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Nucléaire et Energies Renouvelables
Actualité mars 2009 n°2
Chaque mois retrouvez ici  l'actualité des dangers du nucléaire civil et militaire et des solutions alternatives énergétiques. Pour savoir, réfléchir, comprendre et agir en citoyens responsables (avec le concours du Réseau Sortir du Nucléaire)
1 - Collision de deux bâtiments américains (dont un sous-marin nucléaire" dans le détroit d'Ormuz
2 - Un incident chez Melox (Areva) porté du niveau 1 au niveau 2
3 - La filière solaire photovoltaïque résiste à la crise
4 - Une charte de solidarité pour les antinucléaires
5 - Les animaux sont moins nombreux sur le site de Tchernobyl
6 - Centrale nucléaire de Brennilis : comment informer sur le démantèlement ?
7 - Nucléaire : nos plages dangereuses ?
8 - Tarascon : Pollution radioactive à l'usine de papier Tembec
9 - Tricastin - L'étude cancers : la Frapna met en doute l'indépendance du prestataire
10 - 26 avril 2009 : 23e commémoration de l'accident de Tchernobyl
11 - Areva : Paris réfléchit à une ouverture du capital à des fonds arabes
12 - IBM fera bientôt rouler des voitures électriques fonctionnant grâce à des énergies renouvelables
13 - Bruxelles soupçonne EDF de manipulation de marché
14 - 50 ans de retombées radioactives en métropole dues aux essais nucléaires atmosphériques
15 - L'Allemagne veut taxer le nucléaire pour financer la gestion des déchets
16 - Une concertation nationale pour développer l'énergie éolienne en mer
17 - Climat : une ville danoise aspire à être la vitrine verte du monde d'ici 2015
18 - Solaire thermique : + 20% en 2008 en France
19 - "Sortir du nucléaire" accuse la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) de ne pas sous-traiter les mesures de radioactivité
20 - "Sortir du nucléaire" dénonce des publicités parues dans la presse jeunesse
21 - Energies renouvelables en France : plus de 51 000 emplois directs ont été créés
22 - Chine : éviter la surchauffe nucléaire
23 - L'impact sanitaire des faibles doses d'irradiation
24 - Anne Lauvergeon lie son avenir à celui d'Areva
25 - RTE : bénéfice net en chute de 37% en 2008
26 - Siemens et Rosatom veulent ravir à Areva son leadership dans le nucléaire
27 - Espagne : nouvelle baisse de la consommation d'électricité et nouveau succès des éoliennes
28 - Le crash de l'industrie nucléaire française
29 - Huit mois de prison ferme pour une militante antinucléaire belge
30 - Les LED, des ampoules durables et économes en énergie, semblent promises à un brillant avenir
31 - Obama et la fin du festin
32 - Poitou-Charentes : Royal signe une convention de 400 M d'euros pour le solaire
33 - Reims veut implanter 95.000 m2 de panneaux solaires dans son agglomération


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1 - Collision de deux bâtiments américains (dont un sous-marin nucléaire) dans le détroit d'Ormuz
 
AFP - 20 mars 2009 -  Un sous-marin à propulsion nucléaire et un navire amphibie de la marine de guerre américaine sont entrés en collision vendredi dans les eaux stratégiques du détroit d'Ormuz, faisant 15 blessés légers, a annoncé la Ve flotte américaine. "La collision entre le USS Hartford (le sous-marin SSN 768) et le USS New Orleans (le bateau amphibie LPD 18) s'est produite vers 01H00 locales (jeudi 20H30 GMT)", a déclaré le commandement de la flotte basée à Bahreïn dans un communiqué.

"Quinze marins du Hartford ont été légèrement blessés et ont repris leur poste. Aucune personne du New Orleans n'a été blessée", a précisé le texte.
Le détroit d'Ormuz, situé à l'entrée du Golfe entre Oman, sur la péninsule arabique, et l'Iran, sur la rive opposée, est une voie maritime stratégique par où transite quelque 40% du pétrole mondial. Il ne dépasse pas une centaine de kilomètres à son point le plus large.

La collision a provoqué une rupture au niveau du réservoir de carburant du New Orleans, ce qui a entraîné le déversement de 25.000 gallons (environ 95.000 litres) de diesel, selon le communiqué. Les deux bateaux restent capables de se déplacer par leurs propres moyens et l'étendue des dégâts fait l'objet d'un examen, ajoute le texte. Les bâtiments accidentés se trouvaient en mer dans le cadre de leur mission régulière, toujours selon le communiqué.

La Ve flotte de Bahreïn patrouille une zone de quelque 19,4 millions de kilomètres carrés allant de l'Afrique de l'est au Moyen-Orient et au Sud-ouest asiatique. L'Iran a averti à plusieurs reprises qu'il pourrait fermer le détroit d'Ormuz en cas d'attaque de ses installations nucléaires.

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2 - Un incident chez Melox (Areva) porté du niveau 1 au niveau 2
 
AFP - 19/03/2009 - Un incident intervenu le 3 mars chez Melox, filiale d’Areva située à Marcoule (Gard), a été porté du niveau 1 (sur une échelle qui en compte 7), proposé par Areva, au niveau 2 par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), a annoncé cette dernière jeudi.

C’est "le non-respect de plusieurs exigences de sûreté de l’installation, considéré comme un facteur aggravant", qui a conduit l’ASN à classer cet évènement au niveau 2 de l’échelle Ines, l’échelle internationale des événements nucléaires, a-t-elle précisé dans un communiqué. Selon l’ASN, l’introduction d’une masse de matière fissile dans un poste de travail a conduit le 3 mars au dépassement de la limite de "sûreté-criticité applicable" lors d’une opération de réception exceptionnelle d’échantillons à base d’oxyde de plutonium et d’uranium.
 
"Ce dépassement est dû à l’application d’une procédure inadéquate et non formalisée. Il n’est pas dû à une erreur humaine. De plus, le logiciel de comptabilité des matières fissiles, qui permet la vérification du respect des limites autorisées lors de chaque entrée-sortie de matière, n’a pas généré d’alarme, car il ne prenait pas en compte ces opérations exceptionnelles. Ce sont les contrôles manuels (...) lors de la prise de poste du lendemain matin qui ont révélé cette situation anormale et conduit l’exploitant à engager des actions correctives", a noté l’ASN qui a effectué une mission de contrôle le 6 mars.
 
Cet incident n’a pas eu d’impact sur le personnel et l’environnement selon Melox et l’ASN. C’est la première fois depuis le début de l’année qu’un incident dans une installation nucléaire est classé niveau 2. En 2008, aucun incident n’avait été classé à ce niveau, a précisé l’ASN. Melox fabrique des combustibles MOX pour les réacteurs des centrales nucléaires de production d’électricité de différents pays. Le MOX, produit à partir d’un mélange d’oxydes d’uranium et de plutonium, permet de recycler le plutonium issu des combustibles usés des centrales nucléaires.

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3 - La filière solaire photovoltaïque résiste à la crise (Le Monde - 20 mars 2009 - Pierre Le Hir)
Malgré un ralentissement de la croissance du marché international, les investissements se multiplient

Beau fixe sur l'énergie solaire, en dépit d'un passage nuageux. Semaine après semaine, les industriels de la filière photovoltaïque annoncent de nouveaux investissements, chiffrés en centaines de millions, quand ce n'est pas en milliards de dollars.
Chez les producteurs de silicium - matériau de base des modules photovoltaïques -, la compétition fait rage. Après l'américano-japonais Hemlock Semiconductor, qui prévoit d'injecter plus de 2 milliards d'euros dans de nouvelles installations aux Etats-Unis, l'allemand Wacker Chemie a annoncé qu'il allait investir 700 millions d'euros dans une nouvelle usine, dans le Tennessee. Le norvégien Norsun, fournisseur de lingots et de galettes de silicium, suit le mouvement en levant 132 millions d'euros.

Les fabricants de panneaux et de cellules solaires ne sont pas en reste. Coup sur coup, trois sociétés californiennes - Solyndra, SolFocus et Sierra Solar - ont sorti de leur manche, au total, 250 millions de d'euros. De son côté, le japonais Sanyo s'apprête à construire une troisième usine de cellules à couches minces, tandis que son compatriote Sanyora multiplie par quatre ses capacités de production, en Chine cette fois.

La France, longtemps à la traîne, ne joue plus les figurants. Total et GDF-Suez viennent d'annoncer un projet d'investissement de 70 millions d'euros dans une unité de fabrication de plaquettes de silicium, dans la région de Carling (Moselle), avec une centaine d'emplois à la clé. EDF Energies nouvelles a mis en service, à Narbonne (Aude), la plus grosse unité française, de 7 mégawatts (MW). En attendant que soit déployée, en 2010, sur les toits d'entrepôts de Perpignan, une coiffe solaire de 9 MW. Mais la plus grande centrale photovoltaïque du monde, d'une puissance de 46 MW, reste celle d'Amareleja, au Portugal.

Depuis quelques mois, pourtant, des motifs d'inquiétude apparaissent. Le cours du silicium a chuté, en un an, de 150 euros à 75 euros le kilo, et la dégringolade se poursuit. Le fabricant chinois de panneaux solaires Suntech réduit ses effectifs de 10 %. En France, le projet Silpro (Silicium de Provence), qui devait créer 250 emplois à Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), risque d'être abandonné...

" La crise pèse sur le financement des projets, commente Matthieu Versavel, consultant pour la société de conseil Alcimed. Mais la situation n'est pas comparable à celle de l'industrie automobile, par exemple. Nous assistons simplement au ralentissement d'une croissance qui - au lieu d'être de 30 % ou de 40 % par an - ne sera peut-être, en 2009, que de 20 %. "

Jean-Louis Bal, directeur des énergies renouvelables à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe), partage cette analyse : " Le marché du photovoltaïque est aujourd'hui en surcapacité de production, ce qui va sans doute mettre certains acteurs en difficulté et conduire à des regroupements. Mais cela ne met pas en cause l'avenir de la filière. "

Depuis la fin des années 1990, le photovoltaïque a connu une envolée spectaculaire, portée d'abord par le Japon, puis par l'Allemagne - devenue leader mondial avec près de 50 % de la puissance totale installée -, les Etats-Unis et, plus récemment, l'Espagne. La puissance cumulée des installations, de 1,4 gigawatts (GW) en 2000, a grimpé à 9,1 GW en 2007. Le secteur a créé plus de 75 000 emplois en Europe, selon l'Association européenne de l'industrie photovoltaïque. D'après les projections de celle-ci, la puissance mondiale installée pourrait atteindre 44 GW en 2012, soit une multiplication par trente en douze ans.

Tout dépendra des politiques gouvernementales qui, par le jeu des tarifs avantageux de rachat de l'électricité produite par les énergies renouvelables, ont " boosté " cette activité. Or, observe M. Bal, même si l'Espagne a décidé, devant l'explosion de la demande, de plafonner ses subventions, les soutiens publics de la plupart des pays " sont maintenus, voire intensifiés, comme au Japon ".

En France, les tarifs de vente de l'électricité photovoltaïque - 30 centimes le kilowattheure, majorés de 15 centimes en cas d'intégration aux bâtiments - ont été confirmés, fin 2008, avec des contrats garantis sur vingt ans. L'objectif national est de parvenir à 5,4 GW installés en 2020, soit 400 fois plus qu'en 2007. Ce qui ferait de la France un acteur majeur du solaire.

Reste que le photovoltaïque ne représente encore qu'une goutte d'eau - moins de 1 % - de la production d'électricité mondiale. Pour décoller, cette énergie devra réduire de façon drastique ses coûts, aujourd'hui de deux à cinq fois supérieurs à ceux des filières traditionnelles (centrales au gaz, au fuel ou au charbon, nucléaire...). Chercheurs et ingénieurs développent des cellules plus économes en silicium et s'efforcent d'améliorer le rendement des capteurs qui, aujourd'hui, ne restituent qu'environ 15 % de l'énergie solaire reçue.

