| C'est
dans les sédiments du Rhône et dans la chair des poissons autour de Lyon, que la
présence du PCB a tout d'abord été détectée, ce qui laisse supposer que la pollution
est ancienne. Plus tard on s'est rendu compte que tout le fleuve était contaminé, de la
capitale rhodanienne jusqu'à la Camargue. « L'OMS a fixé à 8 picogrammes par gramme
la concentration admissible en PCB dans les poissons destinés à la consommation. En
2007, les résultats des prélèvements réalisés sur six espèces de poissons montrent
une contamination allant jusqu'à 59 pg/g », souligne un rapport du Cemagref (institut
public de recherche).
Aujourd'hui, plus aucun poisson pêché dans le Rhône ne peut être commercialisé. La
préfecture de région devrait annoncer un plan de recherche afin d'affiner la
cartographie de la pollution. La Drire (Direction régionale de l'industrie de la
recherche et de l'environnement) aurait dans ce cadre la mission d'effectuer de nouveaux
carotages sur les sédiments et « le préfet est d'accord pour que l'on prolonge les
analyses dans l'Isère, la Saône et la Durance » explique-t-on à la préfecture. Des
décisions qui arrivent bien tard. « Les premières alertes remontent à 1986 »,
rappelle Alain Chabrolle mais à l'époque, toutes les plaintes contre X déposées par la
Frapna et des pêcheurs sont restées sans suite. L'entreprise Tradi Séché, basée à
Saint-Vulbas (Ain), soupçonnée d'être à l'origine de la pollution appartenait à
l'État jusqu'en 2002. Ceci aurait expliqué cela, estiment les associations.
« Quid des impacts sur la santé »
« Pendant longtemps, les autorités, juge et partie, ont feint d'ignorer la situation.
Aujourd'hui, l'État joue les pompiers mais cela risque de coûter une fortune s'il veut
tenter de dépolluer », s'insurge Alain Chabrolle qui redoute par ailleurs que la
pollution ait gagné la mer et affecte dès lors, la pêche côtière. « Quid des impacts
sur la santé des personnes qui des années durant ont mangé des poissons pêchés dans
le Rhône », demande de son côté le WWF qui réclame des études épidémiologiques.
Les PCB dont la vente est interdite depuis 1987 entraînent « des problèmes de
fertilité, de croissance et une dégradation du système immunitaire », rappelle
l'association.
Au côté des pêcheurs et des associations, les villes dont la communauté urbaine de
Lyon (55 communes), et Arles ont à leur tour porté plainte. Les associations demandent
également que des investigations soient menées dans d'autres grands cours d'eau telle
que la Seine ou la Loire. Le dossier PCB n'est pas prêt d'être refermé.
(Le Figaro) |