Enerpresse - 20 mai 2009
Exelon pourrait réduire ses commandes de réacteurs
nucléaires
Le moral nest plus au beau fixe chez les électriciens américains. Le 15 mai, lors
dune conférence à Washington le p-dg dExelon, a confirmé que le groupe
allait retarder, voire annuler, les commandes pour deux ABWR (GE Hitachi) quil
entendait construire au Texas. John Rowe a par ailleurs rappelé que sans garantie du DOE,
il serait très difficile pour Exelon de financer la construction de ces deux tranches.
Selon Platts, quatre compagnies ont officiellement demandé au DOE de leur apporter des
garanties financières : Southern Nuclear Operating Co (pour deux AP1000 à Vogtle), South
Carolina Electric & Gas (pour deux AP 1000 à Summer), NRG Energy (pour deux ABWR à
South Texas Project) et Constellation (pour un EPR à Calvert Cliffs).
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USA : l'électricien AmerenUE renonce à construire un
réacteur EPR
AFP - 23 avril 2009 - WASHINGTON - Le producteur américain d'électricité AmerenUE, qui
avait retenu la technologie EPR du groupe français Areva, a renoncé provisoirement jeudi
au projet de construction d'un nouveau réacteur nucléaire, en raison d'une loi le
rendant financièrement "impossible".
La société a expliqué qu'un texte de loi en débat au Parlement de l'Etat du Missouri
(centre des Etats-Unis) supprimait la possibilité de faire supporter aux abonnés le
coût de la construction d'une centrale, ce qui remet en cause le financement du projet
prévu dans cet Etat.
"Une grande usine serait difficile à financer même dans les meilleures conditions,
mais avec les marchés du crédit resserrés d'aujourd'hui, sans le soutien des
responsables de la politique énergétique de l'Etat, nous pensons qu'obtenir un soutien
financier pour ce type de projet est impossible", a expliqué le directeur général
d'AmerenUE Thomas Voss dans un communiqué.
--------EDF veut le soutien financier du Royaume-Uni pour
contruire des réacteurs nucléaires
Dow Jones - 26/05/2009 - De nouvelles centrales nucléaires ne pourront être construites
au Royaume-Uni que si le gouvernement apporte son soutien financier au secteur, a
déclaré au Financial Times Vincent de Rivaz, le directeur général de la filiale
britannique d'Electricité de France.
Ces derniers mois, le gouvernement britannique a promis des fonds pour la construction
d'éoliennes et de nouvelles aides pour les centrales à charbon dites propres, mais n'a
pas pris les mêmes engagements en ce qui concerne le nucléaire, explique le quotidien
financier.
Or, EDF veut construire au moins quatre réacteurs au Royaume-Uni, et selon le
dirigeant, l'électricien doit encore convaincre ses actionnaires de l'intérêt d'un tel
investissement du point de vue commercial, ajoute le FT.
L'Etat français détient 85% du capital d'EDF, rappelle le journal. "Nous devons
prendre une décision en 2011, et pour que cette décision soit positive, il faut que les
conditions soient propices", a précisé Vincent de Riaz.
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Enerpresse - 25 mars 2009
Tepco repousse la construction dun réacteur
Le premier électricien japonais, Tepco, vient dannoncer le report dun an de
la construction dun nouveau réacteur sur le site dHigashidori, dans la
préfecture dAomori. Ce report dune tranche de 1 385MW, dont
lédification devait débuter en novembre, est dû à la procédure
dautorisation liée à la sûreté, précise Tepco. Bloomberg précise quun
porte-parole a indiqué que le dossier serait étudié le 31 mars, à loccasion du
plan pour lannée fiscale 2009-2010.
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Un tribunal allemand confirme la fermeture de deux centrales
nucléaires
AFP - 26 mars 2009 - BERLIN - Le tribunal administratif fédéral d'Allemagne a confirmé
jeudi la fermeture de deux centrales nucléaires, conformément à la législation
toujours en vigueur dans le pays qui prévoit l'abandon progressif de cette source
d'énergie. Les groupes d'énergie Vattenfall et RWE tentaient devant la justice de faire
prolonger les centrales de Biblis A (centre-ouest) et Brunsbüttel (nord), qui approchent
du terme qui leur a été assigné par la loi.