Selon diverses études, la parité des prix entre les différentes sources d'électricité pourrait être atteinte entre 2020 et 2030. Le solaire photovoltaïque deviendrait alors, sans aucune aide, parfaitement concurrentiel.

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4 - Une charte de solidarité pour les antinucléaires (L'Est Eclair (Aube)  -   16.03.09  -  Sandra Roger)

Les collectifs antinucléaires s'unissent contre l'implantation d'un centre de stockage de déchets nucléaires sur leurs territoires...

« Déchets nucléaires, ni ici, ni ailleurs, mais autrement ! ». La mobilisation antinucléaire contre le projet d'implantation d'un centre de stockage de déchets nucléaires FA-VL (Faible activité à vie longue) de l'Andra continue.

Samedi, les représentants collectifs antinucléaires de six départements de Champagne-Ardenne (Aube, Marne et Haute-Marne) et de Lorraine (Meuse, Moselle, Vosges) s'étaient pour la première fois retrouvés à Colombey-les-Deux-Eglises pour s'engager dans une « charte de solidarité ». Nombre de communes du Briennois et du Soulainois étaient représentées comme Brienne- le-Château, Morvilliers, Pars-lès-Chavanges, Saint-Léger-sous-Brienne, Hampigny, Juzanvigny, Petit-Mesnil, Epothémont, Radonvilliers mais aussi Auxon, située au sud-est de Troyes.

Tous étaient réunis dans ce lieu symbolique de la Résistance pour affirmer leur détermination à ne pas laisser implanter ce nouveau centre. « L'objectif, c'est l'unité comme force. Il est impératif d'être uni et fédéré pour montrer une détermination sans faille et être là pour les autres », lance Marie-Pascale Laheyne-Simonot, responsable du collectif de Juzennecourt (52). « Si le gouvernement allait au bout de ce projet fou, qu'il désigne telle ou telle commune et pas la mienne, alors nous irons soutenir le ou les villages ciblés », ajoute une militante auboise.
 
Montrer une unité donc. Et ce, à un moment où des habitants découvrent seulement maintenant que leur commune est candidate à l'accueil du site. « C'est bien que l'on soit tous ensemble et qu'on ne combatte pas seulement pour son jardin. La poubelle, on ne la veut nulle part », lance Michel Guéritte, responsable du collectif La Qualité de vie à Ville-sur-Terre (Q.V.).

A l'heure où on ne sait toujours pas quelles communes sont retenues, les militants n'entendent pas stopper le mouvement et plusieurs actions sont prévues dans les semaines à venir comme des manifestations à Aouze (88) le samedi 28 mars, Doulaincourt, Roches et Vaux (52) le samedi 18 avril et Gondrecourt-le-Château (55) le samedi 30 mai.

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5 - Les animaux sont moins nombreux sur le site de Tchernobyl (Actualites-news-environnement.com - 18/03/2009  - Sandra Besson)

Plus de vingt ans après l’explosion, les populations animales sont beaucoup moins nombreuses dans les sites contaminés par la catastrophe nucléaire de Tchernobyl en Ukraine, ce qui contredit une étude précédente qui semblait indiquer que la faune et la flore se rétablissaient dans la région.
 
Les radiations ont affecté les animaux vivant près du site de Tchernobyl en Ukraine bien plus que ce que les scientifiques ne le pensaient précédemment, d’après ce qu’une étude a montré mercredi, remettant en question la théorie selon laquelle la faune et la flore locales étaient en voie de rétablissement. L’étude a montré que plusieurs populations de papillons, d’araignées, de bourdons, de sauterelles et d’autres invertébrés étaient moins nombreuses dans les sites contaminés que dans les autres régions à cause des hauts taux de radiation laissés par l’explosion qui s’est produite il y a plus de 20 ans.

Ces découvertes remettent en question des recherches précédentes qui avaient suggéré que les populations animales se rétablissaient autour du site de l’explosion de Tchernobyl en Ukraine, explosion qui avait obligé des milliers d’individus à abandonner leur maison et à évacuer la zone. Les estimations du nombre de décès directement liés à cet incident nucléaire varient. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, 9 000 personnes auraient péri à cause de l’accident, tandis que d’après le groupe de défense de l’environnement Greenpeace, 93 000 individus mourront à cause des radiations.
 
« Nous avons été très surpris de voir qu’il n’y avait eu aucune étude sur le sujet » a déclaré Anders Moller, chercheur au Centre Nation de Recherche Scientifique (CNRS) en France, qui a dirigé l’étude. « Notre étude était la première à se focaliser sur l’abondance des populations animales ». Les chercheurs ont déclaré qu’ils avaient comparé les populations animales dans les zones radioactives avec celles des sites moins contaminés et avaient découvert que certaines zones étaient presque totalement dépourvues de vie animale.
 
« Il y a des zones où il y a plus de 100 animaux par mètre carré » a indiqué Anders Moller. « Et il y a d’autres zones qui comptent moins d’un spécimen par mètre carré en moyenne, et c’est la même chose pour tous les groupes d’espèces ». Les chercheurs ont également découvert que les animaux vivant près du réacteur nucléaire de Tchernobyl - qui a été couvert d’une couche protectrice après avoir explosé en avril 1986 - enregistraient plus de difformités et d’anomalies, dont des décolorations et des membres rabougris.
 
« Habituellement, les animaux déformés se font manger rapidement, et il est difficile de s’échapper quand vos ailes n’ont pas la même longueur » a déclaré Anders Moller. « Dans ce cas, nous avons découvert un grand nombre d’animaux déformés ». Les découvertes portent un sérieux coup à l’image écologique que le gouvernement ukrainien essaye de donner à la zone de Tchernobyl, qui a été transformée en réserve naturelle avec des loups, des bisons et des ours.
 
Des recherches précédentes sur le terrain avaient ignoré le fait que les populations animales avaient augmenté grâce à l’absence d’humains, d’après Anders Moller. « Nous voulions nous poser la question suivante : y a-t’il plus ou moins d’animaux dans les zones contaminées? Et très clairement, ils sont moins nombreux dans ces zones » a déclaré Anders Moller, qui travaille sur le site de Tchernobyl depuis 1991.
 
Tandis que les chercheurs se concentraient sur un rayon de 30 kilomètres autour du réacteur de Tchernobyl, les retombées de l’explosion ont couvert une grande partie de l’Europe de l’est, y compris certaines régions de la Russie, de l’Ukraine et du Belarus. Les découvertes s’appliquent probablement à ces zones également, d’après Anders Moller, qui a ajouté que tout effort de décontamination était improbable étant donné l’étendue des retombées.

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6 - Centrale nucléaire de Brennilis : comment informer sur le démantèlement ? (Le Télégramme de Brest - 17 mars 2009 - Ronan Larvor)
 
La Commission locale d'information (Cli) de Brennilis a débattu du coeur même de sa mission, hier soir, à Quimper. Comment informer en toute transparence sur un dossier complexe? Il y a eu des désaccords.
 
Les 43 membres de la Cli, installée en janvier dernier pour accompagner le démantèlement final de la centrale nucléaire de Brennilis, se sont réunis, hier, sous la présidence de Pierre Maille au conseil général. Autour de la table, 22 élus, sept représentants d'associations (*), cinq représentants syndicaux et des personnalités qualifiées devaient voter le règlement intérieur de la commission. L'enjeu de la soirée était là. Pierre Maille a tenu la conférence de presse à l'issue des débats sous l'oeil attentif des militants associatifs. «Les travaux de la Cli ne seront pas publics pour qu'ils puissent se dérouler dans la sérénité, a-t-il expliqué. L'ensemble des documents sera communiqué et nous organiserons des réunions publiques si nécessaires».
 
« Pour nous, c'est une pierre d'achoppement importante, a souligné Chantal Cuisnier (Sortir du nucléaire). Nous nous sommes même interrogés sur notre présence ici. Nous prenons acte que malgré cette omerta, nous pourrons enregistrer les débats nous-mêmes». Les journalistes présents ont ensuite été témoins de la difficulté de communication dans ce dossier. Xavier Gremillet (groupe mammalogique) a expliqué qu'il avait compris qu'«EDF envisageait de démanteler rapidement car le béton ne tiendrait pas». PierreMaille s'est élevé contre cette affirmation. «Il y a ici des personnes qui ont une attitude idéologique», a-t-il dit. Réplique immédiate. «S'il y a une idéologie, elle est des deux côtés avec le lobby nucléaire». Ambiance.

Trouver la moins mauvaise solution. Le ton a ensuite baissé, chacun s'accordant qu'il fallait trouver «la moins mauvaise solution». Le règlement intérieur a été voté avec 18 voix pour, 10 contre faute d'ouverture au public et une abstention. Le dossier de démantèlement final des installations est actuellement en cours d'instruction dans les services de l'État. Il sera ensuite soumis à enquête publique. La Cli devra se prononcer dans les 15 jours après l'enquête. La commission devra, d'ici là, travailler vite. «Nous devons examiner ce qu'il faut réactualiser, contre expertiser, prévoir éventuellement des études complémentaires», a souligné Pierre Maille. Pour cela, un budget de 8.000 € sur les 20.000 dont dispose la commission, est prévu. Encore une pierre d'achoppement. «C'est une somme modeste, a concédé Pierre Maille. Mais essayons de nous mettre d'accord sur ce que nous voulons faire. Ensuite, nous chercherons les moyens de réussir».

* Sortir du Nucléaire, Eau et Rivières, CLCV, Groupe mammalogique Breton, Bretagne Vivante, Association pour l'environnement et le développement durable et Vivre dans les monts d'Arrée.

24 ans de chantiers, projets et débats
1967. La «petite» centrale nucléaire de Brennilis (70MW) entre en fonction.
1985. La production est arrêtée
1985-1990. De multiples projets de reconversion du site sont envisagés. On parlera même d'un centre d'étude et de formation à la protection de l'environnement. Le combustible et 100tonnes d'eau lourde ont été évacués sur Cadarache (Bouches-du-Rhône).
1994. Une enquête publique est organisée pour une deuxième étape de démantèlement partiel: le démontage de tout ce qui se trouve à l'extérieur de l'enceinte.
1996. Le décret est publié. Le chantier de démantèlement débute en 1997.
1995-2000. Un débat sur le démantèlement final oppose ceux qui veulent laisser «reposer» le coeur pendant 50 ans et ceux qui demandent un «retour à l'herbe» dans les 20 ans. Ce chantier est présenté par ses défenseurs comme une «vitrine» du savoir-faire français.
2000. Des prospections ont lieu pour créer un centre d'enfouissement des déchets nucléaires. Des manifestations importantes ont lieu, notamment à Brennilis. Le projet est abandonné.
2005. Des milliers de tonnes de déchets radioactifs ont été évacués vers le département de l'Aube. La deuxième phase de démantèlement partiel s'achève.
2006. Un décret concernant le démantèlement complet est publié. Le calendrier court jusqu'à 2018. Le réseau «Sortir du nucléaire» porte plainte pour «absence de mise à disposition du public d'une étude d'impact».
2007. Le Conseil d'État annule le décret, ce qui aboutit à l'arrêt du chantier. 25 employés sur la centaine engagée restent sur place. Un rapport pointe de nombreuses anomalies sur les chantiers précédents.
2009. La Commission locale d'information est installée le 12janvier. Le 16mars, l'exploitant présente le démantèlement de l'installation lors de la deuxième réunion plénière.

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7 - Nucléaire : nos plages dangereuses ? (Paris-Normandie - 14 mars 2009 - Fabienne Delaunoy)

FECAMP. Deux associations de contrôle du nucléaire ont réalisé des prélèvements sur nos rivages. Ils sont contaminés à plus ou moins forte dose par les rejets des centrales voisines.

