Plus ça va, plus on fait payer les malades
Dabord présentées pour combler le déficit de la Sécu, aujourdhui,
proposées pour financer le plan Alzheimer, les franchises se rajouteraient à ce que les
assurés sociaux doivent déjà payer. De lois en décrets, sous des prétextes variables
responsabilisation, trou de la sécu
les assurés sociaux doivent
payer toujours plus pour se soigner. 1967 déjà : le ticket modérateur partie non
remboursée par la sécurité sociale devait diminuer la surconsommation médicale.
Depuis, du forfait hospitalier au forfait par consultation en passant par les
dépassements, ce qui reste à payer pour se soigner est de 240 euros en moyenne par
personne et par an. Et pour 900 000 personnes cela atteint même 1000 euros ! Pour
beaucoup, cest impossible. De plus, les franchises pourraient remettre en cause la
prise en charge à 100% dont bénéficient les personnes atteintes de pathologies graves.Avec les franchises, les malades paient pour les malades
Les gens qui nont pas les moyens renonceront à certains soins comme cest
déjà le cas pour les lunettes et pour les dents. Nous refusons linstauration de
telles franchises, socialement injustes, économiquement inefficaces et dangereuses pour
la santé publique.
Pour ceux qui ont une mutuelle, le ticket modérateur et le forfait hospitalier peuvent,
dans certaines limites, être pris en charge. Mais les franchises ne le seront pas. La
franchise au début cest 50 euros, mais après
On voit ce qui ce passe : le
forfait de 1 par consultation qui -promis juré - ne devait augmenter et était
plafonné à 1 par jour quel que soit le nombre d'actes peut aller depuis le 1er
août jusqu'à 4 par jour. Les dépassements dhonoraires, ces franchises
occultes, devaient rester raisonnables , mais aujourdhui peuvent
atteindre plusieurs milliers deuros pour une opération. Peu à peu les dépenses
non remboursées augmentent.
Les franchises, cest la fin de la solidarité et la
remise en cause des principes fondateurs de la Sécu.
Parce que riche ou pauvre, jeune ou vieux
nous devons tous être
égaux dans laccès aux soins, la France a crée la Sécurité sociale en 1945. Le
principe en est simple : chacun cotise selon ses moyens et reçoit selon ses besoins. A
lopposé de ce système solidaire, celui des assurances. Selon le niveau et
donc le prix du contrat la couverture varie. Ainsi, se développe une médecine à
plusieurs vitesses.
Le financement solidaire, condition indispensable pour
améliorer notre système de santé
Il faut dabord améliorer la prévention des maladies. Transformer les conditions
de vie, de travail, denvironnement, dalimentation
autant de pistes pour
réduire la venue des maladies, comme le cancer, le diabète, et peut-être même
lAlzheimer. Notre pays na jamais été aussi riche. Il faut donc exiger un
débat sur la part des richesses dévolue à la santé. Cest un choix de société.
Alors, il faut choisir. Soit, comme l'a fait N. Sarkozy, multiplier les cadeaux fiscaux
(13 milliards d'euros) aux plus favorisés et les exonérations de cotisations pour les
employeurs soit partager les richesses pour maintenir une Sécu fondée sur la
solidarité. Là est le coeur du débat.
Les Verts appellent à la mobilisation contre les
Franchises Médicales.
Les franchises médicales que veut mettre en place le gouvernement sont inacceptables.
Elles sont inacceptables parce quelles sont injustes. Elles vont pénaliser une fois
de plus les plus démunis en rendant plus difficile laccès aux soins et contribuer
ainsi à dégrader létat de santé de la population. Elles sont inacceptables parce
quelles sont maintenant associées à la lutte contre la maladie dAlzheimer,
alors que la lutte contre cette maladie doit être financée, comme la lutte contre toutes
les maladies chroniques, par le budget de la santé et non pas par les malades eux-mêmes.
Elles sont inacceptables parce quelles ne répondent pas à la crise du système de
santé. Cette crise est due à laugmentation des maladies chroniques (12 % des
malades en Affections de Longue Durée (ALD) représentent 60 % des dépenses et le nombre
dALD a progressé de 74 % en 10 ans) et non comme veut le faire croire le
gouvernement à lirresponsabilité des assurés. On ne choisit pas de faire un
cancer par confort. En fait, ce gouvernement montre son incapacité à comprendre que la
crise est principalement une crise sanitaire. Il na pas dautre vision que de
poursuivre la fuite en avant en détricotant petit à petit le système dassurance
maladie pour mieux le livrer ensuite aux assurances privées. Lexemple des Etats
Unis montre pourtant que ce nest pas la solution. Pour les Verts , il faut refonder
le système de santé en agissant sur les causes environnementales et comportementales des
maladies. Il faut passer dune logique de soins à une logique de santé. Il faut
créer un vrai système de santé de proximité et coordonné entre ville et hôpital, qui
soit indépendant de lindustrie pharmaceutique.
Les Verts participent au collectif contre les Franchises Médicales et appellent au
rassemblement du 29 septembre au Gymnase Japy à Paris. Mais cette mobilisation ne pourra
être victorieuse que si elle nest pas défensive et se fait sur la base dun
projet alternatif de rénovation. |