D'après Dale Sandler, responsable de la branche épidémiologie au NIEHS (
l'Institut des Sciences de la santé Environnementale des USA) et co-auteur de cette
étude « les résultats suggèrent que les pesticides peuvent constituer un facteur
contributif pour le diabete, comme l'obesité, le manque d'exercice ou les antécédents
familiaux de diabetes ». Cette étude a été conduite sur plus de 30 000 applicateurs
professionnels de pesticides. Elle montre que parmi les 50 pesticidesdifférents auxquels
les chercheurs se sont intéressés, 7 produits en particulier ont retenu leur attention
-aldrine, chlordane, heptachlor, dichlorvos, trichlorfon, alachlore et cynazine qui
ont augmenté le risque de développer une diabete chez les participants à l'étude qui
l'ont utilisés. Le risque croissait d'ailleurs avec la cumulation des expositions au long
de la vie.
Pour l'un des pesticides , le trichlorfon, le risque de développer un diabète était
selon l'étude 2,5 fois plus important chez les personnes l'ayant employé 10 fois ou plus
que chez les personnes ne l'ayant jamais utilisé !Pour Freya Kamel, un chercheur du
NIEHS co auteur de cette étude parue en mai dernier dans le American Journal of
Epidemiology. " ceci montre que l'exposition cumulée sur la durée de la vie est
importante et pas seulement l'exposition récente ».
plus détails sur
cette étude
Elle sest levée, la voix en colère, trop de douleur. «En allaitant, on a voulu
donner la vie ! Maintenant, on sait quon a pollué nos enfants à la dioxine.»
«Quatre enfants ont déclaré une leucémie en une année à Neuville-en-Ferrain [Nord,
ndlr]. Ma fille est décédée en trois semaines ! Une prise de sang pour trouver la
dioxine, cest 600 euros. Quon nous les fasse rembourser par la Sécu !»
Cancers et incinérateurs, cétait le thème de la réunion, à Linselles, près de
Tourcoing. Dans la salle, élus, associations, habitants, agriculteurs.
Cancer. A Halluin, Roncq, Neuville-en-Ferrain, Linselles, un incinérateur dordures
ménagères, fermé en 1998, pour cause de dioxine dans le lait des vaches. Ici, aucun
registre de cancer, mais des médecins qui ont limpression que les cancers
augmentent. «Beaucoup de sujets jeunes, qui nétaient pas à risque. Et plusieurs
cas dans une même famille», indique Jean Lefebvre, gastro-entérologue à Tourcoing et
voisin de lusine. Après des années de bagarre associative, une étude a révélé
mardi que le taux moyen de dioxine dans le sang dune centaine dhabitants
dHalluin, âgés dune cinquantaine dannées en moyenne, est de 43
picogrammes par gramme de matière grasse contre près de 28 en moyenne en France. Le taux
grimpe à 54 chez les Halluinois qui mangent les ufs de leurs poules, et leurs
poulets élevés en plein air. Il est de 300 picogrammes chez lhabitant le plus
contaminé. Comparé à une dizaine détudes similaires autour
dincinérateurs, cest le taux le plus élevé jamais trouvé en France. Les
dioxines se fixent dans la graisse animale - donc dans le lait de vache et de femme -,
saccumulent et diminuent peu. La dioxine augmente de 9 % le risque de cancer du
sein, de 12 % le risque de lymphome (maladie du sang) malin, entre autres.
Lusine dincinération dordures ménagères à proximité, qui crachait
le taux élevé de 1 gramme par an à sa fermeture, est-elle responsable ? Les auteurs de
létude assurent que rien ne permet de le dire. Pourquoi ? Parce que lenquête
témoin faite à Orchies - une petite ville à mi-chemin entre Lille et Valenciennes où
il ny a pas dincinérateur -, sur une vingtaine dhabitants, révèle des
concentrations de près de 40 picogrammes et de 48 chez les consommateurs de produits de
leurs volailles. Une étude sur un échantillon assez faible qui accréditerait
lidée que finalement, dans le Nord-Pas-de-Calais, région industrielle, il y aurait
un taux élevé de dioxines un peu partout.
«Scandaleux». Pourtant autour dHalluin, le lait produit est interdit à la vente
et il est déconseillé aux particuliers de consommer leurs volailles élevées en plein
air, ainsi que leurs ufs. Michel Autès (Verts), vice-président du conseil
régional chargé de la santé, estime quil est «scandaleux» que les moyens ne
soient pas donnés pour établir un registre des cancers dans la région. «Il devait
exister pour le Nord, puis il a été réduit, faute de moyens, à la communauté urbaine
de Lille, puis à Lille et aux villes alentour.» Villes parmi lesquelles ne figure pour
linstant pas
Halluin.
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