à être révisée pour
tenir compte des avancées scientifiques et techniques dans l'évaluation des aléas
sismiques. « Cette révision n'interviendra que quand les concepts scientifiques seront
suffisamment mûrs, indique Olivier Gupta, directeur général adjoint de l'ASN, tout en
évoquant une concertation publique à la fin de l'année. Mais nous procédons à une
réévaluation de sûreté tous les dix ans en France, ce qui est un rythme bien plus
soutenu que dans les autres pays ».
De manière générale, les scientifiques présents au séminaire ont réévalué les
risques et appelé l'industrie nucléaire européenne à évoluer, notamment pour prendre
en compte « l'ensemble des incertitudes » et intégrer une approche probabiliste
(estimation de la probabilité de la survenue d'un incident) dans ses études qui jusque
là ne se faisaient que sur les seuls critères déterministes (caractéristiques
physiques de résistance à des tremblement de terre, maîtrise des conséquence, etc.).
Pour revenir à Fessenheim, la question qui se posera lors de la visite décennale est la
suivante : « Est-ce qu'on prend un risque en appliquant la réglementation de 2001 ? »
Sans préjuger de la réponse, Olivier Gupta reprend les observations entendues lors du
séminaire. « Les experts sont d'accord pour dire que la réévaluation de l'aléa
sismique est absorbée par les marges », c'est-à-dire que dans la conception de ses
centrales, l'industrie nucléaire a inclus des marges de risque suffisantes « qui font
qu'on a raisonnablement confiance ».
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3 - L'Aube des déchets nucléaires : Deux villages
présélectionnés pour lenfouissement. (LIBERATION 25/06/2009 Par
ALEXANDRA SCHWARTZBROD)
Elles étaient 3 115 à avoir été présélectionnées, lan dernier, par
lAgence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (lAndra) pour la
qualité de leur sol. En quête dune commune pour enterrer des déchets radioactifs
de faible activité à vie longue, lAndra sétait basée sur des données
collectées par le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) pour trouver en
France le site où la couche dargile en faible profondeur (de 15 à 200 mètres)
serait la plus apte à «confiner» ces rebuts de lindustrie nucléaire. Sur les 3
115 communes, 42 sétaient porté candidates fin 2008. Six mois plus tard, après 9
désistements et une étude approfondie des 33 dossiers restants (la qualité du sous-sol,
lenvironnement et le soutien des élus locaux), le gouvernement a fini par
sélectionner deux communes de lAube dont les noms ont été révélés hier par
lAndra : Auxon (1 000 habitants) et Pars-lès-Chavanges (70 âmes).
Retombées. Quest-ce qui peut bien pousser un paisible village à se déclarer
volontaire pour accueillir en son sol des déchets nucléaires ? Les retombées
économiques. «Nous sommes le troisième canton le plus pauvre de la Champagne-Ardenne,
nous a confié hier le maire (DVD) dAuxon, Jean-Louis Caillet. Jai donc saisi
cette opportunité pour développer la région.» Outre les emplois créés par le centre
de stockage, un projet daménagement du territoire est aussi prévu pour inciter les
producteurs de déchets (EDF, Areva
) à développer des activités sur place, ce qui
est bien le moins.
Et lacceptation du projet au sein de la population ? «Au conseil municipal, on
était douze pour et trois contre, explique le maire dAuxon. Sur 1 000 habitants,
seuls trois sont des opposants actifs. Bien sûr, le nucléaire, ce nest pas
lidéal, mais on ne peut pas faire sans. Jai longtemps travaillé à
Cherbourg. Là-bas, on est à côté de La Hague, de Flamanville
Le nucléaire fait
partie du paysage». Envisage-t-il de faire une consultation publique ? «Non, cela
risquerait de monter les gens les uns contre les autres.»
La prochaine étape prendra deux ans avant le choix final du site, en 2011. «Nous allons
affiner létude scientifique des sols des deux communes et profiter de ce temps-là
pour informer la population locale», nous a précisé hier la directrice générale de
lAndra, Marie-Claude Dupuis.
Vie longue. Cela ne sera pas du luxe. Car la région semble être marquée du sceau des
déchets radioactifs : Auxon et Pars-lès-Chavanges sont à quelques dizaines de
kilomètres de centres de stockage de déchets très faiblement ou moyennement actifs à
vie courte, et surtout du futur site denfouissement des déchets haute et moyenne
activité à vie longue de Bure (Meuse). Dès hier, une fédération dassociations
antinucléaires du Nord-Est a appelé à la mobilisation contre ce nouveau projet dont
«limage de nos terroirs ne sortira pas indemne».
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4 - Déchets nucléaires : après l'annonce... (LEst
Eclair, jeudi 25 juin 2009-06-25)
Deux militants antinucléaires de la fédération du Grand-Est « Stop déchets
nucléaires » sont venus, hier, à la rencontre des habitants de la commune, mais aussi
des communes alentour
L'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a confirmé, hier, que
seules deux communes auboises étaient retenues pour l'implantation éventuelle, sur leur
finage, d'un centre de stockage de déchets nucléaires FA-VL (faible activité à vie
longue) : Pars-lès-Chavanges et Auxon. Réactions
Pars-lès-Chavanges : des habitants inquiets
« Surprise. » « Douche froide. » Voici les mots que l'on entendait, hier matin, en se
promenant dans les rues de Pars-lès-Chavanges. En fin de matinée, un rassemblement
spontané d'habitants du village, mais aussi des communes alentour, s'est déroulé devant
la mairie. La veille ou le matin même, ils avaient appris que Pars-lès-Chavanges faisait
partie des deux communes auboises retenues par l'Andra pour, éventuellement, accueillir
le troisième centre de stockage de déchets nucléaires, FA-VL (faible activité à vie
longue).
