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Poisson OGM
la déssimination contamine  la chaine alimentaire
AquaBounty Farms,  filiale canadienne de la compagnie américaine A/F Protein, qui commercialise du saumon OGM, continu la dissémination du poisson empoissonneurs des autres espèces naturelles. Aucune mesure gouvernementale sérieuse et de moratoire n'est prise laissant se poursuivre la contamination de la chaine alimentaire.
Montréal, Canada — La plus récente analyse du Commissaire fédéral à l’environnement et au développement durable, Ron Thompson, sur le manque de progrès accomplis par le gouvernement fédéral au sujet du poisson OGM, est dévastatrice. L’essentiel des constatations du Commissaire sur cette question se retrouve au chapitre 14 de son rapport 2008, publié en mars dernier.

En 2001, Greenpeace avait déjà tiré la sonnette d’alarme au sujet du poisson OGM en ciblant les installations d’AquaBounty Farms, sur l’Île-du-Prince-Édouard. AquaBounty Farms est une filiale canadienne de la compagnie américaine A/F Protein, qui commercialise le saumon OGM.

Rappelons que la même année, l’Organisation de la protection du saumon de l’Atlantique Nord ou NASCO, dont le Canada est membre, a réaffirmé sa vive préoccupation à la dissémination des saumons OGM et a même qualifié celle-ci « d’activité à haut risque ». La prochaine rencontre de la NASCO aura lieu à Montréal, le 10 avril 2008.

Toujours en 2001, un groupe d’experts de la Société royale du Canada ont recommandé un moratoire sur la dissémination du poisson OGM. Ces recommandations ont été malheureusement largement ignorées par le gouvernement fédéral.

Greenpeace a contribué au travail de vérification du Commissaire en soumettant deux séries de questions précises (2001, 2003) sur le poisson OGM. Pour ce faire, Greenpeace a utilisé les règlements en vigueur sur l’accès à l’information (appelé « pétition »), tel que stipulé à l’article 22 de la Loi sur le vérificateur général.
Ce qui dit le rapport 2008 du Commissaire

Pour la compréhension de tous, voici de larges extraits du rapport du Commissaire qui démontrent, noir sur blanc, le manque flagrant de mesures de précaution au sujet du poisson OGM sur la scène fédérale. Les constations les plus sérieuses sont en caractères gras.

1.
« Nous nous attendions à ce que Pêches et Océans Canada ait étudié les options de réglementation, ait défini une stratégie en matière de réglementation, ait arrêté un calendrier d’action et ait établi une version définitive de la politique sur le poisson GM, avant la fin de 2005. À notre avis, une nouvelle réglementation pourrait permettre de combler les lacunes qui caractérisent la règlementation canadienne en vigueur dans ce secteur. Elle répondrait, entre autres, à la nécessité de renforcer la surveillance exercée sur la recherche ainsi que de définir des exigences de déclaration obligatoire visant le poisson OGM et la dissémination accidentelle d’OGM dans l’environnement. Pêches et Océans Canada a décidé de ne pas établir de politique. »

2.
« Dans sa réponse à une recommandation de notre vérification de 2004, Pêches et Océans Canada avait indiqué qu’il réviserait et finaliserait sa politique sur les organismes aquatiques transgéniques avant la fin de 2005. Le Ministère n’a cependant plus l’intention de définir une telle politique »

3.
« Pêches et Océans Canada a étudié ses options de réglementation, mais dit qu’il n’a pas encore arrêté sa stratégie en la matière, ni fixé de calendrier pour la mise en œuvre des mesures réglementaires. »

4.
« À l’heure actuelle, Environnement Canada et Santé Canada sont chargés de la règlementation visant le poisson OGM, en vertu du Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (organismes) de la LCPE (1999). Des représentants de ces ministères nous ont indiqué que la LCPE (1999) sert de « filet de sécurité » pour la réglementation des substances nouvelles qui sont proposées à des fins d’importation ou de fabrication. Elle encadre notamment les activités de recherche-développement (R-D) sur des OGM qui ne sont pas visées par d’autres lois. Le Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (organismes) prévu par la LCPE (1999) indique les renseignements qui doivent être communiqués à Environnement Canada avant l’importation ou la fabrication proposée au Canada d’un nouvel organisme, considéré comme une substance biotechnologique animée. Le Règlement prévoit toutefois une exception pour la R-D menée en milieu confiné, en vertu de laquelle les organismes destinés à la R-D ne sont pas soumis aux mêmes exigences de déclaration ni au même processus d’évaluation des risques. Les chercheurs doivent certes respecter les dispositions du Règlement relatives au confinement, mais il y a des lacunes, notamment les suivantes :

* Les fonctionnaires du gouvernement ne connaissent pas bien les activités de recherche-développement, car les chercheurs ne sont pas tenus de déclarer qu’ils effectuent des recherches.