L'impact de l'activité nucléaire à Fécamp est indéniable. C'est en tout cas le message que souhaitent faire passer Acro (Association pour le contrôle de la radioactivité dans l'Ouest) et Ecoref (Ecologie pour la région de Fécamp). Depuis quatre ans, l'Acro effectue un suivi des 640 km du littoral haut normand avec le concours des habitants et des associations locales. Au Trou du chien, mardi dernier, ils étaient une poignée à prélever de l'eau de mer, des algues et des patelles au pied de la falaise.

Aujourd'hui, c'est plus particulièrement la présence du tritium qui les inquiète. Cet isotope de l'hydrogène, radiocatif, est rejeté en grande quantité par les centrales nucléaires et le centre de retraitement de la Hague. « Ici, à Fécamp comme sur tout le littoral, le tritium, très soluble dans l'eau, est présent cent fois plus de ce qu'il devrait l'être naturellement. En 2006, on relevait 10,7 becquerels par litre d'eau alors que la moyenne est de 0,1 sans la présence d'activité nucléaire proche. » L'Acro demande que les instances officielles réévaluent les risques sur la chaîne alimentaire et appréhende que le tritium, sous certaines formes non étudiées, soit plus radiotoxique que la forme prise en compte actuellement. « EDF a développé des méthodes d'évaluation contestables. Pour nous, Paluel dépasse la limite réglementaire de 1 % tandis que Penly la dépasse de 2 %. »

Ce qui inquiète aujourd'hui l'Acro et Ecoref, c'est que le nouveau réacteur de Penly va accuentuer la dose. « Le préfet a donné son feu vert à la centrale pour rejeter 25 % de plus de tritium à partir de cette année. » C'est donc pour alerter les pouvoirs publics et la population que l'Acro réalise ces prélèvements, dont les résultats seront publiés dans six mois, grâce au laboratoire indépendant de l'association.   « C'est un contrôle citoyen. Nous souhaitons impliquer les habitants, explique Yves Blondel, vice-président d'Acro. Et donner une information indépendante, loin du discours officiel. » Sans être anti-nucléaire, les militants estiment que la région est « trop nucléarisée. La Haute-Normandie est la région qui accueille le plus d'installations nucléaires. Si un accident survient, notre littoral serait très vulnérable. »

Contamination. Et d'ajouter : « Les rejets effectués dans l'eau par les centrales de Paluel, Penly et même du centre de retraitement de la Hague arrivent jusqu'ici. Ils sont dissous dans l'eau de mer et même de rivière et sont reconcentrés dans la vie aquatique. »  Les coquilles, poissons et toute la faune et la flore marines sont donc contaminés à plus ou moins grande dose. Le sommes-nous, à notre tour, si nous consommons les produits de la mer ? Le sujet fait débat : « La communauté scientifique est divisée, rappelle Yves Blondel. D'un côté, certains affirment que les doses sont trop minimes pour avoir une incidence quelconque sur les hommes. De l'autre, des chercheurs soutiennent que la côte normande subit les effets néfastes du nucléaire. »

Et Yves Blondel d'ajouter : « Grâce à notre action de surveillance citoyenne, notre association a pu alerter sur les fortes contaminations en tritium sur l'environnement. Nous faisons partie des commissions locales et nationales d'informations et sommes en contact avec chaque centrale. » Si certains médecins ont mis en avant le caractère cancérigène de cet atome, les associations telles que Santé, sous-traitance, ont encore du mal à le faire reconnaître.

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8- Tarascon : Pollution radioactive à l'usine de papier Tembec (www.laprovence.com - Mercredi 18 Mars 2009

Derrière les murs de l'entreprise Tembec, frappée par le chômage technique, des hommes masqués, casqués, côtoyaient les salariés occupés à la maintenance, en simple tee-shirt. Explication: ces hommes qui travaillent au sein d'une filiale    d'Areva,sont spécialisés dans la décontamination de sites. Et ils ont donc,   soigneusement nettoyé un certain nombre de tamis qui avaient une fâcheuse   tendance à rendre fous les compteurs Geiger à cause d'une pollution radioactive qui a été détectée. Selon l'agence de sûreté nucléaire, le problème a "été correctement  traité" même si l'on attend encore, les résultats d'une étude sur les résidus  atmosphérique et les effets sur le personnel posté.

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9-Tricastin - L'étude cancers : la Frapna met en doute l'indépendance du prestataire (Dauphiné Libéré - 15/03/09)
 
Les villes voisines du site nucléaire du Tricastin dans un rayon de dix kilomètres vont faire l'objet d'une étude épidémiologique, appelée "étude cancers" (notre édition du 28 janvier). Reste à choisir le prestataire qui sera chargé de mener cette enquête.
Alors qu'un appel d'offres est en cours, lancé par le conseil général qui cofinance l'étude avec l'Autorité de sûreté nucléaire, Jean-Pierre Morichaud, représentant la Frapna à la Cigeet(¹) et à l'origine du projet, a exprimé, lors d'une conférence de presse donnée hier matin à Pierrelatte, ses doutes sur l'indépendance du futur prestataire.
« Le nucléaire, c'est l'État ». Il a indiqué que, contrairement à ce que prévoyait le cahier des charges établi par le groupe de travail, le choix du prestataire devrait revenir « uniquement au conseil général et à l'Autorité de sûreté nucléaire avec comme expert l'Institut de veille sanitaire. » L'Institut national de veille sanitaire étant un établissement public d'État, selon Jean-Pierre Morichaud, un tel scénario poserait « des doutes sur l'indépendance car le nucléaire, c'est l'État. »
Tout en précisant que  les commissions locales d'information (Cli) sont en train de se réorganiser afin d'avoir le statut des associations loi 1901 « pour pouvoir faire elles-mêmes des études en toute indépendance », le représentant de la Frapna affirme que « quatre prestataires ont présenté leur candidature ». L'un d'eux aurait déjà été « éliminé » de la course. Le choix doit être dévoilé à la fin du mois lors de la prochaine Cigeet.
 
(¹) Commission d'information auprès des grands équipements énergétiques du Tricastin.

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10. 26 avril 2009 :  23e commémoration de l'accident de Tchernobyl

Appel à participer à l'action internationale "Chernobyl Day" Les samedi 25 avril et dimanche 26 avril 2009: http://chernobyl-day.org/
Contre le nucléaire ! organiser une action locale “Des masques contre le déni”

A l'occasion du week-end des 25 et 26 avril 2009 (23e commémoration de l'accident de Tchernobyl), organisez une action locale solennelle et inédite ! près l'importante répercussion médiatique du 26 avril 2008 (179 actions à travers le monde), agissons localement pour une mobilisation encore plus forte en 2009.

Une des actions phares, facilement réalisable même si vous êtes peu nombreux, consiste simplement à porter un masque et à se tenir immobile devant un lieu symbolique. 3000 masques originaux marqués de trèfles radioactifs, symbolisant les victimes de Tchernobyl mais également du nucléaire civil et militaire partout dans le monde, ont été spécialement créés pour l’occasion.

Le Réseau Sortir du nucléaire se chargera d’une vaste campagne de communication nationale. Nous mettons à votre disposition un communiqué de presse type, un tract à distribuer au public et une grande affiche pour marquer les 50 ans de la soumission de l'OMS (Organisation mondiale de la santé) à l'AIEA (Agence Internationale pour l'Energie Atomique). ous ensemble, lors de cette journée, nous interpellerons fortement l’opinion publique mondiale.

Pour en savoir plus sur "Chernobyl Day", visitez le site : http://www.chernobyl-day.org/  Commandez du matériel pour votre action en cliquant ici : http://www.chernobyl-day.org/spip.php?article408     . Inscrivez votre action pour participer à "Chernobyl Day" sur : http://www.chernobyl-day.org/spip.php?article68

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11 - Areva : Paris réfléchit à une ouverture du capital à des fonds arabes

AFP - 12 mars 2009 - WASHINGTON - Le gouvernement français étudie la possibilité d'ouvrir le capital du groupe nucléaire Areva à des fonds d'investissements publics du Moyen-Orient, écrit mercredi le Financial Times sur son site internet, en citant des sources proches du dossier.

"Des discussions exploratoires ont eu lieu sur la possibilités que des fonds d'investisements publics prennent des participations minoritaires de 1 à 5% dans Areva", écrit le journal dans un article intitulé "Areva cherche des fonds au Moyen-Orient".

Notant qu'aucune décision n'a encore été prise, le journal ajoute que cette réflexion procède "d'un examen plus large de l'avenir d'Areva, qui a un besoin urgent de capitaux pour tirer parti de la renaissance de la demande mondiale pour le nucléaire".

"Des responsables ont également laissé entendre que le gouvernement français pourrait être attiré par les avantages politiques" d'un tel plan, "étant donné les ambitions du président (français) Nicolas Sarkozy de jouer un rôle plus grand au Moyen-Orient", ajoute l'article.

Selon le quotidien britannique, "des investissements de partenaires stratégiques ou de fonds dans dans marchés importants comme les Emirats arabes unis ou l'Arabie saoudite pourraient apporter de nouvelles ressources tout en renforçant la position d'Areva vis-à-vis de la concurrence dans cette région, qui a besoin de nouvelles capacités de production" électrique.
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12 - Smart Grid : IBM fera bientôt rouler des voitures électriques fonctionnant grâce à des énergies renouvelables (zdnet.fr - 11 mars 2009)

IBM vient de rejoindre le consortium EDISON qui rassemble des entreprises, des organismes publics et des universités pour développer une infrastructure « intelligente » (smart grid), nécessaires à l’adoption à grande échelle de véhicules électriques fonctionnant grâce à des énergies renouvelables.

Les différents acteurs participant au projet EDISON sont IBM, DONG Energy (la plus grande compagnie d’énergie du Danemark), la société régionale d’énergie d’Oestkraft, l’Université Technique du Danemark, Siemens, Eurisco et l’association danoise d’énergie.
 
La recherche sera financée en partie par le gouvernement danois, un financement motivé par les bénéfices sur l’environnement que représentent les technologies de voitures électriques. Un premier pilote sera mené sur l’île de Bornholm au Danemark (40.000 habitants) dont l’électricité provient essentiellement de sources éoliennes.

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13 - Bruxelles soupçonne EDF de manipulation de marché (Les Echos - 12/03/09 )

Rien ne va plus entre Bruxelles et EDF. La Commission européenne a confirmé hier avoir mené mardi et mercredi des inspections surprises chez l'électricien (voir « Les Echos » d'hier). Ces perquisitions ne portaient pas sur les tarifs réglementés en France, qui font l'objet d'une enquête spécifique, mais sur des soupçons de manipulation de cours.

« La Commission soupçonne EDF d'être l'instigateur potentiel d'une hausse des prix sur le marché de gros de l'électricité en France », a-t-elle déclaré dans un communiqué, indiquant qu'elle avait « des raisons de penser que le groupe français aurait enfreint les règles » du traité européen qui interdit l'abus de position dominante.

La Commission européenne agit de sa propre initiative. Son soupçon : que l'électricien, qui contrôle l'essentiel de la production d'électricité nucléaire et hydraulique en France, ait modulé sa production pour créer une pénurie et faire monter les cours. En janvier, la Commission française de régulation de l'énergie (CRE) avait manifesté des inquiétudes dans ce sens. Bruxelles a déjà poursuivi l'allemand E.ON pour un problème comparable.

Manifestement, ses inspecteurs ont fouillé les bureaux de Bernard Dupraz, directeur général adjoint en charge de la production et de l'ingénierie, Jean-Louis Mathias, directeur général délégué en charge de l'intégration et des opérations dérégulées, Marianne Laigneau, secrétaire général et directeur juridique, et Philippe Torion, responsable de la direction qui chapeaute les activités de trading.
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14 - 50 ans de retombées radioactives en métropole dues aux essais nucléaires atmosphériques (Actu-Environnement.com - 11/03/2009 - C.Saïsset)
 
Longtemps restées dans le tabou, les retombées radioactives des essais atomiques atmosphériques deviennent visibles. La radioactivité artificielle qui en résulte laisse des traces dans l'environnement aujourd'hui publiées par l'IRSN.
 
