| Dans tout ce qui peut se dire ou
sécrire sur la maladie, seul le cops physique paraît en cause. Il est perçu comme
une « machinerie » qui arrive à se détraquer pour diverses raisons,
mécaniques, karmiques, ancestrales, conflictuelles, empoisonnements divers etc.
tout
cela est vrai et des novateurs comme Hamer, Anne Ancelin, Françoise Dolto et
dautres ont contribué à donner de nouveaux éclairages sur la maladie. Histoires
de vie
Mais il y a dans la pathologie une
autre composante importante : celle de la poussée de lêtre. En effet, le but
de lexistence nest pas tant de rester en bonne santé, que dévoluer.
Chaque être sincarne afin de suivre un chemin dévolution et de progression.
Lorsque lon regarde avec attention les histoires de vie, on saperçoit
quelles foisonnent en épreuves, drames, complications, hasards saisissants. Leurs
conséquences dépendent de la manière dont elles sont vécues. Lépreuve peut
détruire comme elle peut régénérer. Boris Cyrulnik lexplique fort bien.
Son concept de résilience démontre quun même événement peut donner des
résultats inverses suivant la manière dont un individu le vit. Ainsi ces jumeaux
nés dun père alcoolique, arrivés à lage adulte disent lun :
« je suis devenu alcoolique à cause de mon père » et lautre « je
suis devenu médecin grâce à mon père ».
La
résistance à la guérison médicale
Tout cela pour dire que le regard est
essentiel. Or quest ce le regard sinon le reflet de lâme. Cest elle qui
détermine le sens de nos réactions : celles de la chute lorsque le regard
sobscurcit , celles de la rédemption lorsque le regard séclaire et
sillumine. La maladie est par conséquent la traduction physique de lécart
creusé entre le but inconscient poursuivi par lâme et le résultat conscient de la
volonté dominatrice et réductrice de lego. Elle est lexpression de
léchec et en même temps lindication de la distance qui reste à
parcourir pour atteindre la lumière. En cela elle est initiatrice. Cest
probablement la raison pour laquelle la plupart des gens aiment tant parler de leur
maladie. Elle apparaît comme lexpression dune blessure intérieure traduisant
lincapacité dêtre. Paradoxalement cette blessure inquiète et réconforte à
la fois. Elle inquiète par la souffrance quelle provoque et elle rassure par la
capacité quelle offre dexprimer le mal être spirituel. Une blessure qui
saigne est une blessure qui se vide de son contenu. La maladie est un exutoire. Aussi, la
guérison médicale nest pas pleinement lobjectif du malade. Son espoir caché
est la guérison spirituelle. Cest pour cela que les malades résistent
généralement tant à la guérison médicale. Bien entendu cette résistance est aussi
inconsciente que les lapsus et les gestes manqués. Le malade joue la carte de la
pathologie pour se libérer dun poids quil « sait » autre que
physique. En cela le domaine de la maladie est complexe et sa réduction au tout
biologique empêche de la comprendre et donc de la traiter convenablement.
La
thérapie
« Le chaînon manquant »
peut largement être constitué par la psychothérapie. Cest un merveilleux outil de
soulagement des tourments de lâme, un chemin privilégié vers lauto
guérison. Il sagit de déceler la nature de linsatisfaction, de laisser
sexprimer les aspirations profondes. « Si je pouvais
. ». Combien
de fois cette phrase dans la bouche des patients exprime des regrets et lincapacité
dêtre. « Mais vous pouvez
! ». En thérapie de
groupe de personnes en recherche demploi, javais proposé cet exercice
dune journée qui consistait dabord à se trouver un nom par anagramme
et de lassocier à un métier rêvé. Partant de là, je proposais à chacun
de réaliser laffiche de ce métier idéal. Lexercice final consistait
en une interview fictive de chacun (filmée en vidéo). Les résultats étaient étonnants
par la valeur insoupçonnée des talents cachés, des idées novatrices. Ce sont toutes
ces richesses qui frappent à la porte lorsque la sonnette dalarme de la maladie
retentit. Contribuer à la guérison, cest faire redécouvrir au malade ce pourquoi
il sest un incarné et surtout ce dont il se coupe au nom souvent de principes et de
culpabilités. Lorsque les personnes en souffrance entendent : vous avez droit
au bonheur, arrêtez de vous sacrifier, vivez ! elles découvrent une porte, un
possible, une nouvelle façon dêtre.