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Suède : l'opposition sortira du nucléaire si elle remporte
élections de 2010
AFP - 22 mars 2009 - STOCKHOLM - Les dirigeants des partis d'opposition en Suède ont
annoncé dimanche leur intention de supprimer progressivement le nucléaire s'ils
remportent les élections de 2010, alors que l'actuel gouvernement a décidé récemment
de ne plus arrêter les 10 réacteurs du pays.
"Nous voulons supprimer progressivement les centrales nucléaires (...) en les
remplaçant par des sources d'énergie renouvelables", écrivent Mona Sahlin (parti
social-démocrate), Maria Wetterstrand et Peter Eriksson (verts) ainsi que Lars Ohly
(parti de Gauche), dans une tribune commune publiée dans le quotidien Dagens Nyheter
(DN).
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Espagne : un rapport du Parti socialiste pour la fin du
nucléaire
AFP - 20 mai 2009 - MADRID - Un club de réflexions du Parti socialiste espagnol au
pouvoir (PSOE), s'est exprimé mercredi en faveur de la fermeture totale des centrales
nucléaires espagnoles en 2050, quand toute l'énergie du pays serait renouvelable.
La fondation Ideas (Idées), a présenté un rapport plaidant en faveur d'un nouveau
modèle énergétique pour que l'Espagne soit "libérée de l'énergie nucléaire en
2050", avec "100% d'énergies renouvelables". Elle recommande au
gouvernement de "prévoir la nécessité de remplacer la génération nucléaire par
d'autres sources". Ce modèle prévoit "la fermeture programmé des centrales
actuelles et le traitement de résidus déjà générés".
"Avec un scénario moyen de demande, les énergies renouvelables pourraient remplacer
la production nucléaire actuelle en moins d'une décennie", selon les experts ayant
élaboré ce rapport. Le vice-président de la fondation, Jésus Caldera, a par ailleurs
déclaré qu'il était "parfaitement possible" de fermer une première centrale,
Garoña (nord) dont la licence d'exploitation expire le 5 juin.
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Les Echos.fr - 05/12/08
L'Afrique du Sud enterre son projet de centrales nucléaires
Confrontés à la crise, les pouvoirs publics annulent le projet de centrale porté par
l'électricien public Eskom. Mauvaise nouvelle pour Areva qui était en lice pour ce
contrat de 12 milliards de dollars et comptait livrer 12 réacteurs dans ce pays à
l'horizon 2025. L'Afrique du Sud vient d'annuler son projet de centrale nucléaire estimé
à 120 milliards de rands (12 milliards de dollars).
Le gouvernement sud-africain a fait savoir vendredi qu'il soutient la décision de sa
compagnie d'électricité, Eskom, de renoncer à la construire cette centrale, tout
simplement "car l'entreprise ne peut pas se le permettre", a déclaré vendredi
à Prétoria, Portia Molefe qui dirige le Département des entreprises publiques, citée
par Bloomberg.
Eskom avait annoncé en mai dernier son projet de centrale nucléaire à 120 milliards de
rands ainsi que la construction de deux centrales à charbon, dont l'une a été
attribuée à Alstom en novembre 2007, ceci dans le cadre d'un plan d'investissement à
cinq ans dotés de 343 milliards de rands. "Ce projet est trop lourd,nous ne pouvons
pas le réaliser. La décision a été prise hier. Les soumissionnaires en ont été
informés", a précisé Fani Zulu, le porte-parole d'Eskom.
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Sommaire :
1 - Gétigné s'offre la centrale solaire de l'Ouest
2 - Electricité : le gouvernement planche sur une réforme des tarifs
3 - EDF lancera en juin un emprunt auprès des particuliers
4 - l'ASN refuse une pièce destinée au réacteur EPR de Flamanville
5 - Brésil : fuite radioactive "apparemment bénigne" dans une centrale
nucléaire
6 - Pacifistes en antinucléaires : les marcheurs de l'idéal
7 - EDF veut le soutien financier du Royaume-Uni pour construire des réacteurs
nucléaires
8 - Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce l'accord Areva/Sherpa
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Ouest-France - mercredi 27 mai 2009 - Anne-Lise FLEURY.
1 - Gétigné s'offre la centrale solaire de l'Ouest
Des panneaux sur un champ de douze hectares. De quoi alimenter en électricité 4 500
habitants. C'est la reconversion remarquée de l'ancienne carrière d'uranium du Vignoble
nantais.
