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Nucléaire et Energies Renouvelables
Actualité juin 2009 / 2ème
Chaque mois retrouvez ici  l'actualité des dangers du nucléaire civil et militaire et des solutions alternatives énergétiques. Pour savoir, réfléchir, comprendre et agir en citoyens responsables (avec le concours du Réseau Sortir du Nucléaire)
Sommaire :

Appel pour un classement "sans suites" en faveur de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire

1 - EDF craint un retard pour son alliance avec Constellation
2 - Iter : Mise en route progressive de 2018 à 2026
3 - Les "nomades du nucléaire", au coeur d'une grève qui tourne à la réquisition
4 - Impact de l'exploitation de l'uranium par Areva au Niger et au Gabon
5 - Stockages souterrains de déchets nucléaires, le calendrier se précise
6 - L'emprunt EDF ne servira pas à rénover les lignes électriques
7 - Le réacteur de fusion nucléaire Iter va coûter deux fois plus que prévu
8 - Une firme nord-coréenne entre au capital de l'usine Georges Besse II
9 - Distribution des pastilles d'iode autour des centrales : une plaisanterie selon le Réseau "Sortir du nucléaire"
10 - "Sortir du nucléaire" diffuse quatre contre-publicités et déconseille très vivement de souscrire à l'emprunt EDF
11 - Grève dans le nucléaire : EDF brandit le risque de délestage
12 - Comment faire taire les militants
13 - Flamanville : Vol de la stèle "aux irradiés inconnus"
14 - Cancer : le mot qui fâche

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Appel pour un classement "sans suites" en faveur de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire"

Appel national : Si vous ne faites pas déjà partie des 20 000 signataires - dont de très nombreuses personnalités (*) - signez et diffusez très largement l'appel pour un classement "sans suites" en faveur de Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau "Sortir du nucléaire", accusé de "terrorisme" et menacé de 5 ans de prison pour avoir révélé la vulnérabilité du réacteur nucléaire EPR en cas de crash d'avion de ligne.
http://www.sortirdunucleaire.org/dossiers/Soutien-SLhomme.html . (*) Parmi les personnalités signataires : Yann Arthus-Bertrand (Photographe et cinéaste - Fondation GoodPlanet), Jean-Marc Delrieu (Retraité CEA - Chercheur Physicien), Corinne Lepage (CAP 21-Députée européenne-Ancienne ministre de l'environnement), Henri Texier (musicien et compositeur jazz), Géraud Guibert (Parti socialiste - porte-parole du pôle écologique), Noël Mamère (Député), Olivier Besancenot (NPA), Jean-Philippe Gasparotto (Secrétaire général de l'Union CGT du groupe Caisse des dépôts), José Bové (Député européen), Jacques Gaillot (Evèque de Partenia), Jean-Marie Harribey (co-président d'Attac), Cécile Duflot (Secrétaire nationale des Verts), Corinne Morel-Darleux (Parti de Gauche), Roland Desbordes (Président de la commission de recherche et d'information sur la radioactivité - CRIIRAD), Xavière Gauthier (chercheuse CNRS-écrivaine), Eugène Riguidel (navigateur), Daniel Mognard (Responsable syndical CFDT), Christophe Ondet (Secrétaire National du Parti Pour La Décroissance), Michel Verna (Membre du conseil national de Génération Ecologie), Gustave Massiah (Economiste), Christine Bobey-Gérard (Conseillère nationale du Mouvement Démocrate), Etienne Davodeau (Auteur de BD), Hervé Eon (Bureau National du Parti de Gauche), Gilles Lemaire (Attac - faucheur d'OGM), Bernard Laponche (Expert indépendant), Philippe Chesnau (Vice président du Conseil Régional provence Alpes Cote d'Azur), François Martz (Prêtre - Colmar), Alain Touleron (Les Alternatifs - Adjoint au Maire de Vaulx-en-Velin), Myriam Martin (Tête de liste NPA Européennes sud ouest), Georges Souriau (Prêtre ouvrier - Compagnon d'Emmaüs), Michael Lowy (Chercheur), Simon Charbonneau (Professeur de droit de l'environnement), Ferrario Roberto (Porte-parole de Bellaciao.org), Jacques Perreux (Vice Président du Conseil général du Val de marne), Philippe Augendre (Pasteur, président de la Commission d'Ethique France-Belgique-Suisse de l'Eglise adventiste), Daniel Mosmant (Adjoint à la maire - Montreuil), Laurence De Bouard (Membre du NPA - tête de liste Européennes liste OUEST), Eliane Leclercq (Union Démocratique Bretonne - Conseillère municipale UDB ville de Rennes), Erica Deuber Ziegler (Historienne de l'art, ancienne députée de Genève - Suisse), Dominique Camburet (Ligue de l'Enseignement de Haute Marne - Directeur), Michel Fabre (Alliance Ecologiste Indépendante-Maire), Dominique Malvaud (SUD Rail), Lucien Moullier (Parti Radical de Gauche - Maire - Conseiller général), François Veillerette (Président du MDRGF), Monique et Raymond Senée (GSIEN - chercheurs honoraires), Nicole Kiil-Nielsen (Députée européenne), Jacqueline Fraysse (Députée des Hauts de Seine), Bruno Charles (Vice président du Grand Lyon), Jean Desessard (Sénateur), Natalia Puente (Physicienne), Michele Rivasi (Députée europeenne), Benjamin Dessus (Président de Global Chance), Martine Billard (Députée de Paris), Yves Cochet (Député de Paris), Christian Velot (Enseignant-chercheur), Jean-Pierre Berlan (chercheur), André Cicolella (chercheur), Yannick Rousselet (Greenpeace - Chargé de campagne Energie), Jacques Muller (sénateur) ... / N'attendez pas pour signer et pour faire circuler largement ce message.

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Pour ceux et celles qui n'auraient pas vu les reportages de Thalassa "À l'ombre de la Hague", ils sont consultables sur : http://videos.sortirdunucleaire.org/spip.php?article185

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1 - EDF craint un retard pour son alliance avec Constellation (Les Echos - 18/06/09 )

L'électricien tricolore était auditionné hier par la commission des services publics du Maryland, qui revendique « un droit d'approbation préalable » pour son projet de coentreprise avec Constellation. Malgré un apport de 1 milliard de dollars de la part d'EDF, l'action Constellation ne décolle pas des 26 dollars.

La patience d'EDF est mise à rude épreuve aux Etats-Unis. Hier, le groupe tricolore était auditionné par la commission des services publics du Maryland (PSC), qui revendique « un droit d'approbation préalable » pour son projet de coentreprise avec la compagnie d'électricité américaine Constellation. Cette commission estime qu'EDF aura une influence déterminante sur l'activité de distribution de Constellation, même si la future société commune entre les deux groupes sera exclusivement active dans la production nucléaire. Son argument : si cette nouvelle entité a besoin de fonds pour financer des développements dans le nucléaire, Constellation se tournera vers sa filiale de distribution, Baltimore Gas and Electricity, et donc vers ses clients, pour trouver cet argent.

Une opération stratégique. Soutenu par EDF, Constellation a fait appel en justice de la décision de la PSC d'intervenir dans la procédure. Cet appel n'est pas suspensif et l'Etat du Maryland estime qu'il n'est pas valide. L'opération est stratégique pour l'électricien français : moyennant 4,5 milliards de dollars, elle doit lui permettre de contrôler à 50 % le parc nucléaire de Constellation et de participer à la relance du nucléaire aux Etats-Unis. Alors qu'il a reçu tout un lot d'autorisations, l'immixtion de la PSC dans le processus menace le calendrier. EDF se donne jusqu'à octobre pour finaliser la transaction. Selon un analyste, la procédure de la commission des services publics, « notoirement longue », peut durer plusieurs mois.

