| Ainsi les fabricants de produits polluants et dont l'utilité peut-être, pour
nombre d'entre-eux très discutables, peuvent continuer leurs petites et grosses machines
à profits. Rien à craindre : les citoyens-salariés-consommateurs paieront. Certes on
les taxera un peu plus, on diminuera de force leur consommation, mais l'essentiel - la
logique financière du profit- est sauvegardée. Ainsi le salarié sera deux fois
pénalisé : au travail avec le blocage des salaires, l'aggravation des conditions de
travail, les licenciements et le chantage permanent au chômage, et de l'autre en tant
qu'utilisateur de moyens de déplacements, de chauffage, de logement.
Mais pas touche aux responsables des pollutions chimiques, gazeuses, aquatiques,
nucléaire qui, au pire, répercuteront les éventuelles charges-taxes sur le prix de
leurs produits.
La question fondamentale de réduction à la source des pollutions en CO2, en méthane,
en déchets marketing, en déchets nucléaires, et autres nuisances est ainsi évacuée.
C'est l'escroquerie morale du "dévelopement durable" et du pseudo
"Grenelle de l'environnement" qui trouve ses premières applications concrètes.
En séparant l'écologie du social et du sociétal la logique libérale mise en oeuvre
segmentise les activités humaines, crée des "niches" économiques nouvelles,
permet aux système capitaliste en bout de course de se régénérer sur le dos des
peuples. Le marché des "droits à polluer" pour les entreprises bat son
plein, sans aucune incidence sur les modes de productions polluants et les mentalités des
adeptes de la finance.
Et si demain il faut bombarder un pays avec des avions "propre" : pas de
problème, ce sera un argument supplémentaire pour le vendre!
La direction des "Verts" et les leaders d'"Europe-Ecologie", à
présent intégrés au système, banalisent ainsi une idéologie nauséabonde de bonne
conscience à moindre frais, distillent dans les esprits le poison de la collaboration,
conforte l'idéologie libérale d'absence d'alternative, fuit la réflexion novatrice et
-forcément- contestataire. Dommage...
(par Jean-Pierre Seignon)
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Regardons de plus près ce quil en est (par
Bernard Teper)
Le chèque vert qui serait prévu pour indemniser les ménages les plus
modestes sera calculé uniquement sur les consommations directes dénergie, alors
que toutes les augmentations du prix de lénergie se répercutent immédiatement sur
le prix de la grande majorité des biens et services nécessaires aux ménages.
Donc en fait, tout est fait pour que les couches populaires soient appelées à payer
pour les dégâts occasionnés par les gros pollueurs industriels.
Déjà, dune façon générale, une taxe sur la grande consommation ou la TVA est
un impôt totalement injuste qui vise à favoriser les couches aisées et défavoriser les
couches populaires. De plus, les gros pollueurs industriels, eux, sont exonérés de taxe
carbone car ils sont dans un régime différent : ils ont des droits à polluer qui leur
sont attribués et ils peuvent acheter en Bourse dautres droits à polluer ! Et
comme le prix dachat des droits à polluer est denviron 14 euros la tonne de
CO2, on voit là limposture du socialiste Rocard qui veut faire payer
les couches populaires plus cher que les grands groupes industriels.
Cette proposition est donc une imposture ! Nayons aucun scrupule à nous opposer à
cette politique injuste. Toute politique visant à culpabiliser en premier lieu les
couches populaires est à combattre sans vergogne.
Lalternative est à trouver dans une politique écologique radicalement
différente supprimant le marché des droits à polluer et en organisant dabord une
diminution drastique selon un plan pluriannuel de la pollution des gros pollueurs, puis un
plan pluriannuel déconomies dénergie sur toutes les nouvelles constructions
immobilières demandant de la consommation énergétique (chauffage notamment) et sur des
travaux obligatoires et urgents sur le bâti, les installations, les réseaux et les
transports anciens (individuels et collectifs) consommateurs dénergie. Et enfin, il
est nécessaire daller vers une diversification énergétique développant au
maximum possible les énergies renouvelables et donc de développer prioritairement la
recherche publique en ce domaine.
Le décor est planté. A nous de produire une éducation populaire tourné vers
laction pour combattre ces imposteurs ! |