Expressions
artistiques curatives
Lart thérapie ou la danse
thérapie sont dexcellents exemples du contournement physique de la maladie. Dans
les deux cas soffrent à lindividu une possibilité de sublimation. Tout
artiste est de ce point de vue un malade qui se soigne. Le symptôme se transmute alors en
autre chose qui prend naissance de manière extérieure au corps souffrant :
cest luvre dart, cest la gestuelle libératrice par les
mouvement insufflés dans une situation figée. En radiesthésie, il est du reste possible
de lire le niveau vibratoire dune uvre dart. Certaines vibrent à des
niveaux élevés, dautres à des niveaux faibles, voire même négatifs. Dans les
lieux de vie, de telles peintures ne sont pas bénéfiques car elles abaissent le niveau
biotique.
La
maladie est une expression de lâme
Lessentiel est de comprendre
que la maladie nest pas extérieure à lhomme. Elle ne sattrape
pas !.. Bien au contraire cest une création (inconsciente) de lindividu
lui même. Suivant lexpression populaire, lhomme en difficulté se fait du
mauvais sang
..se fabrique un cancer
se rend malade
.La maladie est
lexpression dun conflit entre la volonté qui agit en fonction des
intérêts de lego, et les aspirations de lâme qui cherche à réaliser son
objectif dincarnation. La maladie est donc un appel à grandir et non simplement à
guérir. Sortir de la maladie, cest essayer de comprendre ce que lâme cherche
à signifier. Cest découvrir le changement quelle espère. Par la brèche,
quelle ouvre dans la routine et les habitudes, elle offre un temps de réflexion et
dinterrogation particulièrement précieux sur le sens de la vie. Si la guérison
est comprise comme un retour à la normale, cest à dire à la situation
davant la maladie, les chances de succès sont quasi nulles. La rechute ne manquera
pas de venir rappeler que lâme na pas été entendue et amènera
lindividu à sinstaller dans ce qui est pudiquement appelé une longue et
douloureuse maladie
La
nécessité psychobiologique de seveiller
Si on intègre le fait que
lunivers tout entier se trouve dans une dynamique évolutive et créatrice, il
devient facile de comprendre que lhomme est « condamné » à se
transformer en abandonnant une partie de ses certitudes. Il na pas dautre
choix. Plus son immobilisme sera grand et plus la maladie ou lépreuve
(auto)infligée sera forte. Une personne me racontait quun jour, au cours dun
accident de voiture, elle vit, comme dans un mirage, arriver au milieu de la tôle
froissée, un homme en blanc, lui disant : « il faut vous réveiller ma
brave dame ». Dans chacune de nos vies, il y a un « homme en blanc » qui
vient nous secouer au moment où nous nous installons dans le quotidien. Cet
endormissement intérieur vient du fait que nous vivons souvent à lextérieur de
nous mêmes. Nous percevons le monde sans entrer dans lessence des réalités,
y compris celle de la merveilleuse mécanique de notre corps.
Dans les thérapies corporelles, la
découverte du corps constitue une étape importante dans la reprise de possession de soi
même. Il marrive souvent de proposer cet exercice à faire debout qui consiste à
se déchausser et à faire rouler sous le pied une petite bille en bois (style cochonnet )
puis de ressentir la différence entre les deux pieds. Tous les patients témoignent avoir
limpression de découvrir subitement leur pied. Dune manière plus générale,
beaucoup de personnes se cantonnent dans des automatismes de paroles et de
perceptions. Que de repas ainsi avalés tout en parlant dautres choses, que de
discussions sans ressentir lautre, que de bavardages sans lécoute de soi, que
de ballades dans la nature sans entrer dans ses secrets. Or, cest à ce niveau que
se situent toutes les sources énergétiques de lêtre. Le contact avec la nature et
plus spécifiquement la forêt fournissent à lhomme cet indicible enseignement et
cette merveilleuse sagesse qui lenrichissent intérieurement. Si tant de saints
hommes (Saint François dAssise, Saint Serge de Radonège, Saint Séraphin de
Sarov
), vécurent en ermite dans la forêt, cest quelle apporte des
réponses aux interrogations de lâme et délivre les secrets de
lharmonie avec lunivers dans labandon de la peur et des
peurs. On se souvient que des enfants abandonnés dans la forêt ont été élevés par
des animaux. Or, quel est le rapport actuel de la société avec le monde animal ?
Cest lhorreur concentrationnaire des élevages intensifs, celui du transport
des animaux et de leur abattage. De quel droit lhomme peut il faire
cela ? Croit il que la souffrance ainsi infligée puisse instaurer sur la planète
Terre des conditions propices à sa propre existence ? Nous sommes tous
interdépendants et ce que lon inflige à lautre, on linflige à soi
même
.
