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l'augmentation du prix des matières premières induite par l'accroissement de la
production de biocarburants est favorable aux producteurs de cultures énergétiques, elle
implique des coûts supplémentaires et une baisse de revenu pour les agriculteurs qui en
ont besoin pour nourrir leur bétail, notait déjà en 2007 la FAO. "La hausse des
prix du pétrole" et les barrières commerciales "font qu'une proportion
croissante de la production agricole se transforme en matière première compétitive pour
le secteur de l'énergie", a déclaré M. Diouf lors d'une conférence à
l'Université de La Havane.
"Le résultat est que quelques 100 millions de tonnes de céréales sont soustraites
aux marchés alimentaires pour subvenir aux besoins énergétiques", a ajouté M.
Diouf en visite à Cuba afin de s'informer sur les moyens mis en place par le gouvernement
de Raúl Castro face à la crise alimentaire mondiale.
Il a souligné que "le marché énergétique est si important et la demande
pourrait être si forte que cela pourrait modifier radicalement les systèmes agricoles
traditionnels".
Aux Etats-Unis, la production annuelle d'éthanol à partir du maïs devrait doubler
entre 2006 et 2016, selon la FAO tandis que dans l'Union européenne, les volumes
d'oléagineux (principalement de colza) destinés à la production de biocarburants
devraient passer d'un peu plus de 10 millions de tonnes à 21 millions de tonnes au cours
de la même période.
Au Brésil, la production annuelle d'éthanol devrait atteindre quelque 44 milliards de
litres d'ici 2016, contre 21 milliards de litres environ aujourd'hui. La Chine devrait
voir sa production actuelle d'éthanol, de l'ordre de 2 milliards de litres, grimper
jusqu'à 3,8 milliards de litres.
La hausse des prix des produits agricoles préoccupe tout particulièrement les pays
importateurs nets, de même que les populations urbaines pauvres.
Selon la FAO, la production de biocarburants s'effectue aux dépens des productions
vivrières et puisent énormément dans les réserves en eau. Cette production détourne
à la fois les terres et les capitaux du secteur alimentaire et conduira à une hausse des
prix des denrées de base mettant en péril l'accès à ces produits pour les populations
les plus défavorisées.
Certains dirigeants d'Amérique latine s'insurgent contre la situation. C'est notamment
le cas du représentant cubain à la FAO, Juan Arsenio Quintero pour qui il est
inacceptable que les pays pauvres produisent des biocarburants our les pays riches, avec
les conséquences que cela aurait sur l'agriculture.
Seul le Brésil résiste et défend la production de biocarburant en Amérique latine
et en Afrique considérant qu'il s'agit là d'un des moyens d'éliminer la pauvreté dans
les campagnes. Le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega refute l'idée que la
production massive de biocarburant conduirait à une hausse des prix des denrées
alimentaires."Cela met en péril la production alimentaire ici aux Etats-Unis, mais
pas au Brésil, pas dans les pays d'Afrique, pas dans les pays d'Amérique latine, qui ont
assez de terres pour produire les deux".
Source : AFP, FAO, Enviro2B
http://www.leblogfinance.com/2008/07/biocarburants-1.html
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