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Vélorution
Condamnation et incarcération d'un écologique
Le 30 novembre 2007, Olivier Théron, fondateur de la vélorution toulousaine, a été incarcéré à la Maison d’Arrêt de Seysses sur la décision du Procureur de Toulouse pour purger une peine de 7 mois d’emprisonnement. Son crime : "outrage à agent" suite à une interpellation avec garde à vue pour avoir grillé un feu à vélo, outrage à ministre par jet de yaourt sur la voiture de Sarkozy alors ministre de l'intérieur, outrage à magistrat par lettre adressée au juge et dénonçant les multiples entraves aux droits élémentaires de la défense lors des procés.
Olivier et les membres de l’association Velorution n’ont jamais cessé de contester et de dénoncer les condamnations à la peine de prison prononcés à l’égard d’Olivier. Les condamnations mises en exécution aujourd’hui par le procureur sont celles pour :  outrage à ministre par jet de yaourt sur la voiture de Sarkozy (4 mois), entrave à la circulation et rébellion lors de son arrestation sauvage en avril 2005 à la fin d’une manifestation de cyclistes (2 mois), outrage à magistrat sous forme de lettre envoyé au juge (1 mois), lettre dénonçant les multiples entraves aux droits élémentaires de la défense comme le refus systématique de fournir la copie du dossier d’accusation, l’écartement de toutes pièce et témoignage attestant de l’harcèlement et des méthodes irrégulières employées par la police, le refus d’instruire les plaintes déposées par l’association et Olivier lui-même, et, de manière générale, les conditions dans lesquelles se sont déroulés les procès.

Les démêlés d’Olivier avec la justice toulousaine ont commencé en 2002, année de l’ouverture du premier atelier de la Vélorution lorsqu’il a été inculpé pour "outrage à agent" suite à une interpellation avec garde à vue pour avoir grillé un feu à vélo. Après avoir dénoncé publiquement quelques mensonges et machinations de la police suite à sa garde à vue, il s’est retrouvé dans le collimateur d’une petite frange de cette corporation professionnelle à Toulouse. Le jet de yaourt sur la voiture ministérielle en février 2004 suivi de ses confessions publiques et médiatiques sur la nature de son acte, a donné le point de départ pour un acharnement policier et judiciaire inaugurant déjà la France de l’ère de Sarkozy.

La décision du procureur de mettre en exécution des peines de prison à l’encontre d’Olivier est une décision politique. Aucun des faits incriminés n’a causé des dommages corporels, matériels ou financiers si ce n’est ceux essuyés par l’association et Olivier lui-même. La seule raison pour laquelle il se trouve aujourd’hui en prison, c’est qu’il n’a jamais voulu se soumettre, ni aux injustices ni aux intimidations ni aux pratiques de certains policiers qui prennent leurs aises avec les lois et jouissent d’un privilège de plus en plus insupportable dans ce pays, celui de n’être jamais inquiétées ou mis en cause. Il est allé jusqu’au bout dans sa démarche, sans jamais perdre son courage. C’est la raison pour laquelle il est aujourd’hui en prison. Car pour le reste, il s’occupe de bicyclettes et consacre son temps et son énergie à ceux et celles qui les empruntent. Avec les ateliers de réparation, de récup et de recyclage, il a mis en place un outil collectif précieux pour l’autonomie des cyclistes. Rejoint par d’autres vélorutionnaires, il a ouvert une brèche, une alternative concrète, pour rompre la logique automodébile et ses répercussions néfastes sur la maîtrise de nos vies.

Il faut craindre que rien ne lui sera épargné en termes de pénibilité des conditions de détention car l’objectif et non seulement de l’isoler, mais de briser l’individu.

C’est pourquoi la seule exigence que nous avons et que nous allons faire entendre, est qu’il sorte de prison ! Tout de suite !

23 février 2008
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