Située au Nord du département, cette commune de 75 âmes est essentiellement agricole.
En témoignent les hectares de champs de pommes de terre, de céréales ou de betteraves
qui l'entourent.
De Pars, de Chavanges, de Yèvres-le-Petit, de Montmorency-Beaufort, de Braux, de
Saint-Léger-sous-Margerie. Pour, contre, ou tout simplement en demande d'information. Ils
étaient une quinzaine, notamment agriculteurs ou producteurs inquiets pour leur avenir,
à se réunir, hier matin. « On fait confiance aux élus et voilà », « Quand on voit
plus les sous que la vie des autres
», peut-on entendre.
Bientôt, deux militants antinucléaires de la toute nouvelle fédération du Grand-Est
« Stop déchets nucléaires » arrivent sur place pour tenter de sensibiliser les
habitants aux risques qu'occasionnerait l'implantation d'un tel centre, à Pars ou
ailleurs. Et de les inviter à créer un collectif.
Mise à part une légère altercation avec un habitant qui s'est opposé à ce que Michel
Guéritte, militant antinucléaire, filme la scène, le rassemblement s'est déroulé dans
le calme.
Bientôt, la maire de la commune, Joëlle Pesme, sort de la mairie pour entamer une
discussion relativement calme avec les habitants. « C'est normal qu'ils soient là, mais,
avant de prendre position, il faudrait qu'ils soient informés. On va organiser des
réunions publiques », commente-t-elle.
La première est prévue lundi. Nul doute qu'il y aura du monde.
Pratique : Une réunion publique d'information en présence de
représentants de l'Andra aura lieu lundi 29 juin à 19 h à la mairie de
Pars-lès-Chavanges.
Auxon, entre fatalité, incompréhension et craintes
Pas de calicot ni de banderole rageusement plantée à lentrée dAuxon, mais
une hostilité palpable au projet de lAndra. Dans le seul et unique salon de
coiffure de la commune, un administré, à ranger dans le camp des «anti», sen
explique: «Ce qui compte, maintenant, cest de venir en nombre à la réunion
publique prévue le 30 juin. Pour la population, ce sera loccasion de donner son
avis. Mais on ne va pas se fâcher. Nous sommes en démocratie».
Posé et souriant, le coiffeur embraye sur le même registre. Lui aussi affiche ses
réserves quant à larrivée éventuelle dun centre de stockage.
Aujourdhui, il ne défend quune seule demande: «Il faut une consultation
locale. Après, il ny aura plus quà se plier à la majorité
» Pas
surprenant: les «anti» semblent peser à Auxon. «Autour de moi, je nai pas
réussi à trouver une seule personne favorable à ce centre. Les gens sont plutôt
inquiets», confirme un autre habitant, quelques rues plus loin.
Pas revanchards pour un sou mais sonnés par lannonce de lAndra, les plus
hostiles espèrent juste pouvoir prendre au mot le maire
«Sur le courrier
quil nous a adressé pour annoncer la réunion, il a écrit en gras que cette
dernière doit permettre de confirmer ou non la candidature
»
Nappes phréatiques
Dans lattente de cette échéance, lheure est, du coup, à la pêche aux
infos. La buraliste en a fait les frais. À 11h, elle fulminait derrière son comptoir:
«Je nai pas assez de journaux.» Pour le reste, cest-à-dire la polémique,
motus. «Moi, je suis commerçante, je nai rien à dire sur ce sujet.» Pas grave,
dans la rue, les langues, elles, se délient. Même chez les non-résidents
Lydie,
une retraitée venue de Jeugny pour remplir son coffre en denrées nourrit déjà des
craintes: «Jimagine quun tel projet doit rapporter de largent à la
commune, mais à long terme, quelles sont les conséquences?»
Pas vraiment enclin à signer un chèque en blanc, le coiffeur résumait à lui seul
lensemble des interrogations entendues à Auxon : «Nous ne sommes ni spécialistes,
ni techniciens. Mais ce quon aimerait connaître cest limpact sur
lenvironnement. Dailleurs, jaimerais savoir où ce centre doit être
implanté? En haut de la commune? En bas? Cest-à-dire
là où passent toutes les nappes phréatiques? Ici, lArgence et lArgançon
alimentent lYonne qui est elle-même un affluent de la Seine. Pour ne rien arranger,
il y a la question du transport. La RN 77 est déjà accidentogène
»
Faute de réponses précises, Gilles, un Icaunais, se rattrape en considérations
caustiques: «On est content davoir de lélectricité mais les déchets, on
les préfère chez les autres. Jhabite à 13 km dAuxon, jespère que
jaurai le temps de voir venir les problèmes.» Tout aussi philosophe, une
retraitée située à une encablure de lagence immobilière, préférait la
fatalité: «Réunion ou pas, je crois que quoi quon dise ou quon pense, si ce
centre doit se faire ici, il se fera.»
