| Selon
une étude dAirparif sur les traces de produits phytosanitaires dans l'air en
Ile-de-France, des pesticides sont présents dans l'air jusqu'au coeur de Paris et des
villes qui l'entourent. Cela renforce des études menées dans dautres zones
urbaines telles que Lille, Orléans
Dans cette étude, on apprend que sur 80
pesticides recherchés, une trentaine ont été retrouvés en zone rurale et une vingtaine
dans l'agglomération francilienne. Certaines molécules utilisées dans les jardins ou en
agriculture se retrouvent en concentrations importantes en agglomération.
Les molécules retrouvées dont la trifluraline, le chlorothalonil et la
pendiméthaline ou encore le lindane (désormais interdit) posent la question de la
réduction de lexposition des populations à ces substances et donc de la réduction
de lutilisation. On constate en effet que les molécules retrouvées ont des
propriétés relativement inquiétantes, par exemple :
Trifularine : c'est un cancérigène possible (C : selon le classement de lUS-EPA -
agence de lenvironnement américaine) cest une molécule en outre
considérée comme étant perturbateur endocrinien selon certaines sources (Colborn List),
enfin cest un polluant des eaux.
Pendiméthaline : c'est un cancérigène possible (C : selon le classement de
lUS-EPA - agence de lenvironnement américaine) cest une
molécule en outre considérée comme étant perturbateur endocrinien selon certaines
sources (Colborn), enfin cest un polluant
des eaux.
Lindane (aujourdhui interdit en France en agriculture):il y a certains éléments
suggérant sa carcinogénicité selon lUS-EPA. En outre le lindane a des effets
perturbateurs endocriniens selon les sources officielles européennes (classé A).
Cela na rien détonnant quand on sait que 25 à 75% des produits appliqués se
retrouvent dans l'atmosphère, soit au moment du traitement soit après, en se
volatilisant.
« La présence de ces pesticides confirme lurgence pour la France de mettre en
place un plan de réduction dutilisation des pesticides. Cest ce quont
ré-affirmé hier les parlementaires européens lors du vote en
commission environnement concernant la directive européen pour lutilisation durable
des pesticides .» déclare François Veillerette, président du MDRGF.
Procurez vous ces documents d'Air Parif sur : http://www.mdrgf.org/news/news072706_Pesticides_Airparif
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Dans le département rural et verdoyant de Seine-et-Marne, la crise de l'eau ne se voit
pas. Pourtant, les habitants de ce département en pleine explosion démographique ont dû
s'habituer aux économies. L'état de la nappe souterraine du Champigny figure parmi les
plus préoccupants de France. Depuis février 2006, des restrictions d'usage de l'eau sont
imposées sans interruption dans plus du tiers des communes du département. Malgré les
pluies récentes, l'état de crise renforcé, qui déclenche les mesures d'économies les
plus sévères, devrait être déclaré fin juillet.
La nappe, qui alimente un million de personnes en Ile-de-France, atteint son plus bas
niveau historique. Les habitants du département ne sont pas les seuls concernés : si la
moitié des consommateurs habite la Seine-et-Marne, l'autre loge à Paris et dans la
petite couronne, héritage de l'époque où la capitale a construit son réseau
d'approvisionnement en puisant aux meilleures sources et où la grande banlieue n'existait
pas.
Non seulement la quantité d'eau est insuffisante, mais sa qualité est très dégradée.
Peu profonde, la nappe est particulièrement vulnérable aux pollutions d'origine
agricole. Dans ce département céréalier, les résidus de pesticides et de nitrates
présents dans l'eau souterraine crèvent les plafonds réglementaires. Depuis dix ans, 15
% des habitants du département sont alimentés en permanence par une eau dépassant ces
seuils et 80 % connaissent régulièrement des interdictions de consommation pour les
femmes enceintes et les nourrissons. Les collectivités locales doivent donc aujourd'hui
se battre en même temps sur deux fronts, pour préserver à la fois la quantité et la
qualité de l'eau.
Les marges de manoeuvre pour économiser sont limitées. 90 % des volumes prélevés sont
utilisés pour l'eau potable. Or l'efficacité des restrictions imposées aux particuliers
est "très difficile à mesurer", relève Cécile Rousseau, responsable du
service de la police de l'eau à la direction départementale de l'agriculture et de la
forêt. Malgré tout, évolution plutôt satisfaisante, la courbe de consommation baisse
de 1 % à 2 % par an, tandis que la population augmente dans les mêmes proportions.
La solution la plus efficace pour préserver la nappe consiste à diversifier
l'approvisionnement. Déjà, 10 000 m3 d'eau sont prélevés chaque jour dans la Seine.
Cette quantité passera à 30 000 m3 quand l'état de crise renforcé sera déclaré.
Cependant, la potabilisation de l'eau de la Seine revient plus cher. Le prix à la
production passe de 0,25 à 0,50 euro par m3. Autant dire que les collectivités de
Seine-et-Marne voient d'un oeil de plus en plus critique l'exportation de l'eau du
Champigny hors du département.
Pour améliorer la qualité de l'eau, les communes doivent aménager de nouvelles
infrastructures. L'agglomération de Melun vient d'ouvrir une unité de production d'eau
potable qui permettra d'éliminer les pesticides. De son côté, le conseil général
tente, dans le cadre du plan départemental de l'eau lancé en septembre 2006, de mener
une action préventive. La méthode peut donner des résultats spectaculaires. La petite
commune de Verneuil-l'Etang a, par exemple, réussi à diviser par dix les quantités de
produits chimiques employées, grâce à la formation de son personnel, au désherbage
thermique ou au paillage des massifs de fleurs.
Le conseil général tente également d'agir auprès des industriels, et surtout des
agriculteurs, qui restent les principaux utilisateurs de produits polluants. Selon Hervé
Durand, directeur départemental de l'agriculture et de la forêt, quelque 350
agriculteurs, sur 2 600, emploient des méthodes moins gourmandes en pesticides,
"dans une trop grande discrétion".
Hubert Huygue en fait partie. Depuis qu'il a adopté ces techniques (allongement des
rotations, abandon des labours), ses rendements ont légèrement chuté, mais ses marges,
elles, ont augmenté, grâce aux économies sur les produits. "Cela demande une bonne
maîtrise technique, une prise de risque plus grande, explique M. Huygue. Et il faut être
prêt, psychologiquement, à faire dix quintaux de moins que ses voisins." La plupart
n'ont pas encore passé ce cap.
Gaëlle Dupont (Le Monde |
16.07.07)
Références
Les bilans de l'Institut français de l'environnement font apparaître une contamination
généralisée des eaux par les pesticides, dont la présence est détectée dans 80 % des
stations de mesure en rivière et 57 % en eaux souterraines. La moitié du territoire est
classée "zone vulnérable", en raison d'une concentration des eaux en nitrates
supérieure à 40 milligrammes par litre.
Selon une étude de 2005 menée par Jean-Claude Lefeuvre, professeur au Muséum national
d'histoire naturelle, 50 % à 75 % des masses d'eau en France sont dégradées, et
seulement 25 % atteindront probablement un bon état général en 2015 - comme l'exige la
directive-cadre européenne - si des mesures complémentaires à la législation nationale
et européenne ne sont pas prises. |