Sur son nouveau portail Internet dédié à la radioactivité de l'environnement, l'Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire (IRSN) publie une chronique de 50 ans de mesure des retombées radioactives sur l'Hexagone dues aux essais aériens d'armes nucléaires. Ce travail résulte d'une commande en 2003 du ministère en charge de l'environnement (l'un de ses 4 ou 5 ministères de tutelle), d'évaluer les conséquences environnementales et dosimétriques de ces retombées sur le territoire. Jusqu'alors, les données officielles exploitées par les autorités françaises reposaient uniquement sur des estimations du Comité scientifique des Nations Unies sur l'effet des Rayonnements (UNSCEAR).

Or depuis 1959, la France disposait d'un réseau de surveillance de la radioactivité artificielle dans l'air baptisé Opera (Observatoire permanent de la radioactivité), basé sur neuf stations atmosphériques équipées de préleveurs d'eau de pluie et de filtres à air. Ce réseau avait été initié en 1955, en pleine Guerre Froide, par le professeur Yves Rocard, membre du Comité de l'Energie Atomique, dans le but stratégique de détecter les essais d'armes nucléaires. Lors de sa création en 2002, à partir de la fusion de l'Institut de Protection et de Sûreté Nucléaire (du CEA) et de l'Office de Protection des Rayonnements Ionisants (ex Service Central de Protection contre les Rayonnements Iionisants qu'a dirigé le fameux professeur Pellerin), l'IRSN récupère les résultats de cette surveillance de l'environnement.

En France, selon l'IRSN, la radioactivité naturelle ambiante est de 50 à 70 nSiev/h aux points les plus bas, de 150 à 170 nSiev/h dans les régions granitiques, et de 300 nSiev/h à 3800 mètres d'altitude. Avec l'explosion des bombes sur Hiroshima et Nagasaki et les essais atomiques qui suivirent, l'air s'entache de radioactivité artificielle. De 1945 à 1980, plus de 2.400 essais nucléaires, dont 543 atmosphériques, ont été réalisés par les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France et la Chine, la plupart du temps dans l'hémisphère nord. Selon l'IRSN, 75 % des retombées de ces essais ont eu lieu dans l'hémisphère nord.

La période de 1959 à 1980 montre des activités élevées et fluctuantes de radionucléides artificiels dans l'air, en rapport avec les essais atmosphériques dans l'hémisphère nord. L'IRSN décrit la présence du Césium 137. De 1959 à 1965, les retombées radioactives sur l'Hexagone ont ainsi été de 1.000 à 10.000 micro Becquerel par mètre cube (µBq/m3) d'air, liés notamment aux essais américains et russes, avec un niveau dix fois plus faible en 1961, année du moratoire. Par la suite, l'effet de ces essais s'estompe, et subsiste l'influence des essais atmosphériques chinois jusqu'en 1980 : la teneur en Césium 137 varie de 1.000 à 100 µBq/m3 dans l'air des français. Avec l'arrêt des essais atmosphériques, la radioactivité décroît. Elle atteint presque 1 µBq/m3 de Césium 137 dans l'air lorsqu'en 1986 survient la catastrophe de Tchernobyl. Le Césium 137 remonte en flèche à 10 millions de µBq/m3 dans l'air, puis décroît de 1000 à quelques dizaines jusqu'à l'accident d'Algésiras en Espagne. En 1998, un rejet accidentel lors de l'incinération d'une source radioactive provoque un pic de remontée à 10.000 µBq/m3 de Césium 137 dans l'air. Depuis lors, la radioactivité dans l'air de l'Hexagone oscille de 1 à 10 µBq/m3 de Césium 137.

Les effets sur l'environnement et la santé de la population ont été de courte durée pour les radionucléides artificiels à vie courte, tels que l'iode 131 (8 jours). Les radionucléides artificiels à vie longue, tels que le Césium 137 (30 ans) ou le Strontium 90 (30 ans), ont eu le temps de s'infiltrer dans tous les compartiments de la chaîne alimentaire et entretiennent une contamination qui ne diminue que lentement depuis le début des années 60. Aujourd'hui, ces particules solides sont toujours présentes dans le sol et les sédiments, avec le risque de migrations dans les écosystèmes, tient à préciser Didier Champion, directeur de l'environnement et de l'intervention de l'IRSN. Ce qu'on observe aujourd'hui, c'est la remise en suspension par le vent du stock qui s'est déposé au sol.

Trois ans d'étude ont été nécessaires à l'IRSN pour arriver à établir des conclusions de l'analyse de ces données historiques. Le lait, la viande et les légumes produits dans les régions les plus arrosées ont pu être cinq fois plus contaminés que les denrées provenant des régions où les précipitations étaient en moyenne plus faibles. Cet écart s'est retrouvé au niveau de l'alimentation des consommateurs : jusqu'au début des années 80, alors que la consommation alimentaire empruntait encore un circuit court, les enfants d'Auvergne ou des Vosges ingéraient en moyenne 2,5 fois plus de Césium 137 que ceux de la Région parisienne. La génération la plus exposée aux retombées radioactives de ces essais est celle des enfants nés en 1961 : à 18 ans, la dose cumulée depuis leur naissance du fait de ces essais est estimée à 15 millisievert (mSv) en moyenne et jusqu'à 5 mSv dans les régions les plus arrosées. La dose annuelle reçue par la population française a été maximale en 1963 : 0,3 mSv par an.

Ces résultats paraissent au moment où circule dans les salles de cinéma françaises un documentaire éloquent de Djamel Ouahab sur les essais nucléaires français dans le sud du Sahara : « Gerboise Bleue », du nom du premier essai atomique atmosphérique français effectué 50 ans en arrière. Ce film amorce une ébauche de réconciliation franco-algérienne sur cette période. Avec un point d'interrogation : Quelles sont les retombées radioactives des essais atmosphériques français dans le Sahara algérien, sur la population et les militaires alors mobilisés ?

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15 - L'Allemagne veut taxer le nucléaire pour financer la gestion des déchets

AFP - 11 mars 2009 - BERLIN - Le ministre de l'Environnement allemand Sigmar Gabriel a présenté mercredi un projet de taxe sur le combustible nucléaire, prélevée sur les groupes énergétiques, et dont les recettes serviraient à financer la gestion des déchets.

"La question est de savoir qui doit supporter les coûts de ces déchets. Je trouve raisonnable d'introduire une taxe sur le combustible nucléaire (...) qui serait d'un cent d'euro par kilowatt produit, ce qui assurerait des recettes de 1,6 milliard d'euros par an" au gouvernement, a indiqué le ministre social-démocrate (SPD) lors d'une conférence de presse.

"Une telle taxe est possible puisque nous avions, jusqu'en 2006 un impôt énergétique sur le pétrole et le gaz et (...) d'autres pays européens, comme la Suède l'appliquent", a souligné M. Gabriel.

Cet impôt "viendrait uniquement peser sur les bénéfices des opérateurs, ce qui me semble être un impératif absolu, car il n'est pas acceptable que les bénéfices tirés de l'électricité nucléaire soient privatisés, mais que les coûts qui découlent de son exploitation soient payés par la collectivité", a ajouté le ministre.

"Je sais que, dans la crise financière actuelle, la mutualisation des pertes est une pratique devenue monnaie courante, mais il n'y pas de raisons de la généraliser sans fin", a-t-il conclu.

Les risques liés à l'énergie nucléaire devraient être l'un des fers de lance de la campagne du SPD et des Verts lors de la campagne qui précèdera les législatives de septembre.

Si la CDU, parti de la chancelière Angela Merkel, parvenait ensuite à gouverner avec les libéraux du FDP, elle pourrait revenir sur la décision, prise en 2000 par la coalition "rouge-verte", d'abandonner totalement cette source d'énergie d'ici 2020.
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16 - Une concertation nationale pour développer l’énergie éolienne en mer (developpement-durable.gouv.fr - 10/03/2009)

Jean-Louis Borloo, ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire, a demandé aux préfets des régions Bretagne, Pays de la Loire, Haute-Normandie, Aquitaine et Provence-Alpes-Côte d’Azur d’organiser une large concertation sur chaque façade maritime en vue de planifier et accélérer le développement de l’éolien en mer.

Jean-Louis Borloo avait présenté le 17 novembre dernier le plan de développement des énergies renouvelables de la France issu du Grenelle Environnement. Ce programme a pour objectif de porter à au moins 23 % la part des énergies renouvelables dans la consommation d’énergie à l’horizon 2020, grâce à une augmentation de 20 millions de tonnes équivalent pétrole de la production annuelle d’énergie renouvelable. Il comprend 50 mesures opérationnelles, qui concernent l’ensemble des filières : bioénergies, éolien, géothermie, hydroélectricité, solaire, énergies de la mer.

Ce plan prévoit notamment une accélération du développement de l’énergie éolienne en mer, et vise l’installation d’une capacité de 5 000 à 6 000 MW à l’horizon 2020. A cet effet, le Gouvernement a décidé les mesures suivantes :

- les procédures applicables à l’éolien en mer seront très nettement simplifiées, avec la suppression des zones de développement éolien et des procédures d’urbanisme ; ces dispositions sont intégrées dans le projet de loi portant engagement national pour l’environnement, qui a été adopté le 7 janvier 2009 par le conseil des ministres ;
 
- pour chaque façade maritime, une instance de concertation et de planification, rassemblant l’ensemble des parties prenantes conformément à la méthode du Grenelle Environnement, aura pour mission d’identifier des zones propices au développement de l’éolien en mer, au regard des différentes contraintes (usage de la mer, radars, réseau électrique, ...) ; les porteurs de projets seront invités à privilégier ces zones.

La lettre de mission adressée aux préfets vise à mettre en application cette dernière orientation. Jean-Louis Borloo a demandé aux préfets de bien vouloir lui transmettre le document de planification avant le 15 septembre 2009.

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17 - Climat : une ville danoise aspire à être la vitrine verte du monde d'ici 2015
 
AFP - 11.03.09  - Frederikshavn, petite cité portuaire danoise, ambitionne d'être à l'horizon 2015 la première ville de la planète alimentée uniquement en énergies renouvelables. Nichée au nord du Danemark entre des collines verdoyantes et la mer du Kattegat, cette ancienne base navale de 25.000 habitants est déterminée à réussir en sept ans sa révolution verte: devenir une vitrine de la technologie de l'énergie propre et un exemple à suivre pour les autres villes dans le monde.
 
Dans le royaume scandinave, à la pointe de l'énergie verte, une petite île, Samsoe, a déjà ouvert la voie, étant déjà alimentée à 100% par l'électricité fournie par ses éoliennes, et à 75% en chauffage par des panneaux solaires et la biomasse. Frederikshavn diffère cependant car son projet est à plus grande échelle. Le projet, baptisé "Frederikshavn, ville énergétique" et lancé en 2008 par la mairie, est "ambitieux", reconnaît Mikael Kau, son directeur, alors que le quart de l'énergie provient actuellement de sources alternatives. Mais selon lui, c'est "réalisable" grâce à l'énergie éolienne, solaire ou encore le biogaz, les ordures et les déchets de l'agriculture. Et des entreprises, comme Dong Energy, "ont d'ores et déjà adhéré au projet, ce qui est vital pour son succès", insiste M. Kau.
 