Boris CALLENDREAU
La parole aux habitants
Éric (agriculteur-éleveur à pars-lès- Chavanges)
« Moi, ce que je reproche au conseil, c'est qu'il n'y a eu ni référendum, ni réunion
publique ou enquête publique au niveau de la commune pour nous demander notre avis. Il
faudrait qu'avant de faire ce centre de stockage, on nous demande quand même si on en
veut. Comment est-il possible que dix personnes puissent jouer avec notre vie, comme ça,
sur un sujet aussi important ? Alors que nous, quand on veut faire quelque chose, il faut
des enquêtes publiques. Je savais que la commune était candidate. J'en avais entendu
parler avant, mais personne ne pensait qu'on serait retenu. On a appris hier soir qu'on
était retenus par l'Andra, dans un tract distribué dans les boîtes aux lettres. C'est
le principe que je n'aime pas. »
Quentin (militant ump à Pars-lès-Chavanges)
« Je l'ai appris hier par le tract de la mairie. On en parlait avant. On a eu la
confirmation hier. Je ne suis pas surpris par le choix de Pars-lès-Chavanges et je suis
d'accord avec le principe d'un centre de stockage. Parce que ces déchets, il faut bien
les mettre quelque part, alors pourquoi pas ici ?
Au niveau des dangers possibles, il y a quand même beaucoup de sécurité dans ces
centres. Ils ne font pas n'importe quoi. Je pense qu'on peut faire confiance à l'Andra.
S'ils le font, c'est que ce n'est pas trop dangereux. Et un centre de stockage comme ça,
ça peut quand même amener des emplois sur notre secteur et aider à redynamiser
l'économie. On est quand même en campagne, dans le rural, alors pourquoi pas ? »
Pascal (habitant de Pars-lès-Chavanges)
« Je ne suis pas contre le nucléaire. C'est quand même 80 % de notre énergie.
Mais je suis contre la dilution dans l'espace des centres de stockage. Il y en a déjà
deux, à Soulaines-Dhuys et à Morvilliers. Ce ne serait pas possible qu'ils
s'agrandissent ? Et qu'on évite d'en mettre un peu partout ? On est quand même une
région de grande culture. À Soulaines-Dhuys, il a surtout fallu prendre sur des bois,
là, c'est sur des champs. Quel est le devenir de l'agriculture, ici ? Il y a peut-être
d'autres emplacements plus propices. Tous au même endroit.
En plus, on a eu une mauvaise information. Il n'y a pas eu assez de communication. On a
besoin d'informations. Il faut que tout le monde réfléchisse avant de prendre position.
»
Lionel (producteur de lait à Montmorency-Beaufort)
« Je suis paysan à Montmorency, une commune limitrophe, et je suis ici parce qu'il y a
la possibilité qu'une poubelle s'installe à Pars-lès-Chavanges. Je suis producteur de
lait. S'il y a des fuites, quelles conséquences ça peut avoir sur mon lait? Je suis en
Appellation d'origine contrôlée brie de Meaux. Il faut chercher d'autres solutions que
l'enfouissement, un moyen de retraiter les déchets. C'est dommage qu'un conseil municipal
élu pour six ans puisse prendre des décisions pour 120 000 ans. Surtout que ça ne se
limite pas à Pars. Rien qu'au niveau de l'image. Quelle image auront nos produits ? Tout
ça pour quarante emplois. Ça ramène la sécurité des gens à bien peu de chose. Sans
compter le déni de démocratie : qu'ils puissent décider sans en informer la population.
»
Marie-Christine MIGNOT-VEDRENNE (Maire de yèvres-le-petit)
« Je suis la maire de Yèvres-le-Petit. On est une commune voisine. On est venus pour
s'informer. On ne pensait pas que ça pourrait être sur notre secteur. Nous, au conseil
municipal, on n'a pas délibéré, on n'a pas posé de candidature. Et jamais on n'aurait
crû que Pars-lès-Chavanges puisse être choisi.
Maintenant, on vient voir pour s'informer parce qu'aujourd'hui on se sent directement
concernés, en tant que commune limitrophe. Nous, on l'a appris ce matin dans la presse
(voir notre édition d'hier, ndlr). C'est pourquoi on est là. On est surpris. Après, si
jamais ça se fait, on verra : avant d'être pour, avant d'être contre, il faut déjà
s'informer. Parce que ça pourrait avoir des conséquences pour nous aussi.»
Auteur : Sandra ROGER
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Marie-Claude Dupuis, directrice générale de lAndra : «Travailler sur
un projet de développement du territoire» (Propos recueillis par W.B.)
Pour Marie-Claude Dupuis, une étape est franchie. Reste deux ans aux équipes de
lAndra pour convaincre
Comment expliquer le choix des deux communes auboises?
