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l'efficacité des nouveaux antidépresseurs mis sur le marché depuis le milieu des
années 1980, avec pour chef de file la fluoxétine (alias Prozac ®), est mise en doute
par des experts américains de la FDA ». La journaliste Catherine Petitnicolas indique
dans " Le Figaro" qu« une étude du New England Journal of Medicine
démontre que des publications ont exagéré l'efficacité de ces médicaments parés de
toutes les vertus par les laboratoires, les médecins et même les malades ».
Catherine Petitnicolas livre les résultats « révélateurs » de cette étude, menée
par le Dr Erick Turner, psychiatre et pharmacologue (université de l'Oregon, Etats-Unis),
sur « 12 nouveaux antidépresseurs très largement prescrits entre 1981 et 2004 ». La
journaliste observe que « 94 % des médicaments testés avaient des effets positifs.
Mais, pour la FDA, juge beaucoup plus sourcilleux, seule la moitié des études soumises
à sa sagacité était dans ce cas ».
« Dans l'autre moitié, les médicaments n'avaient pas l'effet escompté. De
surcroît, si toutes les études positives, sauf une, ont donné lieu à publication dans
la littérature scientifique, celles qui étaient négatives (33 sur 36 ayant enrôlé 5
212 patients) sont restées dans les tiroirs de la FDA. Ou, pis, elles ont été
«maquillées» pour leur donner un aspect positif, contraire au verdict de la FDA »,
poursuit Catherine Petitnicolas.
La journaliste cite le Dr Turner, qui remarque que « des publications sélectives
peuvent conduire les médecins et les patients à croire que ces médicaments sont plus
efficaces qu'ils ne le sont vraiment, un résultat susceptible d'influencer les
prescriptions ».
Le spécialiste ajoute : « Nous ne savons pas si ces erreurs d'interprétation résultent
d'une faute des auteurs ou des sponsors qui ont soumis leur manuscrit, ou d'une décision
des éditeurs de ne pas publier certaines études, voire de ces deux parties. Mais une
chose est sûre, les médecins prescripteurs et les personnes traitées, les premières
concernées, devraient avoir accès à des expertises complètes et non maquillées ».
La journaliste relève que « cette étude apporte de nouveaux arguments aux experts
qui dénoncent la dérive du marché des psychotropes, incriminant la logique marchande
des firmes ».
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« Suicides : des médicaments placés sous surveillance
»
Le Figaro indique que « la FDA demande aux laboratoires de renforcer les contrôles sur
leurs nouvelles molécules, lors des essais cliniques ». Le journal note en effet que «
la FDA a décidé de réclamer depuis quelques mois aux industriels qu'ils étudient de
près si les sujets inclus dans les essais cliniques en cours ont ou non un risque
suicidaire ».
Le quotidien relève que « tout a démarré après le gros coup dur infligé au géant
français Sanofi en juin 2007 : en effet, sa demande d'autorisation de mise sur le marché
américain du Rimonabant ®, conçu pour lutter contre l'obésité et le surpoids, mais
aussi le diabète gras de la maturité et certaines dyslipidémies, avait été rejetée
par l'agence fédérale américaine ». « Motif : quatre suicides, des troubles de
l'humeur, des idées suicidaires et des phobies soudaines avaient effrayé le comité
scientifique », rappelle Le Figaro. Le journal retient qu« après des décennies
de mépris quant aux possibles effets secondaires psychiatriques des médicaments lors
d'essais cliniques, l'agence fédérale s'est dotée de nouvelles règles ».
Le quotidien indique que « Jean-Marc Podevin (Sanofi Aventis) confirmait hier que la
firme «a bien reçu une demande de la FDA d'utiliser l'échelle de Posner, élaborée
pour évaluer le risque de suicide, pour tous les essais cliniques en cours» et ce dès
le début du dossier d'enregistrement du Rimonabant ® ».
Le Figaro note que « l'agence a envoyé des lettres officielles en ce sens à la
plupart des industriels, mais n'a pas communiqué officiellement sur ce thème ». Le
journal précise que « des médicaments antiépileptiques, des troubles de l'humeur, de
l'incontinence urinaire, des médicaments de sevrage tabagique sont dans le collimateur de
l'agence fédérale ». Le Figaro observe cependant que le Dr Kelly Posner (département
de psychiatrie, Columbia University, New York) « considère avoir du mal à convaincre
ses homologues de l'Afssaps de l'intérêt de cet outil moderne. À l'Afssaps, on
considère, «au contraire, que c'est une préoccupation nouvelle qui va réclamer une
concertation supranationale au niveau de l'agence européenne» ».
« Mais, à ce jour, les industriels n'ont pas été sommés de le faire », remarque
le journal.
Les Echos relèvent également quaux Etats-Unis, « les laboratoires devront mesurer
les pensées suicidaires lors des essais cliniques ». |