Les coûts des investissements sont estimés de 1 à 1,5 milliard de couronnes danoises (134 à 201 millions d'euros) financés par les entreprises privées. Sur le toit de sa mairie, offrant une vue spectaculaire de la ville, le maire Erik Soerensen souligne que l'ensemble du conseil municipal soutient le projet. "Il est essentiel, dit-il, que chacun assume ses responsabilités dans la lutte contre le réchauffement climatique, dans un monde où la consommation énorme d'énergie fossile menace les conditions de vie sur la terre". Pour lui, le projet de Frederikshavn est "une opportunité" pour les nouvelles technologies de l'environnement et sera "créateur d'emplois" dans une ville "saignée à blanc il y a une dizaine d'années, par la fermeture de ses chantiers navals qui ont laissé 7.000 personnes au chômage".
 
Sélectionnée en 2006 par les meilleurs experts, Frederikshavn est considéré comme l'endroit idéal pour "monter un laboratoire expérimental et montrer qu'il est possible avec la technologie existante de transformer en quelques années la consommation des énergies fossiles en énergies 100% renouvelables". Les dirigeants de Frederikshavn, qui ont été les hôtes d'orateurs célèbres comme l'ancien vice-président américain Al Gore, ont été "convaincus" d'agir après les perspectives dramatiques relatives au climat.
 
"Il fallait faire quelque chose et ne pas attendre que le monde entier se mette d'accord", rappelle le maire, soulignant que la ville est partie d'un postulat: "pourquoi ne pas commencer à une petite échelle avec Frederikshavn?" Mais le soutien de la population "est indispensable pour sa réussite", relève Marie Halgaard Nielsen, responsable de la participation des habitants à ce projet. "Les gens demandent si cela en vaut la peine et veulent savoir si cela apportera du travail et de la croissance", résume-t-elle, d'où une réunion de "militants" à la maison de l'environnement pour en débattre en espérant qu'ils se feront le relais dans leur entourage.
 
Devant un champ de 8.000 m2 de panneaux solaires reliés à une centrale de chauffage, Flemming Soerensen, son responsable, espère une véritable volonté politique du gouvernement. "Nous pouvons réussir à condition qu'on nous aide", conclut-il, à l'adresse du gouvernement qui selon lui, "défend les énergies renouvelables par la parole et non par les actes, et sans en donner les moyens".

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18 - Solaire thermique : +20 % en 2008 en France

AFP - 10.03.09  - Le marché du solaire thermique, pour le chauffage de l'eau ou de l'habitation, a globalement progressé de 20% en 2008 par rapport à 2007 en France métropolitaine, a estimé mardi l'association Enerplan des entreprises du secteur. Pour établir ce bilan, Enerplan a interrogé ses membres sur leurs ventes en chauffe-eau solaire individuel, en système solaire combiné (eau chaude sanitaire et chauffage de l'habitation), et en eau chaude solaire collective.
 
Il en résulte qu'en métropole, plus de 42.000 chauffe-eau solaires individuels ont été vendus en 2008 contre 39.000 en 2007, et 5.800 systèmes solaires combinés contre 5.000 l'année précédente, a précisé Enerplan dans un communiqué. Par ailleurs, 57.000 m2 de capteurs pour des installations d'eau chaude solaire collective ont été installés en 2008 contre 40.000 m2 en 2007.

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19 - Perte par EDF des agréments pour mesurer la radioactivité autour des centrales nucléaires
 
"Sortir du nucléaire" accuse la centrale nucléaire du Blayais (Gironde) de ne pas sous-traiter les mesures de radioactivité. L'Autorité de sûreté nucléaire tente une fois de plus de cacher la vérité.

Le 12 janvier 2009, le Réseau "Sortir du nucléaire" révélait que les laboratoires de toutes les centrales nucléaires EDF s'étaient vus refuser par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) les agréments concernant diverses mesures de radioactivité dans leur environnement. L'ASN avait par ailleurs "oublié" de révéler cette information cruciale… ce dont s'était chargé le Réseau "Sortir du nucléaire".

Les autorités (ASN, Ministère de l'écologie) avaient alors expliqué que les mesures étaient effectuées pour EDF par des laboratoires agréés. Julien Collet, directeur de l'environnement et des situations d'urgence de l'ASN, a ainsi précisé : "Depuis le 1er janvier 2009, l'ensemble des mesures réglementaires doivent être réalisées par des laboratoires disposant d'un agrément" (cf dépêches du 13 janvier 2009)

Or, le Réseau "Sortir du nucléaire" rend aujourd'hui publique une lettre de suite d'inspection par l'ASN, datée du 22 janvier 2009, qui reconnaît clairement que la centrale nucléaire du Blayais a continué à fonctionner illégalement : "L’inspecteur a constaté que le CNPE du Blayais n’a pas sous-traité ces mesures réglementaires à des laboratoires agréés comme l’exige la réglementation à partir du 1er janvier 2009." (cf http://tchernoblaye.free.fr/centrale/Inspection-Blayais-Sans-agrement.pdf)

Et, comme par hasard, sur le site web de l'ASN, la page qui répertorie les récentes lettres de suite d'inspection reste désespérément vierge depuis plusieurs semaines (*). La direction de l'ASN souhaiterait-elle que le fonctionnement illégale de la centrale nucléaire du Blayais reste confidentiel ?

Par ailleurs, il est légitime de se demander combien de centrales nucléaires ont fonctionné ou fonctionnent encore sans leurs agréments et sans sous-traiter les mesures à un laboratoire agréé. Autre question : l'ASN va-t-elle décider de sanctions ou bien les infractions d'EDF resteront-elles une fois de plus impunies ?

(*) http://www.asn.fr/sections/rubriquesprincipales/actualites/?type=inspection

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20 - "Sortir du nucléaire" dénonce des publicités parues dans la presse jeunesse

AFP - 6 mars 2009 - Des messages du groupe nucléaire français Areva parus dans plusieurs titres de la presse "jeunes" ont été dénoncés vendredi devant l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) par le Réseau "Sortir du Nucléaire" comme étant des "vraies-fausses publicités".
 
Le Réseau, qui revendique 840 associations membres, a déposé des plaintes devant l'ARPP contre Areva et les titres incriminés - Sciences et Vie Junior, Images Doc, Mon Quotidien, L'Actu et Milan Presse (Clés de l'Actualité et Clés de l'Actualité Junior), pour des encarts et poster diffusés sans porter la mention "publicité" ou "communiqué", comme la loi les y obligeait.

Les encarts, publiés dans le cadre d'un contrat publicitaire avec Areva, portaient les mentions "Areva avec Images Doc", ou "Publi-info Sciences et Vie Junior", "Publi-information en partenariat avec Les Clés de l'Actualité", "Jeu-concours" ou encore, sur le poster, le logo des magazines avec la mention "en collaboration avec Areva". "Les enfants pouvaient penser que si leur journal préféré travaille avec Areva, c'est que le nucléaire n'est pas mauvais", a estimé le porte-parole du Réseau anti-nucléaire, Stéphane Lhomme, lors d'un point-presse.

"C'est plus grave que si Areva faisait clairement sa publicité", a-t-il souligné, évoquant de "vraies-fausses publicités". "On critique le fait que le magazine cautionne" cette pratique, a-t-il ajouté. Il a rappelé l'article 18 du code de déontologie international CCI, qui stipule que "la communication de marketing ne doit pas exploiter l'inexpérience ou la crédulité (des enfants ou des adolescents), que "la publicité doit pouvoir être nettement distinguée comme telle, quel que soit le support". Par ailleurs, dit le texte, "lorsqu'il s'adresse aux enfants, le caractère publicitaire du message doit être rapidement identifiable".

Areva a estimé à cette occasion qu'il a "tout à fait respecté les recommandations de l'ARPP puisqu'on voit une distinction très nette entre la publicité et l'information", du fait de la police des caractères "différente", du logo, pas exactement le même que celui de l'entreprise, et de la mention "publi-information, écrite chaque fois de façon très claire". "Dans Sciences et Vie Junior, par exemple, vous avez un carré qui est très large, avec +Areva l'énergie au sens propre+ qui montre bien que c'est un dossier soutenu par Areva", a expliqué le groupe, joint au téléphone par l'AFP.

Lors de la présentation des arguments vendredi, le jury de l'ARPP n'a entendu que les cas portant sur Areva et Images Doc, Sciences et Vie Junior de décembre 2008 et les deux hebomadaires de Milan Presse, qui ont depuis cessé leur parution. L'ARPP devrait se prononcer sur ces plaintes dans une dizaine de jours, selon Stéphane Lhomme.

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21 - Energies renouvelables en France : plus de 51 000 emplois directs ont été créés (Envirojob.fr - 23-02-2009)
 
Publiée le jeudi 19 février 2009 par Eurobserv’ER, l’édition 2008 sur « l’état des énergies renouvelables en Europe » contient pour la première fois des données chiffrées sur l’emploi. En France, pour 2007, l’éolien et la biomasse sont arrivés en tête des secteurs qui recrutent le plus. Menée par Eurobserv’ER, une association chargée depuis 1979 d’analyser le développement des énergies renouvelables, cette étude est la synthèse de l’ensemble des baromètres publiés durant l’année 2008, pour toutes les ENR et dans les 27 Etats membres de l’UE.

« En Europe, c’est l’éolien qui génère l’activité économique la plus importante du secteur des énergies renouvelables », selon le rapport. Ainsi en 2007 plus de 145 000 personnes travaillent directement et à temps plein pour le succès de ces chantiers. En France, comparativement aux autres pays européens, l’éolien est encore à la peine. En 2007, seules 7 500 personnes étaient salariées dans ce secteur, contre 45 000 en Espagne et 89 700 en Allemagne.

En revanche la biomasse semble, et de loin avec 9,2 millions de tonnes d’équivalent pétrole (tep) en 2008, le secteur le plus productif et le plus porteur en terme d’emploi dans l’hexagone. Début 2008, quelques 23 000 personnes étaient employées à temps plein: 20% à la production, 45% à la distribution et 35% aux activités d’exploitation et de maintenance.

Les autres secteurs ? En France, 900 emplois directs ont également été créés dans la filière du biogaz, 2 110 dans le photovoltaïque, 2 300 dans le solaire thermique, 3 900 dans la filière dite "Petite hydraulique", 5 200 postes dans la géothermie et 6 100 dans les biocarburants. Selon ce rapport, l’UE n’aurait enregistré qu’une faible hausse de sa consommation d’énergies renouvelables en 2007, passant à 7,5% de la consommation totale d’énergie contre 7,1% l’année précédente.
 
Si l’objectif de Bruxelles de consommer 12% d’énergies renouvelables à l’horizon 2010 semble donc difficile à atteindre, l’Etat français lui garde bon espoir. Son objectif est ambitieux : faire passer de 10,3% à  23% la part d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique totale du pays en 2020. En créant davantage d’emplois encore ? A suivre…

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22 - Chine : éviter la surchauffe nucléaire (Courrier-international.com - 6 mars 2009)

Il est faut éviter la surchauffe dans le développement de l'énergie nucléaire en Chine et renforcer le contrôle de la sécurité des centrales", a averti Wang Yuqing, ancien directeur du Bureau national de la sécurité nucléaire, dans le magazine économique Caijing. La Chine a planifié un important développement de la production d'énergie nucléaire. Ses capacités, de moins de 10 millions de kilowatts actuellement, pourraient atteindre 40 millions de kilowatts en 2020.
 
Pour réaliser cette ambition, les provinces de l'intérieur du pays connaissent aujourd'hui une vague de construction de centrales nucléaires. Outre les provinces côtières comme le Guangdong, le Jiangsu ou le Zhejiang, qui ont déjà des centrales nucléaires, douze autres provinces lancent leurs propres projets.

Cette frénésie de développement nucléaire va augmenter les risques liés à la sécurité, selon Wang, même si la planification pour la supervision de la sécurité nucléaire est aux normes internationales. Mais la qualité des gestionnaires et des contrôleurs, le niveau des connaissances professionnelles et les moyens de contrôle sont loin derrière les critères internationaux.
 