Les investisseurs ont pris ces aléas en compte : malgré un apport de 1 milliard de dollars de la part d'EDF, qui a ainsi sauvé l'entreprise de la faillite, le titre Constellation ne décolle pas des 26 dollars. Or l'offre faite en décembre par l'électricien français est censée valoriser l'entreprise à 52 dollars par action. Constellation s'échange sur la base de multiples inférieurs de 30 % à ceux de ses concurrents, alors que sa santé n'est plus en question, estime Per Lekander, analyste chez UBS. « Le marché pense qu'il y a un risque significatif que l'opération avec EDF échoue », constate-t-il. Chez EDF, la direction reste confiante et pense que le plus gros risque porte sur le calendrier. Voire sur les compromis qui pourraient être demandés par le Maryland.

Selon le « Baltimore Sun », le président de l'Etat du Maryland, très attentif aux tarifs d'électricité, a proposé ces dernières semaines un certain nombre de concessions à Constellation : un crédit accordé aux clients résidentiels correspondant à une réduction de 10 % de leur facture, un programme d'aide de 20 millions de dollars par an pour aider les foyers défavorisés ou encore l'engagement d'investir 200 millions de dollars dans un projet d'énergie propre. Selon le quotidien local, les discussions se sont détériorées dès lors que le gouvernement régional a exprimé « de sérieuses réserves » sur l'éventuel parachute doré de 87 millions de dollars accordé à Mayo Shattuck, le patron sortant de Constellation.

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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : la seule certitude est que Iter ne servira à rien. Par contre, on apprend des choses stupéfiantes : "Nous sommes encore en train de calculer le coût final du projet." Merveilleux : tous les chiffres avancés jusque là, devant les députés, devant le débat public, etc, n'étaient que balivernes. Quant à la comparaison avec le LHC, elle est... parfaite.

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2 - Iter : mise en route progressive de 2018 à 2026 AFP - 18 juin 2009 - PARIS -

Le réacteur expérimental de fusion Iter, un projet mondial en construction à Cadarache (France), commencera à fonctionner en 2018 mais ne sera pleinement opérationnel que 8 ans plus tard, a annoncé jeudi le conseil d'administration du projet, réuni au Japon. Le Conseil Iter, qui regroupe l'UE, la Chine, l'Inde, le Japon, la Corée du Sud, la Russie et les Etats-Unis "a validé une approche par étapes de la construction d'Iter, comprenant un premier plasma fin 2018 et le début de l'exploitation en deutérium-tritium (hydrogène stable - radioactif) en 2026", selon un communiqué.

Le financement d'Iter n'a pas été abordé au cours de ce conseil d'administration. Mardi, le quotidien économique français Les Echos a rapporté que le coût de construction du réacteur de fusion atteindrait 10 milliards d'euros, au lieu des 5 milliards prévus initialement. Une somme à laquelle s'ajouteront 5 milliards d'euros pour le fonctionnement. "Nous sommes encore en train de calculer le coût final du projet. Le financement sera présenté en novembre au cours de la prochaine réunion du conseil", a indiqué à l'AFP depuis le Japon le directeur de la communication d'Iter, Neil Calder.

L'étendue des projets à réaliser par Iter, qui doit démontrer la faisabilité scientifique et technique de l'énergie de fusion, a été arrêtée l'an dernier. Actuellement, l'énergie nucléaire utilise l'énergie dégagée par la fission de noyaux d'atomes, tandis que la fusion, qui a lieu au coeur des étoiles, libère beaucoup d'énergie lorsque des noyaux d'atomes légers s'assemblent pour former des noyaux plus lourds. La fusion a lieu dans des plasmas (gaz radioactifs) chauffés à des températures extrêmement élevées et qu'il est très difficile de conserver au-delà de quelques minutes.

Pour "réduire sensiblement les risques opérationnels", le conseil d'administration d'Iter a décidé que "les composants de base de la machine seront assemblés et testés progressivement avant l'intégration des composants internes" au réacteur. Au Japon, "les Etats membres se sont mis d'accord pour qu'Iter ne soit pas complètement fini avant son démarrage, comme c'est le cas pour tous les grands équipements scientifiques", a expliqué M. Calder. Il a cité les problèmes du Grand collisionneur de hadrons (LHC) à Genève, le plus puissant accélérateur de particules au monde mis en route l'an dernier, arrêté pour un an quelques jours après sa mise en service à cause d'une panne qui a endommagé certains de ses aimants supraconducteurs.

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3 - Les "nomades du nucléaire", au coeur d'une grève qui tourne à la réquisition ( AFP - 18 juin 2009 - PARIS )

La production nucléaire reste perturbée depuis six semaines par un conflit sur les salaires et l'embauche de prestataires extérieurs surnommés les "nomades du nucléaire", qui amène EDF à réquisitionner les grévistes, certains syndicats craignant pour la sécurité. Depuis le 9 avril, de petites équipes freinent le rechargement du combustible ou la maintenance, sur 11 des 19 sites nucléaires français, infligeant des pertes de production qui pourraient avoisiner 250 millions d'euros, selon des estimations internes, soit 1,8% du bénéfice brut 2008.

Par ailleurs, en cas de canicule, la forte consommation électrique des climatiseurs obligerait EDF à importer 6.000 mégawatts, s'il les trouve sur le marché, a calculé Réseau de transport d'électricité (RTE). RTE évalue la probabilité de ce "scénario extrême" a un pour mille, mais révèle aussi que le stock des barrages hydrauliques a fondu de 10% en un an. Privé de ce "joker", EDF souhaite prévenir tout risque de pénurie d'électricité durant l'été.

"Nous ne constatons aucun refus de la réquisition. Les agents se déclarent toujours grévistes, mais reprennent le travail", a déclaré EDF jeudi à l'AFP. La CGT étudie de son côté la parade juridique à ce qu'elle perçoit comme une "attaque frontale" contre le droit de grève. Au coeur du conflit, les salaires des 18.000 agents du nucléaire (CGT, Sud et FO réclament +5%), travaillant pour partie en 3X8, et l'intégration des 10.000 salariés des entreprises sous-traitantes, réclamée par les syndicats. La conduite de réacteur "nécessite des compétences particulières en terme de formation, de suivi, d'habilitation, on aimerait plus de reconnaissance salariale et pas juste sous forme de prime", a déclaré Sébastien Menesplier, de la CGT-nucléaire (58% aux élections professionnelles).

Par ailleurs, "80% de la maintenance est maintenant sous-traitée. Cette grève vise à défendre la sécurité", a affirmé Anne Debregeas, de Sud Energie. Pour syndiquer ces salariés, souvent jeunes, la CGT créé "des syndicats multiprofessionnels de site". "Dans la centrale où j'ai travaillé quinze ans, les prestataires sont aussi nombreux que les agents EDF. On les appelle +les nomades du nucléaire+. Certains dorment dans des caravanes, ou leurs voitures, et partent travailler le lendemain à plus de 500 kilomètres", dénonce Sébastien Menesplier. "Il n'y a jamais eu d'incidents dangereux depuis la construction du parc nucléaire" grâce aux "prérogatives de sécurité, mais on ne gère plus les centrales comme avant, depuis l'ouverture du capital", s'inquiète-t-il.