La
souffrance est un mensonge à soi meme
En russe,
« maladie » prend sa racine dans le mot douleur (bol). Pour désigner un
hôpital, on utilise également la même racine (bolnitsa). La maladie est donc
lexpression dune souffrance. Lun des synonymes pour désigner
lhôpital est lazaret : lendroit où les « lazares »
ressuscitent ! Est donc associé à la maladie une notion de mort et de renaissance.
Toujours en russe, le mot infirmière se dit sur de miséricorde
. Tout
ceci pour indiquer que cest dune compassion dont le malade a besoin pour
guérir. Plus le médecin est en mesure doffrir cette écoute miséricordieuse et
plus les chances du malade de guérir sont grandes. Mais si le soignant se réfugie
derrière des mots savants et des diagnostics à lemporte pièce, le malade ne peut
que sisoler dans ses conflits. Toute souffrance est un mensonge à soi même, le
résultat dun heurt avec la réalité et sa mouvance. Cest vers celle-ci que
le thérapeute pourra accompagner le patient en laidant à « mourir » à
ses immobilismes, à abandonner ses places fortes et à renaître à une nouvelle vie
basée sur lharmonie et le respect de lautre, quil soit homme, animal,
plante ou minéral.
Les corps subtils et leurs energies
Toute
maladie prend naissance dans les corps subtils. Leurs pollutions (entités, pensées
nocives, nourritures maléfiques de lesprit..) et les conflits énergétiques à
lorigine des tourments de lâme en sont les causes principales. Alice Bellay
la fort bien mis en lumière à laide de sa découverte des
« rayons ». Comprendre les rayons , cest assimiler que nous sommes
doubles. Tout se passe comme si nous étions dans une calèche tirée par des
chevaux aux caractères très différents. Le premier symboliserait notre âme, le second
notre personnalité. Le premier traduirait nos aspirations les plus profondes et le second
la manière dont nous conduisons, affrontons les obstacles et prenons des directions pas
toujours en accord avec nos aspirations essentielles. Cest ce dilemme, parfois fort
douloureux, que la connaissance de la nature des rayons qui gouvernent notre âme et notre
personnalité permet dappréhender. La Bhagavad-Gita fait le récit de cet
affrontement fratricide dans lequel Arjuna, symbole du Soi affronte les rayons de la
personnalité sur le champ de bataille de Kurukesetra. Par cette prise de conscience, il
devient plus facile de résoudre nos difficultés et de nous ouvrir à la globalité de
nos possibles. Lunité retrouvée devient source dépanouissement et de joie.
A chaque incarnation, les « rayons » de notre personnalité changent, afin de
nous permettre dexpérimenter les possibilités (mais aussi les limitations) des
diverses énergies. Il nous appartient donc de discerner nos différentes facettes et de
nous sortir de nos combats en faisant prévaloir la droiture et léquilibre. Sur le
plan de la thérapie, il est donc intéressant de déterminer à travers quels corps
subtils travaillent les rayons de lâme et de la personnalité. Lorsque par
exemple, lénergie de la personnalité est animée par un rayon de pouvoir exprimant
force et volonté alors que lâme est animée par une énergie damour
sexprimant dans la recherche de lharmonie à travers le conflit, le sujet est
obligatoirement soumis à de fortes tensions. Lexplication de cette situation
énergétique apporte généralement une pacification génératrice de paix et de santé.
Mais avant cela, il importait de comprendre la nature de la bataille que se livrent les
forces contraires.
Conclusion
La
lumière naît dans les ténèbres. En sy aventurant, il devient possible
daller « terrasser les dragons ». Cest la descente aux enfers,
luvre au noir des alchimistes, la psychothérapie Junguiènne,
louverture au point zéro. Cest le chemin où se résolvent les contraires où
commence le vide, celui du lâcher prise (tant redouté par lego) mais, qui pourtant
est source de plénitude et de paix. Car à nen pas douter, cest le faire et
la volonté de réussir, y compris spirituellement (en sattachant à des gourous de
pacotille) qui sont à lorigine des déconvenues de lâme et donc en un sens
de toutes les maladies.
Guérir
spirituellement, cest se dépouiller du superflu, vivre de lessentiel au
contact de son propre maître intérieur. Un nom du Bouddha, en japonais est hotoke, qui
signifie : défaire, dénouer, démêler, débrouiller, laisser ouvert,
se mettre à nu, devenir « rien ». Alors tout séclaire et danse
la Vie.
Serge Fitz, Lundi 11 août 2003 |