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Ex-Clemenceau (Q 790)
Un recours contre sa déconstruction en Angleterre
Une association écologiste britannique « Friends of Hartlepool » a déposé un recours contre le démantèlement de l'ex-Clemenceau en Angleterre. Prendra-t-elle de vitesse les opérations de remorquage ?  La France aurait pu se donner les moyens de déconstruire le Clemenceau. Des sociétés importantes, comme Veolia ou Suez, s'étaient fait connaître. A Brest, un groupement d'industriels s'était mis en place. La France a préféré retenir un chantier capable de faire le travail pour 3,5 fois moins cher. Le coût était le seul critère. Pour l'association : «Nous pensons que c'est commettre une grave injustice que de forcer une petite ville qui a déjà supporté de manière disproportionnée les conséquences néfastes d'industries polluantes et affiche un taux de cancer parmi les plus élevés du Royaume-Uni, à accepter les déchets toxiques de la France. »
(Le Télégramme 4 septembre 2008 - Thierry Charpentier)

En juillet dernier, dès l'annonce officielle de l'attribution de la déconstruction du Q 790 à la société Able UK, dans ses chantiers de Harlepool, au nord-est de l'Angleterre, les associations environnementales britanniques avaient rué dans les brancards. L'une d'elles, « Friends of Hartlepool », vient de passer aux actes. Elle a déposé hier un recours devant la Haute cour de Londres afin d'empêcher l'acheminement de l'ancien porte-avions vers le Royaume-Uni, prévu avant la fin de l'été.

« Un des navires les plus toxiques d'Europe »

Les militants de « Friends of Hartlepool » accusent les services sanitaires britanniques d'avoir accordé une dérogation spéciale « pour permettre à un des navires les plus toxiques d'Europe et à sa cargaison mortelle de venir dans notre petite communauté ».
Ils mettent en avant les dégâts déjà occasionnés par les industries polluantes concentrées dans leur petite ville. Selon l'association, Hartlepool afficherait l'un des taux de cancer les plus élevés du Royaume-Uni. Ils fustigent le fait que la société Able UK déconstruirait un navire de guerre dont le pays d'origine dispose d'installations de démantèlement (le port de Bassens, près de Bordeaux, possède notamment ce type d'équipements). Jean-Paul Hellequin, de la CGT des Marins, à Brest, abonde : « La France aurait pu se donner les moyens de déconstruire le Clemenceau. Des sociétés importantes, comme Veolia ou Suez, s'étaient fait connaître. A Brest, un groupement d'industriels s'était mis en place. La France a préféré retenir un chantier capable de faire le travail pour 3,5 fois moins cher. Le coût était le seul critère ». Il ne doute pas de l'efficience du recours de « Friends of Hartlepool ». « La France ne peut prendre le risque de faire partir le Clem' pour qu'il se retrouve en mer pour une durée indéfinie. La procédure risque d'être relancée et la France obligée de déconstruire chez elle », entrevoie-t-il.

Audience fin septembre

La perspective de voir s'arrimer chez eux le Clemenceau a galvanisé les écologistes anglais, qui annoncent « une nouvelle ère dans le combat des habitants de Hartlepool pour empêcher que leur communauté ne devienne la décharge internationale de produits toxiques préférée des gouvernements et des industries polluantes ». Les avocats de l'association ont demandé un examen en urgence de leur recours. Une audience pourrait se tenir avant la fin du mois de septembre, qui correspond peu ou prou à la date à laquelle l'ex Clemenceau pourrait quitter Brest, où il est à quai depuis mai 2006.

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Le Clemenceau fait des vagues en Angleterre (Ouest-France 4 septembre 2008-Olivier Mélennec)

Une association britannique a déposer un recours pour empêcher que l'ancien porte-avions ne soit démantelé à Hartlepool. Elle estime que la petite ville risque de devenir une « décharge internationale ».

Toxique, notre vieux Clemenceau? C'est l'avis d'une association britannique, Friends of Hartlepool, qui ne voit pas du tout d'un bon oeil l'arrivée de l'ancien porte-avions en Angleterre pour se faire démanteler. Hier, elle a déposé un recours devant la Haute Cour de justice de Londres.

Objectif: barrer la route au Clem' et l'empêcher d'accoster à Seaton Port, près de la petite ville d'Hartlepool, dans le Nord-Est de l'Angleterre, où il doit être démantelé par l'industriel Able UK. Nos amis britanniques n'y vont pas avec le dos de la cuillère (à thé). « Le Clemenceau est l'un des plus gros et des plus infâmes navires toxiques d'Europe. »

Friends of Hartlepool conteste la légalité de la dérogation accordée au chantier Able UK pour importer les produits dangereux, amiante et autres PCB, contenus dans la coque du Clemenceau. Cette dérogation a été délivrée au mois de juin par les services sanitaires britanniques, le Health and safety executive.