EDF "fait le maximum pour contenter ses actionnaires", renchérit Michel Bender, de la CFDT-Cattenom (Moselle), selon lequel les salariés "pressés", se "donnent à fond mais n'obtiennent rien en retour" et "sont dégoûtés", avec une recrudescence de dépressions et d'arrêts maladies. La réquisition n'arrangera pas les choses: les salariés "vont y aller à contrecoeur", déplore-t-il.

Dernièrement, la tranche 1 de Cattenom --toujours arrêtée-- a subi des travaux de maintenance. "Une vérification devait être effectuée "dans les boîtes à eau de génération de vapeur" connectées au réacteur mais "avec la grève, la personne a fait ça depuis son bureau, juste en signant un papier", affirme le syndicaliste. "Nous avons averti l'Autorité de sûreté du nucléaire (ASN), nous l'avons signalé lors d'un CHSCT extraordinaire, mais l'ASN a avalisé" l'opération, déplore-t-il, dénonçant "un manquement à la qualité de la sûreté".

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4 - Impact de l’exploitation de l’uranium par AREVA au Niger et au Gabon
Observatoires de la Santé : Progrès réel ou écran de fumée ?
(Communiqué de presse - 18 juin 2009 CRIIRAD )

AREVA devrait annoncer demain la création d’Observatoires de la Santé autour des mines d’uranium exploitées par le groupe à travers le monde, à commencer par le Niger et le Gabon. La CRIIRAD pose plusieurs questions et émet de nombreuses réserves sur ce projet. Si Areva ne propose pas certaines garanties (inclusion de toutes les personnes concernées, prise en compte de toutes les pathologies incriminées, dispositifs d’indemnisation adaptés…) et ne prend pas en parallèle des dispositions pour réduire l’impact sanitaire et environnemental de ses activités, la mise en place de ces observatoires ne constituera pas un progrès réel.

La création d’Observatoires de la santé par Areva autour des mines d’uranium constitue-t-elle un progrès réel ou s’agit-il d’une nouvelle opération de communication ? La CRIIRAD appelle les travailleurs et les populations dont les intérêts sont censés être défendus par ces accords à ne pas se réjouir trop vite et souhaite attirer l’attention des citoyens et des medias sur plusieurs points :

1 / Le conflit d’intérêt

Les Observatoires de la Santé ont pour vocation d’étudier l’impact sanitaire des activités d’extraction de l’uranium par AREVA et ses filiales et d’’indemniser les personnes souffrant de pathologies induites par ces activités d’extraction.
Le fait que ces structures soient mises en place par l’industriel responsable des pollutions montre bien les carences des dispositifs de protection sanitaire et constitue en soi une anomalie fondamentale. Le conflit d’intérêts au sein des observatoires n’augure en effet rien de bon.

2 ./ AREVA est elle prête à donner aux victimes des garanties sérieuses de prise en charge ?

Pour juger de la qualité du dispositif, il faudra veiller en tout cas à ce que l’ensemble des personnes touchées soient prises en compte, que toutes les pathologies incriminées soient considérées et que l’entreprise reconnaisse effectivement un lien entre ses activités et les pathologies incriminées.

Personnes concernées

La première question est de savoir si les accords ne concernent que les salariés ou l’ensemble des populations riveraines des sites d’extraction. Dans bien des cas en effet, l’exposition des populations est loin d’être négligeable sur le plan sanitaire et les doses subies sont, pour certains sites, supérieures aux limites admissibles.

Liste des pathologies

AREVA est elle prête à prendre en compte toutes les pathologies susceptibles d’être imputables à la pollution chimique et radiologique induite par l’extraction de l’uranium ?
Bien souvent ne sont prises en compte que les pathologies listées au tableau N°6 des maladies professionnelles du Code de la Sécurité Sociale français. Or il s’agit d’une liste désuète datant de 1984 (cf. Annexe 1) et qui ne comporte que 3 types de cancers radio-induits. Les connaissances actuelles sur les effets des expositions chroniques à de faibles doses de rayonnement montrent que les atteintes à la santé concernent de nombreux types de cancers et l’ensemble des fonctions vitales. Il peut s’agir d’atteintes cardiovasculaires, de maladies rénales, d’affections neurologiques, etc. et pas seulement de cancer broncho-pulmonaire, de sarcome osseux ou de leucémie. Il faudra prendre en compte également les effets de synergie entre polluants chimiques et radioactifs.

Charge de la preuve

Le dispositif d’indemnisation proposé par AREVA sera-t-il orienté au bénéfice des malades ?

Si l’entreprise exige par exemple que les malades apportent la preuve d’un lien de causalité certain entre leur affection et les conditions de travail, il n’y aura pratiquement aucune chance pour que des personnes soient un jour indemnisées, en effet il n’y a que très rarement une signature spécifique des expositions aux faibles doses de radiation. Dans ce cas les malades joueraient d’avantage un rôle de cobayes, les Observatoires de la Santé permettant de compiler des données sanitaires sans réel bénéfice pour les malades.

D’autres questions devront bien entendu être posées à AREVA telles que : l’indemnisation des ayants droits des personnes décédées, la pérennité des dispositifs d’indemnisation, l’indépendance et la compétence des experts qui auront à statuer sur les différents cas, etc.

3 / AREVA est-elle prête à s’engager réellement à réduire l’impact de ses activités?

Pour la CRIIRAD, il est très important que les populations et les travailleurs rendus malades par des pratiques d’exploitation laxistes soient correctement indemnisés et soignés. Il faudra veiller à ce que ces soins soient prodigués aussi longtemps que les impacts seront effectifs. Il peut s’agir de plusieurs décennies voire centaines d’années après la fin de l’exploitation si les sites ne sont pas correctement réaménagés ce qui est malheureusement le cas pour les anciens sites d’AREVA en France ou au Gabon.
Il est essentiel en outre qu’AREVA s’engage à réduire l’impact environnemental et sanitaire de ses activités, c’est-à-dire s’engage à limiter les niveaux d’exposition aux radiations et aux polluants chimiques tant pour les travailleurs des sites d’extraction de l’uranium que pour les populations locales.

L’extraction de l’uranium est la première étape du cycle du combustible nucléaire et reste l’une des plus polluantes.

Les constats effectués par la CRIIRAD depuis décembre 2003 au Niger montrent qu’AREVA et ses filiales ont bien des progrès à faire en ce domaine. En parallèle à la création des Observatoires de la Santé, il est indispensable qu’AREVA prenne des engagements visant à réduire les impacts. Engagement, par exemple, à:

- Limiter les rejets de radon 222 un gaz radioactif cancérigène pour l’homme. Or des dizaines de bouches d’aération des mines souterraines rejettent ce gaz directement dans l’atmosphère à Akokan (Niger).

- Mettre en œuvre en urgence de dispositifs de protection des entreposages de résidus radioactifs (limitation des risques d’envol de poussières radioactives, limitation de l’érosion, etc.) et garantir le confinement pendant des milliers d’années des plus de 30 millions de tonnes de résidus radioactifs qui sont entreposés à l’air libre à Arlit et Akokan (Niger).

- Limiter les envols de poussières radioactives issues des mines et stockages à l’air libre des tas de minerai radioactif.

- Lancer une campagne de récupération des matériaux radioactifs issus des mines et des usines d’extraction de l’uranium qui ont été réutilisés pendant des décennies par la population (ferrailles contaminées, remblais radioactifs).