De plus, au regard de la quarantaine de spécialistes par générateur à l'étranger, la Chine ne possède qu'une poignée de professionnels, soit un peu plus de 300 personnes, ce qui est déjà juste pour gérer les quatorze générateurs actuels. Le risque nucléaire va potentiellement augmenter. Il ne faut pas aller trop vite dans le développement des centrales nucléaires, a averti Wang, le moindre accident détruirait l'avenir du développement des centrales nucléaires chinoises.

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23 - L'impact sanitaire des faibles doses d'irradiation (Le Figaro - 06/03/2009 - Anne Jouan)

Une centaine de chercheurs français et étrangers ont travaillé sur cette difficile question pendant quatre ans.

Quel est l'impact des faibles doses d'irradiation sur la santé, que ce soit pour les travailleurs du nucléaire ou pour le reste de la population lors d'examens médicaux (radiographies, scanners) ? C'est la question que s'est posée le Commissariat à l'énergie atomique (CEA). Il a donc fait plancher sur ce sujet, de 2004 à 2008, environ 90 chercheurs.

Des physiciens, biologistes moléculaires et mathématiciens ont travaillé dans le cadre d'un programme intitulé Risc-Rad (Radiosensitivity of Individuals and Susceptibility to Cancer Induced by Ionizing Radiations) pour un budget de 30 millions d'euros. Rappelons que le seuil réglementaire pour les travailleurs du nucléaire est de 20 mSv sur un an. À titre de comparaison, un vol aller-retour Paris-New York irradie un passager de 0,06 mSv contre 0,006 pour une radiographie dentaire panoramique et 12 mSv pour un scanner abdominal.

Effets indirects : Les travaux ont abouti à trois conclusions : il n'y a pas de forme unique de relation dose-effet pour les processus biologiques cellulaires, les rayonnements peuvent avoir des effets indirects qui joueraient dans la cancérogénèse un rôle mineur par rapport aux effets directs sur l'ADN et, enfin, les prédispositions génétiques modulent le risque de développer un cancer. «C'est la même chose que pour le soleil, explique Laure Sabatier, chef de service du laboratoire de radiobiologie et oncologie du CEA. Certains sont plus sensibles que d'autres à son exposition.»

Autre conclusion importante, les effets induits par de faibles doses d'irradiation peuvent être différents de ceux que l'on observe lors d'expositions à de fortes doses. Risc-Rad relève également que, pour chaque dose d'irradiation, il se produit des réponses cellulaires pouvant être soit bénéfiques en induisant un effet protecteur contre la cancérogénèse, soit néfastes en augmentant le risque de cancérisation des cellules.

Mais la donnée la plus intéressante, car la plus novatrice, concerne les effets indirects de l'irradiation. Jusqu'à présent, on pensait qu'en radiologie les dommages causés à l'ADN dans les cellules irradiées étaient les conséquences des effets des irradiations. Or, des organes qui n'ont pas été irradiés peuvent subir des dommages liés à l'irradiation d'une autre partie du corps. Les cellules communiquant via des molécules produites par les cellules irradiées.

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24 - Anne Lauvergeon lie son avenir à celui d'Areva (Challenges - 12 mars 2009 - Paul Loubière)

La championne du nucléaire a des problèmes d'argent... et son conseil recale son plan de financement. L'Elysée la presse de trouver un partenaire. Elle entend le choisir.

Le 5 février, Anne Lauvergeon, patronne d'Areva, fait grise mine. Siemens, son partenaire allemand, vient de lui filer entre les doigts, la laissant dans l'obligation de racheter ses parts pour 2 milliards d'euros. Comble de malchance, l'ex-partenaire révèle que TVO, le commanditaire de l'EPR finlandais, réclame 2,4 milliards de pénalités à cause des retards du chantier. Le 6 février, changement radical. Nicolas Sarkozy visite le chantier de l'EPR de Flamanville.
 
Anne Lauvergeon l'accompagne, tout comme les autres sommités du monde de l'énergie français : Pierre Gadonneix , patron d'EDF, Patrick Kron, PDG d'Alstom, et son premier actionnaire Martin Bouygues. Devant ces derniers, qui ont Areva en ligne de mire, le président souhaite que le dossier de l'avenir du groupe - l'Etat en contrôle 94% - «aboutisse rapidement» .
 
Et ajoute qu'Areva «est l'exemple même, dans le nucléaire, de la réussite. Tous ses concurrents imitent son modèle intégré, qui part de la mine d'uranium, passe par la fabrication du combustible, la construction et l'entretien des réacteurs, et termine par le traitement et le recyclage des déchets». Phrase magique qui encense la stratégie défendue bec et ongles par Anne Lauvergeon depuis la création de son groupe en 2001 ! Requinquée, elle prépare la contre-attaque.

Son souhait le plus cher est de rester indépendante. Seulement, outre Siemens et les pénalités de son EPR finlandais, elle doit trouver 11 milliards d'euros pour financer son programme d'investissements d'ici à 2012. Or, en 2009, Areva n'a pas les moyens de ses ambitions. A tel point que le conseil de surveillance a refusé de voter son plan de financement. Du jamais-vu !

D'où la course à l'argent. Une ouverture du capital apporterait les milliards dont Anne Lauvergeon a besoin. Hélas, actuellement, le groupe ne serait pas estimé à sa juste valeur (il valait deux fois plus cher il y a un an). Impossible donc à mettre en oeuvre. Profiter de la manne du Fonds stratégique industriel ? A la Caisse des dépôts, qui en a la tutelle, le dossier Areva n'avance pas. Le groupe garde une capacité d'endettement, mais seulement pour quelques centaines de millions, vu l'état des marchés. Alors que faire ? Maigrir ? Grossir ? S'unir ?

Cessions, acquisition...

La voie la plus simple consisterait à se défaire d'actifs non stratégiques. Mais les participations qui sont immédiatement cessibles - dans Safran, Total, GDF Suez - se limitent à 1,5 milliard d'euros, selon une étude de Natixis. Il y a aussi T&D, la filiale d'Areva dans les équipements pour la transmission et la distribution d'électricité, qui n'est pas spécialisée dans le nucléaire. Mais la céder, c'est se priver de près de 30% du résultat opérationnel !

Areva avait plutôt imaginé un chemin inverse : grossir. Sur une idée d'Alain Minc, devenu conseil d'Anne Lauvergeon, un rapprochement avec le parapétrolier français Technip avait été mis sur la table. Pour le groupe nucléaire, il présentait trois avantages : il l'arrimait à une entreprise dotée d'une poche profonde; il se ménageait une aide puissante dans les projets miniers; et il se renforçait en ingénieurs capables de mener à bien des projets complexes. Mais ce montage, les dirigeants de Technip, les pouvoirs publics et même le conseil de surveillance d'Areva l'ont refusé catégoriquement en janvier dernier. Motif : aucune synergie de fond entre les deux groupes, au-delà des trois arguments d'opportunité.

... ou union ?

C'est dans ce climat que ressurgit le projet Alstom. L'entreprise dirigée par Patrick Kron souhaite depuis longtemps une fusion avec Areva. Jusqu'ici, la présence de Siemens, son concurrent direct, interdisait tout rapprochement. Aujourd'hui, il n'y a plus d'obstacle... sinon Anne Lauvergeon, qui a promis qu'elle démissionnerait en cas de mariage forcé. Au sein du conseil de surveillance, l'opposition n'est pas aussi absolue. Certains y voient un avantage : la nouvelle entité atteindrait une masse critique (près de 25 milliards de capitalisation); cela lui permettrait de cesser d'être un nain financier en face des énormes conglomérats nucléaires qui se constituent partout dans le monde (Toshiba-Westinghouse, Siemens-Rosatom...).

Et puis, il y a les expédients : Total, déjà actionnaire à hauteur de 1,02%, pourrait grimper à 5%. Ou GDF Suez, qui finance à hauteur de 5% l'usine Georges Besse II, pourrait monter dans le capital. Officiellement, ni l'un ni l'autre ne sont intéressés. Mais l'Etat pourrait subordonner leur participation dans le nouvel EPR de Penly à une entrée dans le capital d'Areva. La solution idéale pour Anne Lauvergeon et sa stratégie de «célibattante». Mais provisoire.

Anne Lauvergeon, la reine de l'atome

Capitalisation d'Areva : 11,5 milliards d'euros. La patronne d'Areva est sous le choc du départ brutal de Siemens, son partenaire dans Areva NP, la filiale réacteur du groupe qui a mis au point les EPR. Elle doit trouver d'urgence comment financer son programme de 11 milliards d'investissements. Elle refuse oute alliance qui aboutirait au dépeçage du groupe qu'elle a créé en 2001 en fusionnant Cogema (enrichissement et retraitement de l'uranium) et Framatome. Son modèle, c'est Nespresso : vendre les centrales à bon marché et se rattraper sur le prix du combustible.

Patrick Kron, le prédateur

Capitalisation d'Alstom : 11 milliards d'euros. Ennemi juré d'Anne Lauvergeon, le PDG d'Alstom est en embuscade depuis longtemps. Il n'a jamais digéré que son rival Siemens fournisse à sa place les turbines de l'EPR de Finlande. En se mariant avec Areva, il compte bien récupérer T&D, la filiale transmission et distribution, dont il a dû se séparer en 2002 et qui s'avère très rentable. Il dispose d'alliés au sein du conseil de surveillance d'Areva; quant à Anne Lauvergeon, elle démissionnerait si sa belle construction était fusionnée.

Christophe de Margerie, le chevalier blanc

Capitalisation de Total : 94 milliards d'euros. - Le directeur général de Total souhaite se diversifier dans le nucléaire pour devenir un acteur global de l'énergie. Dès 2008, il s'est associé à GDF Suez et à Areva pour la construction de deux EPR dans le golfe Persique. Plus récemment, il s'est déclaré intéressé par le deuxième EPR de Penly où il est prêt à prendre «une participation à deux chiffres». Anne Lauvergeon aimerait bien qu'en échange le gouvernement l'incite à donner un petit coup de pouce financier à Areva en augmentant sa part dans le capital.

Gérard Mestrallet, le discret allié

Capitalisation de GDF Suez : 59 milliards d'euros. - GDF Suez est déjà un opérateur nucléaire important avec sept centrales en Belgique. Il lui manque une vraie compétence technologique. Gérard Mestrallet, le PDG, rêve de l'acquérir en participant à la construction de l'EPR de Penly. Anne Lauvergeon aimerait qu'il participe plus activement à ses investissements, au risque de se rapprocher d'un de ses clients. L'Elysée pourrait appuyer discrètement Areva en échange d'une part significative dans l'EPR de Penly ou dans un éventuel troisième site. Donnant, donnant.

Pierre Gadonneix, le client incontournable

Capitalisation d'EDF : 57,4 milliards d'euros. Anne Lauvergeon ne peut pas se passer du premier client de l'usine de la Hague. Elle vient en outre de signer avec EDF un contrat de fourniture d'uranium pour les vingt prochaines années. Entre eux, la hache de guerre est enterrée : Pierre Gadonneix a cessé de tempêter contre les prix de son fournisseur et de guigner le rachat de la partie combustible. Anne Lauvergeon souhaite toutefois diversifier ses clients et ne manque jamais de rappeler qu'EDF ne représente qu'un quart de ses ventes.


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25 - RTE : bénéfice net en chute de 37% en 2008
 
AFP - 04/03/09 - Le gestionnaire du réseau français de lignes à haute tension RTE a enregistré en 2008 une hausse de son chiffre d'affaires, grâce à la croissance de la consommation d'électricité, mais son bénéfice a été plombé par la hausse des dépenses et une décision judiciaire défavorable.

La filiale d'EDF a réalisé un chiffre d'affaires de 4,2 milliards d'euros, en progression de 2,3%. L'activité a été soutenue par la hausse de la consommation française d'électricité en 2008, qui a augmenté de 1,2% en données corrigées des variations climatiques.  Le bénéfice net du gestionnaire de réseau a en revanche plongé de 36,6% sur un an à 295 millions d'euros.

