| Lettre et courriels a
adresser au gouvernement Objet : Rejet de la demande de
contrevenir aux dispositions du Registre des cultures OGM exprimée par des
pétitionnaires
Madame, Monsieur,
Je viens de prendre connaissance de la pétition" Transparence
totale: attention danger" initiée par "un groupe d'agriculteurs" et
la firme Monsanto destinée à attirer votre attention sur les dangers que
représenteraient la publication des noms des agriculteurs et leur adresse exacte et de la
localisation de leurs parcelles selon ce que devrait exiger le Registre des
cultures OGM.
Selon la lettre d'informations de Monsanto de Février 2007
N°13, intitulée " Monsanto, de vous à moi", "le gouvernement
prévoit de publier rapidement des décrets précisant les conditions d'utilisation des
cultures génétiquement modifiées, en particulier du maïs Bt résistant à la
pyrale".
Permettez-moi de m'indigner en premier lieu qu'une telle décision
puisse être prise par décrets en l'absence de tout débat démocratique: cette décision
est contraire au refus de 86% (dernier sondage) des français de voir des cultures
génétiquement modifiées se développer dans notre pays. Il est tout à fait
inadmissible que des décrets viennent rendre ces cultures possibles pour une poignée
d'agriculteurs, contre l'avis majoritaire de la population qui subira le préjudice de la
dissémination. Contrairement à ce qu'affirme ARVALIS, cette dissémination par les
pollens de maïs Bt est en effet avérée d'après les études de différents
scientifiques.
Ces agriculteurs reconnaissent que cette publication "pourrait
entraîner des violences et des destructions de cultures". Ils ont donc bien
conscience du fait que leur volonté de cultiver des OGM s'oppose à celle de la
population. Pour extorquer ce droit à polluer l'environnement en toute impunité et
confidentialité, ils n'hésitent cependant pas à désigner cette opposition comme le
seul fait "d'extrémistes anti-OGM".
Madame, Monsieur, je vous pose la question: "Qui sont les
extrémistes?" Ceux qui tentent par leurs actions de protéger les exploitations des
agriculteurs qui n'ont pas fait le choix des OGM et désirent garder leur production
conventionnelle ou biologique exemptes de traces d'OGM, ou bien ceux qui agressivement
leur IMPOSENT les OGM? Car nous ne parlons pas ici de production inerte mais de production
vivante à même de se reproduire toute seule et il n'existe aucuns moyens (sauf
imaginaires sur le papier) de se protéger de la contamination. Il s'agit donc bien d'une
agression des plus violente, à laquelle les militants anti-OGM répondent avec les moyens
à leur disposition après avoir épuisé tous les recours administratifs possibles.
Il s'agit donc d'un conflit caractérisé entre l'intérêt
général - celui de la biodiversité, des producteurs non-OGM, des consommateurs - et
l'intérêt privé commercial de quelques agriculteurs. Je vous rappelle que le droit
français fait prévaloir l'intérêt général sur l'intérêt privé et que la Charte de
l'Environnement adossée à la Constitution stipule en son article 2 que "toute
personne a le droit et le devoir de prendre part à la préservation et à l'amélioration
de l'environnement". Le tribunal correctionnel d'Orléans a d'ailleurs tiré les
conséquences de ce nouveau devoir juridique en relaxant les faucheurs en première
instance.
Je vous rappelle également que la dissémination des OGM de part le
monde donne lieu à des crises économiques très graves: plus de 300 plaintes ont été
déposées par les riziculteurs états-uniens suite à la pollution de leur riz par la
variété GM non autorisée Ll601 de Bayer (même si une autorisation rétroactive a
été accordée, les consommateurs n'en veulent pas), le cours du riz a baissé de 15%
entrainant une détresse majeure dans le secteur. Les pétitionnaires ne défendent que
leur intérêt commercial à court terme (pour des ventes que seule l'Espagne consent à
leur acheter) sans réaliser qu'ils sont en train d'initier pour eux mêmes et pour les
autres agriculteurs des crises majeures à moyen et long terme.
Tous les discours relativisant prétendant qu'il est possible
d'instaurer une coexistence rationnelle entre cultures GM et cultures non-GM sont
constamment démentis par les FAITS.
Aussi si vous deviez accéder à la demande explicite des
pétitionnaires de dissimuler leurs noms et adresses et la localisation de leurs
parcelles, afin de ne pas s'exposer à la juste défense de l'intérêt général, Madame
ou Monsieur, je vous tiendrai pour personnellement responsable d'une atteinte grave à mon
droit d'être informée et à l'intérêt général et j'entreprendrai toutes les
démarches nécessaires pour que vous deviez rendre compte publiquement de cette
décision.
Je suis néanmoins persuadée que vous avez à coeur la préservation
de l'intérêt général et ne souscrirez pas à la démarche scandaleuse des
pétitionnaires, tellement préoccupés de défendre leur intérêt commercial qu'ils ne
réalisent pas qu'ils sont en train de compromettre leur propre activité, la
biodiversité, l'activité de leurs confrères et d'atteindre au droit légitime du
consommateur d'accéder à une nourriture exempte d'OGM.
Évidemment, seul un moratoire sur les OGM en plein champs
présente un niveau de garantie suffisant. L'Autriche, la Grèce, la Pologne, l'Italie, la
Suisse, ont pris des mesures pour ne pas cultiver d'OGM. La France doit faire de même.
Veuillez agréer Madame ou Monsieur l'expression de mes sincères
salutations. |