- Garantir l’accès à une eau non contaminée après la fin de l’exploitation. L’exploitation de l’uranium à Arlit et Akokan a conduit à soutirer plus de 270 millions de m3 dans une nappe fossile. La mise en exploitation du gisement d’Imouraren conduira au soutirage de 12 à 13 millions de m3 par an. AREVA reconnaît que la nappe souterraine sera asséchée à la fin de l’exploitation dans une quarantaine d’années. De plus l’exploitation nécessitera l’excavation de près de 4 milliards de tonnes de roches et produira des montagnes de déchets : stériles miniers amoncelés en verses de 40 mètres de haut sur 20 km2 et 245 millions de tonnes de déchets radioactifs à très longue période dont personne ne sait comment garantir le confinement.

- Limiter les impacts indirects liés à l’utilisation de charbon pour fournir l’énergie aux complexes d’extraction de l’uranium. En 2006, au Niger, 85 % de l’électricité commercialisée par la SONICHAR était achetée par SOMAÏR et COMINAK. La mise en exploitation des nouveaux gisements d’uranium va faire passer la consommation de charbon de 160 000 tonnes à 400 000 tonnes en 2011. La population de Tchirozérine, commune où sont implantées la mine de charbon et la centrale thermique se plaint de l’impact de la pollution atmosphérique et de la pollution des eaux.

NB : certains de ces points sont développés dans le rapport CRIIRAD N°08-02 de janvier 2008

4 / Réserves de la CRIIRAD sur les intentions d’AREVA

La CRIIRAD est d’autant plus réservée sur la création de ces observatoires de la Santé que :

A / AREVA continue de dissimuler l’impact dosimétrique et donc sanitaire réel de ses activités.

En voici 2 exemples :

- A Arlit et Akokan, les concentrations en uranium dans certains puits dépassent d’un facteur 10 les normes de l’Organisation Mondiale de la Santé. Ceci a été démontré par la CRIIRAD mais aussi par les laboratoires officiels (Algade et IRSN) commandités par AREVA pour faire des contrôles. Pourtant AREVA continue à déclarer dans son dossier de presse de 2009 : «Les analyses bactériologiques (mensuelles), radiologiques (semestrielles) et chimiques (annuelles) montrent l’absence de contamination». (cf. Annexe 2).

- Certains groupes de population autour des mines d’AREVA au Niger subissent des doses de radiation supérieures à la dose maximale annuelle admissible de 1 milliSievert. Ce constat émane de l’IRSN, Institut de radioprotection officiel français (cf. Annexe 3). Les doses limites sont dépassées alors que le calcul de l’IRSN est basé en grande partie sur les propres mesures d’AREVA et que certaines voies d’exposition sont négligées (l’inhalation des poussières radioactives, l’irradiation par les ferrailles ou les stériles radioactifs réutilisés, etc..). Pourtant AREVA continue à déclarer dans son dossier de presse de 2009 que « la limite (de dose) est respectée autour des mines et dans les villes voisines d’Arlit et d’Akokan » (cf. Annexe 4).

En préalable à toute « négociation » avec AREVA, la CRIIRAD estime que les ONG devraient exiger de l’entreprise qu’elle commence par reconnaître la réalité des pollutions qu’elle génère.

B / Alors qu’elle diffuse abondamment des documents publicitaires, AREVA refuse de communiquer les informations factuelles sur l’impact radiologique de ses activités.
En voici 2 exemples :

- En Mai 2007 la CRIIRAD a adressé un courrier à Mme Anne Lauvergeon, présidente du groupe AREVA l’informant de la découverte de stériles radioactifs au Niger devant l’hôpital de la COMINAK (niveau de radiation 100 fois supérieur à la normale) et lui demandant un inventaire des autres lieux contaminés par ce type de déchets à Arlit et Akokan. Les déchets auraient bien été enlevés devant l’hôpital d’AKOKAN (plus de 8 mois après le courrier de la CRIIRAD) mais Mme Lauvergeon n’a jamais transmis à la CRIIRAD les documents demandés (cf. Annexe 5).

- De la même manière, AREVA et sa filiale la COMUF n’ont jamais transmis à la CRIIRAD les documents décrivant la situation radiologique autour des anciennes mines de Mounana (Gabon) demandés en mars 2007 (cf. Annexe 6). La transmission de ces documents a été refusée également par les autorités Gabonaises. Cette attitude est d’autant plus choquante que les mesures préliminaires effectuées en octobre 2007 par un correspondant local avec du matériel prêté par la CRIIRAD révélaient de fortes contaminations résiduelles

ANNEXES : Pour consulter les annexes de ce communiqué de presse (format PDF) cliquez sur le lien suivant http://www.criirad.org/actualites/dossiers-08/niger-areva/annexes.pdf

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5 - Stockages souterrains de déchets nucléaires, le calendrier se précise Actu Environnement - 16.06.09 - Camille Saïsset

La France s'engage dans la construction d'un nouveau réacteur et en envisage un autre. Cependant, le problème des déchets nucléaires à vie longue reste sans solution. Pourtant, un calendrier existe. L'opposition de la population, aussi.

Avant l'été, le Ministère en charge du Développement Durable va désigner deux ou trois sites pour une investigation approfondie en vue d'un stockage souterrain de déchets nucléaires FAVL (Faible Activité à Vie Longue), avec un retard de six mois par rapport au calendrier initial. Cette décision va clore l'appel lancé par l'Andra il y a un an pour trouver des communes candidates à l'implantation d'un site de stockage FAVL parmi 3.115 identifiées sur critères géologiques.

L'objectif est surtout de trouver au plus vite une solution pour les déchets graphite venant des premiers réacteurs construits en France : les réacteurs graphite-gaz. Mais sur le terrain, les populations ne l'entendent pas de la même façon. Les communes n'avaient qu'à répondre à une lettre du préfet pour se porter candidates. Du coup, nombre d'entre elles ont dû revenir sur leur décision, faute d'avoir concerté leurs populations ou encore leurs intercommunalités.

Fin avril, constatant que les candidatures se trouvaient toutes en Champagne-Ardenne et en Lorraine, les deux Conseils de ces Régions ont exprimé officiellement leur opposition à tout nouveau projet de stockage de déchets nucléaires. Le lobby du Champagne a suivi dans la foulée, alors qu'il s'était montré plutôt discret jusqu'à présent. Ces régions assument déjà la présence dans l'Aube des sites de stockages « en surface » de déchets radioactifs FMAVC (Faible et Moyenne Activité à Vie Courte) à Soulaines-Dhuys et TFA (Très Faible Activité) dans la commune voisine de Morvilliers (10).

Déchets HA MA-VL : encore des recherches

Le laboratoire de Bure (55) pour l'étude d'un stockage en couche géologique profonde des déchets HA MA-VL (Haute Activité et Moyenne Activité à Vie Longue) est implanté à une cinquantaine de kilomètres de là à vol d'oiseau, dans le sud de la Meuse à la frontière avec la Haute-Marne. Depuis son autorisation d'implantation il y a dix ans, il est le seul laboratoire dont dispose l'Andra pour piloter un programme de recherches sur le stockage géologique des déchets HA MA-VL. La première loi relative aux déchets nucléaires de 1991 - dite loi Bataille, du nom du député - en prévoyait deux.

Les déchets HA MA-VL sont issus du retraitement des assemblages de combustibles usés en sortie des réacteurs à eau pressurisée. Ils représentent un faible volume mais une très grande radioactivité et un coût de gestion phénoménal : 70.000 €/m3 pour les MA-VL et 1 M €/m3 pour les HA, selon le CEA.

La loi du 29 juin 2006 a établi le stockage réversible dans une couche géologique comme unique solution retenue pour la gestion de ces déchets. En parallèle, l'Andra doit s'assurer que les capacités d'entreposage des colis de déchets en attente de stockage se mettent en œuvre et que le conditionnement des déchets soit concordant avec le concept de stockage.