«Nous avons remis notre rapport à la fin de lannée dernière et à partir de
janvier tout un travail déchange a été fait avec le ministère qui a souhaité
consulter lAutorité de sûreté nucléaire, la Commission nationale
dévaluation et les grands élus des territoires concernés. Nous avons toujours dit
que nous avions pleinement conscience que ces projets dépassaient le stade strict des
communes. Ensuite, le gouvernement a arrêté sa décision selon trois critères : la
géologie, laspect environnemental (parc naturel, installation à risque à
proximité, zone inondable
) et le soutien local. On ne savait pas où lon
allait atterrir. On revient sur notre région de prédilection. »
Deux sites ont été sélectionnés sur Auxon. Pourquoi?
«Pars-lès-Chavanges était une commune jugée très intéressante pour sa couche
dargile. Sur Auxon, nous avons identifié deux zones possibles au nord avec une
couche dargile profonde, et au sud où la couche est solide et affleurante. Nous
avons travaillé sur plusieurs concepts techniques pour ouvrir le plus possible le
choix.»
Cela veut-il dire quune autre technique de stockage est possible?
«Les lignes directrices sont toujours les mêmes: toujours à faible profondeur entre 15
et 200 mètres dans une couche dargile. Mais les galeries, tunnels et tous les
ouvrages seront définis très précisément.»
Deux communes seulement sont retenues. Et si lune delles disait non à la fin
des études?
«On peut lannoncer comme un pari. Il faut du temps pour créer la confiance et pour
que lon franchisse létape progressivement. Cest certain que lon
se donne deux ans pour expliquer le projet et travailler sur un projet de développement
de territoire. Il y aura un débat public avant le choix final du site.»
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5 - Le parc éolien français passe la barre des 4.000 MW
installés PARIS (AFP) - 24.06.2009 09:58
La puissance installée du parc éolien français a passé la barre des 4.000 MW, soit
20% de l'objectif à l'horizon 2020, a annoncé mercredi André Antolini, président du
Syndicat des énergies renouvelables (SER). "Nous avons aujourd'hui dépassé les
4.000 MW installés d'éolien", a expliqué M. Antolini au cours d'un point de
presse. "Cela veut dire que l'éolien dans le mix énergétique français est sorti
de l'épaisseur du trait, de la confidentialité", a-t-il estimé.
L'éolien représente un peu plus de 1% de la production totale d'électricité en
France. La puissance installée de ce parc place la France au 4ème rang européen
derrière l?Allemagne, l?Espagne et l?Italie. L'objectif fixé dans le cadre du Grenelle
de l'environnement est d'atteindre 25.000 MW de puissance installée en 2020, dont 20.000
sur terre et 5.000 offshore. Selon le SER, environ 6.000 nouvelles éoliennes devront
venir s'ajouter aux quelque 2.500 déjà installées pour atteindre cet objectif.
Rappelant que la France disposait du deuxième gisement éolien d'Europe, M. Antolini a
jugé que l'objectif 2020 pouvait être atteint si le "flou juridique" qui
entoure cette filière était rapidement levé.
"L'incertitude qui règne sur cet encadrement juridique n'est pas favorable aux
investissements industriels", a-t-il déploré. Le ministre de l'Ecologie Jean-Louis
Borloo a annoncé fin 2008 que l'encadrement des éoliennes en France serait modifié afin
notamment d'éviter le "mitage" du territoire. La filière éolienne française
emploie aujourd?hui environ 7.000 personnes, un chiffre qui devrait passer à 18.000 à
l'horizon 2012, selon l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
(Ademe).
©
2009 AFP
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6 - Stockage déchets radioactifs : deux communes de
l'Aube sélectionnées (PARIS (AFP) - 24.06.2009 11:16 )
Deux communes de l'Aube, Auxon et Pars-lès-Chavanges, ont été sélectionnées dans
le cadre de la recherche d'un site de stockage de déchets radioactifs de faible activité
à vie longue (FAVL), a indiqué mercredi l'Agence nationale pour la gestion des déchets
radioactifs (Andra).
"Il s'agit d'une présélection de deux communes en vue du choix d'un site à
l'horizon 2011", a déclaré à l'AFP la directrice générale de l'Andra,
Marie-Claude Dupuis.
"Ce sont les deux communes qui réunissaient les meilleures conditions pour la
poursuite du projet au plan à la fois géologique, environnemental et du soutien
local" pour ce stockage à une profondeur comprise entre 15 et 200 mètres, a-t-elle
précisé.
Auxon et Pars-lès-Chavanges ont été sélectionnées par le gouvernement parmi 42
communes qui s'était portées candidates, dont neuf ont par la suite retiré leur
candidature.
L'Andra avait lancé un appel à candidatures, clos au 31 octobre 2008, parmi 3.115
communes présélectionnées dans 20 départements et huit régions en fonction de la
présence d'une couche d'argile adéquate en faible profondeur, pour la construction d'un
centre qui doit être exploité à partir de 2019.
A l'horizon 2030, la France aura un stock d'environ 150.000 mètres cubes de ces
déchets FAVL, contre un peu moins de 100.000 mètres cubes de déchets Haute Activité et
Moyenne Activité à Vie Longue (HAVL-MAVL).
Pour ces derniers qui concentrent la plus grande part de la radioactivité totale, un
stockage à environ 500 mètres de profondeur est prévu près du laboratoire souterrain
de Bure (Meuse), dans un périmètre à cheval sur les départements de la Meuse et de la
Haute-Marne.
