| OGM |
| Sinistre
plaidoyer du patron de Nestlé* : L'Union européenne doit assouplir ses règles en faveur
des OGM |
| Le
patron du leader mondial de l'agroalimentaire, Peter Brabeck, président de Nestlé, se
«lâche» dans une interview accordée au "Financial Times" : les OGM «sont
une des technologies les plus sûres que nous ayons jamais vues, bien plus sûres que les
aliments bio et que tout ce qui est à la mode en Europe», dénonce-t-il. L'Union
européenne doit assouplir ses règles en faveur des OGM. Egalement dans son
collimateur : la volonté européenne de favoriser les biocarburants. Alors que seuls 21 %
de la population européenne se dit prête à consommer des aliments génétiquement
modifiés |
ZURICH
(AFP) Le président du groupe alimentaire suisse Nestlé, Peter Brabeck, a appelé
l'UE à assouplir ses règles sur les organismes génétiquement modifiés (OGM), pour
faire face à la montée de prix des matières premières agricoles, dans un entretien
paru lundi dans la presse.
"On ne peut pas nourrir la planète sans les organismes génétiquement
modifiés", a estimé M. Brabeck, dans un entretien au quotidien britannique
Financial Times.
"Nous avons les moyens de faire une agriculture viable à long terme", a-t-il
ajouté, regrettant le manque d'engagement politique en faveur des OGM.
L'opposition de l'UE aux OGM a notamment favorisé le rejet de cette technologie en
Afrique, a estimé le président du géant alimentaire helvétique.
"L'Union européenne a fait usage de pression politique pour empêcher certains pays
d'utiliser des organismes génétiquement modifiés", a-t-il poursuivi, ajoutant que
cette démarche "n'était pas forcément positive pour l'agriculture de ces pays ni
pour leurs stocks".
Les OGM sont "une des technologies les plus sûres que nous ayons jamais vues, bien
plus sûres que (les produits) biologiques ou écologiques à la mode en Europe", a
poursuivi M. Brabeck.
Le maïs MON810, conçu par le groupe agrochimique américain Monsanto, est la seule
culture OGM présente dans l'UE, essentiellement en Espagne. Il représente moins de 1%
des surfaces de maïs cultivées en France (22.000 hectares l'an dernier)«Vous ne
pouvez nourrir la planète sans les organismes génétiquement modifiés, assène
d'emblée Peter Brabeck, président de Nestlé, dans une interview au //Financial Times//.
Nous avons les moyens de rendre l'agriculture viable à long terme. Ce que nous ne voyons
pas pour le moment, c'est la volonté politique d'y parvenir.»
A ses yeux, les craintes de l'Europe envers les risques sanitaires des OGM ne sont pas
fondées, sachant que les Américains en consomment depuis des décennies. «Il s'agit
d'une des technologies les plus sûres que nous ayons jamais vues, bien plus sûre que les
produits bio, écologiques et tout ce qui est à la mode en Europe !»
Peter Brabeck estime quant à lui que les plantations d'aliments «organiques», qui
décrocheraient des rendements moindres que les OGM, sont «un festin destiné à ceux qui
peuvent se le permettre». A l'inverse, les anti-OGM contestent cette idée d'un rendement
supérieur avec la dernière énergie. |
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| Le président de Nestlé dénonce le lobbying anti-OGM européen
en Afrique
Le patron du leader mondial de l'agroalimentaire en profite pour dénoncer «les pressions
politiques exercées par l'Union européenne en Afrique, pour empêcher certains des pays
du continent d'utiliser des OGM. Je ne pense pas que cela ait particulièrement aidé
l'agriculture dans ces pays, ni leurs approvisionnements.»
Peter Mandelson, commissaire européen au Commerce, rejette toute accusation de pression
sur l'Afrique : «Elle est libre de planter ce qu'elle souhaite. Ceci dit, étant donné
que la grande majorité de ses exportations en matière d'agriculture sont destinées à
l'Union européenne, il est clairement dans son intérêt de tenter de rencontrer les
besoins de ce marché.»
Et de citer une étude menée par la Commission européenne, selon laquelle seuls 21 % de
la population européenne se dit prête à consommer des aliments génétiquement
modifiés. Bref, le fait que l'Afrique du Sud soit la seule nation du continent africain
à commercialiser des OGM ne s'explique que par une simple règle commerciale. Un avis qui
n'est à l'évidence pas partagé par Peter Brabeck.
Biocarburants : Nestlé signe la lettre d'Unilever à
l'Union européenne
Les OGM ne sont pas l'unique cheval de bataille du président de Nestlé. Peter Brabeck a
signé une lettre, envoyée par Unilever à l'Union européenne. En compagnie d'autres
colosses de l'agroalimentaire, parmi lesquels Cadbury, Heineken, Mars, Danone et Kellogg,
ils estiment que l'Europe ne devrait pas «précipitamment» adopter l'objectif de
remplacer 10 % de carburant par du biocarburant d'ici 2020.
Selon ces grands patrons, une telle décision ne ferait qu'augmenter la proportion de
surfaces agricoles consacrées aux biocarburants en Europe à 15 % en 2020, contre 3 % en
2006. Or, selon un rapport de la Banque mondiale citée dans le courrier, 65 % de cette
augmentation est due à la demande accrue pour des stocks destinés à la production de
biocarburant.
En réponse, Johannes Laitenberg, porte-parole de la Commission, a répété la position
de l'exécutif européen. A savoir que l'objectif en matière de biocarburants
n'alourdirait pas les pénuries alimentaires, puisqu'il sera basé sur des standards
environnementaux précis et le développement de biocarburants à partir de sources
non-alimentaires. |
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Vincent Degrez
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| 1er juillet 2008 |
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