Repères. Un lac lumineux et réfléchissant sur une douzaine d'hectares : c'est le projet
de centrale solaire qui va s'implanter à Gétigné, en Loire-Atlantique. Des milliers de
panneaux solaires vont éclore sur le site de l'Ecarpière, offrant ainsi à cette
ancienne usine d'uranium la possibilité d'écrire une nouvelle page de son histoire
industrielle. « C'est un très beau projet », souligne Laurent Blaszczyk, responsable de
la communication pour le réaménagement des sites chez Areva, l'entreprise spécialisée
dans l'énergie, notamment le nucléaire. Depuis plusieurs mois, Enertime, un cabinet
parisien d'ingénierie-conseil en énergie renouvelable, met au point l'équipement de ce
qui sera sans doute la plus grande, et la première, centrale solaire de l'Ouest.
Calendrier. Il faudra deux à trois mois pour installer cette centrale solaire. Travaux
légers, pas de fondations. Le raccordement au réseau EDF est envisagé début 2010.
Réticences. Jean-Marie Pasquereau est le porte-parole de l'association Moine et Sèvre.
Association qui, depuis 1991, surveille ce site comme du lait sur le feu, se trouvant
ainsi souvent en opposition avec Areva. « Nous sommes pour cette centrale solaire, nous
l'avions déjà proposée à Areva. Mais avec des réserves. Nous demandons que soient
dépollués tous les points chauds relevés par la Criirad (1). » Pas de problème, selon
Laurent Blaszczyk, « ce projet doit être exemplaire. Pour cette seconde vocation du
site, il faut partir avec des bases saines. » Dont acte.
Rentabilité. On est limite, mais ça passe. Julien Zeller, d'Enertime, le confirme : «
Actuellement, le prix des panneaux solaires est en baisse, ce qui va faciliter la
rentabilité du projet. » Par ailleurs, EDF s'engage sur un prix d'achat pour vingt ans.
Ce qui pêche, c'est l'ensoleillement dans le Vignoble nantais. « Nous allons installer
des panneaux plus adaptés à la région, plus sensibles. » Histoire de ne pas en perdre
une miette.
Atout. Un périmètre vaste et bien exposé, une activité ne nécessitant pas de forte
présence sur le site : ces panneaux solaires, c'est une aubaine pour l'Ecarpière, dont
Areva, propriétaire, ne pouvait pas faire grand-chose.
Image. « Pour moi, c'est important, analyse Julien Zeller. Cela a du sens d'installer une
centrale solaire sur une ancienne carrière d'uranium. » Les élus locaux ont également
bien accueilli la nouvelle. Comme en témoigne François Guillot, maire de Gétigné : «
C'est une belle opportunité, dans l'air du temps. » C'est pourquoi ils sont prêts à
aider le projet, « à la hauteur de nos capacités, qui restent modestes ». Cette
centrale solaire apportera de la taxe professionnelle à la communauté de communes.
Historique. Accessoirement, cette installation, légère, permettra aussi de garder le
site en l'état et de conserver la mémoire de l'extraction de l'uranium.
Chiffres. Plusieurs milliers de panneaux solaires, installés sur douze hectares, pour une
capacité de 5 000 mégawatts, « soit l'alimentation électrique pendant une année d'une
commune de 4 500 habitants. Cet apport énergétique évitera la production de 1 500
tonnes de CO²», indique Enertime.
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Les Echos - 27/05/09
2 - Electricité : le gouvernement planche sur une réforme
des tarifs
A la suite du rapport Champsaur, le gouvernement prépare une réforme des tarifs
d'électricité. Il mène des discussions avec les parlementaires et la Commission
européenne. L'objectif étant de voter un texte d'ici à la fin de l'année. Mais les
sujets sensibles ne manquent pas, comme, en premier lieu, les prix de vente aux
entreprises.
Un mois après la publication du rapport Champsaur, le gouvernement prépare une réforme
des tarifs d'électricité. Officiellement, il n'a pas pris de position sur les
conclusions du rapport, qui propose notamment de supprimer les tarifs régulés, sauf pour
les particuliers. Il ne le fera qu'en juin ou juillet. Et sa première réaction avait
été plus que discrète. Aucune remise officielle, mais une simple mise en ligne du
rapport, un vendredi après-midi. « Nous étions plutôt surpris », reconnaît un membre
de la commission présidée par Paul Champsaur, l'ancien président du régulateur des
télécommunications (Arcep).