A Auxon et Pars-lès-Chavanges, les caractéristiques géologiques et environnementales
vont maintenant être précisées. D'ici la mi-2011, l'Andra va aussi "faire de la
pédagogie, de la communication auprès des populations, après avoir déjà beaucoup
travaillé avec les maires et les élus", a souligné Mme Dupuis.
Auxon, situé à une trentaine de km au sud-ouest de Troyes, comptait 927 habitants au
recensement de 1999, contre seulement 70 pour Pars-lès-Chavanges, à une cinquantaine de
km au nord-est de Troyes.
Outre les emplois créés par le centre de stockage lui-même, un projet d'aménagement
du territoire va aussi être mis en place pour inciter les producteurs de déchets
radioactifs que sont EDF, Areva, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le groupe
chimique Rhodia à développer des activités sur place.
"On se donne deux ans pour convaincre, à la fois sur la maîtrise des risques et
sur les retombées positives pour le territoire", a dit Mme Dupuis.
"On a réaffirmé l'engagement auprès des communes de leur donner la possibilité
de redélibérer pour ou contre leur candidature avant le choix de site", a-t-elle
assuré.
©
2009 AFP
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7 - Enquête - Les "précaires" du nucléaire :
ls sont 22.000 (France Info - 22 juin 2009 - Sébastien Baer)
Ils sont 22.000 à travailler dans les 19 centrales nucléaires de France, 22.000 agents
intérimaires embauchés par les entreprises sous-traitantes dEDF pour assurer
notamment la maintenance et lentretien des installations. Ce sont eux qui assurent
les tâches qui comportent le plus de risques et les travaux les plus exposés.
Aujourdhui, la colère monte parmi ces employés qui dénoncent le déséquilibre
entre leur statut et celui des 20.000 autres agents statutaires, salariés dEDF.
On les appelle les nomades du nucléaire, ils vont de ville en ville, pour
décontaminer les centrales, au gré des arrêts de tranche, les périodes
durant lesquelles les réacteurs sont arrêtés pour changer le combustible et pour
assurer les travaux de maintenance. _Ils connaissent toutes les centrales de France :
Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, Gravelines dans le Nord, Cattenom en Moselle, Chinon en
Indre-et-Loire ou encore Chooz dans les Ardennes. Souvent sur les routes, ces agents
intérimaires parcourent 40.000 à 70.000 kilomètres par an. Ils jugent leurs indemnités
de déplacement si faibles (en moyenne 60 euros par jour pour lhôtel et les trois
repas) quils séjournent le plus souvent dans des gîtes, dans des foyers Sonacotra
ou bien au camping (tentes ou caravanes).
Certains, pour économiser et rapporter de largent à leur famille, dorment dans
leur voiture. Bien souvent, ces nomades du nucléaire sont donc obligés de se contenter
du confort le plus sommaire.
Conditions de travail difficiles
Ces travailleurs sous traitants sont aussi ceux qui exercent les missions les plus
dangereuses, les plus périlleuses. Ils subissent 80% des doses dirradiation totales
alors quils ne représentent quun travailleur sur deux dans le nucléaire.
Ainsi, Claude Dubout, ancien décontamineur à la centrale de Cruas-Meysse (Ardèche) a
absorbé en 25 ans de carrière une dose totale de 500 millisieverts. Inquiet pour sa
santé, il a décidé dinterrompre sa carrière, il a passé des diplômes et
sest reconverti dans le démantèlement du nucléaire.
Annie Thebaud-Mony, directrice de recherches à lInserm, spécialiste des
questions de sous-traitance dans lindustrie nucléaire, insiste sur les conditions
de travail très difficiles de ces travailleurs. Selon une étude rendue publique par
lINRS (Institut national de recherche et de sécurité), 82% des sous-traitants du
nucléaire souhaiteraient quitter le milieu du nucléaire sils en avaient la
possibilité.
Statut précaire
Les intérimaires dénoncent notamment la pression quexerce EDF sur ses
entreprises sous-traitantes. EDF remet en concurrence tous les trois ans environ les
entreprises qui assurent la sous-traitance en lançant de nouveaux appels doffre. Ce
mode de fonctionnement fragilise les intérimaires qui, pour continuer à travailler,
doivent consentir à de gros sacrifices.
Pour emporter le marché, ces entreprises de sous-traitance doivent présenter à EDF
les coûts les plus bas possibles. Elles réembauchent donc les intérimaires au bas de
léchelle salariale et prennent rarement en compte dans le calcul de leur
rémunération lancienneté des employés.
Autre difficulté, la représentativité syndicale. Ce roulement fréquent des entreprises
de la sous-traitance rend difficile la constitution de syndicats et dinstances
représentatives du personnel. Pour les intérimaires, il est donc délicat de pointer les
conditions de travail et de dénoncer les pressions dont ils sestiment être les
victimes.
Pour José Andrade, délégué CGT de la centrale de Cruas-Meysse (Ardèche), le
malaise de ces prestataires pose un problème de sécurité. Enfin, le statut intérimaire
de ces employés rend difficile la reconnaissance dune maladie professionnelle, en
cas dapparition de cancers liés à leur exposition aux matières radioactives.
