Mais,
si les analyses sont bonnes, les solutions font en général limpasse sur
limpact désastreux des habitudes alimentaires où la viande joue le rôle
principal.
Nous tenons à faire savoir que si « notre maison brûle » (Jacques
Chirac, Sommet mondial du développement durable, Johannesburg, 2 septembre 2002),
cest aussi parce que notre assiette est « brûlante ».
Si elle est « brûlante », cest parce que son contenu participe au
réchauffement climatique dune façon que peu de gens soupçonnent.
En ce qui concerne les gaz à effet de serre, le cheptel mondial émet
environ cent millions de tonnes de méthane par an. Ce poste est la plus importante source
de méthane dû aux activités humaines (« anthropogénique »), dont il représente
presque le tiers (30 %).
Or, le potentiel de réchauffement global du méthane à lémission
est 62 fois celui du gaz carbonique (et non pas 20 fois comme on lentend dire, ce
qui ne devient vrai quun siècle après lémission).
Cest ainsi quune réduction de 10 % seulement du méthane
anthropogénique suffirait à stabiliser sa concentration dans latmosphère, alors
quil faudrait une réduction 6 fois plus forte pour stabiliser le gaz carbonique.
Si lon voulait nagir que sur le seul poste alimentaire,
réduire de 10 % ce méthane nécessiterait seulement que chacun sabstienne de
consommer des produits dorigine animale 1 jour sur 3.
Autrement dit, des solutions simples existent pour aider efficacement à
combattre le réchauffement climatique, en dehors des éternels poncifs sur la nécessaire
réduction de la consommation pétrolière : il faut également (et surtout, étant donné
la virulence du méthane) réduire la consommation de produits animaux en général et de
viande en particulier.
Ceci est aussi démontré par la notion maintenant bien connue d«
empreinte écologique » : en termes dempreinte écologique, le contenu de notre
assiette est plus de 5 fois plus important que sa provenance.
Cest ainsi que la consommation daliments dorigine
lointaine augmente lempreinte de 28 % par rapport une consommation locale. Mais une
alimentation carnée quotidienne laugmente de 156 % par rapport à une alimentation
strictement végétarienne.
Outre leurs émissions de gaz à effet de serre, les animaux
délevage utilisés pour notre consommation induisent en effet un gaspillage
deau, un gaspillage de terres agricoles, des retombées de pluies acides, sans
oublier la pollution par les déjections et le recours aux OGM pour lalimentation
animale.
Cest pourquoi Alliance Végétarienne en appelle à la sincérité
des acteurs écologistes qui tirent à juste titre la sonnette dalarme
: si vous voulez être cohérents et efficaces, mettez en avant limportance des
choix alimentaires et soutenez le libre accès de tous à une alimentation végétarienne
(voir www.vegetarisme.fr/petition ).
Contacts : Groupe Ecologie de lassociation Alliance Végétarienne. www.vegetarisme.fr president@allianceveg.org |