Manifeste pour une médecine écologique
(lire plus bas les rappels et attendus)
Nous, citoyens, patients, humanistes, juristes, scientifiques, thérapeutes et
médecins, devant la gravité des atteintes à la liberté de nos choix thérapeutiques,
déclarons que :
Article 1 : Le développement de nombreuses maladies est consécutif à
la dégradation de lenvironnement et à laffaiblissement des organismes
fragilisés par des modes de vie antinaturels, y compris sur le plan médical.
Article 2 : Ces graves atteintes font peser une lourde hypothèque sur la
qualité du patrimoine génétique de lhumanité.
Article 3 : Les pratiques médicales traditionnelles constituent une
ressource humaine inestimable qui doit être considérée comme un patrimoine de
lhumanité ; la recherche dans ces domaines doit être soutenue.
Nous appelons les décideurs politiques nationaux, les instances européennes, les
organismes internationaux, en particulier lOrganisation des Nations Unies (ONU), à
prendre toutes les mesures nécessaires et en particulier :
Mesure 1 : Reconnaître au patient le droit de choisir la méthode
thérapeutique qui lui convient, de façon complémentaire ou alternative. Considérant
que ce point ne doit pas conduire les patients à être soignés hors dun cadre
institutionnel rigoureux.
Mesure 2 : Etablir le droit à la continuité des soins : un patient
suivi en « médecines non conventionnelles » doit pouvoir poursuivre son traitement
même sil est pris en charge par un service durgence, sil est
hospitalisé ou emprisonné.
Mesure 3 : Reconnaître aux thérapeutes le droit dutiliser toute
méthode thérapeutique, pour laquelle ils ont reçu une formation satisfaisante, dès
lors quil y a consentement éclairé du patient. Le choix thérapeutique non
conventionnel ne peut donc pas en tant que tel représenter une raison de poursuite
judiciaire ou ordinale.
Mesure 4 : Mettre en uvre toutes les dispositions permettant la
mise en place immédiate du pluralisme thérapeutique.
Mesure 5 : Favoriser la transparence de toutes les pratiques médicales,
de façon à donner au patient tous les éléments lui permettant de réellement être en
mesure daffirmer ses choix thérapeutiques et den assumer la responsabilité
pleine et entière.
Mesure 6 : Les chercheurs capables de produire et dinventer de
nouvelles méthodes de traitements écologiquement acceptables doivent être encouragés
et leurs découvertes systématiquement étudiées même si la science moderne nest
pas encore en mesure dexpliquer les résultats obtenus.
Mesure 7 : Ne plus autoriser les organismes génétiquement modifiés,
dont la dissémination génétique pourrait constituer une catastrophe pour la
biodiversité, et dont la consommation pourrait avoir des conséquences sérieuses sur la
santé humaine.
Mesure 8 : Donner un cadre spécifique pour la culture, la récolte, le
contrôle et la délivrance des plantes médicinales, en instituant les métiers de
lherboristerie dans les pays où ils nexistent pas et en autorisant les
préparations à base de plantes et de minéraux pour traiter les cultures et les sols.
Mesure 9 : Limiter au strict nécessaire lexpérimentation animale
et recourir à des modèles scientifiques écologiquement compatibles.
De lensemble de ces mesures, nous souhaitons voir émerger des pratiques médicales
compatibles avec les mesures écologiques au cur des grands débats actuels, mesures
dont la nécessité apparaît de plus en plus absolue pour que la terre ne subisse pas
rapidement une 6ème extinction biologique.
pour signer la petition : http://www.acecomed.org/manifeste/index.php?petition=2
ACECOMED sengage à réunir et à publier toutes les informations à ce sujet sur
son site internet www.acecomed.eu, en vue de leur diffusion à la dimension européenne,
voire internationale. Ainsi, chaque membre est invité à transmettre (par poste ou par
courriel) toute information en sa possession, susceptible de faire avancer le projet
ACECOMED.
Enfin, ACECOMED se propose de réunir le plus largement possible toutes les énergies
favorables à la pensée écologique au service de la santé et de la liberté
thérapeutique.
A noter que tout grand mouvement dopinion fait évoluer les institutions tant
nationales queuropéennes : cest dans cette dynamique que sinscrit
ACECOMED (Action pour une médecine écologique).
...................Rappels et attendus
Le 7 mai 2004, lAppel de Paris soulignait et attestait des dangers relatifs à la
pollution chimique. Cet appel faisait pourtant limpasse sur la nature et les
conséquences des pratiques médicales actuelles. Il ne peut pourtant y avoir de
subsidiarité en matière de toxicité et sil est entendu que les produits chimiques
réputés toxiques doivent être bannis de lenvironnement des populations, en
principe saines, ils devraient être encore moins utilisés en matière de traitement,
surtout quand les personnes concernées sont affaiblies par la maladie.