Fin 2005/début 2006, la faisabilité du stockage souterrain des HA MA-VL dans la couche géologique d'argile située à 500 mètres sous le sol de Bure a été actée. Depuis lors, la zone d'expérimentation s'est déployée sur 250 km2 autour de Bure. Sur cette étendue, la couche géologique d'argile présente les mêmes caractéristiques que dans le sous-sol de Bure, indique l'Andra.

Stockage des HA MA-VL : de Bure à Bonnet ?

Maintenant, l'Andra passe à l'étape suivante. Un décret l'oblige à transmettre au Gouvernement dès la fin de l'année une proposition de zone d'intérêt restreinte pour l'étude du stockage des HA MA-VL. Ainsi, ces dernières semaines, elle a informé les élus des trois intercommunalités situées dans le périmètre de proximité de 10 km autour de Bure, de quatre Zones d'Intérêt identifiées pour une Reconnaissance Approfondie (ZIRA) de 30 km2 chacune. Deux à trois « descenderies » inclinées d'environ cinq kilomètres serviront à passer des installations de surface aux installations géologiques. Cinq, c'est aussi le nombre d'années estimé pour la construction d'une descenderie. Cette réalité rappelle qu'un tel projet est aussi un immense chantier de construction. Elle ne laisse oublier l'accident mortel d'Eric Joly en 2002 sur le chantier du laboratoire de Bure, suite à quoi seul Bouygues TP a été condamné pour homicide involontaire.

Le 22 juin prochain, l'Andra va inaugurer un centre technologique centré sur les activités d'exploitation du stockage profond à côté du laboratoire de Bure. D'ici là, chacune des trois Communautés de Communes du périmètre de proximité du laboratoire de Bure est invitée à formuler ses choix de ZIRA. Sont en jeu l'implantation des installations de surface en amont des descenderies et la taxe professionnelle attenante, mais aussi l'emplacement du stockage éventuel de déchets HA MA-VL.

La carte des ZIRA permet d'ailleurs de distinguer une zone forestière « idéale » de 15 km2 à environ cinq kilomètres du laboratoire de Bure. Plus de 60 % de cette zone couvre la commune de Bonnet, là où se trouve un captage d'eau potable protégé. Or c'est justement dans la forêt communale de Bonnet qu'ont été découvertes huit bornes d'études de la faune et de la flore. Ces bornes ont été déposées par l'Andra ou son mandataire l'INRA sans que ni le maire ni ses adjoints n'aient été informés. Elles font partie de l'Observatoire pérenne de l'environnement qui vient compléter le laboratoire de Bure ; l'idée étant d'avoir ici une « très grande infrastructure de recherche ».

Trois ans de retard dans la concertation

Le calendrier des stockages souterrains de déchets nucléaires à Vie Longue est inscrit dans le Plan National de Gestion des Matières et des Déchets Radioactifs (PNGMDR) créé par la loi du 29 juin 2006. Dans son dernier rapport, la Commission Nationale d'Evaluation (CNE) des recherches et études relatives à la gestion des matières et déchets radioactifs souligne que le calendrier prévisionnel de l'Andra paraît extrêmement tendu, tant pour le stockage des déchets radifères et graphites [FAVL] que pour celui des déchets HAVL.

Sans site pour les déchets graphite, il est difficile d'engager véritablement le démantèlement des neuf réacteurs graphite-gaz... Cependant, le Gouvernement a récemment décidé de décaler à 2019 l'ouverture du stockage des FAVL prévu en 2013. Et l'Andra s'est engagée à saisir la Commission Nationale du Débat Public (CNDP) avant même le choix définitif du site, ce qui est en contradiction avec le Code de l'environnement.

Pourtant, pour le stockage géologique des déchets HA MA-VL, il n'en est rien. Le calendrier reste tel quel : autorisation de création du stockage en 2015 pour une mise en service en 2025. Et d'ici là, en 2013, un débat public. Or la concertation de la population a déjà trois ans de retard sur le calendrier. Le Comité Local d'Information et de Suivi du laboratoire de Bure (Clis) créé en 1991 a été reconduit après l'adoption de la loi du 29 juin 2006. Il a fallu attendre un an et demi pour sa mise en place. Et pendant un an, il a fonctionné à huit clos, en l'absence de la presse, et sans ses membres opposés à l'enfouissement des déchets nucléaires. Ces derniers n'ont pas accepté un Clis présidé par le député Christian Bataille, qu'ils considèrent largement responsable du fait que le projet de stockage souterrain des déchets HA MA-VL se focalise sur Bure.

Récemment, ce président a démissionné. Le Clis n'a plus qu'un vice-président. Mais déjà, il ouvre son Assemblée Générale du 29 juin prochain. Hasard du calendrier ou cadeau d'anniversaire pour les dix ans du laboratoire de Bure ? La veille, les habitants des trois intercommunalités proches de Bure y sont invités à descendre dans un puit vertical jusqu'à 500 mètres de profondeur pour y découvrir les galeries d'expérimentation. En sortie, ils auront peut-être perdu le nord. Gageons qu'ils sauront se retrouver pour la fête cantonale à Bonnet, comme de nombreux pèlerins qui, par le passé, y venaient avec l'espoir de recouvrer la raison auprès de Saint Florentin.

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6 - L'emprunt EDF ne servira pas à rénover les lignes électriques (AFP - 17.06.09)

L'emprunt obligataire d'EDF lancé mercredi ne servira pas à rénover le réseau de lignes électriques, contrairement aux affirmations du PDG du groupe, ont indiqué à l'AFP la Commission de régulation de l'Energie (CRE) et le Réseau de transport d'électricité (RTE). "C'est exclusivement le Turpe (tarif d'utilisation des réseaux publics d'électricité) qui finance les investissements sur les réseaux de transport et de distribution" d'électricité, a rappelé mardi la CRE, l'autorité de régulation du secteur de l'énergie.

Le gestionnaire des lignes à haute tension, RTE, a aussi confirmé que ses recettes dépendaient du Turpe et non de la capacité de financement du groupe EDF. Interrogé sur RMC Info mercredi matin, Pierre Gadonneix avait pourtant indiqué que l'emprunt lancé par son groupe servirait à "investir en France" notamment "pour moderniser nos infrastructures, c'est-à-dire les lignes de transport de courant à haute tension, à basse tension, le réseau".

Avec l'ouverture des marchés énergétiques à la concurrence, les gestionnaires de réseau d'électricité, comme RTE (lignes haute tension) et ERDF (basse et moyenne tension), ont obtenu une indépendance opérationnelle vis-à-vis de leur maison-mère EDF. Ils sont financés directement par les consommateurs, via le tarif d'acheminement d'électricité qui représente la moitié environ de la facture finale du consommateur résidentiel.

Ce tarif, le Turpe, devrait augmenter de 10% environ sur les quatre prochaines années, afin de financer la rénovation des lignes électriques françaises, victimes de coupures croissantes ces dernières années.

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7 - Le réacteur de fusion nucléaire Iter va coûter deux fois plus que prévu (France-Info - 15 juin 2009 - A la Une de l'Eco)

Le réacteur de fusion nucléaire Iter, qui va être construit à Cadarache, devrait coûter plus de 10 milliards d’euros, soit deux fois plus que prévu. Les sept pays qui financent le projet devront valider la rallonge demain lors d’un conseil qui a lieu au Japon. C’est ce que révèlent “ Les Echos ”.

Jean-Marc Vittori, d’où vient ce surcoût ?