Il a notamment été amputé par une décision du tribunal administratif de Paris rendue en août 2008 qui a condamné RTE à verser 128 millions d'euros à la SNCF, après la dénonciation d'une convention régissant les conditions d'utilisation par RTE du réseau haute tension de la SNCF. RTE a fait appel de cette décision.

En outre, RTE a vu ses dépenses augmenter sensiblement en 2008. Les dépenses de sécurisation du réseau, décidées après la tempête de 1999, ont progressé de 26% à 111 millions d'euros.  Les dépenses liées à l'exploitation du système électrique ont elles augmenté de 13% à 1,062 milliard d'euros, en raison principalement de la hausse des prix de l'électricité sur le marché européen de l'électricité.

L'acheminement de l'électricité sur le réseau électrique entraîne des pertes physiques d'électrons. En vertu d'une loi votée en 2000, RTE doit compenser ces pertes en rachetant de l'électricité sur les marchés de gros. Enfin, les investissements de RTE ont continué de croître en 2008, pour atteindre 835 millions d'euros (+8%). En 2009, RTE prévoit de les porter à 1,030 milliard d'euros.

ote du Réseau "Sortir du nucléaire" : cette affaire illustre-t-elle la supposée "renaissance du nucléaire", avec des acteurs qui se concurrenceraient pour avoir la plus grosse part du "gâteau" ? Ou s'agit-il de l'accélération du phénomène de décomposition d'une industrie nucléaire mondiale en déclin et prise de panique ? Le fait est que Areva et Siemens vont maintenant s'entredéchirer. Et on commence à voir apparaître, dans la prose des éditorialistes, l'ombre d'un doute... A suivre..
 
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26 - Siemens et Rosatom veulent ravir à Areva son leadership dans le nucléaire (Les Echos - 04/03/09 - Envoyé spécial à Berlin, Thibault Madelin)

Le conglomérat allemand et l'agence russe de l'énergie atomique ont signé hier un protocole d'accord pour créer une société commune dans le nucléaire. Objectif de cette coentreprise soutenue par Berlin et Moscou : devenir le leader mondial du secteur et détrôner Areva, qui affiche entre 20 et 25 % de parts de marché et veut construire un tiers des nouvelles centrales prévues dans le monde..

L'axe germano-russe se confirme dans l'énergie. Un mois après avoir annoncé sa sortie du capital d'Areva NP, la filiale commune de réacteurs avec Areva, Siemens a signé hier soir avec Rosatom, l'agence russe de l'énergie atomique, un protocole d'accord devant déboucher sur la création d'une coentreprise dans le secteur. Rosatom souhaite posséder 50 % de la société, plus une action. Objectif : « Devenir le leader mondial du marché du nucléaire », selon Peter Löscher, le patron de Siemens. Et détrôner Areva, qui affiche entre 20 et 25 % de parts de marché et veut construire un tiers des nouvelles centrales prévues dans le monde.

Dans un premier temps, Siemens et Rosatom se contentent de formaliser leur intention de travailler ensemble. La société commune se consacrera au développement de réacteurs existants et futurs de technologie russe (les réacteurs à eau sous pression VVER) ainsi qu'à la commercialisation et à la construction de nouvelles centrales, ou encore à la modernisation du parc existant. Elle a vocation, a priori, à couvrir l'ensemble de la chaîne de valeur, du combustible au démantèlement, et se posera donc en rivale frontale du français Areva, réputé pour sa stratégie intégrée.

Actuellement, 52 réacteurs russes du type VVER sont en activité et Rosatom est en train d'en construire 12 autres dans le monde. Sur le seul territoire russe, Moscou prévoit la mise en service de 20 tranches nucléaires d'ici à 2020. Mais l'agence russe a des ambitions qui vont nettement au-delà. Avec Siemens, elle veut s'attaquer à d'autres régions et se tailler la part du lion d'un marché mondial qu'elle estime à 1.000 milliards d'euros d'ici à 2030, soit l'équivalent d'environ 400 nouveaux réacteurs.
Conclure d'ici à mai

Siemens et Rosatom veulent se compléter le mieux possible, le groupe allemand mettant en avant son expertise en matière d'îlot conventionnel et de maîtrise de projets. « Nos discussions montrent que nous nous entendons vraiment bien, grâce à nos expériences dans des projets communs, a déclaré Sergueï Kirienko. De sources concordantes, les deux partenaires veulent conclure d'ici à mai, alors même que Siemens n'a pas fini de négocier sa sortie contraignante d'Areva NP...

Avant de se lancer dans ce partenariat, Siemens a pris quelques précautions politiques. Si l'axe Paris-Berlin a fait défaut, on sent bien qu'il y a eu une préparation en amont entre Berlin et Moscou. « C'est un plaisir pour moi d'annoncer le premier pas vers une coopération plus étroite seulement quatre semaines après avoir été invité par le Premier ministre Poutine pour parler avec les représentants de Rosatom, a déclaré hier à Berlin Peter Löscher, le patron de Siemens. Nous voyons ici une grande opportunité d'étendre notre présence dans le nucléaire. »

Outre le règlement du divorce avec Areva - qui prévoit une clause de huit ans d'abstinence dans le nucléaire pour Siemens -, cette nouvelle alliance comporte son lot de questions. Il y a un an, Rosatom affichait une volonté similaire de partenariat avec Toshiba, restée lettre morte. D'autre part, sa filiale Atomernegomash a fondé en septembre une coentreprise avec le français Alstom, concurrent direct de Siemens dans les turbines conventionnelles. Que va-t-il en advenir ? Alors que la filière française s'interroge sur son avenir, en pleine renaissance du nucléaire, la bataille de l'atome ne fait que commencer.

Le coq et les ténors

Le temps s'en va, le temps s'en va, madame... Nul ne connaît les préférences poétiques du patron de Siemens mais, comme tout être sensé, il sait que le temps perdu ne se rattrape pas. Voilà des mois que, désireux de se renforcer dans le nucléaire, il attendait la réponse française à sa demande de monter au capital d'Areva. En faisant lanterner son « partenaire », Paris a froissé sa susceptibilité, l'état-major de Siemens y voyant une marque de mépris. Les Français, en le jetant dans les bras du russe Rosatom, ont surtout raté l'occasion de conforter l'assise européenne du champion national et ont favorisé l'émergence d'un concurrent de poids combinant la puissance du réseau commercial de l'allemand et la compétence nucléaire russe.

Le pays de Vladimir Poutine dispose en effet d'un réacteur moins sophistiqué que l'EPR mais quasiment prêt. Faute d'avoir réglé les problèmes financiers d'Areva et éclairci les atouts et les inconvénients de la solution alternative proposée par Bouygues et Alstom, la France, qui avait déjà raté le rachat de Westinghouse, laisse passer une deuxième occasion. Persuadé de sa supériorité, le coq gaulois s'endort et oublie que, partout dans le monde, la concurrence s'éveille. Il ne doit pas laisser sa place dans l'énergie, un des rares secteurs qui gardent une visibilité mais où perce déjà l'inquiétude révélée par le recul boursier de ses ténors EDF et GDF Suez depuis le début de l'année. Le temps presse.


* Les Echos - 04/03/09

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27 - Espagne : nouvelle baisse de la consommation d'électricité et nouveau succès des éoliennes (Enerpresse - 3 mars 2009)

La demande d’électricité en Espagne décroît en février pour le cinquième mois consécutif. La consommation électrique de février a atteint 20 627 TWh, en baisse de 9% par rapport à l’année précédente, en tenant compte des variations saisonnières et d’activité.
 
Red Electrica de España précise, par ailleurs, que 30% de la consommation a été couverte par les énergies renouvelables, hydroélectricité comprise. Mention particulière pour les éoliennes dont la production a augmenté de 15% par rapport à 2008.
 
Le président de REE, LuisAtienza, a estimé que le système était capable d’intégrer dès 2009 une capacité d’énergie éolienne équivalent à un quart du mix énergétique, objectif annoncé par Barack Obama aux USA pour... 2025. Enfin, REE considère que les prix de l’électricité en Espagne devrait tourner autour de 40e/MWh ce qui pourrait exclure un déficit tarifaire.

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28 - Le crash de l'industrie nucléaire française (Réseau "Sortir du nucléaire"  Communiqué du 3 mars 2009)
 
- EDF a perdu 9% à la bourse de Paris hier, et près de 70% en quelques mois
- Areva a perdu plus de 40% en quelques mois et est au bord de la faillite      
- Les ventes d'EPR (Chine, Inde, Italie, etc) sont virtuelles ou déjà annulées (Afrique du Sud)
- les chantiers EPR en cours (Finlande et France) sont des désastres industriels et financiers
- Investissement ruineux en insensés d'EDF et Areva en Grande-Bretagne et aux USA
 
Contrairement à une idée (fausse) entretenue par les dirigeants politiques, à commencer par M Sarkozy, l'industrie nucléaire française n'est pas en bonne santé : elle est même au bord du gouffre. En effet, bien que qualifiés de "champions" par la communication élyséenne, EDF et Areva sont l'un comme l'autre en très grande difficulté industrielle et financière.

Crash d'EDF et Areva à la bourse de Paris

L'action EDF à la bourse de Paris est passée en quelques mois de 87 euros à 28 soit près de 70% de pertes, dont 9% dans la seule journée d'hier. De son côté, le CI (certificat d'investissement d'Areva) est passée de 820 euros à 327, soit 60% de chute ! Certes, avec la crise mondiale, beaucoup d'entreprises ont baissé mais, si le nucléaire était vraiment une valeur d'avenir, EDF et Areva surnageraient... au lieu d'être parmi les plus touchées.

Obama attribue... zéro dollar pour le nucléaire aux USA (où EDF et Areva ont investi !)

Début 2009, le plan de relance de M Obama aux USA a attribué... zéro dollar au secteur du nucléaire (cf ici), qui en espérait 50 milliards. Ces derniers ont été affectés au développement des énergies renouvelables. Aucun dirigeant français n'a commenté sur cette gigantesque déconvenue pour l'industrie nucléaire mondiale, et spécialement pour EDF et Areva qui ont investi en dépit du bon sens aux USA pour participer à une supposée "renaissance du nucléaire"... qui est en train de s'évanouir.

Areva en cessation de paiement ?
 
Areva est à la recherche de près de 3 milliards d'euros pour simplement boucler son budget 2009, et a déjà annulé, le 25 novembre 2008, son projet d'exploitation de la mine d'uranium Midwest au Canada. Autre déconvenue majeure pour Areva qui attendait beaucoup de ce marché : le 5 décembre, l'Afrique du Sud a annulé les 12 réacteurs qu'elle prétendait faire construire.
Pendant ce temps, le chantier EPR d'Areva en Finlande, lancé en février 2005, tourne au désastre : déjà 38 mois de retard et 2,4 milliards d'euros de pénalité demandés par les Finlandais aux Français. Vendu 3 milliards d'euros, ce réacteur coûte donc en réalité 5,4 milliards… en attendant de nouveaux surcoûts.

Par ailleurs, le départ de Siemens, annoncé en janvier dernier, a pris au dépourvu Areva qui doit trouver 2 milliards d'euros de plus pour racheter parts détenues par son ancien allié. Pourtant, Areva investit aveuglément aux USA pour participer à une supposée "renaissance" du nucléaire de plus en plus virtuelle : en mai 2008, Areva a annoncé avoir retenu le site de Bonneville, dans l'Idaho, pour produire du combustible nucléaire. Et en octobre 2008, Areva a annoncé investir plus de 360 millions de dollars dans l'Etat de Virginie pour fabriquer des composants lourds pour le secteur nucléaire américain.