En réalité, le gouvernement travaille étroitement avec les parlementaires et il a
engagé des discussions formelles avec la Commission européenne sur la façon de faire
évoluer le système tarifaire français. Le timing est serré. Le but est de voter un
texte d'ici à la fin de l'année. Par souci d'efficacité, le gouvernement pourrait
confier à un député la mission de présenter une proposition de loi à la rentrée. La
démarche serait plus rapide qu'un projet de loi. Jean-Claude Lenoir, député UMP et
membre de la commission Champsaur, travaille déjà sur un texte qu'il reste à finaliser.
Consensus maximal
Quel que soit le dispositif choisi sur la forme, le gouvernement cherche un consensus
maximal sur le fond. « Il ne faut pas que ce soit un conflit de rue, mais que toutes les
parties prenantes soient d'accord, note une source gouvernementale. Tout est question de
garde-fous. » C'est là que cela risque de se compliquer. Les sujets sensibles ne
manquent pas : le rythme de la réforme, le niveau des prix, les modalités pratiques
d'accès au nucléaire pour les concurrents d'EDF. Les intéressés ont jusqu'à vendredi
pour participer à la consultation publique sur le rapport.
Premier sujet délicat : les prix de vente du courant aux entreprises. « Au cas où la
concurrence ne jouerait pas pleinement son rôle, il serait utile de mettre un plafond sur
le prix de vente final, ne serait-ce que pendant une période de transition de trois ou
quatre ans », estime Jean-Louis Schilansky, président du comité énergie du Medef. Un
tel scénario irait dans le sens des parlementaires, qui sont par nature très regardants
sur les prix de l'électricité. Qui plus est en temps de crise. « Il faut veiller à ce
que les dispositions de la loi ne s'éloignent pas trop des préoccupations des clients
», reconnaît Jean-Claude Lenoir, député UMP et membre de la commission Champsaur, qui
ne veut pas voir les prix s'envoler comme en 2004. Mais un tel plafond paraît
difficilement acceptable pour la Commission européenne, qui mène trois procédures
contre la France et EDF au sujet des tarifs d'électricité. Pour elle, la libéralisation
du marché n'est pas compatible avec des tarifs réglementés. Or limiter les prix de
vente correspondrait à revenir en substance aux tarifs administrés.
Deuxième point problématique : le rapport Champsaur préconise que les concurrents
d'EDF puissent acheter dans de bonnes conditions des kilowattheures d'origine nucléaire
pour les besoins dits « de base » (la demande constante du pays hors des pics de
consommation). Cette disposition pose deux questions : à quel prix et qui en profiterait
? « Il faut être sûr que ce prix de gros soit à un niveau acceptable, entre 42 et 44
euros », avertit Jean-Louis Schilansky. Quant aux bénéficiaires, le gouvernement entend
limiter cet accès aux fournisseurs présents en France, comme Poweo ou Direct Energie, et
pour leurs clients hexagonaux. « On ne peut pas imaginer un guichet ouvert », indique
une source proche du dossier. Or, là encore, la Commission européenne pourrait
interpréter cela comme une clause de destination et donc une entrave à la liberté de
marché.
Bref, les garde-fous réclamés ici et là risquent de compliquer les discussions avec
Bruxelles. Alors même que le gouvernement souhaite profiter de cette réforme pour purger
son différend avec la Commission européenne...
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Les Echos - 27/05/09
L'Etat électrique
Les regards changent avec la crise. C'est vrai dans l'énergie, et en particulier
l'électricité, comme dans la finance. Hier vilipendée, l'action de l'Etat est
aujourd'hui sollicitée. En Allemagne, le gouvernement envisage de subventionner ses
industriels gros consommateurs d'énergie. Au Royaume-Uni, EDF réclame un soutien
financier public pour construire de nouvelles centrales nucléaires. Mais en France, c'est
l'inverse. Dans la lignée du rapport Champsaur, le gouvernement prépare une loi pour
accroître la concurrence dans les tarifs de l'électricité, actuellement enserrés dans
un corset réglementaire que même Kafka n'aurait pas su imaginer. Paris espère ainsi se
réconcilier avec Bruxelles, apparemment le dernier lieu de la planète où les sirènes
de la concurrence continuent de couvrir les chants interventionnistes. La France
irait-elle une nouvelle fois à contre-courant ?
En réalité, l'électricité est une activité économique où l'Etat reste omniprésent.