Jean-Marc Vittori (Les Echos) : Iter est un beau projet. Les physiciens veulent fabriquer un soleil sur terre pour produire de l’énergie non polluante dans la seconde moitié du siècle, à partir de deux isotopes de l’hydrogène. Beau, mais compliqué. Il faut pouvoir baigner le carburant à plus de 100 millions de degrés et contrôler le mouvement à la perfection. Ca coûte très cher. D’autant plus que pour des raisons techniques, il va falloir faire plus gros que prévu au départ. Les matériaux comme le titane ont beaucoup renchéri. Et il faut des pièces très particulières, comme par exemple 10.000 tonnes d’aciers refroidis à moins 269 degrés pour forger les structures mécaniques du réacteur.

Les pays participants vont-ils payer la facture ?

Jean-Marc Vittori (Les Echos) : C’est vrai que dans le contexte actuel de crise, certains participants risquent de renâcler. Il faudra donc peut-être redistribuer les cartes. Mais les grands projets coûtent toujours très cher. Ce fut le cas pour le tunnel sous la Manche, l’Airbus A380 ou le nouveau réacteur EPR d’Areva. Les experts parlent même du “ facteur pi ”, car ces immenses chantiers reviennent souvent plus de trois fois plus cher que prévu.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : bien entendu, il s'agit d'une (incroyable) erreur de l'AFP qui confond allègrement la Corée du Sud et la Corée du Nord, ce qui est très croustillant dans le contexte géopolitique actuel..

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8 - Une firme nord-coréenne entre au capital de l'usine Georges Besse II (AFP - 15.06.09 )

La firme nord-coréenne Korea Hydro & Nuclear Power (KHNP) a signé un accord en vue de prendre une participation de 2,5% dans la future usine d'enrichissement d'uranium d'Areva, Georges Besse II, dans le sud de la France, a annoncé lundi le groupe nucléaire Areva. Le montant de cette prise de participation n'a pas été précisé.

KHNP compte parmi les quatre premiers producteurs mondiaux d'énergie nucléaire et exploite déjà un réseau de 20 réacteurs qui satisfont 40% des besoins en électricité de la Corée, fait valoir Areva dans un communiqué. Le groupe nucléaire indique se réjouir de cette prise de participation qui fait suite à celles signées avec GDF Suez en juin 2008 (5%) et avec les sociétés japonaises Kansai et Sojitz (2,5%) en mars 2009, et qui "traduit l'intérêt des clients d'Areva pour ce projet majeur et leur souhait de sécuriser leurs approvisionnements en uranium enrichi".

En mars, Areva avait indiqué qu'il souhaitait ouvrir le capital de la Société d'Enrichissement du Tricastin, exploitant de Georges Besse II, "jusqu'à environ 20%". Le 18 mai 2009, le Premier ministre, François Fillon, et la présidente du directoire d'Areva Anne Lauvergeon ont inauguré la première cascade de centrifugeuses de l'usine Georges Besse II, située sur le site du Tricastin (Drôme et Vaucluse), dont la première production d'uranium enrichi est attendue dès cette année, rappelle Areva.

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9 - Distribution des pastilles d'iode autour des centrales : une plaisanterie selon le Réseau "Sortir du nucléaire"

Des questions fondamentales restent sans réponse

A partir de ce lundi 15 juin 2009, une campagne de distribution de pastilles d'iode autour des centrales nucléaires est organisée par les autorités françaises et EDF (http://www.distribution-iode.com). Pour le Réseau "Sortir du nucléaire", ces distributions, de même que les simulations d'accident nucléaire organisées de temps à autre autour des centrales, sont de véritables plaisanteries. De toute évidence, l'objectif réel des autorités est de faire accepter à la population l'éventualité pourtant intolérable d'une catastrophe nucléaire.

En cas d'accident nucléaire, les pastilles d'iode ne sauveront personne : un nuage de type Tchernobyl comprend des dizaines d'éléments radioactifs, et pas seulement de l'iode. Or, il n'existe pas de pastilles contre les autres éléments.

Avec ces distributions et autres exercices ridicules, les autorités avouent néanmoins que le pire est possible et que peut survenir un drame équivalent à Tchernobyl. Mais les autorités n'apportent pas de réponses à des questions pourtant fondamentales :

- En cas de drame nucléaire, que faire des habitants de la région concernée ? Comment évacuer des centaines de milliers de personnes ? Où les évacuer ? Pour combien de temps ?

- Le périmètre de quelques kilomètres concerné par les exercices officiels et les distributions de pastilles d'iode est proprement ridicule : le nuage radioactif de Tchernobyl a touché toute l'Europe !

- à Tchernobyl, 800 000 liquidateurs se sont sacrifiés pour stopper la catastrophe. Qui ira si une catastrophe nucléaire se produit en France ?

Plus de 23 ans après la catastrophe de Tchernobyl, des zones entières sont évacuées pour des siècles, et des millions de personnes vivent toujours dans des zones contaminées, où la situation continue de s'aggraver : nourriture contaminée par le Césium, des milliers d'enfants touchés par des maladies de personnes âgées (cœur, foie, rhumatismes, etc.)…

Le nucléaire est un risque incomparable à tous les autres. La seule façon de se protéger contre ce risque est de fermer au plus vite toutes les installations nucléaires, militaires ou civiles, et non d'organiser de dérisoires exercices et des distributions de pastilles qui ne sauveront personne en situation réelle.

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10 - "Sortir du nucléaire" diffuse quatre contre-publicités et déconseille très vivement de souscrire à l'emprunt EDF

- EDF est lourdement endettée après des investissements insensés en Grande-Bretagne et aux USA

- EDF demande l'argent des Français pour construire des réacteurs nucléaires… en Grande-Bretagne

- Le parc nucléaire français et le chantier du réacteur EPR plombent aussi les finances d'EDF

EDF lance mercredi 17 juin un "grand emprunt obligataire", appuyé par une forte campagne de communication. Le Réseau "Sortir du nucléaire" diffuse quatre "contre-publicités", alerte les citoyens sur le fait qu'il s'agit d'un investissement à risque et, de fait, déconseille très vivement d'y souscrire. Cette opération est une tentative de renflouement d'EDF, qui est menacée d'un crash industriel et financier comparable ou même pire que celui d'Airbus en 2006. En effet, EDF est très lourdement endettée pour diverses raisons :

EDF a racheté British energy fin 2008 au prix fort, environ 15 milliards d'euros. Depuis, la valeur de l'entreprise britannique s'est effondrée avec la crise financière mondiale. De plus, cet investissement insensé a été fait le but de construire des réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne : pour mener à bien ce projet, EDF doit à nouveau dépenser de lourdes sommes et, pas plus tard qu'hier, a demandé des aides publiques au gouvernement britannique. Or, ce dernier a très clairement affirmé qu'il n'y aurait pas d'aides publiques pour les projets nucléaires.

Par ailleurs, toujours fin 2008, EDF a racheté (pour 5 milliards d'euros) 50% des activités nucléaires de l'électricien américain Constellation, dans le but de construire des réacteurs EPR. Or, l'EPR n'est pas certifié aux USA et ne le sera certainement jamais car il n'est pas conçu pour résister au crash d'un avion de ligne. (*). Il s'agit donc d'un investissement insensé qui va se révéler parfaitement inutile. Qui plus est, le 23 avril 2009, l'électricien américain Ameren a annulé le projet de construction d'un réacteur EPR dans le Missouri : en l'absence de fortes aides publiques, l'électricité nucléaire est tout simplement trop chère à produire. Il ne s'agit certainement que de la première annulation d'une longue série.

