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OGM
Mobilisations dans toute la France le 13 mai pour s'opposer à la loi Monsanto
Les mobilisations et actions des collectifs anti-OGM se multiplient avant que le projet de loi revienne en seconde lecture à l'Assemblée Nationale le 13 mai. Ces actions ont pour objectif de maintenir la pression vis à vis des députés et  leur demander des comptes sur leurs votes. Un renfort étonnant dans cette lutte entre, d'une part, les partisans d'une nourriture saine et du choix de manger non-ogm et, d'autre part,  les défenseurs de l'agro-buiseness et des aprentis-sorciers, celui de Gérard Mulliez, le fondateur et ancien directeur de la châine Auchan, qui a déclaré dans le journal économique "L' Expansion" qu' "il faut interdire les OGM en pleins champs".  Dans l'état actuel des connaissances, 78% des Français ne veulent pas d'OGM en pleins champs. Mais MONSANTO, les autres semenciers, et la FNSEA veulent les imposer via leur loi !
Le WWF, le MDRGF ( www.mdrgf.org ) (voir ci-après) et Greenpeace organisent des pique-nique-manifestations citoyens le mardi 13 mai à 13 heures, devant chaque préfecture de région. Les citoyens sont appelés à s ejoindre au mouvement pour empêcher le mauvais coup des semanciers relayés par des députés aux ordres.
Le site internet www.stopauxogm.fr affiche en permanence les initiatives.

Après le vote de justesse en 1° lecture à l' Assemblée Nationale (21 voix de majorité seulement), avec 10 UMP qui ont voté contre, 31 qui se sont abstenus explicitement, et 47 (Nouveau Centre compris) qui ont estimé prudent de ne pas se montrer à l'Assemblée ce jour là, les nouvelles prises de positions nées dans le champ d'influence de la majorité UMP ouvrent des espoirs de bloquer au moins le sous-amendement scélérat Monsnato-Fnsea que les sénateurs ont rajouté, sinon même, la loi toute entière.

Les promoteurs politiques des OGM voient se lever de plus en plus d'oppositions dans leurs propres camp et milieu électoral. Les partisans des OGM sont de plus en plus déstabilisés.

Des mobilisations citoyennes massives devraient pouvoir faire basculer la majorité à l'Assemblée Nationale! en signant les pétitions en ligne : http://stop-ogm.org/  et wwf et http://www.ogm-jedisnon.org/?Petition ; en adressant à son/sa député(e) un courrier de protestation (modèle ici). Pour exemple, un député mayennais UMP qui s'est abstenu à l'issue de la 1ere lecture à l'Assemblée nationale a fait savoir que la seconde lecture sur le projet de loi sur les OGM effectuée par les Sénateurs ne lui convenant pas (il n' y retrouve pas l'esprit du Grenelle de l'Environnement), qu'il votera probablement non lors de son passage en seconde lecture. La loi OGM n'a été votée en 1ère lecture à l'Assemblée nationale qu'avec seulement 21 voix de majorité. Donc lorsqu'elle reviendra en seconde lecture vers le 15 mai, il suffit qu'une poignée de députés UMP qui se sont abstenus à l'issue de la 1ère lecture, votent non et que les 15 députés PS qui n'ont pas pris part au vote, votent également non, cela pourrait donc suffire à faire basculer le scrutin pour que cette loi soit rejetée. "Pour mettre le maximum de chances de notre côté pour que cette loi soit rejetée à l'Assemblée nationale, à nous de cibler les députés UMP qui se sont abstenus et les 15 députés PS qui n'ont pas pris part au vote pour les convaincre de voter non. A chacun d'agir selon les moyens appropriés" déclare cyber @cteur qui propose des lettres-types par régions et député ( www.cyberacteurs.org )