C'est lui qui décide s'il peut y avoir du nucléaire, au Royaume-Uni comme en Allemagne,
aux Etats-Unis comme en Suède. C'est lui qui encourage les énergies renouvelables par
des mesures réglementaires, voire par des investissements massifs. C'est lui qui rappelle
l'exigence du long terme, essentielle dans un domaine où l'on compte les efforts en
dizaines de milliards d'euros et le temps en décennies. C'est lui, enfin, qui doit
organiser le marché, une mission particulièrement ardue comme dans toutes les activités
de réseau où le monopole est la pente naturelle. Comme le dit Paul Champsaur, l'Etat
doit mettre de la concurrence partout où c'est possible, de la réglementation partout
où c'est nécessaire.
Une conception aux antipodes de la tradition d'une France où le réflexe premier est de
protéger le champion national et le consommateur de la rudesse des marchés. Et une
conception exigeante, puisqu'elle impose de répondre à des questions jusqu'alors
soigneusement laissées de côté - comme le partage de la « rente du nucléaire »,
dégagée par un prix de production de l'électricité inférieure à celle des autres
sources d'énergie. Pour aller jusqu'au bout de cette logique, on ne peut pas se contenter
de grands principes et de coups de menton. Il faut aussi mener des raisonnements
économiques, analyser le jeu des marchés et le poids des acteurs. C'est une autre
innovation pour la France : pour penser les liens entre le marché et l'Etat, il faut des
économistes.
Les Echos - 27/05/09
PAUL CHAMPSAUR - PRÉSIDENT DE LA COMMISSION CHARGÉE DE RÉFLÉCHIR AUX TARIFS DE
L'ÉLECTRICITÉ
« Les concurrents d'EDF pourront proposer des tarifs administrés aux
particuliers »
Quel diagnostic portez-vous sur le marché français ?
Le système actuel est trop compliqué et résulte de décisions successives qui ont
été prises dans le passé. Chacune avait sa logique, mais cela a abouti à un système
qui n'est pas pérenne. Aujourd'hui, des tarifs bleus, verts et jaunes coexistent avec le
marché libre auquel ont accès les entreprises et le tarif de retour qui correspond au
tarif régulé plus un certain pourcentage. Concrètement, deux entreprises identiques
peuvent payer des tarifs différents. Ce système ne peut pas durer. D'autant plus qu'il
est considéré comme incompatible avec les textes européens. C'est la raison pour
laquelle les ministres de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, et de l'Economie, Christine
Lagarde, ont établi la commission que j'ai eu l'honneur de présider. Il semble qu'ils
prennent le rapport très au sérieux.
Quels remèdes proposez-vous ?
La logique est de conserver des tarifs administrés là où c'est nécessaire, au moins
pendant un certain temps et je rappelle qu'en matière énergétique le temps est long.
Mais elle consiste aussi à promouvoir le marché là où cela paraît possible. Après
une analyse détaillée, la conclusion est que les petits acheteurs (particuliers et très
petites entreprises) ne sont pas capables de faire jouer la concurrence à leur profit.
Donc, il vaut mieux leur offrir des tarifs administrés que pourront proposer EDF, mais
aussi ses concurrents.
La situation est différente pour les entreprises...
Effectivement, les entreprises consommatrices sont capables de faire jouer la
concurrence, donc elles n'ont pas besoin de régulation sur les prix de détail. En
revanche, sur le front de la production, il est souhaitable que l'accès au nucléaire
soit régulé par l'Etat par l'intermédiaire d'un tarif de gros, auquel se fourniraient
les concurrents d'EDF. Pourquoi ? Parce que le coût de l'électricité nucléaire est
sensiblement inférieur au coût de l'électricité produite avec des combustibles
fossiles. Or cette production nucléaire est en France exclusivement sous la
responsabilité d'EDF.
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3 - EDF lancera en juin un emprunt auprès des particuliers
Reuters - 27.05.09 - EDF a confirmé que le groupe lancerait en juin un emprunt auprès
des particuliers afin de financer ses investissements, renouant avec une pratique
d'endettement tombée en désuétude ces dernières années tant auprès des entreprises
que des gouvernements. "Cela faisait 20 ans que nous n'avions pas émis ce type
d'emprunt", a déclaré le président de l'opérateur français d'électricité
Pierre Gadonneix sur RTL, ajoutant que les épargnants pourraient souscrire du 17 juin au
10 juillet dans tous les réseaux bancaires.