Ce manifeste reprend donc certains articles de lAppel de Paris que nous jugeons
pertinents dans laspect particulier qui nous occupe. Il prétend cependant
létendre à la pratique médicale, en cherchant à promouvoir, aussi dans ce
domaine, lapplication de principes écologiques.
Rappelant que, selon la Constitution de lOrganisation Mondiale de la Santé (OMS) du
7 avril 1948, la santé est un « état de complet bien-être physique, mental et social
et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou dinfirmité »,
Rappelant lattachement aux principes universels des Droits de lHomme affirmés
par la Déclaration universelle des Droits de lHomme du 10 décembre 1948 et les
deux pactes internationaux des Nations Unies relatifs aux droits économiques, sociaux et
culturels et en particulier, son article 12.1, qui reconnaît le droit pour toute personne
de jouir du meilleur état de santé physique et mentale quelle soit capable
datteindre,
Rappelant que la Conférence des Nations Unies sur lenvironnement a affirmé dans la
Déclaration de Stockholm du 16 juin 1972, que lhomme a un droit fondamental à la
liberté, à légalité et à des conditions de vie satisfaisantes dans un
environnement dont la qualité lui permette de vivre dans la dignité et le bien-être et
que le droit à la vie même fait partie des droits fondamentaux,
Rappelant que depuis 1997, avec la résolution A4-0075/97, le parlement européen
sest prononcé en faveur de la reconnaissance des médecines non conventionnelles
dans les pays membres de lUnion Européenne,
Rappelant les lois nationales de certains pays de la communauté européenne qui se sont
prononcés pour un aménagement de la liberté thérapeutique ou pour la
responsabilisation du patient fondée sur son consentement éclairé,
Rappelant que certains pays de la communauté européenne disposent déjà dune
organisation partielle de lexercice des médecines non conventionnelles,
Rappelant le texte de lOMS, « Stratégies pour les médecines traditionnelles pour
2002-2005 » qui préconise aux Etats,
* dune part, pour les pays en voie de développement : le recours massif aux «
médecines traditionnelles », à travers des dispositions permettant une qualité et un
suivi de lenseignement, ainsi que la protection des écosystèmes qui permettent
dassurer les récoltes des plantes médicinales,
* et dautre part, pour les pays développés : le recours au pluralisme
thérapeutique par les « médecines complémentaires ».
Attendus
Considérant, après des succès médicaux indéniables, les échecs et impasses
thérapeutiques actuels : cancers, virus, résistances aux antibiotiques,
Considérant les pollutions diverses relatives à lexercice médical à travers les
rejets dans les eaux, en particulier les traitements hormonaux, antibiotiques,
antimitotiques ou radio-thérapeutiques,
Considérant les modes de fabrication potentiellement polluants des médicaments,
Considérant les dérives qui conduisent à une surconsommation médicamenteuse, sans
amélioration notable de la santé,
Considérant les scandales en relation avec laspect commercial des pratiques
médicales : sang contaminé, hormones de croissance, opérations abusives,
Considérant le nombre sans cesse croissant de victimes de maladies iatrogènes (causées
par les effets secondaires, les prescriptions indues ou erronées et la mauvaise
utilisation des médicaments),
Considérant lexistence dune agriculture conventionnelle responsable de graves
pollutions, mais considérant aussi celle dune médecine conventionnelle prenant ses
principes sur la même philosophie et sappuyant sur la même industrie chimique, et
considérant enfin que, de même quil existe une agriculture biologique comme
alternative à lagriculture chimique, il est légitime de laisser émerger des
alternatives écologiques pour les pratiques médicales,
Considérant la biodiversité, sous tous ses aspects, semences, plantes médicinales,
préparations phytosanitaires ou médicinales naturelles,
Considérant la diversité culturelle et scientifique que représentent les médecines
traditionnelles, et les méthodes thérapeutiques locales,
Constatant lémergence de nouvelles maladies infectieuses ou le retour en force
danciennes, pour lesquelles il nexiste plus de traitement efficace,
Constatant léchec économique du système biomédical actuel reposant sur une
surenchère doffres toujours croissantes et coûteuses de médicaments et de
technologies, sans incidence positive suffisante sur la santé,
Constatant la forte demande du public, pour les médecines alternatives, ressenties comme
des pratiques médicales plus respectueuses de lindividu et de lenvironnement,
Constatant les attaques des grands groupes chimiques contre cette biodiversité, à
travers les procès contre les organisations qui veulent préserver les semences
anciennes, les mesures prises contre la fabrication de complexes phytosanitaires naturels
: purins de plantes et dortie en particulier,
Constatant les attaques à lencontre des « médecines non conventionnelles »,
grâce aux alliances objectives entre les médias, le monde politique et de puissants
lobbies,
Déclaration |