Sur le fond, et sur les méthodes qu'utilisent Monsanto et Cie, la journaliste Marie-Monique Robin a écrit un livre: "Le monde selon Monsanto" et réalisé un documentaire "culte" de même titre, diffusé sur Arte le 11 mars, qui a créé un choc.... A la suite, Marie-Monique Robin a eu un débat remarqué à l'émission "Parlons net" , de France-Info.

l'incroyable disposition de la loi, qui exonère les fabriquants de semences OGM de toute responsabilité en cas de contamination

Le projet de loi prévoit l'exonèration des fabriquants de semences OGM de toute responsabilité en cas de contamination de cultures non-OGM, qui rejette cette responsabilité sur les agriculteurs OGM, et qui oblige les futurs contaminés à établir (à leurs frais) la preuve de la contamination. (voir après la lettre ci-dessous)

Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
code postal Localité :

Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale

copie aux membres de l'Assemblée Nationale de ma région

Madame la députée, Monsieur le Député
Attachés aux AOC et labels de qualité qui font la renommée de la France, comme à la protection de l'agriculture conventionnelle et biologique ainsi que des espaces naturels remarquables, nous considérons que l'avenir de ce patrimoine national serait irrémédiablement menacé par les disséminations d'OGM.

Nous serons vigilants sur votre vote en seconde lecture car nous ne voulons pas que les OGM rejoignent la liste des grands scandales sanitaires (sang contaminé, vache folle, amiante...).

Nous vous demandons de déposer un amendement précisant que le texte de projet de loi sera soumis aux citoyens par référendum.

Veuillez croire, Madame la Députée, Monsieur le Député, en notre détermination à poursuivre le combat.


Voilà ce qu'a écrit Greenpeace début avril, juste avant le 1° passage à l'Assemblée Nationale:

"Le régime de responsabilité prévu par le projet de loi ne prend en compte ni la réalité des contaminations (qui pour la plupart, ont lieu hors des champs, lors des opérations de transport, de stockage…), ni les importantes distances de contamination possible par le pollen, ni la durée potentielle de ces contaminations et laisse encore à la victime la charge de prouver qu’elle a été contaminée. Les risque des OGM doivent être assumés par leurs promoteurs et non par ceux qui les subissent."

D'autres réactions de tous bords

. Fabienne Keller, sénatrice UMP du Bas-Rhin a déclaré (Libération, 16 avril):
Autre chapitre de la loi à améliorer selon la sénatrice: la responsabilité en cas de contamination. « Il faut que le régime de responsabilité associe les semenciers, ils doivent assumer les risques de la contamination. » Or , en l'état, après un premier examen par les deux chambres, la responsabilité porte sur les seuls cultivateurs.»De plus, souligne Fabienne Keller, "aujourd'hui c'est au cultivateur de faire la preuve de la contamination. Il faut inverser la charge de la preuve: en cas de problème, c'est toute la filière qui devrait au contraire prouver qu'il n'y a pas eu contamination." Une autre députée UMP du Sud-Est et des agriculteurs bio recroisent dans une lettre cette position. En effet, il en ressortirait ceci: [cette députée] a décidé de ne pas voter cette loi [lors de la 1° lecture] principalement à cause de l'impunité qu'elle donne aux semenciers en cas de pollution : elle aurait proposé (un amendement ?) afin que les semenciers soient responsables et payent en cas de contamination d'un champ non-OGM par les OGM. Sa proposition n'a pas été retenue et (elle) n'accepte pas que toute la responsabilité soit mise sur les agriculteurs.