Cet emprunt, d'une durée de quatre à cinq ans, sera lancé avec un taux d'intérêt
"compétitif", a-t-il souligné, ajoutant que l'Autorité des marchés
financiers (AMF) devrait donner son feu vert sur le taux dans les prochains jours. Pierre
Gadonneix a aussi indiqué qu'il était candidat à sa propre succession dans le cadre du
renouvellement de son mandat en novembre prochain.
Le montant de l'emprunt sera fixé en fonction de la demande mais selon une source
bancaire interrogée par Reuters, il pourrait s'élever à un milliard d'euros. Selon
certains analystes, l'emprunt d'EDF pourrait ouvrir la voie à d'autres émissions
obligataires réservées aux particuliers pour d'autres entreprises ou pour l'Etat. Ils
notent qu'avec un taux de livret A à 1,75%, il est aisé de proposer aux particuliers un
taux attractif mais sensiblement en dessous de ceux pratiqués sur les marchés financiers
même si la campagne de lancement et de placement peut s'avérer onéreuse. Ces coûts
peuvent néanmoins s'assimiler à une campagne de promotion de l'entreprise auprès du
grand public, remarquent ces analystes.
EDF a récemment multiplié des investissements coûteux hors des frontières de
l'Hexagone en reprenant notamment l'opérateur nucléaire britannique British Energy,
l'américain Constellation Energy et le belge SPE. L'électricien va aussi rejoindre le
consortium français candidat à la réalisation du programme nucléaire civil des Emirats
arabes Unis et se prépare à de lourds investissements en France dans les centrales de
nouvelle génération de type EPR.
Le Réseau sortir du nucléaire a diffusé un communiqué déconseillant "très
vivement aux citoyens d'investir dans l'emprunt EDF, pour ne pas financer l'industrie
nucléaire mais aussi pour ne pas risquer de perdre leurs économies." "EDF est
très sévèrement endettée et son avenir peut se révéler très sombre", ajoute
l'organisation. Un analyste d'une grande banque française a cependant fait valoir que les
ratios d'endettement d'EDF étaient moins élevés que la moyenne du secteur et que
ceux-ci n'étaient pas considérés comme un enjeu par la communauté financière.
-...
Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : si l'Autorité de sûreté
nucléaire (ASN) se met subitement à faire son travail, l'industrie nucléaire n'en a
plus pour longtemps ! On peut donc prédire une prochaine "reprise en main" de
l'ASN par le lobby sarko-nucléaire...
ASN, Paris, le 26 mai 2009
Note d'information
4 - L'ASN refuse une pièce destinée au réacteur EPR de
Flamanville
La détection dun écart dans la réalisation de pièces forgées destinées au
pressuriseur du réacteur EPR avait amené lASN à demander le 24 octobre 2008 à
AREVA NP dapporter la démonstration de la qualité des pièces sans recourir au
système de management de la qualité du sous-traitant concerné.
LASN a estimé que les éléments fournis par AREVA NP permettaient que la
fabrication soit poursuivie pour une des pièces mais a jugé la démonstration
insuffisante pour une autre pièce. Celle-ci a donc été refusée par lASN.
Dans le cadre du contrôle qu'elle réalise sur les équipements sous pression nucléaires
destinés au réacteur EPR de Flamanville (Manche), l'ASN a constaté un écart dans le
respect des procédures de réalisation de trois pièces forgées sous-traitées par AREVA
NP et destinées au pressuriseur. Le pressuriseur est un gros composant forgé qui mesure
14 m de haut et pèse plus de 140 tonnes à vide. Il sert à réguler la pression du
circuit primaire du réacteur nucléaire.
Des essais mécaniques permettent de vérifier la qualité des pièces fabriquées.
Lécart, qui a consisté à employer du matériel non conforme aux normes pour la
réalisation des essais, a montré une carence du système qualité du sous-traitant. Par
conséquent, le 24 octobre 2008, l'ASN a demandé à AREVA NP d'apporter la démonstration
de la conformité des pièces produites jusquici par son prestataire.
Lune des trois pièces forgées a été écartée par AREVA NP, la réalisation de
nouveaux essais nétant matériellement plus possible. LASN a estimé que les
éléments fournis par AREVA NP permettaient que la fabrication soit poursuivie pour la
deuxième pièce sous certaines conditions mais a jugé la démonstration insuffisante
pour la troisième. Celle-ci a donc, en létat, été refusée par lASN.
