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Pesticides
des pesticides dans 99% de raisin ! : cancer et leucémie
Enquête sur les raisins de table au sein de l’UE : des ONG détectent des pesticides, parfois interdits, souvent préoccupants et en grand nombre dans des raisins de certains supermarchés ! Pour la France : 100% des 25 échantillons testés étaient contaminés, dont certains totalement interdits d'usage. Les agriculteurs exposés a certains pesticides présentent selon toute vraisemblance un risque plus élevé de développer un cancer du système lymphatique (lymphome). Et une relation s'établit entre Leucémie et insecticides
Communiqué de presse Paris, le 24 novembre 2008

Une grande enquête a été menée par 5 ONG, dont le MDRGF pour la France, dans 5 pays européens ( Italie, France, Pays-Bas, Hongrie et Allemagne) dans des magasins appartenant à 16 enseignes différentes. 124 échantillons de raisins issus de l’agriculture intensive ont été analysés, par un laboratoire allemand spécialisé, afin de rechercher d’éventuels résidus de pesticides.

Les résultats sont préoccupants :

Résultats globaux.
- 99,2% des raisins analysés contenaient des résidus de pesticides! Soit 123 des 124 échantillons testés. Seul un échantillon ne présentait pas de trace de pesticides.
- 0.65mg/kg de pesticide (matière active) trouvé en moyenne par échantillon.
- 20% des raisins étaient contaminés par 10 ou plus de 10 pesticides différents.
- 4,8% des échantillons dépassaient les nouvelles Limites Maximales en Résidus européennes (LMR), des limites légales qu'on ne doit pas dépasser !
- 3 échantillons contenaient des pesticides interdits dans les pays de production.
- Un échantillon dépassait la dose de référence pour la toxicité aiguë de l'Organisation mondiale de la santé! Le dépassement de cette dose de référence, même une seule fois, peut endommager la santé humaine, en particulier la santé des enfants.
- Et parmi tous ces pesticides de nombreuses matières actives présentaient des risques potentiels pour la santé. On a trouvé des pesticides neurotoxiques, suspectés d’être cancérigènes ou encore pouvant perturber le système hormonal.

Et pour la France ?

- 100% des 25 échantillons testés étaient contaminés.
- 0,73mg/kg de pesticide (matière active) trouvé en moyenne par échantillon.
- 44% des raisins étaient contaminés par 10 ou plus de 10 pesticides. 51 pesticides différents ont été détectés au total.
- 8,5 pesticides par échantillon en moyenne! Le record pour l’enquête : 16 pesticides dans un échantillon de raisin acheté!
- 16% des échantillons dépassaient les nouvelles Limites Maximales en Résidus européennes (LMR), des limites légales qu'on ne doit pas dépasser !
- Cerise sur le gâteau, des pesticides interdits d’usage dans toute l’UE ou dans le pays de production ont été retrouvés ! En effet, 2 échantillons de raisins italiens contenaient de l’endosulfan, un pesticide interdit dans toute l'UE. Comme le DDT, l'endosulfan est un
polluant organique persistant (POPs) qui provoque des dommages à long terme pour l'environnement. De plus, un autre échantillon de raisin italien contenait l’insecticide
bromopropylate qui n’est plus autorisé en Italie depuis fin 2007 !
« Cette situation est inacceptable. La contamination des raisins par des substances préoccupantes est massive. » déclare F. Veillerette, Président du MDRGF et administrateur du réseau PAN-Europe.

« Les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités par rapport aux situations
d’illégalité que nous avons mises en lumière. Nous demandons au gouvernement français de soutenir la position de la Commission Environnement du Parlement européen qui appelle à l’exclusion des substances classées CMR ou perturbatrices endocriniennes afin que le consommateur ne les retrouve plus dans ses aliments. Nous appelons également les chaînes de supermarché à tout mettre en oeuvre pour baisser les niveaux de résidus de pesticides dans leurs produits en appliquant des standards plus exigeants à leurs fournisseurs que ceux prévus par la loi » ajoute-t-il. (Plus de détails dans le dossier de presse en ligne sur le site Internet du MDRGF avec une présentation des résultats en détails et par pays et les résultats pour la France

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Un risque plus eleve de cancers de la lymphe chez les agriculteurs ( Le Monde 27.11.08)

Les agriculteurs exposes a certains pesticides presentent selon toute vraisemblance un risque plus eleve de developper un cancer du systeme lymphatique (lymphome), indiquent plusieurs etudes. Une alteration d'un chromosome, premiere etape vers la cancerisation de cellules lymphocytaires, serait particulierement frequente dans cette population.