D'autres part, EDF est aussi en grande difficulté concernant le nucléaire français :

- le taux de disponibilité du parc nucléaire est tombé en 2008 en dessous de 80% (cela signifie que chaque réacteur est arrêté en moyenne un jour sur cinq !) ce qui coûte de lourdes sommes à EDF dont les réacteurs sont en mauvais état et se dégradent rapidement.

- le chantier du réacteur EPR, dirigé par EDF à Flamanville (Manche) accumule les déconvenues, malfaçons, retards, surcoûts. Il semble inévitable que ce chantier soit à l'arrivée aussi catastrophique que celui d'Areva en Finlande, qui compte déjà 38 mois de retard et 2,5 milliards d'euros de surcoût. La facture finale sera de toute évidence très lourde pour EDF

EDF est donc très sévèrement endettée et son avenir peut se révéler très sombre. En 2008, son action à la bourse de Paris est passée de 80 à 40 euros. Lorsque la vérité sur l'état de ses finances apparaîtra, le destin d'EDF ressemblera peut être à celui d'Airbus voire même à celui d'Eurotunnel. Le Réseau "Sortir du nucléaire" déconseille donc vivement aux citoyens d'investir dans l'emprunt EDF : pour ne pas financer l'industrie nucléaire... mais aussi pour ne pas risquer de perdre leurs économies.

(*) http://www.nrc.gov/reactors/new-reactors/design-cert/epr/review-schedule.html

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11 - Grève dans le nucléaire : EDF brandit le risque de délestages (Les Echos - 15/06/09 )

Face au mouvement de grève qui affecte ses centrales, l'électricien public brandit le risque « à très court terme » de coupures de courant dans certaines régions pour éviter un black-out. Les syndicats hésitent à suspendre le mouvement.

EDF sort l'artillerie lourde. Face à un conflit social coûteux et dont il perd le contrôle, l'électricien public brandit le risque de délestages « à très court terme » en cas de prolongation de la grève dans ses centrales nucléaires. Un délestage correspond à des coupures de courant dans certaines régions pour éviter un black-out total. C'est l'ultime recours, qui intervient lorsque l'offre de production ne suffit pas à répondre à la demande d'électricité et quand les possibilités d'achat de courant sur le marché de gros ou d'effacement de clients sont épuisées.

Le groupe évoque ce risque de déséquilibre du système électrique dans une « sommation interpellative » adressée mercredi par huissiers à la CGT et FO. Si les organisations syndicales ne suspendent pas le mouvement, elles sont menacées d'être assignées en justice et de devoir répondre du préjudice causé par les éventuels délestages. Cette démarche rarissime témoigne de la tension qui règne entre la direction et les salariés malgré la signature d'un accord salarial le 25 mai. Cet accord porte sur les augmentations individuelles, mais les grévistes exigent des mesures collectives.

Un conflit peu maîtrisé. « Nous maintenons notre préavis de grève qui couvre le mouvement en cours dans les centrales », déclare Max Royer, secrétaire général de FO-énergie. La poursuite du mouvement sera débattue avec les salariés lors des assemblées générales qui auront lieu aujourd'hui. « Nous allons décider en début de semaine de la suite à donner », indique Marie-Claire Cailletaud, de la CGT. Les syndicats ne veulent pas perdre la face, mais annuler leur préavis pourrait aussi être un moyen de sortir d'un conflit qu'ils ne maîtrisent eux non plus pas complètement, selon un expert.

La stratégie des grévistes consiste à débrayer lors des arrêts de tranche, programmés de longue date pour effectuer des rechargements de combustibles et des travaux de maintenance. Ce qui prolonge d'autant ces arrêts. La semaine dernière, 7 centrales étaient ainsi bloquées. Selon une porte-parole, EDF craint que tout cela ne perturbe la disponibilité des centrales durant l'été. Or il s'agit une saison durant laquelle la production nucléaire est limitée par des exigences environnementales et la consommation peut augmenter avec l'usage des climatisations.

Le gestionnaire du réseau de transport d'électricité RTE est toutefois serein pour l'équilibre du réseau. Dans son analyse de l'équilibre entre l'offre et la demande, publiée le 8 juin, il estime que, « pour l'été 2009, la production disponible en France devrait suffire à couvrir la consommation d'électricité, sauf en cas d'épisode caniculaire marqué ». Pour le syndicat SUD-énergie, « EDF agite l'épouvantail de la sécurité pour remettre en cause le droit de grève, alors que les conséquences de ce mouvement ne sont, jusqu'à preuve du contraire, que d'ordre économique. »

Le groupe ne veut pas chiffrer le coût de la grève avant la publication de ses comptes semestriels, le 30 juillet, mais des sources internes évoquent un chiffre allant jusqu'à 250 millions d'euros.

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12 - Comment faire taire les militants (http://www.politis.fr/article7307.html)

La ministre de l'Intérieur, sur suggestion de l'Élysée et de quelques parlementaires, pré¬pare en secret un arrêté fondé sur un projet de loi signé du Premier ministre et du ministre de la Défense, prêt depuis le mois d'octobre 2008. Il s'agit de la loi 1216 de programma¬tion militaire pour 2009-2014 : un texte plutôt banal s'il ne prévoyait, dans son article 5, de réorganiser et de redéfinir tout ce qui touche à la sécurité intérieure. Ce qui, une fois la loi votée, autorisera la publication d'un ou plusieurs décrets permettant de poursuivre notamment les mili¬tants écologistes et associatifs lorsque, par leurs actions, écrits ou propos, ils mettront en cause« les intérêts de l'État ».

Dans ces « intérêts » seraient notamment inclus ce qui concerne les centrales, les transports nucléaires et le stockage des déchets, mais aussi ce qui touche aux installations indus¬trielles et aux stockages classés « Seveso », qu'il s'agisse d'usines mani¬pulant des substances dangereuses ou d'aires abritant des cuves de produits chimiques. Ce texte aurait aussi comme conséquence d'aggraver les peines encourues par les faucheurs d'OGM, car il permettrait de pour¬suivre les individus et les associations mettant en cause les intérêts écono¬miques stratégiques de la France.

Dans l'exposé des motifs de la loi, on trouve en effet ce paragraphe: « Les attributions, déjà codifiées, des mi¬nistres de la Défense, de l'Intérieur, des Affaires étrangères, de l'Écono¬mie et du Budget sont redéfinies en fonction des différentes politiques qui entrent dans leur champ de compé¬tence et concourent à la stratégie de sécurité nationale. Au-delà de ces modifications, et dans le prolonge¬ment des orientations du Livre blanc, des attributions particulières en matière de sécurité nationale du mi¬nistre de la justice et des ministres chargés de la Santé, de l'Environne¬ment, des Transports, de l'Énergie et de l'Industrie sont codifiées. »

Au nom de la sécurité nationale, le décret en préparation permettrait donc de placer sous la protection de cette dernière toutes les actions et informations liées, par exemple, à l'environnement et aux infrastruc¬tures contestées par les associations de protecteurs de la nature et les organisations écologistes. De la même façon, tout ce qui concerne le changement climatique pourra entrer dans les informations classi¬fiées interdites de divulgation. Clas¬sification qui, d'une part, sera bien entendu à la discrétion souveraine du gouvernement en place et qui, d'autre part, sera opposable à la fois aux militants, aux associations et aux juges d'instruction. S'ils existent encore. Les écolos ne sont bien sûr pas les seuls visés: ce texte à tout faire per¬mettrait de poursuivre tous les agis¬sements
« déviants ».