Difficile en effet dassurer une quelconque « traçabilité » du parcours de ces
salariés qui vont de chantier en chantier, ballottés également dune entreprise de
sous-traitance à une autre.
Surveillance
LASN (Autorité de sûreté nucléaire) est chargée dinspecter chaque année
les 19 centrales nucléaires françaises. Tous les ans, elle procède à 500 inspections
sur les 58 réacteurs du parc nucléaire français pour vérifier la mise en uvre et
le respect dans les centrales nucléaires du référentiel dEDF en matière de
surveillance des prestataires.
Dans son rapport 2008, publié en avril dernier, lASN pointe un manque de
rigueur dans lutilisation et le renseignement des documents nécessaires à la
surveillance des prestataires.
De plus, lASN constate des difficultés dans la mise à disposition
doutils et déquipements de protection individuelle, (...) ce qui
a pu dans certains cas conduire à des conditions de travail dégradées pour les
prestataires en matière de sécurité et de radioprotection.
Ces constats ont été transmis à la direction dEDF qui a promis des ajustements
et des améliorations. Mais on peut noter que lASN, dans son rapport 2007, pointait
déjà un certain nombre de manquements et de lacunes identiques à ceux relevés dans son
rapport 2008.
Mouvement de grève
Depuis plus de six semaines, la production nucléaire est perturbée par un mouvement
de grève. Au cur du conflit, les salaires des agents du nucléaire et
lintégration des salariés des entreprises sous-traitantes, réclamée par les
syndicats CGT, FO et Sud.
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8 - Yann Arthus-Bertrand prend position contre le
nucléaire
- Yann Arthus-Bertrand s'associe à l'appel réclamant l'abandon des poursuites engagées
contre le porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", qui a diffusé un
document Confidentiel Défense prouvant que le réacteur EPR ne résisterait pas à un
crash d'avion de ligne.
- Yann Arthus-Bertrand et la fondation GoodPlanet qu'il préside prennent position sans
aucune ambiguïté contre le nucléaire.
Au côté de nombreuses personnalités [1], Yann Arthus-Bertrand vient de signer l'appel
[2] réclamant l'abandon des poursuites engagées contre le porte-parole du Réseau
"Sortir du nucléaire", Stéphane Lhomme. Accusé de "terrorisme",
celui-ci encourt 5 ans de prison et 75 000 euros d'amende pour avoir divulgué un document
Confidentiel Défense issu d'EDF, qui reconnaît que le réacteur nucléaire EPR n'est pas
conçu pour résister au crash d'un avion de ligne.
En s'associant à cet appel, le photographe et réalisateur du film "Home"
apporte son soutien au rôle de "lanceur d'alerte" joué par le Réseau
"Sortir du nucléaire" et son porte-parole. Le Réseau "Sortir du
nucléaire" appelle les citoyens à signer massivement cet appel sur son site :
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/Soutien-SLhomme.html
Le 3 juin dernier, Yann Arthus-Bertrand s'était avancé à déclarer sur l'antenne de
France Inter qu' "on ne peut pas se passer du nucléaire". Le Réseau
"Sortir du nucléaire" avait vigoureusement contesté cette affirmation
erronée. La fondation GoodPlanet fait savoir au Réseau "Sortir du nucléaire"
que Yann Arthus-Bertrand prend aujourd'hui clairement position contre le nucléaire [3].
Contact Presse : Pierre Emmanuel Weck - 06 86 26 63 73
[1] Parmi lesquelles Corinne Lepage (CAP 21), Noël Mamère (Verts), Olivier Besancenot
(NPA), José Bové (Europe Ecologie), Cécile Duflot (Verts) , Francine Bavay (Verts),
Raoul-Marc Jennar (NPA), Jean-Marie Harribey (ATTAC), Roland Desbordes (CRIIRAD), ...
[2] Consultez le texte complet de l'appel en faveur de Stéphane Lhomme, signé à ce jour
par plus de 24 000 personnes :
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/Soutien-SLhomme.html
[3] Cette position est confirmée par Olivier Milhomme, Responsable éditorial de
GoodPlanet et conseiller scientifique de Yann Arthus-Bertrand.
Fondation GoodPlanet, 01 48 42 01 01
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9 - La Hague : trop de tritium dans la nappe phréatique
(Ouest-France - samedi 20 juin 2009)
La Commission locale d'information de l'usine nucléaire de La Hague s'interroge sur la
présence,en grande quantité, de ce produit radioactif dans les eaux souterraines du
site.