. Sur les 26 000 adhérents de la coopérative [Terrena], 3 100, soit 12%, ont répondu à ce questionnaire distribué début janvier. Il portait sur l'utilisation des OGM. 66% de ceux qui ont participé jugent que les cultures OGM ne sont pas nécessaires pour répondre aux besoins croissants de la demande de produits agricoles. Pour 54% des agriculteurs, les OGM représentent un vrai danger pour la diversité des filières et des modes de production. 61 % des agriculteurs sont favorables au maintien du moratoire sur les OGM, "le temps que les recherches avancent" (Ouest-France, 5 mars 2008 )

. Les OGM ne sauveront pas la planète de la faim (Les Echos - 14/04/08) (…) Les OGM ne sauveront pas la planète de la famine.Ce n'est pas la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui le dit. Ni même José Bové. Mais un groupe de 400 experts réunis la semaine dernière à Johannesburg, sous la houlette des agences de l'ONU et de la Banque mondiale. (…) Demain, ils publieront leur rapport final sur « L'évaluation internationale des sciences et technologies agricoles au service du développement». Les amateurs de recettes miracles en seront pour leurs frais. Et notamment les agrochimistes, mécontents des conclusions, qui ont pratiqué la politique de la chaise vide pour faire pression. (…) Les experts réunis par le professeur Watson (…) se montrent enfin inquiets des futurs problèmes de voisinage entre cultivateurs pro et anti-OGM en cas de contamination. Ce qui était justement en jeu dans le projet de loi sur les OGM en France, chargé d'organiser les règles du jeu d'une éventuelle coexistence entre les cultures OGM, conventionnelles et biologiques. Selon que les obligations et nouvelles règles de responsabilité entre «contaminants» et «contaminés» seront plus ou moins strictes, la culture des OGM pourra se développer plus ou moins facilement dans l'Hexagone. (…) Pour ou contre, comme l'a rappelé Achim Steiner, (…) il ne faut pas perdre de vue que la production agricole est actuellement suffisante pour nourrir la planète. Si l'on divise strictement le nombre de calories par habitant, elle pourrait même nourrir près de 10 milliards d'habitants. Anne Boeur du service Enquêtes des « Echos ».

. Le pollen volant des greens OGM (LE MONDE - 21.09.04 ) (…)Les sociétés Monsanto et Scotts ont adressé début 2004 une demande de commercialisation de l'"événement ASR368" de cette graminée [Agrostis stolonifera] transgénique à l'administration américaine. . L'Union des scientifiques inquiets (UCS) a aussitôt répliqué, indiquant que sa mise en culture menaçait de transférer à d'autres variétés - parmi lesquelles des mauvaises herbes - la résistance au fameux herbicide. (…)Les résultats d'une étude de diffusion du pollen d'Agrostis, publiée le 21 septembre dans les comptes rendus de l'Académie des sciences américaine (PNAS), montrent que cet appel à la vigilance n'était pas infondé. Une équipe de chercheurs de l'Agence pour la protection de l'environnement et de l'US Geological Survey a en effet constaté que le pollen du stolonifera transgénique pouvait féconder des plantes situées jusqu'à 21 km des parcelles "sources". Les hybrides ainsi obtenus présentaient une résistance au glyphosate. "La majorité des flux de gènes se situent à une distance de deux kilomètres sous le vent dominant, écrivent Peter Van de Water et ses collègues. Les distances maximales observées sont respectivement de 21 km et de 14 km pour les plantes sentinelles et résidentes." (…) des gigantea transgéniques ont bien été obtenues fortuitement [par hybridation spontanée ndlr]."La surprise vient des taux de contamination de cette espèce voisine, qui pousse sur les bords des champs cultivés et est considérée comme une mauvaise herbe"[donc devenue résistante au Roundup, ndlr], indique Christian Huyghe, chef de l'Unité de recherche prairies et fourragères de l'Institut national de recherche agronomique (INRA). "Le taux de franchissement de la barrière spécifique est très inquiétant", ajoute-t-il. Le chercheur est aussi préoccupé par la taille de la zone contaminée : 310 km2. Il estime que si gigantea a été contaminée, il en ira de même d'autres espèces d'Agrostis, indésirables pour certaines. "On assiste clairement à une fuite du transgène dans pas mal de compartiments de la biodiversité locale".

4 mai 2008
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