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OGM - Pesticide - Monsanto
Ne pas prendre les informations scientifiques pour argent comptant
Auteur d'un livre et d'un documentaire à paraître sur la firme Monsanto, la journaliste Marie-Monique Robin démonte les méthodes de communication et de lobbying du producteur d'OGM. Entretien vidéo en sept parties.
Bienvenue dans le monde des lanceurs d’alerte, des revolving doors, du marketing viral et de la Google enquête : dans Le Monde selon Monsanto (parution du livre le 6 mars à la Découverte, diffusion du documentaire sur Arte le 11 mars), la journaliste d’investigation Marie-Monique Robin révèle la face cachée de la multinationale mondialement connue pour son pesticide Round-up et ses plantes génétiquement modifiées : fabrication de l’agent Orange, production de PCB, de dioxine et d’hormone de croissance bovine, dissimulation de la nocivité pour la nature et pour l’homme de ces produits, coût de l’essor de ses cultures transgéniques sur les agricultures des pays pauvres. Les méthodes de communication et de lobbying du fabriquant y sont dénoncées : rétention d’information, campagne de dénigrements contre ses détracteurs, collusion entre milieux scientifiques et politiques, appropriation progressive des ressources alimentaires du monde…

Dans cet entretien à Mediapart, Marie-Monique Robin décortique ses propres méthodes de travail, et explique le paradoxe initial de son enquête : c’est assise face à son écran d’ordinateur à arpenter Google qu’elle a découvert la plupart des faits que révèle son livre. En effet, explique-t-elle à propos de Monsanto, « presque toute l’information est publique », mais éparpillée et souvent incompréhensible aux profanes. Si elle a pu mettre la main sur quelques pépites, comme l’archive vidéo d’une visite de George Bush père, alors vice-président de Ronald Reagan, au laboratoire de Monsanto promettant d’aider la firme à se développer grâce aux dérégulations à venir, l’essentiel de son enquête a consisté à remonter aux sources des données dont elle retrouvait la trace.

Cette entreprise de vérifications factuelles lui a permis de percer à jour les campagnes de marketing viral que, dans l’ombre, Monsanto a mises en branle pour décrédibiliser et déstabiliser ses détracteurs. Cette politique de harcèlement a coûté leurs carrières à des chercheurs, des fonctionnaires et des journalistes.De quoi alerter sur les failles et les irrégularités des procédures de validations des grandes revues scientifiques pourtant internationalement reconnues comme Nature et Science, qui ont diffusé des articles reposant sur des données non vérifiées et pourtant validées par des experts. La reporter en conclut qu’ « il ne faut pas prendre l’information scientifique pour argent comptant », et refuser de laisser les biotechnologies aux seuls biologistes.

Auteur: Jade Lindgaard
26 février 2008
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