« Nous sommes passés de 20 becquerels par litre à plus de 6 000 par litre », souligne
Pierre Barbey, conseiller scientifique de l'Acro (Association pour le contrôle de la
radioactivité dans l'ouest). « Comment expliquer cette brusque augmentation alors qu'on
signale par ailleurs une diminution du tritium ? » Cette envolée de becquerels n'émeut
pas Serge Le Bar, responsable environnement chez Areva. Selon lui, l'explication est
simple : « En 1976, la nappe phréatique du secteur nord-est a connu un très fort
marquage en tritium. »
Depuis, après remblais de la zone dans les années 1990 avec des matériaux perméables,
cette nappe peu profonde, gonfle rapidement avec les pluies. Problème, « elle soulève
la bâche du bassin d'orage qui est à proximité. Pour pallier cet inconvénient, nous
pompons donc la nappe. Et, en pompant, nous aspirons le tritium relâché en 1976. »
Une explication mécanique qui ne satisfait pas totalement l'Acro. « L'ennuyeux, c'est
que nous voyons aussi apparaître d'autres émetteurs radioactifs comme des alpha et des
Bêta. » Pierre Barbier craint qu'ils soient annonciateurs d'une pollution plus
importante. Des investigations supplémentaires seront donc menées en accord avec l'Andra
qui gère les 530 000 m3 de déchets nucléaires enfouis sur 15 ha au-dessus de la nappe
phréatique.
Par ailleurs, Serge Le Bar a présenté le bilan environnemental de l'établissement de La
Hague pour 2008. En résumé, tout va bien. L'usine Areva « a stabilisé ses rejets qui
atteignent, au maximum, 48 % des autorisations pour les gazeux et 45 % pour les rejets
liquides ».
Mais comme le monde n'est pas parfait, même dans le nucléaire, Areva doit encore
améliorer ses rejets de CO2. « Ils ont reculé de 30 % en 2008 » souligne Serge Le Bar.
Les rejets de sa chaufferie au fuel représentent tout de même 53 611 tonnes, ce qui fait
d'Areva le deuxième pollueur régional en gaz carbonique derrière la cimenterie de
Ranville dans le Calvados.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" - La sécurité des installations
nucléaires est "assurée" : il est interdit de survoler les centrales
nucléaires, et a fortiori de se jeter sur une centrale avec un avion détourné. Si
c'était le cas, les kamikazes seraient retrouvés et sévèrement punis. Voilà de quoi
les inquiéter...
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10 - Il survole la centrale nucléaire de Penly
(Paris-Normandie - 19 juin 2009)
JUSTICE. Un aviateur amateur parisien risque une amende pour avoir survolé la centrale de
Penly. Patrick, 53 ans vivant en région parisienne et membre de l'aéroclub Paris Nord
reconnaît avoir eu la peur de sa vie quand le 4 mai 2008, un Mirage 2 000 de l'armée de
l'air française s'est approché de son avion de tourisme datant des années soixante qui
volait tranquillement en direction de l'aérodrome de Persan (Val-d'Oise) après avoir
décollé de l'aérodrome de Saint-Aubin-sur-Scie.
Un avion vieux de 50 ans. Ce jour-là, le pilote a mal calculé la trajectoire de son
avion et a survolé la zone interdite tracée au-dessus de la centrale nucléaire de Penly
pendant trois minutes. Mardi, il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Dieppe
pour « survol par le pilote d'un aéronef, par maladresse ou négligence, d'une zone
interdite ». Le président, Olivier Michelet, semblait très intéressé par cet «
incident de vol » de quelques minutes, d'autant que le permis de voler du prévenu n'a
pas été suspendu après que la commission d'enquête ait entendu ses explications
techniques.
« C'est un vieil appareil qui date de la guerre d'Algérie. Je devais naviguer à vue car
l'avion n'avait pas les équipements nécessaires ni de GPS. J'avais été prévenu par la
tour de contrôle de faire attention à cette zone sensible seulement mes repères
n'étaient que visuels » explique l'aviateur. Si la météo était bonne, le pilote avoue
avoir été perturbé par différentes circonstances indépendantes de sa volonté. «
Tout d'abord, c'est un avion très léger et sa trajectoire a pu se déporter malgré
toutes mes précautions. D'autre part, un avion venant du Touquet arrivait en face et je
le cherchais visuellement. Quatre ULM volaient également à côté que je devais
surveiller. »
Une zone interdite décalée. En plus, le rayon de la zone interdite est de cinq
kilomètres, mais sur les cartes le point central de la centrale nucléaire est décalé
de deux kilomètres par rapport au bord de la mer. « Ce survol est vraiment fortuit. Je
suis prêt à payer l'amende, » déclare le prévenu qui avoue aussi sa grande surprise
de voir l'avion de chasse venir sur lui trente-cinq minutes après ce survol interdit. Le
président n'a pas manqué d'humour en affirmant que le pilote avait la chance de ne pas
être dans un pays plus « paranoïaque où son avion aurait été purement et simplement
abattu. »
Il a également pris bonne note du procès-verbal mal rédigé avec quelques vices de
forme comme la mauvaise immatriculation de l'avion et un souci dans la date des faits.
L'avocate du barreau parisien chargée de la défense a tout simplement demandé la
nullité de ce procès en raison justement de ces vices de procédure. La substitut du
procureur, Corrine Gérard, a demandé une amende de 500 . Le délibéré du
jugement sera rendu le 7 juillet.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : on remarquera la subtile mise en
cause des éoliennes alors que c'est la centralisation extrême de la production
nucléaire qui oblige à entretenir un réseau électrique surdimensionné et de plus en
plus vulnérable...