EDF plombée par ses raids (Grande-Bretagne, USA) et par l'EPR de Flamanville
 
En Grande-Bretagne, EDF a dépensé une fortune (15 milliards) pour racheter British Energy et ses réacteurs nucléaire obsolètes… juste avant la crise mondiale : aujourd'hui, le prix en serait 3 à 4 fois moindre. De même, aux USA, EDF a payé le prix fort (5 milliards) pour racheter 50% des activités nucléaires de l'américain Constellation, tombé dès le début de la crise dans l'escarcelle du milliardaire Buffet, lequel l'a revendu bien plus cher à EDF. Dans les deux cas, il reste "juste" à EDF à trouver l'argent pour construire des réacteurs.
Pendant ce temps, l'EPR de Flamanville accumule les déconvenues : le chantier de ce réacteur, lancé en décembre 2007, compte déjà près d'un an de retard. Son prix est passé de 3,3 milliards à 4 milliards, mais tout pousse à penser qu'il coûtera lui aussi 5 ou 6 milliards… ou plus.

Sarkozy ne vend des réacteurs nucléaires… qu'à la France !
 
Il ne faut pas se laisser tromper par les effets d'annonce de l'Elysée, d'Areva ou d'EDF sur de supposées exportations, comme la vente supposée mercredi 4 février de deux (voire six !) EPR à l'Inde. En réalité, seul a été signé un protocole d'accord qui n'engage à rien. De même, les 2 EPR supposés vendu à la Chine fin 2007 restent à ce jour à l'état de projet : seuls quelques travaux de terrassement ont eu lieu fin 2008 sur le site de Taishan. De la même façon, les EPR annoncés avec fracas en Italie sont virtuels et ont toutes les chances de n'être jamais construits.

En effet, le nucléaire exige d'énormes investissements financiers pour une production d'électricité huit à dix ans plus tard et un retour sur investissement 30 ans après. De tels investissements, déjà difficiles à programmer avant la crise financière mondiale, sont encore plus improbables aujourd'hui, y compris en Chine et en Inde.

Finalement, M Sarkozy ne vend des réacteurs nucléaires... qu'à la France : un véritable "succès commercial". M. Sarkozy devrait enfin comprendre que le nucléaire est une énergie du passé, archaïque, polluante et qui, à investissement égal, crée 15 fois moins d'emplois que les alternatives (économies d'énergie + énergies renouvelables).

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29 - Huit mois de prison ferme pour une militante antinucléaire belge

AFP - 2 mars 2009 - BRUXELLES - La justice belge a condamné lundi à huit mois de prison ferme et à une amende de 1.100 euros une militante écologiste qui avait pénétré à dix reprises sur le site d'une centrale nucléaire pour dénoncer ce qu'elle considère comme des failles dans sa sécurité.

Le tribunal correctionnel de Termonde (nord) a condamné Anja Hermans, 29 ans, pour "bris de clôture", a précisé l'agence Belga. De novembre 2007 à octobre 2008, la jeune femme avait pénétré à dix reprises dans l'enceinte de la centrale nucléaire de Doel, dans la région d'Anvers (nord).

"Il est aisé d'y entrer. Si quelqu'un comme moi parvient à se promener sur le site pendant une heure avant d'être repéré, c'est qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond et que la sécurité de la centrale est lacunaire", a-t-elle déclaré lors du procès.

Selon Electrabel (GDF Suez), la société qui exploite la centrale de Doel, celle-ci répond parfaitement aux exigences de sécurité. "Mais les visites continues d'Anja Hermans causent des soucis supplémentaires pour le personnel", ajoutait l'entreprise.

En raison de condamnations antérieures, Mme Hermans ne pouvait plus bénéficier de sursis. En 2001, elle avait été condamnée à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour l'incendie de la voiture d'un juge d'instruction. En 2002, elle avait écopé de la même peine pour une série d'actions contre des fast-food et des entreprises de transformation de la viande commises entre 1998 et 2000. Elle militait alors pour une association de défense de la cause animale, l'"Animal Liberation Front".

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30 - Les LED, des ampoules durables et économes en énergie, semblent promises à un brillant avenir (Le Monde - 3 mars 2009 - Grégoire Allix)

LES LUMIÈRES de la ville seront-elles bientôt des diodes électroluminescentes (LED) ? Les LED sont dans la rue depuis belle lurette, des signaux des passages piétons aux feux de freinage des voitures. Mais les progrès rapides de cette technologie et les économies spectaculaires qu'elle génère font envisager un brillant avenir aux petites ampoules, longtemps cantonnées aux boutons " on " et " off " des appareils électroniques.
 
La ville de Darmstadt, en Allemagne, a ainsi commencé, en janvier, à remplacer l'éclairage public d'un quartier résidentiel par des lampadaires munis chacun de 86 LED haute puissance, de lentilles et de réflecteurs. En France, où les ventes annuelles de LED s'élèvent à 8 millions d'euros, loin derrière tous les autres types d'ampoules, la communauté d'agglomération du Val de Fensch, en Moselle, a joué les pionnières en installant trois lampadaires à LED, fin 2008, dans son parc d'activités de Sainte-Agathe.
 
GOMMER LA " FROIDEUR ". Les diodes ont de quoi séduire : une durée de vie de 50 000 heures au moins (soit cinq fois plus que les ampoules basse consommation, dites fluocompactes), une bonne aptitude au recyclage et une économie d'énergie de 80 % par rapport aux lampes à incandescence classiques. Soit une performance déjà équivalente à celle des nouvelles ampoules fluocompactes, alors même que la recherche n'a pas fini d'améliorer les résultats des LED. Une efficacité indispensable, pour compenser un coût d'achat trois fois plus élevé que celui des ampoules basse consommation.
 
L'irruption des diodes sur le marché de l'éclairage n'était qu'une question de temps depuis que le Japonais Shuji Nakamura avait inventé, en 1992, la LED bleue. Associée à ses cousines vertes et rouges, connues depuis les années 1960, cette diode permet de produire une lumière blanche. Parallèlement, les performances lumineuses des diodes ont doublé tous les deux ans ces dernières décennies, au prix d'intenses efforts de recherche...
 
De même, les chercheurs s'activent pour gommer la " froideur " de la lumière des LED et partir à l'assaut de l'éclairage intérieur. La révolution est en marche : en 2008, l'assureur Generali est devenu la première entreprise française à éclairer tout en LED les 18 000 m2 de ses bureaux sur les Champs-Elysées. Alors que les vieilles lampes à incandescence émettent leurs dernières lueurs en Europe - elles seront définitivement retirées du marché à partir du 1er septembre -, les géants du secteur se demandent si les ampoules basse consommation ne sont pas déjà condamnées, elles aussi, par l'avènement de l'éclairage électronique.
 
D'autant plus que derrière les LED se profile, dans les laboratoires, une nouvelle révolution : l'OLED, une version organique et souple, qui permettra de couvrir de films lumineux des murs entiers ou des plafonds, et de projeter des couleurs changeantes ou des écrans d'informations. De quoi faire de la lumière la matière même des villes.

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31 - Obama et la fin du festin (Le Monde - 1er mars 2009 - Hervé Kempf)

Barack Obama, le nouveau président des Etats-Unis, a prononcé le 24 février, devant le Congrès, le discours définissant concrètement la politique qu'il entend mener, précisée le 26 février par la présentation de son projet de budget. Cette politique est-elle écologique ? Répond-elle à la question qui dominera les prochaines décennies ?

On ne pouvait certes pas faire pire que George Bush en matière d'environnement. Mais M. Obama va plus loin qu'une simple correction du désastre : il regonfle les moyens de l'Agence pour l'environnement (EPA), il relance l'efficacité énergétique dans le parc des bâtiments de l'administration, il prépare un marché des émissions payantes qui générera des revenus utilisés à aider les ménages modestes, il stimule la production d'énergie renouvelable, il investit dans les " technologies propres ".

Changement fort ? Incontestablement. D'orientation ? Oui. Radical ? Que les foudres des obamaniaques s'abattent sur ce chroniqueur ! La réponse est : non. Dans son discours, M. Obama mentionne la question écologique presque en passant, en la réduisant au changement climatique. Il avait annoncé en d'autres occasions que son objectif était de réduire de 80 % les émissions de gaz à effet de serre (GES) de son pays en 2050. Ce choix majeur est oublié dans le discours du 24 février.

Seul reste l'objectif de développer les énergies renouvelables, surtout motivé par le désir de réduire la dépendance aux importations, et l'annonce du marché du CO2. " Nous doublerons en trois ans la production de la nation en énergie renouvelable. " Pour autant que la réalité économique permette une telle évolution, elle ferait passer la part de l'énergie renouvelable (non hydraulique) dans la production d'énergie par les Etats-Unis de 6 % (dont l'essentiel en agrocarburants) à 12 %. C'est important, mais ne change pas vraiment la donne.

M. Obama n'a pas dit, ni même suggéré, à ses concitoyens - premiers émetteurs au monde de GES - qu'il fallait réduire considérablement leur consommation d'énergie. Peut-être n'est-il pas encore possible à un responsable politique de dire que l'heure est à la sobriété. En fait, la très grande majorité de ces responsables semblent croire qu'en remplaçant le pétrole par des plaques solaires et des éoliennes, l'" american way of life " pourra se perpétuer. C'est oublier et le coût de l'énergie et la crise écologique.

M. Obama conduit une politique sociale aussi audacieuse que l'état des choses le permet. En corrigeant les inégalités, en investissant dans l'éducation et dans la santé, il permet à sa société de s'orienter vers des activités à moindre impact environnemental. La crise économique lui impose d'agir à court terme, par une relance budgétaire massive pour éviter l'écroulement, et en allant vers un système financier libéré de l'excès d'endettement. Il reste à ce grand pédagogue à préparer son peuple à la réalité de l'avenir : le festin énergétique s'achève.

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32 - Reims veut implanter 95.000 m2 de panneaux solaires dans son agglomération
 
AFP - 27.02.09  - L'agglomération de Reims a annoncé son intention de louer à un opérateur, qui doit être désigné en septembre, le droit d'exploiter 95.000 m2 de terrasses de bâtiments publics ou de terrains municipaux pour y implanter des panneaux solaires photovoltaïques. Cette initiative s'inscrit dans le cadre de l'Agenda 21 de Reims Métropole, "une réflexion qui repose sur trois piliers, l'économie, le social et le solidaire", précise la communauté urbaine dans un communiqué. L'installation de ces panneaux solaires, "projet le plus important porté par une agglomération en France" selon Reims Métropole, devrait permettre de rapporter quelque 300.000 euros par an à la collectivité et devrait produire annuellement environ 10 millions de kw/h, selon le communiqué. "La collectivité se doit de montrer l'exemple en valorisant son patrimoine bâti tout en proposant des solutions concrètes et économiquement efficaces", a estimé Stéphane Joly, vice-président de Reims Métropole chargé du développement durable. Le lancement de la mise en concurrence des opérateurs intéressés doit avoir lieu fin mai, la désignation de l'opérateur en septembre, et l'installation des premiers panneaux est prévue début 2010, selon la communauté urbaine.

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33 - Poitou-Charentes : Royal signe une convention de 400 M EUR pour le solaire
 
AFP - 27.02.09 - La présidente de la région Poitou-Charentes Ségolène Royal a signé vendredi à Poitiers une convention de partenariat de 400 millions d'euros avec la Banque européenne d'investissement (BEI) et le Crédit Agricole pour l'investissement en faveur de l'énergie solaire. La BEI et le Crédit Agricole mettront à disposition 400 millions d'euros sous forme de prêts à des taux attractifs pour des entreprises, associations ou collectivités qui ont des projets de centrales photovoltaïques. Ces prêts seront garantis jusqu'à 25% de leur montant par la région. La région Poitou-Charentes s'est fixé l'objectif d'une capacité de production solaire de 65 MW d'ici 2012, grâce à l'implantation de 650.000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques, a rappelé Mme Royal. La président de la région attend la création de 1.000 emplois dans la filière.
 

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19 mars 2009
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