| Le gouvernement français a finalement décidé vendredi soir de déclencher
la clause de sauvegarde pour suspendre la culture de maïs modifié génétiquement (OGM).
Elle concerne le seul produit jusqualors autorisé, le MON 810, créé par le
puissant groupe américain Monsanto. Pour exiger cette mesure, José Bové et plusieurs de
ses camarades du syndicat de gauche Confédération paysanne avaient entamé une grève de
la faim depuis le 3 janvier. Dès lannonce gouvernementale, cette grève a cessé. « Clause de sauvegarde », « MON 810 », de quoi sagit-il?
LA CLAUSE DE SAUVEGARDE. Elle permet à un pays membre de lUnion européenne
dinterdire un organisme génétiquement modifié (OGM) autorisé par Bruxelles, à
condition de justifier cette mesure avec un dossier scientifique complet. Dans le cas
présent, Monsanto dispose dun délai de quinze jours pour sopposer à cette
clause auprès de la Commission européenne. Celle-ci prendra donc la décision de
confirmer ou dinvalider la demande française. Actuellement, six Etats de
lUnion ont utilisé cette clause, dont lAutriche et la Hongrie, ce qui a
provoqué des menaces de représailles contre lEurope de la part des pays
producteurs dOGM comme les Etats-Unis, le Canada et lArgentine, qui ont
déposé plainte à Genève auprès de lOrganisation mondiale du commerce (OMC).
Rappelons quen Suisse, le peuple a décidé par référendum en novembre 2005
détablir un moratoire de cinq ans pour suspendre toute culture dOGM (lire
ci-dessous).
LE MON 810 Ce produit, le seul autorisé en Europe, est génétiquement modifié
pour développer une toxine qui élimine les traditionnels ennemis du maïs que sont les
insectes pyrale et sésamie. La Haute autorité sur les OGM en France avait préconisé la
semaine passée lusage de la clause de sauvegarde car, selon ses explications, elle
a «relevé un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs touchant notamment
la flore et la faune». Parmi les effets négatifs, la dissémination sur plusieurs
dizaines, voire centaines, de kilomètres de lOGM de MON 810 ainsi que
lapparition de résistance au produit chez certains insectes. Alors que la firme
américaine indiquait dans ses études une désimination sur une dizaines de mètres et
l'inoccuité du transgénique M810.
Cette décision du gouvernement français a provoqué la colère de la Fédération
nationale des syndicats dexploitants agricoles (FNSEA), le syndicat patronal des
agriculteurs qui représente surtout les intérêts de lagriculture industrielle et
des lobbys de la chimie. La FNSEA très liée à l'UMP et dont de plusieurs Présidents et
responsables sont devenus ministres ou conseillers dans les gouvernements de droite,
dirigent les Chambres d'Agriculture, décident du montant et répartissent les subventions
aux exploitants agricoles, et sert de passerelle entre pouvoir économique et pouvoir
politique. Des cultivateurs français dOGM membre de la FNSEA viennent de
menacer de recourir à l'importation clandestine d'OGM d'Espagne et d'effectuer des
semis illégaux.
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OGM: Clause de Sauvegarde, une étape importante, une
victoire de la Confédération Paysanne (Communiqué de presse - 11 janv
2008)
L'annonce de la Clause de Sauvegarde est une étape importante vers une alimentation sans
OGM pour les citoyens. C'est la reconnaissance d'un combat mené depuis dix ans presque
jour pour jour par la Confédération Paysanne.
La Clause de Sauvegarde devra être rédigée de manière rigoureuse. Elle devra
s'appuyer sur les études internationales officiellement publiées, notamment les plus
récentes, telles qu'elles ont été répertoriées par la Haute Autorité Provisoire sur
les OGM. Dans les semaines et les mois à venir cette étape devra être confirmée par
une loi sur les OGM qui reconnaîtra le droit pour tous à produire et consommer sans OGM.
Cependant, cette annonce est équivoque. En même temps que le premier ministre annonce
que des doutes sanitaires et environnementaux justifient la mise en uvre du principe
de précaution, il ajoute que cette technologie aurait un intérêt pour " relever
les défis alimentaires et environnementaux " et envisage de multiplier par 8 les
crédits dédiés aux biotechnologies (45 Millions d'Euros). Si cette recherche est
publique et a pour but d'évaluer les risques évoqués par la Haute Autorité, cette
dépense envisagée peut être cohérente.
Pour la Confédération Paysanne, les enjeux alimentaires et environnementaux, les
problèmes actuels de l'agriculture et de l'alimentation ne sauront trouver leurs
solutions dans ces technologies qui ne respectent ni les territoires, ni les savoir-faire
paysans, ni la diversité biologique et alimentaire.
La Confédération Paysanne refuse que ces 45 Millions d'Euros soient destinés au
développement de ces technologies; l'inquiétude et la vigilance sont de rigueur.
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OGM : La clause de sauvegarde pour arrêter la cacophonie
(Communiqué de presse - 11 janv 2008)
La Confédération paysanne sinterroge vivement face à la gesticulation faisant
suite à lavis de la Haute Autorité provisoire sur les OGM. Des scientifiques de
cette instance relayés par quelques responsables politiques de poids, Sénateur Jean
Bizet et le Président de lAssemblée Nationale, Bernard Accoyer, jettent le doute
sur les compétences mêmes au sein de cette Autorité. Il semblerait que M. Accoyer
critique un texte quil na pas lu, ce qui est bien méprisant lorsquil
sagit de plus du travail dune instance officielle. Messieurs Bizet et Accoyer
jettent un « doute sérieux » sur le rôle des scientifiques dans les instances
dévaluation, tout autant que sur celui des responsables politiques. Au-delà des
polémiques autour de questions de vocabulaire employé, limportant réside dans le
contenu de lavis tel quil a été rédigé avec laccord de tous et qui
ne semble pas être remis en question. Cest avec ces éléments suffisamment
significatifs que la Clause de Sauvegarde doit être mise en uvre. Il est urgent de
mettre fin à des stratégies polémistes contraires au bon usage de la démocratie. |