AREVA NP prévoit de lancer de nouvelles fabrications chez le même prestataire pour
remplacer les deux viroles refusées. LASN a demandé à AREVA NP de sassurer
de la remise à niveau du système qualité de ce sous-traitant et a exigé un suivi
particulier de ces fabrications.
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : au Brésil comme chez nous, les
fuites radioactives sont toujours "sans conséquence". L'AFP en profite pour
placer le couplet du "grand retour" en citant un projet de 8 nouveaux
réacteurs. Oublié le chiffre ridicule de 60 réacteurs annoncé (cf ici ) il y a peu.
Mais 8 est tout aussi ridicule : qu'ils finissent le réacteur Angra 3, commencé depuis
20 ans, et on en reparle...
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5 - Brésil : fuite radioactive "apparemment
bénigne" dans une centrale nucléaire
AFP - 27 mai 2009 - RIO DE JANEIRO - Une centrale nucléaire, située sur la côte
atlantique dans l'Etat de Rio de Janeiro, a enregistré une fuite radioactive apparemment
sans conséquence pour le personnel et l'environnement, a indiqué mardi le groupe
brésilien Electrobrás Termonuclear (Electronuclear).
L'incident, qualifié de mineur par l'entreprise, s'est produit le 15 mai sur le site
d'Angra II, près de la ville touristique de Angra dos Reis, à 157 km de Rio de Janeiro.
Il a été provoqué involontairement par un employé qui a oublié de fermer la porte en
entrant dans une salle, où du matériel était en train d'être retraité.
Six personnes qui travaillaient sur le lieux ont cependant été exposées aux radiations,
mais "aucun impact sur l'environnement, les ouvriers de l'usine et le public en
général" n'a été constaté, selon Electronuclear. Le niveau de radiations était
"bien inférieur aux limites fixées dans les procédures de l'entreprise et aux
normes réglementaires", ajoute le groupe dans un communiqué.
L'institut brésilien de l'environnement (IBAMA) a annoncé en mars la délivrance du
permis pour reprendre les travaux de construction de la troisième centrale du complexe
Angra, Angra III, qui étaient bloqués depuis 20 ans. La capacité de production des
trois usines doit permettre de subvenir aux besoins de la capitale de l'Etat, Rio de
Janeiro. Fin 2007, le Brésil avait annoncé qu'il projetait de construire huit centrales
nucléaires d'ici 2030. Les deux premières doivent être livrées en 2017 dans le
nord-est du pays.
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Les Dernières Nouvelles d'Alsace - 26/05/2009 -
6 - Pacifistes et antinucléaires : Les marcheurs de
l'idéal
Une vingtaine de marcheurs pacifistes et antinucléaires venant de Genève, sont arrivés
hier soir à Strasbourg. Aujourd'hui, ils se rendent au Parlement européen. Demain, ils
reprennent la route pour Bruxelles.
Brûlés de soleil, assoiffés, un peu fatigués avec leurs sacs à dos qu'ils trimballent
depuis Genève, ils sont arrivés à 5 h pile devant le panneau « Strasbourg », de la
route de Colmar. Les « marcheurs de la paix » sont une vingtaine, originaires de dix
pays différents. Ils marchent comme d'autres prient. Pour la paix et pour la fermeture
des centrales nucléaires. Marc vient de Chinon, sur la Loire. « On a quatre réacteurs
près de chez nous. Ça fait cinquante ans que je milite contre le nucléaire. » Sans
résultat, mais sans se décourager.
Une planète si petite. Comment ça sans résultat ? Martine, bretonne, a le sentiment que
ces vingt marcheurs ne sont que la partie visible de l'antinucléaire. En réalité, des
centaines de personnes participent à la marche. « En Allemagne, nous avons été
hébergés par un village de 2 000 habitants lesquels nous avaient préparé un dîner
extraordinaire. » « Nous marcheurs, on est un média ». Avec leurs banderoles
colorées, ils veulent répandre l'idée que l'énergie nucléaire, sous ses airs
inoffensifs, est en réalité un « monstre dangereux », voir Tchernobyl...
