Le 14 août 2004,
à Marsat, 500 citoyens ont participé à une action de désobéissance civique des
faucheurs volontaires pour dénoncer la présence de maïs transgénique dans le Puy de
Dôme. Cinq faucheurs (dont Gilles Lemaire) ont été poursuivis et finalement condamnés
par la Cour dappel de Riom en octobre 2005 à 4 mois de prison avec sursis et près
de 200 000 euros de dommages et intérêts.
Après une tentative de saisie mobilière pour la somme de
200 161,98 euros en février 2006, tentative qui a avorté, lhuissier
établissant un constat de carence, la procédure de saisie immobilière a été activée
sur lappartement de Gilles Lemaire en septembre 2006. A ce jour laudience
dadjudication, où aura lieu la vente aux enchères est fixée au 29 mars 2007.
De même, en août 2005, à Nonette, 400 citoyens ont participé à
une action de désobéissance civique non violente des faucheurs volontaires pour
dénoncer la présence de maïs transgénique dans le Puy de Dôme. Quinze dentre
eux ont été interpellés, mis en garde à vue 48 heures pour finir en comparution
immédiate. Le procès sest soldé par un délibéré condamnant douze personnes
(dont Monique Burnichon et Franck Legrand) à 1 mois de prison avec sursis et environ 18
000 euros de dommages et intérêts en faveur Limagrain et de Monsieur Dumergue,
lagriculteur exploitant le champ de Meristem Therapeutics.
Le trois janvier 2007, Monique Burnichon, résidant à Firminy dans
la Loire, a reçu à nouveau un « commandement aux fins de saisie vente » pour
la somme de 6033,37 euros. Ce commandement lui a été signifié par la venue dun
huissier dépêché par Monsieur Dumergue et Limagrain.
En octobre dernier, Franck Legrand de Montpellier et Monique
Burnichon avaient déjà connu une telle situation. Le 11 décembre 2005, le Tribunal
dInstance du Chambon-Feugerolles avait déclaré irrecevable la requête en saisie
de rémunérations de Monique Burnichon pour cause dirrégularités.
Collectif des Faucheurs Volontaires |
| pour
soutenir la lutte des faucheurs volontaires : courrier et fax à l'agro-buisiness Courriers et fax à envoyer à "LIMAGRAIN" (Rue Limagrain,
BP1, 63720 Chappes . Fax : 04.73.63.40.44)
Le .... 2007,
Votre identité (Nom, Prénom, Adresse)
à Monsieur Pierre Pagesse, Président de Limagrain
Monsieur,
Je viens par cette lettre vous manifester mon indignation devant
votre acharnement à continuer des poursuites et vous demande de stopper ces
procédures au bénéfice dune réflexion citoyenne, unique objectif des personnes
actuellement poursuivies.
Je tiens à souligner que les actions de fauchage trouvent leur
fondement dans la non prise en compte de ce que peuvent souhaiter les citoyens et dans
labsence de débat démocratique. En effet, tous les sondages, qui par ailleurs
apparaissent ne pas être partisans, montrent quune majorité de la population ne
désire pas la culture en plein champ dOGM, alors que celle-ci tend à
sétendre. Cette technologie OGM est, non pas « chirurgicale », mais au
contraire totalement aléatoire. Il ny a pas un seul scientifique au Monde, qui est,
aujourdhui, capable dappréhender de manière exhaustive, ce que peuvent être
à court, moyen ou long terme, les conséquences dune modification génétique sur
lensemble du métabolisme dune plante et ses répercussions dans la chaîne
alimentaire, ou encore sur ses interactions avec lenvironnement.
Laissons le monde scientifique poursuivre sa recherche en
milieu clos : il est nécessaire dadopter un principe de précaution qui serait
rigoureux.: la mémoire de certaines crises sanitaires doit nous inciter à la vigilance
et à la modestie.
De plus, les individus ou collectifs qui décident de réclamer un
débat démocratique sont sévèrement réprimés. Ainsi, un premier problème
fondamental est posé, pourquoi des « élites », dont vous faites partie ,
sarrogent-elles le droit de penser, de construire un avenir pour dautres,
daller à lencontre de ce que souhaite la majorité ?
Les poursuites financières engagées contre Monique Burnichon,
Franck Legrand et Gilles Lemaire mapparaissent inadmissibles pour une autre raison,
que je souhaite vous exposer brièvement. Les OGM en tant que tels présentent sans doute
des intérêts quand ils sont utilisés comme outils pour la fabrication en milieu
confiné de certaines substances (insuline,
) mais quand ils sont cultivés en plein
champ, brevetés, commercialisés, consommés, les OGM sont laffaire de tous et de
toutes. Dun point de vue social et environnemental, un champ dOGM ne peut pas
être considéré comme une simple propriété privée. Il est dans cette optique aberrant
quune condamnation soit prononcée sur la base du principe juridique de la
propriété privée.
Le dernier point que je voudrais évoquer est celui des brevets. En
effet, le vivant jusque là, plus ou moins épargné est désormais à vendre. Le système
économique dans lequel nous vivons crée plus de richesse pour certains, mais également
plus de pauvreté pour la plupart. Breveter le vivant amène la dépendance des paysans de
nos pays occidentaux mais aussi le plus souvent la misère pour les paysans du Sud. Les
OGM en agriculture ne rompent pas mais poursuivent la voie dune agriculture
intensive qui a largement montré ses failles et condamnent toute alternative et
production de qualité. Acceptons nous le fait que des milliers de gens meurent parce que
nous ne parvenons pas ou ne voulons pas changer de direction et partager ?
C'est pourquoi je vous demande de cesser les poursuites à
lencontre de Monique Burnichon, Franck Legrand et Gilles Lemaire, acteurs
parmi d'autre d'actions de sensibilisation et d'information sur ces cultures OGM que nous
refusons majoritairement.
Je vous prie, dagréer, Monsieur, mes salutations citoyennes. |