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11 - Electricité : le gouvernement décide une hausse
des tarifs d'acheminement
AFP - 19.06.09 - Le gouvernement a décidé une hausse des tarifs d'acheminement de
l'électricité comprise entre 2 et 3% au 1er août 2009, qui devrait se traduire par une
hausse de la facture des consommateurs, selon un texte publié vendredi au Journal
officiel. Le coût de l'acheminement de l'électricité représente près de la moitié
(environ 47%) de la facture finale du consommateur résidentiel, le reste étant
constitué par la production d'électricité.
Cette décision fait suite à une proposition de la Commission de régulation de l'Energie
(CRE) qui avait proposé cette hausse des tarifs en raison "d'une forte augmentation
des besoins d'investissements" sur les réseaux de lignes électriques en France. Les
réseaux électriques français ont besoin d'être modernisés et étendus pour faire face
à un nombre croissant de coupures et favoriser le développement des énergies
renouvelables (notamment pour raccorder les éoliennes au réseau).
Les tarifs augmenteront encore entre 2010 à 2012. Leur évolution sera indexée sur le
taux d'inflation augmenté de 0,4% pour l'utilisation des lignes à haute tension et de
1,3% pour les lignes basse et moyenne tension. Au final, cela pourrait se traduire par une
hausse des tarifs d'acheminement de 8% sur 4 ans, indique-t-on de source proche du
dossier.
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Peut-on vivre tranquille à proximité de Cadarache ?
(La Provence - 25 juin 2009)
La foule est venue nombreuse à la réunion publique organisée à Vinon-sur-Verdon.
"Vous n'êtes pas crédible ! On ne peut pas vous croire", lance un
quinquagénaire au fond de la salle. "On est responsables de nos enfants et je
m'inquiète pour eux", surenchérit une habitante de Rians. Maires, représentants
d'association, particuliers, employés du CEA Cadarache, la foule est venue nombreuse,
avant-hier soir à Vinon, pour découvrir les résultats de l'étude permettant de
déterminer l'impact des activités nucléaires de Cadarache sur l'environnement.
Malgré les diaporamas, les explications des responsables du commissariat à l'énergie
atomique (CEA) n'ont pas eu l'effet escompté. Convaincre la population semble peine
perdue. Le ton est monté car, dans les esprits, même si le risque est faible, il n'en
est pas moins réel. La commission de recherche et d'information indépendantes sur la
radioactivité (Criirad) a réalisé, à la demande de la commission locale d'information
(Cli) de Cadarache, une expertise à partir des données existantes sur les rejets des
installations nucléaires du centre depuis sa création en 1959.
Le seul hic est que les données fournies proviennent du CEA. "L'étude a ses limites
car nous n'avons aucun élément sur la base secrète, ni de mesures à l'intérieur du
site et de données indépendantes", a souligné Bruno Chareyron, directeur du
laboratoire de la Criirad.
Attention aux véhicules!
Les rejets dans la Durance et dans l'atmosphère, les infiltrations dans les sols
l'analyse a porté sur les éléments potentiellement radioactifs. Une faible
contamination des eaux souterraines a été révélée. "Cette pollution témoigne de
la nécessité d'améliorer la conception des installations", a-t-il expliqué. Quant
à la Durance, il n'y a pas de surveillance des berges ni de mesure de tritium sur les
plantes aquatiques et les poissons. Et pour ce qui est des rejets atmosphériques, aucune
donnée avant 1979! La Criirad a recommandé d'effectuer une reconstitution historique
grâce aux cernes de croissance d'arbres.
Mais le point noir, c'est le transport. "Le grand public ignore que les véhicules
siglés au trèfle radioactif le sont aussi! Ce n'est pas la peine de stationner à
côté. Une exposition de plus de 30 minutes n'est pas négligeable." En 2007, 1043
véhicules sont entrés et sortis du centre
Henri Maubert, représentant de
Cadarache, a tenu à préciser que "les contrôles des rejets sont permanents et
l'impact est très faible. Il y a 10000 mesures par an."
Le CEA s'est engagé dans des actions, telles que l'analyse des végétaux et une étude
sur les transports. Bien que mouvementée, cette réunion publique est peut-être le signe
d'une avancée en terme de transparence.
EN CHIFFRES
1600 hectares. C'est la superficie du site de Cadarache créé en 1959. 19
installations nucléaires de base, dont une secrète. 29 installations pour la protection
de l'environnement. 0 mesure indépendante effectuée à l'intérieur du site. La Criirad
a disposé pour cette étude des documents du CEA.
Les 3 questions à Claude Cheilan, maire de Vinon-sur-Verdon
Après ces explications, êtes-vous rassuré en tant que maire? "Je suis surtout
rassuré sur l'indépendance de la Cli. Le CEA s'est exprimé aujourd'hui. C'est un pas en
avant!"
Vinon-sur-Verdon est à quelques kilomètres du centre
" Lors du dernier
exercice, la préfecture m'a téléphoné pour me signaler que, compte tenu des conditions
météo, Vinon-sur-Verdon aurait été la commune la plus touchée. Mais ils n'apportent
aucune solution!"
Si l'alerte sonne demain, savez-vous quoi faire? "J'ai un dossier PPI épais comme un
bottin, des pompiers non formés, une population non informée et la sirène de Cadarache,
on ne l'entend pas! Je souhaite qu'on mette en place des procédures de formations et
d'informations régulières."
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