Sécuriser lapprovisionnement
alimentaire et investir dans une valeur sûre en période de crise. Mais au détriment de
qui ? Des populations locales en particulier des petits paysans qui ne sont
malheureusement pas les bénéficiaires de ces investissements dont les produits sont
destinés aux pays dorigine des capitaux. Dans ce monopoly de la terre au niveau
mondial, le cas de Daewoo est particulièrement révélateur. En novembre 2008,
lentreprise sud-coréenne annonçait en effet avoir signé dès juillet 2008 avec le
gouvernement malgache un accord portant sur lexploitation d1,3 millions
dhectares de terres, pour la production de maïs et dhuile de palme à
destination de la Corée du Sud. Dans un contexte politique aujourdhui très tendu
à Madagascar, Daewoo et le gouvernement malgache multiplient les déclarations
contradictoires, mais les organisations de la société civile malgaches sont
particulièrement inquiètes et appellent à la transparence et au respect du droit des
paysans à la terre.
Face à cet accaparement des terres agricoles, dont lAffaire Daewoo est
emblématique, et dans un climat de durcissement politique à Madagascar, les
organisations de la société civile et la population demandent des réponses claires et
précises et en appellent à notre solidarité.Le Collectif de défense des terres
malgaches sest constitué en réaction à la transaction annoncée par Daewoo dans
la presse. Vous trouverez une pétition adressée au gouvernement malgache sur le site http://www.terresmalgaches.info
Les Amis de la Terre soutiennent cet Appel. Selon eux, les firmes des pays riches et
émergents sabattent sur le continent africain comme un nuage de criquets. Elles
accaparent des terres afin dassurer leur approvisionnement alimentaire et fournir le
marché croissant des agro carburants. Espérant dhypothétiques retombées
économiques, des pays très pauvres accordent des concessions à des investisseurs
étrangers sur des terres qui font cruellement défaut aux populations locales pour se
nourrir. Madagascar en est le triste exemple. Cet appel sera diffusé dans le réseau des
Amis de la Terre à 5000 exemplaires.
Cet Appel est lancé dans le cadre de la campagne FaimZERO initiée par Peuples Solidaires
et ActionAid et qui sera marquée cette année par lorganisation dun Forum
international sur laccès à la terre, les 18 et 19 avril 2009 à Montreuil. Ce
Forum est co-organisé par Peuples Solidaires, la Confédération Paysanne et la FNAB.
Pour en savoir plus et pour sinscrire,télécharger le programme et bulletin
dinscription
Appel lancé en lien avec la Fédération Peuples Solidaires et en partenariat avec les
Amis de la Terre
Comment agir?
Sur le site cette cyber @ction est signable en ligne
http://www.cyberacteurs.org/actions/
Par courrier électronique
C'EST FACILE : A VOUS DE SUIVRE LES 6 ETAPES SUIVANTES :
1- Copiez LE TEXTE À ENVOYER ci-dessous entre les ############
2- Ouvrez un nouveau message et collez le texte
3- Signez le : prénom, nom, adresse, ville
4- Rajouter l'objet de votre choix : MAIN BASSE SUR LA TERRE
5- Adressez votre message aux adresses suivantes :
contact@daewoo.fr,webmaster@daewoo.com
cyberacteurs@wanadoo.fr
Vérifiez que les 2 adresses apparaissent bien
6- Envoyez le message
Par cette action, vous ferez connaître votre opinion au Directeur de Daewoo et à Cyber
@cteurs pour nous permettre d'évaluer l'impact de cette action.
############
Prénom, Nom
Profession :
Adresse :
code postal Localité :
Mr Kim Jae-Yong,
I have been informed by Peuples Solidaires, Friends of the Earth-France and
the Collectif pour la défense des terres malgaches of the negotiations going
on between your company and the Government of Madagascar, regarding the 99-year lease of
1.3 m hectares of land to farm maize and palm oil for South Korea. I am deeply concerned
about the consequences this transaction would have on food sovereignty and access to land
for farmers in the country and urge you to :
- completely suspend ongoing actions and land surveys
- demonstrate utmost transparency towards the population of Madagascar and the general
public regarding the project, notably on the beneficiaries of the land lease fees, as you
denied that the land was acquired for free. Ask from the Government of Madagascar the same
transparency.
- respect the right of farmers and population to use the land.
Sincerely yours,
############
Monsieur Kim Jae-Yong, Jai été informé/e par Peuples Solidaires, les Amis de la
Terre et le Collectif pour la Défense des Terres Malgaches, des négociations en cours
entre votre entreprise et le gouvernement malgache, concernant la location pour 99 ans
d1,3 million dhectares de terres pour produire du maïs et de lhuile de
palme, à destination de la Corée du Sud. Je suis extrêmement préoccupé/e par les
conséquences que cette transaction aurait sur la souveraineté alimentaire et
laccès à la terre pour les paysans de ce pays et vous exhorte à : - suspendre
complètement les actions engagées et les prospections foncière, - faire preuve de la
plus grande transparence vis-à-vis de la population malgache et de lopinion
internationale concernant ce projet, notamment sur les bénéficiaires du coût de la
location foncière dont vous avez démenti la gratuité. Demander au gouvernement malgache
de faire preuve de la même transparence, - respecter le droit des paysans et des
populations à disposer de leurs terres. (Salutations)
Selon le Collectif pour la défense des terres malgaches, constitué en décembre 2008 en
réaction à lannonce faite par Daewoo, « lopinion publique malgache,
informée par la presse internationale, est particulièrement en alerte car plusieurs
grands projets déjà en cours à Madagascar démontrent la réalité de contrats dont les
termes conjuguent une exploitation drastique des richesses du pays par les investisseurs
étrangers avec des bénéfices insignifiants pour la nation et les populations malgaches
». Ce Collectif a réagi en demandant au gouvernement larrêt immédiat des actions
entreprises avec Daewoo, et la Plate-Forme nationale des organisations de la société
civile de Madagascar a demandé toute la transparence sur la transaction annoncée puis
démentie.
