| OGM
: les grandes toques n'en veulent pas à table
Dans le débat sur les organismes génétiquement modifiés, beaucoup de voix se sont
fait entendre, rarement celle des cuisiniers et des vignerons. Nous sommes pourtant
concernés au premier chef par l'introduction des OGM de plein champ dans l'agriculture.
Nous n'avons ni vocation ni compétences pour trancher un débat scientifique sur la
sécurité sanitaire des aliments OGM. Les études conduites à ce jour restent
contradictoires et insuffisantes sur la durée. C'est pourquoi, à l'image du gouvernement
pour le maïs MON 810, nous défendons le principe de précaution : pas d'OGM à nos
tables et dans nos caves dans l'état actuel des connaissances.
Les produits de la terre sont la base de notre métier et le socle de notre gastronomie.
Nous avons la chance de disposer de terroirs et de produits d'une qualité et d'une
variété exceptionnelles. Nous avons la liberté de choisir ceux qui nous plaisent pour
nos vins et nos plats. C'est un droit fondamental que celui de choisir le contenu de son
verre et de son assiette.
Cette liberté et ce choix sont aujourd'hui menacés par les OGM et leurs conséquences
inéluctables : industrialisation et standardisation de l'agriculture, dégradation et
pollution des sols, uniformisation des semences et des goûts, atteintes à la
biodiversité et menaces sur l'agriculture biologique.
DIVERSITÉ ET QUALITÉ
Accepter les OGM, c'est scier la branche sur laquelle nous sommes assis et condamner, à
terme, ces petits producteurs qui nous offrent chaque jour diversité et qualité dans le
respect de la terre. La coexistence entre cultures OGM et non OGM est une illusion. Plus
les premières se développeront, plus les risques de contamination des secondes se
multiplieront. Aucune loi ne peut réglementer le sens des vents ou le vol des abeilles,
principaux vecteurs de la dissémination.
La France est le pays qui a inventé les appellations d'origine contrôlées (AOC), nous
ne voulons pas qu'il devienne celui des appellations d'origine contaminée. C'est
pourquoi, mesdames et messieurs les députés, nous vous demandons de maintenir
l'amendement 252 selon lequel les OGM "ne peuvent être cultivés, commercialisés ou
utilisés que dans le respect de l'environnement et de la santé publique, des structures
agricoles, des écosystèmes locaux et des filières commerciales qualifiées sans
organisme génétiquement modifié". C'est aussi l'avenir de notre cuisine et de
notre vignoble qui est en jeu.
Générations. C (83 jeunes cuisiniers, David Zuddas, Eric Guérin, Cédric Denaux,
etc.) ;
Association La Dive bouteille (120 vignerons, Champagne Selosse, Antoine Arena, Marcel
Richaud, etc.). Ils ont été rejoints par de nombreux cuisiniers : Olivier Roellinger,
Michel et Sébastien Bras, Alain Passard, Michel Troisgros, Marc Veyrat, Franck Cerutti,
Pascal Barbot, Régis et Jacques Marcon, Jean-Michel Lorain et bien d'autres ;
Association Terre et vins du monde, présidée par Alain Graillot qui regroupe 400
domaines dont la Romanée-Conti, Les Comtes Lafon, Anne-Claude Leflaive, Jean-Louis Chave,
Beaucastel, Trévallon, Nicolas Joly, Zind-Humbrecht, Pichon-Longueville,
Smith-Haut-Lafitte etc.
La liste des signataires est disponible sur le site : ( pour les pros)
http://news.generationspointc.com/generationsc/fr/ogm.asp
Pour les cuisiniers : sdelaveaucoupet@orange.fr
Pour les vignerons : sylaugereau@wanadoo.fr |