Australienne, June Norman, dénonce l'exploitation de l'uranium dont son pays est le
deuxième producteur, derrière le Niger. « Les mines sont situées dans les territoires
des Aborigènes. Elles détruisent leur vie et leur culture. » Et quand il y a eu, il y a
sept ans, une terrible sécheresse, les Australiens étaient rationnés en eau, mais pas
les exploitations d'uranium qui consomment, d'après elle, 33 millions de litres par jour.
Japonaise, Jun Yasuda, est religieuse. Elle marche dans le monde entier pour la paix. En
souvenir d'Hiroshima et de Nagasaki. Elle a participé, il y a quelques années, à une
marche Auschwitz-Bosnie. « Notre planète est si petite que, s'il n'y a pas de paix, elle
risque d'être détruite. »
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Note du Réseau "Sortir du nucléaire" : Ce que nous disons depuis si
longtemps apparait au grand jour : sans de fortes subventions PUBLIQUES, le nucléaire est
déficitaire. Or, les dirigeants britanniques ont annoncé à plusieurs reprises qu'il n'y
aurait pas d'aide pour le nucléaire. EDF a peut-être dépensé pour rien 15 milliards
d'euros (coût d'achat de British energy). C'est donc ça le "grand retour du
nucléaire"...
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7 - EDF veut le soutien financier du Royaume-Uni pour
construire des réacteurs nucléaires
Dow Jones - 26/05/2009 - De nouvelles centrales nucléaires ne pourront être construites
au Royaume-Uni que si le gouvernement apporte son soutien financier au secteur, a
déclaré au Financial Times Vincent de Rivaz, le directeur général de la filiale
britannique d'Electricité de France.
Ces derniers mois, le gouvernement britannique a promis des fonds pour la construction
d'éoliennes et de nouvelles aides pour les centrales à charbon dites propres, mais n'a
pas pris les mêmes engagements en ce qui concerne le nucléaire, explique le quotidien
financier.
Or, EDF veut construire au moins quatre réacteurs au Royaume-Uni, et selon le dirigeant,
l'électricien doit encore convaincre ses actionnaires de l'intérêt d'un tel
investissement du point de vue commercial, ajoute le FT.
L'Etat français détient 85% du capital d'EDF, rappelle le journal. "Nous devons
prendre une décision en 2011, et pour que cette décision soit positive, il faut que les
conditions soient propices", a précisé Vincent de Riaz.
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8 - Niger / Mines d'Uranium : Le Réseau "Sortir du
nucléaire" dénonce l'accord Areva / Sherpa
Le Réseau "Sortir du nucléaire" dénonce l'accord qui va être annoncé,
vraisemblablement jeudi 28 mai 2009, par Areva, multinationale du nucléaire, et Sherpa,
une association de juristes, à propos des mines d'uranium exploitées par Areva au Niger.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" exprime sa plus grande perplexité devant
cette surprenante volte-face de l'association Sherpa, connue pour combattre - et non
accompagner - les activités des multinationales lorsqu'elles sont polluantes ou ne
respectent pas les Droits de l'Homme. Il y a encore peu, Sherpa dénonçait avec la plus
grande sévérité les activités d'Areva au Niger (*).
L'association Sherpa reconnaît elle-même que cet accord va permettre à Areva de redorer
à peu de frais son image et tenter de cacher ainsi les conséquences inacceptables de ses
activités au Niger. En échange de quelques concessions mineures et de quelques
dédommagements, Areva va pouvoir continuer à s'accaparer à bas prix l'uranium du Niger,
en contaminant l'environnement, en asséchant les nappes phréatiques, en chassant les
populations autochtones.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" ignore par quelles méthodes Areva a réussi
à obtenir la caution de l'association Sherpa mais, ces dernières semaines, avec des
puissants moyens financiers, Areva a montré qu'elle ne reculait devant rien pour abuser
l'opinion publique :
- vraies-fausses publicités dans les magazines pour jeunes (**)
- sponsoring contre-nature de la Fédération françaises d'athlétisme (***)
Une fois de plus, l'industrie nucléaire montre qu'elle ne nuit pas seulement à
l'environnement et à la santé des êtres vivants mais aussi à la démocratie et à
l'éthique.
(*) http://www.asso-sherpa.org/conf.presse_areva2007.html
(**) http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=551
(***) http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=549
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Fermons Fessenheim et sortons du nucléaire
Rassemblement européen les 3 et 4 octobre 2009 à Colmar (Alsace)
Informations, départs groupés et programme sur : http://fermons-fessenheim.org |