II deviendrait donc plus difficile d'exercer une contestation écolo¬gique. Ce dispositif pourrait être complété dès l'automne par une cir¬culaire ou un décret - ce n'est pas encore décidé - qui compliquerait la tâche des citoyens et des asso¬ciations de protection de la nature voulant attaquer des décisions de l'État et des collectivités territoriales devant les tribunaux administratifs. Les élus se disent lassés des remises en cause de permis de construire ou des tracés de routes. Depuis plu¬sieurs années, les associations de maires demandent au gouverne¬ment une restriction de la contes¬tation « administrative » pour abus de pouvoir et non-respect des règles d'enquête publiques. En oubliant de rappeler que le recours aux tri¬bunaux administratifs est souvent la seule arme des écologistes et des associations de protection de la nature.

Entre les possibilités de criminali¬sation de la contestation écologique et les restrictions aux recours admi¬nistratifs, si ces deux réformes entrent en vigueur, l'écologie devrait peu à peu cesser de gêner le pouvoir. Pour l'instant, il est encore, au moins, possible de l'écrire sans encourir le risque d'être poursuivi... pour outrage au gouvernement.

Claude-Marie Vadrot

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13 - Flamanville : Vol de la stèle "aux irradiés inconnus" (Crilan - Communiqué du 12 juin 2009)

Le 26 avril 2009, le Collectif régional “l'EPR, Non merci, ni ailleurs, ni ici”, lors du “ Tchernobyl Day” érigeait une stèle aux irradiés inconnus, d'ici et d'ailleurs, sur un terrain privé, le long de la route du grand port de Diélette, face à l'école de voile, à 800 mètres du chantier de l'EPR.

Ce monument de granit, pesant plus d'une centaine de Kilos, a été arraché avec son socle de béton et volé, certainement dans la nuit du 10 au 11 juin dernier.

Une plainte a été déposée par le propriétaire du terrain. Nous ne doutons pas que la gendarmerie des Pieux aura à coeur de retrouver les auteurs ou/et les commanditaires de cet acte lamentable et irrespectueux envers des victimes, touchées, ici et ailleurs, dans leur chair.

La saison estivale arrivant, ces courageux auteurs anonymes n'ont sans doute pu supporter ce témoignage symbolique qui aurait pu interroger : au pays du nucléaire, c'est bien connu, silence ! On contamine... Mais qu'ils ne se fassent aucune illusion : d'autres monuments se construiront, d'autres manifestations auront lieu, ici et ailleurs, comme à Penly, le 28 juin prochain.

Pendant cette période estivale, à partir du 6 juillet, Le local “Point Information” du collectif régional sera à nouveau ouvert au 23 rue du Bec à Diélette à 1 km du belvédère de la centrale.

Didier ANGER
Président du CRILAN,
Administrateur du Réseau Sortir du Nucléaire

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14 - Cancer : le mot qui fâche (Agoravox - 13 juin 2009 - par Olivier Cabanel)

Cette terrible maladie est responsable de la mort d’un français sur trois, d’une française sur quatre, et grève lourdement les comptes de la sécurité sociale. Il y a même un quasi tabou au sujet du cancer, puisque lorsqu’une personne en meurt, on préfère ne pas le nommer, évoquant seulement « les suites d’une longue maladie ». i l’on fait froidement le calcul, pour 700 000 français qui meurent chaque année, cela fait plus de 200 000 qui meurent des suites d’un cancer. ’autant que certaines sources affirment que ce chiffre est sous-estimé.

Or le traitement d’un cancer coûte entre 3000 et 6000 euros par mois. Cela représente chaque année plus de dix milliards d’euros dépensés pour soigner le cancer. ien sur la recherche avance, puisque le 17 juin 2008 trois directeurs de recherche du CNRS (Hovanessian, Briand, et Courty) ont démontré l’efficacité d’une molécule dénommée HB19 dans le traitement du cancer. Mais ne faudrait-il pas surtout lutter en amont, puisque nous connaissons en grande partie les agents responsables de cette maladie.

Les cancers, comme chacun sait, sont des maladies des gènes. Outre les virus oncogènes, et les cancers héréditaires, assez rares, les agents dits mutagènes en sont les principaux. S’il faut en croire l’OMS, le tabac dénoncé sur les paquets de cigarette est peut-être plus innocent que les adjuvants qu’il comprend. L’OMS (organisation mondiale de la santé) évoque l’important pourcentage de produits ajoutés au tabac, et tout semble montrer que ce sont eux les vrais agents cancérigènes.

Dans un document récent (Tobacco Atlas), l’OMS a démontré que le poids des feuilles de tabac (calculé en livres) pour mille cigarettes est passé de 2,3 à moins de 1. Dans tous les produits ajoutés, il y a même du Polonium (produit radioactif), et beaucoup d’autres produits cancérigènes. Les pesticidessont a leur tour montrés du doigt : la FAL (fondation américaine contre le Lymphone) a dénombré 75 études épidémiologiques qui ont prouvé le lien entre l’exposition aux pesticides et le cancer. En France un couple courageux, Catherine et Dominique Marchal ont obtenu une décision qui est sans appel : le tribunal d’Epinal à conclu le 18 septembre 2006 à l’implication des pesticides dans le cancer.

Le nucléaire est sur la sellette, bien sur. La dose annuelle maximale admise pour les personnes directement exposées au risque nucléaire est de 50 millisieverts. Jusqu’à présent on pensait qu’il fallait atteindre au moins 4 fois cette dose pour constater un effet nocif. L’enquête épidémiologique menée entre 1950 et 1990 par la fondation américano-japonaise RERF (radiations effects research foundation) a publié dans la revue Radiation Research en juin 1996 un rapport qui prouve que même à 50 millisieverts le risque de cancer est accru.

L’étude appelée « risque des radiations et éthique »réalisée en septembre 1999 par Zbigniew Jaworowski confirme cela, et va même au delà, en évoquant le chiffre d’une irradiation de 2,2 millisiverts par an qui d’après lui pourrait être responsable de 5 événements dommageables à l’ADN par cellule et par an.

Arrêter le nucléaire est une solution radicale refusée par le gouvernement et qui a un prix. Dans les milieux autorisés on affirme que les lignes budgétaires sont prêtes à cette éventualité, ou du moins à démanteler les centrales vieillissantes. Le ministère de l’industrie indique que la provision s’élève pour les 58 réacteurs à un peu plus de 13 milliards d’euros. Or, le coût du seul démantèlement de l’usine d’extraction du plutonium de Marcoule est estimé à près de 6 milliards d’euros.

Les ONG rassemblées au sein du réseau « sortir du nucléaire » reprochent à EDF d’avoir largement sous estimé le coût du démantèlement, ce que les chiffres semblent confirmer. Dans un reportage passé sur « la trois » début mai, le chiffre de 2000 milliards a été évoqué pour le démantèlement de tout le parc nucléaire européen.

A titre d’exemple, la Grande Bretagne prévoit 103 milliards d’euros pour le démantèlement de son parc, lequel est bien moins important que celui de la France. En effet l’Europe compte 146 réacteurs, dont plus du tiers sont en France. Une simple règle de trois permet donc de chiffrer à 800 milliards le démantèlement de tous les réacteurs Français. On voit donc qu’avec la minuscule provision constituée par EDF (13 milliards), le compte n’est pas bon.

Car comme disait un vieil ami africain : « le singe ne voit pas la bosse qu’il a sur le front»

Information relayée par le Réseau Sortir du nucléaire, Fédération de 800 associations http://www.sortirdunucleaire.org
Consultez l’Agenda des actions organisées partout en France sur : http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?rubrique1

http://www.stop-epr.org

22 juin 2009
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