« Une grave injustice »

Militante de l'association Friends of Hartlepool, Jean Kennedy fait part de sa colère. «Nous pensons que c'est commettre une grave injustice que de forcer une petite ville qui a déjà supporté de manière disproportionnée les conséquences néfastes d'industries polluantes et affiche un taux de cancer parmi les plus élevés du Royaume-Uni, à accepter les déchets toxiques de la France. »

Pour Iris Ryder, ce recours est « le début d'une nouvelle étape dans le combat des habitants d'Hartlepool pour empêcher que leur communauté ne devienne la décharge internationale préférée des gouvernements et des industries polluantes. (...) Les déchets toxiques doivent être traités au plus près de l'endroit où ils ont été produits, et non transportés autour du monde pour être enterrés chez nous. »

Friends of Hartlepool fait valoir que des installations existent en France pour se débarrasser des déchets toxiques présents à bord du Clemenceau. « Les services sanitaires avaient le devoir de prendre en compte ces alternatives avant de permettre au navire et à sa cargaison cancérigène d'être importés dans le Nord-Est de l'Angleterre », estime Phil Shiner, avocat de l'association.

L'avocat de Friends of Hartlepool a demandé un examen en urgence du recours de l'association compte tenu de l'imminence du départ du Clemenceau pour l'Angleterre. Une audience devrait se tenir avant la fin du mois de septembre.

En 2006, la Cour suprême indienne avait infligé à la France une véritable humiliation en obligeant l'ancien porte-avions à revenir en France. Le même scénario va-t-il se répéter avec la Haute Cour de Londres? On veut croire que non. Et que le gouvernement français a parfaitement mesuré le risque de confier le Clemenceau au chantier Able UK. Mais sait-on jamais...

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Pas de départ avant « plusieurs semaines » (Ouest-France 4 septembre 2008)

Son transfert était envisagé pour l'été par l'industriel britannique Able UK, chargé de sa démolition. Aujourd'hui, manifestement, ce calendrier n'est plus de mise. Aucune date n'est encore arrêtée pour le départ du Clem' de Brest où il stationne depuis mai 2006, date de son retour en France après avoir été refoulé par l'Inde.

Il manque toujours un document administratif essentiel, l'autorisation de transfert transfrontalier. Désormais considéré comme un déchet, l'ex-Clemenceau est soumis à la Convention de Bâle. Celle-ci pose le principe que chaque pays est responsable de la gestion de ses propres déchets et conditionne leur exportation à l'accord préalable de l'État destinataire.

Il faut donc que des administrations situées des deux côtés de la Manche donnent leur feu vert à l'appareillage de l'ex-Clemenceau. « Il s'agit d'un processus interministériel, indique le ministère de la Défense. Le document est extrêmement complexe. Cela prend forcément un peu de temps. »

En outre, la France devra délivrer une autorisation d'exportation en tant que matériel de guerre. Mais il ne s'agit là, selon le ministère de la Défense, que d'une simple formalité.

Début du travail de démolition à Noël ?

L'explication de ce retard à l'appareillage est peut-être aussi à chercher du côté de Seaton Port, là où se trouve le chantier d'Able UK. Celui-ci n'est pas encore opérationnel. Courant août, des travaux ont démarré pour remettre en état la gigantesque cale sèche désaffectée où doit avoir lieu le démantèlement de l'ex-Clemenceau.

Il s'agit d'aménager un nouveau quai et de construire un bâtardeau pour barrer l'entrée de la forme de radoub, large de 290 mètres, et permettre sa mise hors d'eau. En effet, l'équipement a perdu ses portes voici une vingtaine d'années. Peter Stephenson, le PDG d'Able UK, a fixé l'objectif : « Nous espérons commencer le travail de démolition à Noël. »

Pour l'instant, à Brest, le personnel de la base navale prépare l'appareillage du Q790, nom officiel de l'ex-Clemenceau depuis son désarmement. « On en est au stade des études », précise le ministère de la Défense. Il faut s'assurer que la coque se trouve en bon état et prévoir un minimum de travaux pour la sécuriser. Il sera nécessaire d'installer l'électricité, des feux de navigation, une balise GPS, etc.

« Ces travaux prendront plusieurs semaines », indique le ministère de la Défense. Sauf accélération de l'histoire, le Q790 ne quittera donc pas Brest avant la fin septembre.

10 septembre 2008
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