C'est ce que montrent les travaux presentes, le 7 novembre a Marseille, par Bertrand Nadel et Sandrine Roulland (centre d'immunologie de Marseille-Luminy), lors d'un colloque sur les hemopathies malignes (cancers des cellules sanguines) organise par le canceropole Provence-Alpes-Cote d'Azur. Le lymphome dit "folliculaire" (LF) est "un des cancers les plus frequents et l'une des principales causes de mortalite par cancer", explique Bertrand Nadel. On de nombre 17 000 nouveaux cas par an de cancers lymphoides en France. Le premier evenement du processus cancereux est une cassure chromosomique. La portion separee du chromosome 18 va se fixer sur le chromosome 14. C'est ce que l'on appelle une translocation. "Chez la plupart des gens, cette translocation est presente dans une cellule sur un million, indique M. Nadel. Nous avons montre dans une etude recente que dans certains groupes d'individus et notamment des agriculteurs exposes a des facteurs environnementaux, dont des pesticides connus pour pouvoir provoquer ce genre de cassure, la translocation entre les chromosomes 18 et 14 est mille fois plus frequente. Les cellules lymphocytaires affectees sont tres similaires a des cellules precoces du LF."

Leucémie et insecticides

Une autre etude menee dans plusieurs regions de France conforte ces resultats. Dans un article publie en ligne le 18 novembre dans la revue Occupational and Environmental Medicine, l'equipe dirigee par Jacqueline Clavel (Inserm U 754) indique que les expositions professionnelles aux pesticides pourraient etre impliquees dans plusieurs hemopathies malignes, dont la maladie de Hodgkin et le myelome multiple. Leurs analyses mettent en evidence une association entre le lymphome de Hodgkin et les expositions aux fongicides triazoles et aux herbicides derives de l'uree, de meme qu'entre une forme de leucemie, dite "a tricholeuycocytes", et les insecticides organochlores et a differents herbicides. A l'inverse, il n'a pas ete etabli de relation significative dans le cas des lymphomes non hodgkiniens.

Paul Benkimoun ( Article paru dans l'edition du 28.11.08. voir le resume de l'etude : http://mdrgf.c.topica.com/maamxRhabMgkqbetikAeafpL0Q/ le site du MDRGF : http://mdrgf.c.topica.com

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Une nouvelle étude sur la toxicité des Roundup®...montre le role clé des adjuvants qui renforcent la toxicité de la matière active glyphosate sur des cellules humaines. http://mdrgf.c.topica.com/maamFgjabMWA4betikAeafpL0Q/

Pour la première fois, les mécanismes de la toxicité de quatre différentes formulations de Roundup® ont été mis en évidence (1) sur des cellules humaines dans une nouvelle étude ( de l’équipe du Professeur Gilles Eric Seralini publiée dans la revue scientifique américaine de renom « Chemical Research in Toxicology ». L’étude montre que ces formulations (2) de Round Up® agissent à des doses infinitésimales (dilués jusqu'à 100.000 fois ou plus) et elles programment la mort cellulaires en quelques heures, ainsi que des dommages des membranes et de l'ADN, et empêchent la respiration cellulaire. Différents types de cellules humaines ont été étudiées : des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, ou de lignées moins sensibles spécialement utilisées pour mesurer la toxicité des polluants. L’étude montre également que le mélange de différents constituants adjuvants (3) des Roundup® amplifie l'action du principe actif de l'herbicide, le glyphosate; et qu’un de ses produits de transformation (l’AMPA) peut être encore plus toxique. Cela est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle qui ne tient pas compte de ces phénomènes et fixe par exemple des Limites Maximales en résidus pour le glyphosate, quelle que soit sa formulation de vente.