* Il n’est pas obligatoire de déclarer la dissémination accidentelle dans l’environnement d’un organisme utilisé dans la R-D. Même si un tel manquement à la sécurité est sujet à la Politique d’observation et d’application de la LCPE (1999) d’Environnement Canada, le Ministère ne peut pas prendre les mesures nécessaires avant que l'infraction ne lui soit signalée.

En raison de ces lacunes, l’étendue des travaux de recherche en cours au Canada sur le poisson GM et les cas de dissémination accidentelle de ce type de poisson pourraient ne pas être entièrement connus. »

5.
« En 2004, Environnement Canada et Santé Canada ont commencé, de concert avec Pêches et Océans Canada, à consulter la collectivité touchée par la réglementation au sujet d’un remaniement possible du Règlement […]. Ces consultations visent, en partie, à combler les lacunes décrites ci-dessus concernant les organismes destinés à la R-D, en commençant par les parties du Règlement qui portent sur les organismes autres que les micro-organismes (par exemple, le poisson OGM). La première étape de ces consultations devrait se terminer en 2008, mais les représentants des ministères n’ont pas pu nous donner de calendrier précis pour la révision du Règlement. »

6.
« Pêches et Océans Canada a raté plusieurs échéances visant l’élaboration de la réglementation. Depuis l’instauration du Cadre fédéral de réglementation de la biotechnologie en 1993, Pêches et Océans Canada s’est souvent engagé à élaborer un règlement sur les organismes aquatiques transgéniques, y compris les poissons OGM, et il a plusieurs fois raté l’échéance fixée pour achever la rédaction d’un tel règlement. Nous avons remarqué que les premières ébauches des politiques et des lignes directrices du Ministère sur le poisson OGM prévoyaient des directives sur les méthodes de confinement physique et génétique des organismes transgéniques dans les installations de recherche. Ainsi, l’ébauche de 2000 de la politique du Ministère contenait des lignes directrices explicites sur le confinement et définissait des exigences précises en matière de recherche-développement, notamment un examen obligatoire et un processus d’approbation pour les installations. »

7.
« Tant et aussi longtemps que le Règlement sur les renseignements concernant les substances nouvelles (organismes), établi en vertu de la LCPE (1999), ne sera pas modifié ou qu’un nouveau règlement ne sera pas établi aux termes de la Loi sur les pêches, la stratégie canadienne en matière de réglementation visant les organismes aquatiques génétiquement modifiés, comme le poisson OGM, comportera des lacunes. Les représentants de Pêches et Océans Canada nous ont fait savoir que le Ministère avait décidé, en 2006, qu’aucun nouveau règlement ne serait établi avant l’obtention de fonds supplémentaires. Ils ont déclaré que le Ministère définira une stratégie en matière de réglementation et allouera des ressources à l’élaboration et à la mise en œuvre d’un règlement à condition qu’il obtienne un nouveau mandat pertinent et les ressources nécessaires. Au cours de notre vérification, nous n’avons trouvé aucune preuve indiquant que la réglementation constitue une priorité pour le Ministère. »
Toutes ces constatations nous amènent à croire que Greenpeace fait face à :

* de l’inertie bureaucratique
* de l’incompétence ou
* une contamination de facto délibérée par omission par le gouvernement fédéral.

Peu importe. Dans l’un ou l’autre cas, c’est inacceptable!
Agir

1) Nous vous invitons à contacter le ministre des Pêches et des Océans, Loyola Hearn, pour exiger que le gouvernent Harper mette en place immédiatement toutes les recommandations du rapport 2008 du Commissaire à l’environnement et au développement durable qui portent sur les poissons OGM.

L’Honorable Loyola Hearn
Ministre des Pêches et des Océans
Chambre des communes
Édifices du Parlement, rue Wellington
Ottawa (Ontario) K1A 0A6
min@dfo-mpo.gc.ca

Veuillez, également, s’il vous plait, faire parvenir une copie conforme de votre correspondance aux membres du Comité permanent des pêches et des océans de la Chambre des Communes à Ottawa :

a/s de Julia Lockhart, greffière du comité
Pièce 6-17, 131 rue Queen
Chambre des communes
Ottawa (Ontario) K1A 0A6
Tél. : (613) 996-3105
Téléc. : (613) 992-9069
fopo@parl.gc.ca

2) Vous pouvez aussi vous joindre aux 32 000 membres de Greenpeace au Québec pour nous aider à lutter contre le poisson OGM et pour une meilleure protection de l’environnement en général. Ne remettez pas à plus tard votre adhésion!... Agir pour l’environnement, c’est urgent!

06 avril 2008
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