Souveraineté alimentaire en danger
Alors que Madagascar semblait sêtre engagé depuis quelques années dans une
réforme foncière pour sécuriser progressivement le droit des paysans à exploiter leurs
parcelles, laffaire Daewoo a réveillé soudainement les vieux démons dun
néo-colonialisme foncier menaçant la souveraineté alimentaire de lIle et les
droits fondamentaux des paysans. En effet, laccord de juillet 2008, annoncé dans la
presse en novembre dernier [1] par Shin Dong-Hyun, directeur financier de Daewoo
Logistics, portait sur la signature dun bail emphytéotique de location pour 99 ans
sur 1,3 millions dhectares, cest-à-dire la « moitié des terres arables »
[2] du pays ! Le groupe sud-coréen indiquait également quil avait lintention
de se lancer dans la culture de maïs et la production dhuile de palme, pour «
renforcer la sécurité alimentaire de la Corée du Sud » [3] et fournir la moitié des
importations de maïs de la Corée. Toujours selon Daewoo, la production de maïs devait
débuter en 2009 sur 2000 hectares. Au final, 1 million dhectares de terres seraient
consacrés au maïs et 300 000 aux palmiers à huile. Or, les termes du contrat en
négociation ne prévoiraient apparemment pas de contrepartie financière. Le « prix de
location » consisterait à investir dans les infrastructures nécessaires à la
réalisation du projet (routes, irrigation et infrastructures de stockage des récoltes).
Mais quel avenir pour les paysans dépossédés de leurs terres dans un pays où plus de
70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté ?
Si les démentis publiés par Daewoo Logistics insistent sur le fait quaucun contrat
na encore été signé, ils confirment la nature des prospections foncières
entreprises sur lIle. Très embarrassées, les autorités malgaches ont indiqué en
janvier dernier que « Daewoo nest pas encore propriétaire du terrain soi-disant
déjà acquis » [4]. Seule la prospection du terrain aurait été faite. Daewoo devait
encore fournir un « business plan ». De nombreuses démarches seraient nécessaires
avant lapprobation finale. Mais de nombreux témoignages de paysans locaux indiquent
que les protagonistes de cette affaire sont passés à lacte dans plusieurs
régions. Le représentant de Daewoo dans le pays aurait déjà acquis près de 218 000
hectares dans différentes régions. Madagascar Futur Entreprise Group, filiale de Daewoo
Logistics à Madagascar, aurait ainsi déposé, dans certains cas déjà couronnés de
succès, des demandes dacquisition de 94 182 hectares dans le district de
Brickaville, 33 767 dans le district de Toamasina II, 40 000 dans le district de
Vatomandry et plus de 50 000 dans le district de Maintirano. De vastes terrains dans la
région Sava seraient déjà également en cours de transfert de propriété.
Dautres demandes dacquisitions seraient enregistrées.
Un cas tristement emblématique
Pour la société civile malgache, il y a deux façons de spolier les paysans et le peuple
malgache pour lesquels la terre est un bien sacré et un patrimoine commun : la location
de type Daewoo et loctroi de vastes terres domaniales à un nombre restreint de
privilégiés. Tout cela est particulièrement inacceptable. De nombreuses familles vont
être directement spoliées par ces transactions qui se font dans la plus grande opacité.
Dimportants soupçons ont vu le jour quant à lenrichissement personnel
dun petit nombre dindividus au sommet de lEtat à loccasion de cet
accord. En outre, alors que les paysans rencontrent de grandes difficultés pour surmonter
les procédures leur permettant dacquérir des titres de propriété, le groupe
Daewoo semble avoir bénéficié dun traitement de faveur particulièrement
insupportable pour la population, lui permettant de voir les dossiers dacquisition
de terrain traités rapidement. Dautres questions inquiètent les paysans de
lIle et ont été déjà soulevés par les experts et la société civile malgache :
les plantations de maïs et dhuile de palme destinées à lexportation en
Corée du Sud et ailleurs ne vont-elles pas dessécher les terres agricoles et détruire
la biodiversité ? Les semences utilisées ne seront-elles pas transgéniques comme
cest déjà le cas dans plusieurs pays dAfrique ? Par ailleurs, ce
néo-colonialisme foncier ne se limite malheureusement pas à Madagascar, comme le montre
le rapport de lONG GRAIN, paru en octobre 2008 [5], et détaillant des cas
similaires de rachats de terre par des Etats et investisseurs privés. Dans tous les cas
recensés, ce sont bien les populations locales, majoritairement paysannes, qui sont
directement menacées par cette marchandisation de la terre.
Face à cet accaparement des terres agricoles, dont lAffaire Daewoo est
emblématique, et dans un climat de durcissement politique à Madagascar, les
organisations de la société civile et la population demandent des réponses claires et
précises et en appellent à notre solidarité. |