Le MDRGF salue cette nouvelle étude. L’association demande aux autorités en charge de l’évaluation des pesticides de réévaluer les diverses formulations de Round Up® en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants. De plus « le MDRGF s’associe au CRIIGEN (4)pour demander que les analyses de sang détaillées de chaque mammifère ayant reçu de l'herbicide lors des tests réglementaires avant autorisation commerciale soient immédiatement rendues publiques, car elles pourraient masquer des effets indésirables. » déclare François VEILLERETTE, Président du MDRGF qui s’inquiète également de la présence de ces résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe servant à l’alimentation animale.

notes :
1 : “Glyphosate Formulations Induce Apoptosis and Necrosis in Human Umbilical, Embryonic, and Placental Cells.” Nora Benachour and Gilles-Eric Seralini . Chem. Res. Toxicol. 2008
En ligne le 23/12/2008 sur : http://pubs.acs.org/doi/abs/10.1021/tx800218n
2 : Les formulations de Round Up® sont des herbicides répandus sur la majorité des OGM cultivés qui en contiennent des résidus, comme le soja au Roundup, le principal OGM importé en Europe.
3 : Un des principaux adjuvants est le polyethoxylated tallowamine ou POEA . Ces adjuvants sont considérés comme inertes.
4 : http://www.criigen.org/


Lire l'article du Parisien de ce 26 12 08 (Frédéric Mouchon)sur le même sujet :
Environnement : Nouvelle polémique sur le Roundup

Le roundup est l’un des herbicides les plus vendus au monde. Et la marque phare de la firme américaine Monsanto, qui s’est depuis spécialisée dans la commercialisation de semences OGM résistantes… à son propre produit. Dans une enquête publiée cette semaine par la revue scientifique américaine « Chemical Research in Toxicology », Gilles-Eric Séralini, professeur de biochimie à l’université de Caen, affirme avoir « élucidé les mécanismes de la toxicité du produit sur des cellules humaines ».

« Notre étude montre que l’utilisation, sur des cellules de nouveau-né fraîchement issues de cordon ombilical, de différentes formulations du Roundup, diluées à des doses infinitésimales (jusqu’à 100 000 fois), provoque en quelques heures la mort des cellules », détaille le chercheur.

La toxicité de la molécule active de l’herbicide, le glyphosate, est déjà connue, ainsi que les effets nocifs pour la santé que pourrait provoquer l’exposition à de fortes doses. Mais les travaux du professeur Séralini montrent que le mélange d’autres substances dans les différentes formulations du composé « amplifie l’action du principe actif ».

« C’est un herbicide et il n’a pas été conçu pour autre chose »

« Un de ces produits de transformation peut être encore plus toxique que le glyphosate lui-même, et ceci est grandement sous-estimé par la réglementation actuelle », déplore le chercheur. Le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures (MDRGF) s’inquiète aussi « de la présence de résidus de glyphosate et de ses adjuvants dans les sojas OGM importés en Europe et servant à l’alimentation animale ». Il demande donc aux autorités en charge de l’évaluation des pesticides de « réévaluer les différentes formulations du Roundup en prenant en compte ces effets multiplicatifs de la toxicité du glyphosate par ses adjuvants ». « Le Roundup est un herbicide et il n’a pas été conçu pour autre chose, rétorque une porte-parole de Monsanto. Pourquoi vouloir détourner son usage normal pour dénigrer systématiquement le produit ? »

La multinationale a d’ailleurs édité un guide des bonnes pratiques du désherbage à l’intention de ses usagers, par exemple de ne jamais le pulvériser « quand il y a du vent, pour éviter toute projection sur vous-même et sur les plantes voisines que vous souhaitez préserver ». « Concernant les OGM tolérants au Roundup, reprend sa porte-parole, les exigences fixées aux industriels en matière de résidus de pesticides autorisés sont de haut niveau ». La Commission européenne vient d’ailleurs d’autoriser l’importation dans l’Union européenne d’un nouveau soja OGM de Monsanto (le MON 89788). Conçu à des fins alimentaires par la firme américaine, cette espèce de soja est aussi appelée Roundup Ready 2. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire estime qu’il ne présente « aucun risque pour la santé humaine ou animale ».

plus d'infos sur les pesticides sur http://www.mdrgf.org/   - Contact
F. Veillerette – 06 81 64 65 58 – mdrgf@wanadoo.fr   et N. Lauverjat – 06 87 56 27 54 – mdrgf2@wanadoo.fr

1er décembre 2008
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